Comportement des feux

Feu de forêt. Photo : Mike Flannigan

L’expression « comportement des feux » renvoie à la manière dont le feu débute, dont la flamme se développe et dont le feu se propage. Dans le cas des feux de végétation, ce comportement est influencé par la façon dont les combustibles (comme les aiguilles, les feuilles et les rameaux), les conditions météorologiques et le relief interagissent.

Lorsqu’un feu de végétation se déclare, il continue à brûler seulement en présence de chaleur, d’oxygène et d’autres combustibles, ces trois éléments constituant ce qu’on appelle le « triangle du feu ».

Si on veut éteindre un feu de végétation, il faut éliminer au moins un des éléments du triangle du feu. Les pompiers y arrivent de la manière suivante :

  • ils refroidissent les combustibles jusqu’à une température inférieure à la température de combustion en se servant d’eau, de mousse, de produits ignifuges ou de terre
  • ils coupent l’approvisionnement en oxygène en utilisant de l’eau, des produits ignifuges ou de la terre
  • ils enlèvent les combustibles en abattant une bande d’arbres et de broussailles devant le feu qui se propage

Les types de feux de végétation

Il existe trois principaux types d’incendie de forêt :

  • Les feux de cimes brûlent les arbres sur toute leur longueur jusqu’au faîte. Ce sont les plus intenses et les plus dangereux des feux de végétation.
  • Les feux de surface brûlent seulement la litière et l’humus. Ce sont les feux les plus faciles à éteindre et ceux qui causent le moins de dommages aux forêts.
  • Les feux de terre (parfois appelés feux souterrains ou feux de profondeur) se produisent dans les grandes accumulations d’humus, de tourbe et d’autres végétaux morts semblables qui deviennent assez secs pour brûler. Ces feux se déplacent très lentement, mais peuvent devenir difficiles à éteindre complètement. Il arrive que, en particulier durant les longues périodes de sécheresse, de tels feux brûlent tout l’hiver en profondeur et émergent de nouveau à la surface du sol avec l’arrivée du printemps.

Les causes des feux de végétation

La saison des feux de végétation va généralement d’avril à octobre, l’intensité maximale se produisant entre la mi-mai et août. Les feux catastrophiques surviennent habituellement durant les longues sécheresses ou tempêtes de vent.

Au Canada, la foudre est la cause d’un peu moins de la moitié des feux de végétation, mais est responsable de près de 67 % de la superficie brûlée, et ce, pour les deux principales raisons suivantes :

  • Les feux de végétation causés par la foudre se produisent souvent dans des régions éloignées où la vie humaine, les biens et la valeur du bois ne sont pas menacés. La lutte contre les feux de végétation dans ces régions peut donc être intentionnellement limitée lorsqu’on souhaite laisser le feu jouer son rôle naturel.
  • Plusieurs feux allumés par la foudre pouvant se produire simultanément, il est difficile pour les organismes de prendre des décisions concernant l’endroit où il faut envoyer les équipes de pompiers et l’équipement.

Au Canada, les humains sont responsables d’un peu plus de la moitié des feux de végétation, et ces feux se produisent habituellement dans les forêts et les prairies peuplées. Ces feux sont donc repérés rapidement, et les équipes de pompiers peuvent facilement se rendre sur les lieux. Ils constituent néanmoins une menace pour la sécurité des personnes et pour les biens, et représentent une préoccupation majeure chez les équipes de pompiers.

Les principaux outils de gestion des feux de végétation au Canada

Les recherches portant sur les feux de végétation en tant que phénomène physique, biologique et socioéconomique améliorent la compréhension de leur comportement et de leurs coûts et avantages ainsi que de la meilleure manière de gérer ces feux. Elles ont amélioré aussi les capacités de prévision et mené au développement de nombreux outils pratiques servant à l’évaluation du risque de feu de végétation, à l’analyse du comportement de tels feux et à la prévision des endroits où ces feux pourraient menacer les valeurs des forêts.

Durant plus de quarante ans, les chercheurs du Service canadien des forêts ont élaboré et perfectionné plusieurs méthodes applicables à l’échelle nationale servant à déterminer les endroits et les moments associés au plus grand risque de feu de végétation. Ces travaux ont joué un rôle crucial dans la protection des Canadiens, de leurs biens et des ressources forestières.

La principale méthode applicable à l’échelle nationale est la Méthode canadienne d'évaluation des dangers d'incendie de forêt (MCEDIF).

Les outils conçus à l’appui de la MCEDIF comprennent :

  • Méthode canadienne de l’indice forêt météo (IFM) — une méthode utilisée dans l’ensemble du Canada pour l’évaluation des variations quotidiennes du risque d’allumage de feux de végétation et de propagation de ces feux
  • Méthode canadienne de prévision du comportement des incendies de forêt (PCI) — une méthode utilisée pour l’estimation, pour divers types de combustibles forestiers au Canada, de la possible vitesse de propagation des feux de végétation, de la consommation de combustibles et de l’intensité de ces feux
  • Modèle canadien des effets du feu (CanFIRE) — un prolongement de la MCEDIF utilisé pour l’analyse des effets physiques immédiats du feu sur les peuplements et pour l’évaluation des effets écologiques qui en résultent sur la végétation forestière

Par ailleurs, les chercheurs du gouvernement et les chercheurs universitaires ont mis au point plusieurs modèles de prévision de l’occurrence des feux de végétation qui servent à prévoir le nombre de feux allumés par la foudre et le nombre de feux causés par les humains dans une région donnée.