Recherche sur les perturbations naturelles et sur la gestion des ressources forestières

GEEPN, le plus important projet de recherche en science forestière au monde, vient transformer l’aménagement forestier durable

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Une approche scientifique à l'aménagement forestier. Durée : 1:35

En plus de faire partie du cycle de vie normal d’une forêt saine, les perturbations naturelles, notamment les feux de forêt, les insectes et les épidémies, stimulent la régénération et la croissance. À la lumière de cet état des choses, les gestionnaires et les chercheurs forestiers ont commencé à se demander s’il pouvait être possible d’exploiter les forêts d’une façon qui reproduirait les effets des perturbations naturelles. Serait-il possible de trouver des pistes qui mèneraient à une meilleure gestion durable des écosystèmes forestiers? Que pourraient nous apprendre les perturbations naturelles sur la façon de maintenir les forêts saines tout en les exploitant adéquatement de sorte qu’elles puissent garantir la compétitivité de l’industrie forestière canadienne sur les marchés internationaux?

Répondre à ces questions imposait l’adoption d’une nouvelle approche novatrice : un projet de grande envergure, de longue durée et à l’échelle du paysage qui permettrait aux chercheurs de mener des études dans une forêt industrielle en cours d’exploitation. C’est dans ce contexte que la GEEPN (gestion de l’écosystème par émulation des perturbations naturelles) a vu le jour en 2007. Il s’agit d’une expérience menée dans la forêt boréale du Nord-Ouest de l’Alberta, qui s’échelonnera sur un siècle.

Déjà, la GEEPN nous aide à mieux comprendre comment l’écosystème de la forêt boréale de l’Ouest réagit aux perturbations, qu’elles soient naturelles (comme un feu ou une infestation de ravageurs) ou humaines (p. ex., une coupe). Les connaissances scientifiques ainsi acquises contribuent à l’amélioration du secteur forestier et à l’adaptation des pratiques opérationnelles, à la prise de décisions de gestion éclairées et à la préservation de l’accès aux marchés. De plus, elles nous orientent vers les meilleures approches qui garantissent la durabilité et la santé des écosystèmes forestiers dans les régions boréales du Canada.

Visite virtuelle du site de recherche de la GEEPN

Visitez le site du plus important projet de recherche en science forestière au monde, situé dans la forêt boréale de l’Alberta, au Canada.

Site de recherche de la GEEPN

GEEPN : une expérience de grande envergure et à long terme pour améliorer les pratiques de gestion des ressources forestières

Les forêts sont complexes et prennent des décennies à atteindre leur maturité. C’est ce qui explique que la GEEPN s’effectue sur une superficie de 7 000 hectares et devrait durer le temps d’une rotation forestière, soit jusqu’à 120 ans.

L’avantage d’un projet d’une telle envergure et d’une si longue durée est que les chercheurs peuvent expérimenter différentes techniques de gestion des ressources forestières, de la coupe d’un nombre variable d’arbres à l’étude des effets sur la biodiversité, en passant par la mise à l’essai de plusieurs approches sylvicoles. Les expériences sont répétées, ce qui permet de valider les résultats.

Retombées environnementales et économiques des investissements dans la GEEPN

Les leçons apprises grâce à la GEEPN s’avèrent inestimables dans le domaine de la gestion durable des ressources forestières. L’utilisation des renseignements recueillis se traduit déjà par des avantages directs apportés à l’environnement, à l’économie du Canada et à l’industrie forestière du pays. Par exemple, les découvertes scientifiques découlant de la GEEPN amènent les entreprises forestières à adapter leurs opérations de coupe en adoptant des méthodes durables d’exploitation forestière.

Quelles sont les leçons apprises grâce à la GEEPN? En voici quelques exemples.

Constats d’ordre économique

  • La coupe à rétention variable n’est pas nécessairement ou considérablement plus coûteuse que la coupe à blanc. Cependant, la coupe à rétention variable peut donner lieu à des coûts plus élevés au chapitre de la planification et de la détermination des blocs de coupe ainsi qu’au regard de la valeur économique du bois laissé sur place à des fins écologiques.
  • Tout coût accru associé à la coupe à rétention variable doit être comparé aux gains possibles d’une telle coupe en termes de protection des valeurs sociales et écologiques.

Constats relatifs à la biodiversité

  • Il est plus important de gérer la forêt en fonction de divers degrés de rétention que selon un seuil de rétention précis.
  • La rétention d’arbres individuels favorise la colonisation plus rapide des peuplements, alors que des parcelles d’arbres procurent des habitats de « refuge » aux espèces sauvages.
  • Le rétablissement des espèces dans les sites de coupe à blanc prend au moins cinq ans de plus lorsque le principe de la réserve-sur-coupe est respecté.

Constats d’ordre sylvicole

  • Le billonnage est la technique de préparation de site la plus efficace. Cette technique produit des microsites plus chauds et les plus favorables à la libération des éléments nutritifs.
  • La période de régénération dans les corridors où circule la machinerie et où le sol a été perturbé par des débusqueuses est six fois plus longue que celle dans les bandes de rétention non perturbées.

Réponses à d’autres questions sur la gestion des ressources forestières

Au site de GEEPN, la recherche est principalement axée sur la coupe et le traitement par brûlage, mais plusieurs autres expériences sont également menées. Elles portent sur :

  • la biodiversité;
  • la productivité de la forêt vierge;
  • les systèmes sylvicoles;
  • l’écologie des feux de forêt;
  • le cycle des éléments nutritifs et du sol;
  • l’hydrologie et les microclimats des forêts;
  • la génétique des arbres;
  • les aspects socioéconomiques et les coûts de la coupe.

Par exemple, surveiller le sol permet de comprendre l’effet d’une coupe et des feux sur cette précieuse ressource. Le rôle du bois mort dans la préservation de la biodiversité et la stimulation de la productivité forestière sont également étudiés. On cherche aussi à comprendre l’apport des forêts au cycle global du carbone.

La GEEPN a ciblé plus de 1 600 espèces (y compris des plantes, des coléoptères, des araignées, des lépidoptères, des oiseaux, des amphibiens et des mammifères) et a mené à la découverte de 8 espèces.

Collaboration avec de nombreux partenaires

La GEEPN peut actuellement compter sur 15 partenaires :

  • quatre spécialistes de l’industrie;
  • cinq universités canadiennes;
  • trois ministères;
  • trois organismes de recherche industrielle;
  • le Réseau de gestion durable des forêts.

Grâce à ce soutien, les travaux en cours et les connaissances en gestion durable des ressources forestières découlant de la GEEPN sont reconnus à l’échelle mondiale. Des chercheurs et des clients du secteur des produits forestiers de partout dans le monde ont manifesté de l’intérêt envers la GEEPN.

Renseignements sur les perturbations naturelles et leur rôle dans la préservation de la santé des forêts, notamment les forêts boréales

Les perturbations sont particulièrement importantes dans le cycle de régénération et de renouvellement des forêts boréales. Découvrez pourquoi les forêts ont besoin des feux, des insectes et des maladies.