Foire aux questions sur les Changements forestiers

Incertitude liée aux changements climatiques

  1. Qu’est-ce que l’incertitude?

    L’incertitude découle du fait de posséder une connaissance limitée d’un état existant ou futur. En aménagement forestier, l’incertitude réside dans le fait qu’on ignore dans quelle mesure le climat va changer et quand et les impacts des changements vont se manifester dans les écosystèmes forestiers puis seront ressentis par le secteur forestier. Bien qu’il soit impossible de prédire l’avenir, la recherche peut nous aider à accroître notre compréhension des changements à venir en nous permettant d’explorer des états futurs plausibles. Les gens prennent tous les jours des décisions fondées sur des informations incomplètes. On a élaboré des indicateurs des changements forestiers et des outils d'adaptation afin de fournir des informations favorisant une meilleure prise de décisions en matière d’aménagement forestier face à un avenir incertain.

    « L’incertitude est ce qui me tient éveillé la nuit. » – Un dirigeant du secteur forestier
    « L’incertitude est ce qui me motive à poursuivre mes recherches! » – Un scientifique

  2. Quelles sont les principales sources d’incertitude?

    Les principales sources d’incertitude associées à la recherche sur les changements climatiques incluent les éléments suivants :

    • Variabilité naturelle – Le climat de la Terre est un système à la fois complexe et dynamique qui fluctue naturellement d’un mois, d’une année et d’une décennie à l’autre. Les changements climatiques entraînent la modification des paramètres climatiques moyens et l’apparition de valeurs plus extrêmes qui se situent à l’extérieur de la plage historique de la variabilité naturelle.
    • Scénarios (de forçage) d’émissions de gaz à effet de serre – Le climat de la Terre est affecté par les concentrations de gaz à effet de serre. Les scénarios relatifs aux profils représentatifs d’évolution de concentration (RCP) correspondent au forçage radiatif combiné qui contribue au réchauffement planétaire. Le scénario du plus bas forçage, RCP 2.6, prévoit un forçage total de 2,6 watts par mètre carré, valeur qui s’ajoute au rayonnement solaire moyen qui atteint la Terre quotidiennement. Une des plus grandes incertitudes qui se rattache aux projections climatiques est liée au comportement des humains et à ses répercussions sur les concentrations futures de gaz à effet de serre. C’est la raison pour laquelle plusieurs scénarios doivent être envisagés.
    • Données – Le Canada est un vaste pays qui comporte de nombreuses régions éloignées. Maintenir des sites de collecte de données et obtenir un nombre d’échantillons suffisant pour définir la réalité de la façon la plus exhaustive possible constituent donc des enjeux de taille.
    • Modèles – Les modèles peuvent aider les chercheurs à comprendre les systèmes climatiques, forestiers et humains. Toutefois, comme ces systèmes sont complexes et reposent sur de nombreuses hypothèses et approximations, leurs résultats sont entachés d’une certaine incertitude.
  3. Quelles sont les limites des systèmes qui sont modélisés ici?

    Tous les types de modèles comportent des limites, car ils ont pour fonction de représenter un système complexe. Les projections peuvent toutefois aider les chercheurs à élaborer des scénarios futurs plausibles :

    • Système climatique – Les modèles climatiques utilisent des représentations mécanistiques simplifiées du comportement et des interactions complexes du système climatique et, de ce fait, fournissent une représentation imparfaite de la réalité.
    • Système forestier – Les modèles des répercussions biophysiques permettent d’évaluer comment les forêts et les écosystèmes forestiers vont réagir à de nouvelles conditions. À l’incertitude associée aux projections climatiques s’ajoute l’incertitude liée à la réaction des forêts aux changements à venir.
    • Système humain – Le niveau d’incertitude s’accroît depuis les émissions de gaz à effet de serre aux projections climatiques, puis aux répercussions biophysiques et finalement aux répercussions socio-économiques. Même si les chercheurs continuent d’en apprendre davantage sur les changements climatiques et sur leurs répercussions potentielles, il est difficile de modéliser la manière dont les humains s’adapteront à ces changements.
  4. Peut-on réduire ces sources d’incertitude?

    Les sources d’incertitude peuvent être réductibles ou irréductibles. L’incertitude associée à la variabilité naturelle est irréductible en raison de la nature chaotique de l’atmosphère du globe. C’est la raison pour laquelle les prévisions météorologiques ne sont jamais entièrement exactes et que leur précision diminue rapidement sur une période de deux ou trois jours. En théorie, l’incertitude associée aux scénarios d’émissions de gaz à effet de serre peut être réduite, mais pour que cela se concrétise, il faudrait que les humains interviennent à l’échelle planétaire. La recherche continue peut aider à réduire les sources réductibles d’incertitude, telles que les données et la modélisation, mais la recherche exige du temps et n’élimine pas l’incertitude. L’adoption de différentes approches de gestion, notamment l’exploration d’une gamme de scénarios futurs plausibles, peut contribuer à réduire au maximum l’impact de l’incertitude.

  5. Comment peut-on réduire au maximum les sources d’incertitude?

    La compréhension des causes de l’incertitude peut orienter le choix des mesures visant à en réduire les impacts. Selon la source considérée, différentes pratiques peuvent contribuer à réduire au maximum l’incertitude :

    • Variabilité naturelle – Comme la variabilité naturelle va toujours exister, il est pratique courante d’étendre les projections moyennes sur des périodes plus longues et des territoires plus vastes, de manière à mieux faire ressortir les tendances générales. Les estimations moyennes annuelles des paramètres climatiques montrent une plus grande variabilité que des moyennes établies sur une période de 10 ou 30 ans. Contrairement aux prévisions météorologiques, les prévisions climatiques s’intéressent aux moyennes à long terme (généralement 30 ans) et à l’évolution des valeurs moyennes des paramètres climatiques dans le temps.
    • Scénarios (de forçage) des émissions de gaz à effet de serre – Pour qu'ils reflètent l’incertitude liée au comportement humain, les résultats exposés sur le site consacrés aux changements forestiers sont présentés en fonction de trois scénarios de forçage établis par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) : le scénario RCP 2.6 correspond à une réduction rapide des émissions, le scénario RCP 4.5, à une réduction modérée des émissions, et le scénario RCP 8.5, à une hausse continue des émissions. Comme la probabilité de ces trois scénarios est inconnue, il est important de tenir compte de l’intervalle des projections associées à chacun d’entre eux. En bref, parmi les scénarios plausibles relatifs aux changements climatiques, les scénarios RCP 2.6 et RCP 8.5 peuvent être respectivement considérés comme comportant les seuils d’incertitude le plus faible et le plus élevé.
    • Données – Pour réduire le plus possible l’incertitude liée aux données, on effectue des contrôles de la qualité et des analyses statistiques pour repérer et prendre en compte les valeurs aberrantes. L’utilisation minutieuse de techniques d’interpolation permet d’obtenir des informations sur les intervalles entre les points de données. Avec le temps, l’utilisation de nouvelles technologies pourrait contribuer à accroître la quantité et la qualité des données.
    • Modèles – Afin de réduire les biais liés aux modèles, on a souvent recours à plus d’un modèle pour obtenir toute une gamme de résultats plausibles. La dispersion des résultats des différents modèles permet une certaine quantification de l’incertitude. Si seulement un modèle est utilisé, les chercheurs peuvent effectuer des analyses de la sensibilité pour déterminer dans quelle mesure les résultats varient en fonction de différents intrants et hypothèses.
  6. Qu’est-ce qui est certain?

    Le climat est en train de changer, et les changements climatiques ont déjà eu et continueront d’avoir des impacts sur les forêts. Les données historiques présentées dans les indicateurs des changements forestiers reflètent des tendances. Ces données, combinées aux projections des modèles des impacts biophysiques, fournissent des indications passablement fiables des types d’événements qui se produiront. Par exemple, des pullulations d’insectes (p. ex. dendroctone du pin ponderosa) et une hausse de la fréquence et de la gravité des incendies de forêt, phénomènes associés à des conditions généralement plus chaudes (et plus sèches), ont déjà été documentées. Les cartes dans les indicateurs des changements forestiers peuvent être utilisées dans la détermination des principaux types d’impacts auxquels on peut s’attendre dans des régions données. Bien qu’on ne puisse prédire avec certitude à quel endroit et à quel moment ces impacts vont se manifester et quel en sera l’ampleur, il est certain que les forêts sont de plus en plus exposées et potentiellement de plus en plus vulnérables à un large éventail d’impacts. La vulnérabilité des écosystèmes forestiers et du secteur forestier à ces impacts dépend de la capacité des humains de comprendre et de gérer ces risques et ces incertitudes.

  7. Quelle est la relation entre l’incertitude et le risque?

    Quand il s’agit de prendre une décision, il peut être pratique d’aborder l’incertitude sous l’angle du risque. Le risque peut être défini comme la probabilité d’occurrence d’un événement conjuguée à la gravité de ses impacts. Même si une certaine incertitude se rattache à la probabilité d’un événement, la dimension ajoutée de sa gravité s’il se concrétise peut aider à prioriser les actions et les ressources. Par exemple, on ne peut jamais être certain qu’un important incendie va toucher un endroit donné à un moment précis, mais dans les régions exposées à un risque d’incendie accru, les répercussions sociales et économiques négatives pourraient justifier l’affectation de ressources importantes à l’ignifugation des structures et à la prévention et à la suppression des incendies. Dans d’autres régions où la sécurité des humains et des infrastructures n’est pas un enjeu, une approche de gestion différente pourra être appliquée.

  8. Faut-il attendre que l’incertitude s’amenuise pour agir?

    Certaines personnes estiment que l’incertitude justifie l’inaction. Toutefois, les événements futurs seront toujours empreints d’un certain degré d’incertitude, et même des recherches additionnelles ne parviendront pas à dissiper toutes les incertitudes. L’inaction comporte également un coût. Pour le secteur forestier, certaines décisions et actions peuvent actuellement paraître appropriées au vu des changements climatiques à venir, mais il faut veiller à ce qu’elles soient appropriées au large éventail de conditions climatiques qui pourraient être présentes dans les décennies à venir. Une façon d’intervenir même dans un tel contexte d’incertitude consiste à explorer les options d’adaptation « sans regrets » ou les mesures qui pourraient avoir des retombées bénéfiques compte tenu d'un large éventail de scénarios futurs plausibles.

    « L’incertitude représente le défi le plus important; cela ne justifie toutefois pas l’inaction. »
    (Lemprière et autres, 2008, p. 41)

  9. Comment peut-on prendre des décisions en matière d’aménagement forestier face à un futur incertain?

    Malgré l’incertitude, il existe plusieurs façons d’éclairer la prise de décisions et d’orienter l’adaptation aux changements climatiques. Ainsi, on peut :

    • Faire appel à l’opinion d’experts et tirer profit de l’expérience de collègues
      • Les experts qui ont élaboré les modèles ont une idée générale de la façon dont les projections fluctuent en fonction de différents intrants et de différentes hypothèses. Les pages consacrées aux indicateurs et aux outils d'adaptation du site Web sur les changements forestiers contiennent des liens vers des personnes-ressources clés susceptibles d’exprimer leur opinion sur la façon d’appliquer les résultats des modèles.
      • Divers groupes qui se consacrent à l’étude des mesures d’adaptation, tels que la Communauté de pratique de l'adaptation au changement climatique, offrent des forums en ligne afin de permettre à leurs membres de partager leurs expériences relativement à la planification et à la mise en œuvre de mesures d’adaptation.
    • Réaliser une évaluation de la vulnérabilité et élaborer des scénarios locaux
      • Les projections des changements climatiques et de leurs impacts sur les forêts présentées sur le site Web consacré aux changements forestiers peuvent être utilisées dans la détermination des impacts potentiels dans une région donnée. Ces informations peuvent être intégrées à l’évaluation de la vulnérabilité. Les projections peuvent également être utilisées dans l'élaboration  des scénarios locaux.
      • Le Conseil canadien des ministres des forêts (CCMF) a élaboré un guide exposant chacune des étapes à suivre pour réaliser une évaluation de la vulnérabilité. On peut utiliser les données et les projections fournies sur le site consacré aux changements forestiers pour remplir les fiches de travail présentées dans ce guide.
    • Explorer les diverses options d’adaptation, en particulier les options « sans regrets » qui auront des retombées nettes positives peu importe les changements qui se produiront. Plusieurs sources proposent des options d’adaptation applicables au secteur forestier :

    Sources

    Charron, I. 2014. Guide sur les scénarios climatiques : Utilisation de l’information climatique pour guider la recherche et la prise de décisions en matière d’adaptation. Ouranos (Consortium sur la climatologie régionale et l’adaptation aux changements climatiques).

    Hawkins, E. et Sutton, R. 2009. The potential to narrow uncertainty in regional climate predictions [en anglais seulement]. Bulletin of the American Meteorological Society 90, 1095-1107.

    Lemprière T. C., Bernier, P. Y., et autres. 2008. L’importance d’adapter le secteur forestier aux changements climatiques (Rapport d’information NOR-X-416F). Edmonton (Alb.). Ressources naturelles Canada, Service canadien des forêts.

    Price, D. T. et Isaac, K. J. 2015. Adaptation de l’aménagement forestier durable aux changements climatiques : Rapport exhaustif sur les scénarios de la vulnérabilité (Rapport d’information NOR-X-422F). Edmonton (Alb.). Ressources naturelles Canada, Service canadien des forêts.

Modélisation du climat

  1. Pourquoi la modélisation du climat est-elle importante?

    La modélisation du climat nous aide à mieux comprendre les changements climatiques et appuie la planification et la prise de décisions en vue de l’adaptation aux effets potentiels. Puisqu’il n’y a pas de données ou d’observations concernant l’avenir, la modélisation du climat donne une indication de l’éventail prévu des changements climatiques à venir.

  2. Quel modèle climatique devrais-je utiliser?

    Plusieurs modèles climatiques ont été mis au point par divers groupes de chercheurs partout dans le monde. Aucun modèle n’est réputé être plus précis qu'un autre, et une certaine incertitude est associée à chaque modèle. Une façon de remédier à cette incertitude est d’examiner les prévisions de divers modèles et d’utiliser la gamme des résultats pour appuyer la planification et la prise de décisions. Il faut alors trouver des options d’adaptation qui seraient efficaces dans tous les scénarios futurs plausibles établis au moyen de l’ensemble de modèles, plutôt que de fonder la planification sur le scénario le plus favorable établi au moyen d’un seul modèle.

  3. Quelles sources d’incertitude sont associées à la modélisation du climat?

    En plus de l’incertitude associée à chaque modèle, il y a l’incertitude associée à la variabilité naturelle du climat, ce qui est important dans la planification à court terme, ainsi que l’incertitude associée aux scénarios d’émissions de gaz à effet de serre, ce qui est plutôt important dans la planification à long terme. Avant d’utiliser des données climatologiques, il est essentiel de comprendre les limites et l’incertitude associées aux données. De plus amples renseignements sur l’incertitude se trouvent dans la foire aux questions sur l’incertitude entourant les changements climatiques.

  4. Quels modèles climatiques et quelles données sont disponibles ici?

    • Données historiques :
    • Estimations ponctuelles :
      • Quotidiennes – Générez des estimations climatiques quotidiennes (température maximum, température minimum ou précipitations) d'emplacements au Canada ou aux États‑Unis entre 1951 et 2013.
      • Mensuelles – Générez les moyennes mensuelles, les moyennes à long terme et les projections des modèles d'un emplacement précis.
    • Scénarios de changement climatique : Visionnez les cartes des projections des modèles de moyennes à court, à moyen et à long terme (30 ans) (2011-2040, 2041-2070, 2071-2100) en utilisant des variables primaires comme la température minimum, la température maximum et les précipitations, ainsi que d’autres variables bioclimatiques telles que le début et la fin de la saison de croissance.
    • Projections climatiques à échelle réduite : Téléchargez des données (température maximum, température minimum, précipitations, rayonnement solaire, vitesse du vent de surface et vapeur d’eau) de quatre différents modèles climatiques en format ASCII ou NetCDF à des fins de recherche, d’analyse et de modélisation.
      Modèles disponibles
      • Modèle du système terrestre canadien de deuxième génération (CanESM2)
      • Modèle élaboré pour la recherche interdisciplinaire sur le modèle climatique du système terrestre, version couplée de chimie (MIROC-ESM-CHEM)
      • Modèle environnemental mondial du Hadley Centre, version 2, modèles de systèmes terrestres (HadGEM2-ES)
      • Modèle communautaire du système terrestre, version 1; modèle communautaire de l’atmosphère, version 5 (CESM1-CAM5)

Options d’adaptation

  1. Pourquoi l’adaptation est-elle importante?

    Bien que les forêts s’adaptent naturellement aux changements climatiques, le rythme des changements s’accélère et les forêts pourraient ne pas être en mesure de suivre ce rythme et de continuer à fournir à la société les biens et les services désirés, comme le bois et la biodiversité.

    Par exemple, comme il est expliqué en détail dans la publication « Climate change vulnerability and adaptation in the managed Canadian boreal forest », les effets des changements climatiques sur la forêt boréale comprennent :

    • l’augmentation de la fréquence des perturbations;
    • des changements dans la productivité des forêts, qui varie d’une région à l’autre;
    • la variabilité de l’approvisionnement en bois;
    • la diminution de la résilience socio-économique des collectivités forestières;
    • la résurgence d’enjeux de santé et de sécurité dans ces collectivités.
  2. Comment l’adaptation s’inscrit-elle dans la planification de l’aménagement forestier?

    L’adaptation peut être intégrée dans les activités régulières de planification de l’aménagement forestier. La recherche sur les impacts des changements climatiques peut servir à orienter la planification de l’aménagement forestier. Les mesures d’adaptation peuvent avoir lieu après qu’un effet a été constaté (mesures réactives) ou être fondées sur les impacts projetés (mesures proactives). À l’heure actuelle, la plupart des mesures d’adaptation dans le secteur forestier sont réactives. Cependant, les mesures d’adaptation proactives peuvent être avantageuses à l'égard de la réduction des risques. Puisque la maturation des arbres prend des décennies, il est important d’examiner les options d’adaptation dans la perspective des conditions climatiques actuelles et projetées. Afin de réduire les risques futurs, il est important de prendre des décisions aujourd’hui.

  3. Quelles sont les options d’adaptation?

    Les options d’adaptation comprennent une vaste gamme de mesures axées sur la réduction de la vulnérabilité ou sur les opportunités associées aux changements climatiques. Les options d’adaptation peuvent être mises en œuvre dans la forêt (biophysique) ou dans le secteur forestier (humain). Les mesures visant le secteur forestier peuvent inclure la modification des politiques, des pratiques et des opérations forestières.

  4. Existe-t-il un processus d’examen des options d’adaptation?

    La réalisation d’une évaluation de la vulnérabilité, de manière officielle ou officieuse, peut aider à cerner les vulnérabilités et les opportunités. La base de données des options d’adaptation peut ensuite servir à examiner les diverses mesures possibles, organisées selon la vulnérabilité générale ou spécifique.

    Le diagramme d’évaluation de la vulnérabilité (Gauthier et autres © Éditions Sciences Canada ou ses concédants)

    Figure 1. Le diagramme d’évaluation de la vulnérabilité (Gauthier et autres © Éditions Sciences Canada ou ses concédants)

    Par exemple, dans la forêt boréale, des changements importants dans les températures et les précipitations sont prévus (exposition), ce qui pourrait se traduire par un changement du régime des feux touchant la forêt (sensibilité). Une augmentation des feux de forêt pourrait avoir une incidence sur la composition de la forêt ou sur l’accessibilité de l’approvisionnement en bois, ou accroître les émissions de fumée dans les collectivités (impacts). Les forêts boréales sont des systèmes dominés par les perturbations, et les espèces sont capables de s’adapter aux changements de l’activité des feux; l’aménagement forestier pourrait aussi être modifié, par l'intensification de la coupe de récupération (capacité d’adaptation). À l'échelle locale, les perturbations de grande envergure peuvent créer une pénurie de l’approvisionnement en bois (vulnérabilité). En même temps, une hausse de la demande en bioénergie peut donner naissance à de nouveaux marchés pour la biomasse résiduelle (opportunité).

  5. Comment la base de données des options d’adaptation est-elle organisée?

    La base de données est organisée suivant trois aspects de l'adaptation: les sous-systèmes biophysiques et humains, trois objectifs visés de l’adaptation (réduire les facteurs de stress, réduire la sensibilité et renforcer la capacité d’adaptation), et les vulnérabilités générales et spécifiques. Il est possible de filtrer la liste en entrant des mots clés de l’un de ces aspects. On peut aussi filtrer la liste en utilisant des termes de recherche, comme incendie ou sécheresse. Les flèches en haut de chaque colonne peuvent servir à trier les résultats dans l'ordre alphabétique. Les références dans la dernière colonne contiennent les liens qui mènent aux articles d'origine portant sur les options d’adaptation données. De plus, il est possible de consulter la liste complète des références et des options d’adaptation connexes en cliquant sur « Voir les options d’adaptation de chaque référence ».

Cartographie de la répartition des pathogènes forestiers du Canada

  1. En quoi consiste la base de données sur les pathogènes forestiers?

    Pendant plus de 60 ans, le Service canadien des forêts a colligé des informations sur l’emplacement des observations de diverses espèces forestières de champignons et de faux-guis dans le cadre de son Relevé des insectes et des maladies des arbres (RIMA). Depuis 1995, cette responsabilité est dévolue aux gouvernements provinciaux et territoriaux. Les données ont été amassées dans le cadre de relevés terrestres et aériens. Pour sauvegarder cette mine de renseignements et la rendre accessible, on a versé les données dans une base de données électronique. Les utilisateurs ont accès à des cartes illustrant la répartition de près de 3 000 espèces forestières de champignons et de faux-guis (et d’environ 8 000 espèces d’insectes) et aux données s’y rattachant sur le portail Web du Système d’information de la stratégie de lutte contre les ravageurs du SCF-RNCan.

  2. Pourquoi la pathologie forestière est-elle importante?

    La pathologie forestière est une discipline qui étudie notamment les maladies biotiques telles que celles causées par des champignons, des bactéries, des virus, des nématodes et des guis. Les pathologistes forestiers s’intéressent également aux impacts des facteurs de stress abiotiques tels que les sécheresses, le gel, les polluants, les températures extrêmes et les vents violents. Même si les symptômes et les impacts des maladies des arbres forestiers sont moins visibles ou moins subits que ceux de certains autres agents de perturbations comme les insectes et les incendies, l’ampleur estimée des pertes économiques causées par ces maladies est supérieure à celle des pertes infligées collectivement par les insectes et les incendies. De nombreux champignons phytopathogènes ont un effet inhibiteur sur la croissance des arbres. Des études à long terme font état d’une baisse de rendement chez les arbres infectés par des pathogènes forestiers. Ces derniers sont en outre souvent plus vulnérables à d’autres agents de perturbations tels que les insectes. Plusieurs décennies peuvent s’écouler avant que les répercussions économiques de cette perte de productivité deviennent perceptibles.

  3. Pourquoi cartographier la répartition des pathogènes?

    La cartographie de la répartition des pathogènes est une composante importante des inventaires forestiers. Pour être en mesure d’évaluer efficacement les risques posés par les pathogènes forestiers et de prendre des décisions éclairées en matière d’aménagement forestier, il faut disposer d’informations précises sur la répartition de ces organismes. Par exemple, lorsqu’on envisage certaines options d’adaptation telles que la migration assistée, une bonne connaissance de la répartition des pathogènes forestiers peut éclairer les décisions relatives aux espèces qui seront plantées et l’emplacement des plantations. Une telle connaissance peut également orienter les décisions relatives à la récolte et au reboisement, telles que l’enlèvement des souches infectées pour réduire au maximum le risque de propagation de champignons causant des maladies des racines et la plantation d’espèces hôtes résistantes. Enfin, une bonne connaissance de la répartition actuelle des pathogènes est essentielle pour le suivi des impacts des changements climatiques et la propagation des espèces envahissantes.

  4. Les changements climatiques auront-ils un impact sur la répartition des pathogènes forestiers?

    Comme la majorité des maladies des plantes sont très sensibles aux conditions environnementales, les changements climatiques auront fort probablement un impact sur les pathogènes et leurs hôtes et sur les interactions entre eux. Sous l’effet des changements climatiques, les impacts de nombreux facteurs de stress abiotiques (sécheresses, gel, températures extrêmes et vents violents) devraient également s’intensifier. L’action conjuguée des maladies biotiques et de ces facteurs de stress pourrait entraîner une augmentation de la fréquence et de la gravité des éclosions de maladies et une aggravation du déclin des forêts. En outre, l’activité de certains agents pathogènes tels que les faux-guis est actuellement limitée par les basses températures hivernales. Comme les hausses saisonnières des températures devraient être maximales en hiver, on peut s’attendre à ce que la survie hivernale des pathogènes et la gravité des maladies augmentent également. Les hausses des températures pourraient permettre à certains agents pathogènes déjà établis au Canada d’y étendre leur aire de répartition latitudinale et altitudinale et à de nouveaux pathogènes non indigènes d’envahir les forêts canadiennes.

  5. Peut-on prévoir la répartition future des pathogènes?

    Les prévisions sont relativement faciles à faire et crédibles dans le cas des pathogènes dont la répartition ou l’activité est principalement limitée par la température. Il est cependant plus difficile de prévoir l’incidence des changements climatiques sur les pathogènes qui dépendent des interactions avec d’autres organismes, comme les insectes vecteurs. Les chercheurs qui se spécialisent dans la modélisation de la répartition des insectes et des maladies ont utilisé des observations de terrain historiques et récentes et ont analysé leur distribution en fonction du climat pour déterminer les régions qui pourraient devenir favorables à différentes espèces. Les modèles ainsi obtenus indiquent l’« enveloppe climatique » propre à chaque espèce, mais ils ne précisent pas l’ampleur des populations des espèces. Ces modèles sont présentés sur l’application Web Cartographie bioclimatique des insectes et des agents pathogènes. Dans certains cas, la répartition des hôtes potentiels est également cartographiée. Les informations sur l’enveloppe climatique de pathogènes choisis peuvent être utilisées à profit aux fins de la planification des ressources affectées à la détection précoce et à la surveillance de ces pathogènes.

  6. Quelles sont les utilisations possibles de la base de données sur les pathogènes forestiers?

    Les utilisateurs peuvent interroger la base de données pour obtenir des informations sur des espèces précises et obtenir ces renseignements de diverses façons :

    • visualisation des données en format tabulaire (séparées en données ponctuelles et polygonales)
    • exploration des résultats à l’aide d’un visualisateur interactif de cartes (voir l’exemple dans la figure 1)
    • téléchargement des données à des fins d’analyse à l’aide d’un SIG
    Saisie d’écran d’une carte dynamique illustrant la répartition de l’Armillaria ostoyae en 2014 (zoom avant montrant le coin sud-ouest de la Colombie-Britannique). L’utilisateur peut ajuster le curseur de temps de manière à voir les résultats d’années choisies..

    Figure 1 : Saisie d’écran d’une carte dynamique illustrant la répartition de l’Armillaria ostoyae en 2014 (zoom avant montrant le coin sud-ouest de la Colombie-Britannique). L’utilisateur peut ajuster le curseur de temps de manière à voir les résultats d’années choisies.

  7. Quelles maladies des arbres forestiers sont incluses dans la base de données sur les pathogènes forestiers?

    La base de données contient des cartes de répartition de près de 3 000 espèces forestières de champignons forestiers et de faux-guis, dont de nombreuses espèces pathogènes pour les arbres forestiers. Les maladies touchant les arbres forestiers peuvent être classées dans les différentes catégories suivantes : maladies racinaires, caries de la tige, chancres, flétrissures, rouilles, maladies foliaires, brûlures des pousses et guis et faux-guis. Les maladies des arbres forestiers suivantes et leur agent causal (entre parenthèses) sont proposés à titre de pathogènes actuellement prioritaires au Canada :

    • Espèces indigènes :
      • Pourridié-agaric (Armillaria ostoyae)
      • Chancre cératocystisien (Ceratocystis fimbriata)
      • Taches foliaires et chancre à Sphaerulina (Davidiella populorum anam. : Sphaerulina musiva)
      • Brûlure en bandes rouges (Mycosphaerella pini anam.: Dothistroma septosporum)
    • Espèces envahissantes établies au Canada :
      • Maladie du rond (Heterobasidion irregulare et H. occidentale)
      • Chancre européen du mélèze (Lachnellula willkommii)
      • Chancre du noyer cendré (Ophiognomonia clavigignenti-juglandacearum)
      • Rouille vésiculeuse du pin blanc (Cronartium ribicola)
    • Espèces envahissantes à surveiller :
      • Encre des chênes rouges (Phytophthora ramorum)
      • Dépérissement de l’aulne (Phytophthora alni)
      • Encre (Phytophthora kernoviae)
      • Champignon du bleuissement (complexe Ceratocystis polonica (y compris C. laricicola))
      • Flétrissure du chêne (Ceratocystis fagacearum)
      • Dépérissement du frêne (Chalara fraxinea)
      • Maladie des mille chancres (Geosmithia morbida)
      • Rouille annulaire des aiguilles de l’épicea (Chrysomyxa abietis)
  8. Comment puis-je accéder à la base de données sur les pathogènes forestiers?

    Vous pouvez accéder à la base de données sur les pathogènes forestiers par le portail du Système d’information de la Stratégie de lutte contre les ravageurs (SISLR) en vous rendant sur la page d’accès du Système national d’information sur les forêts du Canada (SNIF) et en cliquant sur « Inscription au compte ». Vous devrez ensuite soumettre une demande d’accès par courriel à ksg@nrcan-rncan.gc.ca, en spécifiant votre adresse courriel et votre nom d’utilisateur. Une fois votre compte d’utilisateur enregistré, retournez sur la page d’accès, sélectionnez votre juridiction et inscrivez votre nom d’utilisateur et votre mot de passe. Une fois le processus d’inscription au compte terminé, vous serez redirigé(e) vers le portail de la SISLR. Note : Même si vous avez déjà utilisé d'autres ressources du SNIF, votre compte d'utilisateur doit être enregistré en passant par le courriel ci-dessus pour être redirigé(e) vers le portail de la SISLR.

  9. Comment dois-je naviguer sur le site pour trouver les différents produits cartographiques?

    En utilisant le mode de recherche standard ou de recherche avancée (qui permet un filtrage des résultats par province, organisation, année, latitude et longitude), entrez le nom de l’espèce d’intérêt. L’écran de résultats indiquera des données ponctuelles et des données polygonales que vous pourrez voir sur une carte dynamique ou télécharger en cliquant sur les boutons au bas de l’écran. Le visualisateur de cartes dynamiques vous permettra d’ajuster le curseur de temps pour voir les résultats suivant les années choisies et d’effectuer un zoom avant sur une section de la carte en appuyant sur Shift et en mettant en surbrillance la zone désirée. Pour voir les résultats de plusieurs années simultanément, vous pouvez télécharger les données désirées pour les analyser à l’aide d’un SIG.

Cartes sur les différentes caractéristiques des forêts à la grandeur du Canada

  1. Qu’est-ce que l’Inventaire forestier national (IFN)?

    Des données fiables, actuelles et uniformes sont nécessaires pour la détermination de l’état des forêts canadiennes, le suivi de leur évolution et la rédaction des rapports à ce sujet. Il faut des renseignements faisant autorité sur l’évolution des forêts pour appuyer l’élaboration de politiques visant à répondre aux besoins immédiats et aux nouveaux enjeux émergents, comme les répercussions du changement climatique et les stratégies d’adaptation envisageables.

    L’Inventaire forestier national (IFN) du Canada surveille un réseau de secteurs d’échantillonnage qui couvre 1 % de la masse continentale du Canada sur une base régulière afin de fournir des renseignements uniformes sur l’état et le développement durable des forêts canadiennes. On a utilisé les données géospatiales de l’IFN afin de produire une série de cartes continues sur les caractéristiques des forêts.

  2. Qu’est-ce que la méthode de cartographie kNN?

    Les cartes sur les différentes caractéristiques des forêts à la grandeur du Canada ont été générées au moyen de la méthode de cartographie des k plus proches voisins (kNN). La méthode utilise des valeurs connues des caractéristiques des forêts de certains emplacements afin d’estimer la valeur de ces caractéristiques pour un plus grand nombre d’emplacements. Dans ce cas-ci, les estimations sur les forêts canadiennes ont été fournies suivant une échelle de pixels correspondant à une résolution de 250 m x 250 m. Cette méthode rentable vastement utilisée par d’autres pays a permis de générer des cartes forestières, et son application aux données de l’IFN permet la production de cartes continues des caractéristiques des forêts du Canada.

    Les cartes présentent des données statistiquement interpolées, et non des mesures réelles. Les cartes des sols (kNN-sols) sont fondées sur les mesures du sol relevées dans les parcelles de terrain de l’IFN et sont présentées dans le document Digital mapping of soil properties in Canadian managed forests at 250 m of resolution using the k-nearest neighbor method. Toutes les autres cartes font partie de l’ensemble de données sur les caractéristiques des forêts créé à partir des données relevées sur les placettes photographiques de l’IFN. Les limitations documentées ci-après sont associées à ces cartes :

    • En règle générale, les grandes valeurs seront sous-estimées et les petites, surestimées.
    • L’exactitude des estimations est moins élevée dans les régions montagneuses et les zones où il y a très peu d’arbres.
    • Les valeurs à l’échelle du pixel doivent être utilisées avec prudence, mais les estimations s’améliorent lorsqu’une moyenne est établie au moyen de zones d’un kilomètre carré ou plus.

    Pour obtenir de plus amples renseignements, consultez le document Mapping attributes of Canada’s forests at moderate resolution through kNN and MODIS imagery.

  3. Comment ces cartes peuvent-elles être utilisées?

    La résolution et l’exactitude de ces cartes conviennent mieux à la rédaction de rapports forestiers stratégiques et à l’orientation du processus décisionnel et stratégique aux niveaux régionaux et nationaux. Puisque ces cartes offrent également un ensemble cohérent de valeurs quantitatives portant sur un grand groupe de caractéristiques des forêts, elles peuvent être utilisées en tant que renseignements de base pour la modélisation et aux fins de calculs, comme le volume du peuplement marchand ou le pourcentage des espèces d’arbres. Il est également possible de superposer ces cartes à d’autres cartes produites au moyen de la même grille de pixels afin d’évaluer les répercussions des perturbations, comme les incendies et la récolte.

  4. Quels outils de cartographie kNN sont disponibles?

    Plusieurs outils de cartographie utilisent les données kNN. Les cartes permettent d’accéder à différentes couches thématiques qui illustrent la distribution des données sur les forêts dans l’ensemble du pays. Les calculateurs de biomasse permettent d’estimer la biomasse disponible tandis que les rapports statistiques offrent un accès à des rapports standards et personnalisés.

    Aucun logiciel n’a à être installé. Toutes les cartes sont interactives, ce qui permet aux utilisateurs de faire un zoom avant et arrière et de faire un panoramique de la carte au moyen de boutons se trouvant à gauche de l’écran.

  5. Comment peut-on avoir accès aux cartes et aux données?

    Les renseignements sont offerts en deux formats :

    • La visionneuse Web du site Web de l’IFN permet de visualiser rapidement les données décrites ci-dessus.   
    • Les fichiers de données brutes peuvent être téléchargés à l’onglet « Grouped kNN Map Layers ». Ces fichiers peuvent ensuite être manipulés au moyen de différents logiciels, comme ArcGIS. D’autres documents sont disponibles dans le fichier « Read Me » (en anglais seulement).