Négociations internationales

Feuilles d’érable et ciel

Les forêts du Canada jouent un rôle majeur dans le cycle du carbone mondial. Cela signifie qu’elles peuvent contribuer de façon importante aux efforts internationaux de lutte contre les changements climatiques. Selon la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, le gouvernement fédéral négocie avec d’autres pays signataires en vue d’établir des mesures pour contrer les changements climatiques.

Les négociations actuelles visent l’élaboration d’un accord mondial sur les émissions de gaz à effet de serre (GES), qui doit être conclu d’ici 2020 par les pays développés et en voie de développement.

Les forêts sont concernées de deux façons dans les négociations internationales sur les changements climatiques:

  1. Des règles sont établies pour comptabiliser les émissions de GES liées aux forêts dans les pays développés.
  2. Des efforts sont déployés pour concevoir des façons de réduire les émissions résultant du déboisement et de la dégradation des forêts et de promouvoir l’aménagement forestier durable dans les pays en développement.

Principales questions liées aux forêts et aux changements climatiques

Dans les pays développés

  • règles de comptabilisation des GES dans l’aménagement forestier
  • modes de traitement des émissions résultant des perturbations naturelles comme les feux et les insectes
  • méthode de comptabilisation du carbone dans les produits forestiers

Dans les pays en développement

  • mesures de financement destinées à réduire les émissions et à accroître la séquestration du carbone dans les forêts
  • méthodes d’évaluation des résultats des mesures prises
  • mesures de protection sociale et environnementale

Le Canada participe aux négociations qui appuient le programme de Réduction des émissions provenant de la déforestation et de la dégradation des forêts REDD+ (disponible en anglais seulement), qui comprend aussi un volet sur l’aménagement forestier durable.

Plusieurs initiatives réalisées dans le cadre du programme REDD+ contribuent à aider les pays en développement à renforcer leur capacité : 1) à élaborer des politiques nationales destinées à réduire le déboisement et à améliorer les pratiques d’aménagement forestier; 2) à mettre en place des systèmes de surveillance des forêts et des émissions de GES.

Le Canada joue un rôle important dans l’une de ces initiatives, le Fonds de partenariat pour le carbone forestier (FPCF) (disponible en anglais seulement).

Les forêts : position du Canada dans les négociations internationales

Les forêts du Canada sont soumises à des régimes de perturbations naturelles hautement variables et imprévisibles. Parmi ces derniers, les feux de forêt, les infestations par les insectes et les maladies sont notables. Ces facteurs combinés contribuent de façon importante à déterminer en tout temps si une forêt servira de source ou de puits de carbone.

Dans les négociations internationales sur les interventions destinées à contrer les changements climatiques, le Canada a adopté la position suivante : les perturbations naturelles sont imprévisibles, ne sont pas causées directement par les activités humaines et sont impossibles ou difficiles à contrôler. Pour ces raisons, le Canada estime que les perturbations naturelles ne devraient pas être comprises dans la comptabilisation des réductions des émissions de GES. Au lieu de cela, le Canada propose ce qui suit : une meilleure surveillance, une importance accrue aux mesures visant les activités humaines contrôlables; la création de mesures incitatives internationales pour aménager durablement ce qui contribuerait à réduire les émissions et à augmenter les puits.

De cette façon, les règles de comptabilisation mettraient l’accent sur l’aménagement forestier, tout en ne pénalisant pas les pays en raison de perturbations naturelles non contrôlables.

Le Canada cherche aussi des méthodes de comptabilisation plus exactes du devenir du carbone dans les produits du bois récolté. Selon les règles internationales actuelles, le dioxyde de carbone dans ces produits est émis au moment de la récolte. Toutefois, en réalité, le carbone dans de nombreux produits de bois récoltés demeure stocké pour des années ou même des décennies.

Par conséquent, le Canada estime que les pays devraient être tenus de comptabiliser les émissions liées aux produits du bois seulement lorsque ces émissions surviennent véritablement. Des méthodes de comptabilisation plus précises sont déjà disponibles.

Mesures incitatives pour les réductions des émissions à l’échelle mondiale

Le déboisement et la dégradation des forêts dans les pays en développement représentent environ de 15 à 20 % des émissions anthropiques de GES. De nombreux pays ont donc un intérêt marqué à l’égard de mesures destinées à réduire ces activités.

  • Dans le cas des pays développés, aider à financer les activités du programme REDD+ dans les pays en développement peut être une façon peu coûteuse de réaliser des réductions d’émissions tout en faisant la promotion de l’aménagement forestier durable.
  • Dans le cas des pays en développement, la participation aux activités du programme REDD+ est une façon d’obtenir du financement pour appuyer un aménagement durable et écologique.