Bulletin-é

Centre de foresterie des Grands Lacs

 

No 34, avril 2018


Allées et venues

Nous accueillons Claudette Trudeau, nouvelle conseillère en politiques au sein de la Division de la planification et des opérations. Claudette supervisera la fourniture de conseils et de breffages à l’équipe de direction du Centre et le soutien de notre stratégie de mobilisation des Autochtones. Elle sera également chargée d’établir et de maintenir des relations solides avec les acteurs de l’industrie, les partenaires provinciaux, les communautés autochtones et les autres intervenants en Ontario pour contribuer à l’exécution du mandat du Service canadien des forêts (SCF).

Communiquez avec Claudette pour obtenir de plus amples renseignements.


Études des arbres de rue des collectivités canadiennes

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Cet outil d’étude créé par des chercheurs du Centre de foresterie des Grands Lacs (CFGL), qui permet de repérer les arbres de rue à l’aide de Google Street View, aidera les collectivités à renforcer leur réponse à la menace présentée par les insectes envahissants.

Les insectes forestiers envahissants comme l’agrile du frêne (Agrilus planipennis) et le longicorne asiatique (Anoplophora glabripennis) peuvent causer des ravages dans les paysages naturels et urbains. Parmi les principaux coûts associés à ces insectes, on distingue les effets qu’ils ont sur les forêts urbaines, et notamment les arbres situés à proximité d’infrastructures humaines; arbres qui doivent généralement être coupés sans attendre à la suite de l’attaque, ce qui occasionne souvent des dépenses considérables pour les municipalités, les entreprises de services publics et les propriétaires de biens immobiliers.

Afin de soutenir les efforts d’estimation des répercussions économiques potentielles des insectes forestiers envahissants, des membres du Groupe sur l’analyse économique et les outils géospatiaux du CFGL ont mis au point un levé expédié  visant à estimer la composition des arbres de rue des centres urbains à l’échelle du pays. (Communiquez avec le CFGL pour obtenir une copie de l’article de Pedlar et coll. publié dans la revue Forestry Chronicle en 2013, dans lequel l’étude est décrite plus en détails.) Le plan initial visait l’arpentage par des personnes à pied ou en voiture de segments de rue (0,5 km de long) dans chaque centre urbain. Grâce à cette approche et aux efforts des employés du SCF et des groupes de bénévoles, cette étude a pu être menée au sein de 51 collectivités, fournissant ainsi un aperçu des modèles de composition des arbres de rue dans l’est du Canada.

En vue d’améliorer la couverture de l’étude et sa rentabilité, l’approche initiale a été récemment modifiée afin que ces segments de rue puissent désormais être étudiés à partir de Google Street View. Les premiers résultats indiquent que cette approche offre un niveau de précision d’environ 70 % pour l’identification des espèces et de près de 90 % pour l’identification du genre. Jusqu’à présent, plus de 300 études ont été réalisées dans 32 collectivités de l’est du Canada. Ces données permettront de soutenir les analyses internes continues des répercussions économiques, notamment les activités actuelles visant à estimer les coûts potentiels associés au longicorne asiatique. Le projet suscite également l’intérêt d’acteurs externes importants et des partenariats ont été conclus avec Santé Canada et le Canadian Urban Environmental Health Research Consortium (CANUE). Des études supplémentaires et des initiatives continues de contrôle de la qualité sont prévues pour l’exercice financier à venir.


L’agrile du frêne à Winnipeg

Sommaire

Après la découverte récente de la présence d’agrile du frêne dans la ville de Winnipeg, les chercheurs du CFGL veillent à ce que leurs dernières recherches scientifiques soient utilisées dans l’élaboration des meilleures stratégies de lutte contre ce ravageur envahissant nuisible.

Le 7 décembre 2017, l’Agence canadienne d’inspection des aliments a annoncé avoir détecté la présence de l’agrile du frêne à Winnipeg, dans le Manitoba. Préalablement à cette annonce, cette espèce envahissante se trouvait uniquement en Ontario et au Québec. Krista Ryall, Ph.D. et chercheuse au CFGL, aide la ville de Winnipeg à établir ses plans d’intervention et de lutte de manière à assurer la meilleure allocation des ressources à l’aide des données scientifiques les plus récentes. Les techniques d’échantillonnage et de surveillance mises au point par le passé seront employées pour déterminer l’étendue de l’infestation de l’agrile du frêne. Les recherches ont montré le caractère essentiel d’une détection et d’une délimitation précoces pour l’élaboration de plans de lutte efficaces contre cet insecte. Denys Yemshanov, Ph.D., se servira des données issues de l’étude de délimitation initiale et de l’inventaire détaillé des frênes de rue de la ville dans des modèles informatiques pour mettre à l’essai les scénarios optimaux de surveillance et de retrait des arbres à Winnipeg. Les données saisies dans ces modèles permettront à la ville de mettre en œuvre des techniques d’échantillonnage optimales aux fins de surveillance des populations d’agrile du frêne et d’évaluer les répercussions potentielles des programmes de retrait des arbres.

Par la suite, Chris MacQuarrie, Ph.D., étudiera dans le cadre d’un projet la dynamique et la tolérance au froid des populations d’agrile du frêne dans le climat des Prairies. Les climats plus froids peuvent ralentir le développement des populations, avec un plus grand nombre d’agriles du frêne se développant sur un cycle de deux ans au lieu d’un an généralement dans le sud de l’Ontario, par exemple. Par ailleurs, il se peut que les jeunes larves résistent moins bien aux températures hivernales froides et, par conséquent, qu’elles affichent un taux de mortalité plus élevée que les insectes à un stade larvaire plus avancé ou en état de prénymphose, qui passent l’hiver dans des zones où leur cycle de développement est d’un an. Ces deux facteurs seraient susceptibles d’influer sur le taux de croissance de la population et la propagation, et avoir ainsi une incidence sur le taux de mortalité des arbres. Si les températures plus froides influent sur les populations d’agriles du frêne de la façon prévue, alors leur plus faible croissance associée à l’augmentation du taux de mortalité des larves durant la survie hiémale peuvent aider la ville de Winnipeg à lutter contre ce ravageur aux effets dévastateurs.

Enfin, Krista Ryall déterminera si Winnipeg est une bonne candidate pour la dissémination d’agents de lutte biologique à long terme. Trois espèces de parasitoïdes ont été disséminées en Ontario et au Québec depuis 2013 pour lutter contre l’agrile du frêne. Dernièrement, une espèce de parasitoïde tolérante au froid et originaire de Russie a été disséminée en Ontario. Cette dernière peut représenter un candidat optimal au vu des conditions météorologiques à Winnipeg. Les agents de lutte biologique contribueraient au maintien de la présence de frênes sur le territoire suite à la première vague prévue de mortalité de cet arbre.

De manière générale, les recherches du SCF offriront à Winnipeg des données scientifiques de pointe afin d’éclairer ses stratégies de lutte contre ces insectes.


Nouvelles méthodes d’évaluation de la localisation des parasitoïdes exotiques de l’agrile du frêne

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De nouvelles techniques plus efficaces et plus précises, visant à localiser les parasitoïdes exotiques de l’agrile du frêne, ont été mises au point dans le laboratoire et peuvent être adaptées à l’utilisation sur le terrain.

Les essais de terrain avec des guêpes parasites qui ne piquent pas ont été lancés en 2013 aux fins de lutte contre l’agrile du frêne, à l’aide de deux espèces de guêpes exotiques originaires de Chine, à savoir l’aire de répartition naturelle de l’agrile. Oobius agrili, (un parasitoïde déposant ses œufs dans les œufs de l’agrile) et Tetrastichus planipennisi (un parasitoïde des larves insérant son ovipositeur à travers l’écorce de l’arbre afin de déposer ses œufs sur la larve de l’agrile) ont été disséminés dans divers sites de l’Ontario où cet insecte s’est établi. Conformément au protocole standard, les arbres sélectionnés peuvent être abattus et les billons incubés dans le laboratoire pour observer l’émergence de T. planipennisi adultes. Les résultats de l’émergence sont utilisés pour évaluer la réussite de la dissémination de T. planipennisi, les niveaux de parasitisme et faciliter la prise de décisions rapides concernant les disséminations supplémentaires de ce parasitoïde dans le cadre de la lutte contre l’agrile du frêne. Pour O. agrili, il est très difficile voire parfois impossible de trouver des œufs d’agrile du frêne parasités sur le terrain. Les œufs sentinelles des agriles sont utilisés pour attirer et piéger les O. agrili adultes afin d’étudier leur présence, leur implantation et leur propagation dans le lieu de dissémination. Ce processus peut être suivi par la dissection des œufs d’agrile soupçonnés d’être parasités aux fins d’observation des stades de développement de O. agrili ou par l’incubation des œufs d’agrile parasités aux fins d’émergence des O. agrili adultes.

Les processus décrits relativement à l’implantation et à l’évaluation du parasitisme sont fastidieux, chronophages et nécessitent la participation d’une personne qualifiée spécialisée dans l’identification de ces espèces parasitoïdes.

Le biologiste moléculaire George Kyei-Poku, Ph.D., a mis au point plusieurs techniques simples, rapides, précises, rentables et très sensibles pour repérer à l’aide de molécules les parasitoïdes adultes et surtout leur présence à différents stades de développement dans les œufs ou les larves de l’agrile du frêne. La méthode LAMP (amplification isotherme d’acides nucléiques induite par la boucle) qu’il emploie peut être appliquée à une température constante de 65 °C et des résultats peuvent être obtenus dans un délai d’une heure. Cette technique présente l’avantage d’intégrer les échantillons impurs dans les analyses. Les parasitoïdes adultes et les spécimens d’agrile du frêne que l’on suppose parasités sont simplement plongés dans de l’eau ou de l’hydroxyde de sodium, puis bouillis pendant quelques minutes et une partie du mélange en résultant est employée dans le cadre du processus d’amplification.

Différents formats de détection peuvent être utilisés pour visualiser les produits de la méthode LAMP, en fonction du type d’application et des exigences particulières. Dans le laboratoire, les produits positifs de la méthode LAMP (marques en forme d’échelle) contenant de l’ADN d’un insecte parasitoïde peuvent être détectés dans des gels d’agarose. Pour réduire le temps de détection, des teintures spéciales sont ajoutées dans les tubes, qui donnent lieu à une réaction positive du produit si la couleur passe du jaunâtre au verdâtre (Image 1, i and ii).

Récemment, George Kyei-Poku a adopté deux systèmes de détection exclusifs des produits de la méthode LAMP. Tout d’abord, le test sur bandelettes à écoulement latéral, une technologie similaire à un test de grossesse et qui implique de tremper une bandelette en carton spécialement préparée dans un tube aux capteurs précis qui contient des produits dilués de la méthode LAMP. Un témoin coloré apparaissant sur la ligne de contrôle et sur la ligne de test est un indicateur de la présence du parasitoïde ciblé (Image 1, iii). La deuxième méthode de détection rapide consiste en l’utilisation de l’équipement Genie, un fluorimètre mobile grâce auquel un signal de fluorescence peut se synchroniser avec l’amplification des produits pour générer des données en temps réel. Les courbes de fusion sont un indicateur de la présence de produits positifs contenant de l’ADN du parasitoïde (Image A; Image 1, iv).

Cinq images distinctes : 1) Équipement Genie utilisé aux fins d’amplification isotherme d’acides nucléiques induite par la boucle; 2) Gel d’agarose; 3) Colorant vert; 4) Essai sur bandelette à écoulement latéral; 5) Exemple de graphique établi par l’équipement Genie présentant les données tirées en temps réel des signaux de fluorescence. Dans le présent exemple, la courbe rouge, qui augmente fortement avant de se stabiliser, illustre un échantillon positif ou la présence du parasitoïde visé, alors qu’un résultat négatif est illustré par la « ligne horizontale » verte.

Image 1. Exemple d’analyse LAMP (loop-mediated isothermal amplification) à l’aide de l’équipement Genie et de détection des produits LAMP sous plusieurs formats. (i) gel d’agarose; (ii) teinture verte; (iii) test à écoulement latéral sur bandelette et(iv) données tirées en temps réel des signaux de fluorescence. P = échantillon positif/présence de l’espèce parasitoïde visée; N = échantillon/eau négatif

George Kyei-Poku a depuis observé des résultats substantiels et a détecté des signaux dans les mélanges d’ADN en utilisant une seule larve d’agrile du frêne T. planipennisi parasitée sur 150 larves non parasitées.

Lorsqu’ils sont utilisés sur le terrain, les tests LAMP et les formats de détection réduisent le temps de traitement des échantillons, offrent une détection plus précise et une meilleure rentabilité, et donnent lieu à l’élaboration d’une stratégie de suivi bien travaillée pour déterminer l’implantation des parasitoïdes, en particulier sur les grands sites de dissémination.

Pour obtenir de plus amples renseignements sur ces techniques, veuillez communiquer avec George Kyei-Poku.


Programme « Torchlight » : outil de télédétection pour la cartographie tactique des feux

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Dans les situations d’urgence découlant des feux de forêt où il existe une menace imminente pour les collectivités, le programme « Torchlight » peut fournir plus de renseignements aux équipes de lutte contre les feux.

En raison des changements climatiques, les feux de végétation représentent une menace croissante pour les Canadiens, qui connaissent des saisons de feux plus longues et plus intenses. Les coûts associés à l’extinction des feux ne cessent d’augmenter pour les provinces, alors que la population, notamment les communautés autochtones, croît à l’intérieur et à proximité des forêts.

Cette menace croissante et les répercussions de ces feux au Canada appellent un changement des stratégies de lutte. Ce besoin a été souligné dans la Stratégie canadienne renouvelée en matière de feux de forêt (2016) du Conseil canadien des ministres des forêts et dans les rapports d’examen de l’incendie de Fort McMurray en 2016, qui ont permis de reconnaître l’importance d’élaborer un système de cartographie à infrarouges supervisé par le gouvernement fédéral aux fins de lutte contre les feux de végétation.

Joshua Johnston, Ph.D., du Centre de foresterie des Grands Lacs (CFGL) dirige une équipe qui a élaboré un nouveau système de télédétection pour cartographier les feux de manière tactique, et qui répondra à certains de ces besoins. Le programme « Torchlight » cartographie les périmètres des feux actifs et indique les points chauds, les zones de chaleur dispersée et les zones de chaleur isolée des feux de végétation, et offre ainsi une connaissance de la situation aux personnes menant des efforts complexes et à grand échelle pour lutter contre ceux-ci. Son utilisation est prévue dans les situations d’urgence, lorsque les incendies représentent une menace imminente pour la population, une infrastructure ou des biens. Les renseignements supplémentaires obtenus grâce à cet outil aideront les équipes de lutte contre les feux à procéder à l’allocation des ressources.

Un programme « de validation du concept » avait été mis en place à l’été 2017, mais en raison de l’état d’urgence pour cause de feux de forêt décrété par la Colombie-Britannique, cette dernière a demandé à obtenir les informations recueillies sur une période de 72 jours, allant du 10 juillet au 19 septembre. En réponse, l’équipe du CFGL lui a fourni des cartes établies sur 58 jours, en lien avec 215 incendies. Cela signifie que Ressources naturelles Canada a été en mesure d’offrir un niveau de soutien tactique sans précédent à la C.-B., lors d’une situation d’état d’urgence pour cause de feux de forêt qui pourrait bien être la plus longue de l’histoire. Au 27 septembre 2017, 1 212 132 ha avaient brûlé dans la province, soit une zone près de huit fois plus importante que la moyenne sur dix ans.

L’analyse après action indique que les renseignements obtenus ont été extrêmement précieux pour le personnel de prévention des feux. Les commentaires constructifs émis à partir de cette analyse sont actuellement étudiés pour la prochaine version de « Torchlight ». La version 2018 intégrera une fonction de cartographie automatique.

Exemple de carte automatiquement

Exemple de carte automatiquement générée indiquant les zones de chaleur intense (orange), isolée (rouge) et dispersée (jaune).

Pour obtenir de plus amples renseignements sur ce programme, veuillez communiquer avec Josh Johnston.


Cartographie des risques de feux de végétation actuels et futurs

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Les chercheurs en incendie du CFGL prennent part à un groupe d’élaboration d’un ensemble de cartes de risques de feux pour le Canada, ce qui à terme renforcera la résilience du pays face aux feux de végétation.

Le financement octroyé dans le cadre du Programme canadien pour la sûreté et la sécurité du ministère de la Défense nationale permet au chercheur en incendie Xianli Wang, Ph.D., et à ses collègues de mettre sur pied un projet de cartographie des risques d’incendie. Ils établiront un protocole d’élaboration de cartes des risques d’incendie et créeront la première génération de cartes, qui préciseront la probabilité de déclenchement d’un incendie dans un lieu particulier pour une année donnée. Ces cartes seront particulièrement précieuses pour les organismes de lutte contre les feux aux fins de gestion du combustible (renforcement des préparations de l’initiative Intelli-feu) et d’aménagement urbain pour renforcer la sécurité. Les feux qui s’étendent aux collectivités peuvent entraîner des évacuations, des problèmes sanitaires en raison de la fumée ainsi que des pertes de propriété, d’emploi et de revenu. Une évaluation à l’échelle nationale des risques liés aux feux et du potentiel de feux de grande envergure dans l’ensemble du paysage, notamment à proximité des collectivités, est nécessaire à la planification et à la hiérarchisation des programmes d’atténuation des feux de végétation.

Ce travail donnera lieu à des estimations des risques de feux actuels et futurs, en tenant compte des changements climatiques. Cette étude permettra de regrouper les bases de données météorologiques quotidiennes et les bases de données historiques sur les incendies à l’échelle du Canada, les produits de télédétection mesurant la croissance quotidienne des feux, et les futurs scénarios de conditions météorologiques propices aux feux établis à partir de la collecte la plus récente de modèles climatiques mondiaux. Le projet permettra de déterminer une série de caractéristiques canadiennes de base pour les incendies (notamment la probabilité de déclenchement d’un feu, l’intensité du feu et la consommation de combustible) et d’élaborer des cartes de risques d’incendie pour les scénarios actuels et futurs en matière de changements climatiques dans l’ensemble du Canada.

Les résultats de ce projet permettront non seulement de mieux comprendre la répartition spatiale actuelle des risques d’incendie, mais aussi les transformations potentielles de la menace de feux de végétation, en tenant compte des changements climatiques. En combinant la probabilité de déclenchement d’incendie et danger d’incendie aux répartitions des milieux périurbains (vulnérabilité), les collectivités disposeront d’un outil utile pour l’évaluation du risque. Ces renseignements seront précieux pour la lutte contre les feux et l’aménagement urbain, y compris aux fins de gestion du combustible, de protection des zones urbaines et industrielles contre les incendies, d’aménagement du territoire, et d’assurance.


Utilisation d’indicateurs chimiques dans la biosurveillance des cours d’eau

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L’utilisation d’une simple technique spectrale d’analyse des composés organiques présents dans les échantillons d’eau permet d’améliorer l’évaluation de la condition biologique dans les écosystèmes aquatiques.

La caractérisation des communautés d’invertébrés benthiques constitue une approche de longue date bien définie pour évaluer la santé ou l’intégrité globale des écosystèmes aquatiques, et notamment des habitats lotiques. Les macro-invertébrés benthiques sont communément utilisés comme bioindicateurs de la condition biologique des plans d’eau. Ces organismes, qui incluent de petits organismes aquatiques et les stades larvaires de nombreux insectes, sont des indicateurs fiables, car ils sont faciles à collecter, peu coûteux à traiter et leur tolérance aux perturbations diffèrent grandement. La composition de leur communauté reflète les effets cumulatifs (spatial et temporel) des facteurs de stress auxquels ils sont exposés. Le seul inconvénient de cette approche fondée sur des indicateurs est l’incapacité à différencier les causes des effets, en particulier en raison de la nature cumulative de nombreux facteurs de stress dans un bassin hydrographique.

Erik Emilson, Ph.D., et ses collègues du CFGL cherchent à compléter l’approche classique fondée sur les bioindicateurs avec un indicateur chimique supplémentaire (un outil spectral peu coûteux et facile à utiliser) pour recueillir tout un ensemble de données sur la nature des milliers de molécules organiques présentes dans un échantillon d’eau donné. Cet outil convient bien à la nature chimique diverse des molécules organiques présentes dans les écosystèmes aquatiques qui sont issues de divers composants et processus spatiaux et temporels au sein d’un bassin hydrographique forestier. Notre laboratoire s’emploie à mieux lier les signatures spectrales aux fonctions écosystémiques au sein d’un écosystème aquatique (notamment les processus biogéochimiques liés aux nutriments et au cycle du carbone) ainsi qu’aux processus forestiers. L’objectif est d’établir des indicateurs chimiques qui peuvent être extraits à l’aide de spectrophotomètres largement disponibles et combinés avec des bioindicateurs classiques pour mieux détecter les causes de la détérioration de la condition biologique des écosystèmes aquatiques. Cela nous permettra de mieux connaître les voies par lesquelles les activités d’aménagement forestier et autres perturbations naturelles et anthropogéniques peuvent altérer la fonction de l’écosystème aquatique et encourager l’adoption d’approches de gestion améliorées pour atténuer ces répercussions.

Pour obtenir de plus amples renseignements au sujet de la présente étude, veuillez communiquer avec Erik Emilson.


Restauration des paysages boréaux fragmentés pour la protection des caribous : approche de modélisation

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Denys Yemshanov, Ph.D. et scientifique au CFGL, a eu recours à des techniques de modélisation en vue de trouver des emplacements optimaux pour la restauration du profil sismique dans la région de Cold Lake, en Alberta.

L’exploration pétrolière et gazière dans les régions boréales de l’ouest du Canada implique de défricher les profils sismiques pour localiser les gisements de ressources (p. ex., bitume), et y accéder, causant ainsi des perturbations linéaires dans les forêts. Les profils sismiques historiques ont entraîné la fragmentation de l’habitat et l’accroissement de l’accès des prédateurs, ce qui a par la suite engendré un déclin important de certaines populations fauniques, et notamment des caribous des bois (Rangifer tarandus). Bien qu’elle soit coûteuse, la restauration écologique des profils sismiques contribue à ralentir le déclin des populations de caribous. Les décisionnaires s’efforcent de proposer des stratégies visant à optimiser la capacité des populations fauniques à accéder à un habitat convenable tout en veillant à ce que les coûts du projet respectent un budget défini.

Denys Yemshanov et ses collaborateurs ont conçu un modèle économique dans le but de trouver des stratégies de restauration qui optimisent la zone d’habitat accessible par une population faunique dans un paysage fragmenté. Il a adopté une approche théorique graphique qui représente une forêt fragmentée comme un réseau de parcelles d’habitat interconnectées. Ce modèle présente des similitudes conceptuelles avec un problème de l’arborescence de Steiner au budget limité. M. Yemshanov a comparé deux scénarios économiques de restauration visant à restaurer l’accès local et de longue distance des populations à un habitat convenable.

Il a appliqué le modèle en vue de trouver les emplacements optimaux pour la restauration du profil sismique dans la région de Cold Lake, en Alberta (Canada). Cette restauration optimale englobe un mélange de deux stratégies. La première consiste à établir des connexions de courte distance entre les parcelles de forêt avec de grandes zones d’habitat intactes et la deuxième prévoit d’établir des corridors de longue distance entre des zones situées dans des endroits connus pour abriter certaines espèces et la plus grande superficie d’habitat convenable. Le modèle révèle les compromis dans les deux stratégies et permet de trouver les solutions de restauration les moins coûteuses respectant un budget limité. L’approche est généralisable et peut être appliquée à d’autres types d’espèces ou d’habitat.

M. Yemshanov a présenté son projet lors d’un webinaire le 6 février. Le diaporama et l’enregistrement (anglais seulement) sont disponibles ici.


Publications

Publications récentes

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