Rapport d’évaluation : Programme GéoConnexions - Phase III

Table des matières

Remerciements

L’équipe d’évaluation aimerait remercier les personnes qui ont contribué à l’évaluation du programme GéoConnexions, en particulier les membres du Comité consultatif de l’évaluation, de même que les autres personnes qui ont formulé des points de vue et des commentaires essentiels à cette évaluation.

Le projet d’évaluation a été géré par Nicholas Kowbel, avec un soutien en matière d’évaluation de la part de Carol Gudz de la Division de l’évaluation stratégique. Jennifer Hollington, responsable de l’évaluation à RNCan, et Gavin Lemieux, directeur, ont assuré la supervision par la haute direction. Phoenix Strategic Perspectives Inc. a également fourni des services d’évaluation dans le cadre de ce projet.

Sommaire

Introduction :

Ce rapport présente les constatations de l’évaluation de la phase III du programme GéoConnexions de Ressources naturelles Canada (RNCan) (qui fait partie du sous-programme 1.2.3, Innovation géospatiale, dans l’Architecture d’alignement des programmes 2014-2015 de RNCan). GéoConnexions est administré par le Centre canadien de cartographie et d’observation de la Terre (CCCOT), qui fait partie du secteur des sciences de la Terre. La phase II de ce programme a été évaluée pour la dernière fois en 2010. Cette évaluation couvre les activités du programme de 2010-2011 à 2014-2015, qui représentent 25,1 millions de dollars en financement de RNCan.

Conception et objectifs du programme

La phase III de GéoConnexions assure un leadership fédéral pour connecter des sources de données géospatiales et optimiser l’utilisation des données géospatiales dans les processus décisionnels. Le programme assure également un leadership fédéral dans l’élaboration de politiques en géomatique.

Le programme y parvient en appuyant la mise au point et en œuvre de l’Infrastructure canadienne de données géospatiales (ICDG) par le travail sur les normes communes, les politiques opérationnelles et la gouvernance.

La phase III du programme a été conçue en fonction des recommandations de l’évaluation de 2009 de la phase 2, qui soulignaient la nécessité pour le secteur des sciences de la Terre :

  • d'examiner les mécanismes afin de garantir que l’expertise locale acquise lors de la phase II du programme peut être maintenue et transférée à un niveau fédéral ou provincial plus large;
  • d’améliorer la convivialité du Portail canadien de données géospatiales au moyen d’essais pilotes;
  • d’élaborer une stratégie générale de durabilité pour garantir que la marque de l’ICDG est clairement comprise et que l’Infrastructure canadienne de données géospatiales est maintenue.

Méthodologie :

La cueillette des données pour l’évaluation a eu lieu de juin à septembre 2015 et comprenait 31 entrevues avec des répondants clés (personnes de l’industrie, des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux et des universités de même qu’experts externes), un examen de documents (y compris des études du programme et des comparaisons internationales avec l’Europe et les États-Unis) de même qu’un sondage auprès des intervenants (n = 79; taux de réponse de 38 %). L’évaluation a adopté une approche axée sur la théorie, cherchant à savoir si les activités de programme ont contribué aux résultats attendus ou non et, le cas échéant, dans quelles circonstances (c.-à-d. évaluer la validité de la théorie du programme). À cette fin, on a préparé une chaîne de résultats en consultation avec le programme. Les constatations sont présentées par résultat attendu, identifiés en caractères gras ci-après. Même si cette méthodologie présentait plusieurs limites (abordées dans le rapport), les évaluateurs ont employé de multiples sources de données pour atténuer ces limites en validant les constatations.

Constatations de l’évaluation : Contribution du programme GéoConnexions aux résultats attendus

Compréhension du besoin et définition du programme : GéoConnexions est aligné avec les priorités du gouvernement fédéral et de RNCan, et il existe un besoin continu pour les activités qu’il entreprend. L’importance des données géographiques a énormément augmenté, allant au-delà du secteur traditionnel de la géomatique et touchant plus d’acteurs et d’approches des données géoréférencées que jamais auparavant. En même temps, la communauté géospatiale, dont la définition est de plus en plus large en raison de l’augmentation de l’interconnexion et de la technologie utilisant les données géospatiales, demeure très fragmentée. La phase III de GéoConnexions répond aux besoins des intervenants des secteurs publics et privés en matière de données et de normes techniques liant les infrastructures de données spatiales régionales et thématiques. Cela facilite l’utilisation et la réutilisation efficaces de données géospatiales interopérables. Le programme met également l’accent sur la gouvernance afin de répondre au besoin de leadership et d’une approche coordonnée de la mise en œuvre de l’ICDG. Les intervenants du programme expriment clairement le besoin de meilleures communications de la part de RNCan et d’autres parties à propos de l’ICDG de même que d’un plus grand soutien à l’élaboration de technologies axées sur l’utilisateur. Cela dit, les intervenants reconnaissent également que le programme accomplit beaucoup de choses avec peu de ressources dans un contexte qui change continuellement.

GéoConnexions a dû s’adapter au contexte technologique et stratégique changeant en matière de données géospatiales au cours de ses trois phases. Pendant la phase 1 (1999-2004), le programme répondait à un besoin exprimé par le Conseil canadien de géomatique (COCG), consistant à lier sur Internet les jeux de données géospatiales fédéraux, provinciaux et territoriaux et à les rendre interopérables. Le programme a entamé la conception de l’ICDG et a contribué à la création de GéoBase, qui rend disponibles de nombreux jeux de données géospatiales publics fédéraux, provinciaux et territoriaux auprès des utilisateurs des secteurs public et privé. La phase II de GéoConnexions (2005 à 2009) mettait l’accent sur l’appui de l’utilisation communautaire des données géospatiales et sur l’élaboration de politiques contribuant, avec un soutien provincial et territorial, à la mise en œuvre par RNCan en 2007 d’une politique en matière de données ouvertes. Cela appuyait également l’Initiative du Canada pour un gouvernement ouvert (données ouvertes ) en donnant aux Canadiennes et Canadiens accès à un grand nombre d’ensembles de données géospatiales. La phase III de GéoConnexions (2010 à 2015) mettait l’accent sur les données et les normes techniques essentielles au fonctionnement de l’ICDG. Le programme cherchait également à établir une coordination entre la géomatique traditionnelle et le nombre croissant d’utilisateurs et de producteurs de données géospatiales dans des secteurs non conventionnels (p. ex. soins de santé, assurances, etc.).

Création d’organes de gouvernance appropriés : GéoConnexions a mis en place des organes de gouvernance appropriés appuyant le développement de l’ICDG, soit le Comité fédéral de géomatique et d’observation de la Terre (CFGOT), le Conseil canadien de géomatique (COCG) et la Table ronde de la communauté canadienne de géomatique (TRCCG) – maintenant GéoAlliance Canada. La TRCCG a été citée comme exemple de gouvernement ouvert pour avoir forgé une relation officielle coopérative entre des acteurs étatiques et non étatiques, permettant de cerner les intérêts et les objectifs communs.Note de bas de page 1 Les intervenants se demandent toutefois si le secteur géospatial est prêt à faire la transition de la TRCCG, dirigée par RNCan, à GéoAlliance, dirigée par le secteur. Cela s’explique en partie par les difficultés à obtenir un appui et des ressources pour un organisme dont RNCan n’est pas un dirigeant visible, et par la nature fragmentée de la communauté de la géomatique et des données géospatiales. Remarquez que GéoAlliance ne reprend pas un rôle ou des tâches appartenant auparavant à RNCan. Elle cherche à réunir plus de membres que la TRCCG, représentant l’ensemble de la communauté des données géospatiales.

En général, les données issues des entrevues laissent croire que la plupart des organismes appropriés participent aux organes de gouvernance de l’ICDG. Cela dit, on perçoit également la nécessité de faire participer davantage les communautés d’utilisateurs comme les municipalités, les industries pétrolière, gazière et forestière et les groupes non conventionnels comme les fournisseurs de soins de santé, les compagnies de technologie de l’information et l’industrie des assurances. Ces groupes sont également perçus comme des utilisateurs importants des données géospatiales. Les résultats du sondage auprès des intervenants indiquent que les efforts de GéoConnexions visant à améliorer la coordination du secteur ont été importants (73 % au moins quelque peu, y compris 44 % très important). Toutefois, la communauté géospatiale continue de percevoir les progrès des intervenants géospatiaux en matière de gouvernance du secteur comme faibles, bien que meilleurs qu’il y a cinq ans, en raison des efforts de GéoConnexions. Cette difficulté constante est sans doute attribuable à la grande fragmentation de la communauté géospatiale au Canada et au manque de ressources humaines et financières consacrées exclusivement au soutien de la participation à l’élaboration de l’ICDG.

Compréhension partagée des priorités : Il y a un fort consensus sur les priorités géospatiales au sein de la communauté, comme en témoignent la Stratégie pancanadienne de géomatique, l’Accord canadien de géomatique et le début des travaux sur la Plateforme géospatiale fédérale. GéoConnexions a contribué à ces réalisations, grâce à des processus inclusifs mis en œuvre par les organes de gouvernance de la TRCCG et du COCG afin d’élaborer ces accords de même qu’aux travaux du CFGOT visant à organiser la mise en œuvre de la Plateforme géospatiale fédérale. Toutefois, les données issues des entrevues laissent croire que les avis diffèrent quant à la manière de mettre en œuvre ces accords (ce qui doit être fait en premier, qui doit agir et qui doit payer). Cela s’explique en partie par les difficultés rapportées en matière de coordination sectorielle et d’adhésion à la GéoAlliance, que l’on a déjà évoquées. Les outils et les documents d’orientation du programme faisant la promotion des avantages de l’ICDG ont été jugés persuasifs, précieux et utilisés par la communauté (86 à 88 % ont trouvé ces outils au moins quelque peu utiles, y compris 52 à 62 % très utiles). En même temps, ces outils ont peu de chances de joindre les utilisateurs non conventionnels.

Élaboration de normes et de politiques communes pour l’ICDG : Les données indiquent clairement que des normes et des politiques géospatiales techniques et communes ont été élaborées pour l’ICDG. En ce qui concerne les normes, ces travaux ont été appuyés par les recherches du programme sur les normes et par la participation efficace du programme aux forums internationaux sur les normes. Toutefois, certaines personnes interviewées ont laissé entendre que la consultation avec le Canada pourrait être plus systématique. Des politiques opérationnelles ont également été élaborées en fonction des besoins définis de la communauté, même si les données issues des entrevues et des documents laissent croire que davantage de directives peuvent être requises en ce qui concerne les enjeux de propriété intellectuelle et l’intendance des données. Preuve de son leadership dans le domaine des normes et des politiques en matière d’infrastructure de données spatiales, GéoConnexions a mené les travaux de recherche et de développement pour le Manuel pour les Amériques – Infrastructures de données spatiales, qui offre des directives sur l’élaboration d’infrastructures de données spatiales à un public international.Note de bas de page 2 Les intervenants perçoivent comme une priorité importante les travaux de GéoConnexions sur l’élaboration de normes (75 %) et de politiques opérationnelles (61 %) qui répondent aux besoins des utilisateurs. Cependant, les intervenants estiment que la contribution du programme aux progrès dans ce domaine est généralement faible (27 à 33 % ont qualifié les progrès d’importants). Les données issues des entrevues montrent que, dans certains cas, cette perception s’appuie probablement sur une mauvaise connaissance des activités de RNCan par les intervenants du programme. Les personnes interviewées ont également indiqué la nécessité de remettre l’accent sur les normes de métadonnées afin de les mettre à jour et de les rendre plus faciles à mettre en œuvre.

Adoption et mise en œuvre généralisées des normes et politiques communes relatives à l’ICDG : Plusieurs sources de données montrent une progression dans la mise en œuvre des normes et des politiques de l’ICDG, y compris de nombreux exemples de mise en œuvre. Cela dit, les données issues du sondage et des entrevues laissent croire que la progression vers une pleine mise en œuvre est probablement modeste. Par exemple, 70 % des intervenants sondés avaient au moins quelque peu mises en œuvre les normes de l’ICDG, et 43 % les avaient mises en œuvre en majeure partie. Il est difficile d’évaluer à quel point les normes ont été adoptées puisqu’il n’y a aucune surveillance systématique en place (ce qu’ont souligné les exercices d’évaluation de 2012 et de l’ICDGNote de bas de page 3). Les travaux sur les normes de métadonnées appuyant la découverte des données sont perçus par les intervenants comme un effort constant et important, mais on a soulevé des préoccupations quant à la découverte des données en général et à la mise en œuvre des normes de métadonnées en particulier. Les métadonnées représentent également un défi constant pour les efforts touchant l’Infrastructure de données spatiales (IDS) dans l’Union européenne (UE) et aux États-Unis, où l’application de normes en matière d’infrastructure de données spatiale dans le secteur public est obligatoire, au contraire du Canada où elle est facultative. Remarquez toutefois que la progression paraît être semblable dans les régimes obligatoires et facultatifs.

L’évaluation révèle que des facteurs externes dans la communauté des données géospatiales nuit à l’application des normes et politiques de l’ICDG, entre autres la disponibilité de ressources organisationnelles, les priorités opérationnelles concurrentes, la compréhension de l’ICDG et la disponibilité de professionnels en géomatique aux fins de mise en œuvre. Cela dit, la mise en œuvre continue de progresser, avec l’aide des travaux de recherche de normes internationales, de consolidation de l’industrie de la géomatique, de l’utilisation accrue de logiciels disponibles dans le commerce et des démonstrations de normes appliquées de l’ICDG par GéoConnexions, au moyen de projets de S et C qui aident RNCan à défendre la cause des normes pratiques pour le Canada.

Données géospatiales interopérables et disponibles en ligne grâce à la technologie : On a réalisé d’intéressants progrès dans les travaux visant à rendre les données géospatiales disponibles en ligne au Canada, en fonction des normes et des politiques de l’ICDG, et accessibles au moyen de la technologie et d’applications. Au total, 84 % des intervenants sondés ont déclaré que la disponibilité de données géospatiales interopérables sur le Web à partir de leur organisation avait augmenté un peu (24 %) ou beaucoup (60 %) au cours des cinq dernières années. Les examens de documents et les entrevues confirment également de nombreux exemples de portails, de plateformes et de services Web de données géospatiales en ligne qui rendent des données publiques disponibles au Canada (p. ex. GéoGratis, portail GeoDiscovery, portails régionaux de données spatiales). GéoConnexions a permis des investissements publics et privés dans les technologies géospatiales en appuyant des projets grâce à son programme de S et C et par ses travaux sur les normes qui facilitent la mise au point de technologies et d’applications. Cependant, les personnes interviewées ont laissé entendre que l’impact de ces travaux pourrait être amélioré par la communication des résultats des projets de S et C (par RNCan ou par d’autres) à la communauté en général de sorte qu’elle puisse les mettre à profit dans ses propres travaux.

Même s’il est clair que la disponibilité de données géospatiales interopérables sur le Web au Canada a augmenté au cours des cinq dernières années, l’attribution de ce phénomène à GéoConnexions par la communauté est faible. Seuls 49 % des intervenants sondés croyaient que GéoConnexions et l’ICDG étaient au moins quelque peu importants pour ce résultat. Les données issues du sondage laissent croire que cela s’explique probablement par la méconnaissance par les intervenants du rôle véritable de RNCan et de ses activités dans l’élaboration de normes et dans l’interopérabilité des données, puisque cela se produit en grande partie en arrière-plan. Les personnes interviewées convenaient généralement que même si les progrès en matière de disponibilité des données étaient bons, l’interopérabilité en ligne des données géospatiales n’en était qu’à ses premiers pas. L’évaluation cerne de nombreux défis à surmonter au sein de la communauté des données géospatiales afin d’accroître la disponibilité de données interopérables en ligne. Il s’agit notamment des priorités organisationnelles concurrentes, du caractère restrictif des licences d’utilisation des données, de la gouvernance des systèmes de données partagés, de l’insuffisance de la largeur de bande et du traitement des ensembles de données existants.

Données géospatiales consultées et utilisées par les décideurs : L’évaluation a corroboré le lien attendu entre les activités de GéoConnexions et l’augmentation de la consultation et de l’utilisation des données géospatiales. Les données issues du sondage auprès des intervenants et des entrevues montrent que la demande et l’utilisation des données géospatiales ont considérablement augmenté au cours des cinq dernières années (87 à 89 % des producteurs et utilisateurs de données sondés ont cité une demande accrue). Il existe également de nombreux exemples d’utilisation permise par l’ICDG (p. ex. téléchargements de données suivis, coordination interprovinciale de l’intervention en cas de feux de forêt, investissements ciblés en infrastructure, etc.). Cela dit, aucune mesure systématique de l’utilisation des données n’est réalisée par le programme ou par quiconque. L’évaluation a aussi permis de constater que de nombreux facteurs entravent l’utilisation des données géospatiales, notamment le degré de connaissance des avantages de l’utilisation des données par les décideurs principaux, la nécessité de confirmer la qualité, l’exactitude et la fiabilité des données disponibles, la nécessité de démanteler les silos décisionnels qui ne tiennent pas compte de la capacité de combiner les données et la nécessité d’une technologie permettant une intégration facile des données dans le déroulement du travail pour les profanes en géomatique.

Avantages pour les Canadiennes et Canadiens : Une étude de modélisation économique de 2015 commandée par GéoConnexions a montré que l’utilisation des extrants géospatiaux avait apporté une contribution de 20,7 milliards de dollars au produit intérieur brut (PIB) du Canada en 2013. D’après les données de l’évaluation, il est raisonnable de dire que GéoConnexions contribue grandement à permettre cette utilisation des données géospatiales grâce à ses travaux sur la gouvernance, les normes et l’interopérabilité. Il existe de nombreux exemples d’avantages, comme le meilleur avantage concurrentiel et la meilleure efficacité découlant de l’utilisation des extrants géospatiaux (renseignements, technologie, applications) dans la prise de décisions. Les extrants géospatiaux fournissent des avantages aux Canadiennes et Canadiens dans des secteurs qui sont un peu plus mesurables en termes économiques (p. ex. indiqués par leur contribution au PIB) et dans des secteurs qui sont moins tangibles et moins mesurables (p. ex. protection de l’environnement, santé et avantages sociaux).

Les produits et services de RNCan ont également profité des normes et des politiques opérationnelles de l’ICDG ou des données de base mises à disposition par l’entremise de GéoBase et de GéoGratis. Par exemple, la Plateforme géospatiale fédérale dirigée par RNCan, le projet de données sur la Couverture des terres du Canada, le Réseau d’information sur les eaux souterraines, le système d’Inventaire forestier national et le Système canadien d'information sur les feux de végétation.

Constatations de l’évaluation : Efficience et économie

La conception du programme GéoConnexions comprend de nombreux exemples de pratiques efficientes. GéoConnexions est perçu comme un programme bien géré par les intervenants internes et externes. Il comprend un accent sur une ICDG nationale qui peut être mise à profit par les gouvernements provinciaux et territoriaux par l’entremise des organes de gouvernance établis par GéoConnexions, ce qui limite le dédoublement. Il se concentre maintenant sur les normes fondées sur un consensus international afin d’améliorer l’adoption de normes communes, et il a consolidé les portails de données géospatiales sous GéoGratis. Remarquez que la gouvernance aussi bien que GéoGratis demeurent des défis, même si le CCCOT s’attend à ce que la Plateforme géospatiale fédérale continue d’aborder ces enjeux.

Enfin, la composante de S et C de GéoConnexions a permis d’obtenir un fort effet de levier financier de 3,9 dollars de contributions en liquide et en nature aux projets pour chaque dollar investi par GéoConnexions dans le cadre de son programme de S et C. Les personnes interviewées ont exprimé des préoccupations quant au fait que la diminution prévue du financement pour les S et C ralentirait la progression du programme.

Conclusions et recommandations :

GéoConnexions a comblé un besoin bien compris d’activités appuyant l’ICDG, permettant un accès aux données publiques qui auraient été difficile à trouver ou à utiliser par ailleurs.

Les données de l’évaluation corroborent la contribution du programme à chacun de ses résultats attendus, laissant croire que la théorie du programme est correcte. Elle révèle également que le programme est un moyen efficace de réaliser les objectifs fixés.

Beaucoup des défis cernés dans la présente évaluation sont conformes aux expériences des États-Unis et de l’UE dans la mise en œuvre de leurs infrastructures de données spatiales respectives. Ces défis comprennent les enjeux touchant la découverte des données et les métadonnées, la mise en œuvre des normes et des politiques dans l’ensemble des compétences et la coordination des intervenants publics et privés.

On a également découvert de nombreuses possibilités d’amélioration des résultats pour la prochaine phase du programme. Ces possibilités sont abordées dans le contexte des recommandations formulées ci-après.

Recommandation 1 : GéoConnexions doit renforcer son rôle de rassembleur national et travailler avec le COCG, le CFGOT et GéoAlliance pour communiquer de façon généralisée la valeur de l’ICDG et l’importance de son adoption.

  • L’évaluation a permis de constater que le rôle pancanadien et international de GéoConnexions dans la mise au point des infrastructures de données spatiales qui constituent l’ICDG et dans la compréhension de l’ICDG elle-même est méconnu. L’ICDG met l’accent sur l’échange de données géospatiales ouvertes de grande valeur. Le leadership, l’expérience et les connaissances générées par le programme GéoConnexions pourraient être mieux communiqués à la communauté naissante des données ouvertes à mesure qu’elle accomplit sa transition vers des environnements de données ouverts (c.-à-d. plus grande utilisation de données ouvertes).
  • Les données du sondage et des entrevues montrent que même si les intervenants voient de la valeur dans les objectifs du programme GéoConnexions, ils comprennent sans doute peu ce que fait RNCan en ce qui concerne les travaux relatifs aux normes, aux politiques opérationnelles et aux technologies sur l’ICDG. Ces composantes sont essentielles pour rendre très précieuses les formes ouvertes et interopérables des données géospatiales et autres. Afin d’obtenir une plus grande participation à la mise en œuvre et au soutien de l’ICDG, et pour joindre des communautés d’utilisateurs nouvelles et émergentes, un effort de communication coordonné est nécessaire. Remarquez que cette recommandation est conforme à la recommandation de l’évaluation de 2015 de l’ICDG.

Recommandation 2 : GéoConnexions doit renforcer son leadership en matière de données ouvertes en appuyant une cueillette et un échange plus efficaces des données, en éliminant les préoccupations soulevées relativement à a) la découverte des données et b) la coordination de la mise à jour des ensembles de données géospatiales générales.

  • Même si la prestation de données géospatiales intégrées et interopérables est un objectif primordial de GéoConnexions, la capacité de découvrir les données, sous toutes leurs formes, doit être garantie afin qu’elle soit utilisée et qu’on évite le dédoublement. L’évaluation a révélé que davantage de travail est nécessaire sur la découverte des ensembles de données publics de tout le Canada. Ce défi semble être rattaché à l’élaboration et à la mise en œuvre de normes de métadonnées, à la fonctionnalité de recherche sur les portails publics comme GéoGratis de même qu’aux accords de partage des données.
  • Les données de l’évaluation laissent entrevoir la nécessité d’une approche coordonnée de l’entretien des données cadres qui permettrait d’éviter le dédoublement d’une compétence gouvernementale à l’autre. Les données cadres sont une partie essentielle de l’ICDG puisqu’elles constituent la couche de base sur laquelle les autres données géoréférencées peuvent être fixées. Des lacunes considérables apparaissent au Canada en ce qui concerne le caractère complet et fiable des données cadres. Cela s’explique en partie par le sous-investissement dans les données cadres en raison des contraintes financières des dix dernières années, mais également par l’absence d’une coordination qui pourrait effacer ces contraintes. Beaucoup de personnes interviewées de l’industrie et du secteur privé ont laissé entendre que des stratégies nationales seraient très importantes pour trouver des moyens rentables de mettre à jour et d’entretenir les données cadres. La plupart d’entre elles remarquent que RNCan serait le leader naturel d’un tel effort.

Recommandation 3 : GéoConnexions doit offrir un soutien ciblé pour intégrer les données géospatiales dans les processus décisionnels des profanes.

  • L’utilisation des données géospatiales dépend de leur disponibilité et de leur accessibilité. Toutefois, même lorsque la quantité maximale de données est disponible et accessible, si ces données ne peuvent pas être traduites en analyses de consommation facile, elles n’éclaireront pas les décideurs. Les données laissent croire qu’il existe de grandes possibilités d’améliorer l’utilisation des données dans les processus décisionnels en mettant au point des applications qui rendent les données accessibles et utilisables par des profanes (c.-à-d. des analystes et des décideurs qui ne sont pas des professionnels de la géomatique). Beaucoup de personnes interviewées ont laissé entendre que cela représente la prochaine étape la plus importante pour améliorer l’utilisation des données géospatiales. En outre, les intervenants sondés ont donné la plus faible évaluation des progrès et de la capacité aux enjeux relatifs à l’ICDG touchant l’utilisation des données géospatiales et la mise au point d’applications et des technologies conviviales.

Recommandation 4 : GéoConnexions doit continuer de travailler avec la communauté géospatiale pour encourager la transformation d’un point de mire restreint sur les experts en géomatique à un point de mire plus général sur les groupes d’utilisateurs non conventionnels. Cela doit inclure le soutien de GéoAlliance, dont l’objectif de mise en œuvre de la Stratégie pancanadienne de géomatique complète le programme GéoConnexions.

  • L’évaluation a révélé que la coordination du secteur, bien qu’elle se soit améliorée, demeure faible dans l’ensemble. Il faut attirer des utilisateurs non conventionnels vers la communauté afin qu’ils puissent formuler des commentaires sur l’ICDG et en tirer davantage profit. L’évaluation a également révélé l’existence de préoccupations quant à l’état de préparation du secteur à l’évolution de la TRCCG menée par RNCan vers GéoAlliance Canada, menée par le secteur (et dont le mandat est de se constituer un vaste effectif de membres). Cela est en partie attribuable à un ressourcement limité du secteur des données géospatial et aux difficultés à obtenir un appui pour une initiative dont RNCan n’est pas le dirigeant, de même qu’à la nature fragmentée de la communauté de la géomatique et des données géospatiales dont on cherche à obtenir une participation généralisée.

Recommandations et réponse de la direction

Recommandations Réponse de la direction Agent responsable/Secteur
(Date cible)
1 : GéoConnexions doit renforcer son rôle de rassembleur national et travailler avec le COCG, le CFGOT et GéoAlliance pour communiquer de façon généralisée la valeur de l’ICDG et l’importance de son adoption. La direction est d’accord avec cette recommandation.

Action :

Le Centre canadien de cartographie et d’observation de la Terre (CCMEO) travaillera :
  • avec des partenaires fédéraux, provinciaux et territoriaux et, si possible, municipaux et locaux, de concert avec la communauté des données ouvertes, afin de communiquer le rôle essentiel des normes géospatiales, des données et de l’ICDG dans le programme de données ouvertes et de gouvernement ouvert;
  • avec l’Open Geospatial Consortium (OGC) pour faire progresser l’Arctic Spatial Data Infrastructure, de concert avec les intervenants canadiens et internationaux en Arctique, au moyen d’activités rigoureuses d’essai pilote et de banc d’essai par l’OGC menées conjointement avec les 515 membres de l’OGC, le CFGOT, le COCG et GéoAlliance.
Le Centre canadien de cartographie et d’observation de la Terre travaillera avec les communautés nouvelles et naissantes (p. ex. la science ouverte, les communautés de DPI) pour communiquer le rôle de GéoConnexions dans les normes, les politiques opérationnelles et l’interopérabilité des données géospatiales. Cela comprendra :
  • travailler avec le service des communications de RNCan pour établir une stratégie nationale coordonnée de communication et de sensibilisation.
Sur le plan international, le CCCOT :
  • assurera la coordination avec les pays membres de l’initiative Arctic Spatial Data Infrastructure afin de cerner les données d’intérêt commun et d’établir des approches homogènes de la cueillette et de l’échange de données;
  • appuiera le Conseil de l’Arctique (Affaires mondiales Canada) et le projet Arctic Spatial Data Infrastructure en créant une vidéo promotionnelle sur l’importance des infrastructures de données géospatiales de même que de l’interopérabilité et des normes en matière de données géospatiales dans les efforts mondiaux visant à fournir des données pouvant être utilisées pour lutter contre le changement climatique;
  • préparera des documents promotionnels et interagira avec les autres ministères fédéraux, les provinces, les territoires et les autres acteurs afin de démontrer les applications pratiques et l’importance des normes géospatiales dans l’échange et l’interopérabilité des données. Ces documents et démonstrations seront présentés lors de conférences et dans divers médias sur le Web comme des groupes de discussion et YouTube;  
  • tirera des leçons d’un projet international conjoint avec la United States Geological Survey et l’Open Geospatial Consortium afin de mettre au point des normes géospatiales renforçant l’interopérabilité avec les nouveaux ensembles et les nouvelles formes de données, comme l’observation de la Terre et l’imagerie satellite.
Les résultats du projet d’interopérabilité seront communiqués sur le site Web de RNCan en mars 2017, dans des groupes de travail techniques et à l’occasion de conférences scientifiques et sur les données ouvertes. La communication internationale conjointe des résultats du projet se fera en collaboration avec l’USGS et, peut-être, les Nations Unies, et avec l’Open Geospatial Consortium. Les résultats seront également communiqués à GéoAlliance Canada et lors de conférences particulières avec le secteur privé canadien afin d’assurer le transfert de la technologie et des normes tout au long de 2017 et 2018. Si les résultats des activités de banc d’essai sont positifs, l’USGS et le CCCOT chercheront à faire adopter des normes internationales aux fins d’utilisation à l’échelle mondiale.
SMA, SST

(31 mars 2017)
2 : GéoConnexions doit renforcer son leadership en matière de données ouvertes en appuyant une cueillette et un échange plus efficaces des données, en éliminant les préoccupations soulevées relativement à a) la découverte des données et b) la coordination de la mise à jour des ensembles de données géospatiales générales. La direction est d’accord avec cette recommandation.

Le Centre canadien de cartographie et d’observation de la Terre dressera un plan d’action complet pour promouvoir son rôle de leadership en matière de normes géospatiales, une cueillette de données plus efficace et les efforts en matière de découverte de données.

Le Centre canadien de cartographie et d’observation de la Terre :
  • exécutera l’initiative de la Plateforme géospatiale fédérale, qui est conçue pour améliorer la possibilité de découverte, l’accessibilité et l’interopérabilité des données fédérales; cette initiative rendra accessible et interopérable plus de 300 nouveaux ensembles et nouvelles couches de données qui n’étaient pas disponibles ou interopérables auparavant;
  • bâtira la Plateforme géospatiale fédérale dans le cadre d’une approche panministérielle visant à garantir que ceux qui apportent une contribution volontaire ne dédoublent pas les activités d’acquisition de données ou de mise en œuvre de la technologie, en utilisant le principe de « bâtir une fois, utiliser plusieurs fois » afin d’assurer une valeur maximale;
  • renforcera la prochaine génération de capacité de consultation, d’échange et de cueillette des données par la mise en œuvre de nouvelles solutions technologiques en collaboration avec les dirigeants principaux de l’information du gouvernement du Canada et de RNCan.
En ce qui concerne les constatations relatives à la coordination des approches de mise à jour des ensembles de données de référence, la direction convient qu’il existe des lacunes considérables dans les données géospatiales de référence du Canada. Cet enjeu sera couvert dans l’évaluation à venir de l’activité 3.2.1 de l’AAP et la direction prendra des mesures dans ce contexte.
SMA, SST

(décembre 2017)
3 : GéoConnexions doit offrir un soutien ciblé pour intégrer les données géospatiales dans les processus décisionnels des profanes. La direction est d’accord avec cette recommandation.

Le Centre canadien de cartographie et d’observation de la Terre :
  • travaillera avec le secteur privé, les université et les organismes non gouvernementaux à effectuer des essais pilotes ou à mettre au point de nouveaux outils et de nouvelles approches d’analyse afin de garantir une meilleure utilisation des données spatiales dans diverses applications exigeant de meilleures données de localisation;
  • travaillera avec d’autres ministères et organismes fédéraux pour garantir que les initiatives touchant les mégadonnées et les données ouvertes tirent parti de l’expertise et des fonds du CCCOT;
  • mettra en œuvre d’ici décembre 2017 un processus permanent d’examen semestriel afin d’évaluer les progrès accomplis en matière d’utilisation des données.
SMA, SST

Mise en œuvre en décembre 2017 d’un processus d’examen semestriel des progrès accomplis. Ces mesures seront permanentes et feront partie des processus d’exploitation.
4 : GéoConnexions doit continuer de travailler avec la communauté géospatiale pour encourager la transformation d’un point de mire restreint sur les experts en géomatique à un point de mire plus général sur les groupes d’utilisateurs non conventionnels. Cela doit inclure le soutien de GéoAlliance, dont l’objectif de mise en œuvre de la Stratégie pancanadienne de géomatique complète le programme GéoConnexions. La direction est d’accord avec cette recommandation.

Le Centre canadien de cartographie et d’observation de la Terre :
  • travaillera avec GéoAlliance, en qualité de rassembleur, à rassembler divers utilisateurs non conventionnels de données et d’outils géospatiaux;
  • appuiera financièrement GéoAlliance et assurera une supervision régulière du projet, au besoin.
SMA, SST

(Mars 2017)

1.0 Introduction et contexte

1.1 Introduction

Ce rapport présente les constatations de l’évaluation du programme GéoConnexions de Ressources naturelles Canada (RNCan), qui fait partie du sous-programme 1.2.3 de l’Architecture d’alignement des programmes 2014-2015. Le programme GéoConnexions est administré par le Centre canadien de cartographie et d’observation de la Terre (CCCOT) de RNCan, qui fait partie du Secteur des sciences de la Terre. Ce programme a été évalué pour la dernière fois en 2009. Le 1er avril 2015, le programme GéoConnexions est devenu un programme financé par services votés, avec un financement ministériel permanent de 5 millions de dollars par an.

L’évaluation couvrait la période de cinq ans de 2010-2011 à 2014-2015 et des dépenses de quelque 25,5 millions de dollars. L’évaluation ne couvrait pas la Plateforme géospatiale fédérale, qui sera évaluée séparément en 2018-2019.

1.2 Aperçu du programme GéoConnexions

L’objectif général du programme GéoConnexions est de faciliter la consultation et l’utilisation de renseignements géospatiaux publics au Canada qui ne seraient par ailleurs pas faciles d’accès ou d’utilisation. Pour y parvenir, le programme appuie le développement et l’utilisation de l’Infrastructure canadienne de données géospatiales (ICDG).Note de bas de page 4

L’ICDG est l’ensemble des politiques, des normes, des technologies et des données cadres nécessaires pour harmoniser tous les renseignements géoréférencés du Canada sur l’Internet.Note de bas de page 5 L’ICDG réduit les obstacles à l’utilisation des renseignements géospatiaux afin de permettre aux Canadiennes et Canadiens de découvrir, de consulter, de visualiser, d’intégrer, d’appliquer et d’échanger des renseignements géoréférencés de qualité et de prendre des décisions efficaces.

Historique :

GéoConnexions a dirigé un processus itératif visant à élaborer et mettre en œuvre l’ICDG, en commençant par établir les organes de gouvernance qui supervisent l’élaboration des normes en matière de données et de technologie, des principales données géospatiales et des lignes directrices en matière de politique opérationnelle. Une fois mises au point, l’étape suivante consistant à les mettre en œuvre était caractérisée par la mise au point continue de données géospatiales et d’outils technologiques normalisés autorisant un accès, un échange et une utilisation efficaces des données géospatiales. Ces activités visaient à appuyer la réalisation de l’objectif ultime du programme, soit l’utilisation des données géospatiales par les décideurs pour améliorer la prise de décisions relative aux priorités sociales, économiques et environnementales.

Depuis 1999, le gouvernement fédéral canadien a investi dans la coordination d’un effort national visant à bâtir l’ICDG, avec l’appui du programme GéoConnexions. Au cours des cinq premières années du programme (phase 1, 1999 à 2005), les partenaires et intervenants de GéoConnexions ont jeté les bases de l’ICDG, en se concentrant sur l’utilisation de l’Internet comme plateforme d’échange de données géospatiales et en créant un réseau décentralisé dans lequel chaque fournisseur de données pouvait conserver le contrôle de ses propres renseignements et en effectuer la mise à jour.Note de bas de page 6 La phase 1 mettait également l’accent sur l’établissement de solides partenariats, la mise en place d’une structure de gouvernance inclusive et la promotion de l’élaboration et de l’adoption de normes qui permettent l’interopérabilité – la capacité d’échanger et de comparer différents ensembles de données.Note de bas de page 7

La phase 2 (2005 à 2010) mettait l’accent sur a) élargir les partenariats afin de faciliter et d’améliorer l’accès aux données géospatiales canadiennes et b) améliorer la capacité de la communauté des utilisateurs (p. ex. municipalités, collectivités tributaires des ressources) de mettre à profit l’ICDG pour appuyer un processus décisionnel intégré dans les domaines prioritaires fédéraux : santé publique, sûreté et sécurité publiques, développement durable et environnement et questions d’importance pour les peuples autochtones.Note de bas de page 8

L’objectif de la phase 3 (2010 à 2015) était de fournir un leadership fédéral en vue d’optimiser l’utilisation des données géospatiales aux fins de prise de décisions et pour mener l’élaboration de politiques stratégiques en matière de géomatique.Note de bas de page 9

Structure du programme :

Composantes de l’ICDG :

L’ICDG est une infrastructure de connaissance sur le Web qui vise à améliorer l’efficacité de l’accès, de l’échange et de l’utilisation des données géospatiales ou des données associées aux lieux géographiques au Canada.Note de bas de page 10 L’ICDG est constituée :

  • de données géospatiales (géoréférencées);
  • d’outils technologiques permettant la recherche, la découverte, la visualisation, le téléchargement et la transformation des données géospatiales;
  • de normes relatives aux données géospatiales et aux outils technologiques afin de garantir que tous les éléments fonctionnent de manière efficace et homogène les uns avec les autres;
  • de politiques opérationnelles couvrant des domaines comme la propriété intellectuelle, l’échange de données et la protection des renseignements personnels, qui régissent l’utilisation et la réutilisation des données géospatiales.
Gouvernance de l’ICDG

Le GéoSecrétariat de GéoConnexions favorise la collaboration et les partenariats entre les gouvernements fédéral, provinciaux, territoriaux et régionaux, le secteur privé et les universités afin d’orienter la mise au point de toutes les parties de l’ICDG et d’en assurer l’interopérabilité. Le GéoSecrétariat y parvient en convoquant les comités suivants et en leur offrant coordination et soutien :

  • Comité fédéral de géomatique et d’observation de la Terre (CFGOT) : Créé en janvier 2012 et présidé par le sous-ministre adjoint (SMA) du secteur des sciences de la Terre (SST), il compte 20 membres issus de ministères et organismes fédéraux qui produisent et/ou consomment des données géospatiales ou qui ont un intérêt dans les enjeux liés à la géomatique. Le CFGOT coordonne les efforts fédéraux en géomatique, y compris l’élaboration de la plateforme géospatiale fédérale (PGF).
  • Conseil canadien de géomatique (COCG) : Il s’agit d’un forum fédéral-provincial-territorial pour aborder les enjeux opérationnels communs et échanger des renseignements à leur sujet et pour élaborer et promouvoir des normes nationales de géomatique. La coordination par le COCG a produit l’Accord canadien de géomatique et GéoBase, un portail donnant accès à une base de données géospatiales de qualité pour le Canada, sans frais et sans restrictions d’utilisation.
  • Table ronde de la communauté canadienne de géomatique (TRCCG) : La TRCCG était un forum multipartite créé en 2009 pour permettre un dialogue ouvert sur les enjeux de géomatique dans l’ensemble de l’industrie, du gouvernement et des universités. La TRCCG a mené l’élaboration de la Stratégie pancanadienne de géomatique, une carte routière visant à améliorer le secteur géospatial et l’utilisation des données géospatiales. Le 20 avril 2015, la TRCCG a été remplacée par GéoAlliance Canada.

GéoAlliance Canada est née de la TRCCG afin de mettre en œuvre la Stratégie pancanadienne de géomatique, en mettant en commun les ressources de tous ses membres. Elle prévoit devenir une structure cadre couvrant l’ensemble de la « communauté des données géospatiales », qui englobe à la fois le « secteur de la géomatique » (comme pour la TRCCG) et les utilisateurs des technologies, de l’expertise, des produits et des services de données et de renseignements spatiaux. Alors que la TRCCG était coordonnée et coprésidée par RNCan, par l’entremise de GéoConnexions, RNCan ne coordonne pas GéoAlliance. Il en est plutôt un organisme membre.

1.3 Ressources du programme

Le Tableau 1 présente les dépenses prévues et réelles par type – Fonctionnement et entretien (F et E), Salaires et Subventions et contributions (S et C) – pour le programme GéoConnexions entre 2010-2011 et 2014-2015 (la période couverte par l’évaluation). Ce tableau ne comprend pas les ressources en nature ou d’autres sources. Remarquez qu’en 2014-2015, le programme employait 15 ETP.

Tableau 1 : Dépenses financières de la phase III du programme GéoConnexions, 2010-2011 à 2014-2015 (en milliers de dollars)
  2010-2011 2011-2012 2012-2013 2013-2014 2014-2015 Total tous les exercices financiers
Prévues Réelles Prévues Réelles Prévues Réelles Prévues Réelles Prévues Réelles Prévues Réelles
RNCan F et E* 4 500 4 324 5 500 4 027 5 500 4 917 5 500 4 841 5 500 3 971 26 500 22 080
RNCan S et C 500 499 750 197 750 890 750 733 750 739 3 500 3 059
Total 5 000 4 823 6 250 4 225 6 250 5 807 6 250 5 574 6 250 4 710 30 000 25 139

*y compris salaires, RASE, exploitation

2.0 Méthodologie d’évaluation

2.1 Méthodologie d’évaluation et approche

Une analyse de contribution a été réalisée dans le cadre de la présente évaluation. Cela est conforme aux lignes directrices du Secrétariat du Conseil du Trésor concernant l’évaluation de programmes complexes comme GéoConnexions.Note de bas de page 11 L’analyse de contribution ne tente pas de prouver qu’un facteur unique – une politique ou un programme – a « engendré » le résultat souhaité. Cette approche cherche plutôt à explorer la contribution apportée par une politique ou un programme aux résultats constatés. À cette fin, on a préparé d’après les commentaires du personnel de GéoConnexions une chaîne des résultats expliquant la « théorie du changement », qui montre les liens entre les activités, les résultats et les contextes du programme. Des données ont été recueillies pour vérifier la validité de la chaîne des résultats et aider à brosser un « portrait du rendement » crédible afin de démontrer à quel point le programme a eu une incidence importante dans l’exécution des changements constatés.

L’effort d’évaluation a été dosé de manière à tenir compte des évaluations récentes effectuées par le programme GéoConnexions.Note de bas de page 12 Les activités de cueillette des données ont tiré parti des activités existantes commandées par le programme GéoConnexions, y compris une évaluation à jour de l’ICDG et des études de cas explorant les activités et les réalisations du programme dans les domaines suivants : i) appuyer les travaux du Conseil canadien de géomatique et ii) appuyer les travaux d’élaboration de normes.

L’évaluation a utilisé les sources de données suivantes :

  • Examen de la documentation : La Division de l’évaluation stratégique (DES) a examiné les principaux documents du programme, y compris les évaluations de 2012 et 2015 de l’ICDG (exercices de bureau), les études de cas du programme et la documentation internationale sur le développement de l’infrastructure de développement spatial aux États-Unis et dans l’Union européenne.
  • Sondage : Un entrepreneur privé a réalisé un recensement des principaux groupes d’intervenants (membres du COCG, du CFGOT et de la TRCCG/GéoAlliance) en août et septembre 2015. Au total, 79 répondants ont rempli le questionnaire en ligne, ce qui représente un taux de réponse fort de 38 %. L’annexe A présente une analyse des caractéristiques des répondants au sondage.
  • Entrevues : Au total, 31 entrevues (6 internes et 25 externes) ont été réalisées entre juillet et septembre 2015. Les personnes interviewées comprenaient des représentants de la haute direction et de la direction de programme de RNCan, des membres fédéraux, provinciaux, universitaires et industriels des comités d’intervenants du programme GéoConnexions, des bénéficiaires de subventions et contributions de même que des experts externes en infrastructure de données spatiales.

Voici la chaîne de résultats préparée pour évaluer le programme GéoConnexions. À gauche se trouvent les séries de résultats que le programme attend et à droite, les présomptions et les facteurs que l’on croit susceptibles d’avoir une incidence sur ces résultats. L’évaluation a testé ces présomptions pour évaluer la contribution du programme aux résultats constatés.

Tableau 2 : Chaîne de résultats pour la phase III du programme GéoConnexions

Attentes en matière de résultats Présomptions et facteurs
Conception et gestion du programme
  1. RNCan détermine un besoin (absence de normes et d’interopérabilité) et définit les objectifs de GéoConnexions.
L’information, la compréhension et l’analyse appropriées des problèmes sont converties en une conception et des investissements appropriés du programme.
  1. Organes de gouvernance appropriés formés pour établir un consensus parmi les principaux acteurs FPT, industriels et universitaires en matière de données géospatiales (TRCCG, CFGOT, COCG).
Les intervenants sont disposés et capables (expertise) de s’engager et de participer.

Les bons intervenants participent.
  1. Compréhension commune des priorités en matière de données géospatiales dans les secteurs FPT, industriels et universitaires (Accord canadien de géomatique, Stratégie pancanadienne de géomatique, Stratégie nationale de cartographie).
Accord de tous les secteurs et tous les groupes sur la façon de procéder.

Concours d’idées équitable entre tous les secteurs et tous les groupes.

Les groupes cibles ont été exposés aux livres blancs, aux webinaires et autres produits du programme et ont été convaincus par ceux-ci.
Résultats du programme
  1. Des normes et des politiques géospatiales communes sont élaborées.
Les normes et les politiques répondent aux besoins de la communauté (détenteurs de données, infrastructure).
  1. Les normes et les politiques géospatiales communes sont acceptées et mises en œuvre de façon généralisée.
Les producteurs de données des secteurs public et privé ont la disposition et les ressources nécessaires pour les mettre en œuvre (les coûts et les RH sont des facteurs).
  1. Les données géospatiales sont interopérables et disponibles en ligne aux Canadiennes et Canadiens grâce à des outils technologiques.
Des organismes publics et privés lancent des services et des plateformes qui combinent les renseignements géospatiaux de diverses sources.

Le climat d’investissement des secteurs public et privé est favorable à la mise au point de produits de données géospatiales innovateurs.

Les organismes de cueillette des données ont été persuadés de la valeur de la cueillette de données en respectant des normes communes.
Résultats plus généraux
  1. Les décideurs (ou leurs employés) consultent les données géospatiales pour prendre de meilleures décisions concernant les priorités sociales, économiques et environnementales.

 

Les décideurs sont intéressés à utiliser des données géospatiales pour prendre de meilleures décisions et en comprennent la valeur.

Les renseignements géospatiaux atteignent les décideurs canadiens, l’industrie et les Canadiennes et Canadiens.
  1. Avantages nets pour les Canadiennes et Canadiens (p. ex. meilleure compétitivité des entreprises canadiennes, sécurité, planification de l’infrastructure, prestation des services et développement).
Les renseignements disponibles permettent de faire les choix optimaux.

L’amélioration des décisions entraîne des résultats positifs.

2.3 Limites de l’évaluation et stratégies d’atténuation

Même si l’évaluation a été conçue de manière à viser de multiples sources de données pour répondre aux questions importantes, afin d’améliorer la fiabilité des résultats, la méthodologie d’évaluation présente plusieurs limites et difficultés.

  1. Complexité du programme : Les infrastructures de données géospatiales en général comportent une variété d’agents interdépendants qui interagissent dans un environnement en évolution constante. Cela présente des difficultés pour définir ce que l’évaluation doit mesurer. Afin d’atténuer cette difficulté, le personnel de GéoConnexions a préparé tôt dans le processus d’évaluation, en collaboration avec la DES, des définitions des principaux concepts.
  2. Les personnes à interviewer ont été identifiées par le programme GéoConnexions : À la demande de la DES, le personnel du programme GéoConnexions a compilé et fourni les coordonnées des personnes à interviewer dans le cadre de l’évaluation. Même si le programme est le mieux placé pour dresser la liste des personnes à interviewer, il existe une possibilité de partialité dans le choix des personnes à interviewer lorsque le sujet de l’évaluation est chargé d’identifier les personnes-ressources. Pour atténuer cette difficulté, l’équipe de l’évaluation était responsable de décider quelles entrevues réaliser (sous réserve de la disposition et de la disponibilité de la personne à interviewer), et des personnes supplémentaires à interviewer ont été ajoutées à la liste à mesure qu’elles étaient identifiées pendant les travaux sur le terrain.
  3. Difficultés en matière d’attribution dues à la nature des interventions du programme : Par nature, les interventions du programme, consistant principalement à installer des structures de gouvernance et à travailler sur des normes et des politiques, avaient lieu en coulisse dans le processus général de mise au point et en œuvre de l’ICDG. Cela signifie qu’elles étaient très éloignées du résultat ultime d’utilisation des données. En outre, l’utilisation des données à des fins décisionnelles était manifestement généralisée. La nature des interventions rendait difficile de déterminer à quel point les résultats escomptés pouvaient être attribués aux travaux du programme. Afin d’atténuer cette difficulté, la DES a adopté une approche d’analyse de contribution et a utilisé de multiples sources de données pour améliorer la confiance inspirée par les constatations relatives à la contribution du programme aux résultats observés.

3.0 Constatations de l’évaluation : Contribution du programme GéoConnexions aux résultats escomptés

3.1 Résultat escompté : RNCan détermine un besoin (absence de normes et d’interopérabilité) et définit les objectifs de GéoConnexions

Attentes en matière de résultats Présomptions et facteurs testés Résumé des constatations
3.1 RNCan détermine un besoin (absence de normes et d’interopérabilité) et définit les objectifs de GéoConnexions. L’information, la compréhension et l’analyse appropriées des problèmes sont converties en une conception et des investissements appropriés du programme.
  • Les objectifs du programme GéoConnexions sont alignés avec les priorités du gouvernement fédéral et de RNCan.
  • GéoConnexions répond au besoin constant d’une approche coordonnée et axée sur les normes de la mise au point et en œuvre de l’ICDG.
  • Le besoin dépasse probablement la portée du programme.

Constatation : GéoConnexions est aligné avec les priorités du gouvernement fédéral et de RNCan.

  • L’accent mis par le programme GéoConnexions sur l’accessibilité des données est conforme à la Stratégie pour un gouvernement ouvert de 2011 du gouvernement du Canada, et l’accent qu’il met sur le soutien de solutions rentables d’information géospatiale est conforme aux priorités fédérales indiquées dans le Plan d’action économique du Canada de 2012 (qui priorisait l’investissement dans l’innovation, l’éducation et la formation et la réduction du déficit).
  • Les objectifs du programme sont également conformes aux objectifs du gouvernement fédéral, expliqués en 2015, consistant à accélérer et à élargir les initiatives de données ouvertes afin que les Canadiennes et Canadiens puissent consulter et utiliser facilement ces données.Note de bas de page 13
  • La participation de GéoConnexions au projet Arctic Spatial Data Infrastructure (infrastructure de données spatiales de l’Arctique) est conforme à la Stratégie pour le Nord du Canada de 2009.

Le programme GéoConnexions est officiellement lié au résultat stratégique 1 de RNCan (les secteurs des ressources naturelles canadiens sont concurrentiels à l'échelle mondiale), mais est également conforme aux résultats stratégiques 2 et 3, puisque les données mises à disposition grâce au programme appuient des décisions en matière de développement économique, de protection de l’environnement et de sûreté et sécurité.

Constatation : L’importance des données géographiques a énormément augmenté et va au-delà du secteur de la géomatique traditionnel, touchant plus d’acteurs et d’approches des données géoréférencées que jamais. GéoConnexions offre à la communauté de la géomatique un leadership qui répond au besoin d’une approche centralisée et axée sur les normes de la mise au point et en œuvre de l’ICDG.

Sondage auprès des intervenants : Sans GéoConnexions, il y aurait…

  • de multiples approches des normes (72 %);
  • une plus grande fragmentation (63 %);
  • une mauvaise interopérabilité des données (44 %).

Il y a une abondance de preuves que l’utilisation des données géoréférencées devient généralisée et touche davantage d’acteurs que par le passé. À titre d’exemple, Google Earth, une plateforme d’hébergement et d’échange de renseignements géoréférencés, a été téléchargée un milliard de fois entre 2005 et la fin de 2011.Note de bas de page 14 Les améliorations technologiques apportées au matériel et aux logiciels informatiques, en particulier en ce qui concerne les systèmes d’information géographique, ont permis à un plus grand nombre de profanes d’utiliser des renseignements géoréférencés.Note de bas de page 15 En outre, les logiciels de systèmes d’information géographique ont grandi de manière à inclure des centaines d’outils visant à intégrer différents types de renseignements.Note de bas de page 16 Compte tenu de la généralisation de l’utilisation des données géospatiales et des technologies habilitantes, les données laissent croire qu’il existe un besoin de normalisation pour assurer l’efficacité de la production et de l’utilisation. Les intervenants ayant répondu au sondage ont confirmé que l’élaboration de normes est une priorité (75 %). Sans la coordination de RNCan au niveau national, les personnes interviewées à l’interne et à l’externe estimaient qu’il y aurait concurrence entre les normes et une diminution de la collaboration au sein du secteur, ce qui se traduirait par des données moins accessibles, moins interopérables et, en fin de compte, moins utiles pour éclairer les décisions. À l’échelle internationale, l’Open Geospatial Consortium (OGC), auquel GéoConnexions contribue, met au point des normes pour la communauté géospatiale mondiale grâce aux travaux de gouvernements, d’organismes commerciaux, d’organismes non gouvernementaux, d’universités et d’établissements de recherche.Note de bas de page 17 Cela témoigne de la reconnaissance internationale du besoin d’une approche centralisée et axée sur les normes des données et technologies géospatiales. Au Canada, le gouvernement fédéral et toutes les provinces et territoires sauf deux ont récemment signé l’Accord canadien de géomatique de 2014, manifestant ainsi leur volonté, leur résolution et leur intérêt respectifs pour la collaboration à des initiatives d’intérêt mutuel en géomatique.Note de bas de page 18 Cela laisse croire à une reconnaissance nationale généralisée du besoin d’une approche normalisée de la géomatique au Canada.

Constatations : Les données laissent croire que la communauté de la géomatique et des données géospatiales est fragmentée. Ainsi, l’accent mis dans la phase III de GéoConnexions sur la gouvernance répond au besoin de leadership et d’une approche coordonnée de la conception et de la mise en œuvre de l’ICDG.

Plusieurs personnes interviewées des provinces, des territoires et de l’industrie ont exprimé des préoccupations quant au niveau de fragmentation au sein de la communauté de la géomatique et des données géospatiales. En outre, 58 % des intervenants sondés ont qualifié de faible la coordination entre les gouvernements, les universités et l’industrie sur les enjeux en matière de géomatique et de données géospatiales. Les données issues des entrevues et du sondage laissent croire que GéoConnexions joue un rôle important et constant de leadership dans l’appui à la participation des intervenants à la gouvernance afin de permettre l’élaboration de normes en matière de données et de normes techniques, compte tenu de la fragmentation sectorielle reconnue. Environ 70 % des intervenants sondés ont cité la mise au point et l’entretien de mécanismes de gouvernance visant à établir un consensus sur les normes, les politiques et les technologies comme une grande priorité. Les personnes interviewées ont confirmé que les organismes de gouvernance (le CFGOT, le COCG et la TRCCG) établis par GéoConnexions offraient un espace commun permettant aux divers groupes représentant la communauté géospatiale de discuter des enjeux relatifs à l’infrastructure de données spatiales, et que cela avait été essentiel pour améliorer la coordination. Les personnes interviewées à l’interne et à l’externe ont convenu que GéoConnexions répond à un besoin de leadership, que les provinces et l’industrie suivront si GéoConnexions mène, et que le Canada courait le risque de prendre du retard sur les autres nations sans ce programme.

L’accent mis par GéoConnexions sur l’amélioration de la coordination et de la gouvernance du secteur est conforme aux efforts déployés dans d’autres compétences. Les États-Unis et l’Union européenne ont mis en place des entités de leadership afin de coordonner les initiatives touchant les données spatiales. Aux États-Unis, le Federal Geographic Data Committee (comité fédéral sur les données géographiques) a été créé comme une entité de coordination interagence afin de promouvoir une utilisation, une diffusion et un échange coordonnés des données géospatialesNote de bas de page 19, alors que dans l’Union européenne, ce sont le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne qui ont mené la mise au point d’une infrastructure européenne de données spatiales.Note de bas de page 20 De la même manière, le Conseil du Trésor du Canada a donné au programme GéoConnexions de RNCan le mandat de diriger la mise au point de l’ICDG en coordonnant les efforts de tous les ordres de gouvernement de même que du secteur privé, des organismes non gouvernementaux et des universités.Note de bas de page 21

Constatation : Dans l’ensemble, les données laissent croire que le programme comprend bien les enjeux touchant le secteur. Parmi les besoins émergents cernés, notons la communication avec les communautés plus générales d’utilisateurs des données géospatiales de même que le soutien technologique à l’utilisation des données géospatiales par des profanes. On reconnaît que les ressources du programme sont utilisées au maximum.

Les personnes interviewées de l’industrie et des provinces et territoires étaient généralement impressionnées par le niveau de compréhension par les employés du programme des enjeux géospatiaux et par leur rôle de consultation et d’engagement dans la mise en œuvre de toutes les phases de GéoConnexions. Presque toutes les personnes interviewées ont cerné un besoin émergent de communiquer les avantages de l’utilisation des données géospatiales aux communautés d’utilisateurs plus générales, comme l’industrie pétrolière et gazière, l’industrie forestière et les groupes non conventionnels comme les fournisseurs de soins de santé, les compagnies de technologie de l’information et l’industrie de l’assurance. Plusieurs d’entre elles ont cerné un rôle possible pour RNCan de point de ralliement pour le secteur, compte tenu de sa réputation et de sa grande tradition en cartographie. Les personnes interviewées ont également cerné un besoin émergent de mise au point d’applications facilitant l’utilisation des données géospatiales par des profanes. Toutefois, le ressourcement peut présenter un défi en cas d’expansion du mandat : les personnes interviewées aussi bien que les intervenants sondés étaient généralement d’avis que les ressources de GéoConnexions sont utilisées au maximum, en particulier compte tenu du contexte technologique et stratégique sans cesse changeant dans le domaine des données géospatiales.

GéoConnexions a dû s’adapter au contexte technologique et stratégique changeant en matière de données géospatiales au cours de ses trois phases. Pendant la phase 1 (1999 à 2004), le programme répondait à un besoin exprimé par le Conseil canadien de géomatique (COCG), consistant à lier et à rendre interopérable les ensembles de données géospatiales fédéraux, provinciaux et territoriaux sur Internet. Le programme a entrepris la mise au point de l’ICDG et a contribué à la création de GéoBase, qui met de nombreux ensembles de données géospatiales de propriété fédérale, provinciale et territoriale à la disposition d’utilisateurs des secteurs public et privé. La phase II de GéoConnexions (2005 à 2009) mettait l’accent sur le soutien de l’utilisation communautaire des données géospatiales et sur l’élaboration de politiques ayant contribué, avec le soutien des provinces et des territoires, à la mise en œuvre d’une politique de données ouvertes par RNCan en 2007. Cela appuyait également la Stratégie pour un gouvernement (données) ouvert du Canada en offrant aux Canadiennes et Canadiens un accès à un grand nombre d’ensembles de données géospatiales. La phase III de GéoConnexions (2010 à 2015) mettait l’accent sur les données et les normes techniques qui sont essentielles au fonctionnement de l’ICDG. Le programme cherchait également à établir une coordination entre le secteur traditionnel de la géomatique et le nombre croissant de producteurs et d’utilisateurs des données géospatiales dans les secteurs non conventionnels (p. ex. soins de santé, assurances, etc.).

3.2 Résultat escompté : Organes de gouvernance appropriés formés pour établir un consensus parmi les principaux acteurs

Attentes en matière de résultats Présomptions et facteurs testés Résumé des constatations
3.2 Organes de gouvernance appropriés formés pour établir un consensus parmi les principaux acteurs FPT, industriels et universitaires en matière de données géospatiales (TRCCG/GéoAlliance, CFGOT, COCG) Les intervenants sont disposés et capables (expertise) de s’engager et de participer.

Les bons intervenants participent.
  • Le programme a mis en place et appuyé les organismes de gouvernance appropriés.
  • Bonne participation au COCG, au CFGOT et à la TRCCG, mais la gouvernance demeure perçue comme faible même s’il y a eu amélioration au cours des cinq dernières années.
  • Difficultés perçues pour faire participer les principaux utilisateurs des données géospatiales à la TRCCG et le secteur traditionnel de la géomatique à GéoAlliance.
  • GéoAlliance est perçue comme une étape positive, mais on se préoccupe de la durabilité à court terme.
  • Les principaux défis sont la fragmentation de la communauté des données géospatiales et la disponibilité des représentants pour y participer.

Constatation : Des organismes de gouvernance ont été formés, y compris la récente GéoAlliance, et le Secrétariat de GéoConnexions a fourni un soutien utile dans le cadre de ce processus. Toutefois, on s’inquiète du fait que la transition de la TRCCG, dirigée par RNCan, vers GéoAlliance, dirigée par le secteur, est peut-être prématurée.

Sondage auprès des intervenants :
70 % d’entre eux rapportent que leurs besoins sont au moins quelque peu satisfaits par le COCG, le CFGOT ou la TRCCG.

La satisfaction est plus faible à l’égard de la TRCCG que du COCG et du CFGOT.

Le rôle général du GéoSecrétariat était de favoriser la collaboration entre les gouvernements, l’industrie, les universités, les associations professionnelles et les organismes non gouvernementaux du Canada dans le domaine de la géomatique et de l’observation de la Terre.Note de bas de page 22 L’évaluation de l’ICDG de 2012 a rapporté qu’on réussissait à faire participer les intervenants grâce à des réseaux structurés et officialisés mis en place par GéoConnexions, formant les organismes de gouvernance pour la mise au point de l’infrastructure de données spatiales. Jusqu’en 2015, les organismes de gouvernance étaient le COCG, le CFGOT et la TRCCG, tous coordonnés et appuyés par le GéoSecrétariat de GéoConnexions. GéoAlliance Canada, récemment lancée pour remplacer la TRCCG, aurait été conçue après avoir reconnu le besoin d’une structure de gouvernance générale englobant l’ensemble de la communauté de la géomatique et des données géospatiales, afin de prendre la direction de la Stratégie pancanadienne de géomatique.Note de bas de page 23

Les données laissent croire qu’on est satisfait du leadership de GéoConnexions dans l’établissement des organismes de gouvernance, même si on se préoccupe de savoir si le secteur est prêt pour la transition vers GéoAlliance Canada. La plupart des personnes interviewées familières avec la TRCCG ont déclaré que l’on n’aurait pas réussi à convoquer la TRCCG sans GéoConnexions. La TRCCG a été citée comme un exemple de gouvernement ouvert en forgeant une relation collaborative officielle entre les acteurs étatiques et non étatiques, permettant ainsi de cerner les intérêts et les objectifs communs.Note de bas de page 24 Les personnes interviewées ayant participé au CFGOT et au COCG avaient également une perception positive de ces entités. Toutes les personnes interviewées dans les provinces et les territoires ont indiqué que le COCG appuie la mise en œuvre efficace de l’ICDG en facilitant l’échange de renseignements et la discussion sur les problèmes touchant l’infrastructure de données spatiales. Toutefois, certaines personnes interviewées ont avancé qu’il pourrait y avoir un meilleur échange de renseignements entre le COCG et les membres de niveau opérationnel et les personnes à l’extérieur du Comité.

La transition de la TRCCG, dirigée par GéoConnexions, à GéoAlliance Canada, dirigée par le secteur, est décrite dans la documentation comme une gouvernance de « seconde génération ».Note de bas de page 25 Cela correspond à l’Union européenne, où on trouve une vaste organisation cadre comprenant des représentants d’organismes de renseignements géospatiaux des secteurs public et privé.Note de bas de page 26 Toutefois, plusieurs personnes interviewées laissent entendre que davantage de temps est nécessaire pour bâtir la communauté sectorielle avant de lui transmettre le leadership par l’entremise de GéoAlliance Canada. En outre, plusieurs personnes interviewées dans les provinces ont exprimé des préoccupations quant au fait que la transition vers GéoAlliance Canada, qui n’est pas coordonnée par RNCan, pourrait être incorrectement perçue comme indiquant un manque d’intérêt du gouvernement fédéral et que cela pourrait augmenter la difficulté à obtenir l’appui de certains membres de la communauté des données géospatiales. La coordination nationale de l’infrastructure des données spatiales demeure la responsabilité d’un comité de niveau fédéral aux États-Unis.Note de bas de page 27

Constatations : En général, les organismes appropriés participent à la gouvernance de l’ICDG, même si on éprouve des difficultés à obtenir l’appui de GéoAlliance de la part des organismes du secteur traditionnel de la géomatique et des organismes qui sont de grands utilisateurs des extrants géospatiaux. 

La plupart des personnes interviewées ont fait remarquer, en se fondant sur leur participation au COCG, au CFGOT et à la TRCCG, que la plupart des organismes appropriés participaient aux forums de gouvernance de l’ICDG. Un secteur où l’on a remarqué un manque de représentation est celui des organismes qui sont de grands utilisateurs des données géospatiales et autres extrants géospatiaux (p. ex. secteur pétrolier et gazier, secteur forestier, municipalités), mais qui ne font pas partie du secteur traditionnel de la géomatique œuvrant à la production d’extrants géospatiaux. D’après les dossiers du programme et les personnes interviewées, ces groupes ont été invités à participer à divers moments, mais ont refusé. L’expérience de l’Union européenne était semblable pour ce qui est de la difficulté à obtenir la participation des intervenants locaux aux structures de coordination, ce qui a été associé au niveau de satisfaction général inférieur de ce groupe à l’égard des efforts de coordination.Note de bas de page 28

Entrevues :
« [GéoAlliance] est une bonne idée, mais personne ne veut être le premier à prendre le risque d’y investir. »

Presque toutes les personnes interviewées ont exprimé des préoccupations concernant l’adhésion à GéoAlliance Canada des parties mieux établies de la communauté du secteur de la géomatique, qui sont responsables de produire des données géospatiales et des extrants géospatiaux. On croyait que ces organismes de géomatique étaient moins en mesure de percevoir la valeur de la participation à une autre association sectorielle en plus de la leur. De nombreuses personnes interviewées ont laissé entendre que le financement de démarrage fédéral était essentiel pour maintenir GéoAlliance en vie dans un proche avenir. Elles ont expliqué que cela permettrait à GéoAlliance de démontrer sa valeur à la communauté afin d’encourager les associations de l’industrie et/ou leurs membres à investir dans cet organisme. Les personnes interviewées ont également fait remarquer que lorsque le gouvernement fédéral est perçu comme le responsable, les associations de l’industrie sont plus intéressées à y adhérer. En vertu du modèle de GéoAlliance, RNCan ne serait plus le coordonnateur du groupe, mais plutôt un partenaire à la table, avec un rôle de leadership beaucoup moins visible.

Constatation : Les activités de gouvernance de GéoConnexions visant à améliorer la coordination du secteur ont eu une incidence relativement positive. Toutefois, la coordination du secteur demeure un défi de taille, en partie à cause du niveau de fragmentation élevé et du manque de ressources spécialisées appuyant la mise au point de l’ICDG.

Près des trois quarts (73 %) des intervenants sondés ont indiqué que la contribution de GéoConnexions à l’amélioration de la coordination sur les enjeux sectoriels au cours des cinq dernières années était d’au moins une certaine importance, dont 44 % pour qui elle était d’une grande importance. Remarquez que les membres du COCG avaient beaucoup plus de chances de dire que GéoConnexions était très important que les membres de la TRCCG/GéoAlliance Canada ou du CFGOT (60 % contre 23 à 33 %). Cela dit, la coordination du secteur demeure un défi de taille compte tenu du fait que la majorité (58 %) des sondés a fourni une évaluation négative du niveau général de coordination dans le secteur actuellement. La moitié des intervenants sondés a fait remarquer que le niveau de coordination s’était amélioré dans tout le secteur au cours des cinq dernières années, tout en soulignant qu’il reste beaucoup de place pour de l’amélioration en matière de coordination.

Deux grands défis ont été cernés en matière de gouvernance de l’ICDG. D’abord, la communauté est très fragmentée et couvre de nombreux secteurs de l’industrie conventionnelle, ce qui signifie que le niveau d’effort nécessaire pour assurer la coordination est énorme (ce qui est l’une des justifications de la mise en œuvre de GéoAlliance).Note de bas de page 29 Les préoccupations relatives au niveau de fragmentation se reflétaient également dans plusieurs entrevues menées dans les provinces, les territoires et l’industrie. Ensuite, presque toutes les personnes interviewées ont expliqué que la participation aux efforts collectifs de mise au point de l’ICDG sont entrepris en sus des tâches régulières plutôt que par des employés spécialisés, et que la communauté connaît une attrition de ses dirigeants, qui partent à la retraite. Cela constitue un risque considérable, en particulier pour GéoAlliance.

3.3 Résultat escompté : Compréhension commune des priorités en matière de données géospatiales par les principaux intervenants

Attentes en matière de résultats Présomptions et facteurs testés Résumé des constatations
3.3 Compréhension commune des priorités en matière de données géospatiales dans les secteurs FPT, industriels et universitaires (Accord canadien de géomatique, Stratégie pancanadienne de géomatique, Stratégie nationale de cartographie). Accord de tous les secteurs et tous les groupes sur la façon de procéder.

Concours d’idées équitable entre tous les secteurs et tous les groupes.

Les groupes cibles ont été exposés aux livres blancs, aux webinaires et autres produits du programme et ont été convaincus par ceux-ci.
  • Accord sur les priorités générales de la Stratégie pancanadienne de géomatique et de l’Accord canadien de géomatique, même si on ne s’entend pas sur les activités à exécuter pour mettre la stratégie en œuvre.
  • Les webinaires et documents d’orientation du programme appuyant une compréhension partagée ont été jugés persuasifs, même s’ils sont principalement consultés par les groupes de données géospatiales traditionnels.

Constatation : Les intervenants ont démontré une compréhension commune des priorités géospatiales en se mettant d’accord sur la Stratégie pancanadienne de géomatique et l’Accord canadien de géomatique. Au niveau fédéral, on a démontré une compréhension commune en débutant les travaux sur la Plateforme géospatiale fédérale. GéoConnexions a contribué à ce résultat en facilitant les discussions entre les organismes de gouvernance intéressés.

Il y a un accord de haut niveau sur les priorités géospatiales au sein de la communauté, comme en témoignent la Stratégie pancanadienne de géomatique, l’Accord canadien de géomatique et le début des travaux sur la Plateforme géomatique fédérale.

GéoConnexions a appuyé une compréhension commune des priorités géospatiales en facilitant au moyen de la TRCCG et du COCG les discussions éclairant le Plan d’action et de mise en œuvre 2014 de la Stratégie pancanadienne de géomatique de même que l’Accord canadien de géomatique. La Stratégie pancanadienne de géomatique a été conçue pour rassembler l’ensemble de la communauté de la géomatique autour de la vision partagéeNote de bas de page 30  d’un secteur canadien de la géomatique qui est résolu à fournir une technologie, une expertise, des données, des services et des produits d’information géospatiaux fiables.Note de bas de page 31 La TRCCG a dirigé l’élaboration de la stratégie, cernant les intérêts communs et exécutant un processus de consultation très vaste et ouvert visant à inclure un vaste éventail d’intervenants de partout dans la communauté de la géomatique.Note de bas de page 32 Les personnes interviewées familières avec ce processus avaient un point de vue positif sur son élaboration et estimaient qu’il reflétait les bonnes priorités, même si celles-ci changent rapidement.

Au niveau fédéral, le CFGOT a entrepris en 2014 les travaux sur la Plateforme géospatiale fédérale, un projet exigeant un accord entre 21 ministères et organismes fédéraux.Note de bas de page 33 La plateforme vise à faciliter une approche coordonnée de la gestion des données géospatiales fédérales.Note de bas de page 34 Les membres du CFGOT interviewés estimaient tous qu’il s’agit d’une initiative importante.

« Quelles devraient être les priorités de la communauté? » (utilisateurs et producteurs combinés)

  • Garantir l’accessibilité des données = 89 %
  • Garantir l’exactitude et la fiabilité des données = 86 %
  • Cadre commun pour la gestion du cycle de vie = 78 %
  • Mise au point d’outils et de services géomatiques modernes = 69 %
  • Augmentation de l’utilisation des données = 67 %

L’Accord canadien de géomatique, qui a été signé par toutes les provinces et tous les territoires à l’exception de Terre-Neuve-et-Labrador et du Nunavut (en raison de contraintes liées aux ressources), témoigne d’une volonté de respecter des principes dans la préparation et la promotion de pratiques exemplaires, de normes et de politiques et dans la recherche d’économies au moyen de stratégies communes et d’une infrastructure de géomatique partagée.Note de bas de page 35 Les personnes interviewées ont pour la plupart félicité GéoConnexions pour avoir offert du soutien par l’entremise de son secrétariat et avoir facilité les discussions sur les principaux enjeux géospatiaux.

Constatation : Les résultats du sondage laissent entrevoir certaines différences de centre d’intérêt entre les producteurs et les utilisateurs de données.

Même si les utilisateurs et les producteurs de données conviennent généralement de ce que devraient être les priorités, les réponses au sondage auprès des intervenants révèlent également certaines différences dans leur importance relative. Par exemple, les grandes priorités qui ont le plus de chances d’être indiquées par les producteurs de données sont l’exactitude, l’opportunité et l’accessibilité des données alors que la plus grande priorité indiquée par les utilisateurs de données était l’augmentation de l’utilisation des données géospatiales pour améliorer la productivité.

Constatation : Les données issues des entrevues laissent entrevoir un certain désaccord sur les activités qui doivent être entreprises en premier, sur les personnes qui doivent agir et sur les personnes qui doivent payer.

Bien qu’il y ait un accord de haut niveau sur les priorités géospatiales générales, les personnes interviewées ont indiqué qu’il existe un certain désaccord en ce qui concerne les activités particulières à entreprendre pour faire avancer ces priorités, les personnes qui doivent agir et les personnes qui doivent investir dans les activités. La Stratégie pancanadienne de géomatique stipule que les activités de mise en œuvre appuyant la stratégie exigent un engagement généralisé de la part du secteur.Note de bas de page 36 Toutefois, les difficultés rapportées en ce qui concerne la coordination sectorielle et l’obtention de l’appui de GéoAlliance laissent croire que cette exigence n’est pas satisfaite.

Constatation : Les outils et les documents d’orientation du programme ont été jugés persuasifs, précieux et utilisés.

Ont trouvé les ressources de GéoConnexions utiles ou très utiles :

  • Livres blancs, études, aperçus = 62 %
  • Pratiques exemplaires, guides et renseignements = 61 %
  • Webinaires = 52 %

Remarque : 86 à 88 % les ont trouvés au moins quelque peu utiles.

GéoConnexions a préparé un ensemble d’outils d’information qui, d’après un examen du contenu, semble appuyer le développement d’une compréhension commune des priorités par le renforcement de la capacité et la promotion des avantages de l’ICDG. Entre 2011 et 2014, GéoConnexions a organisé 32 webinaires visant à promouvoir et communiquer l’importance de l’élaboration, de l’adoption et de la mise en œuvre de normes et de politiques opérationnelles géospatiales. Les webinaires couvraient des domaines comme les logiciels de source ouverte, le traitement des renseignements géographiques fournis volontairement, l’archivage des données et l’informatique en nuage.Note de bas de page 37 La plupart des répondants au sondage ont rapporté avoir utilisé au moins une ressource de GéoConnexions; 54 % d’entre eux ont rapporté avoir consulté les webinaires, 52 % ont rapporté avoir consulté les documents et les études et 34 % ont rapporté avoir utilisé les guides de pratiques exemplaires. La plupart des répondants ont trouvé chacune de ces ressources au moins quelque peu utiles. L’extrant le plus souvent mentionné par les personnes interviewées était l’étude sur la valeur économique de 2015. Les personnes interviewées estimaient que cette étude établissait de manière convaincante que davantage de groupes d’utilisateurs peuvent tirer profit des données géospatiales, même si elles ont fait remarquer que ces groupes ont peu de chances de lire sur ce sujet ou d’être exposés à d’autres ressources de GéoConnexions. Certaines personnes interviewées ont également fait remarquer que les documents stratégiques du programme, comme le Manuel pour les Amériques sur les Infrastructures de données spatiales (IDS), fournissent des renseignements précieux sur ce qui constitue des normes géospatiales et des politiques opérationnelles acceptables (on allègue en outre que le manuel a servi à éclairer la mise au point d’IDS dans d’autres compétences nationales).

3.4 Résultat escompté : Des normes et des politiques géospatiales communes sont élaborées

Attentes en matière de résultats Présomptions et facteurs testés Résumé des constatations
3.4 Des normes et des politiques géospatiales communes sont élaborées. Les normes et les politiques répondent aux besoins de la communauté (détenteurs de données, infrastructure).
  • Le programme a mis au point des normes et des politiques communes fondées sur les commentaires de la communauté des données géospatiales.
  • Les travaux sur les normes et les politiques sont perçus comme des priorités importantes, même si on exprime le besoin d’un accent plus prononcé sur les normes en matière de métadonnées.
  • Une mauvaise évaluation par les intervenants de la contribution du programme laisse entrevoir des difficultés, mais est aussi probablement attribuable, dans certains cas, à la méconnaissance des efforts du programme.

Constatation : On a élaboré des normes géospatiales communes au niveau technique et en matière de données, avec l’aide des recherches et de la participation efficace du programme aux forums internationaux de normalisation. Certaines personnes interviewées ont cherché une consultation plus systématique au sujet des normes.

GéoConnexions a appuyé l’élaboration de normes et de politiques en engageant le dialogue avec l’Open Geospatial Consortium, qui offre un soutien pour la mise à l’essai des normes géospatiales. GéoConnexions a contribué à des normes clés de l’OGC en participant à des groupes de travail de l’OGC couvrant des domaines comme les normes en matière de métadonnées, les normes touchant les services de cartographie sur le Web et les services de catalogue pour le Web.Note de bas de page 38 Le programme a également contribué à plusieurs projets appuyant la mise au point d’environnements d’essai pour une norme touchant les services Web ouverts.Note de bas de page 39 Témoignant de son leadership dans le domaine de l’élaboration de normes et de politiques sur les infrastructures de données spatiale, GéoConnexions a dirigé les travaux de recherche et de mise au point pour le Manuel pour les Amériques sur les infrastructures de données spatiales, qui présente des directives sur la mise au point d’infrastructures de données spatiales à l’intention d’un public international.Note de bas de page 40 Les personnes interviewées tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de RNCan ont fait remarquer que des travaux de normalisation seront nécessaires tant qu’il y aura de nouveaux types de données et des technologies supplémentaires qui les intègrent. D’après les entrevues et les documents, le fait que le financement par S et C pour les démonstrations et les mises en œuvre de nouvelles applications techniques exigeaient le respect des normes de l’ICDGNote de bas de page 41 a donné l’occasion de vérifier le caractère approprié des normes dans les environnements réels à mesure qu’elles étaient élaborées.

GéoConnexions apporte une grande contribution aux travaux d’élaboration de normes de l’OGC et de l’Initiative des Nations Unies sur la gestion de l’information géospatiale à l’échelle mondiale, et cela est important pour l’industrie canadienne. RNCan participe aux comités de normalisation de l’OGC et à d’autres comités de normalisation, et les personnes participant aux processus de l’OGC ont rapporté qu’il est un grand contributeur exerçant beaucoup d’influence à l’OGC. Remarquez que depuis 2015, RNCan est membre du Comité de planification de l’OGC, statut plus élevé que sa position en 2010, ce qui témoigne du respect porté par les membres de l’OGC aux employés de GéoConnexions. Les personnes interviewées ayant participé à cet effort ont fait remarquer que la participation du Canada à l’établissement des normes aide à garantir que les normes tiennent compte des besoins des entreprises et des gouvernements canadiens dans un contexte mondial. Les personnes interviewées ayant participé à l’élaboration des normes ont fait remarquer que la participation de GéoConnexions à la mise à l’essai de ces normes, dans le cadre des projets de S et C, a donné à RNCan de la crédibilité dans ses efforts visant à défendre certaines caractéristiques des normes en fonction de ce qui pourrait fonctionner au Canada.

Les travaux d’élaboration de normes géospatiales étaient fondés sur la consultation auprès des intervenants, même si certains intervenants ont vu des possibilités d’amélioration des consultations. Les évaluations de l’ICDG de 2012 et de 2015 ont toutes deux conclu que le Canada dispose d’un ensemble de normes géospatiales, élaborées en consultation avec les intervenants de l’ICDG et dont beaucoup sont fondées sur les travaux de l’Open Geospatial Consortium, de l’Organisation internationale de normalisation et le U.S. Federal Geographic Data Committee.Note de bas de page 42 Selon l’évaluation de l’ICDG de 2012, l’ICDG décrit et identifie les normes liées i) à l’infrastructure de données géospatiales (métadonnées et syntaxe des données), au contenu des données (données cadres et thématiques) et ii) aux services et applications qui permettent l’interopérabilité des données et des services (c.-à-d. des sources de données, des services, des applications et des systèmes qui travaillent les uns avec les autres).Note de bas de page 43 Les personnes interviewées issues des provinces, des territoires et de l’industrie et possédant des connaissances sur les normes et sur GéoConnexions avaient des points de vue essentiellement positifs sur le niveau de consultation mis en œuvre dans leur élaboration. Les personnes interviewées à RNCan ont expliqué que les préoccupations de l’industrie concernant l’élaboration des normes sont communiquées officieusement aux fonctionnaires de RNCan, qui peuvent alors exprimer ces préoccupations dans les forums de l’OGC. De même, les perspectives communiquées par le COCG ont eu une influence sur les positions de RNCan à l’OGC, à l’ISO et à l’UN-GGIM. Certaines personnes interviewées à l’externe estimaient que le programme pourrait consulter de façon plus systématique au sujet des normes.

Constatation : Des politiques opérationnelles ont été préparées en fonction des besoins cernés dans la communauté. Les données laissent croire que des directives supplémentaires peuvent être nécessaires en ce qui concerne les questions de propriété intellectuelle et d’intendance des données.

Des politiques opérationnelles ont été élaborées en fonction des besoins, même si certaines lacunes ont été cernées. GéoConnexions a entrepris plusieurs projets de recherche afin d’obtenir une rétroaction sur les besoins des utilisateurs en vue d’appuyer l’élaboration de politiques opérationnelles : Politiques opérationnelles de l’ICDG : rapport préliminaire sur l’évaluation des besoins (GéoConnexions) de 2010, le rapport d’analyse des besoins en politiques opérationnelles de l’ICDGNote de bas de page 44 de 2011 et la Geospatial Operational Policy Roadmap Research 2012-2015.Note de bas de page 45 Un examen du site Web de GéoConnexions de même que les évaluations de l’ICDG de 2012 et 2015 montrent que le programme a préparé des directives sur les politiques opérationnelles en ce qui concerne un vaste éventail d’enjeux pertinents en matière de données spatiales (au moins 15 au cours des cinq dernières années). Toutefois, d’après les exercices d’évaluation de l’ICDG de 2012 et 2015, davantage de directives stratégiques sont nécessaires dans les domaines de l’intendance des données et de l’intégration des données. De même, les personnes interviewées ont souvent avancé que des directives sont nécessaires en matière de propriété intellectuelle (p. ex. octroi de licences, confidentialité) et de traitement des anciens ensembles de données pour ce qui est de les numériser et de les rendre disponibles en ligne.

Constatation : Les travaux de GéoConnexions sur l’élaboration de normes et de politiques opérationnelles répondant aux besoins des utilisateurs sont perçus comme des priorités importantes, même si les personnes interviewées ont indiqué qu’il était nécessaire de remettre l’accent sur les normes en matière de métadonnées. Une mauvaise évaluation générale de la contribution du programme aux progrès est, dans certains cas, probablement attribuable à une méconnaissance des activités de RNCan.

La grande majorité des intervenants sondés estimait que l’élaboration de normes communes au niveau technique et en matière de données (75 %) ainsi que l’élaboration de politiques opérationnelles et de lignes directrices (61 %) étaient des priorités importantes pour GéoConnexions. En fait, les travaux sur les normes techniques étaient perçus comme des priorités plus souvent que tout autre enjeu. Malgré le fait qu’ils accordaient une grande priorité à ces enjeux, les intervenants sondés avaient une perception relativement mauvaise de la contribution de GéoConnexions aux progrès accomplis en matière d’élaboration de normes et de politiques opérationnelles, seulement 33 % d’entre eux qualifiant les progrès de grands pour les normes et 27 % pour les politiques opérationnelles et les lignes directrices. Certaines personnes interviewées ont également fait remarquer que même si les métadonnées constituaient l’une des forces de GéoConnexions au cours des premières phases, il était nécessaire de remettre l’accent sur les normes en matière de métadonnées afin de les mettre à jour et de les rendre plus faciles à mettre en œuvre.  

Même si les résultats du sondage laissent croire que les intervenants perçoivent la nécessité d’une amélioration dans l’élaboration de normes et de politiques répondant aux besoins des utilisateurs, les données issues des entrevues laissent croire que les mauvaises évaluations peuvent dans certains cas s’expliquer par une méconnaissance des efforts déployés par le programme. Cela est attribuable au fait que la contribution de GéoConnexions à l’élaboration des normes se passe en arrière-plan. Par exemple, le programme peut travailler dans des comités à l’OGC afin d’influer sur une norme qui sera ensuite adoptée par l’industrie. RNCan n’est pas visible à l’extérieur de ce processus.

3.5 Résultat escompté : Les normes et les politiques géospatiales communes sont acceptées et mises en œuvre de façon généralisée

Attentes en matière de résultats Présomptions et facteurs testés Résumé des constatations
3.5 Les normes et les politiques géospatiales communes sont acceptées et mises en œuvre de façon généralisée. Les producteurs de données des secteurs public et privé ont la disposition et les ressources nécessaires pour les mettre en œuvre (les coûts et les RH sont des facteurs).
  • Il y a de nombreux exemples de normes et de politiques de l’ICDG mises en œuvre, même si la pleine mise en œuvre représente un défi. En outre, la mise en œuvre n’est pas surveillée de façon systématique.
  • Des problèmes semblables à ceux des États-Unis et de l’Union européenne ont été cernés en ce qui concerne la découverte de données et la mise en œuvre des normes.
  • L’adoption et la mise en œuvre sont entravées par les ressources organisationnelles, les priorités opérationnelles, la compréhension de l’ICDG et les professionnels en géomatique disponibles pour la mise en œuvre.
  • L’adoption et la mise en œuvre sont facilitées par les normes internationales, la consolidation de l’industrie de la géomatique, les logiciels disponibles dans le commerce et les démonstrations réalisées grâce aux S et C.

Constatation : Les progrès accomplis par le Canada dans la mise en œuvre des normes et des politiques sont semblables à ceux réalisés par les États-Unis et l’Union européenne, où la mise en œuvre est obligatoire (contrairement au Canada). Il y a de nombreux exemples de normes et de politiques mises en œuvre au Canada, même si la pleine mise en œuvre représente un défi. Les données issues du sondage et des entrevues laissent croire que la mise en œuvre tend à être modeste en raison de ressources insuffisantes et de priorités organisationnelles concurrentes.

Certaines personnes interviewées ont laissé entendre qu’il faut rendre la mise en œuvre de l’ICDG obligatoire au Canada pour véritablement mettre en œuvre les normes et les politiques de l’ICDG à l’échelle nationale. Toutefois, un examen des évaluations de la situation de l’infrastructure des données spatiales aux États-Unis et dans l’Union européenne laisse croire que ces pays éprouvent des difficultés de mise en œuvre semblables à celles du Canada. En particulier, un rapport de 2015 du Government Accountability Office a révélé que, vingt ans après la publication de la directive visant l’établissement de l’infrastructure de données spatiales américaine, le gouvernement fédéral américain ne l’avait toujours pas pleinement mise en œuvre.Note de bas de page 46 L’évaluation de 2014 à mi-parcours de l’infrastructure de données spatiales de l’Union européenne a révélé que la mise en œuvre n’était pas homogène dans l’UE et que les lois nationales sur l’adoption exigeant la mise en œuvre de l’infrastructure de données spatiales dans chaque pays n’avaient pas été achevées plusieurs années après l’échéance dans sept pays.Note de bas de page 47

Dans le contexte canadien, 70 % des intervenants sondés ont indiqué que leur organisme respectif avait mis en œuvre au moins en partie les normes techniques et les normes en matière de données de l’ICDG, dont 43 % les avaient mis en œuvre en majeure partie, et 54 % avaient mis en œuvre les politiques opérationnelles au moins en partie, dont 26 % les avaient mises en œuvre en majeure partie.Note de bas de page 48 Cela correspond avec les données des entrevues, lors desquelles aucun répondant provincial ou territorial n’a prétendu que son IDS était pleinement conforme à l’ICDG. Beaucoup d’entre eux ont indiqué être aussi conformes que leurs ressources et leur contexte opérationnel actuels le leur permettaient, et certains ont expliqué que l’absence d’une pleine conformité était attribuable à la complexité (mais pas à la qualité) de la norme. Les entrevues réalisées auprès des gouvernements provinciaux, du gouvernement fédéral et de l’industrie donnent toutes des exemples de mise en œuvre de normes et de politiques opérationnelles conformes à l’ICDG dans leur organisme.

Examinez les exemples suivants de normes et de politiques opérationnelles de l’ICDG mises en œuvre :

  • GéoBase : Une initiative des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux supervisée par le COCG. Elle est entreprise pour garantir la prestation d’une base à jour et entretenue de données cadres de qualité ou de données géospatiales essentielles pour le Canada de même qu’un accès sans restriction à cette base de données. D’après les données issues des documents et des entrevues, GéoBase est habilitée par l’application des normes et des politiques proposées par l’ICDG et est considérée comme une réalisation importante en matière de données ouvertes.
  • IDS des gouvernements provinciaux : L’évaluation de l’ICDG de 2015 a révélé qu’en plus de GéoBase, les provinces et les territoires disposent chacun de leur propre IDS qui, selon les personnes interviewées, est fondée en grande partie sur l’ICDG (p. ex. GeoBC, GeoAlberta, GeoNT, GeoYK). Les personnes interviewées estiment en outre qu’il s’agit là de l’une des réalisations majeures de GéoConnexions. En fait, toutes les personnes interviewées dans les provinces et les territoires et participant aux efforts de leur compétence en matière d’IDS ont attribué leurs progrès aux travaux de GéoConnexions sur l’ICDG.
  • Fonds de données de RNCan : L’évaluation de l’ICDG de 2015 et les entrevues réalisées dans le cadre de la présente évaluation indiquent également l’existence de fonds de données de RNCan qui sont conformes aux normes et politiques de l’ICDG. On a fait remarquer que RNCan possède le plus important fond de données géospatiales fédérales, qu’il met à la disposition du public et dont au moins une partie est conforme à l’ICDG.
  • Plateforme géospatiale fédérale : Le lancement à venir de la Plateforme géospatiale fédérale (PGF) a été cité comme un exemple majeur d’adoption des normes et politiques de l’ICDG par plusieurs personnes interviewées à l’interne comme à l’externe. L’évaluation de l’ICDG de 2015 est parvenue à une conclusion semblable, faisant remarquer que la PGF avait tiré profit des documents d’orientation existants de l’ICDG couvrant la classification, l’identification et les processus d’inventaire afin de permettre a la PGF de comprendre son paysage stratégique, de classer et d’inventorier les fonds de données.
  • Arctic SDI : L’évaluation de l’ICDG de 2015 fait remarquer que les directives en matière de politiques opérationnelles de GéoConnexions ont été incorporées dans le document cadre du projet Arctic SDI. D’après les entrevues réalisées dans le cadre de la présente évaluation, les employés de GéoConnexions, les directives en matière de politiques opérationnelles et les normes de l’ICDG ont joué un rôle très important dans l’élaboration du projet Arctic SDI. Des représentants du groupe de travail Conservation of Arctic Flora and Fauna (groupe de travail sur la conservation de la flore et de la faune de l’Arctique) ont rapporté que RNCan leur avait fourni des conseils techniques extraordinaires sur la façon de structurer des données au moyen de normes afin de les mettre à la disposition des utilisateurs.

Constatation : Même si les entrevues et les exercices d’évaluation de l’ICDG donnent des indices encourageants, il est difficile de savoir à quel point les normes et les politiques sont mises en œuvre puisque la mise en œuvre n’est pas systématiquement surveillée.

Comme on l’a déjà mentionné, il existe de nombreux exemples de mise en œuvre des normes et politiques de l’ICDG. Toutefois, les évaluations de l’ICDG de 2012 et 2015 ont toutes deux révélé qu’il n’existe aucun mécanisme de surveillance systématique de la mise en œuvre des normes techniques et des normes en matière de données.Note de bas de page 49Note de bas de page 50 L’exception signalée est la norme du Conseil du Trésor, dont le respect par les ministères fédéraux est vérifié.Note de bas de page 51Note de bas de page 52 GéoConnexions a mis en place le Plan de projet 2012-2015 pour les activités en matière de politiques opérationnelles de l’ICDG, qui propose les indicateurs suivants en matière d’adoption de politiques opérationnelles particulières : Note de bas de page 53

  • l’inclusion des politiques opérationnelles communes dans l’Accord canadien de géomatique renouvelé;
  • l’adoption d’un ensemble central de politiques opérationnelles géospatiales par le CFGOT;
  • l’adoption et la publication de directives en matière de politiques opérationnelles géospatiales par le SCT.

Toutefois, la capacité de suivre les progrès au moyen de ces indicateurs n’est pas homogène. En particulier, l’Accord canadien de géomatique de 2014 n’engage les signataires qu’à contribuer à l’élaboration de normes et de politiques afin d’appuyer l’intégration et l’échange généraux des renseignements géospatiaux et à en faire la promotion, sans mentionner la reddition de comptes sur les progrès accomplis en matière de mise en œuvre.Note de bas de page 54

Constatation : Les normes en matière de métadonnées qui appuient la découverte de données sont perçues comme un effort constant et important, mais une certaine insatisfaction a été exprimée en ce qui concerne la découverte de données. Il est impossible de déterminer clairement si le problème vient des normes elles-mêmes ou de leur mise en œuvre. Il existerait également un éventail de défis touchant les métadonnées aux États-Unis et en Europe.

« La découverte des données est beaucoup plus importante que l’interopérabilité. Si vous trouvez un ensemble de données qui vous est précieux, vous trouverez le moyen de l’utiliser. Si vous ne connaissez pas l’existence [de l’ensemble de données],  vous ne pouvez rien faire. »
– Personne interviewée dans l’industrie

L’importance des métadonnées est soulignée par les données issues des entrevues, qui laissent croire que la capacité d’avoir une découverte des données fédérée à l’échelle du Canada grâce aux métadonnées est l’élément le plus réussi de l’ICDG. En même temps, la disponibilité de métadonnées pour aider les organismes à découvrir qui possède quels fonds de données a été décrite comme un enjeu clé pour les personnes interviewées dans les gouvernements provinciaux et territoriaux et dans le secteur privé. Les personnes interviewées ont exprimé des préoccupations quant à la possibilité de découvrir les données. Toutefois, on ne sait pas clairement si cela découle des normes en matière de métadonnées appuyant la possibilité de découvrir les données elles-mêmes ou du défaut de les mettre en œuvre. La rétroaction des utilisateurs laisse croire qu’il existe une certaine insatisfaction quant à la possibilité de découvrir les données sur GéoGratis, qui est une plateforme Web offrant l’accès à une vaste collection de données géospatiales et de métadonnées canadiennes.Note de bas de page 55 Un rapport de 2014 résumant la rétroaction ponctuelle des utilisateurs sur GéoGratis indique que le site ne contient pas suffisamment de renseignements sur les ensembles de données géospatiales (c.-à-d. manque de métadonnées, d’indexage et d’un mécanisme permettant de parcourir les ensembles de données). Les utilisateurs indiquent souvent qu’ils préféraient l’ancienne version des métadonnées offertes par le Portail de découverte.Note de bas de page 56 Les personnes interviewées ont également signalé des difficultés à trouver des données avec GéoGratis.

Les défis touchant les métadonnées ne sont pas exclusifs au Canada. Les expériences des États-Unis et de l’Union européenne indiquent qu’il existe de nombreux défis touchant la disponibilité, l’intégralité et l’utilité des métadonnées de même que des préoccupations touchant la qualité des normes elles-mêmes, qui peuvent être obsolètes ou excessivement complexes. D’après un rapport de 2015 du US Government Accountability Office, seulement le quart des ministères fédéraux américains avaient rendu leurs métadonnées disponibles sur la plateforme géospatiale des États-Unis,Note de bas de page 57 souvent en raison de difficultés rencontrées lors du chargement des métadonnées dans la plateforme.Note de bas de page 58 Le rapport mentionnait également des préoccupations relatives aux normes obsolètes en matière de métadonnées, ce qui entraînait des difficultés dans la recherche et la découverte de données géospatiales.Note de bas de page 59 Dans l’Union européenne, seulement un tiers des pays avaient créé des métadonnées pour plus de 90 % de leurs principaux fonds avant la date d’échéance de l’évaluation de l’IDS INSPIRE de 2014,Note de bas de page 60 et une vérification indépendante a découvert des incohérences dans les conventions d’appellation lorsque des métadonnées étaient fournies,Note de bas de page 61 ce qui a engendré des difficultés dans la découverte de données géospatiales. Les fournisseurs de données du secteur public auraient critiqué la complexité des normes en matière de métadonnées et le manque d’outils et de temps pour les créer.Note de bas de page 62

Constatation : Les défis dans l’adoption et la mise en œuvre des normes et politiques communes de l’ICDG comprennent les coûts, la compréhension de l’ICDG, la disponibilité de professionnels en géomatique et le contexte organisationnel (en particulier pour les politiques).

On a déterminé que de nombreux facteurs entravent l’adoption et la mise en œuvre des normes et des politiques opérationnelles :

Compréhension de l’ICDG : Bien qu’elles connaissent l’existence de l’ICDG, certaines personnes interviewées représentant l’industrie ou les provinces ont démontré divers niveaux de compréhension des divers éléments de l’ICDG et du processus exigé par sa mise au point constante.

Communication sur les projets de S et C et l’ICDG en général : La plupart des personnes interviewées étaient au courant du soutien offert par GéoConnexions en matière de mise au point de bancs d’essai pour les normes, mais certaines d’entre elles ont exprimé des préoccupations quant au fait que l’on pourrait en faire davantage pour tenir la communauté au courant des résultats de ces projets et de leur application à leur organisme. Ces personnes voulaient une plus grande analyse de la façon dont ces renseignements peuvent les aider dans leurs propres efforts en matière d’IDS. Plusieurs d’entre elles ont proposé que RNCan pourrait inclure ces projets à l’ordre du jour de diverses réunions, comme celles du COCG et de GéoAlliance. Certaines personnes interviewées représentant l’industrie et les provinces ont déclaré que l’adoption et la mise en œuvre de l’ICDG pourraient être améliorées par des activités de communication et de marketing plus agressives en ce qui concerne l’ICDG en général et son importance. D’autres personnes interviewées ont proposé que les activités de communication fassent partie du mandat de GéoAlliance.

Ressources et contexte opérationnel : Les répondants au sondage qui ont expliqué pourquoi ils n’avaient pas pleinement mis en œuvre les normes et les politiques opérationnelles de l’ICDG mettaient généralement l’accent sur leur contexte organisationnel, en faisant remarquer qu’ils ne disposaient pas des ressources nécessaires pour faire de la pleine mise en œuvre une priorité, ou que les normes et les politiques ne s’appliquaient pas à leurs activités. Les personnes interviewées qui n’avaient pas pleinement adopté l’ICDG ont expliqué que c’était voulu et qu’elles avaient choisi les normes et les politiques qui fonctionnaient le mieux pour elles (la dépendance croissante à l’égard de normes fondées sur l’OGC est perçue comme un point très positif). Toutefois, les personnes interviewées ont rapporté déployer des efforts visant à mettre en œuvre des normes communes au plus près de la source des données, mais devoir d’abord travailler sur des cultures organisationnelles qui n’envisagent pas facilement une utilisation externe de leurs données.

Disponibilité de professionnels en géomatique : Les personnes interviewées dans les provinces, les territoires, l’industrie et les universités ont fait remarquer qu’il est difficile d’attirer des professionnels pour travailler dans les domaines géospatiaux. Cela a des répercussions sur la capacité des organismes de mettre en œuvre et de mettre à jour les normes et les politiques à mesure qu’elles évoluent.  

Constatation : L’adoption et la mise en œuvre de normes et de politiques communes de l’ICDG sont appuyées par la recherche de normes internationales pour l’ICDG, la mise à profit des démonstrations financées par S et C, la consolidation de l’industrie de la géomatique et l’augmentation de l’utilisation de logiciels disponibles dans le commerce.

Les données issues des documents et des entrevues laissent croire que l’adoption et la mise en œuvre des normes de l’ICDG ont été fortement appuyées par quatre facteurs, dont les deux premiers relèvent directement du contrôle du programme.

  • Premièrement, la décision de recherche des normes internationales dans l’ICDG plutôt que des normes exclusivement canadiennes a été perçue comme une décision importante par la plupart des personnes interviewées. Cela signifie que les secteurs public et privé canadiens auront intérêt à adopter des normes qui rendent leurs produits plus faciles à utiliser à l’extérieur du Canada – une économie importante tant du point de vue du développement des affaires que de l’échange de renseignements avec d’autres compétences. D’après beaucoup de personnes interviewées des secteurs public et privé, la plupart des compagnies commerciales canadiennes utilisent des normes mondiales de l’OGC sur lesquelles RNCan a exercé une influence considérable. Cela fait écho aux approches adoptées aux États-Unis et dans l’U.E.
  • Deuxièmement, RNCan a été en mesure de mettre à profit les résultats des démonstrations et des projets de banc d’essai qu’il a rendus possibles par des S et C. Par exemple, RNCan a appuyé des projets de démonstration auprès de grandes entreprises canadiennes de géomatique, qui ont toutes une représentation de niveau supérieur dans l’OGC et qui sont toutes perçues comme des experts influents de premier plan dans ces comités. Plusieurs personnes interviewées dans tous les groupes ont fait remarquer que ces projets donnent à RNCan la crédibilité nécessaire pour lui permettre de négocier avec la communauté internationale des normes qui fonctionneront dans le contexte canadien. La documentation confirme également que le respect des normes de l’ICDG est une exigence pour pouvoir recevoir un financement sous forme de S et C.Note de bas de page 63
  • Troisièmement, les personnes interviewées ont rapporté que le secteur de la géomatique canadien est de plus en plus (depuis la récession de 2008) caractérisé par la consolidation. La réduction du nombre de grosses entreprises qui en découle aurait accru l’utilisation de normes communes. Les plus petites entreprises, qui utilisent des normes communes, travaillent à l’avant-plan des nouvelles technologies, ce qui les rend attrayantes pour les acheteurs potentiels. Par exemple, il existe actuellement de nombreuses entreprises fabricant de petits véhicules aériens sans pilote au Canada, que les personnes interviewées s’attendent à voir grossir ou se faire acheter par des entreprises plus grosses. Quelques personnes interviewées ont expliqué qu’à mesure que les données deviennent de plus en plus ouvertes au Canada, on pourra s’attendre à voir une croissance plus importante de l’industrie produisant des produits de données géospatiales à valeur ajoutée (p. ex. Google, ESRI) de même qu’une augmentation du nombre d’entreprises géospatiales de plus petite taille profitant des possibilités d’innovation qui se présentent.
  • Quatrièmement, et en rapport avec le troisième facteur, il y a l’utilisation accrue de logiciels disponibles dans le commerce. Les personnes interviewées ont rapporté que de plus en plus d’organismes se tournent vers des solutions logicielles exclusives disponibles dans le commerce (p. ex. ESRI, AutoCad) plutôt que de mettre au point leurs propres solutions de géomatique interne. Les personnes interviewées dans l’industrie, les provinces et les territoires indiquent que ces logiciels sont normalement compatibles avec l’ICDG. Cela, combiné avec la consolidation du secteur de la géomatique au Canada, a entraîné l’adoption généralisée de facto de normes géospatiales communes. Les employés de RNCan et les experts interviewés perçoivent l’utilisation généralisée de solutions logicielles exclusives disponibles dans le commerce comme une situation compatible avec l’ICDG parce que les principales entreprises du Canada utilisent toutes des normes de l’OGC que l’ICDG appuie.

3.6 Résultat attendu : Les données géospatiales sont interopérables et accessibles en ligne pour les Canadiennes et Canadiens grâce à la technologie et aux applications.

Attentes en matière de résultats Présomptions et facteurs testés Résumé des constatations
3.6 Les données géospatiales sont interopérables et disponibles en ligne aux Canadiennes et Canadiens grâce à des innovations technologiques.

Des organismes publics et privés lancent des services et des plateformes qui combinent les renseignements géospatiaux de diverses sources.

Le climat d’investissement des secteurs public et privé est favorable à la mise au point de produits de données géospatiales innovateurs.

Les organismes de cueillette des données ont été persuadés de la valeur de la cueillette de données en respectant des normes communes.

  • De bons progrès ont été accomplis pour ce qui est de rendre les données géospatiales disponibles en ligne. Beaucoup d’exemples de portails et de plateformes ont été trouvés.
  • Le programme a permis d’investir dans la mise au point de technologies et d’applications grâce à des projets de S et C et aux travaux sur les normes. L’impact des S et C pourrait être amélioré par la communication.
  • Les progrès en matière d’interopérabilité des données en sont aux premières étapes.
  • Parmi les défis à relever, notons la concurrence avec les priorités organisationnelles, les limites imposées par les licences d’utilisation des données, la gouvernance des données partagées, la largeur de bande insuffisante et le traitement des anciens ensembles de données.

Constatation : Les documents et les entrevues confirment de nombreux exemples de plateformes, de portails et de services Web de données géospatiales qui rendent disponibles des données publiques au Canada en utilisant les normes, les politiques et les technologies de l’ICDG.

Les outils technologiques comme les plateformes, les portails et les services Web sont essentiels à la prestation des données géospatiales par Internet. Les documents et les entrevues ont confirmé de nombreux exemples de données géospatiales interopérables et disponibles en ligne au moyen de technologies. Les évaluations de l’ICDG de 2012 et 2015 ont toutes deux découvert beaucoup de portails appuyés par le secteur public et couvrant divers fonds de données géospatiales fédéraux et provinciaux, rendus accessibles par le Portail de découverte de GéoConnexions, qui a été jusqu’en juillet 2015 un mécanisme de premier choix pour accéder à des données et des services géospatiaux dans l’ICDG. Les personnes interviewées ont confirmé que ces exemples sont tous rendus possibles par l’ICDG. Tenez compte des éléments suivants :

  • IDS régionales : Plusieurs personnes des gouvernements provinciaux et territoriaux interviewées ont rapporté disposer de plateformes de données Web coordonnées de façon centrale et fondées sur l’ICDG. Elles ont également fait remarquer que de nombreux gouvernements municipaux avancent également dans cette direction.
  • GéoBase : Presque toutes les personnes interviewées ont fait remarquer que GéoBase est l’une des grandes réalisations des efforts du COCG et représente un exemple à suivre en matière de données cadres ou essentielles publiquement disponibles et interopérables avec d’autres organismes au Canada. Plusieurs personnes interviewées dans l’industrie, les provinces et les territoires ont expliqué qu’elles utilisent les données de GéoBase à divers degrés et qu’elles s’y fient. GéoBase est perçu comme un effort constant et important par tous les membres du COCG interviewés et par certains membres de l’industrie.
  • GéoGratis : Une plateforme Web qui offre un accès gratuit et illimité à une vaste collection de données, de cartes, d’images et de publications géospatiales canadiennes conformes à l’ICDG et issues de l’ensemble du secteur public canadien. Cette plateforme offre également du soutien aux développeurs d’applications.
  • Portail GeoDiscovery : Le portail fournit un catalogue de métadonnées et constitue le principal composant de découverte et de consultation des données de l’ICDG. Jusqu’en juillet 2015, il était le principal point d’accès aux données géospatiales et aux services connexes du Canada grâce à des liens vers les portails nationaux, régionaux, thématiques et internationaux. Construit au moyen du progiciel Web Enterprise Suite de Compusult, fondé sur ces normes ouvertes, le portail permet la découverte, la consultation et le téléchargement de plus de 10 000 bases de données.Note de bas de page 64
  • Projet de données Couverture des terres du Canada : Un ensemble de données sur la couverture des terres complet, intégré et interopérable a été créé à partir des données fournies par divers gouvernements provinciaux et territoriaux, Agriculture et Agroalimentaire, le Service canadien des forêts de RNCan et le Centre canadien de télédétection (CCT) en utilisant les normes et les principes de l’ICDG. Le produit de données sur la couverture des terres nationales qui en découle est également interopérable avec d’autres données géospatiales nationales utilisant les normes de l’ICDG, y compris le Réseau routier national et le Réseau hydro national.

Les services Web géospatiaux sont des logiciels conçus pour appuyer l’échange de données et de services géographiques entre machines et organismes par Internet. L’Atlas du Canada de RNCan, le portail du Système national d’information sur les forêts et le Réseau d’information sur les eaux souterraines ont tous été appuyés par GéoConnexions et utilisent des normes de services Web ouverts respectant l’ICDG.

Constatation : GéoConnexions a permis l’investissement public et privé dans les technologies et applications géospatiales en offrant un soutien de S et C aux projets technologiques et aux travaux sur les normes. Toutefois, les personnes interviewées laissent entendre que l’impact de ces travaux pourrait être amélioré par la communication des résultats des projets.

En plus des exemples susmentionnés, il est important de remarquer que les documents montrent, et les entrevues confirment, que les contributions sous forme de S et C du programme GéoConnexions ont permis des investissements publics et privés dans les technologies géospatiales. Par exemple :

  • Système interorganisationnel de connaissance de la situation (SICS) : GéoConnexions a fourni 200 000 $ des 419 882 $ de coûts totaux du projet pour construire le SICS (qui peut être adopté par toute province ou tout territoire) fondé sur les normes et les politiques opérationnelles de l’ICDG. Le SICS rassemble les renseignements pertinents à un incident de diverses sources en une visualisation consolidée qui est mise à la disposition des partenaires par l’entremise d’un noyau central (c.-à-d. qu’elle est publiée une fois pour des utilisations multiples). Note de bas de page 65 Ce projet a contribué à accroître la disponibilité des renseignements géospatiaux ouverts (p. ex. sur les inondations, le climat, l’emplacement des séismes, les points chauds en matière de feux irréprimés) aux endroits où il a été adopté (p. ex. le Nouveau-Brunswick).
  • Projet de prototype d’échange d’information sur le fondement géologique (Geofoundation Exchange Prototype – GFX) : Le projet GFX a démontré la mise en œuvre de normes géospatiales internationales techniques et en matière de données (sur lesquelles les normes de l’ICDG sont fondées) en mettant en œuvre un prototype d’infrastructure d’échange de données ouvertes conçu pour appuyer une carte de base nationale axée sur le gouvernement.Note de bas de page 66 Ce projet de 1,8 million de dollars, qui a obtenu 500 000 $ de GéoConnexions, a été dirigé par ESRI Canada Limited.
  • Projet de données sur la couverture des terres du Canada : Un ensemble de données complet, intégré et interopérable sur la couverture des terres a été créé à partir des données fournies par AAC, le SCF et le CCT en utilisant les normes et les principes de l’ICDG.
  • Water and Environmental Hub : GéoConnexions a fourni 140 000 $ (62 % des coûts totaux du projet) pour appuyer l’expansion et l’amélioration des capacités du Water and Environmental Hub, qui est une plateforme qui rassemble des données mondiales sur l’eau et l’environnement, puis les distribue afin d’appuyer le développement d’applications. Note de bas de page 67 Les améliorations consistant à permettre de consulter et d’échanger davantage de types de données de plus de manières et d’augmenter le nombre de formats acceptés, ont facilité le développement d’applications.Note de bas de page 68

En fait, 46 % des intervenants sondés ont rapporté avoir mis en œuvre au moins en partie la technologie et les outils de l’ICDG (dont 17 % les ont mis en œuvre en majeure partie).Note de bas de page 69 Malgré le succès remporté par ces projets, les personnes interviewées ont critiqué le manque de communication et d’applicabilité des résultats. Beaucoup de personnes interviewées ont indiqué ne pas connaître les technologies et applications particulières produites par les projets ayant eu le soutien de RNCan à moins d’avoir participé directement à un projet. Quelques-unes d’entre elles ont expliqué qu’elles ne tiraient pas parti des travaux de GéoConnexions sur les démonstrations technologiques parce que les résultats n’étaient pas communiqués à la communauté.

Les données issues des documents et des entrevues ont démontré que la normalisation croissante dans le domaine géospatial que l’on constate depuis les 5 à 10 dernières années, attribuable en partie aux efforts du programme, a facilité la mise au point de technologies et d’applications. Les personnes interviewées ont expliqué que la recherche d’une normalisation croissante signifie que les développeurs peuvent maintenant savoir avec plus ou moins de certitude qu’ils peuvent mettre au point des produits de données innovateurs qui peuvent servir dans des marchés multiples partout au Canada et dans d’autres parties du monde.

Constatation : La disponibilité de données géospatiales interopérables sur le Web a augmenté au cours des cinq dernières années, mais l’attribution de cette augmentation à GéoConnexions par la communauté est faible (probablement en raison d’une confusion au sujet de rôle de RNCan).

Les personnes interviewées aussi bien que les intervenants sondés ont rapporté que la disponibilité en ligne de données géospatiales interopérables a énormément augmenté au cours des cinq dernières années. Au total, 84 % des intervenants sondés ont déclaré que la disponibilité de données géospatiales interopérables sur le Web issues de leur organisme avait augmenté un peu (24 %) ou beaucoup (60 %) au cours des cinq dernières années (personne n’a signalé de diminution). Cela dit, seulement 49 % estimaient que GéoConnexions et l’ICDG avaient joué un rôle au moins quelque peu important dans la capacité de leur organisme à fournir des données interopérables sur le Web (y compris 20 % ayant répondu « Certainement important »). Cette faible évaluation de la contribution du programme est sans doute attribuable à une certaine confusion en ce qui concerne le rôle de RNCan à l’égard de l’élaboration de normes géospatiales et de l’interopérabilité des données, puisqu’une grande partie de ce travail a lieu en arrière-plan. Ceux qui ont déclaré que le programme n’était pas important (42 %) ont fourni diverses explications, dont la plupart n’avaient aucun rapport avec l’interopérabilité ou démontraient une méconnaissance des activités du programme à cet égard.

Constatation : Les organismes contribuent de plus en plus aux données partagées, disponibles en ligne, alors que l’interopérabilité en est encore aux premières étapes. Toutefois, les données laissent entrevoir des défis à surmonter, notamment les priorités concurrentes des organismes, les limites imposées par les licences de données, la gouvernance des données partagée, la largeur de bande insuffisante et le traitement des anciens ensembles de données.

Presque toutes les personnes interviewées à l’interne et à l’externe ont expliqué que même si les progrès en matière de disponibilité des données étaient bons, l’interopérabilité n’en est vraiment qu’à ses débuts pour l’instant et il subsiste de nombreux obstacles à surmonter. En fait, plusieurs personnes interviewées à l’interne et à l’externe ont laissé entendre qu’une véritable interopérabilité est probablement une norme trop élevée pour être respectée et qu’un modèle hybride, dans lequel les données sont disponibles en ligne grâce à des services Web et d’autres données sont au moins accessibles, même si elles ne sont pas entièrement interopérables, est l’état final le plus probable.

On a cerné les défis suivants en ce qui concerne le fait de rendre les données disponibles en ligne et interopérables :

Concurrence avec les priorités organisationnelles : D’après les personnes interviewées, l’échange de données avec les compétences s’est considérablement amélioré, mais l’échange de données existantes entre compétences demeure un défi, ce qui réduit la disponibilité des données. Certaines personnes interviewées ont fait remarquer que malgré tout le travail accompli sur les normes, les organismes continuent de prioriser leurs besoins politiques ou juridictionnels plutôt que les entreprises collaboratives comme l’ICDG, ce qui rend difficile la réalisation de la disponibilité généralisée des données.

Licences de données : Plusieurs personnes interviewées dans l’industrie ont fait remarquer que la plupart des municipalités et certaines provinces n’ont pas de politiques en matière de données ouvertes, ou si elles en ont, celles-ci exigent des licences restrictives. Ces deux facteurs entravent l’accès aux données, qui est un résultat clé de GéoConnexions.  Ces pratiques entraînent en outre, selon les personnes interviewées dans l’industrie, la reproduction des données par de multiples organismes qui ont besoin des mêmes données, mais ne peuvent pas les échanger. Ces entraves juridiques et stratégiques à l’échange de données peuvent dans certains cas être instaurées pour assurer la protection des renseignements personnels ou elles peuvent être le résultat inattendu de politiques gouvernementales sans rapport avec les données géospatiales.

Gouvernance des données et systèmes partagés : Plusieurs études de cas du programme ont illustré les préoccupations quant à la façon de régir les données. Par exemple, dans le projet SICS, une initiative par ailleurs couronnée de succès a connu d’importantes difficultés en ce qui concerne le maintien des accords d’échanges de données et l’engagement à assurer l’entretien à long terme du système. Les fonctionnaires provinciaux et territoriaux de même que plusieurs experts interviewés ont fait remarquer que la gouvernance des données était un domaine nécessitant davantage de progrès. Ils ont fait remarquer que les solutions technologiques requises ne serviront à rien si les accords institutionnels nécessaires pour assurer l’échange de données et l’entretien du système ne sont pas en place. Plusieurs personnes interviewées dans les provinces et les territoires ont fait remarquer qu’elles aimeraient obtenir des conseils du gouvernement fédéral sur la meilleure façon de s’y prendre.

Défis dans la mise en œuvre de la normalisation sémantique aux fins d’interopérabilité des données : Plusieurs études de cas du programme ont mis en évidence des défis relatifs aux projets de démonstration touchant la traduction des données issues de diverses sources. Par exemple, on rapporte que le projet de données Couverture des terres du Canada aurait connu des difficultés dans le traitement des données aux fins de consolidation et le projet GFX a connu des difficultés dans le rapprochement des divers noms des points de données. Sans surprise, les personnes interviewées ont indiqué que la véritable interopérabilité exige une normalisation au niveau sémantique – une chose que tous ont reconnue comme étant difficile à réaliser en raison de la coordination requise. Pour cette raison, la majeure partie de la normalisation ayant été effectuée jusqu’à maintenant a été réalisée à un niveau supérieur, soit celui de la traduction des points de données en termes communs, plutôt qu’au niveau de la normalisation des points eux-mêmes. Certaines personnes interviewées ont laissé entendre que la normalisation au niveau sémantique pourrait être une norme trop élevée pour être satisfaite.

Largeur de bande insuffisante et traitement des données sur le Web : Les données issues des entrevues et des études de cas sur plusieurs projets de S et C de GéoConnexions ont montré que la disponibilité de la largeur de bande est un grand défi à relever pour parvenir à une interopérabilité des données géospatiales sur le Web. Par exemple, dans le GFX, les rapports de projet du SICS et d’Hydrologix ont tous deux montré que la capacité d’échanger des données par internet grâce à ces plateformes était limitée par la largeur de bande et les exigences connexes en matière de traitement et de mémoire. Les personnes interviewées dans l’industrie ont fait remarquer qu’à mesure que la largeur de bande augmente et que les coûts diminuent, on peut s’attendre à voir augmenter l’utilisation des données disponibles par l’entremise de services Web, ce qui est difficile à faire pour le moment.

Lacunes dans la qualité des données cadres : Les personnes interviewées à l’interne et à l’externe ont expliqué qu’il y a eu sous-investissement dans les données géospatiales clés, ou les données cadres, pendant plusieurs années au Canada. Même si beaucoup de données sont rendues disponibles grâce à GéoBase et GéoGratis, on se préoccupe de plus en plus de leur fiabilité. Dans certains cas, on dit que les données cartographiques sont obsolètes depuis 40 ans. C’est également un problème aux États-Unis, où des défis touchant les données cadres, notamment leur état aux fins d’utilisation et leur fiabilité, ont été notées dans un bulletin sur les données cadres.Note de bas de page 70 Beaucoup de personnes interviewées dans l’industrie et le gouvernement ont laissé entendre qu’une stratégie nationale d’imagerie et une stratégie nationale de cartographie (pour les couches de base et les niveaux d’élévation selon certains) seraient toutes deux très importantes pour trouver des moyens rentables de mettre à jour et d’entretenir les données cadres. La plupart de ces personnes ont fait remarquer que RNCan serait le dirigeant naturel d’un tel effort. D’autres fonctionnaires fédéraux, provinciaux et territoriaux interviewés ont fait remarquer que de telles stratégies limiteraient également le dédoublement constant des activités de cueillette de données en raison des ensembles de données publiques exclusifs ou pas encore partagés, de même que le dédoublement des activités de cueillette de données entre les gouvernements fédéral et provinciaux et entre les gouvernements provinciaux et municipaux.

Défis relatifs au traitement des anciens ensembles de données : L’évaluation de l’ICDG de 2015 a révélé qu’en général, il existe des incertitudes concernant la mise à jour des données existantes de manière à répondre aux exigences technologiques futures.Note de bas de page 71 Les personnes interviewées dans les gouvernements fédéral et provinciaux et dans les universités ont exprimé des préoccupations concernant cet enjeu, expliquant que même si le traitement et la disponibilité des données recueillies maintenant se sont grandement améliorés par rapport à ce qu’ils étaient il y a cinq ans, les données historiques doivent tout de même être traduites en formats compatibles avec l’ICDG, ce qui sera très coûteux et exigera beaucoup d’efforts. Plusieurs personnes interviewées ont avancé qu’il faut prioriser les types de données qui doivent être mis au niveau de l’ICDG. 

3.7 Résultat escompté : Les décideurs (ou leurs employés) consultent et utilisent les données géospatiales pour prendre de meilleures décisions concernant les priorités sociales, économiques et environnementales.

Attentes en matière de résultats Présomptions et facteurs testés Résumé des constatations
3.7 Les décideurs (ou leurs employés) consultent les données géospatiales pour prendre de meilleures décisions concernant les priorités sociales, économiques et environnementales.

 

Les décideurs sont intéressés à utiliser des données géospatiales pour prendre de meilleures décisions et en comprennent la valeur.

Les renseignements géospatiaux atteignent les décideurs canadiens, l’industrie et les Canadiennes et Canadiens.
  • Les données indiquent que la demande de données géospatiales a considérablement augmenté, même s’il est difficile de mesurer leur utilisation.
  • Il existe un lien confirmé entre les activités du programme et l’utilisation des données. Il existe de nombreux exemples d’utilisation des données facilitée par l’ICDG.
  • On a découvert que de nombreux facteurs entravent l’utilisation des données, entre autres le niveau auquel les décideurs de haut rang apprécient les données de même que leur qualité, leur exactitude et leur fiabilité, la culture de cloisonnement et le manque de technologie et d’outils pour utiliser les données.

Constatation : Des données indiquent que la demande de données géospatiales a augmenté considérablement au cours des cinq dernières années, même s’il demeure difficile de mesurer l’utilisation réelle des données une fois qu’elles sont extraites.

Quatre-vingt-neuf pour cent des intervenants sondés dont l’organisme produit des données géospatiales ont rapporté une augmentation de la demande pour les données qu’ils produisent. Ceux dont l’organisme utilise de telles données ont également rapporté une augmentation semblable (87 %). En outre, la majorité d’entre eux a qualifié cette augmentation de considérable (67 % et 55 % respectivement). Pour la plupart, les personnes interviewées ont rapporté que les données géospatiales sont utilisées pour éclairer les décisions. Beaucoup ont expliqué qu’il s’agit d’une tendance qui perdure depuis plus d’une décennie. Même si peu de personnes interviewées pouvaient attribuer de façon précise cette augmentation aux travaux de GéoConnexions, la plupart d’entre elles estimaient probable que GéoConnexions ait contribué à cette augmentation en raison de ses travaux en coulisse sur les normes de l’ICDG qui sont adoptées dans l’industrie et le secteur public et qui permettent des initiatives comme GéoBase et GéoGratis. Cela dit, les données issues des entrevues et des documents montrent qu’il n’existe aucune mesure systématique de l’utilisation des données géospatiales au Canada. L’évaluation de l’ICDG de 2012 a conclu qu’il n’existe aucun portrait composite canadien ni aucune analyse de l’utilisation des données géospatiales dans les divers portails disponibles.Note de bas de page 72

Constatation : Les données issues des entrevues et des documents montrent de nombreux exemples de données publiquement disponibles fondées sur les normes et les politiques opérationnelles de l’ICDG et utilisées par les décideurs, même si on convient généralement qu’il ne s’agit que d’une petite portion de ce que l’on pourrait réaliser.

Les données issues des entrevues de l’évaluation, des études de cas du programme et des deux exercices d’évaluation de l’ICDG en 2012 et 2015 ont révélé de nombreux exemples de données disponibles, habilitées par l’ICDG, qui sont consultées et utilisées pour éclairer des décisions. Voici certains de ces nombreux exemples :

  • Le Portail de découverte de GéoConnexions : Le Portail de découverte de GéoConnexions, qui donnait accès à des outils et services d’infrastructure géospatiale, y compris un Entrepôt de données géoscientifiques de la CGC et le Service national d’information sur les terres et les eaux, a reçu 15 775 visites en 2012-2013, même si le suivi n’a commencé que lors du deuxième trimestre de la période de référence (ICDG 2015, p. 56). Le portail a fermé en juillet 2015 et a été intégré dans GéoGratis.
  • GéoGratis : En avril 2013, RNCan a lancé une plateforme GéoGratis revue et consolidée avec un point d’accès unique pour toutes les cartes du CCCOT, toutes les données géospatiales, toutes les données de télédétection et toutes les publications de recherche.Note de bas de page 73 En outre, GéoGratis  offre des outils pour visualiser et télécharger des données et offrir un soutien aux développeurs sous la forme d’interfaces de programmation d’application.Note de bas de page 74 Les téléchargements de données généraux de GéoGratis ont atteint en moyenne 3,9 millions entre 2011-2012 et 2014-2015.Note de bas de page 75 Remarquez que GéoConnexions n’est pas responsable de gérer GéoGratis.
  • Portails de données provinciaux et territoriaux : Les personnes interviewées dans les gouvernements régionaux ont toutes fait remarquer que leurs fonds de données liés à l’IDS sont devenus de plus en plus centralisés au cours des cinq dernières années, la plupart du travail ayant débuté il y a environ dix ans. Ces fonds de données centralisés sont mis à la disposition de l’ensemble du gouvernement provincial et territorial. Par exemple, DataBC héberge plus de 400 applications qui consultent ses données aux fins d’utilisation dans des analyses pour les ministères responsables, et le Groupe d’échange de données géospatiales de l’Ontario (Ontario Geospatial Data Exchange – OGDE) voit plus de 600 organismes du secteur public utiliser cette source de données centralisée, généralement pour l’enregistrement foncier, l’impôt foncier et l’intervention en cas d’urgence. Les données issues des entrevues montrent que même s’il reste des problèmes à régler, les analystes gouvernementaux ont maintenant accès à l’ensemble des données dans l’entrepôt, intégrées dans une carte de base commune.
  • Coordination de la lutte contre les incendies : Les personnes interviewées ont rapporté que les gouvernements de la C.-B. et de l’Alberta avaient utilisé en 2014 des données géospatiales exploitables sur le Web pour coordonner leur réaction aux feux de forêt le long de leurs frontières. Géré par le SCF de RNCan par l’entremise du Centre interservices des feux de forêt du Canada (CIFFC), le Système canadien d’information sur les feux de végétation (SCIFV) utilise les normes de l’OGC en matière d’échange et d’interopérabilité des données, conformément à l’ICDG, afin de permettre de collecter et d’échanger facilement les données à partir des systèmes décentralisés. Cette combinaison de données est manipulée sur le Web et transformée en produits cartographiques dynamiques qui aident à prendre des décisions en matière de gestion des incendies (divers utilisateurs peuvent suivre et prévoir l’activité du feu, établir les évaluations du danger d’incendie, déterminer la valeur des forêts à risque dans toutes les compétences du Canada). Remarquez que les données cartographiques de base utilisées pour cette application proviennent de données compatibles avec l’ICDG disponibles par GéoGratis.Note de bas de page 76  
  • Acheminement de l’investissement dans l’infrastructure : Les fonctionnaires de l’Alberta ont utilisé des données géoréférencées au moyen de l’IDS de l’Alberta pour prioriser et orienter les efforts de reconstruction de l’infrastructure pendant les inondations de 2013, en fonction des besoins stratégiques établis d’après les mouvements de population. Cela aurait permis un déploiement beaucoup plus rapide et efficace des efforts de reconstruction. Dans un autre exemple, le Land Use Framework de l’Alberta employé pour planifier la mise en valeur des sables bitumineux utilise des données compatibles avec l’ICDG pour faciliter les discussions visant à déterminer quelle quantité d’activités de mise en valeur est bonne pour l’Alberta.
  • D’après l’étude de cas sur l’Atlas environnemental de l’Amérique du Nord, décrivant le projet dans lequel on souhaite intégrer les données environnementales nord-américaines, on aurait produit des données utilisées par les décideurs de haut rang du gouvernement.
  • Entreprises utilisant des données dans leurs décisions opérationnelles : Les personnes interviewées ont décrit de grandes entreprises nord-américaines qui utilisent des données rendues disponibles par l’ICDG, combinées avec leurs propres données, pour éclairer les décisions sur certains aspects de leurs activités, comme les itinéraires de navigation et l’endroit et le moment où bâtir des installations.

Constatation : On peut dire que GéoConnexions a apporté une contribution significative aux augmentations constatées dans l’utilisation des données géospatiales par les décideurs.

Sondage auprès des intervenants :
Obstacles à l’utilisation des données géospatiales dans son propre organisme :

  • Données difficiles à extraire/consulter = 30 %
  • Données disponibles inexactes/périmées = 23 %
  • Organisme/direction inconscient de la valeur = 23 %
  • Manque d’expertise = 16 %
  • Coût d’accès = 16 %

Aux étapes précédentes de l’analyse de la chaîne de résultats, on a démontré que GéoConnexions facilite de manière unique l’utilisation des données géospatiales au Canada en élaborant les normes, les politiques et les accords de partenariat de l’ICDG. À chaque étape de la chaîne de résultats, les données ont révélé de nombreux défis, même s’il ne manque pas d’indices laissant croire que les travaux du programme ont une incidence positive. Un peu plus de la moitié (51 %) des intervenants sondés convenaient que le programme GéoConnexions aide à améliorer l’utilisation des données géospatiales par les décideurs, alors que seulement 14 % étaient en désaccord avec cet énoncé.

Constatation : On a découvert que de nombreux facteurs entravent l’utilisation des données géospatiales, entre autres le niveau auquel les décideurs de haut rang apprécient les données de même que leur qualité, leur exactitude et leur fiabilité, la culture de cloisonnement et le manque de technologie et d’outils pour rechercher, découvrir et utiliser des données.

Les données issues des entrevues et des documents indiquent clairement qu’il existe beaucoup plus de possibilités d’accroître l’utilisation des données géospatiales dans les processus décisionnels et d’en tirer les avantages connexes. Seulement 20 % des intervenants sondés estimant que l’augmentation de l’utilisation des données géospatiales doit être une priorité de la communauté des données géospatiales croyaient accomplir de bons progrès à cet égard. En outre, 88 % des répondants ont cerné des obstacles à l’utilisation des données géospatiales au sein de leur propre organisme.

Méconnaissance des avantages présentés par les données géospatiales : Le niveau de connaissance et de compréhension par les décideurs des avantages présentés par l’information géospatiale dans leurs décisions est un facteur clé qui influence l’utilisation. Au total, 69 % des intervenants sondés estimaient que mieux faire connaître les avantages de l’utilisation des données et outils géospatiaux devrait être une grande priorité. Toutefois, seulement 30 % d’entre eux estimaient que le rendement du programme à cet égard est fort. Beaucoup de personnes interviewées à l’interne et à l’externe de tous les groupes ont expliqué que même si l’utilisation des données géospatiales dans les décisions s’améliore, la plupart des décideurs ne savent pas ce qu’est la géomatique ou ne comprennent pas le pouvoir décisionnel qu’elle offre à leur organisme. Les personnes interviewées ont expliqué que si l’on réussissait à changer cela, cela entraînerait non seulement une plus grande utilisation de l’information géospatiale, mais également des investissements dans les projets d’infrastructure de données comme l’ICDG et les projets de développement et de mise à jour des données. Certains comptaient sur RNCan pour jouer un rôle afin de favoriser cette compréhension, d’autres percevaient cela comme une chose dont GéoAlliance pourrait être responsable.

Entrevue : « La véritable prochaine possibilité consiste à parler du traitement des données géospatiales afin de les rendre plus précieuses pour l’utilisateur. Compte tenu du succès remporté [par GéoConnexions] dans l’avancement de la technologie, il doit mettre l’accent sur le soutien au traitement et à la décision qui serait le plus utile à la communauté ».
– Expert en données géospatiales

Besoin de plus de technologies et d’applications qui intègrent les données dans les flux de travaux pour les profanes : Les applications Web sont des logiciels auxquels on accède au moyen d’une interface utilisateur et qui intègrent et combinent les données géospatiales avec d’autres données et services afin de créer de nouvelles données et de nouveaux services à valeur ajoutée. Beaucoup de personnes interviewées (à l’interne et à l’externe) ont fait remarquer que les plus gros gains dans l’utilisation des données géospatiales seront réalisés lorsque la technologie et les applications seront utilisées pour intégrer les données disponibles dans les flux de travaux d’analystes qui ne sont pas des experts en SIG et en géomatique. L’ICDG a été décrite par les personnes interviewées comme un projet visant à jeter les bases qui permettront cette transformation. Toutes les personnes interviewées dans les gouvernements provinciaux et territoriaux et certaines personnes interviewées dans l’industrie ont exprimé des préoccupations quant à l’utilisation des données géospatiales de Google, facilement disponibles, dans la prise de décisions. Elles ont fait remarquer qu’elles sont si faciles et conviviales à utiliser que les décideurs ignorent que leurs propres données provinciales offrent des données de qualité supérieure ou ne sont pas disposés à les attendre. Certaines personnes ont avancé que les services de données du secteur public doivent continuer de se moderniser pour répondre à ce besoin. De la même manière, un examen des documents de l’étude de cas du programme et d’autres analyses a montré que la technologie et les applications requises pour intégrer facilement de multiples flux de données dans les processus décisionnels sont nécessaires afin d’optimiser le potentiel d’utilisation.

Le programme GéoConnexions a fourni des ressources pour la mise au point d’applications. Parmi ces applications, on compte l’interface de programmation d’application du programme GéoGratis pour les développeurs (mis à jour en 2013) et les documents du Programme de développement en géomatique (PDG) appuyant les développeurs d’applications (p. ex. le Guide d’utilisation d’hypermédia à l’intention des développeurs pour l’interface de programmation d’applications (API), le développement de portlets, les Iframes, le partage d’applications). L’évaluation de l’ICDG de 2015 a souligné le remplacement de « Manuel pour les développeurs de l'ICDG : produire et publier l'information, les données et les services géographiques » par la gamme actuelle de produits d’information et a fait remarquer une certaine incertitude quant au degré auquel ce changement a laissé un vide dans ce domaine.Note de bas de page 77 De la même manière, l’évaluation de l’ICDG de 2012 a fait remarquer que pour que l’utilisation des données s’améliore, les technologies et applications connexes doivent être plus faciles à utiliser. D’après une étude de cas du programme, Parcs Canada utilise et échange des données en utilisant les normes de l’ICDG. L’étude de cas rapporte qu’au nombre des facteurs habilitants, on compte le fait de faire participer l’organisme à l’intégration de la géotechnologie afin de démontrer son utilité et, par conséquent, en améliorer l’acceptation.Note de bas de page 78

Le programme GéoConnexions a appuyé de nouvelles activités de développement de technologies et d’applications visant à mettre plus facilement les données entre les mains des analystes. L’examen des rapports de projet de GéoConnexions pour le Water and Environmental HubNote de bas de page 79 et le prototype d’échange d’information sur le fondement géologique (GFX)Note de bas de page 80 montre que ces applications ont été confrontées aux défis suivants : disponibilité limitée de données publiques par les services Web, difficultés d’intégration des données lorsque les formats de saisie ou les noms changeaient, variations dans l’appellation des points de données, les questions de sécurité opérationnelle et l’utilisation plus forte que prévu du noyau par ceux qui cherche à découvrir des données plutôt que des fonctions plus avancées.

Nécessité de confirmer l’exactitude et la fiabilité des données : Plusieurs personnes interviewées ont fait remarquer qu’un rôle clé du gouvernement devrait être d’étudier en détail les données et d’attester qu’elles font autorité. Ces personnes estimaient que cela est de plus en plus important dans un monde où (presque) quiconque peut générer des données géospatiales. En fait, les principaux obstacles à l’utilisation des données mentionnés par 23 % des intervenants sondés étaient l’inexactitude et l’obsolescence des données. Les études de cas au niveau des projets ont également révélé des défis en matière d’exactitude et de fiabilité des données disponibles.

Nécessité de démanteler les silos décisionnels : Les entrevues et les documents montrent que parce que les décisions dans les organismes du secteur public sont prises en fonction des secteurs d’activité ministériels, les structures organisationnelles n’acceptent pas facilement une vision plus intégrée des données disponibles. Les personnes interviewées ont expliqué qu’il fallait réfléchir davantage aux modèles de prise de décision et de gouvernance. Cela peut également être constaté dans les défis en matière de durabilité du financement décrits dans les études de cas sur le Système interorganisationnel de connaissance de la situation (SICS), le Water and Environmental Hub et le projet GeoFoundation Exchange, dans lesquels on a démontré que la gouvernance pour le maintien de ces services constitue un enjeu.

Découverte et recherche des données : Même si beaucoup de personnes interviewées ont applaudi les efforts visant à rendre les données fédérales et provinciales disponibles par l’entremise de GéoBase et GéoGratis, elles ont également souligné les défis relatifs à la découverte des données. Elles ont expliqué que trouver des données grâce à ces portails est difficile, compliqué et parfois lourd, en particulier pour des personnes qui ne sont pas des professionnels en géomatique. Dans le même ordre d’idées, un sondage de 2013 auprès des utilisateurs de GéoGratis révèle que même si 74 % d’entre eux ont trouvé au moins une partie de ce qu’ils cherchaient, seulement 45 % étaient satisfaits de leur expérience de recherche.Note de bas de page 81

3.8 Résultat escompté : Avantages pour les Canadiennes et Canadiens

Attentes en matière de résultats Présomptions et facteurs testés Résumé des constatations
3.8 Avantages nets pour les Canadiennes et Canadiens (p. ex. meilleure compétitivité des entreprises canadiennes, sécurité, planification de l’infrastructure, prestation des services et développement) Les renseignements disponibles permettent de faire les choix optimaux.

L’amélioration des décisions entraîne des résultats positifs.
  • L’étude sur la valeur économique, les études de cas et les entrevues montrent toutes des exemples d’avantages découlant de l’utilisation des données géospatiales dans la prise de décisions.
  • L’utilisation des extrants géospatiaux a apporté des avantages économiques de même que des avantages non économiques moins mesurables, en plus d’un rendement positif sur le capital investi.

Constatation : Les données issues des entrevues et des études de cas fournissent de nombreux exemples d’avantages découlant de l’utilisation des extrants géospatiaux dans la prise de décisions.

Voici quelques exemples d’avantages :

  • Le gouvernement du Yukon fournit des données géoréférencées par l’entremise d’un réseau d’information coordonné en ligne qui permet de tenir compte simultanément de multiples facteurs et des impacts possibles du projet sur les ressources, afin d’appuyer les décisions sur les permis d’utilisation de l’eau.Note de bas de page 82 Les rapports de projet et les données issues des entrevues indiquaient que cette initiative a placé le Yukon dans une position plus solide et éclairée en ce qui concerne la gestion des ressources.
  • RSA Canada, une compagnie d’assurance générale, fonde ses décisions en matière de couverture sur des renseignements géospatiaux. Selon le rapport, ces renseignements ont permis à la compagnie de mieux comprendre son exposition et de réduire les risques de coûts excessifs en matière de réclamations. En outre, l’étude fait remarquer que, pour RSA Canada, les renseignements géospatiaux représentent une source d’avantage concurrentiel.Note de bas de page 83
  • Golder Associates, une société d’experts-conseils en extraction de ressources, a indiqué que son utilisation d’informations et de technologies géospatiales lui a permis d’offrir des services améliorés aux clients et d’offrir ces services de façon beaucoup plus efficace qu’elle ne pouvait le faire auparavant.Note de bas de page 84
  • Les fonctionnaires provinciaux interviewés ont mentionné que des données géospatiales ont été utilisées en Alberta pour prioriser et orienter les efforts de reconstruction après les inondations de 2013, et que cela a amélioré le déploiement des efforts de reconstruction en les concentrant dans les secteurs qui en avaient le plus besoin.

Constatation : Des études commandées par GéoConnexions rapportent que l’utilisation des extrants géospatiaux a apporté une contribution de 20 milliards de dollars au PIB canadien en 2013, et que l’utilisation des extrants géospatiaux dans diverses applications avait apporté des avantages économiques de même que des avantages non économiques moins mesurables, en plus d’un rendement positif sur le capital investi.

Même s’il est difficile de mesurer systématiquement l’utilisation des données géospatiales dans le processus décisionnel et, par extension, les avantages qui en découlent, des recherches ont été menées dans divers pays afin de mettre au point des méthodologies de mesure. GéoConnexions a parrainé l’Analyse de la conjoncture du secteur canadien de la géomatique et étude sur la valeur, qui modélisait les avantages économiques liés à l’utilisation des extrants géospatiaux dans les processus décisionnels de 60 secteurs de l’économie canadienne. L’information de 14 études de cas, 137 consultations auprès des leaders de l’industrie et l’analyse d’études comparables dans d’autres compétences a formé la base permettant de déterminer le niveau général d’applicabilité de l’information géospatiale à chaque secteur, alors que des taux d’adoption normalisés étaient appliqués à tous les secteurs. D’après le modèle, le rapport estime que l’utilisation des extrants géospatiaux dans tout le Canada en 2013 a apporté une contribution de 20,7 milliards de dollarsNote de bas de page 85 au PIB du Canada, ce qui représente 1,1 % du PIB canadien total pour cette année.Note de bas de page 86 Le rapport estime également que les deux tiers de la contribution au PIB attribuable à l’utilisation des extrants géospatiaux étaient liés à une utilisation plus efficace de la main-d’œuvre et du capital.Note de bas de page 87 Les plus importants impacts des extrants du secteur géospatial ont été rapportés dans les secteurs de l’exploitation minière et de l’exploitation pétrolière et gazière.Note de bas de page 88

GéoConnexions a également parrainé des études démontrant que l’utilisation de l’information et des technologies géospatiales pour prendre des décisions produit un rendement positif sur le capital investi. Par exemple, on a déterminé qu’Hectares BC, un outil d’analyse géospatial accessible sur le Web pour le secteur des ressources naturelles, offrait aux organismes gouvernementaux un rendement sur le capital investi général de 108 %.Note de bas de page 89 De la même manière, on a déterminé que BCeMap, qui offre une ressource unique pour rassembler les données pertinentes sur les incidents au personnel chargé de la gestion des urgences et de la sécurité publique en Colombie-Britannique et partout au Canada, offrait un rendement sur le capital investi calculé sur un an de 60 % aux organismes connexes.Note de bas de page 90 Enfin, on a déterminé que la mise en œuvre du Système interorganisationnel de connaissance de la situation (SICS) au Nouveau-Brunswick avait produit un rendement sur le capital investi calculé sur un an de 16,4 % pour les organismes participant aux activités d’urgence, la police, les bureaux de santé régionaux et le ministère provincial des Transports.Note de bas de page 91 Même si les résultats de ces études sont encourageants, une vérification réalisée sur l’infrastructure de données spatiales américaineNote de bas de page 92 a révélé que la sous-estimation des coûts d’acquisition des données géospatiales est un problème; s’il en va de même au Canada, cela pourrait entraîner une surestimation du rendement du capital investi.

En plus d’estimer les avantages économiques de l’utilisation des données géospatiales dans les processus décisionnels, l’Analyse de la conjoncture du secteur canadien de la géomatique et étude sur la valeur a cerné des avantages moins tangibles à utiliser les extrants du secteur géospatial, notamment :Note de bas de page 93

  • avantages environnementaux (meilleure protection de l’environnement, meilleur respect des exigences réglementaires, meilleure gestion des ressources et impacts réduits des ressources naturelles);
  • avantages en matière de santé (meilleure allocation des ressources pour gérer les flambées épidémiques et les situations d’urgence, meilleurs soins aux patients);
  • avantages sociaux (communications plus efficaces entre les gouvernements, les entreprises et les citoyens, confiance accrue dans les services, meilleur engagement de la communauté);
  • avantages en matière de connaissances (meilleure présentation et compréhension de renseignements complexes, accent plus prononcé sur les secteurs à risque, meilleure capacité de planifier, meilleures analyses, meilleurs processus décisionnels fondés sur des données probantes et plus grande littératie des citoyens).

4.0 Constatations de l’évaluation : Efficience et économie

Résumé des constatations

  • La conception du programme GéoConnexions comprend de nombreuses pratiques efficientes : de bonnes pratiques de gestion, une ICDG nationale mise à profit par les partenaires régionaux en matière de gouvernance, l’utilisation de normes fondées sur un consensus international pour améliorer l’adoption et une consolidation des portails sous GéoGratis. Des défis subsistent dans les domaines de la gouvernance et de l’utilité efficace de GéoGratis.
  • Grâce aux S et C, GéoConnexions offre un effet de levier considérable de 1:3,9, y compris les contributions en liquide et en nature aux projets. On s’inquiète du fait que la diminution prévue du financement des S et C pourrait ralentir la progression du programme.

On estime que le programme est bien géré : Toutes les personnes interviewées familières avec les activités du programme GéoConnexions ont déclaré qu’il est bien géré. Les personnes interviewées à l’externe ont généralement décrit le personnel du programme comme étant très motivé et dévoué au programme. La plupart de ceux qui ont assisté à des séances ou qui ont travaillé avec des employés de GéoConnexions les ont décrits comme étant très sociables et possédant une bonne connaissance du secteur et de ses défis.

Les partenaires du secteur public tirent parti des travaux de l’ICDG : L’approche nationale de l’élaboration de l’ICDG et des mécanismes de gouvernance connexes adoptée par GéoConnexions a assuré une approche uniforme des IDS dont chaque province et territoire a tiré parti pour ses initiatives d’IDS régionales. Les personnes interviewées rapportent que cela a permis d’économiser du temps parce que les compétences régionales ne partent pas de rien, et d’économiser des ressources parce qu’elles sont en mesure de discuter de leurs efforts et de résoudre collectivement les problèmes qu’elles rencontrent. Cela dit, comme on l’a déjà mentionné, la coordination des efforts entre les compétences est un défi permanent.

L’intégration de normes fondées sur un consensus international est bénéfique : Les personnes interviewées ont rapporté que l’utilisation de normes internationales dans l’ICDG accroît la probabilité que les normes soient adoptées au Canada. Cela facilite pour les entreprises canadiennes la mise au point d’applications pouvant être commercialisées ailleurs ou intégrant des données provenant d’autres compétences.

Consolider les portails : Les données issues des documents et des entrevues montrent qu’au cours des deux dernières années, GéoConnexions (et le programme Information essentielle sur la géographie et soutien de RNCan) a consolidé le nombre de portails donnant accès à des renseignements géospatiaux. Depuis 2015, GéoBase, le portail GeoDiscovery et GéoGratis sont maintenant combinés dans une architecture révisée de GéoGratis.Note de bas de page 94 Toutefois, même si cela a réduit le nombre de portails, beaucoup de personnes interviewées ont fait remarquer que le portail vers d’autres portails qui en découle n’est pas nécessairement un moyen plus efficace de trouver des données géospatiales puisqu’il exige toujours beaucoup de travail pour trouver les ensembles de données que l’on cherche.

L’effet de levier financier des S et C est considérable : D’après les données fournies par le programme, la composante de S et C a produit un effet de levier financier considérable de 1:3,9 en ressources des bénéficiaires (ce qui comprend 1:1,2 en contributions en liquide aux projets et 1:2,7 en contributions en nature sous forme de personnel et d’équipement). Les personnes interviewées familières avec ces travaux ont expliqué que travailler avec GéoConnexions à élaborer des projets suscite un vif intérêt en raison de l’expertise du programme et de la possibilité de forger des partenariats. Cela dit, on a souvent fait remarquer que le financement disponible en S et C d’environ 500 000 $ par an (une diminution par rapport à une moyenne sur cinq ans de 611 768 $ par année au cours de la phase III) peut être trop petit pour apporter des changements plus rapidement et rester à la fine pointe des travaux de mise au point de normes et de technologies.

Tableau 3 : Effet de levier financier du programme de subventions et contributions de GéoConnexions de 2010-2011 à 2014-2015
  Financement total de GéoConnexions en S et C Dépenses de F et E pour administrer les S et C Total (S et C et F et E) Levier financier total $ (liquide) auprès des bénéficiaires Levier financier total (nature) auprès des bénéficiaires Levier financier total en liquide et en nature auprès des bénéficiaires
Prévu Réel Estimées Réel Réel Réel
3 500 000 $ 3 058 842 $ 400 000 $ 3 458 842 $ 4 067 917 $ 9 469 611 $ 13 537 528 $
Rapport d’effet de levier financier (S et C de programme et dépenses de F et E : contributions des bénéficiaires)         1:1,7 1:2,7 1:3,9

5.0 Conclusions et recommandations de l’évaluation

GéoConnexions, qui est bien aligné avec les priorités de RNCan, a répondu à un besoin bien compris d’activités qui appuient la mise en œuvre d’une Infrastructure canadienne de données géospatiales (ICDG) nationale permettant d’accéder à des données publiques qu’il serait par ailleurs difficile de trouver ou d’utiliser.

GéoConnexions a réuni les organismes de gouvernance appropriés et a facilité une compréhension commune des enjeux géospatiaux dans les groupes des secteurs public, privé et universitaire. Le programme a contribué à l’élaboration et a appuyé la mise en œuvre de normes et de politiques opérationnelles communes de l’ICDG et a facilité la mise au point de technologies et d’outils. Collectivement, cela a contribué à rendre les données géospatiales disponibles en ligne et, dans une certaine mesure, interopérables. Les données de l’évaluation confirment les liens prévus entre les activités de GéoConnexions et la contribution au résultat escompté d’une plus grande utilisation des données géospatiales.

Dans l’ensemble, GéoConnexions est un moyen efficace de réaliser les objectifs consistant à mettre en œuvre l’ICDG et, par conséquent, à accroître l’utilisation des données géospatiales dans les processus décisionnels.

Même si on a trouvé des données pour confirmer la contribution à tous les résultats escomptés de la chaîne, ce qui permet de croire que la théorie du programme est correcte, on a découvert de nombreuses possibilités d’atténuation des risques posés par les facteurs extérieurs et d’amélioration des résultats pour la phase suivante du programme.

Enjeu 1 : Meilleure communication au sujet de l’ICDG

L’évaluation révèle que le rôle de GéoConnexions dans l’ICDG est généralement peu connu et que l’ICDG elle-même est généralement mal comprise. Les données issues du sondage et des entrevues montrent que même si les intervenants voient de la valeur dans les objectifs du programme GéoConnexions, ils comprennent sans doute mal ce que fait RNCan en ce qui concerne les travaux touchant les normes, les politiques opérationnelles et les technologies relatives à l’ICDG. Cela s’explique en partie par le fait qu’une grande partie de ces activités se produit en arrière-plan (c.-à-d. qu’on peut ne pas connaître le rôle de RNCan dans l’établissement de normes par l’OGC). Il est important d’aborder cet enjeu, d’après les personnes interviewées, puisqu’une meilleure connaissance des efforts de GéoConnexions et d’autres dans la mise en œuvre de l’ICDG pourrait aider à faire adopter les normes et les politiques de même qu’à obtenir une plus grande collaboration et un plus grand investissement dans l’ICDG. De la même manière, les personnes interviewées ont avancé que les impacts des projets appuyés par GéoConnexions au moyen de S et C pourraient être améliorés par la communication des résultats des projets afin d’aider la communauté en général à effectuer des généralisations à partir des travaux déjà réalisés.

Remarquez que cette recommandation est conforme à la recommandation de l’évaluation de l’ICDG de 2015, consistant à travailler avec le CFGOT et avec GéoAlliance pour définir qui a la responsabilité première de déterminer les activités de communication prioritaires et de mise en œuvre touchant toutes les composantes de l’ICDG, y compris les données cadres, les normes, les politiques opérationnelles et les technologies.

Recommandation 1 : GéoConnexions doit renforcer son rôle de rassembleur national et travailler avec le COCG, le CFGOT et GéoAlliance pour communiquer de façon généralisée la valeur de l’ICDG et l’importance de son adoption.

Enjeu 2 : Renforcer le leadership en matière de données ouvertes

Même si la prestation de données géospatiales intégrées et interopérables est un objectif primordial de GéoConnexions, la capacité de découvrir les données, sous toutes leurs formes, est nécessaire pour pouvoir l’utiliser et éviter le dédoublement. L’évaluation a révélé que davantage de travail est nécessaire sur la découverte des ensembles de données publics de tout le Canada. Ce défi semble être rattaché à l’élaboration et à la mise en œuvre de normes de métadonnées, à la fonctionnalité de recherche sur les portails publics comme GéoGratis de même qu’aux accords de partage des données.

  • Soutien à la mise en œuvre de normes en matière de métadonnées : Les personnes interviewées s’entendent généralement pour dire que le programme devrait renouveler ses efforts touchant les normes en matière de métadonnées afin de permettre de découvrir des ensembles de données dans tout le Canada. Les États-Unis et l’Union européenne sont confrontés à des défis semblables en matière de découverte des données. Le programme doit déterminer si les difficultés entourant les métadonnées sont attribuables aux normes elles-mêmes ou à leur mise en œuvre.
  • Capacité de recherche de données : Les données issues des entrevues et des documents montrent qu’il subsiste des difficultés dans la recherche de données au moyen de GéoBase et GéoGratis.  
  • Accords d’échange de données : Les données issues des entrevues et des documents montrent que les accords d’échange de données influent sur la disponibilité de données. Par exemple, selon les personnes interviewées, la plupart des municipalités et certaines provinces ne disposent pas de politiques de données ouvertes, ou elles en ont une qui est assortie d’exigences restrictives en matière de permis qui en limitent l’accès.

Les données issues de l’évaluation laissent entrevoir la nécessité d’une approche coordonnée de l’entretien des données cadres qui permettrait d’éviter le dédoublement d’une compétence à l’autre. Les données cadres sont une partie essentielle de l’ICDG puisqu’elles constituent la couche de base sur laquelle les autres données géoréférencées peuvent être fixées. Les données issues des entrevues et des documents laissent croire que des lacunes considérables apparaissent au Canada en ce qui concerne le caractère complet et fiable des données cadres. Cela s’explique en partie par le sous-investissement dans les données cadres en raison des contraintes financières des dix dernières années, mais également par l’absence d’une coordination qui pourrait effacer ces contraintes en évitant le dédoublement. Beaucoup de personnes interviewées de l’industrie et du gouvernement ont laissé entendre qu’une stratégie nationale d’imagerie et une stratégie nationale de cartographie seraient très importantes pour trouver des moyens rentables de mettre à jour et d’entretenir les données cadres. La plupart des personnes interviewées remarquent que RNCan serait le leader naturel d’un tel effort. Cette stratégie doit inclure la vérification de l’existence de données géospatiales disponibles et doit appuyer les initiatives collaboratives visant à obtenir et à développer des données géospatiales.

Recommandation 2 : GéoConnexions doit renforcer son leadership en matière de données ouvertes en appuyant une cueillette et un échange plus efficaces des données, en éliminant les préoccupations soulevées relativement à a) la découverte des données et b) la coordination de la mise à jour des ensembles de données géospatiales générales.

Enjeu 3 : Appuyer l’intégration des données géospatiales dans les processus décisionnels

L’utilisation des données géospatiales dépend de leur disponibilité et de leur accessibilité. Toutefois, même lorsque la quantité maximale de données est disponible et accessible, ces données n’éclaireront pas les décideurs si elles ne peuvent pas être traduites en analyses de consommation facile. GéoConnexions a permis un investissement public et privé dans les technologies géospatiales en appuyant les projets technologiques par l’entremise de son programme de S et C. Toutefois, les données issues du sondage et des entrevues laissent croire qu’il existe de grandes possibilités d’améliorer l’utilisation des données dans les processus décisionnels en mettant au point des applications qui rendent les données accessibles et utilisables par des profanes. Beaucoup de personnes interviewées ont laissé entendre que cela représente la prochaine étape la plus importante pour améliorer l’utilisation des données géospatiales. En outre, les intervenants sondés ont donné la plus faible évaluation des progrès et de la capacité aux enjeux relatifs à l’ICDG touchant l’utilisation des données géospatiales et la mise au point d’applications et des technologies conviviales.

Recommandation 3 : GéoConnexions doit offrir un soutien ciblé pour intégrer les données géospatiales dans les processus décisionnels des profanes.

Enjeu 4 : Appuyer la transformation de la communauté géospatiale

En outre, beaucoup de gens ont laissé entendre qu’il existe un grand potentiel d’augmentation de l’utilisation des données géospatiales au Canada par les groupes des secteurs non conventionnels (c.-à-d. pas seulement la géomatique et la cartographie). Toutefois, pour en profiter, ces groupes doivent être joints par la communauté traditionnelle et inclus dans les discussions sur l’ICDG et l’utilisation des données dans le cadre d’un secteur géospatial beaucoup plus inclusif. Même si le programme a présenté des arguments convaincants pour l’adoption de l’ICDG dans le cadre d’études et de documents, on a fait remarquer que les groupes d’utilisateurs non conventionnels maintenant ciblés ont peu de chances d’avoir été exposés à ces analyses.

L’évaluation a permis de déterminer que la création de GéoAlliance en avril 2015 est une réalisation nécessaire et positive pour lutter contre la fragmentation de la communauté géospatiale en créant un organisme qui rassemble tous les acteurs différents et tire parti de leurs ressources combinées. On exprime toutefois certaines préoccupations quant à l’état de préparation du secteur à l’évolution de la TRCCG menée par RNCan vers GéoAlliance Canada, menée par le secteur. Cela est en partie attribuable au ressourcement, à l’obtention d’un appui et à la nature fragmentée de la communauté de la géomatique et des données géospatiales.

Ressourcement : Il manque de ressources humaines et financières spécialisées pour appuyer l’ICDG. Presque toutes les personnes interviewées ont expliqué que la participation aux efforts collectifs de mise au point de l’ICDG est entreprise à temps perdu plutôt que par des employés spécialisés. Beaucoup ont laissé entendre qu’un financement de démarrage fédéral était nécessaire pour appuyer GéoAlliance à ses débuts.  

Obtenir un appui : Sous l’égide de la TRCCG, la communauté s’est rassemblée pour une initiative qui était présidée et financée par RNCan et qui n’exigeait aucune cotisation d’adhésion pour survivre. Puisque GéoAlliance sera une association plutôt qu’une initiative gouvernementale, on a exprimé des préoccupations quant au rôle que jouera RNCan et au fait qu’une visibilité réduite pourrait être interprétée à tort comme le signe d’un manque d’intérêt pour la communauté. Afin d’attirer des membres, GéoAlliance devra démontrer clairement sa valeur aux membres potentiels.

Communauté fragmentée : Les données issues du sondage et des entrevues montrent que le niveau de fragmentation de la communauté géospatiale demeure un défi, même s’il s’améliore. C’est important puisque GéoAlliance cherche à obtenir une participation généralisée allant au-delà des membres de la TRCCG pour inclure la communauté des utilisateurs non conventionnels.

Recommandation 4 : GéoConnexions doit continuer de travailler avec la communauté géospatiale pour encourager la transformation d’un point de mire restreint sur les experts en géomatique à un point de mire plus général sur les groupes d’utilisateurs non conventionnels. Cela doit inclure le soutien de GéoAlliance, dont l’objectif de mise en œuvre de la Stratégie pancanadienne de géomatique complète le programme GéoConnexions.

Annexe A : Glossaire

Données géospatiales : Tout type de donnée associé à un lieu géographique particulier. Cela comprend par exemple les données démographiques au niveau des collectivités, les données sur la pollution des cours d’eau et les données sur l’emplacement des bâtiments dans les villes.

Données cadres : Il s’agit d’un type de donnée géospatiale qui fournit un contexte et une référence à d'autres données, ce qui leur permet d’être associées à des lieux géographiques particuliers. Par exemple, les données cadres relatives aux routes fournissent un cadre de référence pour les bâtiments situés en bordure des routes, alors que les données cadres sur les circonscriptions électorales fédérales fournissent un cadre de référence aux renseignements sur les ménages se trouvant à l’intérieur des circonscriptions. Il existe trois types de données cadres :

  • Les données d’alignement, qui comprennent les contrôles géométriques essentiels pour associer avec exactitude tous les types de données aux lieux géographiques appropriés.
  • Les données sur les entités terrestres, qui comprennent l’emplacement des entités physiques naturelles ou artificielles facilement observables, comme les routes, les cours d’eau et les élévations.
  • Les données conceptuelles, qui comprennent l’emplacement des entités artificielles créées aux fins de gouvernance, comme les frontières municipales et provinciales, les circonscriptions électorales fédérales et les zones écologiques.

L’élaboration des données cadres incombe en grande partie au secteur public et ces données servent de fondement à de nombreuses applications d’information géospatiale.

Métadonnées géospatiales : Information de référence décrivant les caractéristiques de base des données et services géospatiaux (parfois appelées données sur les données).

Normes techniques et sur les données : Normes permettant à une variété de sources de données, d’applications, de services et de systèmes de fonctionner de manière compatible les uns avec les autres.

Politiques opérationnelles : Éventail d’instruments, comme des lignes directrices, des pratiques exemplaires, des directives, des procédures et des manuels, qui abordent les exigences législatives et administratives liées au cycle de vie des données géospatiales. Les politiques couvrent des sujets comme la protection des renseignements personnels, la propriété intellectuelle et l’octroi de licences, de même que les tendances technologiques comme l’informatique en nuage.

Secteur de la géomatique : Ensemble d’organismes industriels, gouvernementaux et universitaires qui participent à la prestation de données géospatiales et de produits d’information connexes de même que de technologies, de services et d’expertise géospatiales. Ce secteur est également responsable d’élaborer et de mettre en œuvre le réseau canadien d’infrastructures de données spatiales, y compris les données cadres et les données centrales. Note de bas de page 95

Communauté des données géospatiales : Communauté qui comprend le secteur de la géomatique plus les organismes et les personnes qui utilisent les données, les technologies et les services géospatiaux fournis par le secteur de la géomatique.Note de bas de page 96

Technologies géospatiales : Technologies consistant en portails et plateformes de données sur le Web qui offrent une passerelle vers des données géospatiales décentralisées sur Internet de même que des outils et des services Web qui permettent de découvrir, visualiser, télécharger, analyser, échanger et transformer les données géospatiales.

Applications Web : Logiciels auxquels on accède via une interface utilisateur et un navigateur Web et qui fournissent des données et des services à valeur ajoutée en intégrant les données géospatiales à d’autres données et services. Les applications Web peuvent être habilitées par des services Web.

Open Geospatial Consortium (OGC) : Organisme international bénévole qui élabore des normes géospatiales. Plus de 500 organismes commerciaux, gouvernementaux, sans but lucratif et de recherche du monde entier collaborent à un processus axé sur le consensus visant à élaborer et mettre en œuvre des normes ouvertes pour les données et services géospatiaux de même que pour le traitement et l’échange de données.Note de bas de page 97

Annexe B : Caractéristiques des répondants au sondage auprès des intervenants

Le Tableau 4 compare la répartition de la population des intervenants avec la répartition de la population des répondants au sondage. Les membres de la TRCCG/GéoAlliance Canada étaient surreprésentés parmi les répondants au sondage, alors que les membres du CFGOT étaient sous-représentés. Toutefois, puisque la TRCCG compte une grande variété de membres (y compris les gouvernements, l’industrie et les universités), la plus grande représentation de ce groupe parmi les répondants au sondage améliore l’utilité générale des résultats du sondage pour donner un aperçu du point de vue de la communauté de la géomatique dans son ensemble.

Tableau 4 : Comparaison de la population des intervenants avec la population des répondants au sondage
Groupe d’intervenants Population des intervenants de GéoConnexions
% du total
Intervenants de GéoConnexions ayant répondu au sondage
% du total
COCG 28 26
CFGOT 38 17
TRCCG/GéoAlliance Canada 34 58

En termes de ventilation régionale, l’Ontario a été le lieu le plus souvent indiqué par les répondants au sondage (51 %) et la population des intervenants dans son ensemble (44 %). L’Ontario a également été le lieu le plus souvent indiqué pour chaque groupe de répondants au sondage, soit 30 % des répondants du COCG, 77 % des répondants du CFGOT et 51 % des répondants de la TRCCG/GéoAlliance Canada.

Le Tableau 5 montre le niveau de familiarité autoévalué des intervenants sondés avec les enjeux géospatiaux dans leur organisme, pour chaque groupe d’intervenants. Dans chaque groupe, une majorité (87 % au total) a rapporté un niveau élevé de familiarité (notes de 4 et 5 sur une échelle de 5) avec les enjeux touchant les données géospatiales au sein de leur organisme respectif. Les répondants les plus avisés avaient également tendance à être les plus critiques, donnant des notes plus basses lorsqu’il s’agissait de coter le niveau de succès ou de réussite du programme GéoConnexions. L’exception à cette règle est la note élevée de réussite accordée par les membres du COCG dans le domaine de la mise en place de mécanismes de gouvernance par l’entremise du GéoSecrétariat canadien et de l’ICDG. 

Tableau 5 : Familiarité des groupes d’intervenants avec les enjeux géospatiaux
Groupe d’intervenants Familiarité élevée (notes de 4 et 5) avec les enjeux relatifs aux données géospatiales dans leur organisme
% du groupe d’intervenants
COCG 95
CFGOT 83
TRCCG/GéoAlliance Canada 83
Total (tous les groupes d’intervenants) 87