Évaluation de la sous-activité de programme Géosciences des changements climatiques et adaptation

Table des matières

Sommaire

Introduction

Le présent rapport fait état des constatations issues de l’évaluation de la sous-activité « Géosciences des changements climatiques et adaptation » de Ressources naturelles Canada (RNCan) sur la période allant de 2005-2006 à 2009-2010 et couvrant 49,3 millions de $. L'objectif du programme est d’aider « les Canadiens à comprendre les effets du changement climatique sur les collectivités, l'infrastructure et le mode de vie, ainsi qu'à s'y préparer et à s'y adapter », et ce, « au moyen d'études qui évaluent la vulnérabilité et la réaction de la masse continentale et des zones côtières du Canada et au moyen de l'intégration de nouvelles connaissances à la planification et à la gestion des ressources ».Note de bas de page 1

Depuis plus de 20 ans, le Secteur des sciences de la Terre (SST) de RNCan participe à des initiatives en matière de changement climatique. Ces dernières années, le gouvernement du Canada souligne de manière explicite la nécessité de mettre davantage l’accent sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques, notamment par la mise en œuvre du Protocole de Kyoto en 2005 et du Programme sur la qualité de l’air en 2008, ainsi qu’en énonçant les priorités à cet égard dans ses discours du Trône et dans les budgets fédéraux au cours des dernières années (c.-à-d. de 2005 à 2009).

Pendant la période sur laquelle porte cette évaluation (2005-2006 à 2009-2010), RNCan a exécuté deux programmes géoscientifiques et deux programmes en matière d’adaptation (voir le tableau ci-dessous).

Programmes de géosciences des changements climatiques et d’adaptation, 2005-2006 à 2009-2010
  2005-2006 2006-2007 2007-2008 2008-2009 2009-2010
Géosciences des changements climatiques Réduire la vulnérabilité du Canada au changement climatique  
  Renforcer la résilience face aux changements climatiques/Programme de géosciences des changements climatiques *
Adaptation aux changements climatiques Impact du climat et adaptation – initiatives de la phase 1 Impact du climat et adaptation – initiatives de la phase 2
Plan d’action 2000 Stratégie intérimaire sur le changement climatique Programme sur la qualité de l’air
Le Réseau canadien climatiques et de recherche sur les impacts l’adaptation (C-CIARN) **    
Le programme de recherche approfondie
Renforcement des capacités pour la recherche sur les impacts et l’adaptation
  Outils d’adaptation
  Initiatives de collaboration pour l’adaptation régionale

Remarques :

* Lors de l’exercice 2009-2010, le programme Renforcer la résilience face aux changements climatiques est devenu le Programme de géosciences des changements climatiques. Il s’agit du même programme dont seul le nom a changé.

** Le C-CIARN a pris fin le 30 juin 2007.

Tel qu’il est présenté dans le tableau ci-dessus, de 2005-2006 à 2009-2010, le volet « Géosciences des changements climatiques » de la sous-activité de programme englobait les programmes suivants :

  • le programme Réduire la vulnérabilité du Canada au changement climatique (2005-2006), ayant pour objectif de réduire la « vulnérabilité des Canadiens, de leurs infrastructures et de leurs collectivités au changement climatique » Note de bas de page 2 en entreprenant des recherches;
  • le Programme de géosciences des changements climatiques (2006-2007 à 2009-2010),Note de bas de page 3 faisant suite au programme antérieur et ayant pour objectif de mettre en œuvre des « ressources expertes en sciences de la Terre et en géomatique pour aider les Canadiens à comprendre les effets des changements climatiques sur leurs collectivités, leurs infrastructures et leur mode de vie, s’y préparer et à s’y adapter ». Note de bas de page 4

Le Programme sur les impacts et l'adaptation liés aux changements climatiques de RNCan représentait le volet « Adaptation aux changements climatiques » de la sous-activité de programme pendant la période de 2005-2006 à 2009-2010, au cours de laquelle deux versions du programme se sont succédé – dans le cadre du Plan d’action 2000 (avec prolongation sous la Stratégie intérimaire sur le changement climatique) et plus récemment, dans le cadre du Programme sur la qualité de l’air. Aux fins de la présente évaluation, les versions successives sont présentées en fonction de deux phases, en mettant l’accent sur les initiatives entreprises (vu que le nom du programme est resté inchangé) :

  • Phase 1 (2005-2006 à 2007-2008) : dans le cadre du Plan d’action 2000 (2005-2006), le Programme sur les impacts et l’adaptation comportait le Réseau canadien de recherche sur les impacts climatiques et l'adaptation (C-CIARN), le programme de recherche approfondie et l’initiative Renforcement des capacités pour la recherche sur les impacts et l'adaptation. Ce programme s’est prolongé et a pris sa forme actuelle sous la Stratégie intérimaire sur le changement climatique (2006-2007 à 2007-2008).

    Lors de cette phase, l’objectif du Programme sur les impacts et l’adaptation consistait à fournir des connaissances sur la vulnérabilité du Canada aux changements climatiques, afin d’aider les décideurs à prendre des décisions justes quant à l’adaptation et pour mieux évaluer le risque que présentent les changements climatiques,Note de bas de page 5 quoique la Stratégie intérimaire sur le changement climatique ait mis plus d’accent sur le renforcement de la capacité d’utiliser de l’information scientifique et socioéconomique dans la prise de décisions et contribuer à l’élaboration d’une stratégie d’adaptation nationale et d’un plan de mise en œuvre s’inscrivant dans l’approche du Canada en matière de changements climatiques.Note de bas de page 6
  • Phase 2 (2008-2009 à 2009-2010) : dans le cadre du Programme sur la qualité de l’air (2008-2009 à 2009-2010), l’initiative Outils d’adaptation et les Initiatives de collaboration pour l’adaptation régionale (ICAR) ont été intégrés au Programme. Les objectifs du Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques sous le Programme sur la qualité de l’air étaient les suivants : créer les connaissances et fournir les informations nécessaires pour comprendre les risques et les avantages dans un contexte de changement climatique en faisant preuve d’efficacité; informer les décideurs de divers secteurs sociaux et économiques responsables de l’adaptation et les engager en faisant preuve d’efficacité.Note de bas de page 7

Questions, méthodes et limites de l’évaluation

L’évaluation a permis de mesurer la pertinence et le rendement en général des quatre programmes composant la sous-activité « Géosciences des changements climatiques et adaptation » et de déterminer en particulier la mesure dans laquelle les programmes :

  • répondent à un besoin continu de poursuivre le programme et correspondent aux priorités du gouvernement, aux objectifs stratégiques de RNCan et aux rôles et responsabilités du fédéral (la pertinence);
  • ont permis d’atteindre les résultats attendus (l’efficacité) et témoignent d’efficience et d’économie (le rendement).

Dans la mesure du possible, une approche d’évaluation fondée sur les résultats a orienté l’évaluation de ces programmes, dans ce sens que la pertinence et le rendement des programmes ont été évaluées surtout en fonction des résultats prévus des programmes, et ce, par les moyens mis en œuvre et les activités et les extrants réalisés. Étant donné le caractère à long terme de bon nombre des résultats des deux programmes ainsi que le report du financement du Programme sur les impacts et l’adaptation aux changements climatiques sous le Programme sur la qualité de l’air, une question d’évaluation formative visant l’amélioration du programme a été ajoutée, et ce, parce qu’une évaluation au-delà des résultats intermédiaires n’était pas raisonnable.

L’évaluation a eu recours à de multiples éléments de preuve, notamment les suivants :

  • l’examen de documents;
  • les entrevues auprès des intervenants (51);
  • les études de cas (11).

Certaines limites à cette évaluation sont à prendre en compte :

  • Le peu de temps et de ressources dont on disposait pour réaliser l’évaluation :
    • Seuls les bénéficiaires et partenaires des programmes géoscientifiques et en matière d’adaptation courants ont été interrogés. L’information relative aux programmes antérieurs a été recueillie au moyen d’un examen des documents et d’études de cas;
    • Le nombre d’entrevues menées par programme était restreint. On réalise des entrevues afin de comprendre les programmes plus en profondeur plutôt que d’obtenir une perspective représentative, mais il était parfois difficile de faire la synthèse des données issues des entrevues pour en établir des thèmes communs. Pour atténuer cette limite, les données issues des entrevues et d’autres éléments de preuve ont été triangulés afin d’en arriver aux principales constatations/preuves.
  • Les entrevues auprès des intervenants donnent lieu, de par leur nature, à une certaine partialité : chaque personne apporte ses valeurs, croyances et opinions personnelles à l’entrevue. Bien que cela représente aussi ce qui rend les entrevues éclairantes en situation d’évaluation, tous les efforts sont faits pour réduire au minimum la partialité des répondants, et ce, par l’énoncé de questions et de messages incitatifs non suggestifs, la sélection d’échantillons de divers groupes d’intervenants et la triangulation de l’ensemble des sources de données de tous les éléments de preuve lors de l’établissement des constatations.
  • Les données sur la mesure du rendement dans les documents de programme (rapports de mi-exercice et de fin d’exercice, etc.) examinées dans le cadre de cette évaluation étaient restreintes quant à la détermination de la mesure dans laquelle les résultats ont été atteints et au suivi des ressources (en particulier, les ressources en natureNote de bas de page 8) relatives à l’atteinte de ces résultats. Des efforts ont été faits pour obtenir des données sur le rendement à partir de celles obtenues par le biais des entrevues afin de mieux connaître le point auquel les moyens mis en œuvre, les activités et les extrants ont été efficaces et économiques.
  • À l’origine, le Programme sur les impacts et l'adaptation liés aux changements climatiques était prévu pour s’étaler sur trois ans, de 2008-2009 à 2010-2011; cependant, les ministères participant au thème Adaptation du Programme sur la qualité de l’air (PQA) ont reçu l’approbation seulement au cours de la deuxième année du PQA (c.-à-d. 2009-2010), ce qui a eu pour effet de retarder le financement. Ainsi, le ministre des Ressources naturelles a approuvé la modification de la date de fin du Programme, de mars 2011 à mars 2013. De plus, les élections fédérales d’octobre 2008 et la prorogation en décembre 2008 ont fait en sorte que les Initiatives de collaboration pour l’adaptation régionale (ICAR) n’ont pas été mises en œuvre avant fin 2009/début 2010 et par conséquent, étaient en activité pendant quatre mois au cours de la période visée par cette évaluation. Les données montrant les progrès vers l’atteinte des résultats escomptés sont présentées dans la mesure du possible, mais en raison du report de cette mise en œuvre, le Programme n’a pas eu l’impact prévu pendant la période de cette évaluation.

Constatations

Pertinence

Besoin continu des programmes

Les données recueillies dans le cadre de cette évaluation font ressentir le besoin continu du Programme de géosciences des changements climatiques et du Programme sur les impacts et l'adaptation liés aux changements climatiques, tous deux représentant un complément nécessaire aux initiatives d’atténuation du changement climatique du gouvernement du Canada (p. ex., la réduction des émissions de gaz à effet de serre) et un moyen de réduire les obstacles qui existent en matière d’adaptation à des changements climatiques déjà en œuvre.

Les résultats de l’analyse des documents et des entrevues auprès des intervenants fournissent des éléments de preuve selon lesquels le climat au Canada est déjà en train de changer. Il y a donc un besoin pour les programmes offerts par RNCan, tels que les programmes de sensibilisation et de développement des connaissances sur la manière de s’adapter à ces changements, car les mesures d’atténuation prises maintenant ne suffiront pas pour contrer les changements climatiques qui ont déjà eu lieu (et qui se poursuivent). Les exemples des études de cas illustrent davantage ce besoin continu.

Les deux programmes fonctionnent en collaboration. Le Programme de géosciences des changements climatiques fournit des données et des connaissances scientifiques nécessaires pour mieux comprendre les changements climatiques et les impacts connexes. Le Programme sur les impacts et l'adaptation liés aux changements climatiques en est complémentaire : il facilite la prise de décisions en matière d’adaptation à l’échelle du Canada en fournissant de l’information relative aux besoins et aux mesures à prendre en matière d’adaptation, du soutien à la mise au point d’outils pour aider les décideurs à évaluer les risques et les possibilités liés aux changements climatiques et du soutien à la collaboration à l’échelle régionale à cet égard.

Correspondance avec les priorités du gouvernement et les objectifs stratégiques de RNCan

Depuis 2005-2006, les priorités du gouvernement sont surtout axées sur les mesures d’atténuation. Toutefois, le Canada s’est également engagé par le passé à faciliter l’adaptation aux changements climatiques par l’adoption de politiques et de mesures en vertu de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et du Protocole de Kyoto. De récents discours du Trône et budgets fédéraux témoignent du soutien des engagements à cet égard. De plus, les programmes correspondent directement avec l’objectif stratégique de RNCan énoncé dans les Architectures des activités de programme, et avec les rapports sur les plans et les priorités récents.

Correspondance avec les rôles et responsabilités du fédéral

Étant donné la législation habilitante et son mandat, RNCan joue un rôle légitime dans la facilitation de l’adaptation aux changements climatiques. Puisqu’il s’agit d’un enjeu transversal, le leadership et la coordination au niveau fédéral conviennent et s’imposent, vu le peu d’accent mis sur les mesures d’adaptation jusqu’à maintenant.

Grâce à son expertise en géosciences, ses réseaux établis et son approche de collaboration continue à la sensibilisation et au développement de la capacité d’adaptation, RNCan est bien placé pour jouer ce rôle de leadership et de coordination nécessaire, et ce, par la réalisation du Programme de géosciences des changements climatiques et du Programme sur les impacts et l'adaptation liés aux changements climatiques.

Rendement

Efficacité

Les données recueillies indiquent des résultats relativement à l’offre et l’emploi de données et d’outils et au renforcement des liens entre les intervenants du Programme de géosciences des changements climatiques et ceux du Programme sur les impacts et l'adaptation liés aux changements climatiques.

On peut constater cette offre des informations recueillies dans le cadre des programmes et ce renforcement des liens entre les intervenants d’après : la participation directe des intervenants dans les activités; l’engagement des partenaires; la production d’ensembles de données conçus pour certains utilisateurs en particulier; la communication des résultats, au moyen de présentations, publications, conférences, ateliers et sites Web, etc.

Certaines des données recueillies portent à croire que le Programme de géosciences des changements climatiques fait avancer l’application des données scientifiques issues du programme, permettant ainsi l’adoption et la mise en œuvre d’activités d’adaptation aux changements climatiques. Toutefois, il est évident que plus de temps est nécessaire avant de pouvoir saisir la pleine ampleur des activités adoptées et mises en œuvre.

De plus, vu le retard imprévu de la mise en œuvre du Programme au moment de cette évaluation, des indicateurs de progrès existent en ce qui concerne l’emploi des données et outils issus du Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques. Toutefois, il existe peu d’indicateurs quant à l’adoption et la mise en œuvre de mesures et de stratégies pour contrer les changements climatiques.

Le principal facteur de facilitation du rendement des deux programmes que l’on a pu déterminer était le suivant : l’accent sur l’approche de collaboration dans la prestation des programmes, notamment l’importance de l’interaction des intervenants pour la réussite des programmes. Parmi d’autres facteurs de facilitation possibles dans la réussite des programmes, mentionnons de récents phénomènes climatiques (ouragans et autres tempêtes majeures, infestations du dendroctone du pin, feux de friches, sécheresses, etc.) pour avoir relevé le profil des changements climatiques. Parmi les facteurs nuisant au rendement, mentionnons la difficulté de recruter du nouveau personnel (dans le cas du Programme de géosciences) et le manque de collaboration, entre les programmes de RNCan et au sein de ces programmes, ainsi que le fardeau administratif et de lourdes exigences en matière de présentation de rapports (dans le cas du Programme sur les impacts et l’adaptation).

Selon les données que l’évaluation a permis d’obtenir, les deux programmes font des progrès vers la satisfaction des besoins de leurs destinataires cibles respectifs (praticiens, décideurs, responsables de l’élaboration de politiques, etc.), ce qui rend l’atteinte de leurs résultats escomptés plus vraisemblable.

Résultats inattendus

Les intervenants du Programme de géosciences des changements climatiques et du Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques ont signalé des résultats inattendus possibles. Pour la plupart, il s’agissait d’observations positives sur les activités et réalisations des programmes.

Économie et efficience

Malgré que les approches et les activités mises en œuvre dans le cadre des programmes sont, selon les données recueillies, efficaces quant au progrès vers l’atteinte des résultats attendus, il était impossible d’évaluer la mesure dans laquelle ces approches et activités sont les plus économiques et efficientes pour atteindre ces résultats.

Ceci étant dit, il est raisonnable de conclure que les approches de collaboration selon lesquelles les partenaires offrent un soutien financier ou en nature aux programmes s’avèrent un moyen économique et efficient pour renforcer l’efficacité des programmes, étant donné les ressources dont ces programmes disposent actuellement. Toutefois, au moment de cette évaluation, il y avait peu d’information sur les contributions en nature en particulier. Ainsi, il est impossible de déterminer la mesure dans laquelle cette collaboration entre partenaires a permis aux programmes d’être plus efficaces, efficients ou économiques.

Les changements climatiques constituent un enjeu transversal. Ainsi, comme certaines données dans les documents portent à croire, une stratégie d’adaptation intégrée dans l’ensemble des secteurs, portefeuilles et gouvernements (p. ex., une stratégie nationale sur l’adaptation liée aux changements climatiques) et qui est surtout axée sur la détermination des priorités en matière de recherche sur l’adaptation, la planification et l’élaboration de politiques rendrait les programmes d’adaptation plus économiques et efficients. Les données portent également à croire qu’une meilleure communication de l’information et des connaissances sur les possibilités en matière d’adaptation aux changements climatiques pourrait aussi créer des occasions de rendre les programmes plus efficients et économiques.

Amélioration des programmes

Selon les données recueillies, il y aurait des améliorations possibles aux mécanismes et modes de prestation de programme. Ces améliorations rendraient les programmes plus pertinents, efficaces, économiques et efficients et comprennent les suivantes :

  • de meilleurs processus d’établissement des priorités;
  • des modifications apportées aux modalités et aux modes/règles de financement;
  • une collaboration accrue entre les intervenants des deux programmes;
  • une collaboration accrue entre les ICAR et les promoteurs de l’initiative Outils d’adaptation dans le cadre du Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques;
  • une multiplication des liens à d’autres secteurs et programmes de RNCan.

Les données recueillies dans le cadre de cette évaluation ont également permis de déterminer des pratiques exemplaires possibles qui facilitent l’efficacité, l’efficience et l’économie des programmes et de faire état de leçons tirées à cet égard. Surtout, l’intégration de collaborations, de partenariats, de la participation des collectivités et d’une approche régionale à l’adaptation aux changements climatiques était considérée comme une pratique exemplaire adoptée par les programmes.

En ce qui concerne les ressources, il y a eu consensus quant au caractère adéquat des ressources actuelles, mais il est reconnu que les partenariats et la collaboration pourraient constituer un facteur important à cet égard. Dans le cas du Programme de géosciences des changements climatiques, il est reconnu que la difficulté qui se présente actuellement à recruter du nouveau personnel scientifique devient rapidement un problème qui pourrait nuire à l’efficacité du Programme. Pour ce qui est du Programme sur les impacts et l’adaptation, on estimait que les ressources étaient appropriées vu la portée et la conception du Programme en cours.

Conclusions

En conclusion, bien que le Programme de géosciences des changements climatiques et le Programme sur les impacts et l’adaptation aux changements climatiques soient pertinents et que tous deux avancent vers la réalisation de leurs résultats respectifs, l’évaluation a permis de relever des possibilités d’amélioration.

Il est évident que des liens officiels avec le Programme sur les impacts et l’adaptation et avec d’autres secteurs ou programmes au sein de RNCan où les données géoscientifiques pourraient servir permettraient d’accroître la pertinence et l’efficacité du Programme de géosciences des changements climatiques. De plus, le Programme de géosciences serait habilité à contribuer plus directement au mandat du Ministère.

Enfin, le renforcement des liens entre les promoteurs des ICAR et de l’initiative Outils d’adaptation pour sensibiliser davantage et encourager l’interaction et l’échange de connaissances permettrait de rendre le Programme sur les impacts et l’adaptation plus efficace. La multiplication des liens officiels avec le Programme de géosciences pourrait aussi le rendre plus efficace, et ce, par l’apport d’expertise et de données géoscientifiques qui s’ajouteraient aux connaissances propres aux régions que développent les ICAR et qui orienteraient les activités des promoteurs de l’initiative Outils d’adaptation.

Recommandations et réponses de la direction

Recommandation Résponse de la direction Personne/ Secteur responsable (date ciblée)
1. Aux fins de la pertinence et l’efficacité accrues du Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques et du Programme de géosciences des changements climatiques, il est recommandé que RNCan étudie la possibilité de relations ou de liens officiels (et ensuite, qu’il les met en œuvre, s’il y a lieu) entre :
  • a. les Initiatives de collaboration pour l’adaptation régionale et l’initiative Outils d’adaptation dans le cadre du Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques;
  • b. le Programme de géosciences des changements climatiques et d’autres secteurs et programmes au sein de RNCan (y compris le Programme sur les impacts et l’adaptation).
1 a) Acceptée. Au moment de l’évaluation, les promoteurs de l’initiative Outils d’adaptation et ceux des ICAR se concentraient sur la production de résultats. D’ici mars 2012, le programme d’adaptation renouvelé, Amélioration de la compétitivité dans un contexte de changements climatiques, fournira un forum national pour la collaboration en matière d’adaptation entre les gouvernements, les entreprises et les organismes professionnels, régionaux et nationaux, comprenant la création et l’échange d’informations, d’outils et d’expertise. En plus de développer de nouveaux projets et évaluations à réaliser en collaboration, il permettra une diffusion plus répandue des extrants issus des projets des ICAR et de l’initiative Outils d’adaptation, tant aux participants du programme qu’aux parties intéressées autres. SMA, SST (30 juin 2012)
1 b) Des efforts continus d’établissement de nouveaux liens et de maintien de liens établis avec les partenaires du gouvernement fédéral et de l'extérieur qui contribueront à l’atteinte des objectifs du nouveau Programme de géosciences des changements climatiques (lancé le 1er avril 2011) constitueront l’une des priorités de ce Programme, axé sur le développement des ressources dans le Nord. Des discussions avec d’autres secteurs de RNCan (notamment le Secteur de l’énergie) ont été entamées et des relations officielles seront établies, s’il y a lieu. Dans le cadre du nouveau Programme de géosciences des changements climatiques, les activités de collaboration avec les ICAR du Nord se poursuivront. Une liste des partenaires et des contributions fera partie du rapport de fin d’exercice dès 2012.

Les intervenants du Programme de géosciences des changements climatiques travaillent avec ceux d’autres programmes du Secteur des sciences de la Terre sur des questions liées aux changements climatiques et assurent la liaison régulière avec le Bureau géoscientifique Canada-Nunavut.

Le Groupe de travail horizontal sur les impacts et l’adaptation liés au changement climatique a servi de centre de liaison ministériel, facilitant la sensibilisation ainsi que l’intégration des questions liées à l’adaptation aux changements climatiques dans tout le Ministère. Les intervenants du Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques et du Programme de géosciences des changements climatiques continueront de participer activement au Groupe de travail horizontal. Les deux programmes soutiennent les efforts ministériels du Groupe de travail horizontal visant à déterminer et évaluer les risques et les possibilités que présentent les impacts des changements climatiques pour le Ministère et ses programmes.
SMA, SST (30 juin 2012)
2. Il est recommandé que RNCan améliore sa capacité à faire preuve de l’efficience et de l’économie du Programme de géosciences des changements climatiques et du Programme sur les impacts et l’adaptation aux changements climatiques par :
  • a) l’étude et l’adoption de mécanismes de suivi et de compte rendu des ressources financières et en nature;
  • b) l’établissement de liens entre ces ressources et l’atteinte des résultats.
Acceptée. Le Programme de géosciences des changements climatiques est en train d’élaborer des paramètres de rendement qui saisiront les contributions en nature et les ressources financières. Le Programme rendra compte de ces paramètres en fin d’exercice à compter de 2012.

Le Programme de géosciences des changements climatiques fera le suivi et la surveillance des contributions financières et non financières de tous les partenaires et s’assurera que ces contributions soutiennent la réalisation ponctuelle des extrants ainsi que l’atteinte des résultats du Programme. Pour montrer l’efficacité de ces contributions, plusieurs paramètres de rendement (p. ex., le nombre de mesures visant l’adaptation aux changements climatiques, prises dans les collectivités du Nord) ont été élaborés pour lier ces contributions à un résultat. Les paramètres seront présentés dans les rapports de fin d’exercice du Programme à compter de 2012.

Le Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques poursuivra la collecte d’information sur les contributions financières et en nature aux projets, conformément aux exigences des programmes dans les accords de contribution, et en rendra compte dans les rapports de mi-exercice du SST. Ces exigences seront maintenues dans le programme renouvelé. Lorsque le programme actuel prend fin, l’impact des contributions de contrepartie fera l’objet d’un examen par les intervenants du programme et d’un rapport au SMA de la SST en décembre 2012 au plus tard. Les impacts des contributions financières et non financières sur les résultats du Programme seront mesurés et présentés en fonction des extrants concrets, y compris, sans s’y limiter, le nombre d’outils d’adaptation mis au point, le nombre de mécanismes et de rapports créés aux fins de la communication et le nombre de personnes et d’organismes faisant usage des extrants produits.
SMA, SST (30 juin 2012)

1.0 Introduction et contexte

1.1 Introduction

Le présent rapport fait état des constatations de l’évaluation de la sous-activité « Géosciences des changements climatiques et adaptation » de RNCan sur la période de 2005-2006 à 2009-2010, couvrant 49,3 millions de $. L’évaluation a été effectuée entre octobre 2010 et juillet 2011 dans le cadre du cycle d’évaluation continue de RNCan.

Depuis plus de 20 ans, le Secteur des sciences de la Terre (SST) de RNCan participe à des initiatives en matière de changement climatique. Ces dernières années, le gouvernement du Canada souligne de manière explicite la nécessité de mettre davantage l’accent sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques, notamment par la mise en œuvre du Protocole de Kyoto en 2005 et du Programme sur la qualité de l’air en 2008, ainsi qu’en énonçant les priorités à cet égard dans ses discours du Trône et dans les budgets fédéraux au cours des dernières années (c.-à-d. de 2005 à 2009).

Pendant la période sur laquelle porte cette évaluation (2005-2006 à 2009-2010), RNCan a exécuté deux programmes géoscientifiques et deux programmes en matière d’adaptation :

  1. Géosciences des changements climatiques : le programme Réduire la vulnérabilité du Canada au changement climatique (2005-2006) et le Programme de géosciences des changements climatiquesNote de bas de page 9 (2006-2007 à 2009-2010);
  2. Adaptation aux changements climatiques : deux versions du Programme sur les impacts et l'adaptation liés aux changements climatiques se sont succédé (de 2005-2006 à 2006-2007 et de 2007-2008 à 2009-2010). Les initiatives de 2005-2006 à 2006-2007 comprenaient le Réseau canadien de recherche sur les impacts climatiques et l'adaptation (C-CIARN), le programme de recherche approfondie et l’initiative Renforcement des capacités pour la recherche sur les impacts et l’adaptation. Depuis 2007-2008, soulignons l’initiative Outils d’adaptation et les Initiatives de collaboration pour l’adaptation régionale (ICAR).

1.2 Contexte

Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GEIC), des preuves montrent que le climat de la Terre se réchauffe et que les changements climatiques ont des impacts observables sur les systèmes naturels et humains.Note de bas de page 10 Le GEIC précise que la température moyenne de la surface de la Terre a augmenté de 0,74 °C depuis la fin des années 1800 et qu’une augmentation supplémentaire de 1,8 à 4 °C – ce qui représente un changement rapide et profond – est attendue d’ici l’an 2100 si des mesures ne sont pas prises. Si l’augmentation minimum prévue a lieu, déjà elle représentera une tendance plus importante que toute tendance observée depuis un siècle au cours des dernières 10 000 années.Note de bas de page 11

Afin de respecter ses engagements en vertu de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et du Protocole de Kyoto pour lutter contre les changements climatiques, le Canada a commencé à mettre en œuvre des mesures et des politiques. Toutefois, les mesures prises au Canada sont surtout axées sur l’atténuation (p. ex., la réduction des gaz à effet de serre). Tel que le commissaire à l’environnement et au développement durable (CEDD) l’a énoncé : « Certaines répercussions des changements climatiques sont inévitables. Cependant, les efforts consacrés à l'adaptation sont bien minces par rapport aux efforts déployés pour la réduction des émissions, même si le gouvernement s'est engagé à lutter sur ces deux fronts dans la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques de 1992 ».Note de bas de page 12

La mise en œuvre du Programme sur la qualité de l’air par le gouvernement du Canada a eu lieu en 2007. Le thème Adaptation du Programme visait à aider « tous les Canadiens à renforcer leur capacité à s'adapter, en développant les connaissances, l'information, les outils, et/ou des accords de collaborations nécessaires pour prendre des mesures visant à réduire leurs risques avec succès. Ces initiatives diffèrent d'un grand nombre des programmes à l’intérieur du Programme sur la qualité de l'air puisqu'ils ne contribuent pas à des réductions des gaz à effet de serre » (l’atténuation) « mais ils appuient plutôt l'activité complémentaire critique d'adaptation aux répercussions des changements climatiques ».Note de bas de page 13

Ceci correspond aux conclusions du GEIC selon lesquelles des mesures d’adaptation seront nécessaires pour faire face aux impacts du réchauffement déjà inévitables à cause des émissions du passé.Note de bas de page 14 Tel qu’il est présenté à la figure 1, « aussi l’adaptation est-elle un complément indispensable de l’atténuation dans la lutte contre le changement climatique ».Note de bas de page 15

Le gouvernement a affecté 1,9 G$ au Programme sur la qualité de l’air au total, dont 85,9 millions de $ (5,3 %) aux programmes d’adaptation de cinq ministères et les 94,7 % restants aux activités d’atténuation.Note de bas de page 16

Figure 1 : Adaptation et atténuation dans le contexte du changement climatique

Figure 1

Source : Extrait modifié tiré de Smit et coll., 1999 dans : Lemmen, D.S., F.J. Warren, J. Lacroix et E. Bush (éditeurs). Vivre avec les changements climatiques au Canada : édition 2007; gouvernement du Canada, Ottawa (Ontario), 2008, p. 4.

Version textuelle

 

1.3 Aperçu de la sous-activité « Géosciences des changements climatiques et adaptation »

1.3.1 L’Architecture des activités de programme (AAP) de la sous-activité « Géosciences des changements climatiques et adaptation »

Le résultat stratégique « Sécurité, sûreté et intendance » établi par RNCan est énoncé de la manière suivante : « Les connaissances sur les ressources naturelles et sur la masse continentale et les systèmes de gestion renforcent la sûreté et la sécurité des Canadiens et contribuent à l’intendance des ressources naturelles et des terres du Canada ».Note de bas de page 17 Pour soutenir ce résultat stratégique, les initiatives du Secteur des sciences de la Terre du Ministère sont liées aux géosciences des changements climatiques et à l’adaptation à ces derniers (parmi d’autres). Le tableau 1 présente ces initiatives, tel qu’elles s’emboîtent dans l’AAP du Ministère.

Tableau 1 : Géosciences des changements climatiques et adaptation dans
le cadre de l’AAP de RNCan (2010-2011)18
Élément de l’AAP Niveau Nom du programme Résultats attendus
Résultat stratégique 3 Sûreté, sécurité et intendance Les connaissances sur les ressources naturelles et sur la masse continentale et les systèmes de gestion renforcent la sûreté et la sécurité des Canadiens et contribuent à l’intendance des ressources naturelles et des terres du Canada.
Activité de programme 3.1 S’adapter aux changements climatiques et gestion du risque lié aux dangers Le Canada s'adapte au changement climatique et possède les connaissances et les outils afin de gérer le risque associé aux dangers naturels et aux dangers découlant de l'activité humaine.

Sous-activité de programme

3.1.3

Géosciences des changements climatiques et adaptation

Les risques et les possibilités découlant des impacts des changements climatiques sur les terres, les côtes et les secteurs économiques du Canada sont évalués et les adaptations sont intégrées dans les plans, les stratégies ou les lignes directrices.

1.3.2 Objectifs de la sous-activité

Dans l’AAP 2010-2011, le Ministère reconnaît que « L'amélioration de la qualité de vie des Canadiens exige l'adaptation aux effets du changement climatique ».Note de bas de page 19 Ainsi, on a déterminé ce qui suit : « Au moyen d'études qui évaluent la vulnérabilité et la réaction de la masse continentale et des zones côtières du Canada, et au moyen de l'intégration de nouvelles connaissances à la planification et à la gestion des ressources, cette sous-activité aidera les Canadiens à comprendre les effets du changement climatique sur les collectivités, l'infrastructure et le mode de vie, ainsi qu'à s'y préparer et à s'y adapter ». Note de bas de page 20

1.3.3 Ressources au niveau de la sous-activité

Tel qu’il est présenté dans le tableau 2, le Programme de géosciences des changements climatiques était un programme continu, dépendant en partie du soutien d’autres ministères et de fonds ponctuels (budget temporaire). Par contre, les mesures visant les impacts et l’adaptation ont reçu des fonds ponctuels par le biais d’accords de contribution.

Tableau 2 : Dépenses dans le cadre de la sous-activité de 2005-2006 à 2009-2010 (en M$)
Source 2005-2006 2006-2007 2007-2008 2008-2009 2009-2010 Total
Géosciences des changements climatiques
Total 5,4 4,2 1,0 4,4 2,4 17,4
Autres ministères 1,1 0,7 * 0,5 0,9 3,2*
Budget temporaire** 1,1 0,1 * 0,6 0,0 1,8*
Budget** temporaire (%) 20,4 % 2,4 % * 13,6 % 0,0 % 10,3 %
Adaptation aux changements climatiques
Total 8,6 6,8 6,8 2,8 6,9 31,9
Autres ministères
Budget temporaire** 8,6 6,8 6,8 2,8 6,9 31,9
Budget** temporaire (%) 100 % 100 % 100 % 100 % 100 % 100 %
Total pour la sous-activité
Total 14,0 11,0 7,8 7,2 9,3 49,3
Autres ministères 1,1 0,7 * 0,5 0,9 3,2*
Budget temporaire** 9,7 6,9 6,8* 3,4 6,9 33,7
Budget** temporaire (%) 65,0 % 62,7 % 87,2 % 47,2 % 74,2 % 68,4 %

Remarques :
* En 2007-2008, les ressources de l’externe au total pour le volet « Géosciences » étaient d’environ 0,8 millions de $, mais il était impossible de distinguer les ressources d’autres ministères des ressources du budget temporaire.
**Par « budget temporaire », on entend des fonds ponctuels.

1.4 Aperçu du volet « Géosciences des changements climatiques »

De 2005-2006 à 2009-2010, le volet « Géosciences des changements climatiques » de la sous-activité de programme englobait les programmes suivants :

  • Réduire la vulnérabilité du Canada au changement climatique (2005-2006), ayant pour objectif de réduire la « vulnérabilité des Canadiens, de leurs infrastructures et de leurs collectivités au changement climatique » en entreprenant des recherches;Note de bas de page 21
  • Géosciences des changements climatiquesNote de bas de page 22 (2006-2007 à 2009-2010), faisant suite au programme antérieur et ayant pour objectif de mettre en œuvre des « ressources expertes en sciences de la Terre et en géomatique pour aider les Canadiens à comprendre les effets des changements climatiques sur leurs collectivités, leurs infrastructures et leur mode de vie, s’y préparer et à s’y adapter ».Note de bas de page 23

Le tableau 3 présente la progression de ces programmes.

Tableau 3 : Programmes dans le volet « Géosciences des changements climatiques » (2005-2006 à 2009-2010)
  2005-2006 2006-2007 2007-2008 2008-2009 2009-2010
Géosciences des changements
climatiques
Réduire la vulnérabilité du Canada au changement climatique        
  Renforcer la résilience face aux changements climatiques/ Programme de géosciences des changements climatiques *

Remarque :
* Lors de l’exercice 2009-2010, le programme Renforcer la résilience face aux changements climatiques est devenu le Programme de géosciences des changements climatiques. Il s’agit du même programme dont seul le nom a changé.

Les détails sur les programmes du volet « Géosciences des changements climatiques » sont présentés à l’annexe A.

1.5 Aperçu du volet « Adaptation aux changements climatiques »

Le Programme sur les impacts et l'adaptation liés aux changements climatiques de RNCan représentait le volet « Adaptation aux changements climatiques » de la sous-activité de programme pendant la période de 2005-2006 à 2009-2010, au cours de laquelle deux versions du programme se sont succédé – dans le cadre du Plan d’action 2000 (avec prolongation sous la Stratégie intérimaire sur le changement climatique) et plus récemment, sous le Programme sur la qualité de l’air. Aux fins de la présente évaluation, les versions successives sont présentées en fonction de deux phases, en mettant l’accent sur les initiatives entreprises (vu que le nom du programme est resté inchangé) :

  • Phase 1 (2005-2006 à 2007-2008) : Dans le cadre du Plan d’action 2000 (2005-2006), le Programme sur les impacts et l’adaptation comportait le Réseau canadien de recherche sur les impacts climatiques et l'adaptation (C-CIARN), le programme de recherche approfondie et l’initiative Renforcement des capacités pour la recherche sur les impacts et l'adaptation. Ce programme s’est prolongé et a pris sa forme actuelle sous la Stratégie intérimaire sur le changement climatique (2006-2007 à 2007-2008).

    Lors de cette phase, l’objectif du Programme sur les impacts et l’adaptation consistait à fournir des connaissances sur la vulnérabilité du Canada aux changements climatiques, afin d’aider les décideurs à prendre des décisions justes quant à l’adaptation et pour mieux évaluer le risque que présentent les changements climatiquesNote de bas de page 24, quoique la Stratégie intérimaire sur le changement climatique ait mis plus d’accent sur le renforcement de la capacité d’utiliser de l’information scientifique et socioéconomique dans la prise de décisions et contribuer à l’élaboration d’une stratégie d’adaptation nationale et d’un plan de mise en œuvre s’inscrivant dans l’approche du Canada en matière de changements climatiques.Note de bas de page 25
  • Phase 2 (2008-2009 à 2009-2010) : Sous le Programme sur la qualité de l’air (2008-2009 à 2009-2010), l’initiative Outils d’adaptation et les Initiatives de collaboration pour l’adaptation régionale ont été intégrés au Programme. Les objectifs du Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques sous le Programme sur la qualité de l’air étaient les suivants : créer les connaissances et fournir les informations nécessaires pour comprendre les risques et les avantages dans un contexte de changement climatique en faisant preuve d’efficacité; informer les décideurs de divers secteurs sociaux et économiques responsables de l’adaptation et les engager en faisant preuve d’efficacité.Note de bas de page 26

Le tableau 4 présente la progression de ces initiatives dans le cadre du Programme sur les impacts et l'adaptation liés aux changements climatiques.

Tableau 4 : Initiatives du Programme sur les impacts et l'adaptation dans le cadre du volet « Adaptation aux changements climatiques » (2005-2006 à 2009-2010)
  Phase 1 Phase 2
2005-2006 2006-2007 2007-2008 2008-2009 2009-2010
Adaptation aux changements climatiques Plan d’action 2000 Stratégie intérimaire sur le changement climatique Programme sur la qualité de l’air
Le Réseau canadien impacts climatiques et de recherche sur les l’adaptation*    
Le programme de recherche approfondie
Renforcement des capacités pour la recherche sur lesimpacts et l’adaptation
  Outils d’adaptation
  Initiatives de collaboration pour l’adaptation régionale

Remarque :
* Le C-CIARN a pris fin le 30 juin 2007.

Les détails sur les programmes du volet « Adaptation aux changements climatiques » sont présentés à l’annexe B.

2.0 Approche et méthodologie de l’évaluation

2.1 Portée et objectifs de l’évaluation

Cette évaluation portait sur les dépenses de programme directes de RNCan pour les programmes de géosciences des changements climatiques et adaptation sur la période de 2005-2006 à 2009-2010. Elle a permis d’évaluer les éléments suivants :

  • la pertinence : correspondance avec les priorités du gouvernement, les objectifs stratégiques de RNCan, un besoin toujours réel et les rôles et responsabilités du fédéral;
  • le rendement : atteinte des résultats attendus (l’efficacité) et démonstration d’efficience et d’économie.

Dans la mesure du possible, une approche d’évaluation fondée sur les résultats a orienté l’évaluation de ces programmes; c’est-à-dire que la pertinence et le rendement des programmes ont été évalués surtout en fonction des résultats prévus des programmes, et ce, par les moyens mis en œuvre et les activités et les extrants réalisés. Étant donné le caractère à long terme de bon nombre des résultats des deux programmes ainsi que le report du financement du Programme sur les impacts et l’adaptation aux changements climatiques sous le Programme sur la qualité de l’air, une question d’évaluation formative visant l’amélioration du programme a été ajoutée, et ce, parce qu’une évaluation au-delà des résultats intermédiaires n’était pas raisonnable.

2.2 Méthodologie de l’évaluation

De multiples éléments de preuve ont servi à évaluer la pertinence et le rendement de la sous-activité de programme « Géosciences des changements climatiques et adaptation », notamment les suivants :

  • l’examen des documents : les documents de programme, les énoncés de politique et de priorités du gouvernement du Canada et la recherche universitaire et de tierce partie sur les géosciences et les impacts des changements climatiques, et sur l’adaptation à ces changements;
  • les entrevues auprès des intervenants : selon une méthode d’échantillonnage au jugé et de commodité, 51 entrevues ont été menées – 15 auprès du personnel des programmes (Adaptation : 4; Géoscience : 11), 28 auprès de bénéficiaires et partenaires (Adaptation : 17 [ICAR : 11; Outils d’adaptation : 6]; Géosciences : 11) et 8 auprès de représentants d’autres ministères;
  • les études de cas : 11 études de casNote de bas de page 27 (Adaptation : 6; Géosciences : 5) sur des activités et des projets en particulier, réalisés entre 2005-2006 et 2009-2010 dans les divers domaines des programmes.

2.3 Limites et stratégies d’atténuation de l’évaluation

Lors de l’examen des résultats, certaines limites à cette évaluation sont à prendre en compte. Ces limites et les stratégies d’atténuation connexes comprennent les suivantes :

  • Le peu de temps et de ressources dont on disposait pour réaliser l’évaluation :
    • Seuls les bénéficiaires et partenaires des programmes géoscientifiques et en matière d’adaptation courants ont été interrogés. L’information relative aux programmes antérieurs a été recueillie au moyen d’un examen des documents et d’études de cas;
    • Le nombre d’entrevues menées par programme était restreint. On réalise des entrevues afin de comprendre les programmes plus en profondeur plutôt que d’obtenir une perspective représentative, mais il était parfois difficile de faire la synthèse des données issues des entrevues pour en établir des thèmes communs. Pour atténuer cette limite, les données issues des entrevues et d’autres éléments de preuve ont été triangulés afin d’en arriver aux principales constatations/preuves.
  • Les entrevues auprès des intervenants donnent lieu, de par leur nature, à une certaine partialité : chaque personne apporte ses valeurs, croyances et opinions personnelles à l’entrevue. Bien que cela représente aussi ce qui rend les entrevues éclairantes en situation d’évaluation, tous les efforts sont faits pour réduire au minimum la partialité des répondants, et ce, par l’énoncé de questions et de messages incitatifs non suggestifs, la sélection d’échantillons de divers groupes d’intervenants et la triangulation de l’ensemble des sources de données de tous les éléments de preuve lors de l’établissement des constatations.
  • Les données sur la mesure du rendement dans les documents de programme (rapports de mi-exercice et de fin d’exercice, etc.) examinées dans le cadre de cette évaluation étaient restreintes quant à la détermination de la mesure dans laquelle les résultats ont été atteints et au suivi des ressources (en particulier, les ressources en natureNote de bas de page 28) relatives à l’atteinte de ces résultats. Des efforts ont été faits pour obtenir des données sur le rendement à partir de celles obtenues par le biais des entrevues afin de mieux connaître le point auquel les moyens mis en œuvre, les activités et les extrants ont été efficaces et économiques.
  • À l’origine, le Programme sur les impacts et l'adaptation liés aux changements climatiques était prévu pour s’étaler sur trois ans, de 2008-2009 à 2010-2011; cependant, les ministères participant au thème Adaptation du Programme sur la qualité de l’air (PQA) ont reçu l’approbation seulement au cours de la deuxième année du PQA (c.-à-d. 2009-2010), ce qui a eu pour effet de retarder le financement. Ainsi, le ministre des Ressources naturelles a approuvé la modification de la date de fin du programme, de mars 2011 à mars 2013. De plus, les élections fédérales d’octobre 2008 et la prorogation en décembre 2008 ont fait en sorte que les Initiatives de collaboration pour l’adaptation régionale (ICAR) n’ont pas été mises en œuvre avant fin 2009/début 2010 et par conséquent, étaient en activité pendant quatre mois au cours de la période visée par cette évaluation. Les données montrant les progrès vers l’atteinte des résultats escomptés sont présentées dans la mesure du possible, mais en raison du report de cette mise en œuvre, le Programme n’a pas eu l’impact prévu pendant la période de cette évaluation.

3.0 Constatations de l’évaluation

3.1 Pertinence

3.1.1 Besoin continu des programmes

Question d’évaluation Méthodologie Évaluation
1. Les programmes répondent-ils à un besoin continu? Examen de documents; entrevues avec les intervenants; études de cas. Les programmes répondent à un besoin continu.

Résumé :

Les données recueillies dans le cadre de cette évaluation font ressentir le besoin continu du Programme de géosciences des changements climatiques et du Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques, tous deux représentant un complément nécessaire aux initiatives d’atténuation du changement climatique du gouvernement du Canada (p. ex., la réduction des émissions de gaz à effet de serre) et un moyen de réduire les obstacles qui existent en matière d’adaptation à des changements climatiques déjà en œuvre.

Les résultats de l’analyse des documents et des entrevues auprès des intervenants fournissent des éléments de preuve selon lesquels le climat au Canada est déjà en train de changer et le besoin de programmes tels qu’en offre RNCan existe : des programmes de sensibilisation et de développement des connaissances sur la manière de s’adapter à ces changements, car les mesures d’atténuation prises maintenant ne suffiront pas pour contrer les changements climatiques qui ont déjà eu lieu (et qui se poursuivent). Les exemples des études de cas illustrent davantage ce besoin continu.

Les deux programmes fonctionnent en collaboration. Le Programme de géosciences des changements climatiques fournit des données et des connaissances scientifiques nécessaires pour mieux comprendre les changements climatiques et les impacts connexes. Le Programme sur les impacts et l'adaptation liés aux changements climatiques en est complémentaire : il facilite la prise de décisions en matière d’adaptation à l’échelle du Canada en fournissant de l’information relative aux besoins et aux mesures à prendre en matière d’adaptation, du soutien à la mise au point d’outils pour aider les décideurs à évaluer les risques et les possibilités liés aux changements climatiques et du soutien à la collaboration à l’échelle régionale à cet égard.

Analyse :

Selon une fiche de renseignements publiée par la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), les impacts des changements climatiques se font déjà sentir et s’intensifieront au fil du temps si des mesures ne sont pas prises.Note de bas de page 29 Ce qui est peut-être plus important et comme les recherches et documents scientifiques le révèlent, non seulement ressent-on déjà les effets du changement climatique, mais ils « se poursuivront pendant de nombreuses décennies peu importe les résultats des efforts d’atténuation déployés voire même des siècles à l’échelle de la planète pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (atténuation) ».Note de bas de page 30 En outre, le « public et les médias concentrent leur attention sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, de sorte que l’adaptation est reléguée au second plan et n’est pas reconnue à sa juste valeur ».Note de bas de page 31

Étant donné que les effets des changements climatiques se font déjà sentir dans le monde et au Canada en particulier, il est important que des mesures d’atténuation et d’adaptation soient prises à cet égard. Tel que souligne la Réponse du gouvernement au septième rapport du comité permanent de l’environnement et du développement durable, « [b]ien qu'il soit important et nécessaire de tendre vers la stabilisation des concentrations atmosphériques des gaz à effet de serre grâce à la réduction des émissions, on reconnaît aussi que le rythme et l'ampleur des changements climatiques continueront d'exiger des stratégies d'adaptation sociale pour réduire au minimum les risques pour la qualité de vie ».Note de bas de page 32 Les mesures d’adaptation constituent donc un complément nécessaire aux mesures d’atténuation pour lutter contre les changements climatiques.

Vu que les changements climatiques ont des impacts sur bon nombre d’aspects de la société (l’économie, la santé, l’infrastructure, les écosystèmes, etc.), le besoin de s’y adapter est continu.Note de bas de page 33 Au Canada, les impacts des changements climatiques se font sentir dans les systèmes humains et sur le plan environnemental, économique et social, tel qu’en témoignent des phénomènes climatiques, notamment « des vagues de chaleur, des feux de forêt, des crues causées par les ondes de tempête, de l’érosion côtière », par exemple :

  • « la réduction de l’épaisseur et de la durée de la glace de lac et de rivière a un effet important sur la durabilité de nombreux chemins d’hiver qui donnent accès aux collectivités éloignées et aux chantiers miniers dans le nord du Canada »;
  • « l’érosion côtière menace des bâtiments, des infrastructures essentielles et des sites culturels sur toutes les côtes marines du Canada ».Note de bas de page 34

Ainsi, il est probable que l’exposition et la vulnérabilité aux impacts des changements climatiques et des phénomènes connexes se poursuivent. En conséquence, il faut renforcer la résilience à ces impacts. Or, pour renforcer la résilience et formuler des options en matière d’adaptation, il faut une base de connaissances. Quoique les données obtenues des documents permet de déterminer que des connaissances existent en quantité suffisante pour entamer le processus d’adaptation, il reste des lacunes dans les connaissances actuelles sur les changements climatiques (y compris sur la vulnérabilité des systèmes humains, écologiques et physiques aux changements) et un besoin de reconnaître la nécessité de tenir à jour les sources de données pour soutenir les efforts d’adaptation aux changements climatiques de manière efficace.Note de bas de page 35

Même si des mesures d’adaptation sont déjà en cours, souvent elles sont prises en réponse à un phénomène météorologique extrême en particulier. Une approche plus proactive « aiderait à réduire les coûts économiques et sociaux » et « à accroître l’efficacité et à atténuer la vulnérabilité au Canada ».Note de bas de page 36 De plus, vu que la santé des Canadiens et celle des communautés, du milieu naturel et de l’économie sont vulnérables aux impacts des changements climatiques,Note de bas de page 37 le nombre d’initiatives d’adaptation nécessaires dépasse le nombre d’initiatives d’adaptation en cours au Canada.Note de bas de page 38 L’ensemble de RNCan travaille à cet égard par le biais des programmes de géosciences des changements climatiques et adaptation.

Tel que les membres du personnel des programmes interrogés l'ont mentionné, les initiatives du Programme sur les impacts et l'adaptation liées aux changements climatiques, prises dans le cadre du Plan d’action 2000 et de la Stratégie intérimaire sur le changement climatique ont permis de cerner les changements climatiques en tant qu’enjeu au sujet duquel RNCan peut accroître la sensibilisation et les connaissances. Toutefois, ils ont souligné le besoin toujours réel de prendre des mesures afin de s’adapter aux impacts des changements climatiques et plus particulièrement, recadrer les questions de recherche de manière à pouvoir prendre les décisions stratégiques nécessaires pour remédier à la situation.

En particulier, il faut intégrer le changement climatique (et plus précisément la notion d’adaptation aux changements climatiques) dans les processus décisionnels pertinents à tous les niveaux comme « un élément à part entière des analyses et des politiques intégrées » tout comme les nombreux facteurs autres entrant dans la prise de décisions.Note de bas de page 39 Ceci correspond à la conclusion d’une évaluation antérieure du Programme sur les impacts et l’adaptation de RNCan en 2006 : les responsables de l’élaboration des politiques et les décideurs sur le plan local ne se servaient pas des connaissances que le programme a permis d’acquérir, ni de la sensibilisation accrue sur la vulnérabilité du Canada aux changements climatiques et sur le besoin de mesures d’adaptation pour élaborer des politiques et stratégies pertinentes.Note de bas de page 40

Par le biais des ICAR et de l’initiative Outils d’adaptation, le Programme sur les impacts et l’adaptation de RNCan adopte une approche plus proactive pour aider les décideurs à se servir de l’information, soit par le financement d’activités (le développement des connaissances et de l’information, la mise au point d’outils et de projets de collaboration, etc.) qui rendent les décideurs et les praticiens plus aptes à prendre des mesures d’adaptation.Note de bas de page 41

D’autres données obtenues des documents des programmes ont fait ressortir un certain nombre d’obstacles à la prise de mesures d’adaptation. Par exemple, en 2007, une évaluation scientifique nationale de la compréhension des risques et des possibilités que présentaient les changements climatiques pour le Canada a souligné que les connaissances étaient suffisantes pour entamer le processus d’adaptation, mais qu’il existait des obstacles possibles à la prise de mesures à cet égard, notamment :

  • un manque de connaissances et de compréhension parmi les décideurs quant aux risques et aux possibilités que présentent les changements climatiques, et au rôle de l’adaptation dans la lutte aux changements climatiques;
  • un manque d’accès aux connaissances et données scientifiques, et aux outils de soutien à la décision existants;
  • un manque d’information scientifique sur les changements climatiques portant sur une région ou des secteurs en particulier, y compris le moment auquel ces changements surviendraient;
  • des règlements ou des lois qui pourraient réduire les options en matière d’adaptation;
  • les attentes de la société;
  • les coûts perçus de l’innovation, et la position concurrentielle désavantageuse connexe où le secteur privé risque de se retrouver si les consommateurs ne réclament pas un relèvement des normes ou si les gouvernements n’établissent pas des codes et normes plus rigoureux.Note de bas de page 42

Selon la théorie du changement sous-jacente au Programme sur les impacts et l’adaptation en cours de RNCan, l’efficacité des mesures d’adaptation est optimale lorsque ces mesures sont proactives et intégrées à la prise de décisions. Or, puisque les mesures prises à cet égard recoupent les compétences, la collaboration (p. ex., à l’échelle régionale) joue un rôle important dans la facilitation de la prise de mesures d’adaptation par les praticiens (ingénieurs, planificateurs, gestionnaires de ressources, etc.) et par les décideurs au sein du secteur privé, des gouvernements et des organismes communautaires.Note de bas de page 43 Ce programme est donc conçu pour réduire, dans la mesure du possible, les obstacles connus à la facilitation des décisions et mesures prises en matière d’adaptation.

Par exemple, les études de cas sur les ICAR et l’initiative Outils d’adaptation, réalisées dans le cadre de cette évaluation ont révélé que les programmes sur les impacts et l’adaptation en cours se concentrent sur la collaboration et la fourniture de l’information et des outils nécessaires à la prise de décisions et de mesures en matière d’adaptation. Voici quelques exemples :

  • Solutions d’adaptation aux changements climatiques de l’Atlantique (l’ICAR de l’Atlantique) – Ce projet a engagé la participation d’une vaste gamme de partenaires (64 en tout) des gouvernements provinciaux, des administrations municipales, du milieu universitaire et du secteur sans but lucratif.Note de bas de page 44 Parmi les activités de l’ICAR de l’Atlantique, mentionnons les suivantes : une évaluation des risques et vulnérabilités dans certaines collectivités choisies; l’étude de lignes directrices, politiques et règlements pertinents sur le plan de l’adaptation aux changements climatiques; l’évaluation des approches diverses pour relever le défi que posent les risques et les possibilités connus liés aux changements climatiques.Note de bas de page 45 Ces activités visent à faciliter les décisions en matière d’adaptation liées aux vulnérabilités particulières de la région de l’Atlantique, notamment les suivantes : les inondations côtières; l'érosion; la sédimentation et l'invasion d’eau salée; l'inondation des terres intérieures; l'érosion et la sédimentation dues à la sécheresse; les changements à la qualité et la quantité de l’eau.Note de bas de page 46
  • Outils pour engager et habiliter les ingénieurs, du Conseil canadien des ingénieurs (Ingénieurs Canada) – Le projet avait pour objectif de mieux préparer la communauté des ingénieurs au Canada à l’adaptation aux changements climatiques, par la fourniture d’un outil servant à l’analyse de la vulnérabilité des infrastructures, par des efforts pour faire connaître l’outil élaboré et par le développement de l’expertise à s’en servir.Note de bas de page 47 Lors de la phase la plus récente du projet, le Protocole d’évaluation de la vulnérabilité de l’ingénierie pour l’évaluation des infrastructures publiques a été mis à jour. Ce projet visait entre autres les ingénieurs et les propriétaires d’infrastructure : ces derniers développeront leurs connaissances en matière d’adaptation aux changements climatiques ainsi que leurs compétences à utiliser l’outil élaboré pour évaluer la vulnérabilité de l’infrastructure aux changements climatiques.Note de bas de page 48

Dans cet esprit de décloisonnement et de collaboration, on s’intéresse à l’intégration de la politique sur les changements climatiques aux politiques que l’on considère normalement comme au-delà du domaine des changements climatiques, notamment sur l’amélioration des moyens de subsistance, la réduction de la pauvreté, l’éducation, l’amélioration des mécanismes institutionnels et le développement durable.Note de bas de page 49 L’intégration de la gestion des risques liés aux changements climatiques dans les politiques existantes donnera lieu au décloisonnement des stratégies en matière d’adaptation dont découleront des politiques « mutuellement avantageuses » ou « sans regret » visant la réduction de la vulnérabilité aux risques climatiques tout en abordant d’autres questions de politique.Note de bas de page 50

Les intervenants et partenaires des Initiatives de collaboration pour l’adaptation régionale (ICAR) s’entendent généralement pour dire que les changements climatiques constituent un enjeu qui ne disparaîtra pas dans le court terme. Ainsi, il faut poursuivre les efforts pour faire le pont entre les connaissances sur les changements climatiques et les mesures d’adaptation prises à tous les niveaux – c’est-à-dire, traduire la science en actions lors du processus décisionnel. D’une manière semblable, les intervenants et partenaires de l’initiative Outils d’adaptation ont souligné un manque général de sensibilisation quant au besoin de mesures d’adaptation et un manque de connaissances et de compréhension à cet égard.

La majorité des intervenants en matière d’adaptation interrogés ont fait état plus particulièrement du besoin de se pencher davantage sur la prise de mesures pour se préparer aux phénomènes climatiques et intégrer l’adaptation dans les processus existants de planification et de prise de décisions, plutôt que sur la question à savoir s’il y a changement climatique. La majorité de ces intervenants interrogés ont également souligné le besoin de poursuivre les efforts pour accroître la capacité (c.-à-d., les connaissances et la compréhension) de tous les paliers du gouvernement et de leur fournir les outils et l’information nécessaires pour composer avec les changements climatiques. Bien que l’initiative Outils d’adaptation du Programme sur les impacts et l’adaptation en cours soit conçue justement pour mettre au point des outils qui permettront d’accroître la capacité, on souligne que le besoin de décloisonner les initiatives d’adaptation aux impacts des changements climatiques et de rendre les décideurs capables de déterminer, évaluer et coter les risques pour faciliter ces initiatives se fait toujours sentir.

Qui plus est, le Programme de géosciences des changements climatiques de RNCan vise aussi à contribuer à la capacité d’adaptation et à réduire certains des obstacles à cet égard en fournissant de l’information géoscientifique au soutien de l’élaboration de politiques et de règlements. Le renforcement de la résilience aux changements climatiques ainsi que les mesures et décisions prises en matière d’adaptation doivent « reposer sur un certain niveau de compréhension du climat historique et actuel, des projections des changements climatiques et des conséquences actuelles et futures de la vulnérabilité et des impacts ».Note de bas de page 51

Selon les membres du personnel du Programme de géosciences des changements climatiques que l’on a interrogés, il y a un besoin de tenir compte des changements climatiques dans la prise de décisions et l’élaboration de politiques au sein des gouvernements et d’autres organismes. Cela dit, les bénéficiaires et partenaires du Programme ont indiqué en entrevue qu’il leur faut de l’information pour mieux comprendre les implications des changements climatiques et la nature de ces changements à l’avenir, et pour planifier et s’adapter en fonction. Presque toutes les personnes interrogées (de l’interne et de l’externe) dans le cadre du Programme de géosciences ont souligné que les changements climatiques se poursuivront à l’avenir : ainsi, le besoin d’un programme tel que le Programme de géosciences des changements climatiques de RNCan existera toujours.

Tout comme l’approche du Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques, celle du Programme de géosciences des changements climatiques comprend la collaboration des intervenants clés. Dans ce cas-ci, les intervenants sont ceux qui sont responsables du développement des connaissances scientifiques sur la manière dont les changements climatiques toucheront l’environnement au Canada, ainsi que ceux qui sont responsables de l’élaboration de politiques pour s’adapter aux changements environnementaux que les changements climatiques entraîneront.Note de bas de page 52

Les études de cas menées dans le cadre de cette évaluation permettent d’illustrer la manière dont le Programme de géosciences des changements climatiques collabore avec les intervenants et dont les activités sont axées sur les besoins déterminés en particulier, par exemple :

  • Clyde River : Étude de cas sur le renforcement de la résilience face aux changements climatiques dans les collectivités canadiennes – RNCan, en collaboration avec le gouvernement du Nunavut, Affaires autochtones et Développement du Nord Canada, l’Institut canadien des urbanistesNote de bas de page 53 et le Ittaq Heritage and Research Centre (qui a ouvert ses portes à Clyde River fin 2007) soutient l’adaptation aux changements climatiques dans le hameau de Clyde River, au Nunavut des manières suivantes : la compilation de données scientifiques pour aider le hameau à s’adapter aux changements climatiques; le renforcement des capacités en planification de l’adaptation aux changements climatiques; la publication et la communication des connaissances en matière d’adaptation aux changements climatiques, obtenues des efforts entrepris à Clyde River, mais également au Nunavut et ailleurs.Note de bas de page 54
  • Reconstitution par dendroisotopie des conditions hydroclimatiques au cours des derniers siècles dans les régions productrices d’énergie hydroélectrique de la péninsule Québec-Labrador – Cette activité permet au Programme de géosciences des changements climatiques de contribuer à un effort de collaboration important visant à caractériser les risques que posent les changements climatiques aux principales installations de production hydroélectrique, et ce, par la reconstitution des conditions hydroclimatiques au cours des derniers siècles au moyen d’analyses dendroisotopiques. L’extrant principal des analyses dendroisotopiques consistera en des estimations quantitatives de la variabilité naturelle à long terme des régions hydroclimatiques dans les zones subarctiques du Québec et du Labrador, qui serviront aux partenaires à valider leur modèle hydroclimatique fonctionnel pour mieux prévoir la disponibilité de l’eau sous l’effet des changements climatiques.Note de bas de page 55

3.1.2 Correspondance avec les priorités du gouvernement et les objectifs stratégiques de RNCan

Question d’évaluation Méthodologie Évaluation
2. Les programmes correspondent-ils aux priorités du gouvernement et aux objectifs stratégiques de RNCan? Examen de documents. Les programmes correspondent aux priorités et aux objectifs stratégiques.

Résumé :

Depuis 2005-2006, les priorités du gouvernement sont surtout axées sur les mesures d’atténuation. Toutefois, le Canada s’est également engagé par le passé à faciliter l’adaptation aux changements climatiques par l’adoption de politiques et de mesures en vertu de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et du Protocole de Kyoto. De récents discours du Trône et budgets fédéraux témoignent du soutien des engagements à cet égard. De plus, les programmes correspondent directement avec l’objectif stratégique de RNCan énoncé dans les architectures des activités de programme, et avec les rapports sur les plans et les priorités récents.

Analyse :

Correspondance avec les priorités du gouvernement du Canada

En tant que pays signataire de la CCNUCC en 1992 et du Protocole de Kyoto en 2002, le Canada s’est engagé à mettre en œuvre des politiques et des mesures pour atténuer les changements climatiques et à adopter des politiques et mesures pour faciliter l’adaptation aux changements climatiques.Note de bas de page 56

Dans de récents discours du Trône (2007, 2008 et 2010) et budgets fédéraux (2007 et 2011), on a signalé les changements climatiques comme un défi à relever. Toutefois, même si les changements climatiques sont présentés comme un « défi grandissant »Note de bas de page 57 dans ces discours et budgets et qu’ « [u]n engagement à l’égard d’une politique fondée sur les principes, appuyée par la prise de mesures, s’impose plus que jamais pour s’attaquer aux changements climatiques »,Note de bas de page 58 souvent l’accent était mis sur la réduction des gaz à effet de serre (c.-à-d., de l’atténuation) plutôt que sur des mesures pour s’adapter aux changements climatiques. Ceci étant dit, le budget de 2011 a prévu 58,0 millions $ pour soutenir directement « une série de programmes visant à aider les Canadiens à s’adapter aux changements climatiques ».Note de bas de page 59

De manière semblable, les politiques et les plans récents du gouvernement du Canada soulignent les changements climatiques comme une question prioritaire. Par exemple, en 2005 (soit le début de la période visée par cette évaluation), le gouvernement du Canada a publié le document Projet vert – Aller de l’avant pour contrer les changements climatiques : Un Plan pour honorer notre engagement de Kyoto. En plus de présenter divers engagements en matière d’atténuation, ce plan reconnaît aussi l’importance d’investir dans les sciences et l’adaptation et plus précisément, que le gouvernement du Canada « [accroîtra sa] capacité de transformer les connaissances scientifiques en renseignements utiles pour les responsables de l’élaboration de politiques, les gestionnaires du secteur des ressources et le milieu des affaires ».Note de bas de page 60 Selon le plan, l’action du fédéral en matière de science et d’adaptation pourrait se composer des volets suivants :

  • l’approfondissement du savoir et de la compréhension : de solides connaissances de base pour mieux comprendre les tendances actuelles et futures des changements climatiques et leurs impacts sur le Canada;
  • la sensibilisation et la mobilisation accrue : la mobilisation avec les autres ordres de gouvernement, les universités, l’industrie et les collectivités pour comprendre les changements climatiques et riposter collectivement aux menaces que font planer ces changements;
  • la conception des outils d’adaptation appropriés : la réalisation d’évaluations approfondies des risques pourrait être d’un précieux secours aux gouvernements afin d’en arriver à bien comprendre les risques que font peser les changements climatiques sur les opérations et la planification.Note de bas de page 61

En 2007, le gouvernement du Canada a encore une fois engagé des fonds, de l’ordre de 85,9 millions de $,Note de bas de page 62 à cinq ministères dans le cadre du thème Adaptation du Programme sur la qualité de l’air pour des programmes axés sur l’adaptation, dans le but de développer les connaissances, l’information, les outils et les ententes de collaboration dont les Canadiens ont besoin pour prendre des mesures visant à réduire les risques liés aux changements climatiques.Note de bas de page 63 L’objectif consistait à répondre au besoin de développer la capacité à agir face aux risques divers à l’échelle du pays et à tenir compte de l’importance de cibler les trois domaines de préoccupation (le Nord, la santé et l’infrastructure).Note de bas de page 64

Correspondance avec les objectifs stratégiques de RNCan

De 2005-2006 à 2009-2010, l’adaptation aux changements climatiques est présentée comme une priorité du Ministère dans ses énoncés des objectifs stratégiques ou dans l’Architecture des activités de programme. Par exemple, en 2009-2010, le Rapport sur les plans et priorités de RNCan a présenté le résultat stratégique en matière de sûreté, sécurité et intendance suivante : « Les connaissances sur les ressources naturelles et sur la masse continentale et les systèmes de gestion renforcent la sûreté et la sécurité des Canadiens et contribuent à l’intendance des ressources naturelles et des terres du Canada ».Note de bas de page 65 L’une des activités de programme de ce résultat stratégique est axée sur l’adaptation aux changements climatiques, ce qui est toujours le cas dans le Rapport sur les plans et priorités de 2010-2011.

Selon le résultat attendu des programmes sur lesquels porte la présente évaluation en particulier, les risques et les possibilités qu’entraînent les changements climatiques pour les terres, les côtes et les secteurs économiques du Canada sont évalués, et les adaptations nécessaires sont intégrées dans les plans, les stratégies ou les lignes directrices.Note de bas de page 66

3.1.3 Correspondance avec les rôles et responsabilités du fédéral
Question d’évaluation Méthodologie Évaluation
3. Le gouvernement fédéral exerce-t-il un rôle légitime, approprié et nécessaire dans les programmes? Examen de documents; entrevues auprès des intervenants. Correspondance avec les rôles et responsabilités du fédéral.

Résumé :

Étant donné la législation habilitante et son mandat, RNCan joue un rôle légitime dans la facilitation de l’adaptation aux changements climatiques. Puisqu’il s’agit d’un enjeu transversal, le leadership et la coordination au niveau fédéral conviennent et s’imposent, vu le peu d’accent mis sur les mesures d’adaptation jusqu’à maintenant.

Grâce à son expertise en géosciences, ses réseaux établis et son approche de collaboration continue à la sensibilisation et au développement de la capacité d’adaptation, RNCan est bien placé pour jouer ce rôle de leadership et de coordination nécessaire, et ce, par la réalisation du Programme de géosciences des changements climatiques et du Programme sur les impacts et l'adaptation liés aux changements climatiques.

Analyse :

Légitimité

Le Canada est un pays signataire de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et du Protocole de Kyoto. En plus, le gouvernement fédéral est mandaté pour aider les Canadiens à s’adapter aux changements climatiques en vertu de la Loi sur la mise en œuvre du Protocole de Kyoto, aux termes de laquelle le gouvernement fédéral est tenu d’assurer « la prise de mesures efficaces et rapides par le Canada afin qu’il honore ses engagements dans le cadre du Protocole de Kyoto et aide à combattre le problème des changements climatiques mondiaux ».Note de bas de page 67

Vu le mandat de RNCan qui consiste à « améliorer la qualité de vie des Canadiens en créant un avantage durable lié à l’exploitation des ressources », le Ministère « mène des activités qui se concentrent dans les domaines relevant des compétences de base du gouvernement fédéral. Il vise des résultats qui soutiennent la compétitivité économique, la responsabilité environnementale, la sûreté et la sécurité des Canadiens et l’intendance des ressources naturelles ».Note de bas de page 68 En ce qui a trait aux changements climatiques, ces activités sont déterminées en fonction des engagements pris en vertu de la CCNUCC et du Protocole de Kyoto et réalisées dans le cadre du Programme de géosciences des changements climatiques et du Programme sur les impacts et l’adaptation aux changements climatiques.

Pertinence et nécessité

L’adaptation aux changements climatiques nécessite la participation d’une variété d’intervenants, individuellement ou collectivement de tous les paliers du gouvernement, du secteur privé, du milieu universitaire, de l’industrie et du monde des affaires, des organismes sans but lucratif et d’autres ministères. Toutefois, tel que le Conference Board du Canada l’a signalé, le gouvernement a le pouvoir d’établir des lignes directrices, initiatives et objectifs nationaux et il doit l’exercer, mais la mise en œuvre et l’administration doivent être décentralisées.Note de bas de page 69

L’approche adoptée par RNCan dans le Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques, en particulier les Initiatives de collaboration pour l’adaptation régionale (ICAR) et l’initiative Outils d’adaptation correspond au rôle décrit ci-dessus : le Programme a pour but de « mettre en œuvre des mécanismes pour faciliter la coordination et la collaboration entre les secteurs industriels, le milieu universitaire, les gouvernements et les collectivités locales » Note de bas de page 70 afin d’accroître la capacité d’adaptation et de permettre la prise de mesures ou de décisions en matière d’adaptation.

Dans cet ordre d’idées, le Programme de géosciences des changements climatiques fournit des connaissances et de l’expertise en géosciences et en géomatique au gouvernement fédéral, aux gouvernements provinciaux et territoriaux, au secteur privé et aux collectivités pour qu’ils adoptent des mesures d’adaptation aux changements climatiques en vue des impacts sur les collectivités, l’infrastructure, l’économie et le mode de vie.Note de bas de page 71 À cette fin, le Programme de géosciences des changements climatiques a conclu des ententes avec d’autres ministères et organismes fédéraux pour faciliter la contribution de son expertise en géosciences et en géocartographie aux programmes de ces ministères et organismes.Note de bas de page 72

La majorité des personnes interrogées dans le cadre du Programme sur les impacts et l’adaptation (le personnel, ainsi que les bénéficiaires et partenaires) sont de l’avis que les changements climatiques constituent un enjeu transversal et que le fédéral doit assumer la responsabilité de la coordination et du leadership à cet égard. Selon bon nombre des bénéficiaires et partenaires interrogés, tout ministère fédéral dont relèverait la responsabilité de l’adaptation aux changements climatiques pourrait jouer ce rôle de leadership. Pourtant, on a mentionné que le rôle de leadership que RNCan joue au cours des cinq à dix dernières années fait en sorte que le Ministère serait bien placé pour continuer à jouer ce rôle.

En particulier, ces mêmes personnes interrogées ont reconnu les relations de collaboration et les réseaux que RNCan a déjà établis, ainsi que l’expertise en géosciences et en recherche nécessaire pour l’adaptation aux changements climatiques que le Ministère possède, ce qui faciliterait la collaboration et la coopération entre ministères fédéraux et autres paliers du gouvernement nécessaires à la réussite des initiatives en matière d’adaptation. Ils ont également constaté qu’aucune autre entité fédérale ne semble offrir des programmes tels qu’en offre RNCan : ainsi, il faudrait en transférer la responsabilité à une autre pour que ces programmes poursuivent leur élan. Selon eux, il en résulterait des retards inutiles et possiblement, des contraintes en matière de finances et de ressources.

Toujours dans cet ordre d’idées, les personnes interrogées dans le cadre du Programme de géosciences des changements climatiques (le personnel ainsi que les bénéficiaires et partenaires) ont indiqué que RNCan est particulièrement bien placé pour fournir les données géoscientifiques nécessaires à la compréhension des impacts des changements climatiques et pour déterminer les mesures d’adaptation à adopter (notamment pour informer les décisions en matière d’adaptation dont la planification et les politiques). En fait, presque toutes les personnes interrogées ont souligné que RNCan est le seul organisme qui possède la capacité et l’expertise permettant de fournir ces données géoscientifiques et des conseils à cet égard, faute de quoi il existerait, selon eux, un manque de renseignements géoscientifiques. Les intervenants auraient ainsi plus de difficulté à comprendre les impacts des changements climatiques et à entreprendre leurs activités de planification et d’adaptation. Toute décision serait donc prise en fonction de renseignements incomplets, pas crédibles ou tout simplement inexistants.

La majorité des représentants d’autres ministères que l’on a interrogés ont également reconnu l’importance du rôle de RNCan dans les programmes sur les changements climatiques. En ce qui concerne le Programme de géosciences des changements climatiques, on croit en général que les données scientifiques produites sont pertinentes aux mandats d’autres ministères et qu’aucune autre entité fédérale n’est ni mandatée, ni équipée actuellement pour en produire.Note de bas de page 73 En ce qui concerne le Programme sur les impacts et l’adaptation, l’information découlant des principaux extrants du Programme (notamment le rapport : Vivre avec les changements climatiques au Canada) était aussi considérée comme importante pour informer d’autres ministères sur les risques liés aux changements climatiques sous l’angle de leurs mandats respectifs. Les ICAR et l’initiative Outils d’adaptation ont été signalées comme importantes pour le décloisonnement des mesures d’adaptation aux changements climatiques. Selon la plupart des personnes interrogées d’autres ministères, sans le Programme de géosciences et le Programme sur les impacts et l’adaptation, il y aurait une lacune importante en matière de programmes de lutte contre les changements climatiques – une lacune qu’un autre ministère aurait à combler, quoique difficilement.

Un coup d’œil sur les activités dans d’autres pays permet d’illustrer davantage l’importance d’un leadership national quant à l’adaptation. Par exemple, les gouvernements du Royaume-Uni, de la France et de la Finlande ont élaboré des stratégies d’adaptation nationale et offert des exemples instructifs de mécanismes institutionnels pour répondre aux risques liés aux changements climatiques. En conséquence, des initiatives en matière d’adaptation ont été mises en place, témoignant ainsi de l’importance que revêt l’établissement d’institutions, de programmes ou d’organismes de coordination en matière d’adaptation aux fins du renforcement de l’élaboration de politiques et de la capacité de gestion à l’échelle nationale.Note de bas de page 74

Au Canada, il existe plusieurs organismes à orientation régionale qui participent à la diffusion de connaissances sur les impacts des changements climatiques aux fins d’adaptation. Malgré le fait que les activités de ces organismes ne sont pas réalisées à l’échelle nationale, les objectifs ressemblent à ceux du Programme de géosciences des changements climatiques de RNCan. Voici quelques exemples :

  • ArcticNet : un réseau qui vise entre autres à contribuer au développement et à la diffusion des connaissances aux fins de la formulation de stratégies d’adaptation et de politiques nationales pour préparer les Canadiens à faire face aux changements climatiques dans l’Arctique;Note de bas de page 75
  • OuranosNote de bas de page 76 : un consortium qui siège au Québec et dont le mandat consiste à coordonner l’évaluation des impacts et des vulnérabilités au Québec et collaborer à l’élaboration des mesures et stratégies d’adaptation;Note de bas de page 77
  • Pacific Institute for Climate Solutions : un organisme qui siège en Colombie-Britannique dont voici les objectifs : faire des recherches sur les impacts des changements climatiques, les surveiller et les évaluer; étudier, développer et promouvoir les options en matière d’adaptation pour informer l’élaboration de politiques et la prise de mesures pour lutter contre les changements climatiques.Note de bas de page 78

Étant donné que ces organismes ne sont pas nationaux, des programmes sur les géosciences et l’adaptation de portée nationale tels qu’en offre RNCan ont toujours un rôle à jouer dans la fourniture de données géoscientifiques ainsi que dans la promotion et la facilitation de l’adaptation aux changements climatiques à l’échelle du pays.

Les universités et d’autres organismes à vocation scientifique entreprennent aussi des activités de recherche semblables à celles du Programme de géosciences des changements climatiques de RNCan. Par exemple, les universités participent à la réalisation de projets axés sur la croissance de la base de données sur les sciences de la Terre au soutien de l’adaptation aux changements climatiques, notamment l’observation des glaciers et du pergélisol, la recherche paléocéanographique et l’analyse des carottes de glace. Ces projets sont parfois entrepris en collaboration avec le Programme de géosciences de RNCan afin d’optimiser les ressources et éviter le chevauchement des efforts, ce qui est avantageux tant pour RNCan que pour les universités.Note de bas de page 79

Depuis la mise en place du Programme sur la qualité de l’air, le Programme sur les impacts et l’adaptation de RNCan a évolué : d’abord axé sur le développement d’une communauté de recherche spécialisée et d’une base de connaissances au soutien des décisions en matière d’adaptation, il vise dorénavant la promotion plus active de l’intégration des considérations relatives à l’adaptation aux changements climatiques dans la prise de décisions à tous les niveaux. Cela souligne l’importance d’accroître les efforts pour encourager la prise en compte des résultats de la recherche dans les politiques, la planification et les décisions d’ordre opérationnel.Note de bas de page 80

Plusieurs entités dont des ministères fédéraux, organismes provinciaux, municipalités et organisations participent à la détermination, l’élaboration et la mise en œuvre de stratégies d’adaptation. Dans bon nombre des cas, les objectifs de programme de ces entités sont semblables, car la plupart d’entre elles ont pour objectif global la protection des Canadiens contre les effets néfastes des changements climatiques par des mesures et des activités visant l’adaptation. Par exemple, toutes les initiatives sous le thème Adaptation du Programme sur la qualité de l’air ont pour but d’aider « tous les Canadiens à renforcer leur capacité à s’adapter, en développant les connaissances, l’information, les outils, et/ou des accords de collaborations nécessaires pour prendre des mesures visant à réduire leurs risques avec succès ».Note de bas de page 81 Les programmes semblent se chevaucher s’il y a lieu, sans pourtant donner lieu à des redondances ou à des chevauchements inutiles.

D’abord, comme l’ont fait remarquer les personnes interrogées dans le cadre du Programme sur les impacts et l’adaptation, les efforts visant l’adaptation aux changements climatiques en sont à leurs débuts et le chevauchement peut en rehausser le profil davantage. De plus, les résultats obtenus ou les leçons tirées d’activités semblables peuvent différer, selon le lieu ou le secteur de ces activités. Ainsi, ce qui peut être perçu comme un chevauchement s’avère une voie pour la communication de leçons dans l’ensemble des régions ou secteurs. Presque toutes les personnes interrogées (du Programme sur les impacts et l’adaptation et du Programme de géosciences) ont souligné que dans l'ensemble, les programmes en matière d’adaptation ont tendance à se compléter plutôt que de se chevaucher.

Les programmes sous le thème Adaptation du Programme sur la qualité de l’air correspondent avec les mandats des ministères respectifs et se complètent. Par exemple :

  • « Aider les résidants du Nord à évaluer la vulnérabilité de leurs collectivités et les possibilités d’y remédier », programme d’Affaires autochtones et Développement du Nord Canada axé sur des projets qui favorisent « la collaboration avec les organismes, les institutions et les collectivités autochtones et nordiques et les aident à évaluer et à élaborer des stratégies de gestion, à s’adapter aux impacts des changements climatiques et à adopter des plans d’action en vue de l’adaptation future »;Note de bas de page 82
  • « Amélioration des scénarios relatifs aux changements climatiques », programme d’Environnement Canada axé sur « l’amélioration et l’utilisation des modèles climatiques mondiaux et régionaux; l’élaboration de scénarios sur le climat pour diverses situations concernant le climat; les conditions climatiques extrêmes et les dangers ainsi que l’élaboration d’information spécialisée sur les dangers et les conditions climatiques extrêmes pour la conception de l’infrastructure ».Note de bas de page 83

Il est reconnu que les efforts visant les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques se réalisent à l’échelle régionale et locale, mais selon d’autres données obtenues des documents, le gouvernement est bien placé pour diffuser de l’information à ce sujet, surtout en raison du rôle important qu’il joue dans la recherche sur les changements climatiques et les mesures à prendre pour s’y adapter.Note de bas de page 84 Encore une fois, vu la participation de RNCan dans les programmes sur l’adaptation et l’expertise du Ministère en géoscience, il semble bien placé pour poursuivre la réalisation et le leadership de tels programmes – en collaboration et en coopération avec d’autres.

La Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie a défini trois rôles pour le gouvernement fédéral en matière d’adaptation :

  • en tant qu’adaptateur : par la prise de mesures pour minimiser les risques liés aux impacts des changements climatiques sur les programmes et activités de ses ministères;
  • en tant que catalyseur et facilitateur (coordonnateur) : par un soutien à la diffusion des résultats de la recherche et de l’information sur les risques liés aux changements climatiques et les options d’adaptation possibles, y compris le renforcement de la capacité d’adaptation des divers groupes d’intervenants clés; en tant que coordonnateur pour assurer que les mesures d’adaptation forment un tout cohérent, sans aller à l’encontre les unes des autres;
  • en tant qu’intervenant ou responsable de la réglementation : par l’adoption de lois afin de réduire la vulnérabilité de sa population aux changements climatiques.Note de bas de page 85

Le Programme de géosciences des changements climatiques de RNCan soutient le gouvernement fédéral dans son rôle de facilitateur par la réalisation de recherches géoscientifiques et géomatiques et par la diffusion d’information sur les impacts liés aux changements climatiques et les options en matière d’adaptation. Le Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques soutient aussi le fédéral dans son rôle de facilitateur, et ce, par les approches de collaboration que représentent les ICAR et par le soutien de l’élaboration et la mise en œuvre d’outils d’adaptation. Plus précisément, le Programme joue le rôle de facilitateur et complète l’action du fédéral visant l’atténuation. Il est conçu pour :

  • établir et gérer une suite d’ententes de collaboration et faciliter l’adaptation dans les régions;
  • créer une fonction de coordination nationale, conçue pour permettre l’échange d’information, d’outils et d’expériences à l’échelle nationale et pour coordonner les éléments du Programme;
  • surveiller l’élaboration d’outils de soutien à la prise de décisions en matière d’adaptation et des produits d’information connexes en collaboration avec des experts et des praticiens au sein des gouvernements et du secteur privé;
  • créer de nouveaux mécanismes et utiliser les relations et les réseaux existants pour diffuser l’information et les outils issus des initiatives en matière d’adaptation aux changements climatiques de RNCan;
  • renforcer la capacité des praticiens et des décideurs à comprendre les enjeux et évaluer les risques et les possibilités dans un contexte de changement climatique ainsi que les options en matière d’adaptation.Note de bas de page 86

Le Programme de géosciences et le Programme sur les impacts et adaptation jouent également un rôle important sur la scène internationale. La négociation d’obligations internationales en matière de rapports sur les changements climatiques et le respect de ces obligations relèvent uniquement du fédéral. Le Programme de géosciences des changements climatiques de RNCan contribue des données géoscientifiques à des rapports tels que la Synthesis of National Reports on Systematic ObservationsNote de bas de page 87 au nom du gouvernement du Canada. La contribution de RNCan à ce rapport comprend de l’information sur les changements dans le pergélisol, les glaciers et la réflectance de la surface.Note de bas de page 88 De plus, le Programme sur les impacts et l’adaptation aux changements climatiques contribue aux chapitres portant sur les impacts et l’adaptation des communications nationales au CCNUCC du Canada. Les deux programmes contribuent aux rapports (p. ex., les évaluations internationales) du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat.

3.2 Rendement

3.2.1 Atteinte des résultats attendus (l’efficacité)

Question d’évaluation Méthodologie Évaluation
4. Dans quelle mesure les résultats attendus ont-ils été atteints en raison des programmes? Examen de documents; entrevues auprès des intervenants; études de cas. Les deux programmes ont fait des progrès à cet égard.

Résumé :

Les données recueillies indiquent des résultats relativement à la disponibilité et l’utilisation de données et d’outils et au renforcement des liens entre les intervenants du Programme de géosciences des changements climatiques et ceux du Programme sur les impacts et l'adaptation liés aux changements climatiques.

On peut constater cette disponibilité des informations recueillies dans le cadre des programmes et ce renforcement des liens entre les intervenants d’après : la participation directe des intervenants dans les activités; l’engagement des partenaires; la production d’ensembles de données conçus pour certains utilisateurs en particulier; la communication des résultats, au moyen de présentations, publications, conférences, ateliers et sites Web, etc.

Certaines des données recueillies portent à croire que le Programme de géosciences des changements climatiques fait avancer l’application des données scientifiques issues du Programme, permettant ainsi l’adoption et la mise en œuvre d’activités d’adaptation aux changements climatiques. Toutefois, il est évident que plus de temps est nécessaire avant de pouvoir saisir la pleine ampleur des activités adoptées et mises en œuvre.

De plus, vu le retard imprévu de la mise en œuvre du programme au moment de cette évaluation, des indicateurs de progrès existent en ce qui concerne l’utilisation des données et des outils issus du Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques. Toutefois, il existe peu d’indicateurs quant à l’adoption et la mise en œuvre de mesures et de stratégies pour contrer les changements climatiques.

Le principal facteur de facilitation du rendement des deux programmes que l’on a pu déterminer était le suivant : l’accent sur l’approche de collaboration dans la prestation des programmes, notamment l’importance de l’interaction des intervenants pour la réussite des programmes. Parmi d’autres facteurs de facilitation possibles dans la réussite des programmes, mentionnons de récents phénomènes climatiques (ouragans et autres tempêtes majeures, infestations du dendroctone du pin, feux de friches, sécheresses, etc.) pour avoir relevé le profil des changements climatiques. Parmi les facteurs pouvant nuire au rendement, mentionnons la difficulté de recruter du nouveau personnel (dans le cas du Programme de géosciences) et le manque de collaboration entre les programmes de RNCan et au sein de ces programmes, ainsi que le fardeau administratif et de lourdes exigences en matière de présentation de rapports (dans le cas du Programme sur les impacts et l’adaptation).

Selon les données que l’évaluation a permis d’obtenir, les deux programmes font des progrès vers la satisfaction des besoins de leurs destinataires cibles respectifs (praticiens, décideurs, responsables de l’élaboration de politiques, etc.), ce qui rend l’atteinte de leurs résultats escomptés plus vraisemblable.

Analyse :

L’examen des modèles logiques du Programme de géosciences des changements climatiques et du Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques dans le cadre de la présente évaluation a mis en évidence les ressemblances et les liens entre ces programmes et les résultats déterminés pour chacun d’eux. Ainsi, aux fins de cette évaluation, trois résultats clés qui permettront d’illustrer la mesure dans laquelle les programmes atteignent les résultats attendus figurant dans leurs modèles logiques respectifs ont été soulignés.Note de bas de page 89 Ces trois résultatsNote de bas de page 90 sont les suivants :

  • la disponibilité de données et d’outils pour la détermination des vulnérabilités aux changements climatiques et des options d’adaptation connexes (dont la sensibilisation, l’information et la capacité accrues) et l’utilisation de ces données et outils par les praticiens et les décideurs;
  • les liens plus solides entre les intervenants en ce qui concerne la vulnérabilité aux changements climatiques et l’adaptation à ces changements;
  • la mise en œuvre ou l’adoption de mesures et de stratégies d’adaptation (la prise en compte des risques et des possibilités dans les pratiques, les lignes directrices, les codes et normes, les politiques, la planification, les opérations, etc.) par les praticiens et les décideurs dans les secteurs économiques clés et les collectivités vulnérables.

Cette question d’évaluation comprenait aussi la considération de la mesure dans laquelle les programmes répondent aux besoins des destinataires cibles et la détermination des facteurs ayant des effets (positifs ou négatifs) sur le rendement des programmes.

La disponibilité et l’utilisation de données et d’outils par les praticiens et les décideurs et le renforcement des liens entre ces derniers

Les résultats relatifs à la disponibilité et l’utilisation de données et d’outils et au renforcement des liens entre les intervenants sont présentés ensemble en raison de la relation entre ces deux résultats.

La majorité des membres du personnel interrogés du Programme de géosciences des changements climatiques ont donné des exemples de la manière dont les activités du Programme ont contribué à la réalisation de ces résultats. Ces exemples correspondent aux exemples cités dans les documents de programme. De plus, la plupart des bénéficiaires ou partenaires interrogés du Programme de géosciences ont fourni des informations anecdotiques selon lesquelles le programme permet d’atteindre ces résultats – l’information est communiquée et rendue disponible, des efforts de vulgarisation sont en cours et les travaux des scientifiques dans le cadre du Programme alimentent l’élaboration de plans sur l’adaptation, particulièrement dans le Nord. La plupart de ces personnes interrogées ont également signalé le renforcement des relations ou des liens entre les intervenants, grâce à la coopération et la collaboration avec les responsables des activités du Programme de géosciences.

Selon la plupart des personnes interrogées dans le cadre du Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques, soit des membres du personnel ou des bénéficiaires et partenaires des ICAR, l’esprit de collaboration qui caractérise les ICAR fait en sorte que les intervenants ont accès à l’information et aux outils par divers moyens : des réunions, l’Internet, des conférences, des ateliers, des présentations lors d’activités, etc. Toutefois, certains des bénéficiaires et partenaires des ICAR interrogés étaient de l’avis qu’un meilleur échange d’information était possible. La plupart des membres du personnel du Programme et des bénéficiaires et partenaires de l’initiative Outils d’adaptation interrogés croyaient que cette initiative permettait de mieux sensibiliser les intervenants et les groupes ciblés au sujet des vulnérabilités aux changements climatiques et des options en matière d’adaptation par l’offre de données et d’outils à des intervenants très divers par des activités telles que des ateliers de formation et des conférences, etc.

La majorité des bénéficiaires et partenaires interrogés dans le cadre du Programme sur les impacts et l’adaptation (les ICAR et l’initiative Outils d’adaptation) ont signalé que malgré les progrès vers le but qui consiste en la fourniture d’informations pour que les praticiens et les décideurs comprennent mieux les vulnérabilités aux changements climatiques et pour la formulation d’options en matière d’adaptation, le Programme n’a pas encore eu assez de temps pour démontrer l’atteinte de ce but. La majorité des bénéficiaires et partenaires interrogés des ICAR ont signalé que dans la plupart des cas, des informations existent pour mieux comprendre les vulnérabilités aux changements climatiques, mais qu’il est trop tôt pour commenter les outils et les données pour la formulation des options en matière d’adaptation puisque les travaux sont toujours en cours.

Toujours en ce qui concerne l’initiative Outils d’adaptation, de nombreux bénéficiaires et partenaires interrogés ont souligné que les travaux sont en cours quant à la question de la disponibilité d’outils et de l’information pour comprendre les vulnérabilités aux changements climatiques et pour formuler des options en matière d’adaptation. Quelques personnes interrogées ont fourni des exemples à l’appui : des recommandations sur les mesures à prendre, issues des réunions d’échange avec d’autres participants de l’initiative Outils d’adaptation (organisées par la Division des impacts et de l’adaptation liés aux changements climatiques [DIACC]); la préparation par un organisme d’un résumé de deux pages sur le climat prévu au cours des 40 prochaines années en langage simple et la formulation des options en matière d’adaptation; la présentation de symposiums et la réalisation de travaux sur le terrain pour formuler des options en matière d’adaptation pour mieux savoir ce qui est nécessaire et ce qui est possible.

Pour ce qui est du renforcement des liens entre les intervenants, le personnel interrogé du Programme sur les impacts et l’adaptation a expliqué que les mécanismes pour se réunir, échanger et profiter des leçons tirées sont en place, notamment le groupe d’intégration des ICAR, qui rassemble les responsables de toutes les ICAR quelques fois par année pour communiquer des informations et des leçons tirées. Les bénéficiaires et partenaires interrogés des ICAR étaient encore une fois majoritaires à constater que les ICAR, de par leur nature, ont facilité l’identification des divers intervenants entre lesquels la communication et la collaboration étaient à établir et ont donné lieu à l’établissement de relations et de liens, tout en facilitant la collaboration vers des buts communs.

Ces bénéficiaires et partenaires ont mentionné le groupe d’intégration des ICAR en tant que facilitateur clé dans la création et le renforcement des liens entre les intervenants à l’échelle tant nationale que régionale (c.-à-d. des provinces ou des municipalités). Toutefois, selon la majorité des bénéficiaires et partenaires de l’initiative Outils d’adaptation interrogés, même si l’accent est sur le besoin de renforcer les liens entre les intervenants sur la question de la vulnérabilité aux changements climatiques et l’adaptation à ces changements, le programme doit poursuivre ses efforts à cet égard. Ces personnes interrogées sont de l’avis qu’il y a eu renforcement des liens internes (c.-à-d. au sein des organismes promoteurs et du Programme sur les impacts et l’adaptation), mais que c’était moins le cas entre les intervenants externes tels que les décideurs.

Voici des exemples tirés des documents des programmes illustrant des progrès vers l’atteinte des résultats quant à l’offre et l’emploi de données et d’outils et le renforcement des liens entre les intervenants :

Programme de géosciences des changements climatiques
  • L’activité de développement de la capacité d’adaptation aux changements climatiques au sein de la communauté des urbanistes du Canada, une collaboration entre le Programme de géosciences des changements climatiques et l’Institut canadien des urbanistesNote de bas de page 91 avait pour objectif de transformer les résultats des recherches géoscientifiques en actions pour développer la capacité des urbanistes professionnels.Note de bas de page 92
  • L’activité d’évaluation des impacts d’îlots thermiques urbains dans la région de Toronto avait pour but de contribuer aux efforts pour obtenir de l’information géospatiale urbaine afin de prévoir l’emplacement des îlots thermiques urbains au soutien de l’élaboration d’approches d’aménagement urbain, de plans d’intervention en cas de chaleur accablante et de gestion de la consommation énergétique dans un contexte de changement climatique. La collaboration entre les intervenants du Programme de géosciences des changements climatiques et les décideurs (notamment de la ville de Toronto) pour déterminer les objectifs de la recherche et la manière d’en appliquer les résultats était l’une des principales caractéristiques de cette activité.Note de bas de page 93
  • Dans le cadre d’une activité de recherche réalisée conjointement par le Programme de géosciences des changements climatiques et le ministère des Pêches et des Océans, on examinait des relevés de carottes de glace provenant du Canada et du Groenland pour étudier la variabilité du climat et ses impacts sur le nord du Canada atlantique. Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat était l’un des principaux utilisateurs de l’information obtenue.Note de bas de page 94
  • Environnement Canada s’est servi des données sur l’enneigement obtenues par le Programme de géosciences pour détecter les tendances de l’enneigement dans l’Arctique, alors que le consortium Ouranos s’en est servi pour évaluer le Modèle régional canadien du climat d’Environnement Canada. Le Service canadien de la faune et l’Université Laval ont utilisé ces données pour surveiller l’habitat du caribou.Note de bas de page 95
Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques
  • En date du 31 mars 2010, le Programme sur les impacts et l’adaptation des changements climatiques a financé sept projets dans le cadre de l’initiative Outils d’adaptationNote de bas de page 96 par le biais d’accords de contribution. Parmi les activités de ces projets, mentionnons l’élaboration et la mise à essai d’un certain nombre d’outils de soutien à la prise de décisions et la formation connexe, le cas échéant.Note de bas de page 97
  • En date du 31 mars 2010, cinq ICAR ont été établies en vertu d’ententes signées et la conclusion d’une sixièmeNote de bas de page 98 était en cours. Les cinq ICAR en étaient à des étapes diverses de développement – par exemple, l’ICAR au Québec a fait état de sa réalisation la plus importante, soit « la mise sur pied de structures fonctionnelles qui permettraient une meilleure cohésion entre les activités et les principaux partenaires pour faciliter l’adaptation », alors que d’autres ICAR ont signalé le lancement de certains projets. Encore d’autres avaient déjà réalisé des extrants (toutefois, la mesure dans laquelle ces extrants ont été diffusés et mis à la disposition d’utilisateurs était inconnue au moment de la présente évaluation).Note de bas de page 99
  • La formation d’une ICAR peut en soi contribuer à l’engagement des intervenants et au renforcement des liens entre ces derniers, car cela permet de rassembler des décideurs de tous les paliers du gouvernement (du fédéral, des provinces et territoires, des municipalités) ainsi que des collectivités, de l’industrie, du monde des affaires, du milieu universitaire et d’organismes autochtones et non gouvernementaux.Note de bas de page 100 Par exemple, au moment de la présente évaluation, l’ICAR en Colombie-Britannique a conclu 15 ententes auxiliaires et l’ICAR au Québec, 20 ententes auxiliaires, rassemblant ainsi des partenaires sous la bannière d’une collaboration officielle afin d’aborder l’adaptation aux changements climatiques. De plus, tous les ICAR ont offert des ateliers et d’autres activités pour engager des décideurs dans le projet. Note de bas de page 101
  • Les points saillants de la réunion du groupe d’intégration des ICAR en mai 2010 révèlent un renforcement des liens entre les intervenants en raison d’une collaboration accrue, d’un engagement plus ferme et d’un échange plus large de l’information :
    • l’ICAR des Prairies a signalé le rassemblement d’intervenants en Saskatchewan afin d’élaborer un plan d’action provisoire pour le suivi de la sécheresse, la préparation et l’intervention visant à avoir une incidence sur la stratégie provinciale;
    • l’ICAR au Canada atlantique a signalé une collaboration accrue entre les provinces atlantiques et le soutien coordonné des premiers ministres, de sorte que les provinces ont travaillé ensemble à l’élaboration de méthodes communes et au regroupement des ressources de base aux fins des projets.Note de bas de page 102

Qui plus est, des données dans les documents de programme portent à croire que la première phase du Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques faisant l’objet de la présente évaluation a également permis de réaliser des résultats relatifs à l’offre et l’emploi de données, et au renforcement des liens entre les intervenants. Par exemple :

  • La plupart des rapports de recherche sont affichés dans le site Web du Programme et donc se prêtent à la consultation, mais au moment de cette évaluation, il manquait de l’information sur la manière dont ces rapports sont utilisés.
  • Le rapport Vivre avec les changements climatiques au Canada a permis de sensibiliser davantage le milieu universitaire, les praticiens et les décideurs, et ces derniers ont fait un usage accru du rapport, d’après les citations apparues dans des revues évaluées par des pairs et des produits et publications à l’intention des intervenants et à un auditoire non scientifique au sein des gouvernements provinciaux et territoriaux et des administrations municipales.Note de bas de page 103
  • Le Réseau canadien de recherche sur les impacts climatiques et l'adaptation (C-CIARN) a mis des mécanismes en place pour diffuser des résultats de recherche afin de mieux sensibiliser et engager les décideurs. En particulier, les documents de programme font état de dix ateliers sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques organisés par le C-CIARN au cours de 2006-2007.Note de bas de page 104 Le C-CIARN a également produit un certain nombre de Rapports de situation faisant un survol de la question dans chaque région et secteur du C-CIARN et ces rapports sont publiés dans le site Web du Programme sur les impacts et l’adaptation aux changements climatiques.
  • Un certain nombre d’outils pour la planification urbaine et pour aider les praticiens à aborder l’adaptation aux changements climatiques ont été créés par le biais d’accords de contribution entre 2006-2007 et 2007-2008. Par exemple, deux projets destinés à des ingénieurs professionnels visaient à : i) évaluer les besoins des ingénieurs professionnels; ii) mettre au point un outil pour évaluer la vulnérabilité de l’ingénierie des infrastructures pour aider les praticiens en matière d’adaptation aux changements climatiques. L’Institut canadien des urbanistes a également fait des efforts pour développer la capacité des urbanistes à composer avec les changements climatiques avec le soutien de l’initiative Renforcement des capacités pour la recherche sur les impacts et l'adaptation.Note de bas de page 105

Les études de cas menées dans le cadre de la présente évaluation ont également permis de recueillir des données illustrant des progrès vers l’atteinte des résultats attendus. Le projet à Clyde River constitue une réussite importante pour le Programme de géosciences des changements climatiques (étude de cas sur le renforcement de la résilience face aux changements climatiques dans les collectivités canadiennes). Dans le hameau de Clyde River, au Nunavut, les scientifiques du Programme de géosciences des changements climatiques ont collaboré avec le gouvernement du Nunavut, Affaires autochtones et Développement du Nord Canada et l’Institut canadien des urbanistes (avec le soutien du Programme sur les impacts et l’adaptation aux changements climatiques), formant ainsi le Partenariat sur les changements climatiques du Nunavut, une collaboration plus générale, sur un projet appelé « Atuliqtuq » (qui veut dire « entrer en vigueur » en inuktitut). Les objectifs comprennent les suivants : renforcer la capacité par l’élaboration de plans d’action pour l’adaptation dans sept localitésNote de bas de page 106 et se servir des résultats pour mettre au point des outils de planification pour d’autres régions du Nunavut; compiler et rendre disponible des données scientifiques pertinentes sur le plan régional et local pour les travaux de planification et d’adaptation aux changements climatiques dans les collectivités (p. ex., la dégradation du pergélisol, les risques géomorphologiques, les variations du niveau de la mer, l’érosion du littoral et l’approvisionnement en eau douce); mettre au point des outils pour recueillir, publier et communiquer des connaissances sur l’adaptation aux changements climatiques dans les collectivités du Nunavut et ailleurs.Note de bas de page 107

Il a été souligné que « d’un point de vue de recherche et de formation, l’initiative a aidé les membres des collectivités et les stagiaires d’été à devenir non seulement des assistants experts sur le terrain dans les activités concernant le pergélisol, la géophysique, les variations du niveau de la mer, le bassin hydrologique et d’autres travaux de surveillance, mais aussi des participants actifs dans les réunions scientifiques et de planification ».Note de bas de page 108 À Clyde River en particulier, la collaboration entre le Programme de géosciences et l’Institut canadien des urbanistes a donné lieu à la création de l’Ittaq Heritage and Research Centre et, par le biais de ce Centre, à une plus grande capacité d’adaptation aux changements climatiques : un plan d’activités a été élaboré, un service de soutien logistique a été mis sur pied, un plan local d’adaptation aux changements climatiques a été produit et des membres de la communauté ont été engagés.Note de bas de page 109

Les exemples cités ci-dessus mettent en évidence que le Programme de géosciences des changements climatiques permet de recueillir des données géoscientifiques pertinentes à l’évaluation des impacts des changements climatiques qui sont diffusées à d’autres organismes et qui semblent aussi être pratiques à ces organismes dans la réalisation d’activités en matière d’adaptation aux changements climatiques de leur propre initiative. De plus, les exemples cités relativement au Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques portent à croire que le Programme fournit des outils et des données aux praticiens, aux décideurs et aux autres intervenants qui les permettront d’évaluer les risques, de formuler des options en matière d’adaptation et éventuellement, adopter ou mettre en œuvre des mesures et des stratégies d’adaptation. Enfin, ces exemples probants montrent que les intervenants des deux programmes travaillent étroitement avec d’autres organismes sous forme de collaboration et de partenariat pour assurer la pertinence des activités entreprises en réponse aux besoins des groupes cibles.

L’adoption et la mise en œuvre de mesures et de stratégies d’adaptation

Il y a des indications selon lesquelles le Programme de géosciences des changements climatiques encourage l’utilisation des données géoscientifiques par les intervenants pour l’adoption et la mise en œuvre de mesures et de stratégies d’adaptation. La majorité des membres du personnel du Programme que l’on a interrogés ont cité des exemples de la manière dont les activités du Programme ont contribué à l’atteinte des résultats relatifs à l’adoption et la mise en œuvre. Les données et l’information (c.-à-d. la science) découlant du Programme de géosciences des changements climatiques ont été reconnues comme étant utiles aux bénéficiaires et partenaires du Programme; toutefois, les personnes interrogées signalent le besoin de plus de données pour qu’ils avancent à la prochaine étape de mise en œuvre et d’adoption.

Pour ce qui est du Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques, il est pourtant trop tôt pour s’attendre à de forts progrès à cet égard, étant donné les retards dans le lancement des ICAR. Selon la majorité des membres du personnel du Programme et des bénéficiaires et partenaires des ICAR que l’on a interrogés, il était justement trop tôt pour s’attendre à ce que le Programme soit une source de progrès vers l’adoption et la mise en œuvre de mesures et de stratégies d’adaptation, ou pour mesurer les progrès, au moment où l’évaluation a eu cours. Toutefois, les bénéficiaires et partenaires des ICAR interrogés ont signalé quelques exceptions à cet égard, par exemple le début de l’intégration de principes sur les changements climatiques dans des documents de planification et la réalisation d’activités pour évaluer les risques dans les provinces et les ministères provinciaux.

Les bénéficiaires et les partenaires que l’on a interrogés de l’initiative Outils d’adaptation ont présenté des avis mixtes à cet égard. Dans certains cas, les outils ont été utilisés pour évaluer les risques, formuler des options en matière d’adaptation et élaborer des plans d’adaptation, en particulier par les projets et organismes (l’Institut canadien des urbanistes et le Conseil canadien des ingénieurs, entre autres) ayant reçu des fonds lors de la première phase du Programme sur les impacts et l’adaptation (2005-2006 à 2007-2008), période couverte par cette évaluation. Toutefois, selon la plupart de ces personnes interrogées, il était trop tôt pour constater la mise en œuvre et l’adoption par les destinataires cibles (p. ex., les praticiens et les décideurs).

Les résultats des études de cas menées par le Comité sur la vulnérabilité de l’ingénierie des infrastructures publiques (CVIIP) – financées par le Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques – ont eu une incidence sur la prise de décisions à l’échelle régionale ou municipale. Par exemple, dans le cadre des études de cas menées dans la région du Grand Vancouver, des recommandations ont été faites pour renforcer la résilience de l’infrastructure. Les comptes-rendus des réunions du Metro Vancouver Waste Management Committee font état du fait que la version courante du plan de gestion des eaux usées prévoyait déjà bon nombre de mesures à l’appui de ces recommandations. Des mesures supplémentaires en fonction de ces recommandations étaient prévues dans la mise à jour de ce plan. Lors de l’élaboration du budget de 2009, d’autres mesures pour renforcer la résilience de l’infrastructure du Grand Vancouver allaient être prises en compte.Note de bas de page 110

Voici des exemples de documents des programmes illustrant des progrès quant à l’emploi des données et outils issus des programmes de RNCan pour la mise en œuvre et l’adoption de mesures et de stratégies :

Programme de géosciences des changements climatiques
  • L’un des projets de recherche a examiné la dynamique du paysage des Prairies dans le contexte de changement climatique, les incidences des changements climatiques sur les ressources en eau et les options en matière d’adaptation (dont le développement de la bioénergie). Les résultats issus de ces recherches ont servi à Agriculture et Agroalimentaire Canada dans la préparation de réponses aux impacts des changements climatiques dans la politique-cadre nationale sur l’agriculture.Note de bas de page 111
  • De meilleures prévisions de l’élévation du niveau de la mer et de la vulnérabilité du littoral pour le Grand Vancouver que le Programme a permis de formuler ont servi à l’élaboration du plan de gestion des inondations de la communauté de Delta, qui vise la réduction des risques découlant d’inondations causées par les changements climatiques auxquels fait face la communauté.Note de bas de page 112
Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques
  • L’utilité du rapport Vivre avec les changements climatiques au Canada de RNCan pour la prise de décisions et la formation de la prochaine génération, dont témoigne l’extrait suivant : « Les dirigeants d’organismes gouvernementaux et non gouvernementaux apprécient tout particulièrement l’information détaillée sur les régions, étant donné que cette dernière leur permet de mieux cerner et atténuer les risques à l’échelle régionale. Des exemples d’application comprennent : la préparation de recommandations par la Commission de protection de l’environnement du Manitoba en réponse à des projets d’aménagement et à leurs impacts sur l’environnement; l’intégration des considérations relatives aux changements climatiques à l’évaluation des risques liés à la salubrité des aliments, à la santé des animaux et à la protection des végétaux par l’Agence canadienne d’inspection des aliments; et l’élaboration par Ecology North d’outils de soutien à la recherche et à l’éducation permettant l’adaptation à l’évolution des conditions climatiques dans les Territoires du Nord-Ouest ».Note de bas de page 113
  • De plus, une analyse de citations réalisée par le Programme sur les impacts et l’adaptation révèle que le rapport Vivre avec les changements climatiques au Canada a été cité dans un certain nombre de documents de politique provinciaux, territoriaux et municipaux, dont les suivants : Prince Edward Island and Climate Change: A Strategy for Reducing the Impacts of Global Warming; Living Smart – British Columbia’s Water Plan; Vulnérabilité des arbres au Canada aux changements climatiques et propositions de mesures visant leur adaptation : un aperçu destiné aux décideurs et aux intervenants du monde forestier, un rapport intergouvernemental.114

Une étude de cas sur l’amélioration du réseau de surveillance du pergélisol au moyen de la consultation auprès des collectivités et l’établissement de nouveaux sites au Nunavut a été réalisée dans le cadre de cette évaluation. Selon l’étude de cas, les nouveaux postes de surveillance du pergélisol représentaient une évolution importante pour les collectivités où elles ont été établies parce que l’information qu’elles permettent de recueillir peut servir lors de la planification de l’infrastructure municipale (bâtiments, infrastructure hydraulique, aéroports, etc.).

Les études de cas réalisées dans le cadre du Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques permettent aussi de voir les progrès (dont la détermination des défis potentiels) qui commencent à donner des résultats :

  • Le Conseil canadien des ingénieurs – Le projet financé dans le cadre de l’initiative Outils d’adaptation a mis au point un outil qui sert à déterminer et à évaluer les risques pour l’infrastructure d’une perspective technique, et à formuler des options en matière d’adaptation. Souvent, des mesures ont été prises en conséquence, mais la décision d’agir en fonction d’une recommandation ne découle pas toujours de la détermination des risques et la formulation de solutions possibles : les décideurs ont besoin d’information sur les coûts et les avantages (environnementaux, sociaux et économique) des options en matière d’adaptation pour aborder les vulnérabilités des infrastructures pertinentes.
  • L’Institut canadien des urbanistes – Un certain nombre de plans d’adaptation ont été élaborés pour les collectivités du Nunavut, mais il est trop tôt pour savoir la façon dont ces plans seront utilisés ou mis en œuvre.

Ainsi, le Programme de géosciences des changements climatiques semble avancer l’utilisation de la science découlant du Programme et permettre la mise en œuvre et l’adoption de mesures d’adaptation pour faire face aux changements climatiques. Cependant, il est clair que plus de temps est nécessaire pour que la mise en œuvre et l’adoption de mesures se fassent entièrement sentir. Dans cet ordre d’idées, certaines données obtenues au moment de cette évaluation montrent des progrès en ce qui concerne l’emploi des données et des outils issus du Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques, mais il faut plus de temps pour adopter et mettre en œuvre les mesures et les stratégies de lutte contre les changements climatiques.

Facteurs ayant une incidence sur le rendement

La plupart des membres du personnel du Programme de géosciences des changements climatiques et quelques-uns des bénéficiaires et partenaires interrogés ont souligné l’importance de la collaboration avec les partenaires dans le nombre considérable d’activités qu’ils ont pu entreprendre et les progrès qu’ils ont pu réaliser vers l’atteinte des résultats. Les documents de programme ont justement souligné deux éléments habilitants pour le rendement : la maturité des relations entre les membres du Programme de géosciences des changements climatiques et les collaborateurs et intervenants clés, et le sens de l’importance de l’interaction des intervenants pour la réussite générale qui règne au sein du Programme.Note de bas de page 115

Bon nombre des membres du personnel du Programme de géosciences des changements climatiques que l’on a interrogés sont également de l’avis que le dévouement, la motivation personnelle et l’expertise des scientifiques au sein du Programme sont des facteurs facilitant la réussite. Toutefois, la plupart d’entre eux ont mentionné un manque de ressources humaines (y compris les difficultés de recrutement et la question de la relève des scientifiques qui prennent la retraite) ainsi que les contraintes que posent des ressources permanentes limitées à la capacité du Programme de réussir pleinement pour ce qui est de l’atteinte des résultats.

Malgré que tous les bénéficiaires et partenaires du Programme de géosciences interrogés reconnaissent les travaux des scientifiques de RNCan et qu’ils en sont reconnaissants, bon nombre de ces personnes interrogées ont également signalé un manque de ressources (tant au sein de RNCan que dans l’ensemble des groupes d’intervenants) et la mesure dans laquelle on fait appel aux scientifiques. Il en résulte que tout ce qui est à faire ne peut pas se faire. Selon les documents de Programme, le financement (surtout le financement prévu pour les ressources humaines) constitue aussi un obstacle possible à la réussite : le montant du financement reçu était moins que le montant demandé au cours de deux exercices de suite, ce qui a limité la capacité du Programme à produire les résultats attendus et découragé les employés.

De plus, les intervenants et partenaires interrogés dans le cadre du Programme de géosciences ont mentionné certains défis ayant des incidences sur le rendement du Programme, dont un manque de collaboration officielle avec le Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques, un manque de collaboration et de coopération avec les intervenants du même secteur et d’autres secteurs de RNCan, un désintérêt dans le développement de l’expertise et de la spécialisation et une incapacité d’intégrer les considérations en matière des changements climatiques dans d’autres programmes.

En ce qui concerne le Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques, bon nombre des bénéficiaires et partenaires des ICAR interrogés ont signalé des facteurs tant positifs que négatifs ayant des incidences sur le rendement du Programme. Du côté positif, ces personnes interrogées ont également observé l’effet avantageux pour l’efficacité des ICAR de l’accent mis sur les partenariats, la collaboration, les régions et la coopération entre divers paliers du gouvernement. De plus, certaines personnes interrogées ont mentionné des phénomènes climatiques récents dont le Programme aurait profité (ouragans et autres tempêtes majeures, infestations du dendroctone du pin, feux de friches, sécheresses, etc.), car ces phénomènes ont relevé le profil des changements climatiques. Enfin, certaines des personnes interrogées croyaient que la bonne gestion et le soutien du Programme de la part de RNCan facilitaient le rendement des ICAR.

Du côté négatif, ces personnes interrogées ont aussi fait état de certains facteurs qui pourraient nuire au rendement du Programme sur les impacts et l’adaptation aux changements climatiques. Ils ont notamment cité de lourdes exigences en matière de présentation de rapports, le fardeau administratif, ainsi que le long délai pour recevoir des approbations,Note de bas de page 116 ayant pour résultat des retards et ainsi, réduisant l’impact des ICAR à court terme.

La plupart des bénéficiaires et partenaires de l’initiative Outils d’adaptation que l’on a interrogés ont constaté que le soutien reçu de RNCan (financement, conseils, ressources humaines, etc.) a contribué à l’efficacité du Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques.

Réponse aux besoins des destinataires cibles

La majorité des personnes interrogées dans le cadre du Programme de géosciences des changements climatiques croyaient que le Programme répondait aux besoins des destinataires cibles (les collectivités, les décideurs, les responsables de l’élaboration de politiques, les urbanistes, les groupes scientifiques, etc.). Bon nombre des personnes interrogées ont mentionné que les responsables du Programme consultaient les destinataires cibles pour assurer la pertinence des activités du Programme. À quelques exceptions près, les bénéficiaires et partenaires interrogés croyaient aussi que les activités du Programme répondaient aux besoins des groupes de destinataires cibles en général. Plus particulièrement, les personnes interrogées ont cité des problèmes de communication possibles, soit le manque d’une stratégie de communication et le manque de rétroaction donnée aux collectivités, les informant de ce qui a été fait des informations recueillies.

Dans le cas du Programme sur les impacts et l’adaptation, tous les membres du personnel interrogés étaient d'accord sur le fait que les besoins des groupes cibles étaient satisfaits, surtout en ce qui concerne l’initiative Outils d’adaptation. Vu le retard dans le lancement des ICAR, les personnes interrogées croyaient qu’il était trop tôt pour constater des résultats à cet égard, mais que les intervenants étaient engagés et que des progrès ont été réalisés quant à la réponse aux besoins de ces derniers. La plupart des bénéficiaires et partenaires des ICAR interrogés ont répondu que le Programme satisfaisait aux besoins des destinataires cibles, mais ils étaient en général de l’avis qu’il y avait des améliorations à faire à cet égard – malgré le fait que le Programme a tenu des consultations avec les provinces et les organismes connexes lors de la phase de conception du programme courant – notamment par une plus grande inclusion des collectivités dans le processus et une communication accrue avec ces collectivités, et par la recherche de moyens pour mieux comprendre les besoins des groupes cibles.

De nombreuses personnes interrogées parmi les bénéficiaires et partenaires des ICAR estiment que la réponse aux besoins des groupes cibles s’améliorera au fur et à mesure que le travail des ICAR avance. Enfin, les bénéficiaires et partenaires de l’initiative Outils d’adaptation que l’on a interrogés ont donné des réponses mixtes. Certaines personnes interrogées croyaient que le Programme réussissait bien à répondre aux besoins des destinataires cibles qui participaient directement au processus et aux projets, mais moins bien aux besoins des décideurs et des responsables de l’élaboration de politiques. À cet égard, quelques-uns des bénéficiaires et partenaires interrogés dans le cadre de l’initiative Outils d’adaptation ont souligné que la commercialisation des outils auprès des destinataires cibles n’est pas forcément aussi efficace qu’elle pourrait l’être.Note de bas de page 117

3.2.2 Résultats inattendus

Question d’évaluation Méthodologie Évaluation
5. Y a-t-il eu des résultats inattendus (positifs ou négatifs)? Entrevues auprès des intervenants; études de cas. Des résultats inattendus ont été décelés dans chacun des programmes.

Résumé :

Les intervenants du Programme de géosciences des changements climatiques et du Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques ont signalé des résultats inattendus possibles. Pour la plupart, il s’agissait d’observations positives sur les activités et réalisations des programmes.

Les bénéficiaires et partenaires du Programme de géosciences sur les changements climatiques que l’on a interrogés ont observé certains résultats inattendus possibles alors que d’autres ont été décelés lors des études de cas. Les résultats inattendus décelés sont les suivants :

  • les coûts de la mise en œuvre de mesures d’adaptation dorénavant visibles;
  • la formation d’étudiants;
  • l’encouragement du développement du premier centre de recherche communautaire au Nunavut (Ittaq);
  • la facilitation de l’adoption de certaines tâches de surveillance (autre que la surveillance des changements climatiques) par d’autres programmes;
  • l’encouragement de relations de travail plus étroites avec d’autres unités au sein du Secteur des sciences de la Terre de RNCan.

Les membres du personnel et les bénéficiaires et partenaires du Programme sur les impacts et l’adaptation aux changements climatiques que l’on a interrogés ont soulignés les mêmes résultats inattendus possibles décelés lors des études de cas. Les voici :

  • Étude de cas sur l’ICAR en C.-B. – Un sous-comité du Conseil de la fédération a été établi, ayant pour mandat de faciliter l’échange d’information entre les membres du personnel responsables de l’élaboration des politiques sur les réussites et les défis liés au progrès de l’adaptation au sein des gouvernements et de créer des occasions pour une discussion plus approfondie. L’idée d’établir le sous-comité est issue d’une discussion informelle lors d’une réunion nationale du groupe d’intégration des ICAR.
  • Étude de cas sur le Conseil canadien des ingénieurs (CCI) – Par suite du travail réalisé sur son projet dans le cadre de l’initiative Outils d’adaptation, le CCI a fait la promotion de son outil, élaboré au Canada, lors de forums internationaux tels que la Fédération mondiale des organisations d'ingénieurs et dans le rôle de président de son comité sur l’ingénierie et l’environnement (l’adaptation aux changements climatiques constitue l’un des six champs de travail du comité). Le CCI a été invité au Costa Rica afin de réaliser une étude de cas pour évaluer l’infrastructure à l’aide de l’outil mis au point dans le cadre de l’initiative Outils d’adaptation, ce qui pourrait ouvrir la porte à de nouveaux projets de travail internationaux pour les ingénieurs canadiens.
  • Institut canadien des urbanistes (ICU) – Les travaux effectués dans le cadre de l’initiative Outils d’adaptation ont créé des possibilités de travail à l’étranger pour l’ICU. L’ICU exploite son expertise en planification urbaine nouvellement acquise dans certains travaux en Amérique centrale. Ces travaux ont donné lieu à l’élaboration d’un outil de planification urbaine pour le Guyana, et l’ICU envisage maintenant l’élaboration d’un guide international pour les urbanistes.

3.2.3 Économie et efficience

Question d’évaluation Méthodologie Évaluation
6. Les programmes constituent-ils les moyens les plus économiques et efficients pour réaliser des extrants et faire des progrès vers l’atteinte des résultats? Examen de documents; entrevues auprès des intervenants. Les données nécessaires à l’évaluation sont insuffisantes.

Résumé :

Malgré que les approches et les activités mises en œuvre dans le cadre des programmes sont, selon les données recueillies, efficaces quant au progrès vers l’atteinte des résultats attendus, il était impossible d’évaluer la mesure dans laquelle ces approches et activités sont les plus économiques et efficientes pour atteindre ces résultats.

Ceci étant dit, il est raisonnable de conclure que les approches de collaboration selon lesquelles les partenaires offrent un soutien financier ou en nature aux programmes s’avèrent un moyen économique et efficient pour renforcer l’efficacité des programmes, étant donné les ressources dont ces programmes disposent actuellement. Toutefois, au moment de cette évaluation, il y avait peu d’information sur les contributions en nature en particulier. Ainsi, il est impossible de déterminer la mesure dans laquelle cette collaboration entre partenaires a permis aux programmes d’être plus efficaces, efficients ou économiques.

Ceci étant dit, il est raisonnable de conclure que les approches de collaboration selon lesquelles les partenaires offrent un soutien financier ou en nature aux programmes s’avèrent un moyen économique et efficient de renforcer l’efficacité des programmes, étant donné les ressources dont ces programmes disposent actuellement. Toutefois, au moment de cette évaluation, il y avait peu d’information sur les contributions en nature particulièrement. Ainsi, il est impossible de déterminer la mesure dans laquelle cette collaboration entre partenaires a permis aux programmes d’être plus efficaces, efficients ou économiques.

Les changements climatiques constituent un enjeu transversal. Ainsi, comme certaines données dans les documents portent à croire, une stratégie d’adaptation intégrée dans l’ensemble des secteurs, portefeuilles et gouvernements (p. ex., une stratégie nationale sur l’adaptation liée aux changements climatiques) et qui est surtout axée sur la détermination des priorités en matière de recherche sur l’adaptation, la planification et l’élaboration de politiques rendrait les programmes d’adaptation plus économiques et efficients. Les données portent également à croire qu’une meilleure communication de l’information et des connaissances sur les possibilités en matière d’adaptation aux changements climatiques pourrait aussi créer des occasions de rendre les programmes plus efficients et économiques.

Analyse :

Partenariats et collaboration

De par la nature du Programme de géosciences des changements climatiques, on réalise souvent les activités par le biais de partenariats qui reçoivent un soutien financier ou en nature. Au moment de cette évaluation, il était impossible de déterminer le montant global du soutien (financier et en nature) apporté par le Programme, mais d’après les données recueillies, il est clair que les partenariats facilitent la réalisation d’extrants ainsi que les progrès vers l’atteinte des résultats.

Malgré l’efficacité de ces partenariats, bon nombre des membres du personnel interrogés ont reconnu que les domaines de concentration du Programme de géosciences des changements climatiques n’étaient peut-être pas assez précis pour atteindre les résultats attendus de manière économique et efficiente. Le Programme a quand même fait des progrès vers l’atteinte des résultats attendus, mais ces personnes interrogées ont souligné un certain nombre d’activités en cours qui vont au-delà des géosciences. Il a été suggéré que la détermination des domaines dans lesquels le Programme de géosciences de RNCan doit jouer le rôle principal et ceux dans lesquels il doit jouer un rôle de soutien pourrait faire en sorte que les activités correspondent mieux aux ressources.

Une approche de collaboration a aussi été adoptée dans la conception du Programme sur les impacts et l’adaptation aux changements climatiques. Selon cette approche, les promoteurs signataires d’un accord de contribution dans le cadre de l’initiative Outils d’adaptation et des ICAR doivent faire une contribution qui équivaut à 50 % au minimum la contribution du gouvernement fédéral au projet. Dans la phase courante du Programme, le promoteur doit faire une contribution égale au soutien reçu de tout ministère fédéral, y compris RNCan.Note de bas de page 118

Il s’agit d’une différence par rapport aux exigences lors de la phase précédente du Programme – soit le C-CIARN et le projet de recherche approfondie – pendant laquelle un objectif a été établi plutôt qu’une exigence rigoureuse, pour obtenir 50 % des coûts liés aux projets d’autres ministères, d’autres paliers du gouvernement, du secteur privé et d’autres organismes. Lors des deux phases du Programme, le soutien à 50 % pouvait prendre la forme de contributions financières ou en nature.Note de bas de page 119 L’information dans les documents pour évaluer la mesure dans laquelle les contributions en nature obtenues ont facilité l’efficacité, l’efficience ou l’économie du Programme était limitée.Note de bas de page 120

Compte tenu de la collaboration et du partage des coûts par le biais d’accords de collaboration comme éléments clés dans la conception du Programme sur les impacts et l’adaptation, la majorité des membres du personnel du Programme et la plupart des bénéficiaires et partenaires des ICAR interrogés croyaient que la diversité des activités et l’approche adoptée ont contribué à la capacité du Programme à atteindre les résultats attendus de manière efficiente et économique.

Mode de prestation

Les bénéficiaires et partenaires de l’initiative Outils d’adaptation que l’on a interrogés ont indiqué que certaines améliorations étaient à faire au mode de prestation et aux activités clés. La plupart des suggestions formulées avaient trait à une présence en ligne plus soutenue et des possibilités connexes (un site Web convivial et à jour, l’usage des réseaux sociaux, des cours offerts à l’Internet, des webinaires, une bibliothèque virtuelle, etc.), une participation accrue à des conférences offrant des documents, des kiosques, des ateliers, des présentations par des conférenciers et des présentations par affiches, ainsi qu’un plus grand nombre d’occasions de faire partager des expériences pour les participants à l’initiative Outils d’adaptation.

Priorisation des risques et coordination/intégration nationale

D’après les données présentées dans un examen d’un choix d’institutions, d’outils et d’approches réalisé par le Projet de recherche sur les politiques (mars 2009),Note de bas de page 121 ni le Canada ni les pays européens sélectionnés (la France, la Finlande et le Royaume-Uni) pour l’étude du Projet de recherche sur les politiques n’ont mis en place ni un processus rigoureux d’établissement des priorités des risques à l’échelle nationale, ni un plan d’adaptation adéquat à ces risques.Note de bas de page 122 Toutefois, ces pays ont élaboré des stratégies d’adaptation nationales.

De plus, la revue de documents dans le cadre de l’examen du Projet de recherche sur les politiques a aussi permis de tirer la conclusion selon laquelle les gouvernements, aux fins d’une utilisation efficace des outils pour prioriser les risques liés aux changements climatiques doivent « améliorer les moyens institutionnels visant à faciliter la planification de mesures d’adaptation pour l’ensemble de la fonction publique »Note de bas de page 123 et peut-être établir un cadre national tel qu’en existe en France, en Finlande et au Royaume-Uni. Les changements climatiques constituent un enjeu transversal. Ainsi, il faudrait tenir compte de l’adaptation dans l’ensemble des secteurs, portefeuilles et gouvernements. Plus particulièrement, pour que les programmes sur l’adaptation aux changements climatiques soient efficients et économiques, il sera peut-être nécessaire d’établir :

  • des mécanismes financiers et institutionnels adéquats pour la recherche et la planification en matière d’adaptation;
  • une coordination de la gestion des risques climatiques pour intégration dans l’élaboration des politiques et la planification stratégique.Note de bas de page 124

La consultation des partenaires et intervenants est une composante importante du Programme de géosciences des changements climatiques, permettant d’établir les priorités de recherche et d’assurer la pertinence des recherches à ces partenaires et intervenants, mais aucun cadre national n’existe en matière d’adaptation aux changements climatiques en fonction duquel déterminer les priorités. Autrement dit, le Programme de géosciences de RNCan vise à fournir des données de recherche sur les changements climatiques pertinentes qui se prêtent à l’intégration dans la planification et l’élaboration de politiques, en appuyant sur le soutien qu’offrent des partenariats pour compenser les ressources quelque peu limitées.

Un rôle de coordination est au-delà du mandat et des ressources du Programme de géosciences des changements climatiques, mais cela porte à croire qu’il y a peut-être besoin d’établir une stratégie nationale globale en matière d’adaptation aux changements climatiques dans laquelle le Programme jouerait un rôle. Toutefois, étant donné que le Programme sur les impacts et l’adaptation aux changements climatiques constitue le seul programme fédéral sur les changements climatiques qui reçoit des fonds pour aborder les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques, établissant des ententes dans l’ensemble des provinces et territoires et travaillant directement avec eux pour offrir un cadre d’adaptation nationalNote de bas de page 125 (2005), le Programme sur les impacts et l’adaptation de RNCan a souvent joué un rôle de coordination nationale.

Communication

Selon les données obtenues dans le cadre de la présente évaluation, lorsque RNCan a pu mettre au point des produits d’information clé grâce à ses programmes sur l’adaptation aux changements climatiques, ces produits d’information ne sont pas aussi bien communiqués qu’ils pourraient l’être afin d’en assurer l’efficacité. Par conséquent, il se peut que les efforts faits dans le cadre de ces programmes ne soient pas aussi efficaces que possible pour ce qui est de l’utilisation de ces produits d’information dans l’élaboration de politiques et la prise de décisions en matière d’adaptation aux changements climatiques. Par exemple, quelques bénéficiaires et partenaires du Programme de géosciences des changements climatiques que l’on a interrogés,Note de bas de page 126 ont signalé la nécessité d’une meilleure communication des connaissances géoscientifiques et des résultats issus du Programme aux intervenants.

Dans cet ordre d’idées, le commissaire à l’environnement et au développement durable a constaté que l’évaluation nationale en 2008 menée sous la direction de RNCan (Vivre avec les changements climatiques au Canada : édition 2007) a été diffusée sans être annoncée – quoiqu’une stratégie de communication détaillée avait été élaborée et que le rapport avait été publié à l’Internet.Note de bas de page 127 Qui plus est, le commissaire à l’environnement et au développement durable a souligné que malgré la détermination des risques aux Canadiens, aux écosystèmes canadiens et à tous les aspects de la société au Canada dans cette évaluation, « le gouvernement a omis de prendre les mesures simples qui auraient permis de sensibiliser les Canadiens à ces risques »,Note de bas de page 128 soulignant ainsi qu’il faudrait une stratégie nationale sur l’adaptation.

3.2.4 Amélioration des programmes

Question d’évaluation Méthodologie Évaluation
7. Les programmes sont-ils conçus de manière à permettre l’atteinte des résultats? Examen de documents; entrevues auprès des intervenants; études de cas. Il existe des possibilités d’amélioration.

Résumé :

Selon les données recueillies, il y aurait des améliorations possibles aux mécanismes et modes de prestation du programme. Ces améliorations rendraient les programmes plus pertinents, efficaces, économiques et efficients et comprennent les suivantes :

  • de meilleurs processus d’établissement des priorités;
  • des modifications apportées aux modalités et aux modes/règles de financement;
  • une collaboration accrue entre les intervenants des deux programmes;
  • une collaboration accrue entre les ICAR et les promoteurs de l’initiative Outils d’adaptation dans le cadre du Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques;
  • une augmentation des liens à d’autres secteurs et programmes de RNCan.

Les données recueillies dans le cadre de cette évaluation ont également permis de déterminer des pratiques exemplaires possibles qui facilitent l’efficacité, l’efficience et l’économie des programmes et de faire état de leçons tirées à cet égard. Surtout, l’intégration de collaborations, de partenariats, de la participation des collectivités et d’une approche régionale à l’adaptation aux changements climatiques était considérée comme une pratique exemplaire adoptée par les programmes.

En ce qui concerne les ressources, il y a eu consensus quant au caractère adéquat des ressources actuelles, mais il a été reconnu que les partenariats et la collaboration pourraient constituer un facteur important à cet égard. Dans le cas du Programme de géosciences des changements climatiques, il a été reconnu que la difficulté qui se présente actuellement à recruter du nouveau personnel scientifique devient rapidement un problème qui pourrait nuire à l’efficacité du programme. Pour ce qui est du Programme sur les impacts et l’adaptation, on estimait que les ressources étaient appropriées vu la portée et la conception du Programme en cours.

Analyse :

Améliorations possibles

Bien que le Programme de géosciences des changements climatiques et le Programme sur les impacts et l’adaptation aux changements climatiques avancent vers la réalisation de leurs résultats respectifs, il y aurait des améliorations possibles à faire pour en accroître la pertinence, l’efficacité, l’économie et l’efficience. Toutefois, les données portent à croire que certains éléments du Programme fonctionnent très bien et renferment des pratiques exemplaires ou des leçons à tirer lors de la considération des améliorations à faire aux programmes en matière de géosciences et d’adaptation aux changements climatiques de RNCan.

Quelques membres du personnel du Programme de géosciences des changements climatiques ont mentionné en particulier la possibilité de devoir améliorer les communications entre les responsables de l’élaboration de politiques, les analystes de politiques et les scientifiques. D’autres améliorations à faire que bon nombre des membres du personnel du Programme de géosciences des changements climatiques ont mentionnées concernent l’établissement de priorités, notamment : un processus transparent; l’établissement des priorités en fonction de l’expertise dont on dispose; la conclusion d’ententes stratégiques avec les ministères à vocation scientifique pour gérer les enjeux horizontaux; le travail en collaboration avec les organismes capables de promouvoir l’adoption des produits; la détermination des domaines à cibler à long terme par la direction et dans les politiques, servant à orienter l’affectation des ressources; l’accent sur des domaines dont les résultats répondraient aux besoins d’autres secteurs de RNCan.

De plus, selon quelques bénéficiaires et partenaires du Programme de géosciences des changements climatiques que l’on a interrogés, le rehaussement du profil et des priorités du Programme au sein RNCan permettrait de l’améliorer. D’autres bénéficiaires et partenaires interrogés ont mentionné des améliorations possibles en ce qui concerne le soutien, en particulier le soutien continu à long terme des activités de base (p. ex., la surveillance et la recherche).

Pour ce qui est du Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques, les responsables des ICAR ont souligné le besoin de considérer la manière dont d’autres ministères fédéraux participent aux activités des ICAR, puisqu’ils constituent eux aussi des partenaires importants dans l’adaptation aux changements climatiques.Note de bas de page 129 Selon la structure actuelle, le soutien de tout autre programme d’un ministère fédéral (y compris le Programme de géosciences des changements climatiques de RNCan) a fait augmenter le montant de la contribution de contrepartie demandée de la part du promoteur. Lors des entrevues avec les intervenants du Programme sur les impacts et l’adaptation aux changements climatiques, des possibilités liées à l’administration, au financement et à la structure du Programme telles que des règles sur le soutien reçu d’autres ministères fédéraux ont été réitéréesNote de bas de page 130 :

  • Bon nombre des intervenants interrogés (membres du personnel du Programme, bénéficiaires et partenaires des ICAR et de l’initiative Outils d’adaptation) ont mentionné la possibilité d’améliorer le Programme par une plus grande souplesse des exigences en matière de contrepartie à 50 % (surtout dans le Nord et dans le cas des organismes plus petits qui ne sont peut-être pas en mesure de faire une contribution à 50 %), ainsi que l’élimination (ou la réduction) de la retenue de 10 % pour éviter des problèmes de liquidité avec les promoteurs.
  • La majorité des membres du personnel du Programme interrogés ont également souligné la possibilité de revoir les modalités, permettant entre autres une plus grande participation de la part des ministères fédéraux par la modification de l’exigence d’une contribution égale à celle du fédéral.
  • Bon nombre des bénéficiaires et partenaires des ICAR interrogés ont suggéré de permettre le report annuel des fonds pour tenir compte des priorités changeantes, et d’éliminer la retenue. Sur le plan de l’administration, certaines de ces personnes interrogées croyaient aussi qu’il devrait y avoir plus de souplesse et moins de contrôles relativement à ce qui peut être inclus dans les activités des ICAR, moins d’exigences en matière de rapport et plus de temps consacré au processus initial (p. ex., les propositions).
  • Certain des bénéficiaires et partenaires interrogés de l’initiative Outils d’adaptation ont également souligné le besoin de rationaliser et de clarifier les processus.

Qui plus est, un examen des modèles logiques du Programme sur les impacts et l’adaptation et du Programme de géosciences des changements climatiques permet de voir des domaines de collaboration possibles entre les deux programmes, l’adaptation des collectivités et les activités de renforcement de la résilience en particulier. Malgré les différences entre les deux programmes, notamment l’approche adoptée, la portée des activités et les extrants qui en sont issus, les résultats énoncés dans les modèles logiques suggèrent que tous deux produisent des extrants semblables. Selon les rapports produits régulièrement, les responsables des deux programmes font des efforts pour mieux préciser leur relation et en rehausser les synergies.Note de bas de page 131 Au moment de la présente évaluation, la mesure dans laquelle cela s’est produit n’était pas claire.

La plupart des membres du personnel du Programme de géosciences des changements climatiques que l’on a interrogés étaient de l’avis qu’une relation plus officielle devrait exister entre le Programme de géosciences et le Programme sur les impacts et l’adaptation et dont les liens seraient mieux précisés. Selon eux, les données géoscientifiques seraient utiles dans le cadre du Programme sur les impacts et l’adaptation et surtout dans celui des ICAR; à son tour, le Programme sur les impacts et l’adaptation aurait un rôle à jouer dans les aspects non scientifiques du Programme de géosciences des changements climatiques, notamment la sensibilisation et la traduction de la science en politique.

Par contre, la majorité des membres du personnel du Programme sur les impacts et l’adaptation aux changements climatiques que l’on a interrogés ont décrit la relation entre les deux programmes comme une relation stratégique ou informelle, axée sur l’échange d’informations et d’expertise. Par exemple, le Programme de géosciences des changements climatiques a joué un rôle important dans la mise sur pied de l’ICAR du Nord en raison de son expertise. De plus, ses intervenants ont présenté le Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques à l’Institut canadien des urbanistes, qui a ensuite fait une demande de fonds pour son initiative de renforcement des capacités.

En entrevue, seulement quelques-uns des bénéficiaires et partenaires des ICAR interrogés se sont dits conscients du Programme de géosciences des changements climatiques, ou des liens l’unissant au Programme sur les impacts et l’adaptation aux changements climatiques. De ceux qui en étaient conscients, quelques-uns ont mentionné des interactions ayant lieu, dans le cadre de projets ou à caractère consultatif, dans une région en particulier. Certaines de ces personnes interrogées ont souligné que la structure actuelle des ICAR décourage en fait l’établissement de liens avec les scientifiques du gouvernement fédéral, y compris ceux du Programme de géosciences des changements climatiques. Néanmoins, bon nombre des personnes interrogées parmi les bénéficiaires et partenaires des ICAR croyaient que l’étude de liens officiels possibles pourrait créer des avantages (p. ex., là où l’expertise est pertinente ou pratique; dans un rôle consultatif ou comme membre d’un comité directeur) et quelques-uns des bénéficiaires et partenaires de l’initiative Outils d’adaptation que l’on a interrogés ont signalé des occasions de renforcement des liens entre les scientifiques et les non-scientifiques, et de l’échange d’information entre eux.

De plus, même si la majorité des membres du personnel du Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques que l’on a interrogés croyaient que de bons liens existaient entre les ICAR et l’initiative Outils d’adaptation, la plupart des bénéficiaires et partenaires interrogés croyaient que les liens et la collaboration entre les deux initiatives devaient être améliorés. En fait, la majorité des bénéficiaires et partenaires des ICAR interrogés n’étaient pas conscients de liens entre les ICAR et l’initiative Outils d’adaptation ou en connaissaient très peu.Note de bas de page 132 Bon nombre d’entre eux ont suggéré que RNCan fournisse de l’information sur les outils (description brève, état de préparation, date de disponibilité prévue, etc.) aux ICAR et communique avec eux régulièrement (en offrant des présentations et des webinaires et en publiant de l’information sur l’Internet, entre autres) parce que ces outils seraient pratiques dans la réalisation des activités des ICAR. Les bénéficiaires et partenaires de l’initiative Outils d’adaptation que l’on a interrogés étaient également peu nombreux à connaître des liens entre cette initiative et les ICAR. Ils étaient de l’avis toutefois que ce serait avantageux d’accroître les occasions de réseautage afin de renforcer les liens entre ces initiatives et de mieux les faire connaître.

Cette volonté de renforcer les liens entre l’initiative Outils d’adaptation et les ICAR a fait l’objet d’une communication directe au Programme sur les impacts et l’adaptation aux changements climatiques par le biais du groupe d’intégration des ICAR, dans laquelle les responsables des ICAR demandent que les responsables des projets sur les outils rencontrent les intervenants de chacune des ICAR.Note de bas de page 133

Pratiques exemplaires

Seulement quelques-unes des personnes interrogées ont fait état de pratiques exemplaires liées au Programme de géosciences aux changements climatiques ou au Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques. Quelques-uns des membres du personnel interrogés du Programme de géosciences des changements climatiques ont noté une pratique exemplaire relativement à l’engagement que le Programme a permis de développer chez les intervenants et dans les collectivités et à la relation établie avec ces derniers. Les bénéficiaires et partenaires interrogés ont souligné des pratiques exemplaires en matière de coopération et collaboration entre les responsables du Programme et les collectivités et intervenants dans la réalisation des activités géoscientifiques, y compris l’encouragement de partenariats avec d’autres experts ayant des compétences complémentaires d’appui.

En ce qui concerne le Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques, certains des bénéficiaires et partenaires de l’initiative Outils d’adaptation interrogés ont suggéré l’approche de collaboration multidisciplinaire comme pratique exemplaire pour rendre le Programme plus efficace. La plupart des leçons tirées et des pratiques exemplaires soulignées par les bénéficiaires et partenaires des ICAR interrogés étaient axées sur la structure et l’administration des ICAR. Il a été noté en particulier que les concentrations des ICAR étaient transparentes et continues, et que les travaux ont été facilités par la collaboration qui caractérise les ICAR.

Caractère adéquat des ressources

En général, les membres du personnel interrogés du Programme de géosciences des changements climatiques croyaient que les ressources financières étaient adéquates, mais que la portée du Programme tel qu’il est actuellement était peut-être trop vaste. Ainsi, une rationalisation du Programme pour mieux correspondre avec les ressources et mieux cibler les activités serait à envisager. Cependant, ils ont souligné aussi que la capacité du Programme à établir des partenariats avec les intervenants et obtenir du soutien financier et en nature explique en partie le caractère adéquat des ressources financières dont le Programme dispose. Bon nombre des membres du personnel interrogés ont souligné que le Programme compte beaucoup sur le soutien en nature en particulier, mais tous ont convenu qu’il était difficile de mesurer ce soutien et qu’il ne fait pas l’objet d’un suivi actuellement.

D’autre part, certains des membres du personnel du Programme des géosciences des changements climatiques ont fait part de leurs préoccupations quant aux ressources humaines, soulignant la difficulté de recruter de jeunes ou de nouveaux scientifiques et la possibilité de ne pas trouver l’expertise nécessaire. La retraite s’approche pour un certain nombre des scientifiques, donc les ressources humaines pourraient être problématiques pour le Programme de géosciences des changements climatiques à l’avenir.

L’ensemble des membres du personnel du Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques que l’on a interrogés considéraient les ressources actuelles actuellement (p. ex., l’exigence de contrepartie). Toutefois, quelques-unes des personnes interrogées ont noté que les ressources actuelles ne permettent pas de profiter de toutes les occasions et que vu la croissance de la demande prévue, les ressources actuelles ne seront peut-être pas adéquates.

4.0 Conclusions

En conclusion, bien que le Programme de géosciences des changements climatiques et le Programme sur les impacts et l’adaptation aux changements climatiques soient très pertinents et que tous deux avancent vers la réalisation de leurs résultats respectifs, l’évaluation a permis de relever des possibilités d’amélioration.

Il est évident que des liens officiels avec le Programme sur les impacts et l’adaptation et avec d’autres secteurs ou programmes au sein de RNCan où les données géoscientifiques pourraient servir risquent d’accroître la pertinence et l’efficacité du Programme de géosciences. De plus, le Programme de géosciences serait habilité à contribuer plus directement au mandat du Ministère.

Enfin, le renforcement des liens entre les promoteurs des ICAR et de l’initiative Outils d’adaptation pour sensibiliser davantage et encourager l’interaction et l’échange de connaissances permettrait de rendre le Programme sur les impacts et l’adaptation plus efficace. La multiplication des liens officiels avec le Programme de géosciences pourrait aussi le rendre plus efficace, et ce, par l’apport d’expertise et de données géoscientifiques qui s’ajouteraient aux connaissances propres aux régions que développent les ICAR et qui orienteraient les activités des promoteurs de l’initiative Outils d’adaptation.

Annexe A : Description des projets et activités du Programme de géosciences des changements climatiques

Programme de géosciences des changements climatiques : Description et mode de prestation

Le Programme de géosciences des changements climatiques relève de la Commission géologique du Canada (CGC), Direction du Centre et du Nord du Canada, au sein du Secteur des Sciences de la Terre de RNCan (voir l’illustration à la figure 2).

Figure 2 : Le Programme de géosciences des changements climatiques au sein du Secteur des sciences de la Terre

Figure 2

2005-06 : Le programme Réduire la vulnérabilité du Canada au changement climatique

Version textuelle

 

Le programme Réduire la vulnérabilité du Canada au changement climatique a été livré de 2002-2003 à 2005-2006.Note de bas de page 134 L’objectif consistait à réduire « la vulnérabilité des Canadiens, de leurs infrastructures et de leurs collectivités au changement climatique » en entreprenant des recherches,135 et ce, par :

  • la réalisation et la dissémination de recherches visant à mieux comprendre la vulnérabilité de la masse continentale et des côtes du Canada;
  • l’intégration des nouvelles connaissances, de la planification et de la gestion des ressources.

Tel qu’il est décrit dans le tableau 5, le programme a entrepris vingt-sept activitésNote de bas de page 136 dans le cadre de six projets, portant sur :

  • la surveillance du paysage et des zones côtières du Canada par satellite et au moyen de mesures effectuées in situ;
  • des reconstructions paléoclimatiques et paléogéographiques pour comprendre l’évolution du climat et du paysage;
  • la modélisation spatialement explicite fondée sur des processus de la dynamique des paysages;
  • des simulations et évaluations de changements au paysage en fonction de scénarios climatiques, socio-économiques et stratégiques.

Pour déterminer les activités à réaliser, il y a eu d’abord l’établissement des critères essentiels à un projet efficace, puis la sollicitation de propositions de la part de scientifiques au sein du STT pour répondre à ces critères. Après l’évaluation de l’ensemble des activités en fonction des critères, celles qui ont le mieux répondu aux besoins du projet et qui respectaient le budget ont été sélectionnées.

Tableau 5 : Les projets du programme Réduire la vulnérabilité du Canada au changement climatique
Projet (nombre d’activités) Description
Les sciences de la Terre au service d’une action nationale face au changement climatique
(huit activités)
Le projet a généré de nouvelles connaissances dans des domaines clés où des lacunes ont été repérées par le Programme canadien des changements climatiques et le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, ou dans lesquels il était crucial de réduire les incertitudes pour pouvoir prendre des décisions en matière de politiques.
Impacts régionaux du changement climatique : information géoscientifique pour les autres ministères
(quatre activités)
Le projet a mis l’accent sur le développement de relations avec des clients clés (organismes fédéraux, provinciaux et territoriaux responsables des transports, gouvernements provinciaux et territoriaux, organismes responsables de l’environnement et des ressources en eau, etc.) pour répondre aux grands problèmes en matière de changement climatique découlant du réchauffement de l’Arctique, de l’amincissement de la glace de mer, des changements de niveau marin et des côtes et des inquiétudes quant aux ressources en eau au Canada.
Étude de cas de municipalités : le processus de planification et le changement climatique
(cinq activités)
Dans le cadre du projet, des études de cas ont été entreprises pour examiner un échantillonnage représentatif des principaux problèmes découlant du changement climatique que devait affronter le Canada, dont l’appauvrissement des ressources en eau, l’érosion des côtes due à l’élévation du niveau de la mer et la fonte du pergélisol.
Perspectives paléoenvironnementales sur les changements climatiques
(trois activités)
Le projet a livré des paléoscénarios pour évaluer la réaction éventuelle de régions ou d’environnements particuliers aux changements climatiques et aidera à délimiter ou à valider des simulations de l’évolution passée du climat.
Méthodes de surveillance et évaluation de la séquestration du carbone dans la masse continentale du Canada
(quatre activités)
Le projet a permis de mener des recherches permettant de publier des articles de synthèse et d’autres documents importants pour mieux informer le gouvernement du Canada, les décideurs et le public sur les méthodes de surveillance et les possibilités de séquestration du carbone biologique et du carbone géologique dans la masse continentale du Canada.
Impacts économiques et sociaux du changement climatique et de l’adaptation
(trois activités)
Le projet a examiné la question des coûts des impacts et de l’adaptation pour le Canada en liant des évaluations scientifiques de la vulnérabilité au changement climatique à une dynamique socio-économique pour mieux comprendre la vulnérabilité et les coûts socio-économiques.

Source : Site Web archivé de RNCan, Réduire la vulnérabilité du Canada au changement climatique, 2007.

Ces projets et activités avaient pour but de contribuer de manière efficace à réduire la vulnérabilité aux changements climatiques de la population, des communautés et de l’infrastructure au Canada, et ce, des manières suivantes : la fourniture de données, cartes, images, rapports et connaissances géoscientifiques, et de compréhension et d’expertise en la matière aux décideurs; la production de résultats aux fins des équipes de négociation et celles responsables de la surveillance, du compte rendu et de l’évaluation des impacts des changements climatiques; le renforcement de la résilience et la réduction de la vulnérabilité par une capacité adaptative accrue.Note de bas de page 137 L’objectif à long terme du programme était la réduction de la vulnérabilité des Canadiens aux changements climatiques.Note de bas de page 138

2006-2007 à 2009-2010 : Le Programme de géosciences des changements climatiques

En 2006-2007, le programme Réduire la vulnérabilité du Canada au changement climatique est devenu le Programme de géosciences des changements climatiques en cours. Le Programme de géosciences des changements climatiques a pour objectif de « mettre en œuvre des ressources expertes en sciences de la Terre et en géomatique pour aider les Canadiens à comprendre les effets des changements climatiques sur leurs collectivités, leurs infrastructures et leur mode de vie, à s’y préparer et à s’y adapter ».Note de bas de page 139 Au soutien de cet objectif, le Programme produit des informations et des connaissances sur la vulnérabilité des terres du Canada aux effets des changements climatiques.

Le Programme de géosciences des changements climatiques livre des produits à la direction de RNCan au besoin et en temps opportun pour répondre aux engagements nationaux et internationaux en matière de changements climatiques et de l’adaptation à ces derniers. Les activités et projets réalisés dans le cadre du Programme sont axés sur des priorités scientifiques telles qu’elles sont déterminées par le gouvernement fédéral ou par RNCan. Ces activités scientifiques sont réalisées surtout par le biais de recherches, parfois intraministérielles, mais la plupart du temps en partenariat avec d’autres ministères, le milieu universitaire et d’autres organismes connexes. Les partenaires participent à titre de membres de comité, co-bailleurs de fonds et bénéficiaires ayant pour engagement de réaliser le mandat. Des lettres d’entente interministérielles, des protocoles d’entente et d’autres mécanismes servent à officialiser les partenariats.

Tel que le décrit le tableau 6, le Programme a entrepris 31 activités dans le cadre de cinq projets portant sur divers thèmes, dont le Nord et les collectivités nordiques, les côtes et les ressources en eau, les données satellitaires sur le climat et les changements climatiques du passé. L’élaboration d’une proposition de recherche à l’intention du gestionnaire du programme a marqué le lancement des activités. Chacune des activités a fait l’objet d’une évaluation quant à sa capacité de contribuer au modèle logique et de répondre à l’ensemble des éléments qu’il renfermait.

Tableau 6 : Les projets dans le cadre du Programme de géosciences des changements climatiques
Projet (nombre d’activités) Description
Impacts des changements climatiques et adaptation dans le secteur des ressources naturelles et d’autres secteurs clés de l’économie
(neuf activités)
Des études ciblées ont été réalisées afin de mieux comprendre les impacts potentiels des changements climatiques sur l’approvisionnement en énergie, sur l’agriculture et sur le capital naturel du Nord, et d'établir des stratégies d’adaptation en conséquence.
Renforcement de la résilience des établissements humains face aux changements climatiques
(six activités)
Des recherches ont été menées à l’échelle des régions et des collectivités sur les côtes du Pacifique et de l’Atlantique, dans l’Arctique et dans le sud de l’Ontario dans le but de pouvoir servir de l’information du SST pour déterminer et caractériser les vulnérabilités et les options d’adaptation dans les collectivités et les régions.
Les sciences de la Terre à l’appui de la caractérisation, à l’échelle nationale, des impacts des changements climatiques sur la masse continentale canadienne
(six activités)
Le projet a étendu les travaux visant à produire des données et des connaissances à l’échelle nationale au sujet de la variabilité du climat, de la réponse des écosystèmes et des impacts des changements climatiques sur la masse continentale et les ressources naturelles du Canada dans des régions clés, afin de combler les lacunes relevées par les décideurs canadiens et le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat.
Études paléoenvironnementales sur les changements climatiques
(six activités)
Des données indirectes sur les conditions terrestres, océaniques et atmosphériques passées, préservées dans les sédiments terrestres et marins, les carottes glaciaires et d’autres archives naturelles ont servi pour informer les décideurs du secteur public et les aider à élaborer des stratégies d’adaptation aux impacts possibles des changements climatiques au Canada.
Activités internationales
(quatre activités)
Les connaissances issues de ce programme ont alimenté et influencé les évaluations internationales et les réflexions des gouvernements. Par ailleurs, le programme est mis en réseau avec la collectivité scientifique internationale et se nourrit des progrès accomplis à l’extérieur du Canada.

Source : RNCan, Renforcer la résilience face aux changements climatiques : À propos du programme, http://sst.rncan.gc.ca/2002_2006/pri/sdev_f.php, consulté le 5 octobre 2010.

Le Programme de géosciences des changements climatiques s’articule autour de trois axes :

  • résilience économique : activités axées sur l’exploitation des capacités en science de la terre, pour comprendre les risques liés aux changements climatiques ainsi que la résilience des réseaux hydrographiques et les bassins versants connexes, nécessaires aux activités économiques et aux écoservices clés;Note de bas de page 140
  • adaptation des collectivités : activités portant sur l’application des géosciences aux fins de « la détermination et la caractérisation des vulnérabilités, des dangers et des options en matière d’adaptation par les praticiens dans les collectivités, gouvernements et organismes de planification dans l’ensemble du Canada »;Note de bas de page 141
  • informer les décideurs du secteur public : produire des connaissances à l’échelle nationale quant aux impacts des changements climatiques sur la masse continentale du Canada; améliorer la compréhension de la variabilité du climat passé, contextualisant ainsi les stratégies d’adaptation courantes; encourager l’échange de connaissances sur les changements climatiques entre le Canada et la communauté scientifique internationale, entre autres activités.Note de bas de page 142

Le résultat à long terme de ce programme est le suivant : « La vulnérabilité au changement climatique est réduite grâce à des stratégies d’adaptation tirant parti des extrants des géosciences et de la géomatique du SST ».Note de bas de page 143

Intervenants dans le programme de géosciences des changements climatiques : partenaires et bénéficiaires visés

Partenaires

Les partenaires du programme ont été déterminés en fonction de l’expertise et des connaissances qu’ils possédaient en exécution de levés géologiques et géographiques sur place, en télédétection par satellite et en analyse intégrée dans le cadre du Programme de géosciences des changements climatiques pour comprendre les impacts du changement climatique sur les collectivités, l’infrastructure et les secteurs, notamment dans les collectivités nordiques et côtières.

Parmi les partenaires et collaborateurs clés dans la prestation du programme, mentionnons les suivants :

  • les universités, dont l’Université St Francis Xavier, l’University of Arizona, l’Université de Lethbridge, l’Université de Calgary, l’Université Royal Roads, Heidelberg University, l’University of Maryland, etc.;
  • d’autres ministères, dont le ministère de la Défense nationale, Environnement Canada et Pêches et Océans Canada;
  • le secteur privé, dont SoftMirrors Ltd.;
  • les organismes internationaux, en particulier le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat;
  • les clients, dont Hydro-Québec, Manitoba Hydro, la ville d’Halifax, la ville de Delta, les collectivités nordiques (Clyde River, Pangnirtung, Iqaluit, Arviat, Whale Cove, Kugluktuk et Cambridge Bay), le Fraser River Basin Council et l’Institut canadien des urbanistes.

Les bénéficiaires visés

Le Programme de géosciences des changements climatiques est destiné à un très grand nombre d’organismes provinciaux/territoriaux, professionnels et universitaires au Canada et à l’étranger. Souvent, ces organismes travaillaient avec le Programme directement à mener des études, ou étaient les bénéficiaires directes des produits géoscientifiques qui en sont issus.

Les groupes ciblés dans le cadre du Programme comme acteurs clés dans les efforts d’atténuation et d’adaptation comprennent les suivants :

  • les décideurs dans des secteurs clés, notamment de l’environnement urbain, de l’eau, de l’agriculture, l’énergie, des transports et des écosystèmes;
  • les leaders et les planificateurs de collectivités vulnérables dans des zones côtières, exposées à la sécheresse et pergélisolées;
  • les scientifiques qui conseillent les décideurs en matière de politiques et d’adaptation en ce qui concerne la détection des changements, les tendances, le potentiel de changement rapide, les changements extrêmes et les impacts;
  • les décideurs en matière de politiques ayant un rôle dans l’établissement de rapports et les négociations de la part du gouvernement du Canada sur les bilans de carbone et des gaz à effet de serre, la séquestration de carbone, les mesures d’atténuation et d’adaptation et d’autres questions connexes.

Modèle logique

 

Annexe B : Description des initiatives du Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques

Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques : Description et mode de prestation

Le Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques relève de la Direction de la coordination et des enjeux stratégiques, au sein du Secteur des sciences de la Terre de RNCan (voir l’illustration à la figure 3).

Figure 3 : Le Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques au sein du Secteur des sciences de la Terre

Figure 3

Phase 1 : Le Plan d’action 2000 et la Stratégie intérimaire sur le changement climatique

Version textuelle

 

L’objectif du Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques pour 2005-2006 dans le cadre du Plan d’action 2000 consistait à fournir des connaissances sur la vulnérabilité du Canada aux changements climatiques, afin d’aider les décideurs à prendre des décisions justes quant à l’adaptation et pour mieux évaluer le risque que présentent les changements climatiques.Note de bas de page 144 L’objectif est resté inchangé de 2006-2007 à 2007-2008 dans le cadre de la Stratégie intérimaire sur le changement climatique, quoique cette stratégie intérimaire ait mis plus d’accent sur le renforcement de la capacité d’utiliser de l’information scientifique et socioéconomique dans la prise de décisions et contribuer à l’élaboration d’une stratégie d’adaptation nationale et d’un plan de mise en œuvre s’inscrivant dans l’approche du Canada en matière de changements climatiques.Note de bas de page 145

Parmi les initiatives faisant partie de cette phase du Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques, mentionnons les suivantes :Note de bas de page 146

  • Le Réseau canadien de recherche sur les impacts climatiques et l'adaptation (C-CIARN) est composé de six nœuds régionaux et de sept nœuds sectoriels. Le C-CIARN est doté d’un coordonnateur national du réseau et a été financé par le biais d’accords de contribution. Ce réseau avait pour but de soutenir la coordination entre les chercheurs sur l’impact et l’adaptation et les intervenants en servant de point de contact central pour la prise de contact et pour obtenir des données et de l’information concernant la recherche sur l’impact et l’adaptation à l’échelle du Canada.
  • Le programme de recherche approfondie visait à accroître les connaissances sur la vulnérabilité du Canada aux changements climatiques et sur la capacité d’adaptation dans des secteurs clés, afin de déterminer ces vulnérabilités et de permettre aux décideurs de répondre aux besoins immédiats et à long terme. Cette initiative a été financée par le biais de lettres d’accord avec des chefs de projet fédéraux et d’accords de contribution avec des chefs de projet non fédéraux.
  • L’initiative Renforcement des capacités pour la recherche sur les impacts et l'adaptation était axée sur le besoin d’accroître la capacité de recherche sur les impacts et l’adaptation au Canada pour répondre aux demandes d’information croissantes, et ce, afin d’alimenter l’élaboration de stratégies et de politiques sur l’adaptation. L’initiative visait à combler les lacunes reconnues dans la capacité tout en examinant les progrès réalisés quant à ces lacunes dans les domaines non critiques. Cette initiative, financée par des accords de contribution, permettait de développer la capacité de recherche sur les impacts et l’adaptation aux installations du Collectif des Prairies pour la recherche en adaptation à Régina et dans d’autres secteurs et régions clés (notamment dans le Nord).

Dans le cadre de la Stratégie intérimaire sur le changement climatique (2006-2007 à 2007-2008), le Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques a continué à viser des initiatives semblables, dont les trois activités suivantes en particulier :Note de bas de page 147

  • le financement des recherches et activités qui font avancer nos connaissances sur les risques et les possibilités que présentent les changements climatiques, établissant ainsi une base sur laquelle prendre des décisions appropriées relativement à l’adaptation;
  • la mesure des connaissances sur la vulnérabilité du Canada aux changements climatiques par la coordination et la publication d’évaluations scientifiques;
  • la facilitation de la communication et de la diffusion de connaissances entre intervenants et chercheurs.

Le résultat à long terme pour la phase 1 du Programme était le suivant : à mesure que le Programme permet de combler les lacunes dans la connaissance des risques des changements climatiques et des avantages de l’adaptation, plus de stratégies d’adaptation seront élaborées et mises en œuvre, réduisant ainsi les effets néfastes des changements climatiques et optimisant les avantages qui se présentent.Note de bas de page 148

Phase 2 : Programme sur la qualité de l’air

Les objectifs du Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques dans le cadre du Programme sur la qualité de l’air s’inscrivaient dans le prolongement des initiatives entreprises lors de la phase 1 (2005-2006 à 2007-2008) :Note de bas de page 149

  • créer les connaissances et fournir les informations nécessaires pour comprendre les risques et les avantages dans un contexte de changement climatique en faisant preuve d’efficacité;
  • informer les décideurs de divers secteurs sociaux et économiques responsables de l’adaptation et les engager en faisant preuve d’efficacité.

Lors de la phase 2, les résultats à long terme visés pour le Programme sont les suivants :Note de bas de page 150

  • les praticiens tiennent compte des risques et des possibilités associés aux changements climatiques dans les pratiques, lignes directrices, normes et codes habituels;
  • les décideurs tiennent compte des risques et des possibilités associés aux changements climatiques aux fins des politiques, de la planification et des opérations.

Les deux principales initiatives pour la phase 2 du Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques (2008-2009 à 2009-2010) sont les Initiatives de collaboration pour l’adaptation régionale (ICAR) et l’initiative Outils d’adaptation. Des accords de contribution conclus avec des bénéficiaires admissibles permettront d’assurer la prestation de ces initiatives. Les bénéficiaires admissibles sont des organismes canadiens notamment les suivants :Note de bas de page 151

  • les établissements d’enseignement;
  • les organismes des gouvernements provinciaux et territoriaux et des administrations municipales et régionales;
  • les organismes sans but lucratif et les ONG;
  • les entreprises et les associations professionnelles connexes;
  • les organismes autochtones.

Initiatives de collaboration pour l’adaptation régionale

Les initiatives de collaboration pour l’adaptation régionale (ICAR) instaurent un mécanisme de collaboration entre les différents ordres de gouvernement, le secteur privé et des organismes communautaires pour se pencher sur des questions d’adaptation complexe qui correspondent à des priorités fédérales, sectorielles ou régionales. Les ICAR ont pour objectif de fournir aux décideurs l’information et les conseils dont ils ont besoin pour apporter des changements aux politiques, aux activités et à la gestion en fonction des menaces et des occasions qui se présentent dans les régions dans un contexte de changement climatique.Note de bas de page 152

Plus particulièrement, les ICAR permettent de concevoir des projets locaux destinés aux décideurs qui intègrent des mesures d’adaptation dans la planification, les politiques et les programmes dans les régions. Les connaissances et outils créés en fonction d’une région en particulier, notamment les plans de développement communautaire, les pratiques de construction et la gestion de l’eau et des ressources sont ensuite communiqués aux autres régions et secteurs afin d’accélérer la planification de l’adaptation et la prise de décisions à l’échelle du pays.Note de bas de page 153

L’ICAR a diffusé un appel de lettres d’intérêt, dans le cadre duquel les promoteurs ont dressé chacun une liste de projets ou d’activités à réaliser avec le soutien de l’ICAR en fonction des priorités d’adaptation de chacune des régions en particulier, compte tenu aussi du degré de volonté (partenaires engagés) et des renseignements ou données d’appui nécessaires à l’avancement réussi de la prise de décisions en matière d’adaptation dans le respect du calendrier établi du programme. Le rapport Vivre avec les changements climatiques au Canada : édition 2007 s’est avérée une référence pratique pour l’ensemble des promoteurs participant aux ICAR dans ce sens qu’il détermine les priorités en adaptation pour chacune des régions au Canada. Après l’examen des lettres, les promoteurs retenus ont été invités à soumettre une proposition complète.

En date du 31 mars 2010, cinq ICAR ont été établies en vertu d’ententes signées et la conclusion d’une sixième ICAR (Northern Regional Adaptation Collaborative) était en cours. Ces ICAR ainsi que les priorités et les montants de la contribution de RNCan à chacune d’elles font l’objet du tableau 7.

Tableau 7 : Initiatives de collaboration pour l’adaptation
Les ICAR* Domaines d’intérêt* Contribution de RNCan (en M$)**
(au cours de la durée du programme)
Nombre de partenaires*
Préparation aux changements climatiques pour assurer l’avenir de l’eau en Colombie-Britannique
  • Répartition et utilisation de l’eau
  • Gestion des forêts et des pêches
  • Protection contre les inondations
  • Adaptation des collectivités
3,8 18
Initiative de collaboration pour l’adaptation régionale des Prairies
  • Approvisionnement et demande en eau
  • Planification liée aux sécheresses et aux inondations
  • Écosystèmes des forêts et des prairies
3,3 10
Initiative de collaboration pour l’adaptation régionale de l’Ontario
  • Gestion des conditions météorologiques exceptionnelles
  • Gestion de l’eau
  • Planification du développement urbain
3,3 9
Initiative de collaboration pour l’adaptation régionale – Québec
  • Environnement aménagé et infrastructures
  • Gestion de l’eau
  • Secteurs de la foresterie, de l’agriculture et du tourisme
3,7 20
Solutions liées à l’adaptation aux changements climatiques au Canada atlantique
  • Planification urbaine pour les zones d’inondations et les régions côtières
  • Protection des eaux souterraines
  • Augmentation de la capacité des praticiens
3,7 66
Initiative de collaboration pour l’adaptation régionale du Nord
  • Évaluation de la vulnérabilité du secteur minier du Nunavut aux changements climatiques
  • Documentation des bonnes pratiques d’exploration et d’exploitation minières dans le Nord
0,4 5

*Source : RNCan, Au sujet des collaborations : http://adaptation.RNCan.gc.ca/collab/colcol_f.php, consulté le 21 juillet 2011.
**Source : Documentation interne sur le programme.

Outils d’adaptation

Il s’agit d’une initiative permettant la mise au point d’outils d’adaptation pour la prise de décisions quant aux mesures à prendre pour s’adapter aux changements climatiques. Ces outils ont pour but de répondre au besoin de rendre l’information sur les changements climatiques pertinente et utile pour les intervenants qui seront appelés à s’en servir dans leurs secteurs respectifs. Pour ce faire, cette initiative vise l’élaboration d’outils conçus en fonction des besoins des utilisateurs.Note de bas de page 154

Les outils en cours de mise au point sont de deux catégories : les outils de gestion des risques et les outils de planification de l’adaptation. Les outils de gestion des risques sont élaborés à partir d’approches classiques de gestion des risques et fournissent une approche par étapes d’évaluation des risques des changements climatiques pour une communauté, une région, une infrastructure ou une entreprise. Ils peuvent servir dans la réalisation d’un examen général des risques en vue d’une future analyse de rentabilité ou encore, lors d’une évaluation approfondie des risques à l’aide d’information plus détaillée. Les outils de planification de l’adaptation guident les utilisateurs de l’étape de l’évaluation des risques, jusqu’aux étapes de la détermination et de la mise en œuvre des mesures d’adaptation.Note de bas de page 155

Cette initiative visait certains secteurs en particulier : dans un premier temps, les collectivités et le secteur de l’énergie. Son approche consistait à évaluer le besoin d’outils et ensuite, le cas échéant, financer l’élaboration et la distribution de ces outils et la formation connexe. Des organismes nationaux tels qu’Ingénieurs Canada et le Conseil international pour les initiatives écologiques communales (ICLEI) ont été ciblés en raison de leur rôle et leur portée. Dans certains cas, des experts canadiens ont été ciblés en raison de l’expertise unique qu’ils possédaient (dont l’expertise économique au sein de Climate Change Central).

En date du 31 mars 2010, le Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques avait financé sept projets d’élaboration d’outils d’adaptation par le biais d’accords de contribution, tel que présente le tableau 8.

Tableau 8 : Projets de mise au point d’outils d’adaptation
Projet (Promoteur) Contribution de RNCan (M$)
Outil de gestion des risques pour les collectivités (S.e.i. Inc) 0,07
Outils pour engager et habiliter les ingénieurs (Ingénieurs Canada) 1,7
Intégration des outils de changements climatiques pour la communauté des urbanistes professionnels (Institut canadien des urbanistes) 0,8
Document de diagnostique : Mainstreaming the Risk-Based Management of Climate Change Impacts in Canada: Which Guidance is Needed? (Association canadienne de normalisation) 0,03
Changing Climate, Changing Communities: Guide and Workbook for Municipal Climate Adaptation, de l’ICLEI 0,1
Projet d’orientation sur les facteurs économiques de l’adaptation (Climate Change Central) 0,04
Examen de l’état de préparation aux changements climatiques (Marsh Insurance) 0,01

Source : Documentation interne sur le programme.

Intervenants dans le Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques : partenaires et bénéficiaires visés

L’adaptation fait appel à la participation d’intervenants très divers, individuellement, ou collectivement au sein de groupes communautaires, d’organismes non gouvernementaux, d’entreprises, de l’industrie et de tous les paliers du gouvernement.

Partenaires

RNCan compte plusieurs ministères fédéraux partenaires, entre autres : Environnement Canada; Santé Canada; l’Agence de la santé publique du Canada; Affaires autochtones et Développement du Nord Canada – en particulier, les ministères ayant des intérêts dans les secteurs visés ou dans les régions concernées par les activités du Programme, ou ceux qui sont responsables d’offrir des activités d’adaptation complémentaires en vertu de leurs mandats respectifs (notamment, Infrastructure Canada et Transports Canada).

La mise en œuvre du Programme sur la qualité de l’air et l’établissement des ICAR a donné lieu à un contexte où la plupart des provinces, territoires et municipalités participeront directement à la prise de décisions quant aux mesures d’adaptation à prendre; ainsi, ils sont considérés comme des partenaires.

Parmi d’autres partenaires, mentionnons les organismes qui participent à la mise au point des divers outils d’évaluation de la vulnérabilité, d’établissement de la priorité des risques et d’établissement des processus et étapes de mise en œuvre des stratégies d’adaptation.

Bénéficiaires visés

Le Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques vise une large gamme de praticiens (ingénieurs, planificateurs, gestionnaires de ressources, etc.), les décideurs des gouvernements, du secteur privé et d’organismes communautaires oeuvrant dans divers secteurs économiques et sociaux, ainsi que la communauté de recherche et les organismes non gouvernementaux.Note de bas de page 156

Les Canadiens de toutes les régions dans divers secteurs (dont l’agriculture, les écosystèmes, les ressources en eau, les pêches, les océans et les zones côtières, la foresterie, la santé humaine, l’infrastructure et l’économie, les transports et le tourisme, sans s’y limiter) sont aussi des bénéficiaires visés dans les mesures d’adaptation prises pour réduire la vulnérabilité aux changements climatiques.Note de bas de page 157

Modèle logique pour les Initiatives d’adaptation aux changements climatiques de RNCan

 

Annexe C : Liste des études de cas

Voici les études de cas réalisées dans le cadre de la présente étude d’évaluation :

Étude de cas Raison de la sélection
Programme de géosciences des changements climatiques
1. Reconstitution par dendroisotopie des conditions hydroclimatiques des derniers siècles dans les régions productrices d'hydroélectricité de la péninsule Québec-Labrador
  • Étude de cas permettant d’aborder la question de la résilience continue aux changements climatiques des secteurs économiques clés
2. Clyde River : Étude de cas pour le renforcement de la résilience des établissements humains face aux changements climatiques
  • Étude de cas permettant d’aborder la question de l’impact des changements climatiques sur les collectivités dans le Nord
3. Amélioration du réseau de surveillance du pergélisol par des consultations avec les communautés et l’établissement de nouveaux sites dans la région du Mackenzie
  • Étude de cas permettant de : déterminer la source et mesurer la magnitude des impacts des changements climatiques sur des indicateurs environnementaux clés;
  • aborder la question de l’impact des changements climatiques sur les collectivités dans le Nord
4. État actuel et évolution du champ de glace Columbia – prévision des changements dans les ressources en eau à l’avenir
  • Étude de cas permettant de : déterminer la source et mesurer la magnitude des impacts des changements climatiques sur des indicateurs environnementaux clés;
  • Prévoir la magnitude possible des changements environnementaux à l’avenir
5. Dynamique du paysage des Prairies dans un contexte de changement climatique et implications pour les ressources en eau et le développement de la bioénergie
  • Étude de cas permettant d’aborder la question de la résilience continue aux changements climatiques des secteurs économiques clés
Programme sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques
6. Se préparer aux changements climatiques pour assurer l’avenir de l’eau en Colombie Britannique
  • Une ICAR concernant une seule province
7. Solutions d’adaptation aux changements climatiques de l’Atlantique
  • Une ICAR concernant des provinces multiples
8. Outils pour engager et habiliter les ingénieurs
  • Le promoteur a participé lors des deux phases du Programme; ainsi, des progrès ont été réalisés vers les résultats.
9. Intégration des outils de changements climatiques pour la communauté des urbanistes professionnels
  • Le promoteur a participé lors des deux phases du Programme; ainsi, des progrès ont été réalisés vers les résultats.
  • Liens possibles avec le Programme de géosciences des changements climatiques
10. Le rapport Vivre avec les changements climatiques au Canada : édition 2007
  • Il s’agit d’un extrant clé de la phase précédente du Programme.
  • Orientation de l’établissement des ICAR (c.-à-d. des priorités)
11. C-CIARN – Secteur forestier : Rapport de situation
  • Rapport de situation sur les principaux impacts des changements climatiques du point de vue du C-CIARN – Secteur forestier