Évaluation de la sous-activité Perturbations forestières

Table des matières


Sommaire

Aperçu

Il s’agit d’une évaluation de la sous-activité Perturbations forestières du Service canadien des forêts (SCF) de Ressources naturelles Canada (RNCan). L’objectif général de la sous-activité est d’appuyer la recherche en science et en technologie (S et T) pour aider à atténuer les perturbations forestières naturelles et anthropiques et de fournir des options d’adaptation. Au moment où les travaux sur le terrain pour cette évaluation ont été exécutés (2009-2010), la sous-activité était composée de six programmes divisés en trois sous-sous-activités : ravageurs forestiers, feux de végétation et changement climatique. Une approche axée sur les risques a été adoptée pour l’évaluation. En conséquence, quatre des six programmesNote de bas de page1 , représentant 84 % du total de 186,9 millions de dollars utilisés par la sous-activité pendant la période de 2005-2006 à 2009-2010, ont été évalués.Note de bas de page2

De manière plus précise, l’évaluation a couvert les quatre programmes suivants :

  • Espèces exotiques envahissantes forestières (EEEF), un programme conçu pour fournir au SCF du personnel et des recherches à l’appui de la composante de foresterie de la Stratégie nationale sur les espèces exotiques envahissantes du Canada. De 2006-2007 à 2009-2010, les dépenses ont totalisé 18,2 millions de dollars, principalement pour les opérations du SCF visant à mener des recherches et à assurer la coordination avec les partenaires.
  • Stratégie nationale de lutte contre les ravageurs forestiers (SNLRF), unprogramme conçu pour élaborer une approche unifiée et coopérative de la lutte contre les ravageurs forestiers indigènes et exotiques partout au Canada. Entre 2006-2007 et 2009-2010, les dépenses ont totalisé 8,4 millions de dollars pour les opérations du SCF et les contributions offertes aux partenaires pour appuyer les efforts de recherche.
  • Réponse fédérale à l'infestation par le dendroctone du pin ponderosa (RF–DPP), un programme conçu pour trouver des options d’adaptation à l’infestation par le dendroctone du pin ponderosa en Colombie-Britannique et pour en atténuer les impacts. De 2006-2007 à 2009-2010, les dépenses de la RF–DPP ont totalisé 100 millions de dollars. Ce montant comprend les opérations du SCF liées à la recherche, mais représente principalement les contributions offertes à des bénéficiaires comme la province de la Colombie-Britannique (C.B), les Premières nations et les municipalités pour contrôler la progression de l’infestation, recouvrer la valeur économique et protéger les collectivités.
  • Feux de végétation – Science et technologie (Feux de végétation – S et T), un programme conçu pour effectuer des recherches empiriques sur les incendies afin d’appuyer les décideurs et de respecter des obligations internationales. De 2006-2007 à 2009-2010, les dépenses ont totalisé 5,2 millions de dollars pour les opérations du SCF visant à mener des recherches de même qu’à mettre au point et à entretenir des systèmes et des technologies d’information sur la gestion des incendies.

Le présent sommaire met principalement l’accent sur l’analyse au niveau de la sous-activité, utilisant des exemples de programmes particuliers seulement lorsqu’ils aident à illustrer les principales constatations. De plus amples détails sur le rendement de chaque programme sont fournis dans le corps du rapport.

Méthodologie d’évaluation

L’évaluation a porté sur la pertinence et le rendement (efficacité, efficience et économie) de la sous-activité en utilisant une méthodologie à multiples sources de données. Ces sources étaient des examens de documents, 108 entrevues avec des intervenants internes et externes principaux et quatre études de cas (RF–DPP seulement).

Cette méthodologie présente plusieurs limites qui doivent être prises en compte dans l’interprétation des constatations. D’abord, l’analyse met l’accent sur le niveau de la sous-activité, ce qui limite le niveau de détail disponible aux fins d’analyse au niveau de chaque programme. Ensuite, à l’exception de la RF-DPP, l’évaluation s’est appuyée sur deux sources de données – les examens de documents et les entrevues détaillées. Ensuite, l’évaluation de l’impact direct des recherches du SCF est difficile puisque la communauté canadienne des sciences forestières est petite et bien intégrée avec les intervenants, ce qui peut avoir induit un parti-pris. Ce parti-pris peut avoir été exacerbé par le fait que le SCF a sélectionné les personnes interviewées.

Principales constatations de l’évaluation

Pertinence

Dans l’ensemble, il existe une justification claire pour les programmes de la sous-activité Perturbations forestières en ce qui concerne l’alignement avec les priorités du gouvernement fédéral, le rôle fédéral et le besoin de programmes dans ce secteur.

  • Priorités du gouvernement fédéral : Dans les budgets 2005 et 2006, des fonds ont été engagés dans les programmes de Perturbations forestières. En outre, les discours du Trône de 2007, 2008 et 2009 ont réitéré l’engagement du gouvernement fédéral à appuyer l’industrie forestière.
  • Rôle fédéral : Même si la plupart des aspects de la gestion forestière relèvent généralement de la compétence provinciale, La Loi sur les forêts et la Loi sur la protection civile donnent à RNCan pour mandat d’aider à gérer et à protéger les forêts contre les menaces, y compris les incendies et les infestations d’insectes. En outre, par l’entremise du Conseil canadien des ministres des forêts (CCMF), il existe une longue tradition de collaboration entre les gouvernements fédéral et provinciaux et territoriaux sur les questions touchant les forêts. Le SCF est en outre le fournisseur de connaissances auprès de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA), qui est saisie du mandat réglementaire fédéral en ce qui concerne les espèces exotiques d’insectes envahissants.
  • Besoin : Les entrevues d’évaluation et l’examen de la documentation ont confirmé que le changement climatique, les incendies et les ravageurs sont des perturbations interreliées et qu’elles continueront de menacer les forêts canadiennes à l’avenir. Par exemple, les températures plus chaudes attribuables au changement climatique entraînent un taux de survie plus élevé des ravageurs forestiers, ce qui se traduit par un nombre croissant d’arbres morts sur pied. Cela, en combinaison avec les sécheresses, fait augmenter le risque de feu de forêt.

Rendement – Efficacité

D’après les quatre programmes évalués, la sous-activité Perturbations forestières est sur la bonne voie pour lutter contre les perturbations forestières au Canada et pour en assurer la gestion efficace. L’évaluation a trouvé des preuves que, de manière générale, chacun des quatre programmes a réalisé ses extrants, ou est en voie de les réaliser et que des progrès ont été accomplis dans la réalisation de beaucoup de leurs résultats prévus.

L’évaluation a cerné d’importants programmes au niveau de la sous-activité dans quatre secteurs clés :

  • Appuyer l’évaluation des risques et la surveillance : Dans l’ensemble, les programmes de la sous-activité Perturbations forestières ont amélioré la capacité d’évaluation des risques. Le SCF a collaboré avec des partenaires provinciaux et fédéraux aux efforts d’évaluation des risques, ce qui a mené à l’élaboration de plusieurs cadres d’analyse des risques et outils prévisionnels pour les ravageurs comme pour les feux de forêt. Par exemple, en vertu de la RF–DPP, des modèles des risques ont été mis au point et sont utilisés pour prévoir et contrer la dissémination du dendroctone, alors que les activités de S et T sur les EEEF ont amélioré la capacité d’évaluation des risques d’introduction d’espèces exotiques.
  • Collaborer avec les provinces, avec d’autres ministères fédéraux et avec des groupes internes : La participation des intervenants a été l’une des forces de cette sous-activité. Le SCF a assuré des fonctions de recherche, de représentation et d’organisation auprès de comités nationaux et internationaux chargés de l’élaboration de normes réglementaires et de stratégies. Il est en outre généralement convenu que la recherche scientifique du SCF est très précieuse pour les ministères fédéraux comme l’ACIA, pour les provinces, pour les Premières nations et pour l’industrie. En outre, la recherche scientifique a permis une collaboration au sein des programmes de la sous-activité et entre eux (p. ex., coordination entre la RF-DPP, la recherche de la SNLRF, et la recherche de Feux de végétation sur le brûlage dirigé).
  • Cerner les menaces : L’évaluation a permis de trouver des preuves des progrès accomplis sur l’analyse appliquée des risques menant à l’identification des menaces. À l’exception du programme de RF-DPP, qui incluait de manière explicite des efforts de caractérisation des menaces dirigés par le SCF, le SCF n’entreprend aucune analyse des risques par lui-même. Il a toutefois contribué au Cadre national d’analyse des risques touchant les ravageurs en vertu de la SNLRF, qui est généralement reconnu comme la plus importante réalisation de la SNLRF. Dans le cadre des EEEF, les réalisations notables comprennent l’identification et la cartographie du longicorne brun de l’épinette.
  • Protéger l’industrie et les exportations forestières du Canada : La RF-DPP a particulièrement bien réussi à élaborer des options d’adaptation pour les collectivités, les industries et les zones écologiques touchées par le DPP. Dans le cadre de la RF-DPP, cela était particulièrement évident dans les efforts déployés pour récupérer la valeur économique du bois tué par le dendroctone. Les intervenants conviennent également que les mesures de contrôle direct mises en place dans le cadre de ce financement ont contribué à ralentir la progression du dendroctone vers l’est.Note de bas de page3 Les intervenants fédéraux croient également que les mesures d’adaptation visant à protéger les forêts canadiennes ont été trouvées grâce aux efforts de la recherche sur les EEEF pour détecter de nouveaux ravageurs envahissants de même qu’aux contributions de la SNLRF à la recherche phytosanitaire visant à protéger les intérêts canadiens dans les marchés d’exportation.

Sans égard aux progrès susmentionnés, l’évaluation a permis de cerner de nombreux défis potentiels pour le maintien de l’efficacité de la sous-activité. Les obstacles potentiels à la progression sont décrits ci-après.

  • L’attrition des employés scientifiques hautement qualifiés : Les intervenants ont exprimé des préoccupations quant au rétrécissement de la communauté scientifique retenue par le SCF avec une expertise dans les ravageurs et les feux en raison de l’attrition. Cette situation était particulièrement évidente dans le programme Feux de végétation – S et T. De la même manière, un plus petit nombre d’intervenants croyait que la capacité d’augmenter la surveillance des ravageurs forestiers était limitée par la réduction du nombre d’employés hautement qualifiés. Même si des données sur le nombre de chercheurs du SCF sont disponibles au niveau du secteur, il est impossible de les ventiler suffisamment pour examiner de façon précise l’expertise sur les ravageurs et les feux.
  • La nécessité de plus de recherches pour combler les lacunes dans les connaissances sur les ravageurs et la gestion des feux de même que d’une mise à jour des outils d’évaluation des risques et de surveillance dans le contexte du climat changeant : Des préoccupations ont été soulevées quant au caractère actuel de certains des outils décisionnels mis au point par le SCF et au rythme auquel les recherches sont menées afin d’alimenter les décisions. Par exemple, dans le cadre du programme Feux de végétation – S et T, les intervenants ont cerné des lacunes croissantes en matière de recherche (p. ex., en raison du changement climatique) qui doivent être comblées afin de permettre aux outils Méthode canadienne d’évaluation des dangers d’incendie de forêt (MCÉDIF) et FireSmart de demeurer utiles pour les décideurs. Les intervenants de la SNLRF ont cerné des lacunes dans les recherches, en partie à cause de retards dans l’approbation des accords de contribution et du manque perçu de recherches dans les nouveaux domaines de risque. De la même manière, les intervenants en matière d’EEEF ont exprimé des préoccupations quant aux limites du financement pour l’étude de nouveaux domaines de risque. En outre, les différences découvertes entre les points de vue des personnes interviewées au SCF et dans les provinces laissent croire que le SCF peut être en train de mener des recherches pour mettre à jour ses outils, ce qui n’est pas communiqué aux provinces de manière efficace.
  • La capacité des provinces d’élargir les travaux de surveillance : Les activités et le financement du SCF en matière de S et T dans le cadre de la sous-activité Perturbations forestières ont contribué à améliorer la capacité des provinces de surveiller les perturbations forestières, en particulier les ravageurs forestiers indigènes et exotiques envahissants. Toutefois, la capacité de surveillance existe depuis un certain temps et les intervenants estiment généralement nécessaire de mettre à jour ou d’élargir les outils de surveillance existants pour les ravageurs indigènes et exotiques envahissants. Il est toutefois important de remarquer que même si l’on perçoit comme un besoin l’augmentation de la capacité de surveillance provinciale, cela ne fait pas partie du mandat du SCF et relève de la responsabilité des provinces.
  • La pleine mise en œuvre des stratégies de niveau national (c.-à-d. SNLRF et SCFF) : Le SCF a mené des recherches scientifiques pour la SNLRF et la SCFF et a assuré une fonction d’organisation pour ces stratégies. Toutefois, au moment de la présente évaluation, ces stratégies n’avaient été que partiellement mises en œuvre. Le fait que la pleine réalisation de ces stratégies exigera beaucoup de travail et d’engagement de la part des partenaires fédéraux et provinciaux continue de préoccuper les intervenants. Même si les intervenants voient la nécessité de mettre pleinement en œuvre ces stratégies, il importe de remarquer que le rôle du SCF auprès des provinces est un rôle de partenaire et que le SCF n’est pas responsable de mettre en œuvre les stratégies (et qu’il ne peut pas le faire de manière unilatérale).

Rendement – Efficience et économie

La rétroaction des personnes interviewées indique que les programmes sont exécutés de manière efficiente, et la majorité des personnes interviewées a déclaré que les programmes ne pourraient pas atteindre leurs objectifs de manière plus économique. En outre, les personnes interviewées n’ont pas indiqué que les programmes dédoublaient leurs efforts ou que ces efforts pourraient être déployés de manière plus efficace et plus rentable ailleurs.

L’efficience et l’économie perçues des programmes de la sous-activité découlent principalement des approches coopératives adoptées et de la grande estime dont les chercheurs du SCF jouissent auprès de leurs pairs. Par exemple, la SNLRF et le programme EEEF ont fait participer à peu de frais des gens de partout au pays, et les accords de contribution de la SNLRF ont permis au SCF de tirer parti des ressources provinciales. Les personnes interviewées du programme de Feux de végétation – S et T ont clairement indiqué qu’aucun autre organisme que le SCF n’aurait entrepris ses activités de recherche et de mise au point d’outils en ce qui concerne les feux.

Néanmoins, on a trouvé des possibilités d’amélioration. Dans le cadre de la RF-DPP, certains intervenants ont proposé des améliorations concernant les questions de gouvernance et de compétence avec les provinces ainsi que la capacité résultante d’établir des priorités et de prendre des décisions de financement. En outre, les intervenants du programme EEEF et du programme Feux de végétation – S et T ont proposé d’améliorer la coordination de la recherche pour garantir que l’information est utile aux intervenants et aux utilisateurs finaux.

Réponses de la direction et plans d’action
Recommandations Plan d’action Agent/secteur responsable
(Date visée)
1. Afin de garantir qu’il continue de disposer d’un effectif scientifique hautement qualifié suffisant pour combler les besoins actuels et futurs en matière de recherches et de politiques touchant les perturbations forestières, le SCF doit s’attaquer au problème de l’attrition de son effectif scientifique hautement qualifié.

Acceptée.

Puisque l’attrition de l’effectif scientifique hautement qualifié constitue un problème à résoudre à l’échelle de RNCan, le SCF puisera dans les initiatives ministérielles visant les RH aux fins du renouvellement du personnel. Plus précisément, le SCF cherchera à établir des liens avec les efforts d’élaboration du Plan d’affaires intégré, ainsi qu’avec les efforts du Conseil de la science et de la technologie et du Comité de renouvellement des ressources humaines actuel.

Toujours aux fins du renouvellement de l’effectif scientifique, le SCF préparera aussi un plan stratégique révisé pour la sous-activité Perturbations forestières qui comble les besoins en ressources humaines.

SMA, SCF

Mars 2012

2. Le SCF doit entreprendre des évaluations des risques afin de cerner les perturbations potentielles qui constituent des menaces émergentes afin de faciliter une intervention plus rapide.

Acceptée.

Le SCF achève des évaluations approfondies des risques pour les principaux ravageurs forestiers, qui comprennent l’agrile du frêne, l’encre des chênes rouges, la tordeuse des bourgeons de l’épinette et le dendroctone du pin ponderosa. Ces évaluations seront finalisées avant la fin de 2011. Afin d’appuyer encore davantage ces efforts, on élaborera un cadre afin de cerner les autres menaces émergentes sur lesquelles des évaluations des risques supplémentaires seront entreprises.

SMA, SCF

Mars 2012

3. Le SCF doit veiller à ce que ses recherches sur les perturbations tiennent compte des nouvelles variables, comme le changement climatique et d’autres facteurs importants, et comprennent également des options d’atténuations, le cas échéant.

Acceptée.

Les recherches existantes au SCF comprennent des travaux sur le changement climatique, y compris sur les interactions entre les événements comme les infestations de ravageurs et les feux de forêt.

On préparera pour la sous-activité Perturbations forestières un plan stratégique révisé garantissant que les nouvelles variables touchant les perturbations forestières comme le changement climatique seront prises en compte dans les recherches de la sous-activité Perturbations forestières et, si possible, que des options d’atténuation seront élaborées.

SMA, SCF

Mars 2012

4. Le SCF doit prendre des mesures pour garantir la diffusion et l’échange de connaissances touchant les recherches en cours avec ses divers intervenants.

Acceptée.

Dans le cadre du plan stratégique révisé de la sous-activité Perturbations forestières, le SCF incorporera des activités d’échange de connaissances qui tireront parti des tribunes nationales et internationales existantes en guise d’exemples de pratiques exemplaires.

SMA, SCF

Mars 2012

5. Dans le contexte de perturbations forestières possibles à l’avenir, susceptibles de traverser les frontières provinciales ou territoriales et à la lumière de l’expérience de la RF-DPP, le SCF doit se pencher sur la meilleure manière de coordonner les efforts intergouvernementaux lorsque les fonds ciblés proviennent de multiples compétences.

Acceptée.

Le SCF utilise des mécanismes pour coordonner les efforts intergouvernementaux continus visant à aborder les perturbations forestières sur le plan tant national que régional. Par exemple, dans le cadre des efforts des groupes de travail (sur les ravageurs, les feux et le changement climatique) du Conseil canadien des ministres des forêts, le SCF joue un rôle important dans l’élaboration et la prestation d’initiatives et coordonne des efforts auxquels participent de multiples compétences. De plus, le SCF travaille en étroite collaboration avec les partenaires du Centre interservices des feux de forêt du Canada (CIFFC) et s’implique activement aux efforts des comités régionaux existants chargés d’aborder le problème des perturbations.

Dans l’éventualité de nouveaux fonds de programme, le SCF élaborera des mesures de gouvernance afin d’assurer la coordination et la coopération entre les compétences en vue d’optimiser l’efficacité des programmes y compris, en fonction des leçons tirées de la RF-DPP, un meilleur système de prise de décisions précisant les divers rôles et responsabilités qui servira lors de perturbations forestières à grande échelle, touchant de multiples compétences à l’avenir.

SMA, SCF

À mettre en œuvre lorsque de nouveaux programmes seront introduits.

Mars 2012

6. On doit mettre au point un système de mesure du rendement pour suivre les renseignements financiers détaillés, les activités et les résultats produits pour chaque programme composant la sous-activité Perturbations forestières.

Acceptée.

Le SCF a commencé en 2008-2009 la mise en œuvre d’un système de planification et de suivi financier mis à jour. En conséquence, des renseignements améliorés sur les finances, les activités et les résultats sont disponibles pour les années subséquentes. Le SCF utilisera ce système et veillera à ce que les nouveaux systèmes financiers de RNCan permettent le suivi des ressources pour les sous-sous-activités.

Un modèle logique de la sous-activité Perturbations forestières a été préparé pendant la période de l’évaluation. Ce modèle sera examiné pendant la mise à jour du plan stratégique de la sous-activité Perturbations forestières.

Le SCF a cerné des mesures de rendement pour la sous-activité des Perturbations forestières faisant partie du cadre de gestion du rendement de RNCan. Ces mesures sont mises à l’essai dans le cadre d’une initiative pilote au cours de 2011.

SMA, SCF

Mars 2012

1.0 Introduction

1.1 Aperçu

Ce rapport résume les constatations de l’évaluation de la sous-activité Perturbations forestières (3.1.2) de l’Architecture des activités de programmes (AAP) 2009-2010 de Ressources naturelles Canada (RNCan). L’évaluation couvre environ 84 % de la somme totale de 186,9 millions de dollars dépensée par le Service canadien des forêts (SCF) de RNCan pour la sous-activité pendant la période de 2005-2006 à 2009-2010. Deux des six composants de la sous-activité Perturbations forestières – Lutte antiparasitaire intégrée et Impacts et adaptation liés aux changements climatiques – n’ont pas été couverts dans le cadre de cette évaluation.Note de bas de page4 Pour la période allant de 2006-2007 à 2009-2010, près de la moitié des dépenses totales de la sous-activité Perturbations forestières (71,5 millions de dollars) a servi à défrayer les salaires et les coûts d’exploitation du SCF, et 87,4 millions de dollars ont été utilisés pour des contributions (82,1 millions de dollars pour la Réponse fédérale à l’infestation par le dendroctone du pin ponderosa, surtout pour des mesures de contrôle direct).

L’objectif de la sous-activité Perturbations forestières est d’appuyer la recherche en S et T pour aider à atténuer les perturbations forestières naturelles et anthropiques et de fournir des options d’adaptation. La sous-activité fait partie de l’activité de programme 3.1 : S'adapter au changement climatique et gestion du risque lié aux dangers du résultat stratégique 3 de RNCan : Sécurité, sûreté et intendance.

La sous-activité Perturbations forestières est divisée en trois sous-sous-activités :

  • Ravageurs forestiers, composée de :
    • Espèces exotiques envahissantes forestières (EEEF);
    • Stratégie nationale de lutte contre les ravageurs forestiers (SNLRF);
    • Lutte antiparasitaire intégrée (LAI) (non couverte par la présente évaluation);
    • Réponse fédérale à l’infestation par le dendroctone du pin ponderosa (RF-DPP).
  • Feux de végétation – Science et technologie (FV– S et T);
  • Programme Impacts et adaptation liés aux changements climatiques (IACC) (non couvert par la présente évaluation).

La pièce 1 présente la sous-activité Perturbations forestières dans le contexte de l’AAP 2009-2010 de RNCan.

Pièce 1 : Sous-activité Perturbations forestières dans le contexte de l’AAP de RNCan

Résultat stratégique 3 : Sûreté, sécurité et intendance
Résultat attendu : Les connaissances sur les ressources naturelles et sur la masse continentale et les systèmes de gestion renforcent la sûreté et la sécurité des Canadiens et contribuent à l'intendance des ressources naturelles et des terres du Canada.

Activité de programme 3.1 : S'adapter au changement
climatique et gestion du risque lié aux dangers

Résultat attendu : Le Canada s'adapte au changement climatique et possède les connaissances et les outils afin de gérer le risque associé aux dangers naturels et aux dangers découlant de l'activité humaine.

Perturbations forestières (AAP 3.1.2)
Résultat attendu : Les perturbations naturelles et anthropiques des forêts sont atténuées et des options en matière d'adaptation sont fournies.

La pièce 2 donne un aperçu des programmes.

Ravageurs forestiers :

  • Espèces exotiques envahissantes forestières
  • Stratégie nationale de lutte contre les ravageurs forestiers
  • Réponse fédérale à l’infestation par le dendroctone du pin ponderosa
  • Lutte antiparasitaire intégrée

Feux de végétation - Science et technologie

Programme : Impacts et adaptation liés aux changements climatiques (IACC)

Pièce 2 : Aperçu de la sous-activité Perturbations forestières
Sous-sous-activité Ravageurs forestiers Feux de forêt Changement climatique
Espèces exotiques envahissantes forestières
(EEEF)
Stratégie nationale de lutte contre les ravageurs forestiers (SNLRF) Réponse fédérale à l’infestation par le dendroctone du pin ponderosa (RF-DPP) Lutte antiparasi-taire intégrée (LAI) Feux de végétation – S et T (Feux de végétation –S et T) Impacts et adaptation liés aux changements climatiques (IACC)

Objectifs généraux

Mener des recherches à l’appui de la composante forestière des EEE. Élaborer une approche unifiée et coopérative pour aborder les ravageurs forestiers indigènes et exotiques partout au Canada. Atténuer les impacts et élaborer des options d’adaptation à l’infestation par le DPP. Produire des connaissances sur les espèces de ravageurs prioritaires afin d’éclairer l’analyse des risques. Mener des recherches empiriques sur les feux pour appuyer les décideurs et s’acquitter des obligations internationales. Fournir les connaissances et les outils essentiels pour comprendre les risques, les vulnérabilités et les possibilités présentées par le changement climatique pour les forêts et le secteur forestier du Canada et en permettre l’évaluation.

Principales activités du SCF

Mener des recherches, élaborer des outils diagnostiques et assurer la coordination avec les partenaires en ce qui concerne les EEE. Expertise scientifique et stratégique à l’appui des priorités et des objectifs fédéraux. Établissement d’un secrétariat national et contributions aux provinces et aux universités à l’appui des projets de recherche de la SNLRF. Contributions aux provinces, aux Premières nations et aux municipalités afin de contrôler la propagation du DPP, de recouvrer la valeur économique et de protéger les collectivités forestières. Recherche et développe-ment d’outils d’analyse et de modélisation des maladies et des insectes forestiers : surveillance, analyse des tendances et élaboration de systèmes de soutien décisionnel, options de contrôle, de sylviculture et de prévention. Recherche sur l’écologie et le comportement des feux à l’appui de l’élaboration et de l’entretien de technologies et de systèmes de renseignements sur la gestion des feux. Recherche pour déterminer la vulnérabilité des forêts canadiennes au changement climatique et pour élaborer des stratégies et des options d’adaptation.
Portée Nationale Nationale C.-B. et Alberta Nationale Nationale Nationale
Responsable Environnement Canada SCF et CCMF SCF SCF SCF et CCMF SCF
Années 2005-2006 à 2009-2010 2005-2006 à 2009-2010 2006-2007 à 2009-2010 En cours En cours 1999-2000 à 2009-2010
Dépenses totales du programme de 2006-2007 à 2009-2010 (M$) 18,2 8,5 100,0 18,4 5,2 8,6
Dépenses totales de la sous-sous-activité de 2006-2007 à 2009-2010 (M$) 145,1 5,2 8,6
Dépenses totales de la sous-activité de 2005-2006 à 2009-2010* (M$) 186,9

*Remarque : Les renseignements financiers au niveau du programme et de la sous-sous-activité ne comprennent que les années 2006-2007 à 2009-2010 puisque ce sont les seules années pour lesquelles des renseignements financiers détaillés étaient disponibles à ces niveaux. Pour 2005-2006, seule la somme globale au niveau de la sous-activité (28,0 millions de dollars) était disponible.

Depuis la création du SCF dans les années 1890, ce dernier a entrepris des recherches sur les ravageurs forestiers, aussi bien indigènes qu’envahissants, et a collaboré étroitement avec les provinces et les territoires et avec d’autres membres du secteur forestier canadien afin d’aborder les risques d’infestation d’insecte dans les forêts canadiennes. Au fil des années, d’autres risques, comme les feux de forêt et, plus récemment, le changement climatique, ont été cernés comme des menaces importantes pour les forêts canadiennes, y compris leur contribution à la qualité de vie des Canadiens. Par exemple, la recherche visant à mieux comprendre les risques d’incendie et le comportement des feux fait partie intégrante du programme scientifique du SCF depuis les années 1920, et en 1999-2000, les impacts et l’adaptation aux changements climatiques ont été cernés comme un thème de recherche principal pour l’avenir.

Il est important de noter que les activités de recherche du SCF sur les ravageurs forestiers ont adopté une approche à long terme, ce qui rend difficile la séparation des activités de recherche par programme. Les chercheurs du SCF sur la Lutte antiparasitaire intégrée travaillent horizontalement à plusieurs initiatives, selon les besoins les plus pressants du moment, et ne sont pas embauchés pour un programme particulier. Toutefois, il y a eu des moments où des défis et des enjeux particuliers ont exigé une attention et des ressources spécialisées. Les défis liés aux espèces exotiques envahissantes et au dendroctone du pin ponderosa ont engendré des mesures particulières. En 2005 pour les EEEF et en 2006 pour la SNLRF et la RF-DPP, on a reçu un financement à délai déterminé qui a permis au SCF d’intensifier ses efforts touchant les ravageurs.Note de bas de page5

1.2 Espèces exotiques envahissantes forestières (EEEF)

La section suivante donne un aperçu du programme EEEF. Les dépenses du programme EEEF de 18,2 millions de dollars entre 2006-2007 et 2009-2010 représentaient 11,5 % des dépenses de la sous-activité Perturbations forestières. Ces dépenses sont principalement des dépenses de fonctionnement et d’entretien (F et E) du SCF, accompagnées d’un très petit composant de contributions.

1.2.1 Contexte du programme EEEF

Une espèce exotique est une plante, un animal ou un microorganisme qui a été introduit, du fait de l’activité humaine, ailleurs que dans son aire passée ou présente de répartition naturelle.Note de bas de page6 Une espèce exotique envahissante est une espèce exotique dont l’introduction ou la propagation menace l’environnement, l’économie ou la société, y compris la santé humaine. Les plantes et les phytoravageurs exotiques envahissants sont souvent introduits de façon non intentionnelle lorsque des marchandises importées sont transportées au Canada, parce qu’ils sont transportés dans les plantes, les produits végétaux ou les matériaux d’emballage et d’expédition. Une fois importées par ces voies, les espèces exotiques peuvent s’échapper et trouver des hôtes ou des habitats convenables au Canada, où elles établissent de nouvelles populations qui, si elles ne sont pas limitées par des processus naturels ou des interventions humaines, peuvent nuire à l’environnement, à l’économie ou à la société.

L’augmentation du commerce international a accru les risques d’introduction d’EEEF comme l’agrile du frêne et le longicorne brun de l’épinette dans les forêts canadiennes. Deux exemples récents d’infestations d’insectes exotiques envahissants sont les infestations d’agrile du frêne en Ontario et au Québec et l’infestation de longicorne brun de l’épinette en Nouvelle-Écosse, qui sont entrées au Canada par les voies du commerce international. La menace d’une nouvelle introduction de ravageurs forestiers exotiques n’ayant aucun prédateur naturel au Canada est constante. Les dommages causés par les espèces exotiques envahissantes sont importants et les limites des efforts d’éradication et de quarantaine peuvent permettre à ces espèces de se répandre dans de nouvelles zones très vulnérables. L’impact des espèces exotiques est particulièrement grand dans l’interface urbaine-rurale, où les arbres ont une grande valeur pour leur beauté, leurs avantages écologiques et leurs propriétés de conservation du sol.

Un exemple d’espèce exotique envahissante est l’agrile du frêne qui a été introduit dans le sud-ouest de l’Ontario en 2002 et qui a le potentiel de détruire la plupart des frênes du Canada. En 2009, on le trouvait aussi loin au nord qu’à Sault-Ste.-Marie et aussi loin à l’est qu’à Montréal, au Québec.Note de bas de page7 La propagation continue de l’agrile du frêne entraînerait d’importants dommages pour l’industrie canadienne du bois dur, qui a une production annuelle de 1,4 milliard de dollars.Note de bas de page8 La ville de Toronto estime que l’enlèvement et le remplacement des frênes atteints par l’agrile du frêne sur les seules propriétés municipales coûteraient des millions de dollars. Les propriétaires de maisons et de terrains doivent payer pour enlever les frênes sur les propriétés privées, et les coûts varient de quelques centaines à plus d’un millier de dollars pour un seul arbre.Note de bas de page9 Aux États-Unis, l’agrile du frêne a causé la mort de plus de 10 millions de frênes au Michigan seulement.

Les espèces exotiques envahissantes entraînent des coûts économiques et sociaux connexes considérables au Canada. On a estimé que les ravageurs envahissants nuisibles aux cultures agricoles et aux forêts coûtent 7,5 milliards de dollars chaque année à l’économie canadienne.Note de bas de page10 Les coûts comprennent la perte de réserves de bois, la réduction du taux de croissance, les changements à la qualité du bois, la perte de revenus, les coûts d’adaptation, de contrôle ou de récupération, les coûts de surveillance et les impacts commerciaux. Les impacts sociaux touchent particulièrement les collectivités rurales et autochtones qui comptent sur les ressources forestières pour les utilisations traditionnelles et l’activité économique.

1.2.2 Origines du programme EEEF

En septembre 2001, les ministres fédéraux, provinciaux et territoriaux chargés de la faune, des forêts, des pêches et de l’aquaculture ont demandé la préparation d’un plan national pour contrer la menace posée par les espèces exotiques envahissantes au Canada. Le document résultant, intitulé Stratégie nationale sur les espèces exotiques envahissantes (SNEEE), a été approuvé par les ministres en septembre 2004.

Cette stratégie avait pour objet de minimiser les risques posés par les espèces exotiques envahissantes pour l’environnement, l’économie et la société au moyen d’une approche hiérarchique priorisant la prévention, la détection rapide, l’intervention rapide et la gestion. Comme d’autres pays, le cadre stratégique et de gestion de la SNEEE du Canada met l’accent sur les voies d’entrée prioritaires.

Des groupes de travail fédéral-provinciaux-territoriaux ont été formés pour préparer les stratégies de mise en œuvre connexes pour les espèces aquatiques envahissantes, les espèces exotiques envahissantes de plantes et de phytoravageurs de même que les animaux terrestres. Ces stratégies de mise en œuvre ont été approuvées par ce même groupe de ministres en octobre 2005.

En 2005, le Conseil du Trésor a approuvé le financement de la Stratégie nationale sur les espèces exotiques envahissantes en mettant l’accent sur la prévention de l’introduction nuisible d’EEE en abordant les voies d’entrée intentionnelles et non intentionnelles prioritaires.

Le budget fédéral de 2005 allouait 85 millions de dollars en nouvelles ressources pour les EEE. Une partie des ressources a été réservée aux programmes de prévention et de gestion coopératifs avec les provinces et les territoires et avec les collectivités. Des investissements ciblés de nouveaux fonds devaient être faits pour appuyer des initiatives de réglementation fondées sur la science (y compris l’évaluation des risques et les contrôles à l’importation), pour renforcer la surveillance nationale afin de garantir une détection rapide et pour améliorer la sensibilisation et la compréhension du public en ce qui concerne les pratiques nuisibles qui permettent l’introduction d’EEE au Canada.

Les objectifs généraux de la Stratégie nationale sur les espèces exotiques envahissantes sont les suivants :

  • empêcher les introductions nuisibles intentionnelles et non intentionnelles;
  • détecter et identifier les nouveaux envahisseurs avant la frontière et à l’entrée au pays;
  • réagir rapidement aux nouveaux envahisseurs dès leur détection;
  • gérer les envahisseurs établis et qui se propagent.

Quatre ministères et organismes ont reçu du financement dans le budget fédéral de 2005 pour appuyer ces objectifs sur cinq ans (2006-2007 à 2010-2011) :

  • RNCan (SCF) (10 millions de dollars);
  • Pêches et Océans Canada (MPO) (20 millions de dollars);
  • Agriculture et Agroalimentaire Canada (ACIA – Division de la protection des plantes) (50 millions de dollars);
  • Environnement Canada (5 millions de dollars).

1.2.3 Activités et extrants du programme EEEF

Les activités du programme EEEF du SCF sont de nature scientifique, technique et consultative. Le programme EEEF dirige et coordonne la S et T et le soutien stratégique connexe pour les ravageurs forestiers exotiques. Le projet met en valeur et coordonne les travaux sur les principaux ravageurs exotiques envahissants qui exigent une réponse critique, mais appuie également les activités de surveillance et d’atténuation de diverses nouvelles menaces exotiques envahissantes au moyen de connaissances, d’outils et de stratégies. Le programme apporte également d’importantes contributions scientifiques aux politiques d’autres ministères fédéraux, aussi bien nationaux qu’internationaux, et aux recherches phytosanitaires utilisées pour protéger les exportations ligneuses canadiennes, et il appuie la participation d’intervenants clés du gouvernement et de l’industrie.

Les activités du SCF en matière d’EEEF entrent dans quatre groupes de composants : prévention, surveillance, gestion et contrôle et communication.

1) Prévention :

Le SCF appuie la prévention des EEEF au Canada :

  • en menant des recherches visant à améliorer la compréhension des voies d’entrée et de déplacement des espèces exotiques au Canada de même qu’à évaluer la propagation et l’introduction de nouveaux ravageurs envahissants assistées par les humains;
  • en évaluant les risques pour les écosystèmes forestiers et le commerce des produits forestiers posés par un éventail d’EEEF potentielles afin de pouvoir prioriser ces EEEF en vue d’améliorer la prise de décisions.

2) Surveillance :

Le SCF mène des recherches et élabore des outils et des techniques qui aident ses partenaires à surveiller les EEEF, entre autres :

  • en mettant au point des méthodes exactes et rapides d’identification des espèces exotiques envahissantes;
  • en entreprenant des recherches en surveillance et en détection de même qu’en concevant des méthodes de détection et en aidant les provinces à les mettre en œuvre.

3) Gestion et contrôle :

Le SCF mène des recherches et produit des techniques qui aident les partenaires (c.-à-d. les provinces et les propriétaires de terres privées) à gérer et à contrôler les EEEF :

  • en menant des recherches sur les traits biologiques, les mécanismes de dispersion et les impacts des espèces envahissantes;
  • en mettant au point des outils et des méthodes visant à atténuer les impacts des nouvelles EEEF qui risquent de s’établir ou qui se sont récemment établies au Canada;
  • en élaborant de nouveaux modèles et produits de données qui éclairent la prise de décisions et prévoient les impacts des espèces exotiques envahissantes émergentes dans les climats actuels et changeants.

4) Communication et sensibilisation :

Le SCF fait participer les intervenants aux questions touchant les EEEF au moyen des types d’activités suivants :

  • sensibilisation et éducation pour diffuser l’information scientifique et l’information sur les stratégies d’intervention et d’atténuation;
  • contribution à la législation, à la réglementation et aux politiques, comme appuyer les positions canadiennes dans les discussions phytosanitaires internationales et conseiller les autres ministères fédéraux, les provinces et territoires, les Premières nations et les municipalités en ce qui concerne l’accès aux marchés, les déplacements nationaux et la santé et la durabilité des forêts;
  • collaboration internationale, entre autres échanger et diffuser les données et les renseignements scientifiques sur les risques et les stratégies d’atténuation et participer aux réunions des organismes phytosanitaires internationaux.

Ces activités devaient produire les extrants suivants :

  • des modèles prédictifs d’évaluation des risques et des cartes pour évaluer la répartition et l’impact des espèces envahissantes;
  • des stratégies de surveillance et de contrôle qui contribuent au confinement et au ralentissement de la propagation des ravageurs exotiques;
  • l’élaboration d’outils diagnostiques nouveaux et plus efficaces pour faciliter l’identification rapide des espèces envahissantes;
  • l’exécution de recherches sur les traits biologiques, les mécanismes de dispersion et les impacts des espèces envahissantes pour plusieurs EEE prioritaires comme le longicorne brun de l’épinette;
  • la création et la diffusion de publications, l’élaboration d’une base de données sur les EEE et la contribution au groupe de travail phytosanitaire sur les espèces exotiques envahissantes afin d’accroître la sensibilisation des intervenants aux EEE;
  • des conseils stratégiques et réglementaires aux ministères du gouvernement fédéral (c.-à-d. travailler en étroite collaboration avec l’ACIA) et des gouvernements provinciaux;
  • le soutien du processus décisionnel aux niveaux international, fédéral et provincial par la présence au sein des groupes de travail et des comités touchant les questions de commerce et les options de confinement des ravageurs;
  • l’atténuation des impacts économiques des espèces exotiques envahissantes en réduisant les restrictions commerciales sur le bois canadien grâce aux outils de gestion et de détection des espèces exotiques envahissantes.

Pendant la durée du programme EEEF, le SCF a signé des accords de contribution avec des organismes sans but lucratif et des universités en 2005-2006, 2006-2007 et 2007-2008. La pièce 3 présente une ventilation des contributions du programme EEEF pour ces années :

Pièce 3 : Bénéficiaires des contributions du programme EEEF entre 2005-2006 et 2007-2008 (en milliers de dollars)
2005-2006 2006-2007 2007-2008 Total
Centre pour l'agriculture et les sciences biologiques internationales (CABI)* 70 40 80 190
Universités** 20 110 20 150
Total 90 150 100 340

Source : Service canadien des forêts
* Le CABI est un organisme sans but lucratif qui offre une expertise scientifique et des renseignements sur l’agriculture et l’environnement.
**Université du Nouveau-Brunswick, Université de la Colombie-Britannique, Université de Guelph et l’Académie des sciences de Hongrie (en Hongrie).

1.3 Stratégie nationale de lutte contre les ravageurs forestiers (SNLRF)

La section suivante donne un aperçu de la SNLRF. Les dépenses de la SNLRF de 8,4 millions de dollars entre 2006-2007 et 2009-2010 représentaient 5,3 % des dépenses de la sous-activité Perturbations forestières. Ces dépenses comprennent les frais de F et E du SCF et une composante modérée de contributions.

1.3.1 Contexte de la SNLRF

Les gouvernements se partagent la responsabilité de la gestion des ravageurs forestiers. La surveillance et la détection des ravageurs exotiques relèvent de la compétence fédérale jusqu’à ce que l’on juge qu’ils se sont établis au pays, moment auquel leur responsabilité est dévolue principalement aux provinces qui les abritent et aux gouvernements municipaux. Les ravageurs indigènes relèvent principalement de la compétence provinciale, tout comme la gestion des préoccupations touchant les ravageurs sur les terres d’État provinciales. Le gouvernement fédéral mène des recherches scientifiques et coordonne les activités nationales de surveillance des ravageurs, d’évaluation, d’intervention et de communication. De plus, il est responsable de la santé des forêts sur les terres fédérales, de même que des relations commerciales internationales, y compris celles touchant les produits forestiers. Les municipalités travaillent avec les gouvernements provinciaux, territoriaux ou fédéral en réponse aux infestations de ravageurs forestiers posant des risques économiques, sociaux ou environnementaux importants.

Du point de vue historique, la gestion des ravageurs forestiers du Canada était habituellement de type réactif, mise en œuvre au niveau local pour mettre l’accent sur les priorités immédiates et restreintes par les ressources limitées. Les organismes fédéraux et provinciaux avaient tendance à aborder les questions de gestion des ravageurs à l’intérieur de leurs propres frontières ou priorités ministérielles, et la collaboration était généralement transitoire et officieuse. Les responsabilités de gestion et d’intervention étaient largement distribuées, ce qui laisse croire à l’existence d’une certaine ambigüité quant aux rôles et aux responsabilités. L’analyse structurée des risques était entreprise de manière sporadique et en cas d’urgence. Les impacts sociaux et économiques n’étaient généralement pas bien compris et le principal objectif de la réponse aux menaces mettait souvent l’accent sur la conservation des réserves de bois d’œuvre.

1.3.2 Origines de la SNLRF

En octobre 2005, le Conseil canadien des ministres des forêts (CCMF) a reconnu l’intérêt commun pour une approche proactive et unifiée permettant de lutter contre les ravageurs forestiers exotiques et indigènes dans tout le pays, et cela a mené à la conception d’une SNLRF, que RNCan a soulevée pour la première fois lors du Forum national sur la répression des ravageurs forestiers de décembre 2005.

En octobre 2006, le CCMF a avalisé le cadre pour l’élaboration d’une SNLRF couvrant la gestion des espèces forestières indigènes et exotiquesNote de bas de page11 et a chargé un comité directeur intergouvernemental (composé de représentants fédéraux et provinciaux) de rédiger la stratégie de même qu’un plan de mise en œuvre quinquennal.

En octobre 2006, le gouvernement du Canada a annoncé l’allocation de 12,5 millions de dollars sur trois ans pour l’élaboration d’une SNLRF dans le cadre de sa Stratégie sur la compétitivité à long terme de l'industrie forestière (SCLTIF). L’objectif général de ce financement est de mieux protéger les forêts canadiennes contre la menace croissante des ravageurs forestiers indigènes et exotiques. La Stratégie cherche à réaliser cet objectif en facilitant une approche collaborative unifiée entre les compétences fédérales, provinciales et territoriales chargées de gérer les ravageurs forestiers au Canada.

1.3.3 Activités et extrants de la SNLRF

L’objectif premier de la SNLRF est de maintenir des forêts en santé et d’appuyer un secteur forestier viable au moyen d’une approche nationale coordonnée de la gestion des ravageurs forestiers, intégrant des ressources et des connaissances aux niveaux fédéral et provincial pour aborder le problème des ravageurs forestiers indigènes et exotiques. La SNLRF cherche à faire passer la gestion des ravageurs forestiers d’un processus réactif propre à chaque ravageur à une approche nationale à l’échelle de l’écosystème, coordonnée et fondée sur les risques.

La mise en œuvre de la SNLRF devait mieux permettre aux gouvernements, aux établissements de recherche, à l’industrie et à d’autres groupes concernés :

  • de coordonner leur réponse aux ravageurs forestiers indigènes et exotiques;
  • de générer et d’échanger des connaissances, des outils décisionnels et des options de réponse;
  • de coordonner et de cibler les investissements dans la S et T touchant les ravageurs;
  • d’analyser et de communiquer les conditions nationales des ravageurs en vue d’en atténuer les impacts.

Le SCF était chargé d’exécuter les activités de S et T à l’appui de la Stratégie, de fournir une expertise scientifique et des conseils stratégiques fondés sur la science aux compétences et aux partenaires et de coordonner les activités de la SNLRF par l’entremise du secrétariat national. La grande majorité des activités de RNCan liées à la SNLRF a été exécutée au moyen d’accords de contributions non remboursables. À titre d’organisme responsable du secrétariat de la SNLRF, le SCF a géré les accords de contribution non remboursables pour la recherche scientifique (totalisant 4 millions de dollars pendant la durée de vie du programme) ayant permis aux intervenants de contribuer aux priorités de la SNLRF.

Le SCF a appuyé l’élaboration des extrants suivants au moyen de financement de la SNLRF :

  • mise sur pied du secrétariat national;
  • élaboration de méthodes de surveillance et d’outils prédictifs innovateurs;
  • élaboration de stratégies et d’outils pour lutter contre les ravageurs forestiers prioritaires.

En sa qualité d’hôte du secrétariat de la SNLRF, le SCF était chargé de l’administration et de l’exécution de la SNLRF et de gérer les accords de contribution, entre autres examiner et recommander les projets de recherche en fonction des priorités de la SNLRF. Au total, 15 compétences et organismes ont reçu du financement de ce programme, y compris des provinces, des territoires, des universités et une communauté des Premières nations.

Le programme de contribution de la SNLRF a financé des activités appuyant les objectifs de la Stratégie, qui touchaient six secteurs :

  1. Mise en œuvre du cadre des risques : c.-à-d. réaliser des études de cas d’analyse des risques sur les espèces prioritaires, examiner et évaluer la capacité actuelle d’évaluation des risques et collecter des données et des renseignements pour évaluer les risques.

  2. Surveillance et diagnostic : c.-à-d. mettre en œuvre des programmes de formation en surveillance et en diagnostic, améliorer les programmes de surveillance et d’enquête et élaborer des cadres et des techniques de surveillance des ravageurs dans des habitats particuliers.

  3. Information et gestion de l’information : c.-à-d. élaborer des bases de données pour l’information et l’expertise en matière de gestion des ravageurs, élaborer de nouvelles méthodes de reddition de comptes et consolider et archiver les données historiques sur les ravageurs.

  4. Établissement des priorités en S et T : c.-à-d. exécuter le sondage sur les priorités en matière de S et T.

  5. Reddition de comptes, communication et sensibilisation : c.-à-d. permettre la participation aux réunions et ateliers de la SNLRF et élaborer le matériel didactique et les programmes de formation liés à la gestion des ravageurs et à la santé des forêts.

  6. Gouvernance : c.-à-d. examiner les structures opérationnelles potentielles pour la SNLRF.

Les extrants du programme de contribution de la SNLRF sont les suivants :

  • création d’un cadre d’analyse des risques pour la gestion des ravageurs, adaptable aux conditions locales;
  • détermination des principales lacunes en matière de recherche et de la capacité de gestion des ravageurs au moyen d’une évaluation des besoins;
  • élaboration de connaissances scientifiques sur les ravageurs forestiers par des méthodes comme les évaluations des risques et les recherches sur les techniques de lutte contre les ravageurs;
  • mise au point d’outils et de techniques améliorant la capacité de surveillance et de détection afin d’évaluer les perturbations forestières;
  • amélioration de la sensibilisation du public à l’importance économique et écologique de la lutte contre les ravageurs forestiers au Canada par l’éducation et la diffusion;
  • renforcement de la collaboration et de l’engagement intergouvernementaux au moyen de groupes de travail, d’initiatives conjointes et d’une participation accrue aux réunions et aux ateliers.

Pendant la durée du programme de la SNLRF, le SCF a signé des accords de contribution avec des provinces et territoires, des universités et des Premières nations en 2007-2008, 2008-2009 et 2009-2010. La pièce 4 présente une ventilation des contributions de la SNLRF pour ces années.

Pièce 4 : Bénéficiaires des contributions de la SNLRF et dépenses de la SNLRF, 2007-2008 à 2009-2010 (en milliers de dollars)

2007-2008 2008-2009 2009-2010 Total
Toutes les provinces et tous les territoires 0 700 2 620 3 320
Universités Guelph et Laval 90 180 140 410
Champagne & Aishihik (Premières nations) 70 100 0 170
Total 160 980 2 760 3 900

Source : Service canadien des forêts.

1.4 Réponse fédérale à l’infestation par le dendroctone du pin ponderosa (RF-DPP)

La section suivante est un aperçu de la RF-DPP, couvrant des dépenses de 100 millions de dollars entre 2006-2007 et 2009-2010, qui représentaient 62,9 % des dépenses de la sous-activité Perturbations forestières. Ces dépenses étaient principalement des contributions et une plus petite composante de F et E du SCF pour les investissements essentiels en science afin de comprendre le défi posé par le DPP et les stratégies possibles d’atténuation.

1.4.1 Contexte de la RF-DPP

L’infestation de DPP dans les pinèdes de l’Ouest du Canada est aujourd’hui la plus importante infestation d’insectes enregistrée dans l’histoire de l’Amérique du Nord. L’infestation actuelle menace non seulement les 10,2 millions d’hectares de forêts de pin tordu latifolié, de pin ponderosa et de pin blanc de l’intérieur de la Colombie-Britannique, mais également les pinèdes de l’Alberta. Il est possible que le DPP se répande dans toute la forêt boréale et ait un impact sur la majeure partie de l’Ouest et du Centre du Canada.Note de bas de page12

Le DPP est une partie naturelle de l’écosystème forestier et est souvent bénéfique à des niveaux endémiques. Toutefois, les étés chauds et secs, les hivers doux et la source de nourriture abondante offerte par les peuplements de pin tordu latifolié mature se sont combinés pour produire les conditions ayant permis l’épidémie actuelle de DPP en Colombie-Britannique, qui a commencé au milieu des années 1990 et qui continue de grandir. Ces conditions ont également contribué à la progression rapide de l’épidémie vers l’Est, dans le réseau de parcs nationaux des Rocheuses et jusqu’en Alberta. En date de 2009, le front de l’infestation s’étendait de la frontière entre l’Alberta et les États-Unis jusqu’à la zone de gestion de la haute Athabasca autour du Petit lac des Esclaves, puis dans la région adjacente de la basse Peace.Note de bas de page13

Cette épidémie destructrice d’écosystème provoque une mortalité généralisée des forêts de pin tordu latifolié (l’essence d’arbre commerciale la plus abondante de C.-B.), ce qui met en péril l’industrie forestière et menace la stabilité et le bien-être économique à long terme de plus de 130 collectivités, y compris plus de 100 communautés des Premières nations.

En Colombie-Britannique, en 2005, plus de 411 millions de m3 de bois d’œuvre étaient infestés dans une superficie dépassant 8,7 millions d’hectares. Cette superficie avait plus que décuplé entre 2001 et 2005. Variant entre des zones faiblement infestées par des attaques dispersées ou localisées et des zones submergées par l’infestation, l’épidémie s’est propagée sur une surface de 1 200 km de longueur par 575 km de largeur à l’intérieur de la Colombie-Britannique. En 2009, on estime que le DPP avait tué 675 millions de m3 de pin en Colombie-Britannique, ce qui représente la moitié du stock de pin commercial de la province,Note de bas de page14 infectant à divers degrés 16,3 millions d’hectares de terres provinciales.Note de bas de page15

L’épidémie est d’une ampleur sans précédent, et ses répercussions sur les réserves actuelles et futures de bois d’œuvre sont énormes. Le Ministry of Forests and Range de la Colombie-Britannique estimait en 2010 que le DPP tuerait 65 % des forêts de pins matures de la C.-B. d’ici 2016.Note de bas de page16 On estime maintenant que quelque 45 millions de m3 de pin mature marchand du territoire de base ont été tués à l’été 2009.Note de bas de page17 Le rapport de 2010 sur l’état des forêts de la Colombie-Britannique indique que la contribution moyenne au PIB provincial de chaque mètre cube de bois d’œuvre récolté est de 126 dollars.Note de bas de page18 Par conséquent, le total de pin tué en 2009 par le DPP a eu un impact de quelque six milliards de dollars sur le PIB annuel de la Colombie-Britannique.Note de bas de page19

1.4.2 Origines de la RF-DPP

Compte tenu de l’ampleur et du taux de progression de l’épidémie de DPP, le gouvernement de la Colombie-Britannique a demandé une aide fédérale. Les fonctionnaires fédéraux ont travaillé en étroite collaboration avec les fonctionnaires de la Colombie-Britannique pour mettre au point une réponse au défi posé par le DPP, tout en respectant les rôles et les responsabilités des compétences.

En octobre 2002, le gouvernement du Canada a lancé l’Initiative sur le dendroctone du pin ponderosa (IDPP), conçu comme un programme de 40 millions de dollars sur six ans ayant pour objectif de réduire les impacts de l’infestation et de réduire le risque d’épidémie future. Ce projet a pris fin en septembre 2006 dans le cadre d’une réduction budgétaire fédérale. Les dépenses totales ont été de 26,7 millions de dollars et ont couvert une composante de recherche ciblée et un ensemble d’activités rattachées aux ressources naturelles. Les travaux étaient principalement des recherches mais couvraient certains aspects de la récupération de la valeur et du contrôle de la progression, tels que décrits ci-après. Le Programme de l’IDPP a été évalué en 2007 et on a jugé qu’il était pertinent et qu’il avait atteint ses objectifs dans une large mesure, sans égard aux dommages généralisés provoqués par le dendroctone du pin ponderosa à cette époque. On a jugé que le programme de R et D, en particulier, était couronné de succès et bien géré.Note de bas de page20

En février 2005, le gouvernement provincial de la Colombie-Britannique a demandé au gouvernement du Canada une assistance financière pour aider aux activités provinciales visant à gérer les enjeux liés au DPP. En réponse, le gouvernement fédéral a fourni 100 millions de dollars pour aider la province à défrayer ses coûts pour lutter contre la propagation du DPP et atténuer les dommages après le passage de l’insecte, en mettant l’accent sur les secteurs d’intérêt prioritaires cernés par le gouvernement fédéral et fondés sur les objectifs énoncés dans le Plan d’action provincial sur le dendroctone du pin ponderosa. La somme de 100 millions de dollars a été transférée directement par Finances Canada à la province de la Colombie-Britannique en mars 2005. Même si la province dispose d’une importante documentation sur le programme et si l’investissement est intégré à la stratégie de la C.-B. sur le DPP, le transfert était une subvention inconditionnelle à la province et n’est pas inclus dans la présente évaluation.

En septembre 2005, la province de la Colombie-Britannique a publié un plan de mise en œuvreNote de bas de page21 décrivant un programme triennal visant à dépenser la contribution fédérale de 100 millions de dollars. Le plan comprenait 25,5 millions de dollars pour la répression du scolyte dans quatre districts forestiers le long de la frontière entre la C.-B. et l’Alberta, soit les districts Northern Rockies, Peace River, Fraser-Fort George et Columbia Shuswap.

En mai 2006, le gouvernement du Canada a annoncé un financement supplémentaire de 200 millions de dollars pour contrer l’infestation de DPP en C.-B. dans le cadre d’un engagement budgétaire de 400 millions de dollars en 2006 pour aider l’industrie forestière. De la contribution fédérale de 200 millions de dollars visant à contrer l’infestation de DPP, la moitié des fonds a été versée à RNCan et l’autre moitié à Diversification de l’économie de l’Ouest et à Transports Canada. Pour la partie de RNCan (RF-DPP en Colombie-Britannique) couverte dans la présente évaluation, les trois objectifs et les budgets afférents étaient les suivants :

  1. Contrôler la propagation du dendroctone – ralentir la propagation vers l’Est de l’infestation de DPP (72 millions de dollars);
  2. Récupérer la valeur économique – évaluer les impacts et préparer des options de récupération, dans la mesure du possible, de la valeur économique du bois d’œuvre tué par le dendroctone (11 millions de dollars);
  3. Protéger les collectivités et les ressources forestières – atténuer les impacts du DPP sur la sécurité des collectivités et la durabilité des ressources forestières (17 millions de dollars).

Pour atteindre ces objectifs (décrits de façon plus détaillée à la section 1.4.3), le SCF a tiré parti de sa capacité de recherche interne existante et des relations de travail existantes avec les collaborateurs primaires. La plupart des activités de programme ont été exécutées au moyen d’accords de contribution avec les principaux intervenants. La pièce 5 présente une ventilation des accords de contribution par année et par groupe d’intervenants :

Pièce 5 : Bénéficiaires des contributions de la RF-DPP et dépenses de la RF-DPP, 2007-2008 à 2009-2010 (en milliers de dollars)
Type de bénéficiaire Nombre de bénéficiaires 2006-2007 2007-2008 2008-2009 2009-2010 Total
Provinces* 2 24 800 25 370 7 080 1 510 58 760
Premières nations Environ 100 0 1 810 4 530 4 880 11 220
Municipalités Environ 35 0 730 2 000 2 080 4 810
Propriétaires fonciers privés Environ 120 0 1 470 1 590 30 3 090
Universités 4 0 930 1 490 410 2 830
FPInnovations 1 0 470 530 0 1 000
Organismes sans but lucratif Environ 5 0 60 210 80 350
Autres ministères fédéraux (transfert à Affaires indiennes et du Nord canadien) 1 0 0 50 0 50
Total 24 800 30 840 17 480 8 990 82 110

Source : Service canadien des forêts.
*En vertu de l’Initiative de contrôle de la propagation, la Colombie-Britannique était le principal agent d’exécution et bénéficiaire des contributions. Toutefois, l’Alberta a également reçu un certain financement.

1.4.3 Activités et extrants de la Réponse fédérale à l’infestation par le dendroctone du pin ponderosa (RF-DPP)

En place depuis 2006-2007, la RF-DPP cherchait à atténuer les perturbations forestières naturelles et anthropiques et à offrir des options d’adaptation. La RF-DPP était un programme de quatre ans englobant trois composants généraux exécutés par le SCF à Victoria.

Programme de contrôle de la propagation Ce composant visait à modérer la menace de la propagation vers l’Est de l’infestation de DPP :

  • en mettant l’accent sur la réduction de la susceptibilité des terres forestières;
  • en surveillant l’épidémie;
  • en améliorant la détection rapide et le contrôle direct par l’enlèvement des arbres infestés de dendroctone.

Les éléments comprenaient les terres forestières de l’État provincial, les terres forestières privées, les terres forestières fédérales et la cartographie de la menace. Les accords de contribution étaient le principal mécanisme d’exécution et comprenaient environ 75 bénéficiaires par an.

Récupérer la valeur économique Ce composant avait pour objectifs :

  • d’évaluer les impacts de l’utilisation du bois d’œuvre tué par le dendroctone et de préparer des options de récupération, dans la mesure où il est raisonnable;
  • de réduire les impacts sur les stocks de bois à long terme;
  • d’achever les inventaires des ressources naturelles dans la zone infestée.

Les éléments de la récupération de la valeur économique comprennent les inventaires des ressources minérales et énergétiques, l’exploration d’autres utilisations de la fibre pour le bois après le passage du dendroctone et les impacts écologiques. Le Secteur des sciences de la Terre de RNCan a exécuté l’élément d’inventaire, conjointement avec le Ministry of Energy, Mines and Petroleum Resources de la Colombie-Britannique et Geoscience B.C. Les deuxième et troisième éléments ont été exécutés au moyen de demandes de propositions; Forintek and Paprican (maintenant FPInnovations) et des chercheurs universitaires ont été les principaux bénéficiaires.

Protéger les forêts et les collectivités Ce composant avait pour objectif d’atténuer, dans la mesure où il est raisonnable, les impacts après le passage du dendroctone sur la santé et la sécurité communautaires et sur la durabilité des ressources forestières au moyen de deux éléments :

Élément 1 – Sécurité communautaire :

  • protection communautaire contre les feux irréprimés – en utilisant les demandes de clients des municipalités; environ 40 contributions par année;
  • protection des Premières nations contre les feux irréprimés – demandes des bandes et des conseils des Premières nations; environ 40 projets par année;
  • enlèvement des arbres dangereux des sites de loisirs – propositions annuelles de la province;
  • enlèvement des arbres dangereux des terres municipales – demandes de clients des collectivités et des municipalités.

Élément 2 – Ressources forestières :

  • évaluation des ressources forestières – au moyen de demandes de propositions de recherche;
  • assurer l’avenir des forêts et des collectivités – au moyen de demandes de propositions de recherche.

La pièce 6 qui suit présente les dépenses estimées de la RF-DPP pour chacun des composants susmentionnés entre 2006-2007 et 2009-2010.

Pièce 6 : Dépenses estimées de la RF-DPP par composant, 2006-2007 à 2009-2010 (en milliers de dollars)
Composants de la RF-DPP 2006-2007 réelles 2007-2008 réelles 2008-2009 estimées 2009-2010 projetées Total
Contrôler la propagation 20 829 28 434 15 952 6 697 71 912
Récupérer la valeur économique 1 517 3 355 6 003 238 11 113
Protéger les collectivités et les ressources forestières 3 454 3 891 6 554 3 076 16 975
Total 25 800 35 680 28 509 10 011 100 000

Source : Service canadien des forêts

1.5 Lutte antiparasitaire intégrée (LAI)

La section suivante donne un aperçu de la LAI. Les dépenses de la LAI de 18,4 millions de dollars entre 2006-2007 et 2009-2010 représentaient 11,6 % des dépenses de la sous-activité Perturbations forestières. Ces dépenses étaient presque entièrement des dépenses de F et E du SCF (remarquez que la LAI n’a pas été officiellement évaluée dans le présent rapport).

1.5.1 Contexte de la LAI

Généralement, le SCF ne s’engage pas dans la gestion des ravageurs forestiers sur le terrain (la RF-DPP était une exception) puisque cela relève de la responsabilités des provinces, des territoires, des municipalités, de l’ACIA dans les cas touchant les EEE et d’autres gestionnaires des terres comme les Premières nations. Le SCF travaille néanmoins en étroite collaboration avec ceux qui effectuent cette gestion et est le premier organisme fédéral qui fournit des outils et des renseignements à l’appui de ces activités. Une fonction importante du SCF à l’appui des activités de gestion des ravageurs est la création et la diffusion de connaissances par la recherche, y compris l’élaboration d’outils liés aux ravageurs forestiers. La LAI est le mécanisme de recherche fondamentale du SCF pour les ravageurs forestiers (aussi bien indigènes qu’exotiques). La LAI gère les recherches en cours qui précèdent et éclairent les autres programmes composants couverts par la présente évaluation (c.-à-d. SNLRF, EEEF et RF-DPP). Son principal extrant est des connaissances scientifiques issues de la recherche en foresterie dans des domaines liés aux ravageurs.

En 2008, les publications scientifiques du SCF ont été étudiées au moyen d’une analyse bibliométrique. Il n’existe aucune analyse séparée pour les ravageurs forestiers, même si des constatations générales sont disponibles pour les publications du SCF couvrant 10 domaines de recherche.Note de bas de page22 Lors de l’exécution de l’étude d’évaluation, une approche fondée sur les risques a été adoptée pour déterminer s’il est nécessaire et approprié de commander de nouvelles recherches. L’analyse bibliométrique a fait ressortir, de manière générale, que le SCF a assez bien réussi à produire des recherches en foresterie liées aux ravageurs, même si aucun renseignement précis n’était disponible sur les recherches sur la LAI. D’après l’analyse bibliométrique, les principaux domaines dans lesquels le SCF a publié des recherches sont l’entomologie et la sylviculture et régénération (respectivement 704 et 687 documents, par comparaison avec 503 documents ou moins pour les autres domaines). Les recherches sur les ravageurs forestiers tendent à être publiées dans ces domaines. En outre, on a déterminé que le SCF est très spécialisé en entomologie.

1.5.2 Rôle du SCF - RNCan

La LAI élabore des outils visant à aider les décideurs et les spécialistes à s’attaquer aux problèmes de gestion des ravageurs au Canada. En plus de son principal objectif, qui est de fournir aux intervenants des connaissances sur les ravageurs forestiers, la LAI offre les recherches et les outils qui appuient d’autres programmes de la sous-activité Perturbations forestières, comme la SNLRF, les EEEF et la RF-DPP. En fait, les extrants scientifiques du SCF pour ces programmes provenaient des chercheurs en ravageurs employés par le programme de LAI (c.-à-d. aucun employé de recherche supplémentaire n’a été engagé pour la SNLRF, les EEEF ou la RF-DPP). La recherche de la LAI est fondamentalement liée à ces autres projets et exécutions de projets du SCF en matière de ravageurs forestiers; il est donc difficile de séparer la LAI des autres programmes des perturbations par les ravageurs.

La LAI a pour objectif primaire de produire des connaissances sur les espèces de ravageurs prioritaires afin d’éclairer les trois principaux composants de l’analyse des risques :

  • évaluation des risques (biologie, écologie, impacts, technologie de surveillance, modélisation prédictive);
  • réponse aux risques (systèmes d’aide à la décision et produits et méthodes visant à éviter et à atténuer les pertes);
  • communication des risques (produits d’information fondés sur la science).

La LAI est composée d’activités de recherche menées partout au pays et concentrées dans les cinq centres de recherche du SCF, ainsi que de l’expertise stratégique de l’administration centrale du SCF à Ottawa. Les recherches du CFS sont liées à d’autres établissements canadiens et internationaux ou les partenariats sont des moyens importants d’échange de renseignements et d’optimisation de l’utilisation des ressources. Couvrant les ravageurs forestiers indigènes aussi bien qu’exotiques qui se sont établis au Canada, les trois principaux thèmes de la LAI sont les suivants :

  • fournir des données scientifiques et de l’expertise à la SNLRF;
  • développer et diffuser des connaissances et des outils sur les ravageurs forestiers;
  • développer et diffuser des connaissances et des outils sur les maladies importantes.

1.5.3 Activités et extrants de la LAI

Les activités de la LAI consistent principalement à gérer la recherche et à mettre au point les outils utilisés par les autres programmes de la sous-activité Perturbations forestières. Un examen des données de planification saisies dans ProMisNote de bas de page23 liste six principaux domaines d’activité :

  1. Connaissances biologiques et écologiques appuyant la LAI p. ex. analyser et modéliser la propagation des maladies et des insectes forestiers, mener des recherches biosystématiques sur les insectes ravageurs et bénéfiques et mener des recherches sur les relations écologiques des insectes pathogènes.
  2. Outils et méthodes de surveillance, de détermination et d’évaluation de la situation et des tendances des populations de ravageurs p. ex. évaluer et résumer les tendances dans les épidémies de ravageurs en Colombie-Britannique, déterminer le danger, les risques et les impacts des défoliateurs en Colombie-Britannique et mettre au point des méthodes et des procédures d’échantillonnage et d’étude.
  3. Impacts écologiques et socioéconomiques des perturbations attribuables aux ravageurs p. ex. étudier les impacts de la défoliation par la tordeuse à tête noire de l’épinette sur le sapin baumier et mener des recherches sur les impacts du dendroctone du pin ponderosa.
  4. Systèmes d’aide à la décision de la LAI p. ex. élaborer des systèmes d’aide à la décision en ce qui concerne les insectes forestiers et élaborer le système d’aide à la décision SprayAdvisor.
  5. Options de contrôle de la LAI p. ex. mettre au point la technologie des applications aériennes, coordonner le programme amélioré de gestion des ravageurs, commercialiser les produits de baculovirus et mener des recherches sur les impacts des pesticides forestiers sur les communautés microbiennes.
  6. Options de sylviculture et de prévention pour la LAI p. ex. mener des recherches sur la réduction des risques liés aux ravageurs par l’utilisation de la résistance des arbres hôtes, mener des recherches en sylviculture pour atténuer les dommages causés par la tordeuse des bourgeons de l’épinette à l’épinette blanche et étudier les effets de la préparation du site sur l’armillaria ostoyae.

1.6 Feux de végétation – S et T

La section suivante donne un aperçu de Feux de végétation – S et T. Le financement de 8,6 millions de dollars de ce programme entre 2005-2006 et 2009-2010 représentait 5,4 % du financement de la sous-activité Perturbations forestières.

1.6.1 Contexte du programme Feux de végétation – S et T du SCF

Entre 1980 et 2006, il y a eu au Canada une moyenne annuelle de 8 600 feux de végétation brûlant environ 2,5 millions d’hectares par années de forêts et de terres boisées.Note de bas de page24 Par comparaison, la superficie récoltée chaque année est d’environ un million d’hectares. La superficie brûlée varie considérablement d’une année à l’autre (p. ex. 0,3 millions d’hectares en 1978 par comparaison avec 7,5 millions d’hectares en 1989) et d’une région à l’autre (p. ex. la saison des incendies 2008 a été pire que d’habitude dans l’Est du Canada, considérablement inférieure à la normale dans le Centre du Canada et moyenne dans l’Ouest).Note de bas de page25 Selon le SCF, les coûts de la suppression des incendies au Canada varient de 500 millions de dollars à un milliard de dollars par an.Note de bas de page26 En outre, les feux de végétation contribuent grandement aux émissions de gaz à effet de serre. Lors des pires années pour les incendies, comme en 1995, les émissions directes des feux de végétation dans les forêts gérées représentaient jusqu’à 45 % des émissions totales de gaz à effet de serre du Canada.Note de bas de page27

En plus des coûts associés à la lutte contre les incendies, les feux de forêt représentent une menace pour l’économie, la santé et la sécurité publiques de même que les propriétés privées et les infrastructures.Note de bas de page28 D’importants coûts sont également encourus suite aux perturbations de l’activité économique découlant des fermetures de routes et de chemins de fer ainsi que de l’évacuation des collectivités menacées par le feu, en particulier les collectivités du milieu périurbain. Le Canada est témoin d’une augmentation de la probabilité, de la fréquence et de la gravité des incendies suite au changement climatique, aux infestations de ravageurs et de maladies. Les recherches laissent croire que la plupart des collectivités menacées par les feux de végétation sont situées dans des régions où on prévoit une augmentation de la superficie brûlée de 50 à 200 % suite au changement climatique.Note de bas de page29

La question de la responsabilité de la suppression des feux de végétation au Canada dépend de la compétence. Puisque la majorité des terres boisées et en friche relève de la compétence provinciale-territoriale, les provinces et les territoires sont généralement responsables de la détection et de la suppression des incendies. Le gouvernement fédéral a la responsabilité de contrer les menaces de feux de végétation sur les terres de l’État (c.-à-d. les parcs nationaux, les terres des Premières nations et les terres de la Défense nationale). Les grands propriétaires fonciers privés, en particulier les compagnies de foresterie, sont responsable de la gestion des incendies sur leurs terres. Enfin, les incendies qui se propagent aux régions périurbaines relèvent de la compétence des gouvernements municipaux.Note de bas de page30

1.6.2 Origines du programme Feux de végétation – S et T du SCF

Le SCF a mené des recherches dans le domaine des incendies depuis les années 1920. Au fil des ans, les sujets des recherches sur les incendies du SCF sont passés des techniques de suppression des incendies et des retardateurs chimiques améliorés à la science de l’écologie et du comportement des incendies. En plus de mener des recherches empiriques sur les incendies, le SCF élabore et tient des systèmes et des technologies d’information sur la gestion des incendies afin d’appuyer les décideurs et de respecter les engagements internationaux.

Le programme Feux de végétation – S et T appuie de nombreux efforts actuels visant à aborder les problèmes relatifs aux feux de végétation, entre autres:

  • La Méthode canadienne d'évaluation des dangers d'incendie de forêt (MCEDIF) lancée en 1968 et le Système canadien d'information sur les feux de végétation (SCIFV) qui doit être pleinement mis en œuvre en 2012 afin de surveiller et de prévoir les conditions de danger d’incendie dans tout le Canada.
  • Le Centre interservices des feux de forêt du Canada (CIFFC), fondé en 1982, pour faciliter l’échange de toutes les ressources (c.-à-d. information, ressources humaines, équipement et aéronefs) pendant les incendies; il a été évalué en 2007.Note de bas de page31
  • Faciliter l’élaboration continue de la Stratégie canadienne en matière de feux de forêt (SCFF), annoncée en 2005 sous forme d’accord fédéral-provincial de partage des coûts visant à aborder les défis émergents comme les changements climatiques, démographiques, économiques et industriels.Note de bas de page33 La SCFF est orientée par un groupe de travail du niveau des sous-ministres adjoints (codirigé par RNCan et la Colombie-Britannique) et vise à améliorer la gestion des feux de végétation par des mesures coordonnées entre les compétences, en mettant l’accent sur la sensibilisation, la préparation communautaire, la réaction aux feux et l’innovation. Même si la stratégie a été convenue, elle n’avait fait l’objet au moment de l’évaluation que d’une mise en œuvre minimale et aucun accord de partage des coûts n’avait encore été conclu.Note de bas de page33

1.6.3 Activités et extrants du programme Feux de végétation – S et T du SCF

Le rôle principal du SCF dans le programme Feux de végétation – S et T est de mener des recherches empiriques sur les incendies et d’élaborer et de tenir des systèmes et des technologies d’information sur la gestion des incendies afin d’appuyer les décideurs et de respecter les engagements internationaux.

Le fondement du programme Feux de végétation – S et T est l’intégration des nouvelles données scientifiques et des nouveaux résultats des recherches sur les incendies dans la MCEDIF et le SCIFV. Ces systèmes de technologie de l’information essentiels ont évolué de la simple mise en corrélation des mesures d’humidité et du climat vers des algorithmes informatiques de prévision des incendies et de simulations prédictives. Pendant la saison des incendies, la MCEDIF est la principale source de renseignements en temps quasi-réel sur les incendies utilisée par les organismes de gestion des incendies. Les organismes utilisent ces renseignements pour mieux affecter les ressources en matière de suppression et, dans certains cas, pour émettre des avis d’évacuation.

Les recherches sur les incendies menées par le SCF complètent également les recherches dans les domaines des pratiques liées aux forêts durables, de la dynamique émission-piégeage du carbone forestier, des processus de l’écosystème forestier de même que de la sécurité publique et de la protection civile.

Le composant de la Stratégie communautaire de lutte contre les incendies du programme Feux de végétation – S et T du SCF vise à utiliser les recherches sur les incendies pour adapter les technologies Préventifeu et pour élaborer des campagnes de sensibilisation communautaires en matière d’adaptabilité aux incendies. Préventifeu est un manuel qui offre aux personnes les outils nécessaires pour planifier et atténuer les risques d’incendie dans les zones périurbaines. Il utilise les recherches du SCF sur les incendies et est exécuté par Partners in Protection – une coalition albertaine sans but lucratif de professionnels représentant des associations et des organismes gouvernementaux nationaux, provinciaux et municipaux chargés des services d’urgence, de l’aménagement du territoire de même que de la gestion et de la recherche sur les forêts et les parcs.Note de bas de page34

Dans ce contexte, le SCF offre aux organismes de gestion des incendies des technologies de systèmes d’information sur les incendies pour :

  • la formation sur le comportement des incendies;
  • la planification de la prévention (p. ex. informer le public des dangers d’incendie imminents, réglementer l’accès à la forêt et les risques liés à l’utilisation publique et industrielle de la forêt);
  • la planification de la préparation (niveau de préparation et prépositionnement des ressources en suppression des incendies);
  • la planification de la détection (p. ex., recrutement pour les postes d’observateur de tour et itinéraire des aéronefs);
  • l’affectation des ressources en suppression des incendies;
  • les tactiques et les stratégies de suppression pour les feux de végétation actifs;
  • l’analyse de la situation pour les feux échappés;
  • la planification et l’exécution des brûlages dirigés;
  • l’évaluation des risques communautaires.

1.7 Impacts et adaptation liés aux changements climatiques (IACC)

La section suivante donne un aperçu du programme IACC. Les dépenses du programme IACC de 22,7 millions de dollars entre 2005-2006 et 2009-2010 représentaient 11,7 % des dépenses de la sous-activité Perturbations forestières. Toutes ces dépenses étaient des frais de F et E du SCF (remarquez que le programme IACC n’a pas été évalué dans le présent rapport).

1.7.1 Contexte du programme Impacts et adaptation liés aux changements climatiques

Une évaluation comprenant la composante scientifique du Programme de recherches sur les changements climatiques du SCF (SCF-CC) a été réalisée en 2008 et couvrait la période de 1999-2000 à 2006-2007.Note de bas de page35 L’évaluation a conclu qu’il existait un rôle légitime, approprié et nécessaire pour le gouvernement fédéral à l’appui du programme SCF-CC. Les activités du programme étaient sur la bonne voie pour produire les résultats attendus et l’évaluation a déterminé que le programme SCF-CC avait connu une période très productive.

L’évaluation de 2008 recommandait que le SCF améliore sa planification en matière de changements climatiques en expliquant clairement les objectifs, les ressources et les partenariats stratégiques principaux nécessaires, en décrivant l’élaboration et l’utilisation futures de propriétés intellectuelles clés comme le modèle de bilan du carbone et en cernant les principales données et infrastructures de surveillance forestière nécessaires pour mettre le plan en œuvre. L’évaluation recommandait également que le SCF mette l’accent sur les questions touchant la gestion de ses activités scientifiques sur le changement climatique, entre autres, clarifier le rôle de la science du changement climatique pour faire progresser les priorités du SCF, coordonner la recherche dans les centres régionaux et régler les problèmes de dotation et d’examen par les pairs.

Au moment de l’évaluation de 2008, la composante scientifique du programme mettait l’accent sur la recherche dans trois domaines :

  • Science du cycle du carbone, qui consiste à examiner le rôle des forêts dans le cycle du carbone, y compris la relation entre les forêts et l’atmosphère et le sol, l’effet des incendies forestiers, la séquestration et la libération de carbone par les forêts de même que la relation générale entre les forêts et le climat (ces travaux sont actuellement entrepris pour appuyer les autres composants de la sous-activité Perturbations forestières).
  • Modèle du bilan du carbone pour le secteur forestier canadien (MBC – SFC), qui tire parti de la recherche scientifique sur le cycle du carbone pour offrir un outil de soutien décisionnel à appliquer à la gestion dans le cadre des décisions stratégiques nationales sur le changement climatique, surtout les décisions liées aux obligations redditionnelles internationales découlant du Protocole de Kyoto, y compris un compte-rendu annuel de la contribution des forêts canadiennes aux émissions et aux puits de GES.
  • Recherche sur les impacts et l’adaptation, pour déterminer la vulnérabilité des forêts canadiennes au changement climatique en effectuant des recherches scientifiques sur les impacts des changements climatiques sur les forêts canadiennes et pour mettre au point des stratégies et des options d’adaptation.

Suivant l’évaluation de 2008, le programme IACC a considérablement évolué, y compris une intégration et une collaboration plus grandes avec les autres secteurs de RNCan grâce au groupe de travail horizontal sur l’adaptation au changement climatique. Les activités liées à la science du cycle du carbone et au Modèle du bilan du carbone ont été transférées à la sous-activité Écosystèmes forestiers, le reste du programme demeurant dans la sous-sous-activité Impacts et adaptation liés aux changements climatiques. Une partie de ce travail est éventuellement passée à la sous-activité Perturbations forestières.

1.7.2 Rôles de RNCan et du SCF dans le programme Impacts et adaptation liés aux changements climatiques

Grâce à des activités de recherche, de développement et d’analyse interdisciplinaires, la sous-sous-activité IACC actuelle offre des connaissances et des outils pour comprendre et permettre l’exécution de l’évaluation des risques, des vulnérabilités et des possibilités que présente le changement climatique pour les forêts et le secteur forestier canadiens. Elle cerne également les politiques et pratiques d’adaptation potentielles que les membres du secteur forestier pourraient mettre en œuvre pour améliorer la gestion forestière durable dans le contexte d’un climat changeant.

1.7.3 Activités et extrants du programme Impacts et adaptation liés aux changements climatiques du SCF

Au moment de la présente évaluation, la sous-sous-activité IACC comprenait trois activités, décrites ci-après :

  • élaborer un cadre et des outils d’aide à la décision applicables au niveau national et permettant l’évaluation intégrée des risques, des vulnérabilités et des possibilités présentées par le changement climatique pour les forêts et le secteur forestier canadiens;
  • fournir les nouvelles connaissances nécessaires pour estimer les effets cumulatifs et interactifs du changement climatique, des ravageurs forestiers et des feux sur la productivité des biens et services écologiques offerts par les forêts canadiennes;
  • cerner et évaluer la manière dont les nouvelles pratiques de gestion forestière (p. ex. en reboisement, en soins sylvicoles, en récolte), les instruments stratégiques et les accords institutionnels pourraient aider le secteur forestier à s’adapter au changement climatique.

1.8 Ressources générales au niveau de la sous-activité

La pièce 7 présente les dépenses générales de chaque programme de la sous-activité entre 2006-2007 et 2009-2010 (les années pour lesquelles des renseignements financiers détaillés étaient disponibles). La RF-DPP comptait pour plus de 60 % des dépenses totales de la sous-activité, de 158,9 millions de dollars pour ces années, alors que le programme Feux de végétation – S et T est le programme qui a utilisé le moins des ressources de la sous-activité, comptant pour à peine plus de 3 %.

Pièce 7 : Dépenses de Perturbations forestières par programme, 2006-2007 à 2009-2010
Version textuelle - pièce 7

La pièce 7 présente un graphique circulaire indiquant la répartition approximative du financement de RNCan à chacun des programmes de la sous-activité Perturbations forestières pour la période du 2006-2007 à 2009-2010. Pendant cette période, le financement total de la sous-activité Perturbations forestières fourni par RNCan était de 158,9 M$ : la Réponse fédérale à l’infestation par le dendroctone du pin ponderosa (RF-DPP) en a reçu environ 62,9 %, ou 100,0 M$; le programme Lutte antiparasitaire intégrée (LAI) a reçu environ 11,6 %, ou 18,2 M$; le programme Espèces exotiques envahissantes forestières (EEE) a reçu environ 11,5 % ou 18,2 M$; le programme Impacts et adaptation liés aux changements climatiques (IACC) a reçu environ 5,4 %, ou 8,6 M$; la Stratégie nationale de lutte contre les ravageurs forestiers (SNLRF) a reçu environ 5,3 %, ou 8,4 M$; le programme Feux de végétation (FV – S et T) a reçu environ 3,3 %, ou 5,2 M$.

La pièce 8 présente les dépenses de chaque sous-sous-activité par type de dépense (c.-à-d. exploitation et S et C) et par année pour 2006-2007 à 2009-2010, pour un total de 158,9 millions de dollars. Même si l’évaluation couvre également l’exercice financier 2005-2006, le système de suivi financier du SCF ne permet pas une ventilation détaillée des renseignements financiers opérationnels par programme pour cet exercice. Toutefois, le chiffre total de la sous-activité pour 2005-2006 est de 28,0 millions de dollars.Note de bas de page36 Le montant total pour la sous-activité, pour la période entière couverte par l’évaluation, est donc de 186,9 millions de dollars.

Pièce 8 : Dépenses de la sous-activité Perturbations forestières par programme, de 2006-2007 à 2009-2010 (en milliers de dollars)
Programme Dépenses 2006-2007 2007-2008 2008-2009 2009-2010 Total %
SNLRF Exploitation* 300 1 500 1 400 1 300 4 500
Contributions 0 200 1 000 2 700 3 900
Sous-total 300 1 700 2 400 4 000 8 400 5,3
EEEF Exploitation* 5 000 4 600 4 200 4 200 18 000
Contributions 150 100 250
Sous-total 5 150 4 700 4 200 4 200 18 250 11,5
LAI Exploitation* 5 100 4 700 4 200 4 300 18 300
Contributions 0 0 100 10 110
Sous-total 5 100 4 700 4 300 4 310 18 410 11,6
RF–DPP Exploitation* 1 000 4 900 11 000 1 000 17 900
Contributions 24 800 30 800 17 500 9 000 82 100
Sous-total 25 800 35 700 28 500 10 000 100 000 62,9
Feux de végétation – S et T Exploitation* 1 300 1 100 1 300 800 4 500
Contributions 200 200 100 200 700
Sous-total 1 500 1 300 1 400 1 000 5 200 3,3
IACC Exploitation* 2 300 2 100 2 400 1 500 8 300
Contributions 0 0 100 200 300
Sous-total 2 300 2 100 2 400 1 800 8 600 5,4
Sous-activité Exploitation au total 15 000 18 900 24 500 13 100 71 500
Contributions au total 25 150 31 300 18 800 12 110 87 360
Dépenses totales 40 150 50 200 43 200 25 310 158 860 100,0

*Comprend les salaires, le RASE, les dépenses de F et E et les immobilisations.
Source : données fournies par le SCF.
Remarques : Les chiffres de ce tableau sont tirés de l’Examen stratégique 2009 et des systèmes de suivi financier du SCF. Les chiffres pour 2008-2009 et 2009-2010 ont été calculés au moyen du système de suivi financier du SCF mis en œuvre en 2008-2009. Ce système permet une ventilation détaillée des dépenses par programme de la sous-activité Perturbations forestières pour 2008-2009 et 2009-2010, alors que les chiffres pour les années antérieures ont été extrapolés d’après la répartition des projets du SCF en 2008-2009 et 2009-2010. Les chiffres extrapolés sont en italique. Les données pour 2005-2006 n’étaient disponibles que dans les chiffres de l’Examen stratégique (28,0 millions de dollars), et uniquement au niveau de la sous-activité. Des discussions avec les gestionnaires de programme ont révélé qu’il serait impossible de ventiler avec exactitude ce chiffre par programme, alors il n’a pas été inclus dans le tableau.

2.0 Approche et méthodologie d’évaluation

2.1 Portée de l’évaluation et objectifs

L’évaluation a examiné la pertinence et le rendement (efficacité, efficience et économie) de la sous-activité Perturbations forestières. En adoptant une approche axée sur les risques, l’évaluation s’est principalement concentrée sur quatre des six composants de la sous-activité :

  • Espèces exotiques envahissantes forestières (EEEF);
  • Stratégie nationale de lutte contre les ravageurs forestiers (SNLRF);
  • Réponse fédérale à l’infestation par le dendroctone du pin ponderosa (RF-DPP);
  • Feux de végétation – Science et technologie (Feux de végétation – S et T).

Plus de la moitié des ressources de l’évaluation ont été concentrées sur la RF-DPP. Le programme Impacts et adaptation liés aux changements climatiques n’a pas été couvert dans cette étude. Le prédécesseur du programme, la composante scientifique du Programme de recherches sur les changements climatiques du SCF, a été évalué en 2008 et les constatations sont donc relativement récentes.

De la même manière, l’évaluation n’a pas couvert directement le programme Lutte antiparasitaire intégrée (LAI). Compte tenu des liens inhérents entre les activités et extrants de la LAI et ceux des autres programmes couverts dans la présente évaluation, on a estimé que l’impact de beaucoup d’extrants de recherche et de modélisation de la LAI serait examiné par extension dans le cadre de l’évaluation des programmes EEEF, SCLRF et RF-DPP (c.-à-d. que les constatations en ce qui concerne les recherches et les modélisations pour ces programmes s’appliquent également aux travaux de la LAI). En outre, les impacts des publications scientifiques du SCF ont déjà été étudiés au moyen de l’analyse bibliométrique incorporée à l’évaluation effectuée en 2008 du Programme de recherches sur les changements climatiques du SCF. Même s’il n’existe aucune analyse séparée pour les ravageurs forestiers, les constatations générales pour toutes les publications du SCF pertinentes à la LAI sont positives.

Lorsque la collecte des données pour l’évaluation a été achevée, il est apparu clairement que la LAI ne pourrait pas être couverte convenablement par des moyens secondaires. On a constaté que la LAI avait une taille et une portée considérablement plus grandes que ce que l’on avait cru à l’origine, lorsque les paramètres de la présente évaluation ont été fixés

2.2 Méthodes d’évaluation

L’évaluation comprenait un examen de la documentation, 108 entrevues avec des intervenants clés internes et externes de même que quatre études de cas touchant la RF-DPP.

La pièce 9 donne un aperçu des méthodologies employées dans l’évaluation.

Pièce 9 : Méthodes employées dans l’évaluation de la sous-activité Perturbations forestières
Programmes Documents examinés Entrevues Études de cas
EEEF 50 22
SNLRF 50 25
RF–DPP 387 41 4Note de bas de page37
Feux de végétation – S et T 50 20

Les 108 entrevues étaient réparties de la façon suivante :

Pièce 10 : Répartition des répondants aux entrevues par programme
Intervenants EEEF SCLRF RF-DPP Feux de végétation – S et T Total
RNCan–SCF 12 8 6 3 29
Autres ministères fédéraux 10 2 1 13
Gouvernements provinciaux et territoriaux 17 12 14 43
Universités 1 1 2
Industrie 4 4
Premières nations 4 4
ONG 2 1 3
Public 1 1
Représentants communautaires 9 9
Total 22 25 41 20 108

Un comité consultatif d’évaluation, composé de représentants du SCF et de l’Évaluation stratégique, a fourni une orientation générale à l’évaluation, a aidé à valider les données et les analyses et a fourni une rétroaction sur les instruments de collecte des données, les rapports sur les constatations et les ébauches du rapport d’évaluation.

2.3 Limites de l’évaluation

Même si l’étude a été conçue au moyen des méthodologies couramment utilisées en évaluation, certaines limites méthodologiques mineures doivent être prises en compte lors de l’interprétation des constatations.

La sous-activité Perturbations forestières couvre un vaste éventail d’activités et d’objectifs par les programmes qui la composent. Même si l’analyse des résultats a été effectuée à plusieurs niveaux, on a mis l’accent sur la présentation des constatations au niveau de la sous-activité. En conséquence, les constatations au niveau de chaque programme sont plus limitées.

À l’exception de la RF-DPP, l’évaluation s’est appuyée principalement sur deux sources de preuves : les examens de la documentation et les entrevues de fond.

L’évaluation de l’impact direct des recherches du SCF constitue un défi. La communauté canadienne de la science forestière est restreinte et il est difficile de séparer les producteurs de connaissances des utilisateurs de connaissances pour obtenir un point de vue impartial. Compte tenu du fait que les répondants ont été en partie recommandés par la direction et le personnel de programme du SCF, il est possible qu’une certaine partialité dans la sélection ait été introduite dans l’étude. Par contre, les limites budgétaires ont restreint l’éventail des intervenants. Le défi à relever est le fait que les recherches menées par le SCF éclairent les organismes de réglementation des gouvernements fédéral et provinciaux, qui transfèrent les nouvelles pratiques et politiques aux spécialistes en foresterie et aux autres utilisateurs finaux. Il s’agit d’une chaîne des impacts à parties multiples (c.-à-d. recherches ? organismes de réglementation ? spécialistes ? utilisateurs finaux) lequel rend l’attribution des résultats aux activités du SCF difficile pour les utilisateurs finaux des recherches.

3.0 Constatations de l’évaluation

3.1 Pertinence

Cette section décrit les constatations touchant la pertinence continue de la sous-activité et aborde les enjeux suivants :

  • liens avec les priorités gouvernementales;
  • caractère approprié du rôle fédéral;
  • besoin continu des programmes.

Résumé

Dans l’ensemble, il existe une justification claire pour les sous-sous-activités de la sous-activité Perturbations forestières.

D’après les engagements du gouvernement fédéral décrits dans les budgets fédéraux et les discours du Trône des dernières années, les objectifs des programmes de la sous-activité Perturbations forestières sont étroitement alignés avec les priorités gouvernementales.

L’évaluation a confirmé que le besoin pour les programmes de la sous-activité Perturbations forestières se maintient. Le changement climatique, les feux et les ravageurs ont des conséquences environnementales et économiques considérables et ces perturbations forestières continueront de se produire à l’avenir.

Il existe également un rôle clair pour la participation du gouvernement fédéral à la gestion des ravageurs forestiers et des incendies. Même si la gestion des forêts relève généralement de la compétence provinciale, la Loi sur les forêts et la Loi sur la protection civile donnent pour mandat à RNCan d’aider à gérer les forêts et à les protéger contre les incendies et les infestations, entre autres menaces.

3.1.1 Les sous-sous-activités reflètent-elles les priorités du gouvernement fédéral?

Oui.

Les enjeux contenus dans cette sous-activité ont été mentionnés à de nombreuses occasions dans les budgets fédéraux, les discours du Trône et la législation ces dernières années.

Dans le Budget 2005, le gouvernement a annoncé plus de 3 milliards de dollars en nouveaux investissements pour contrer le changement climatique et pour protéger notre environnement naturel. Ces investissements comprenaient des mesures pour contrer le changement climatique et renforcer le cadre législatif comme la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale et la Loi sur les espèces en péril, ce qui comprend un financement visant à élargir la science et la technologie du SCF sur les espèces exotiques envahissantes forestières pour assurer la gestion des ravageurs.

En 2005, le Canada a adopté une Stratégie nationale sur les espèces exotiques envahissantes, qui a été avalisée par les ministres fédéraux, provinciaux et territoriaux. Cette stratégie interministérielle est dirigée par Environnement Canada, et le SCF en dirige la partie touchant la foresterie. En outre, la SNLRF a été avalisée par les ministres fédéraux, provinciaux et territoriaux par l’intermédiaire du CCMF.

Le Budget 2006 a affecté 200 millions de dollars à RNCan, à Diversification de l’économie de l’Ouest et à Transports Canada pour lutter contre le dendroctone du pin ponderosa et pour contrer les impacts après le passage du dendroctone, en collaboration avec la province de la Colombie-Britannique. Il a également fourni 12,5 millions de dollars à l’appui de la SNLRF.

Les trois discours du Trône successifs prononcés entre 2007 et 2009 ont réitéré l’engagement du gouvernement fédéral à appuyer l’industrie forestière, y compris des mesures visant à aider les collectivités, à promouvoir l’innovation et à ouvrir des marchés étrangers.

3.1.2 Les sous-sous-activités reflètent-elles un rôle fédéral défini?

Oui.

Le gouvernement fédéral a compétence sur les questions de commerce et les questions internationales touchant les forêts, et a une expertise particulière dans les domaines de la compétitivité et de la durabilité des forêts. En vertu de la Loi sur le ministère des Ressources naturelles (1994), le ministre de RNCan a pour mandat :

  • d’aider à l’élaboration et à la promotion des capacités scientifiques et technologiques du Canada;
  • de participer à l’élaboration et à l’application de codes et de normes aux levés techniques et aux produits des ressources naturelles et pour la gestion et l’exploitation des ressources naturelles;
  • de chercher à améliorer le développement et l’exploitation durables des ressources naturelles du Canada, de même que la compétitivité des produits des ressources naturelles canadiens.

En vertu de la Loi sur les forêts, le ministre de RNCan « peut conclure des accords avec un gouvernement provincial ou toute personne pour la protection et la gestion des forêts ou leur utilisation, la conduite de recherches dans ce domaine ou la publicité ou la diffusion d’information sur les forêts. »

La Loi sur la protection civile oblige RNCan à disposer de plans d’intervention civils pour les urgences qui relèvent de son secteur de responsabilité ou qui y sont connexes. En 1995, le gouvernement a élaboré une politique de protection civile et a nommé RNCan comme responsable de « la prestation d’une aide et de conseils fédéraux pour combattre et confiner les incendies, la dégénérescence, les maladies, les infestations et les autres menaces pour les ressources forestières du Canada » [traduction]. Toutefois, le Plan fédéral d’intervention d’urgence de décembre 2009 mentionne un plan d’intervention en cas d’incendie en milieu périurbain sans attribuer de responsabilité ministérielle.

Il existe une longue tradition de collaboration entre les gouvernements fédéral et provinciaux et territoriaux sur les questions de foresterie par l’intermédiaire du Conseil canadien des ministres des forêts (CCMF). Le CCMF constitue une importante tribune permettant aux gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux responsables des forêts de travailler en collaboration afin d’aborder les principaux secteurs d’intérêt mutuel. Les priorités pancanadiennes liées à la transformation du secteur forestier de même qu’à l’adaptation au changement climatique et à l’atténuation du changement climatique sont les deux principales priorités du document « Une vision pour les forêts du Canada : 2008 et au-delà » du CCMF.Note de bas de page38 Le Conseil assure le leadership sur les enjeux nationaux et internationaux et établit l’orientation pour l’intendance et la gestion durable des forêts du Canada.

3.1.3 Existe-t-il un besoin continu pour ces sous-sous-activités?

Oui.

En ce qui concerne le changement climatique, Environnement Canada croit ceci : « Les changements climatiques constituent un des problèmes environnementaux les plus importants de notre époque, nécessitant des mesures urgentes de la part de tous les gouvernements et citoyen. ....Les répercussions potentielles des changements climatiques sont d'une portée considérable, touchant notre économie, nos infrastructures, notre santé, les paysages qui nous entourent et les espèces sauvages qui y vivent ».Note de bas de page39 Plusieurs programmes de RNCan, y compris ceux de la sous-activité Perturbations forestières, contribuent à la recherche, à l’analyse, à la communication et à la négociation sur le changement climatique et l’adaptation. On s’attend à ce que le changement climatique ait un impact profond sur l’équilibre du carbone des forêts canadiennes.

Les hivers plus doux ont déjà contribué à l’infestation majeure de dendroctone du pin ponderosa en Colombie-Britannique et à sa propagation récente, à travers les Rocheuses, jusqu’en Alberta.Note de bas de page40 Les ravageurs forestiers (insectes et maladies) continuent de causer d’importants dommages aux ressources et aux propriétés, avec des pertes annuelles moyennes de plus de 100 millions de mètres cubes de bois d’œuvre, plus de la moitié de la récolte annuelle, ce qui représente des milliards de dollars. Selon la Base de données nationale sur les forêts, en 2008, la superficie des forêts canadiennes défoliées par les insectes ou contenant des arbres tués par le DPP était de 13,7 millions d’hectares, soit environ huit fois la superficie brûlée par les feux de forêt.

Le changement climatique a également d’importantes répercussions sur les feux de forêt au Canada. Les chercheurs du SCF prévoient que la superficie de forêt brûlée chaque année au Canada doublera probablement avant la fin du siècle, entraînant de grosses émissions de carbone. Le changement climatique devrait également entraîner des sécheresses plus fréquentes et plus longues qui augmenteront le risque de feux de forêt.

3.2 Rendement (efficacité, efficience et économie)

L’évaluation couvre quatre programmes de la sous-activité Perturbations forestières : la Stratégie nationale de lutte contre les ravageurs forestiers (SNLRF), la Réponse fédérale à l’infestation par le dendroctone du pin ponderosa (RF-DPP), les Espèces exotiques envahissantes forestières (EEEF) et les Feux de végétation – S et T. Cette section présente les constatations liées au rendement.

Un modèle composite des résultats de la SNLRF, de la RF-DPP, des EEEF et des Feux de végétation – S et T de la sous-activité Perturbations forestières a été mis au point pour orienter l’analyse au niveau de la sous-activité.Note de bas de page41 Les constatations sont présentées au niveau général de la sous-activité et pour chaque programme, d’après les résultats immédiats, intermédiaires et ultimes du modèle composite des résultats. La pièce 11 qui suit indique comment chaque programme contribue à chaque résultat de la sous-activité dans le modèle composite des résultats.

Pièce 11 : Contributions des programmes aux résultats de la sous-activité Perturbations forestières
Résultats SNLRF RF-DPP EEEF Feux de végétation – S et T
Immédiats La capacité d’évaluation du risque de perturbation forestière est améliorée Oui Oui Oui Oui
La capacité de surveillance des perturbations forestières est améliorée Oui Oui Oui Oui
On contribue à l’élaboration de stratégies, de règlements et de normes Oui Oui Oui Oui
On élabore des options d’adaptation et d’atténuation Oui Oui Oui
On est conscient des enjeux liés aux ravageurs forestiers Oui Oui Oui
Des renseignements améliorés appuient la prise de décisions Oui Oui Oui Oui
Intermédiaires L’analyse des risques appliquée cerne les menaces efficacement Oui Oui Oui Oui
Les techniques appliquées de gestion des perturbations forestières réduisent les impacts économiques et écologiques Oui Oui
Les intervenants pertinents participent et le SCF collabore avec eux Oui Oui Oui Oui
Ultime On gère les perturbations forestières au Canada et on y réagit de manière efficace Oui Oui Oui Oui

3.2.1 À quel point les résultats souhaités et les objectifs en matière de rendement ont-ils été réalisés grâce aux programmes?

Résumé

Dans l’ensemble, la sous-activité Perturbations forestières semble être sur la bonne voie pour produire ses résultats immédiats et intermédiaires, mais de nombreux défis doivent être relevés pour appuyer pleinement les intervenants dans la gestion des perturbations forestières au Canada et dans les réponses à ces perturbations.

Les obstacles potentiels à la progression sont les suivants : l’attrition de personnel scientifique hautement qualifié, la capacité des provinces d’intensifier les travaux de surveillance, les stratégies de niveau national qui n’ont pas encore été pleinement mises en œuvre (c.-à-d. la SNLRF et la SCFF) de même que la nécessité d’autres recherches pour i) combler les lacunes en matière de gestion des ravageurs et des incendies et ii) mettre à jour les outils d’évaluation des risques et de surveillance dans le contexte du climat changeant. On doit remarquer que la mise en œuvre des stratégies nationales est une responsabilité partagée par le SCF avec les provinces.

Malgré ces obstacles, chacun des quatre programmes évalués a également produit de manière générale ou est en voie de produire ses extrants, et a accompli des progrès dans la réalisation de beaucoup de ses résultats. Les plus grands progrès accomplis touchaient le soutien de l’évaluation des risques et de la surveillance, la collaboration avec les provinces, les autres ministères fédéraux et les groupes internes, l’identification des menaces, de même que la protection des ressources naturelles de l’industrie forestière canadienne au pays et dans les exportations.

Résultats immédiats

La section suivante évalue les progrès des quatre programmes évalués en ce qui concerne les résultats immédiats de l’ensemble des programmes de la sous-activité Perturbations forestières.

Résultat immédiat 1 : La capacité d’évaluation du risque de perturbation forestière est améliorée

Résumé

Dans l’ensemble, les programmes en matière de perturbations forestières ont augmenté la capacité d’évaluation des risques. Les preuves indiquent que le SCF a collaboré avec les provinces et d’autres organismes fédéraux aux efforts d’évaluation des risques, ce qui a mené à l’élaboration de plusieurs cadres des risques et outils prédictifs pour les ravageurs et les incendies. Ces efforts ont été bien reçus par les intervenants provinciaux et fédéraux. Même si la capacité a augmentée, on a cerné dans les programmes individuels des lacunes susceptibles d’entraver les progrès futurs. Parmi ces lacunes, notons la diminution de l’expertise scientifique et les évaluations des risques limitées dans les nouveaux secteurs (cela était particulièrement évident pour le programme Feux de végétation – S et T).

SNLRF

La SNLRF a contribué à améliorer la capacité d’évaluation des risques de perturbations forestières par la création d’un cadre d’analyse des risques et la collaboration avec les provinces. Toutefois, certains répondants provinciaux ont indiqué que la capacité supplémentaire ne s’était pas encore matérialisée dans leur compétence.

Preuve
  • La plupart des personnes interviewées au niveau fédéral et plus de la moitié des personnes interviewées au niveau provincial ont indiqué que des réalisations avaient eu lieu dans ce secteur de résultat. Les preuves fournies par les personnes interviewées comprennent le cadre d’analyse des risques, la collaboration avec le SCF aux analyses des risques pour l’agrile du frêne et le DPP, l’atelier sur l’analyse des risques dirigé par l’ACIA en 2009 et l’utilisation du financement de contribution de la SNLRF pour embaucher des employés provinciaux.
  • Certaines personnes interviewées au niveau provincial ont mentionné que la capacité d’évaluation des risques n’avait pas augmenté. Malgré les efforts fédéraux, les ressources humaines et financières limitées dans certaines provinces les avaient empêchées de profiter des nouveaux outils d’évaluation des risques.
  • Certaines personnes interviewées aux niveaux fédéral et provincial ont également fait remarquer que la portée de l’analyse des risques est limitée aux zones où il existe déjà des données de surveillance, puisqu’aucun investissement n’a été réalisé pour parvenir à une surveillance complète du terrain. Par exemple, l’approche adoptée pour l’évaluation des risques touchant la tordeuse des bourgeons de l’épinette a été perçue comme mettant l’accent exclusivement sur le Québec, pour un ravageur que l’on trouve de l’Alberta jusqu’aux Maritimes atlantiques.

RF-DPP

La RF-DPP a contribué à l’augmentation de la capacité d’évaluation des risques en achevant des modèles de risques qui sont maintenant utilisés pour prévoir le schéma de progression vers l’est du dendroctone du pin ponderosa.

Preuve
  • Le financement de la RF-DPP a appuyé la collecte de données d’études de mortalité hiémale du DPP au sol, données qui ont été utilisées pour cerner les secteurs infestés des terres d’État provinciales ayant le plus grand potentiel de production de dendroctone contribuant à la propagation vers l’est en Alberta. Un modèle pour prévoir la mortalité hiémale du DPP a été élaboré et opérationnalisé aux fins d’utilisation en Alberta.
  • En outre, le programme a appuyé l’élaboration d’un modèle de connectivité de différents secteurs en ce qui concerne la propagation du DPP. La modélisation de la connectivité a fourni de meilleures connaissances permettant de cerner les secteurs dont le traitement doit être priorisé.

EEEF

Le programme EEEF a amélioré la capacité d’évaluer les risques associés aux espèces exotiques introduites intentionnellement et aux voies d’entrée non intentionnelles. Les contributions à la réussite dans ce domaine comprennent la collecte de données, des modèles spatiaux prédictifs et des cartes des risques pour les nouvelles menaces envahissantes.

Preuve
  • Les intervenants provinciaux aussi bien que fédéraux conviennent que le SCF a amélioré sa capacité de cerner les risques. Par exemple, le SCF a mis au point des méthodes et des outils d’analyse des risques qu’il partage avec ses partenaires provinciaux, nationaux et internationaux. Cela fait partie de l’effort fédéral concerté visant à évaluer les risques environnementaux, économiques et sociaux posés par les ravageurs forestiers.
  • Le personnel du SCF a compilé des jeux de données sur les insectes ravageurs potentiels comme les espèces de foreurs du bois qui s’attaquent aux cèdres. Des outils de modélisation et de cartographie des risques ont également été mis au point en collaboration avec le U.S. Department of Agriculture. Ces outils peuvent être appliqués au longicorne brun de l’épinette lorsqu’il faut comprendre le taux de propagation.
  • Le SCF a effectué une modélisation des secteurs à risque au Canada qui peut être utilisée pour prioriser la surveillance et pour mieux comprendre les endroits présentant les plus grands risques. Le SCF a également mené des études sur l’importation des pépinières et sur les secteurs forestiers adjacents et a pu confirmer que les points d’entrée au Canada sont des secteurs à risque élevé.

Feux de végétation – S et T

En vertu du programme Feux de végétation – S et T, la Méthode canadienne d'évaluation des dangers d'incendie de forêt (MCEDIF) et ses sous-systèmes sont les principaux éléments contribuant à améliorer la capacité d’évaluation des risques. Ces outils sont très utilisés, mais le système n’a pas été mis à jour depuis 1992 et il semble que les intervenants provinciaux et territoriaux ne sont pas au courant des nouvelles recherches du SCF dans ce domaine.

Preuve
  • La capacité de prévision de l’occurrence, du comportement et de la gravité des incendies dépend en grande partie de la MCEDIF et de ses deux sous-systèmes : la Méthode de l’indice forêt-météo (IFM) et la Méthode de prévision du comportement des incendies de forêt (PCI). Ce système, qui est en développement depuis 1968, est utilisé de manière généralisée par toutes les compétences, durant toute l’année. La dernière mise à jour a eu lieu en 1992, année de l’ajout du sous-composant PCI. Ce manque de mise à jour a été cerné comme une lacune et beaucoup de personnes interviewées ont mentionné la nécessité d’améliorer le système actuel.
  • Même si la MCEDIF est beaucoup utilisée, il existe des lacunes en matière de recherches dans le domaine du changement climatique et des différents types de forêt (p. ex. boréale, acadienne, etc.). Selon les personnes interviewées, ces lacunes ont affecté la capacité des intervenants de prévoir l’occurrence, le comportement et la gravité des incendies. Toutefois, elles font actuellement l’objet des efforts de recherche du SCF.
  • La majorité des compétences a indiqué que le personnel avait suivi une formation sur la MCEDIF (y compris ses sous-systèmes), la formation sur le comportement des incendies étant la formation la plus citée. Actuellement, deux cours nationaux sur le comportement des incendies sont offerts par le Centre interservices des feux de forêt du Canada (CIFFC).
  • La majorité des répondants a indiqué que les recherches du SCF avaient fourni « une certaine quantité » ou « beaucoup » de renseignements sur les impacts du changement climatique sur les risques d’incendie. En même temps, beaucoup ont reconnu la nécessité d’autres recherches dans ce domaine. Parmi les besoins de recherche signalés par les personnes interviewées, mentionnons : une amélioration continue pour quantifier les risques d’incendie, une meilleure intégration et de meilleurs liens entre les recherches sur le changement climatique et sur les risques d’incendie de même que des renseignements généraux accrus à l’intention de la communauté de la gestion des feux de végétation.

Résultat immédiat 2 : La capacité de surveillance des perturbations forestières est améliorée

Résumé

Les activités et le financement en S et T du SCF en vertu de la sous-activité Perturbations forestières ont contribué à accroître la capacité de surveillance des perturbations forestières, principalement en ce qui concerne les ravageurs indigènes et exotiques envahissants. Même si la capacité de surveiller les perturbations par le feu existe depuis un certain temps, les intervenants croient généralement que des efforts de mise à jour ou d’expansion de ces outils sont nécessaires. En ce qui concerne les ravageurs indigènes et les espèces exotiques envahissantes, certains intervenants ont indiqué que des efforts accrus sont nécessaires pour appuyer le remplacement d’employés hautement qualifiés (au SCF et dans les provinces) et que des activités de surveillance supplémentaires sont actuellement requises.

SNLRF

Les intervenants conviennent généralement que la SNLRF a accompli des progrès dans l’amélioration de la capacité de surveillance afin d’évaluer les perturbations forestières. Les provinces et territoires et le gouvernement fédéral ont collaboré à cette fin. Toutefois, on s’inquiète de l’érosion, au fil du temps, des effectifs du SCF qui connaissent bien ces technologies de surveillance et du fait que même si la capacité de surveillance s’est améliorée, un problème de capacité se dessine à l’horizon.

Preuve
  • La plupart des répondants provinciaux estiment que des progrès ont été accomplis en matière de surveillance, même si certains ont indiqué que le résultat en est à ses premières étapes et que les outils prédictifs sont toujours en cours d’élaboration. Les répondants provinciaux ont indiqué que la connaissance de ces technologies et l’accès à ces technologies s’étaient améliorés par une augmentation de l’interaction sous forme de dialogue et de réunions entre les provinces, en particulier dans les régions.
  • Les répondants fédéraux ont unanimement convenu que des progrès ont été accomplis dans les travaux de surveillance et de diagnostic grâce aux accords de contribution avec les provinces, à l’échange de renseignements sur les approches et les techniques, à la formation et à l’élaboration de nouveaux outils comme les appâts à base de phéromone.
  • Les preuves en matière de capacité des ressources humaines semblent être mixtes. Une personne interviewée au niveau fédéral a indiqué qu’un réseau d’expertise en surveillance et diagnostic était en cours d’établissement. En outre, le financement de la SNLRF a aidé la C.-B. à mener une étude visant à examiner la situation de la surveillance et du diagnostic dans l’ensemble du Canada, à cerner les lacunes et à définir un format pour normaliser les différents systèmes afin de pouvoir échanger des données entre les compétences. Les répondants provinciaux ont fait remarquer qu’une étude utile (dans le cadre de l’effort dirigé par la C.-B.) de la capacité de diagnostic et de taxonomie au sein des provinces et des organismes fédéraux avait été menée et qu’elle démontrait que l’expertise hautement qualifiée disparaissait avec les départs à la retraite.
  • Plusieurs personnes interviewées au niveau provincial ont indiqué qu’une lacune majeure en surveillance et diagnostic n’avait pas été comblée par la SNLRF. Ces personnes ont expliqué que puisque les provinces disposent de systèmes de surveillance établis depuis longtemps, il sera coûteux d’aligner leurs méthodes et d’augmenter la superficie surveillée. Toutefois, sans cet alignement, il demeurera difficile de diagnostiquer les perturbations intergouvernementales par les ravageurs forestiers.

RF-DPP

La RF-DPP a contribué à améliorer la capacité de surveillance des perturbations forestières par de nombreuses activités ayant amélioré l’aptitude à délimiter et à caractériser les zones forestières tuées par le dendroctone. Cela comprend les méthodologies de télédétection pour analyser les caractéristiques changeantes de la forêt de même que les constatations hydrologiques touchant les pratiques forestières dans les zones riveraines et l’effet de la coupe de récupération sur les sous-bassins hydrologiques.

Preuve
  • La RF-DPP a appuyé l’élaboration de méthodologies d’analyse des changements dans les caractéristiques des forêts. La recherche en télédétection a amélioré l’aptitude à délimiter et à caractériser les zones forestières tuées par le dendroctone en cartographiant le bois mort et en déterminant l’année de la mort.
  • La RF-DPP a financé de nombreux projets de cartographie, d’étude et de recherche conçus pour améliorer la connaissance de l’inventaire. On compte au nombre de ces projets le traitement de l’image des photos aériennes pour les unités de gestion de Quesnel et de Fort St. James, qui a fourni des intrants opportuns aux planificateurs du contrôle de la propagation et de la récupération, la recherche sur les changements temporels dans les attributs de qualité du bois du pin tordu latifolié tué sur pied par le dendroctone, un projet de recherche visant à étudier la technologie de télédétection hyperspectrale aux fins d’élaboration d’applications en gestion des ressources naturelles, de même que les constatations préliminaires touchant l’utilisation du LIDAR (détection et télémétrie par ondes lumineuses : une technologie de télédétection optique qui mesure les propriétés de la lumière dispersée pour déterminer la distance et/ou d’autres renseignements sur une cible distante) et de l’imagerie aérienne numérique comme outils d’échantillonnage pour caractériser la quantité de bois tué par le dendroctone du pin ponderosa.
  • L’élément des Terres boisées de l’État provincial a mis en œuvre des mesures de détection et de contrôle dans le sud des Rocheuses pendant chaque année du programme. Il s’agissait d’un secteur prioritaire pour la RF-DPP et cela respectait la grande priorité albertaine consistant à protéger ses bassins hydrographiques et ses forêts de pins matures sur le versant est des Rocheuses. Cet élément a également mis en œuvre des mesures de détection et de contrôle dans les régions de la rivière Peace Sud et Nord en C.-B. et les régions adjacentes de la rivière Smoky et du Petit lac des Esclaves en Alberta.
  • La modélisation prédictive de la propagation du DPP est très précieuse pour les intervenants des gouvernements fédéral et provinciaux. Les modèles du DPP mis au point dans le cadre de la RF-DPP sont actuellement utilisés par la C.-B. et l’Alberta dans le cadre de leur réaction au DPP.

EEEF

Les contributions du programme EEEF à l’amélioration de la surveillance comprennent la recherche et le développement de nouveaux outils de surveillance et de détection (pour la surveillance nationale et internationale) pour plusieurs espèces exotiques envahissantes prioritaires. Même si les personnes du SCF interviewées convenaient que la capacité de surveillance avait augmenté, certains intervenants d’autres ministères fédéraux ont exprimé des préoccupations quant au fait que la capacité de surveillance n’avait pas réellement augmenté.

Preuve
  • Les personnes du SCF interviewées ont indiqué que le financement du programme EEEF avait contribué aux progrès en surveillance, comme les nouveaux outils de détection rapide, les outils moléculaires et les nouvelles techniques, en particulier pour l’utilisation dans les centres urbains. Selon ces personnes interviewées, le SCF a également mis au point des méthodes de surveillance, de détection et d’identification pour le longicorne asiatique, l’agrile du frêne, le chancre du noyer cendré, le chancre scléroderrien (souche européenne), l’encre des chênes rouges et la rouille des feuilles de peuplier.
  • En ce qui concerne la surveillance des menaces internationales (c.-à-d. importation), le SCF aide l’ACIA à tenter continuellement de cerner les voies d’entrées qui présentent un risque élevé d’entrée ou de sortie de ravageurs du Canada. Par exemple, le SCF offre à l’ACIA des conseils sur les méthodes de détection et la sélection des sites et des arbres à échantillonner. Le SCF contribue aux discussions du comité de surveillance du programme EEEF et a influé sur les décisions touchant la taille des zones de surveillance.
  • Même si certaines personnes interviewées dans d’autres ministères fédéraux étaient d’accord pour dire que RNCan avait augmenté sa capacité grâce au programme EEEF, d’autres croyaient qu’il n’y avait pas eu une telle augmentation. Un répondant a offert une explication possible de cette perception, faisant remarquer que la capacité disponible avec le financement actuel laisse subsister des lacunes dans tous les aspects du programme EEEF, y compris la surveillance et le diagnostic, les nouveaux outils, les politiques, les évaluations économiques et les recherches de base.

Feux de végétation – S et T

Le programme Feux de végétation – S et T gère les outils utilisés pour surveiller les perturbations par le feu, comme la MCEDIF et le SCIFV. Toutefois, même si ces outils sont reconnus comme étant importants, aussi bien leurs utilisateurs que les autres conviennent qu’ils doivent être mis à jour pour refléter les conditions forestières actuelles et les besoins en matière de surveillance des provinces.

Preuve
  • La MCEDIF et ses deux sous-systèmes – la Méthode de l’indice forêt-météo et la Méthode de prévision du comportement des incendies de forêt – contribuent à la capacité de surveillance des perturbations forestières. Comme on l’a déjà mentionné, même si le système est très utilisé depuis sa création en 1968, et compte tenu du fait que la dernière mise à jour des systèmes date de 1992 et depuis, la capacité ne s’est pas développée.
  • Une fois pleinement mis en œuvre (ce que l’on prévoit pour 2012), le SCIFV surveillera les conditions de danger d’incendie dans l’ensemble du Canada en fonction des bulletins météorologiques et des images des incendies tirées des renseignements obtenus par satellite. Les répondants ont exprimé une certaine confusion quant à ce qu’est réellement le SCIFV ou à la manière dont il peut être utilisé. Ceux qui ont accordé une note basse à son importance ont indiqué que c’était en raison de la complexité du système, du manque d’interopérabilité avec les systèmes provinciaux et territoriaux, de la granularité insuffisante et de la nécessité d’adapter et de raffiner davantage le système afin de refléter les types de forêts qui se trouvent dans leurs compétences.
  • Beaucoup d’intervenants interviewés considéraient l’amélioration du SCIFV comme une grande priorité. Ils ont indiqué que les changements constants dans la composition des forêts que connaissent de nombreuses compétences doivent être reflétés dans le système, sinon son utilisation comme outil d’aide à la décision serait compromise.

Résultat immédiat 3 : On contribue à l’élaboration de stratégies, de règlements et de normes

Résumé

Les programmes de la sous-activité Perturbations forestières ont apporté beaucoup de grandes contributions à l’élaboration de stratégies, de règlements et de normes au niveau national aussi bien qu’international. Ces contributions ont généralement été les suivantes : le SCF menait des recherches, était représenté au sein de comités et de conseils et remplissait une fonction d’organisateur des stratégies nationales. Il y a toutefois des indices qui laissent croire que la réussite n’était pas répartie également entre tous les programmes. Les intervenants s’inquiètent toujours du fait que, pour être pleinement réalisée, la Stratégie canadienne en matière de feux de forêt (SCFF) exige davantage de recherches et que la SNLRF a encore beaucoup de chemin à parcourir. Puisque ces stratégies sont des partenariats provinciaux-fédéraux, leur réussite dépend du niveau de collaboration entre les secteurs fédéral et provincial, y compris les investissements.

SNLRF

Certains progrès ont été accomplis dans la mise en œuvre de la SNLRF. Le programme a établi les mécanismes de gouvernance, cerné les principales lacunes en matière de recherches et communiqué la Stratégie lors du forum national sur les ravageurs. Toutefois, les intervenants ont exprimé certaines préoccupations touchant le plan de S et T et la durabilité de la Stratégie.

Preuve
  • Les intervenants ont cerné les principales lacunes en matière de S et T et ont fait remarquer qu’un plan visant à combler ces lacunes a été préparé. Toutefois, le SCF et les provinces ne s’entendent pas sur la viabilité du plan, puisque certaines personnes interviewées estimaient qu’il n’était pas complet et que d’autres ne croyaient pas qu’il cernait toutes les lacunes en matière de recherches (bien que l’absence d’une compréhension partagée du plan de S et T par les répondants fédéraux et provinciaux puisse expliquer les divergences d’opinions).
  • Le programme a eu un succès mitigé dans la création d’une stratégie nationale. Même si de bons progrès ont été accomplis dans certains domaines de la gouvernance, y compris un groupe de travail et des organes subsidiaires fonctionnels au sein du CCMF, la durabilité à long terme demeure non résolue. En outre, la majorité des intervenants interviewés estimait que l’étude coûts-avantages – conçue pour démontrer les avantages de la pleine mise en œuvre de la SNLRF par rapport au coût de l’investissement – comportait d’importantes lacunes analytiques.
  • La SNLRF a été un sujet régulier lors du forum national sur les ravageurs ces dernières années. On a fait remarquer que le forum avait été un moyen efficace pour faire avancer la Stratégie, les renseignements et la rétroaction circulant dans les deux directions entre le SCF et les provinces.

RF-DPP

Même si les contributions à l’élaboration de stratégies, de règlements et de normes ne faisaient pas partie des résultats du programme RF-DPP, ce programme a apporté une contribution aux stratégies élaborées par les gouvernements de la Colombie-Britannique et de l’Alberta pour contrôler l’épidémie de DPP.

EEEF

Le programme EEEF a permis au SCF de fournir la S et T et l’analyse des risques émergents aux nouvelles lois et politiques. Par exemple, le SCF a fourni des conseils scientifiques en matière d’analyse stratégique sur la Norme internationale pour les mesures phytosanitaires numéro 15 relative aux matériaux d’emballage en bois (NIMP 15)Note de bas de page42, a participé aux comités internationaux liés aux EEE et a entretenu une interaction étroite et continue avec l’ACIA au sujet des politiques et règlements. Certains autres ministères fédéraux ont toutefois exprimé des préoccupations quant au fait que davantage de progrès sont nécessaires pour respecter le niveau actuel de la menace.

Preuve
  • Les chercheurs du SCF participent, à titre de membres ou de présidents, aux comités consultatifs scientifiques nationaux et internationaux afin de fournir des conseils scientifiques et d’expert en la matière sur les questions liées aux EEE. Les répondants des autres ministères fédéraux convenaient généralement que RNCan avait exercé une influence positive sur la scène internationale. Par exemple, le SCF est le coordonnateur adjoint du groupe de travail « Espèces exotiques envahissantes dans le commerce international » de l’International Union of Forest Research Organizations.
  • Les employés de RNCan interviewés ont indiqué que le SCF avait joué un rôle majeur et avait influé sur les normes, les politiques et la science touchant les EEE. Ils ont indiqué que le SCF avait contribué à l’élaboration de politiques par sa participation à deux comités techniques de l’Organisation nord-américaine pour la protection des plantes (espèces envahissantes et foresterie), par ses contributions à l’élaboration et à la mise en œuvre de la NIMP 15, par l’élaboration et l’application de pièges à insectes utilisant des appâts aux phéromones et par l’intérêt porté par les États-Unis à sa base de données renfermant 50 ans de données historiques sur les enquêtes phytosanitaires.
  • Les employés de RNCan et de l’ACIA interviewés ont tous convenu que le SCF fournissait des conseils scientifiques réguliers à l’appui de la législation, de la réglementation et des cadres stratégiques (que l’on estimait manquer de renseignements en S et T avant le programme EEEF). Les travaux du SCF sur les EEE sont utilisés par l’ACIA pour rédiger des règlements visant à confiner les EEE sans restreindre l’industrie ou l’élaboration des lignes directrices nationales de l’ACIA sur les EEE. Les travaux de recherche et d’évaluation des risques sur l’encre des chênes rouges ont contribué aux lignes directrices nationales de l’ACIA.
  • Les recherches menées dans le cadre du programme EEEF ont également influé sur les normes techniques (y compris les normes phytosanitaires) d’autres pays, ouvrant des régions au commerce des essences de bois canadiennes. Par exemple, dans les exportations de bois vert canadien, le SCF a abordé les mesures phytosanitaires soulevées par le marché émergent de l’Inde. Le SCF a fourni des conseils scientifiques étayant la position canadienne sur les risques posés par nos exportations de bois vert, offrant ainsi un soutien à l’accès aux marchés pour les produits de bois de résineux canadien. En conséquence des données partielles tirées de recherches liées à la norme de 2002 sur les emballages en bois, l’Union européenne a abandonné une loi qui aurait exigé l’enlèvement complet de l’écorce, ce qui a évité des coûts considérables pour l’industrie.
  • Toutefois, parmi les répondants issus d’autres ministères fédéraux, les points de vue sont partagés en ce qui concerne la capacité du SCF de fournir des conseils sur les mesures phytosanitaires nationales et internationales. Certains répondants ont indiqué que même s’il y a eu des progrès, ces mesures sont loin de respecter le niveau actuel de la menace.

Feux de végétation – S et T

Le programme Feux de végétation – S et T a apporté d’importantes contributions scientifiques à la Stratégie canadienne en matière de feux de forêt (SCFF). Le SCF a apporté des contributions aux comités du CIFFC et du CCMF sur les incendies et a fourni des conseils stratégiques à de plus petites compétences au Canada. Toutefois, il subsiste des préoccupations quant au fait que, même si les travaux initiaux sur la SCFF ont été achevés, il demeure des lacunes à combler pour finaliser la stratégie. En outre, certaines personnes interviewées au niveau provincial ont cerné des lacunes en matière d’information qui pourraient être comblées par d’autres efforts de recherche de la part du SCF afin d’aider leur compétence à formuler des politiques.

Preuve
  • Les contributions du SCF en science, en politiques et en gouvernance à l’élaboration de la Stratégie canadienne en matière de feux de forêt (SCFF) sont largement reconnues par les principaux intervenants interviewés. Toutefois, la SCFF n’a été mise en œuvre que de manière minimale jusqu’à maintenant et les discussions actuelles pour faire des progrès sur la SCFF sont incomplètes. Par exemple, la mise à jour de 2008-2009 sur la situation de la SCFF du CCMF indique que seulement 5 % du financement convenu a été engagé par les partenaires provinciaux, ce qui a engendré un certain succès dans les efforts coordonnés de préparation et de suppression des incendies.Note de bas de page43
  • Selon les dossiers du SCF, des dispositions ont été prises relativement à des entreprises scientifiques visant à faire progresser la SCFF et on a alloué en février 2010 des sommes pour les travaux de politiques et de gouvernance nécessaires pour achever la SCFF avec les partenaires provinciaux et territoriaux. Toutefois, aucun plan de communication ne ressort pour pousser l’élaboration de la SCFF. Il est important de remarquer que la responsabilité générale de la SCFF incombe au CCMF. Le SCF joue un rôle important en raison de sa capacité de recherche, mais il n’est que l’une des 14 compétences concernées.
  • Alors que beaucoup de personnes interviewées reconnaissent la connexion historique entre les recherches du SCF et la SCFF, peu d’entre elles sont au courant de quelque travail en cours et elles ont exprimé leur déception à l’égard du manque de progression dans la mise en œuvre de la Stratégie.
  • Le SCF a participé activement aux comités sur les incendies du CIFFC et du CCMF et il fournit des conseils sur les questions de politiques et de gouvernance. À l’extérieur du CCMF et du CIFFC, beaucoup de répondants ont fait état de consultations personnelles officieuses avec des chercheurs du SCF. Certaines compétences plus petites comptaient sur les conseils du SCF pour formuler des politiques sur des questions particulières. Toutefois, les plus grosses provinces ont signalé utiliser leurs experts internes et compter très peu ou pas du tout sur le SCF pour formuler des politiques. Certaines provinces et certains territoires ont cerné des lacunes en matière de recherches scientifiques en foresterie qui, comblées par le SCF, aideraient à formuler de nouvelles politiques sur des questions comme la préparation aux incendies.

Résultat immédiat 4 : On élabore des options d’adaptation et d’atténuation

Résumé

La sous-activité Perturbations forestières contribue à l’élaboration d’options d’adaptation et d’atténuation par les recherches du SCF. Les réussites en matière d’élaboration d’options d’adaptation et d’atténuations ont été plus évidentes pour les programmes RF-DPP et EEEF que pour les autres programmes de la sous-activité. Il convient également de remarquer, dans les programmes de la SNLRF et EEEF, que les intervenants fédéraux et provinciaux ne sont généralement pas d’accord sur la progression de ces initiatives intergouvernementales et que les intervenants provinciaux perçoivent un plus grand besoin d’autres recherches sur l’adaptation et l’atténuation.

SNLRF

Les intervenants fédéraux et provinciaux ont des points de vue divergents sur la question de savoir si la SNLRF a mené à l’élaboration d’options d’adaptation. Les intervenants fédéraux indiquent généralement que des progrès ont été accomplis, contrairement à beaucoup d’intervenants provinciaux. Cela semble être lié à une lacune perçue dans les recherches scientifiques sur les options de gestion des ravageurs.

Preuve
  • Environ la moitié des répondants provinciaux ne croyait pas que les options d’adaptation à la gestion des ravageurs avaient augmenté.
  • Certains répondants provinciaux ont indiqué que les options de gestion des ravageurs n’avaient pas été pleinement élaborées, exigeaient la poursuite des recherches et n’étaient donc pas plus avancés qu’avant la SNLRF. Par exemple, les options de gestion des ravageurs ont été décrites par un répondant provincial comme un domaine où il subsiste des lacunes majeures et chroniques.
  • À l’inverse, les répondants fédéraux ont une opinion généralement positive de la progression de la SNLRF sur l’élaboration d’options d’adaptation. Ils ont indiqué que les études de cas d’analyse des risques ont mené à l’élaboration d’options de gestion des ravageurs.

RF-DPP

Le programme RF-DPP a accompli des progrès dans l’élaboration d’options d’adaptation pour l’industrie, les collectivités et les zones écologiques touchées par le DPP. Cela s’est produit principalement grâce au soutien des projets de S et T axés sur la planification adaptative ou sur la récupération de la valeur du bois tué par le dendroctone.

Preuve
  • Les entrevues avec les intervenants ont révélé que la RF-DPP a fourni des options permettant de favoriser la durabilité des ressources forestières et des collectivités locales touchées par le DPP en appuyant la diversification économique. On compte au nombre des réalisations ayant contribué à la diversification économique : la communication des résultats des levés géoscientifiques à l’industrie de l’exploration, la publication de recherches en télédétection pour cartographier le bois mort et déterminer l’année de la mort, de même que les plans de publication des résultats des recherches hydrologiques des six dernières années par le Conseil du bassin du Fraser.Note de bas de page44
  • Les résultats des recherches financées par la RF-DPP présentent un bon potentiel d’amélioration considérable des économies dans la récupération de la valeur des forêts tuées par le dendroctone au moyen de nouvelles technologies des industries des pâtes et papiers et des produits du bois. Deux projets de recherche avec FPInnovations constituent des exemples concrets de ce potentiel :

    • l’élaboration d’une technologie de récupération du tallöl avec les usines de pâte kraft de Colombie-Britannique qui utilisent du bois au stade gris tué par le DPP, une usine estimant les avantages possibles à 4,8 millions de dollars par an, avec une attribution de 30 % à la RF-DPP;

    • l’élaboration d’une nouvelle technologie d’imprégnation de résine ayant un potentiel d’adoption future dans les usines de contreplaqué et de placage de même que pour les produits de bois d’ingénierie et les contreplaqués spéciaux, avec une valeur potentielle estimée de 2 à 5 millions de dollars par an pour les usines de Colombie-Britannique.
  • Les résultats de plusieurs projets de recherche ont également fourni les fondements scientifiques permettant d’estimer l’impact de la coupe de récupération sur les valeurs forestières écologiques et autres que le bois. Par exemple, l’élément des Ressources forestières offre des connaissances améliorées sur les risques écologiques associés à la coupe de récupération des forêts tuées par le DPP grâce à ses projets de recherche axés sur l’hydrologie.

EEEF

Le programme a apporté de nombreuses contributions à la recherche dans des domaines où il est possible d’élaborer de nouvelles options d’adaptation et d’atténuation. Cela comprend des recherches coopératives avec des universités et d’autres ministères fédéraux touchant le suivi et le piégeage des espèces exotiques envahissantes. On s’inquiète à l’extérieur du SCF du fait que le programme tend à mettre l’accent sur les nouvelles connaissances en détection des EEE plutôt que sur l’élaboration d’options d’atténuation, qui est perçue comme un secteur opérationnel pour les provinces.

Preuve
  • Les personnes interviewées ont fourni de nombreux exemples de résultats en ce qui concerne la progression vers l’élaboration d’options d’adaptation et d’atténuation. Parmi les exemples dignes de mention, notons la participation à l’initiative sur l’ADN – le « Bar Code of Life » – dirigée par l’Université de Guelph, qui créera des bibliothèques des espèces indigènes et permettra d’identifier rapidement les espèces envahissantes. D’autres efforts en S et T visent à déterminer au moyen de tests si le piégeage en masse employé pour la spongieuse peut être appliqué au longicorne brun de l’épinette. On cherche à acquérir de nouvelles connaissances au moyen du financement du programme EEEF en assurant la collaboration du SCF avec la faculté de mathématique de l’Université du Nouveau-Brunswick, où la théorie des mathématiques et des systèmes complexes sera appliquée aux modèles de propagation de l’agrile du frêne et du longicorne brun de l’épinette.
  • Parmi les répondants issus d’autres ministères fédéraux, les points de vue sont partagés sur les contributions du SCF à ce résultat. Un répondant a fait remarquer que l’ACIA avait appliqué les renseignements générés par le SCF afin d’établir des programmes nationaux plus efficaces de lutte contre les EEE. D’autres répondants issus d’autres ministères fédéraux n’étaient pas convaincus de l’augmentation de l’efficacité dans ce domaine. Ils ont indiqué que même s’il y a des progrès, on est loin de respecter le niveau de la menace.
  • Un répondant de RNCan a convenu que le SCF avait amélioré les connaissances sur les menaces posées par les EEE, mais a ajouté que le SCF ne portait pas beaucoup d’attention aux options d’atténuation en raison d’une réticence à entrer dans ce que l’on perçoit comme un secteur opérationnel. Un répondant d’un autre ministère fédéral a exprimé un point de vue semblable, indiquant que le SCF avait amélioré ses connaissances sur les menaces posées par les EEE mais n’avait accompli aucun progrès dans les options d’atténuation.

Feux de végétation – S et T

Le programme Feux de végétation ne contribue pas directement à l’élaboration d’options d’adaptation et d’atténuation. Toutefois, les contributions du SCF à Préventifeu pourraient être perçues comme habilitant les collectivités forestières à prendre des mesures d’adaptation et d’atténuation à l’égard des feux de forêt imprévus. Selon les dossiers de ProMis, pendant la période couverte par l’évaluation, le SCF a entrepris des recherches sur les pratiques exemplaires des collectivités, mais les personnes interviewées n’ont pas abordé l’impact de ces recherches.

Résultat immédiat 5 : On est conscient des enjeux liés aux ravageurs forestiers

Résumé

Les deux programmes chargés de sensibiliser aux enjeux liés aux ravageurs forestiers – la SNLRF et le programme EEEF – ont accompli de bons progrès. Il peut toutefois exister une lacune dans la transition de la sensibilisation vers l’adoption d’options de gestion des ravageurs (SNLRF).

SNLRF

La SNLRF peut avoir accompli des progrès en ce qui concerne la sensibilisation à l’impact des ravageurs forestiers. Toutefois, même si les intervenants conviennent généralement que la sensibilisation a été accrue, la transition de la sensibilisation vers l’adoption de pratiques modifiées de gestion des ravageurs ne s’est pas concrétisée de manière importante.

Preuve
  • Les répondants provinciaux étaient divisés également sur la question de savoir si des progrès ont été accomplis à l’égard de ce résultat. Par contre, les répondants du gouvernement fédéral avaient une opinion généralement positive sur les progrès accomplis à l’égard de ce résultat.
  • Les répondants provinciaux ont unanimement convenu que la SNLRF avait engendré un apprentissage et un changement et qu’elle avait réussi à accroître la sensibilisation de la haute direction des gouvernements aux enjeux liés aux ravageurs forestiers.
  • Les répondants fédéraux ont également indiqué que la SNLRF avait réussi en peu de temps à accroître la sensibilisation du CCMF aux enjeux liés aux ravageurs.

RF-DPP

Même si la sensibilisation ne faisait pas partie du programme RF-DPP, des preuves issues des entrevues indiquent que plusieurs éléments du programme ont accru la sensibilisation à la vulnérabilité des forêts vivantes aux perturbations liées aux ravageurs.

EEEF

Les employés de RNCan et des autres ministères fédéraux interviewés ont tous convenu que des progrès avaient été réalisés dans la sensibilisation des intervenants aux EEE. Cela est attribuable au rayonnement dans l’industrie, à la création et à la diffusion de publications, à l’élaboration d’une base de données sur les EEE et à la représentation du SCF dans le groupe de travail phytosanitaire sur les EEE. On se préoccupe un peu du fait que la sensibilisation du grand public n’a pas été une priorité.

Preuve
  • La majorité des répondants de RNCan pensait que des résultats positifs avaient été obtenus en matière de sensibilisation, y compris la sensibilisation aux impacts des EEE sur les marchés d’importation et d’exportation. Selon les chercheurs du SCF, la sensibilisation a été engendrée par la participation scientifique du SCF au groupe de travail phytosanitaire sur les EEE, par les innombrables entrevues avec les médias sur les insectes à problème, par les guides d’identification et les brochures et par les activités de rayonnement dans les municipalités.
  • La majorité des répondants des autres ministères fédéraux partage le point de vue voulant que RNCan ait créé une plus grande sensibilisation des intervenants aux EEE grâce à de nombreuses activités, par exemple :

    • la production d’une base de données nationale complète sur les EEEF saisissant les renseignements recueillis après 1995 et les renseignements extra-muros sur les espèces envahissantes provenant du SCF, des partenaires et des clients;

    • la production d’une affiche et de contenu Web fondés sur le contenu de la base de données sur les EEEF et de la bibliothèque de documents; il doit s’agir d’un produit à haute visibilité visant à promouvoir les connaissances existantes de RNCan sur les EEE forestières et à renseigner sur l’histoire des EEEF au Canada;

    • l’élaboration d’une bibliothèque virtuelle visant à donner accès à des documents auparavant inaccessibles sur les EEEF produits par le SCF depuis 1920.
  • Les entrevues ont indiqué qu’il pourrait être profitable pour RNCan de participer davantage à la promotion de la sensibilisation du public pour compléter les efforts actuels d’Environnement Canada.

Feux de végétation – S et T

Le programme Feux de végétation ne contribue pas à la sensibilisation aux enjeux liés aux ravageurs forestiers.

Résultat immédiat 6 : Des renseignements améliorés appuient la prise de décisions

Résumé

Les programmes ont généralement contribué à améliorer les renseignements utilisés dans le processus décisionnel de RNCan, d’autres ministères fédéraux, des provinces, des Premières nations, de l’industrie et, dans certains cas, au niveau international. Cette contribution provient de la recherche scientifique du SCF, que la plupart des intervenants croient très précieuse. Toutefois, on a soulevé des préoccupations quant à la fiabilité de certains outils décisionnels (Feux de végétation – S et T) et quant au rythme auquel la recherche est menée pour informer les décisions (p. ex. retards dans l’administration des subventions et contributions [S et C] visant à financer la recherche en vertu de la SNLRF).

SNLRF

Les intervenants interviewés étaient généralement d’accord sur le fait que les connaissances scientifiques sur les ravageurs forestiers s’étaient améliorées grâce au programme de la SNLRF. Les preuves comprennent les recherches scientifiques associées aux évaluations des risques relatifs aux principaux ravageurs, comme la tordeuse des bourgeons de l’épinette, le dendroctone du pin ponderosa et l’encre des chênes rouges, de même que les recherches menant à l’élaboration de produits de lutte biologique. Même si le financement sous forme de S et C était jugé important pour réaliser ces travaux, selon les personnes interviewées, on aurait pu générer des renseignements plus utiles sur les ravageurs à l’aide d’un processus de S et C moins onéreux.

Preuve
  • La majorité des répondants provinciaux a fait état de progrès vers l’amélioration des renseignements utilisés dans la prise de décisions. Les analyses des risques liés aux ravageurs menées sur la tordeuse des bourgeons de l’épinette, sur le dendroctone du pin ponderosa et sur l’encre des chênes rouges ont permis de cerner les incertitudes scientifiques, ce qui a contribué à la prise de décisions stratégiques. Les répondants provinciaux ont également indiqué que les connaissances s’étaient accrues grâce à un meilleur réseautage et une meilleure collaboration avec le SCF et d’autres provinces dans le cadre des diverses réunions de la SNLRF, où l’on discutait des connaissances sur les nouveaux ravageurs envahissants, et lors d’ateliers sur des espèces comme la tordeuse des bourgeons de l’épinette, qui ont étoffé la base de connaissances et aidé à formuler des outils d’analyse des risques.
  • Tous les répondants fédéraux ont indiqué que des progrès avaient été accomplis à l’égard de ce résultat, en citant la mise au point d’un produit de lutte biologique ayant permis : des recherches biologiques, des études de cas d’analyse des risques sur la tordeuse des bourgeons de l’épinette, l’agrile du frêne et le dendroctone du pin ponderosa de même que l’accès à un forum mieux organisé pour cerner les lacunes dans les connaissances scientifiques (c.-à-d. le forum national sur les ravageurs).
  • Plusieurs répondants provinciaux ont reconnu la valeur de la prestation de contributions aux provinces pour des travaux qui n’auraient pas été exécutés si le financement n’avait pas été disponible. Toutefois, le processus de S et C était perçu comme lent – du côté fédéral aussi bien que provincial – et le financement en vertu de la SNLRF était souvent retardé, devenant disponible trop tard dans la saison pour mener les recherches. D’autres répondants ont indiqué que le processus était trop onéreux et que le délai de deux ans pour mener les recherches en vertu des accords de contribution était trop court.

RF-DPP

Le programme a appuyé le processus décisionnel en ce qui concerne la récupération du bois tué par le dendroctone auprès des Premières nations, des provinces et de l’industrie.

Preuve
  • Les projets de l’élément Impacts écologiques ont fourni des renseignements susceptibles d’aider le Ministry of Forests and Range de la Colombie-Britannique à planifier la coupe après le passage du dendroctone. Ces recherches en sont aux premières étapes et une analyse plus poussée est nécessaire pour déterminer exactement comment les résultats de ce projet peuvent aider.
  • Des projets de recherche ont été entrepris sur l’intégration de la valeur de la faune et de son habitat dans les décisions de coupe de récupération de même que sur les impacts après le passage du dendroctone sur le débit et la qualité de l’eau. Ces deux projets ont des impacts sur le maintien des stocks de saumons des Premières nations.
  • Le programme a apporté d’importantes contributions à l’amélioration des décisions de coupe et de fabrication après le passage du dendroctone. Des projets de recherche dans l’industrie des pâtes et papiers ont fourni de nouvelles constatations de recherche précieuses pour l’industrie. En particulier, la recherche sur l’ajout de déchets d’acides gras à la liqueur noire offre une solution à un problème opérationnel de la récupération du tallöl dans les usines de pâte kraft.
  • Deux projets de recherche sur les placages ont offert de nouvelles possibilités de produits pour l’industrie des produits de bois. Trois projets de recherche ont permis l’élaboration d’outils d’aide à la décision pour aider à gérer la valeur économique des forêts après le passage du dendroctone. Deux projets liés à l’augmentation de la production de bioénergie ont été entrepris : une analyse économique de la production découlant de l’épidémie de DPP à l’intérieur de la Colombie-Britannique et un projet de recherche axé sur l’évaluation de la faisabilité technique de la production d’éthanol à partir de pin tordu latifolié tué par le dendroctone.

EEEF

Le programme EEEF a appuyé le processus décisionnel au niveau international avec d’autres ministères fédéraux, et au niveau provincial, par sa présence au sein des groupes de travail et des comités. Les chercheurs du SCF ont fourni des conseils aux autres ministères fédéraux et en leur nom sur les tribunes internationales à l’appui des intérêts canadiens dans les enjeux commerciaux, de même que des conseils sur les options de confinement des ravageurs. Toutefois, il est difficile d’estimer à quel point ces renseignements ont été utilisés dans le processus décisionnel.

Preuve
  • Selon les employés de RNCan interviewés, le SCF s’exprime souvent pour d’autres organismes gouvernementaux (p. ex. ACIA) au nom du Canada, sur la scène internationale, pour expliquer la biologie de certains ravageurs et pour présenter des rapports techniques et les résultats de recherches spécialisées. Le SCF est souvent invité à présenter les résultats de ses recherches en Asie, en Europe et aux États-Unis. Les chercheurs du SCF ont indiqué que cela reflète leur renommée de chefs de file mondiaux dans ce domaine scientifique, de même que le fait que les connaissances scientifiques du Canada confèrent de la crédibilité au pays et renforce son potentiel commercial à l’étranger.
  • Les employés de RNCan et du SCF participent de façon continue à la prestation de conseils fondés sur leurs recherches scientifiques aux autres ministères fédéraux, aux ministères provinciaux et territoriaux chargés de la gestion des ravageurs de même que sur la scène internationale. Une grande partie des conseils est destinée à l’ACIA. Par exemple, le SCF a dirigé un comité d’examen scientifique international qui a fourni à l’ACIA des conseils sur la détection et l’élimination du longicorne asiatique. Après l’importation accidentelle de billes brutes non inspectées de la Russie, le SCF a fourni une stratégie de détection complète à l’ACIA aux fins de mise en œuvre sur le site de l’usine pendant deux ans.
  • Au niveau provincial, le SCF fournit au Pest Advisory Council de la Colombie-Britannique des renseignements et des conseils scientifiques sur la spongieuse européenne. Le SCF travaille également avec les provinces maritimes, le Québec et plusieurs communautés des Premières nations sur des stratégies de prévention des ravageurs. Le SCF participe au Groupe de travail canadien sur l’encre des chênes rouges (un partenariat d’organismes gouvernementaux et de professionnels de l’industrie) et en préside le comité scientifique.

Feux de végétation – S et T

Les contributions historiques du SCF à la recherche et aux outils d’aide à la décision – comme la MCEDIF, Préventifeu et le SCIFV à venir – sont bien reconnues et appréciées par les intervenants. Toutefois, au cours des cinq dernières années, les contributions et les extrants semblent être passés de ces outils d’aide à la décision vers des priorités environnementales comme les gaz à effet de serre. Les intervenants ont cerné des lacunes croissantes en matière de recherches qui doivent être comblées pour que les outils d’aide à la décision du SCF demeurent utiles pour éclairer les décisions liées aux feux de végétation.

Preuve
  • Tous les répondants ne faisant pas partie du SCF ont indiqué utiliser les outils d’aide à la décision du SCF pour aider à se préparer pour la saison des feux de forêt. Ces outils sont utilisés quotidiennement pour aider à prévoir les besoins et à prépositionner les ressources de lutte contre les incendies. Plusieurs des plus grosses provinces ont adapté les outils décisionnels du SCF à leur propre utilisation.
  • Les outils d’aide à la décision comme la MCEDIF, mis au point par le CFS, ont été très bien accueillis par tous les gouvernements provinciaux et territoriaux et sont utilisés de façon généralisée pour planifier l’allocation des ressources et prendre des décisions à ce sujet. Toutefois, les plus grosses provinces tirent de plus en plus profit des recherches du SCF et les répondants provinciaux mentionnent des lacunes qui doivent être comblées pour rendre ces outils d’aide à la décision plus utiles. Les employés du SCF ont indiqué que la mise à jour des systèmes d’aide à la décision est « un travail en cours » et l’une de leurs « plus grandes priorités ».
  • Le SCIFV a fait l’objet de commentaires partagés, même si toutes les personnes interviewées ont reconnu que cet outil a le potentiel de jouer un rôle important. Comme on l’a déjà mentionné, beaucoup de gens ont exprimé une certaine confusion quant à ce qu’est vraiment le SCIFV ou à la manière dont il peut être utilisé. En particulier, certains ont accordé une note basse à son importance, en expliquant cette note par la complexité du système, le manque d’interopérabilité avec les systèmes provinciaux et territoriaux, la granularité insuffisante et de la nécessité d’adapter et de raffiner davantage le système afin de refléter les types de forêts qui se trouvent dans leur compétence. En outre, la moitié des personnes interviewées a accordé un niveau d’importance élevé à l’élaboration d’un système amélioré.
  • Du point de vue fédéral, le SCIFV sera un outil clé pour éclairer RNCan lors de la prestation de conseils à Parcs Canada, Sécurité publique Canada, AINC et le MDN sur les questions relatives aux feux de végétation.
  • Les recherches dans le domaine du milieu périurbain se poursuivent actuellement au SCF, mais on ne sait pas clairement comment ces résultats sont communiqués aux gouvernements municipaux et à leurs collectivités. Les entrevues ont indiqué que la relation avec Préventifeu, un outil de diffusion de renseignements d’aide à la décision auprès des collectivités (préparé par Partners in Protection, un organisme albertain dont le SCF est l’un des partenaires fondateurs) et fondé en partie sur les recherches du SCF, est le principal moyen de diffusion de ces renseignements. Pour l’instant, il ne semble pas exister de méthode pour saisir de manière explicite les résultats des recherches sur le milieu périurbain et les intégrer à Préventifeu ou à d’autres plateformes.

Résultats intermédiaires

La section suivante évalue la progression vers les résultats intermédiaires de l’ensemble des programmes de la sous-activité Perturbations forestières.

Résultat intermédiaire 1 : L’analyse des risques appliquée cerne les menaces efficacement

Résumé

Dans l’ensemble, des progrès ont été accomplis dans l’analyse des risques appliquée menant à l’identification des menaces. La sous-activité Perturbations forestières a mené à la création d’outils et de cadres relatifs aux risques que les intervenants des provinces et d’autres ministères fédéraux estiment précieux. Il est important de remarquer qu’à l’exception de la RF-DPP, le SCF n’entreprend pas lui-même d’analyses des risques. Il offre plutôt aux provinces des outils à cette fin. Dans certains cas, comme dans ceux de la SNLRF et du programme Feux de végétation – S et T, davantage de travaux sont nécessaires pour améliorer la capacité d’effectuer des analyses des risques appliquées.

SNLRF

L’élaboration continue d’un cadre national des risques en matière de gestion des ravageurs représente un progrès attribuable à la SNLRF en matière d’analyse des risques et de détection des ravageurs forestiers, et les personnes interviewées au niveau provincial aussi bien que fédéral ont convenu que cela revêtait une importance capitale dans la prise de décisions axée sur les risques. Ces personnes jugeaient le cadre comme l’outil le plus utile mis au point par le programme. En outre, beaucoup de provinces ont pu adapter l’outil à leurs propres conditions locales. Toutefois, peu d’intervenants étaient satisfaits des progrès accomplis dans la mise en œuvre du cadre, qui demeure sous forme d’ébauche. Cependant, il est important de remarquer que la responsabilité de la SNLRF est partagée par le SCF et les provinces.

Preuve
  • Une majorité de répondants fédéraux et provinciaux a convenu que des progrès avaient été accomplis dans la mise en œuvre du cadre des risques. Ils l’ont décrit comme un résultat clé ou central permettant aux intervenants de comprendre les fondements d’une décision et la qualité des renseignements sur lesquels elle s’appuie. On considère comme une importante réalisation le fait de disposer d’un cadre des risques commun qui soit adaptable et utilisable par toutes les provinces. Le cadre a également permis l’élaboration d’un plan d’action ramenant l’approche du cadre national des risques à l’échelle provinciale.
  • En outre, le plus grand groupe de personnes interviewées au niveau provincial et fédéral (8 personnes interviewées sur 25) a choisi le cadre des risques et l’analyse des risques comme l’outil le plus utile mis au point par le programme. Les répondants provinciaux ont indiqué que la mise en œuvre du cadre des risques sera facilement applicable dans les provinces. Ils ont indiqué qu’une fois mis en œuvre, le cadre d’évaluation des risques permettra aux provinces de mener leurs analyses avec plus de rigueur. Les répondants fédéraux ont indiqué que le cadre des risques est le produit sur lequel tout le reste repose dans la SNLRF. C’est lui qui aura l’impact le plus tangible sur le terrain, en offrant une perspective nationale commune pouvant être interprétée localement.
  • Toutefois, seuls deux répondants provinciaux ont fait état de bons progrès dans la mise en œuvre du cadre. La majorité des répondants provinciaux a indiqué qu’il s’agit d’un résultat qui demeure en cours de production et a reconnu la difficulté d’élaborer un cadre des risques dans lequel toutes les provinces utilisent les mêmes mesures de surveillance. Les entrevues indiquent que les partenaires de la SNLRF en sont aux premières étapes de la description de ce que serait un système idéal et que davantage d’engagement et de ressources sont nécessaires pour faire avancer son élaboration.
  • De la même façon, un seul répondant fédéral pensait que la mise en œuvre du cadre avait été réalisée, mais même cette personne a indiqué qu’il subsiste des lacunes au niveau des données saisies dans le cadre. La majorité des répondants du gouvernement fédéral a indiqué que l’élaboration du cadre des risques avait été un effort fragmenté ou n’avait pas été établie.

RF-DPP

La RF-DPP a accompli des progrès en ce qui concerne l’analyse des risques appliquée. Comme on l’a déjà mentionné, de nombreuses nouvelles méthodologies ont été mises au point, y compris une évaluation des risques posés par les menaces pesant sur les forêts boréales et orientales de pin du Canada, plusieurs méthodologies de télédétection à usage opérationnel de même qu’une analyse de la connectivité pour caractériser la vulnérabilité des forêts de pin à l’infestation par le DPP. Toutes ces méthodologies sont utilisées et cernent les menaces posées par le dendroctone du pin ponderosa, particulièrement en ce qui concerne sa propagation dans la forêt boréale.

Preuve
  • Des modèles de risque et des outils d’évaluation ont été achevés et sont utilisés pour surveiller la propagation vers l’est du dendroctone du pin ponderosa. L’évaluation des risques analyse la menace posée par le dendroctone du pin ponderosa sur les forêts de pin boréales et orientales du Canada. Elle a cerné de nombreux points importants concernant la vulnérabilité des peuplements de pins boréaux et orientaux au dendroctone du pin ponderosa et les impacts potentiels d’une activité future du DPP.
  • Les travaux sur la connectivité sont utilisés à un certain point en Alberta pour cerner les secteurs à risque élevé en vue d’indiquer où placer les pièges pour surveiller la propagation du dendroctone dans le cadre de la mise en valeur stratégique des ressources.
  • Le programme a également mis en œuvre de nombreuses mesures renforçant la planification stratégique de la santé des forêts sur les terres fédérales et provinciales. Par exemple, dans le cadre de l’élément Protection des Premières nations contre les feux de végétation, les traitements sylvicoles requis pour réduire la quantité de combustible ont été exécutés en fonction d’une analyse des risques appuyée par la RF-DPP.

EEEF

Le programme EEEF a contribué à l’analyse des risques appliquée, surtout en ce qui concerne le longicorne brun de l’épinette et, plus récemment, l’agrile du frêne.

Preuve
  • La capacité du SCF d’en savoir davantage sur la manière dont les ravageurs entrent au pays et sur ce qu’on doit y faire a augmenté grâce au programme EEEF. Par exemple, le longicorne brun de l’épinette est une espèce exotique envahissante dont la propagation et le risque ont été cernés et cartographiés.
  • Le SCF a pu générer des cartes détaillées pour l’ACIA et la Nouvelle-Écosse montrant où on trouvera probablement des ravageurs. Les employés du SCF ont également indiqué qu’avec les ressources supplémentaires du programme EEEF pour renforcer cette capacité, le SCF a pu obtenir d’autres fonds de l’ACIA pour les recherches sur le longicorne brun de l’épinette. D’autres recherches du SCF en collaboration avec l’Université de la Colombie-Britannique appliquent des techniques de détection appelées « piégeage de la lumière » et codage de l’ADN par code à barres et ont identifié quatre nouvelles espèces envahissantes au Canada.
  • Le personnel du SCF a également fait remarquer qu’il dirige des recherches à long terme visant à comprendre les principaux facteurs de risque et à prévoir la propagation de ravageurs particuliers comme l’agrile du frêne.

Feux de végétation – S et T

Le programme Feux de végétation n’effectue pas d’évaluation des risques appliquée, mais il mène les recherches en S et T qui appuient les évaluations des risques. Les intervenants autres que le SCF utilisent régulièrement ses outils d’aide à la décision et donnent suite aux évaluations des risques elles-mêmes. Les recherches du SCF sur le changement climatique et les risques d’incendie ont également été utilisées par les intervenants, mais davantage de travaux sont nécessaires dans ce domaine.

Preuve
  • Toutes les personnes interviewées n’appartenant pas au SCF qui ont été consultées au sujet du programme Feux de végétation – S et T ont fait remarquer qu’elles utilisent les outils d’aide à la décision fournis par le SCF (p. ex. la MCEDIF) pour effectuer des analyses des risques pour aider à se préparer à la saison des feux de forêt. Ces outils ont été conçus à partir des efforts de recherche du SCF et des plans sont en cours d’exécution pour la mise à jour par le SCF de ces outils en fonction de recherches plus récentes.
  • La majorité des répondants a indiqué que les recherches du SCF avaient fourni « une certaine quantité » ou « beaucoup » de renseignements sur les impacts du changement climatique sur les risques d’incendie. En même temps, beaucoup ont reconnu la nécessité d’autres recherches dans ce domaine. Parmi les questions de recherche mentionnées par les personnes interviewées, mentionnons : une amélioration continue pour quantifier les risques d’incendie, une meilleure intégration et de meilleurs liens entre les recherches sur le changement climatique et sur les risques d’incendie de même que des renseignements généraux accrus à l’intention de la communauté de la gestion des feux de végétation.

Résultat intermédiaire 2 : Les techniques appliquées de gestion des perturbations forestières réduisent les impacts économiques et écologiques

Résumé

Dans la sous-activité Perturbations forestières, seuls les programmes RF-DPP et EEEF sont conçus pour contribuer de façon importante à l’élaboration et à la mise en œuvre de techniques de gestion des perturbations forestières. Les preuves indiquent que ces programmes ont réussi à aider à réduire les impacts environnementaux et économiques des occurrences de ravageurs et d’incendies. Dès le départ, on savait qu’il était impossible de confiner le dendroctone du pin ponderosa. Toutefois, les intervenants fédéraux et provinciaux convenaient généralement que les traitements de contrôle direct de la RF-DPP avaient atteint l’objectif énoncé de ralentir sa progression vers l’est.

SNLRF

Le programme SNLRF ne contribue pas au résultat des techniques appliquées de gestion des perturbations forestières.

RF-DPP

La RF-DPP a appuyé l’élaboration et la mise en œuvre d’un nombre considérable de techniques de gestion des ravageurs forestiers et des incendies dans un effort de réduction des impacts environnementaux et économiques du DPP, entre autres des traitements de brûlage dirigé, des traitements de sylviculture pour réduire le combustible, la replantation et les efforts de réhabilitation. Les intervenants provinciaux et fédéraux croyaient pour la plupart que ces techniques avaient ralenti la progression du DPP et avaient réussi à atténuer les conséquences négatives de l’infestation par le dendroctone (p. ex. réduit les risques d’épidémie future, amélioré la récupération du bois tué par le dendroctone). Toutefois, la progression a été entravée par de nombreux facteurs environnementaux.

Preuve
  • Depuis 2006, il y a eu une expansion du Programme de brûlages dirigés de l’élément Parcs fédéraux de la RF-DPP et les activités sylvicoles ont augmenté sur toutes les terres incluses dans l’élément Sécurité communautaire. La replantation d’essences à feuilles caduques ou d’autres types de conifères plus espacées est incluse dans le cadre de Préventifeu au sein de l’élément Protection des Premières nations contre les feux de végétation de la RF-DPP. Selon les preuves issues des entrevues avec les intervenants, sans la RF-DPP, très peu de travaux sylvicoles auraient été effectués sur les terres des Premières nations.
  • Le programme a mis en œuvre des plans et des activités de contrôle du DPP sur les terres boisées touchées. Chaque élément du programme Contrôle de la propagation a connu un certain succès dans le ralentissement de la propagation du dendroctone vers l’est.

    • Les personnes interviewées ont indiqué que dans le sud des Rocheuses, les éléments Forêts de l’État provincial et Parcs fédéraux ont réussi ensemble à ralentir la propagation du dendroctone dans le sud de l’Alberta. De la même manière, les intervenants ont indiqué que dans le nord-ouest et le centre nord de l’Alberta, les efforts de contrôle déployés en vertu de la RF-DPP et d’Alberta Sustainable Resource Development se sont combinés pour ralentir la progression vers l’est.

    • Des mesures de détection et de contrôle ont été mises en œuvre sur les terres de l’État provincial dans les régions de la rivière Peace Sud et Nord en Colombie-Britannique et dans les régions adjacentes de la rivière Smoky et du Petit lac des Esclaves en Alberta. En vertu de l’élément Forêts de l’État provincial, les mesures d’étude et de contrôle direct du DPP ont été prises dans les régions cernées comme des priorités pour le ralentissement de la progression vers l’est.

    • En outre, les personnes interviewées provenant de la Colombie-Britannique aussi bien que de l’Alberta ont convenu que les activités de contrôle direct de la RF-DPP ont réussi à ralentir la propagation vers l’est du dendroctone du pin ponderosa. En novembre 2010, l’Alberta a également émis un communiqué de presse en témoignant.Note de bas de page45

    • L’élément Parcs fédéraux a permis à Parcs Canada d’effectuer de nombreux brûlages dirigés afin de réduire l’habitat du DPP et d’assurer un contrôle direct du dendroctone dans certains cas. Le SCF a exécuté des activités de détection et de surveillance des populations de dendroctone dans les parcs nationaux, et les résultats de ces études ont constitué la base des traitements arbre par arbre de Parcs Canada et de son programme de brûlage dirigé.

    • L’élément Forêts privées a été entièrement rempli très tôt, principalement pour les projets de réhabilitation, et n’a pas été en mesure de répondre complètement à la demande en raison de ressources limitées.
  • Dans le Cadre de gestion et de responsabilisation axé sur les résultats (CGRR) de la RF-DPP, le SCF s’est engagé à « ralentir la propagation du DPP, y compris les efforts pour contrôler sa propagation vers l’est ».Note de bas de page46 Dans l’ensemble, on savait que la propagation vers l’est serait difficile à ralentir en raison d’une combinaison des facteurs suivants :

    • la dispersion aérienne massive du dendroctone dans la région de la rivière Peace Sud dans le nord-est de la Colombie-Britannique et le nord-ouest de l’Alberta en 2006, avant le début de la RF-DPP, et la dispersion aérienne subséquente de ces régions vers le centre nord de l’Alberta en 2009 a renforcé la propagation du dendroctone vers l’est;

    • les conditions météorologiques hivernales douces ayant prévalu pendant la plus grande partie de la dernière décennie ont contribué à assurer un taux de survie considérablement plus élevé du dendroctone, et le manque d’humidité attribuable aux températures plus élevées a imposé un stress sur les arbres, ce qui a amoindri leur capacité de se défendre contre les attaques du dendroctone;

    • grâce à la suppression fructueuse des feux de forêt des dernières décennies, le paysage forestier compte maintenant un pourcentage beaucoup plus élevé de vieux arbres; les arbres plus âgés et de plus grand diamètre constituent la cible préférée du dendroctone, et ces arbres sont moins aptes à se défendre contre les attaques du dendroctone.Note de bas de page47
  • Toutefois, le SCF croit qu’il a contribué à ralentir le taux de propagation grâce aux recherches en modélisation qu’il a menées sur l’efficacité des mesures de contrôle mise en œuvre dans les régions de la rivière Peace et du sud des Rocheuses.Note de bas de page48 Le modèle utilisé dans ces recherches laisse croire que le taux de propagation a été réduit dans les régions où la RF-DPP a entrepris des activités d’atténuation et de contrôle directs. Le modèle du SCF a calculé le nombre d’arbres qui auraient été tués dans les régions de la rivière Peace et du sud des Rocheuses sans les traitements de contrôle direct de la RF-DPP. D’après ce modèle, au cours de 2006 et 2007, on projetait la mort de 73 500 arbres au total par l’infestation de dendroctone sans les interventions de la RF-DPP, par comparaison avec un total de 59 000 avec les activités d’atténuation et de contrôle directs. De la même manière, entre 2006 et 2009, ces chiffres sont de 155 000 (sans intervention) contre 100 499 (avec les activités d’atténuation et de contrôle directs) dans la région du sud des Rocheuses.

EEEF

Les recherches appuyées par le programme EEEF ont mené à l’élaboration de nouvelles techniques de détection du longicorne brun de l’épinette, qui ont été appliquées dans le Canada atlantique. Les activités du programme EEEF ont également aidé à atténuer les impacts économiques des EEE en réduisant les restrictions commerciales sur le bois canadien grâce à la gestion des EEE et aux outils de détection.

Preuve
  • Les employés du SCF ont fait remarquer que la crédibilité canadienne en matière de gestion des EEE sur les tribunes internationales faisait partie intégrante du processus d’obtention des permissions d’exportation vers divers marchés cibles du bois canadien.
  • En outre, les chercheurs du SCF mettent au point des outils de détection fongique pour empêcher les problèmes commerciaux avec les pays réfractaires au risque qui importent du bois vert non traité du Canada.
  • Selon les employés du SCF interviewés, le SCF a amélioré sa compréhension de l’écologie chimique liée aux techniques modernes de détection des EEE s’appuyant sur les phéromones que les insectes emploient pour communiquer. Le SCF a breveté de nouvelles techniques de détection du longicorne brun de l’épinette utilisant des appâts aux phéromones. Quelque 2 000 appâts ont été installés à Terre-Neuve, au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse. Les appâts sont également utilisés par l’ACIA.

Feux de végétation – S et T

Le programme Feux de végétation ne contribue pas au résultat des techniques appliquées de gestion des perturbations forestières.

Résultat intermédiaire 3 : Les intervenants pertinents participent et le SCF collabore avec eux

Résumé

La participation et la collaboration des intervenants ont été les forces de la sous-activité Perturbations forestières. Les entrevues avec les intervenants sur tous les programmes ont montré les liens du SCF avec les autres ministères et les autres compétences (y compris les provinces et les territoires) de même que les efforts coopératifs de gestion des ravageurs forestiers et des incendies. En outre, en matière de S et T, il y a de la collaboration au sein du SCF (p. ex. coordination entre la RF-DPP, les recherches de la SNLRF et les brûlages dirigés du programme Feux de végétation). Une minorité de personnes interviewées croit que la participation des intervenants importants (c.-à-d. les grosses provinces, les groupes des Premières nations, les Forces canadiennes et, dans le cas des EEE, les chercheurs du SCF) pourrait être améliorée.

SNLRF

La réussite de la SNLRF dépend de la participation généralisée des intervenants afin d’être fructueuse, et les preuves laissent croire qu’un niveau élevé de participation a été atteint. Les provinces manifestent généralement un intérêt à participer à la SNLRF afin d’accroître leur capacité à lutter contre les ravageurs forestiers. Toutefois, la participation peut être limitée aux provinces dotées de centres de recherches du SCF (c.-à-d. le Nouveau-Brunswick, le Québec, l’Ontario, l’Alberta et la Colombie-Britannique) et on a certains indices de participation limitée chez certains intervenants importants (c.-à-d. les Premières nations et les Forces canadiennes).

Preuve
  • Une majorité de répondants provinciaux a indiqué participer à la SNLRF. Certains répondants ont fait remarquer que la SNLRF a commencé dans un contexte favorable puisque les provinces confrontées à des menaces comme le DPP et le changement climatique étaient plus que disposées à participer à l’élaboration de la Stratégie. Les plus petites compétences ont fait remarquer qu’il était dans leur intérêt de participer puisqu’elles disposaient de peu de capacité dans des domaines spécialisés comme le diagnostic et la S et T. Une majorité de répondants fédéraux a convenu que la participation des intervenants pertinents avait été réussie.
  • Les répondants fédéraux aussi bien que provinciaux ont fait état de progrès dans l’établissement du groupe de travail sur la gestion des ravageurs et de ses sous-groupes au sein du CCMF et ont indiqué que cela reflète la reconnaissance par les ministres des forêts des enjeux liés à la gestion des ravageurs forestiers.
  • La collaboration entre les provinces en vue de normaliser les renseignements de surveillance pour le Groupe consultatif technique (GCT) de la SNLRF est un exemple clair de participation engagée. Tous les répondants ont convenu que le cadre d’information commun en cours d’élaboration a profité de contributions provenant de tout le pays par l’entremise du GCT. Les provinces et les territoires ont convenu de normaliser l’information afin de garantir que les données sont dans un format que d’autres peuvent utiliser. Ces données seront entrées dans une base de données nationale qui pourra produire des cartes de la propagation des insectes et établir des liens avec ces risques.
  • Certains répondants provinciaux ont indiqué que la participation avec le SCF variait d’une province à l’autre et que la participation aux recherches pouvait être plus faible dans les provinces qui ne disposent pas de centre de recherches du SCF. D’autres commentaires formulés par les répondants provinciaux laissent croire que les intervenants importants, comme les Premières nations et les Forces canadiennes, ne participaient pas encore.

RF-DPP

La RF-DPP a réussi à faire participer les intervenants pertinents en Colombie-Britannique, en Alberta, dans les communautés des Premières nations et dans d’autres ministères fédéraux et à collaborer avec eux.

Preuve:
  • Le programme était composé d’activités convenues exécutées en collaboration avec la Colombie-Britannique, l’Alberta et d’autres ministères fédéraux comme Parcs Canada et Affaires indiennes et du Nord canadien (AINC).
  • Le programme a appuyé l’enlèvement des arbres dangereux de 294 sites récréatifs et de 20 sentiers récréatifs en Colombie-Britannique. Ce projet a été entrepris avec le Ministry of Tourism, Sport and the Arts de la Colombie-Britannique et comprenait l’évaluation de 86 sites archéologiques, ce qui a exigé la participation de groupes des Premières nations.
  • Les projets exécutés en vertu de l’Élément sur la protection des communautés des Premières nations contre les incendies de forêt ont aidé les Premières nations à gérer leurs ressources forestières. Les projets ont créé un intérêt croissant pour la gestion des ravageurs au sein des communautés et ont créé de l’emploi pour les membres des bandes en renforçant la capacité et les possibilités de travail semblables à l’extérieur des réserves.
  • La fonction de diversification économique du programme a fourni de nouvelles données de levés géophysiques ayant attisé l’intérêt de l’industrie de l’exploration. En conséquence, il y a eu une augmentation de l’activité de piquetage par l’industrie dans les régions de la Colombie-Britannique et de l’Alberta couvertes par le programme.

EEEF

Le programme EEEF a réussi à collaborer avec les partenaires nationaux et internationaux à de nombreux projets sur les EEE. Certains indices laissent croire que la participation des chercheurs du SCF aux enjeux liés aux ravageurs pourrait être accrue.

Preuve
  • Les employés du SCF indiquent que des conseils sont fournis en permanence à l’ACIA sur divers ravageurs comme la spongieuse asiatique et sur son introduction au Canada. Certaines des relations existaient avant le programme EEEF, mais la collaboration a augmenté avec l’arrivée du programme.
  • En vertu du programme EEEF, le SCF a coordonné un effort national visant à rassembler les gouvernements (SCF, ACIA, MAÉCI, provinces) et l’industrie forestière canadienne afin de fournir des renseignements à jour sur les enjeux phytosanitaires internationaux susceptibles d’avoir un impact sur le commerce et de permettre la prise de décisions stratégiques.
  • Le SCF a collaboré avec le Department of Agriculture (Forest Service) des États-Unis et des universités canadiennes à l’étude du longicorne asiatique en vue de garantir la complémentarité des efforts internationaux.
  • Sans égard aux exemples de collaboration et de participation susmentionnés, certains chercheurs du SCF ont indiqué qu’ils pourraient offrir encore davantage de conseils scientifiques sur les options de contrôle si les décideurs les faisaient participer à davantage d’enjeux liés aux ravageurs. Certains chercheurs du SCF ont dit être déçus qu’on n’ait pas fait appel à eux plus tôt en ce qui concerne le DPP, un enjeu où ils entrevoient la possibilité d’utiliser les phéromones et où ils indiquent qu’on a besoin de solides objectifs en matière de contrôle.

Feux de végétation – S et T

Le programme Feux de végétation fait participer les intervenants par la publication de recherches scientifiques sur les feux de forêt, par la participation aux comités sur les incendies du CIFFC et CCMF et par des consultations officieuses. Toutefois, les plus grosses provinces tendent à agir de façon plus indépendante du SCF, et des lacunes en matière de recherches ont été cernées par d’autres.

Preuve
  • Une analyse bibliométrique menée en 2008 a indiqué que les recherches du SCF sur les incendies sont reconnues comme une spécialité et sont biens connectées au Canada et dans le monde. Pendant la période de 1991 à 2006, le SCF a produit 163 documents sur les feux de forêt. Selon la même étude, les publications du SCF ayant eu le plus grand impact (d’après les citations dans le monde entier) étaient celles traitant des feux de forêt et de la surveillance et la communication des conditions forestières, deux domaines dans lesquels il se spécialise.Note de bas de page49
  • Le SCF a participé activement aux comités sur les incendies du CIFFC et du CCMF et a fournit des conseils sur les questions de politiques et de gouvernance. À l’extérieur du CCMF et du CIFFC, beaucoup de répondants ont rapporté des consultations personnelles officieuses avec des chercheurs. Certaines compétences plus petites comptaient sur les conseils du SCF pour formuler des politiques sur des questions particulières. Toutefois, les provinces les plus grandes ont signalé utiliser leurs experts internes et compter très peu ou pas du tout sur le SCF pour formuler des politiques. Certaines provinces et certains territoires ont cerné des lacunes en matière de recherches en foresterie qui aideraient à formuler de nouvelles politiques (p. ex. sur la préparation aux incendies).
  • Les recherches du SCF sur les incendies ont un profil discret auprès des répondants des Maritimes, mais cela est vraisemblablement attribuable au fait que les problèmes liés aux incendies sont plus fréquents et plus graves dans les autres provinces que dans le Canada atlantique.

Résultat ultime

La section suivante aborde les progrès réalisés vers le résultat ultime de la sous-activité Perturbations forestières en fonction des quatre programmes examinés.

Résultat ultime : On gère les perturbations forestières au Canada et on y réagit de manière efficace

Résumé

Dans l’ensemble, la sous-activité Perturbations forestières semble être sur la bonne voie pour gérer les perturbations forestières au Canada et y répondre de manière efficace. L’évaluation a prouvé que des progrès ont été accomplis dans la réalisation du résultat ultime, mais de nombreuses lacunes ont été cernées. En présumant que les progrès accomplis jusqu’à maintenant se poursuivent et que les lacunes cernées sont comblées, on peut logiquement s’attendre à ce que le résultat ultime soit atteint par l’ensemble des programmes de la sous-activité Perturbations forestières.

De manière générale, les sous-sous-activités composantes ont produit ou sont en voie de produire leurs extrants et des progrès ont été accomplis dans la réalisation de beaucoup des résultats. Les plus importants progrès accomplis étaient d’appuyer l’évaluation des risques et la surveillance, de collaborer avec les provinces, les autres ministères fédéraux et les groupes internes, de cerner les menaces de même que de protéger l’industrie forestière canadienne au pays et de lui assurer l’accès aux marchés d’exportation.

Même si les programmes sont en voie de réaliser leurs résultats, de nombreux défis importants doivent être relevés pour réaliser pleinement les résultats immédiats et intermédiaires qui mènent à une gestion efficace des perturbations forestières. Les obstacles potentiels à la progression comprennent la perte d’employés scientifiques hautement qualifiés, la capacité d’expansion des travaux de surveillance des provinces, les stratégies de niveau national qui n’avaient pas encore été pleinement mises en œuvre (c.-à-d. la SNLRF et la SCFF) de même que la nécessité de recherches supplémentaires pour combler les lacunes en matière de gestion des ravageurs et des incendies et pour mettre à jour les outils d’évaluation des risques et de surveillance.

Preuve

SNLRF

  • Voici des exemples de progrès accomplis : la création du cadre d’analyse des risques, la collaboration avec les provinces, en particulier à l’égard des accords de normalisation des données, l’augmentation de la capacité de surveillance des ravageurs forestiers, la détermination des lacunes en matière de recherches au moyen d’une évaluation des besoins, la sensibilisation accrue aux enjeux liés aux ravageurs et l’augmentation des connaissances scientifiques sur les ravageurs forestiers.
  • L’évaluation a cerné d’importantes limites dans la progression vers le résultat ultime. Par exemple, il subsiste des lacunes en matière de recherches en S et T en partie à cause de la lenteur du processus de S et C et en partie à cause du manque perçu de recherches dans les nouveaux domaines de risque. En outre, même si la connaissance des risques s’est améliorée, cette connaissance n’a pas encore été transposée en mesures pour contrer ces risques. Les constatations indiquent également que le cadre des risques provisoire de la SNLRF n’a pas encore été mis en œuvre à titre de stratégie et que certains groupes d’intervenants ne participent pas encore à un niveau significatif.

RF-DPP

  • Les réalisations du programme sont les suivantes : des modèles des risques utilisés pour prévoir la propagation du DPP, la capacité accrue de caractériser, de délimiter et de récupérer la valeur du bois tué par le dendroctone, les activités de contrôle coordonnées avec la Colombie-Britannique, l’Alberta, AINC et Parcs Canada, les recherches contribuant aux nouveaux outils de surveillance et les techniques de gestion des ravageurs et des incendies mis en œuvre dans les régions à risque élevé. Les modèles du SCF ont également indiqué que dans les zones où il y a eu des activités de contrôle direct, le nombre d’arbres tués par le dendroctone du pin ponderosa était moins élevé qu’il ne l’aurait été sans ces activités.
  • Les efforts visant à ralentir la propagation du DPP ont été dépassés par deux dispersions aériennes imprévues du dendroctone en 2006 et en 2009, combinées à un climat qui se réchauffe et à la prévalence de pins tordus latifoliés matures en haute concentration. Le fait que l’impact de la combinaison de ces facteurs ait été imprévu indique une lacune dans la capacité de prévision des menaces, qui doit être comblée. Cela dit, le degré auquel la science peut combler cette lacune est limité en raison de la difficulté de prévoir les schémas météorologiques (c.-à-d. les dispersions aériennes découlent de schémas météorologiques difficiles à prévoir).

EEEF

  • La S et T du programme EEEF a amélioré la capacité d’évaluation des risques d’introduction d’espèces exotiques, fourni un soutien à la S et T en surveillance et en détection (en particulier pour le longicorne brun de l’épinette), apporté d’importantes contributions scientifiques aux politiques d’autres ministères (nationaux et internationaux), contribué aux recherches phytosanitaires servant à protéger les exportations de bois canadiennes et fait participer les principaux intervenants du gouvernement et de l’industrie.
  • Les répondants ont indiqué que des lacunes dans le financement aux niveaux fédéral et provincial limitent la nouvelle capacité de surveillance des espèces exotiques envahissantes. On a également soulevé des préoccupations quant au fait que les recherches actuelles sont trop concentrées sur la surveillance, aux dépens de l’élaboration d’options d’atténuation, et que davantage de travaux sont nécessaires pour améliorer la sensibilisation du grand public aux ravageurs exotiques envahissants.

Feux de végétation – S et T

  • Le programme peut indiquer de nombreuses réalisations historiques. La MCEDIF est utilisée de façon généralisée pour la surveillance et l’évaluation des risques, et les outils du SCF, y compris le SCIFV qui sera bientôt mis en œuvre, sont hautement appréciés. En outre, les recherches en S et T ont contribué à l’élaboration de la SCFF et à la prise de décisions dans les compétences provinciales.
  • Toutefois, les progrès vers le résultat ultime qu’est la gestion efficace des perturbations forestières pendant la période couverte par l’évaluation (2005-2006 à 2009-2010) étaient limités. Les principaux outils d’évaluation des risques et d’aide à la décision utilisés par les intervenants n’ont pas été mis à jour depuis un certain temps, ce qui limite de plus en plus leur utilité dans l’évaluation des risques. Les intervenants se préoccupaient également du fait que le SCF doit combler des lacunes en matière de recherches pour demeurer pertinent dans le cadre des décisions touchant les Feux de végétation.

3.2.2 Avec quelle efficacité les sous-sous-activités produisent-elles des extrants et des impacts et utilisent-elles les moyens les plus économiques pour réaliser les résultats souhaités?

Résumé

Dans l’ensemble, la rétroaction des personnes interviewées indique que les programmes étaient exécutés de manière efficace et la majorité des répondants a indiqué que les programmes ne pourraient pas être plus économiques dans la réalisation de leurs objectifs. Les approches coopératives qui utilisent les ressources, les connaissances et l’expertise des organismes partenaires étaient souvent citées comme des éléments apportant des contributions positives à l’efficacité et l’économie. Le professionnalisme bien vu des chercheurs et des employés du SCF a été cité comme une preuve de l’optimisation des ressources. Certaines personnes interviewées ont mentionné la nécessité de maintenir les niveaux de dotation et de préparer des plans de relève pour certains des programmes.

Les personnes interviewées n’ont pas indiqué que les programmes dédoublaient leurs efforts ou qu’ils pourraient être exécutés mieux et plus efficacement ailleurs. Les suggestions d’alternatives susceptibles d’offrir une plus grande économie et une meilleure efficacité étaient souvent centrées sur la prestation de davantage d’occasions de collaboration, l’augmentation de la coordination ou l’amélioration des processus de subvention et de contribution pour garantir l’opportunité du financement.

SNLRF

La Stratégie nationale de lutte contre les ravageurs forestiers était perçue par beaucoup de personnes interviewées comme une opération efficace faisant participer des gens de partout au pays à peu de frais. Les accords de contribution avec les provinces permettaient au SCF de tirer profit des ressources provinciales. Plusieurs personnes interviewées percevaient cela comme une façon pour la SNLRF d’éviter les dépenses élevées, puisque le SCF pouvait diriger les composants de direction de niveau national de manière plus rentable que les provinces (sans la coordination de niveau fédéral, le risque de dédoublement des efforts par le traitement de priorités similaires ou de dédoublement des efforts de recherche peut en fait être plus élevé).

Un petit nombre de personnes interviewées estimait que l’initiative était inefficace en raison du roulement des employés, d’un processus de demande de subventions et contributions bâclé et de retards dans la prestation du financement. Parmi les suggestions formulées pour améliorer l’efficacité, notons la création d’une direction officielle de la SNLRF et l’ajout de souplesse dans les dates de fin d’exercice financier des S et C. On a indiqué qu’il existait peu ou pas de dédoublement avec d’autres initiatives. D’autres suggestions d’amélioration de l’économie et de l’efficacité étaient centrées sur une meilleure coordination et une meilleure communication au niveau national (c.-à-d. une meilleure communication du cadre d’analyse des risques au sein du SCF et l’application du cadre à la définition des priorités de recherche et à l’affectation des fonds).

RF-DPP

Les répondants n’ont pas pu trouver de façon claire d’améliorer l’efficacité avec laquelle la RF-DPP était exécutée. Le programme est perçu comme le moyen le plus économique de réaliser les objectifs visés et on estimait qu’aucun autre mode d’exécution ne serait nécessairement plus économique. Au nombre des suggestions d’économies de coûts, on compte le partage des installations de conférence pour les ateliers et des véhicules pour les visites sur le terrain, de nouvelles lignes directrices en matière de financement et un nouveau formulaire de demande de même que la localisation des agents forestiers du SCF sur le terrain. Aucun autre programme ne met actuellement l’accent sur la protection contre les feux de végétation ou sur l’enlèvement des arbres présentant un danger sur les terres des Premières nations, sur les terres municipales ou sur les sites récréatifs; il semble donc n’exister aucun chevauchement ou dédoublement.

Les réunions régulières des ministères provinciaux des ressources naturelles avec les représentants fédéraux afin de discuter des plans de travail en Alberta et en Colombie-Britannique ont contribué à l’exécution efficace de la RF-DPP. Même si elle ne faisait pas partie du programme RF-DPP, la Spread Control Overview Team (SCOT) utilisée dans le cadre de l’élément Forêts de l’État provincial a offert un processus efficace de coordination entre la Colombie-Britannique et l’Alberta. Un protocole d’entente a également été signé avec le SCF pour faciliter l’échange de renseignements. La SCOT a utilisé les modèles du DPP du SCF pour éclairer ses décisions sur les endroits où concentrer les activités d’atténuation.

On a cerné un certain potentiel d’amélioration en ce qui concerne la gouvernance, les questions de compétence avec les provinces et l’aptitude résultante d’établir des priorités et de prendre des décisions en matière de financement. On a laissé entendre que la gestion du programme RF-DPP aurait pu profiter d’une représentation officielle au sein de la SCOT afin d’influencer sur l’établissement des priorités visant à ralentir la progression vers l’est du dendroctone. Cela dit, la SCOT était un comité Colombie-Britannique-Alberta, alors un rôle amélioré du SCF ici pourrait tout de même n’avoir eu qu’un impact limité sur l’établissement des priorités.

EEEF

Les personnes interviewées percevaient que l’initiative fédérale Espèces exotiques envahissantes forestières employait une approche coopérative en équipe qui fonctionnait efficacement avec les autres ministères fédéraux et les provinces. Les personnes interviewées ont indiqué que les niveaux budgétaires étaient suffisamment bas pour garantir qu’il n’y aurait pas de surplus de fonds. Parmi les suggestions des répondants pour assurer une économie et une efficacité plus grandes, notons une coordination améliorée pour limiter le dédoublement et pour garantir que l’information est utile aux intervenants. D’autres suggestions émanant de quelques employés du SCF interviewés avançaient que l’efficacité et l’économie pourraient être améliorées par la conservation des employés ayant suivi une formation scientifique et par la planification de la relève pour aider à créer la prochaine génération de spécialistes, de même que par une plus grande collaboration au moyen de réunions nationales périodiques des spécialistes.

Feux de végétation – S et T

Les personnes interviewées ont indiqué que les recherches liées aux incendies n’auraient pas été menées sans les chercheurs du SCF. La plupart d’entre elles n’ont pas pu citer d’exemples de chevauchement ou de dédoublement. Même si la production de documents sur les incendies était en fait plus élevée que lors de la période précédente, plusieurs personnes interviewées ont exprimé des préoccupations à l’égard de la capacité et du niveau de financement, qui étaient plus bas que lors de la période précédente. Les suggestions d’amélioration de l’économie et de l’efficacité touchaient la collaboration, en particulier l’échange de renseignements et les partenariats pour l’exécution des recherches futures. Plusieurs personnes interviewées ont suggéré d’établir un « forum national sur les incendies » semblable au Forum national sur les ravageurs. Certaines personnes interviewées ont proposé de réorienter les recherches du SCF sur les incendies en fonction des enjeux nationaux émergents comme la sécurité publique, la gestion écologique et les feux de végétation en rapport avec la réduction de gaz à effet de serre.

Annexe 1 : Modèle composite des résultats de la sous-activité Perturbations forestières

Annexe 1 : Modèle composite des résultats de la sous-activité Perturbations forestières

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Version textuelle - annexe 1

Le diagramme à l’annexe 1 présente les résultats immédiats, intermédiaires et finaux des quatre programmes de la sous-activité Perturbations forestières faisant l’objet de l’évaluation (c.-à-d., EEE, SNLRF, RF-DPP et FV – S et T). De plus, elle constitue un modèle logique des résultats composites des quatre programmes.

Les résultats immédiats du programme EEE sont les suivants : 1) capacité améliorée de cerner les risques liés aux espèces exotiques introduites intentionnellement et aux voies d’entrée non intentionnelles; 2) influence accrue des politiques et des normes techniques internationales; 3) cadre législatif et stratégique intégré appliqué; 4) connaissance accrue des EEE dans des secteurs particuliers des ressources et au sein du public; 5) capacité améliorée de détection et de gestion des EEE et de réaction aux EEE. Les résultats intermédiaires sont les suivants : 1) application de l’analyse des risques aux espèces exotiques introduites intentionnellement et aux voies d’entrée non intentionnelles; 2) élaboration et application de technologies, de pratiques ou de processus innovateurs aux EEE et aux voies d’entrée non intentionnelles; 3) application de technologies, de pratiques ou de processus visant à minimiser les risques d’exportation d’EEE vers d’autres pays. La prévention et la gestion des EEE au Canada constituent le résultat final.

Les résultats immédiats du programme SNLRF sont les suivants : 1) disponibilité de technologies de surveillance et de prédiction adaptatives et innovatrices; 2) aptitude à évaluer les risques et les impacts liés aux ravageurs forestiers; 3) actions et priorités en matière de S et T alimentées par la demande; 4) ajustement des outils de réglementation pour refléter la SNLRF au besoin. Les résultats intermédiaires sont les suivants : 1) lutte antiparasitaire intégrée et techniques d’intervention intégrée à la gestion durable des forêts; 2) connaissance des impacts des ravageurs forestiers et des options de gestion des ravageurs; 3) les gouvernements, les Premières nations, les gestionnaires fonciers et les associations de l’industrie participent; 4) les décisions et les justifications des actions sont transparentes pour les Canadiens. Les résultats finaux sont les suivants : 1) processus décisionnel national convenu axé sur les risques; 2) détection et description opportunes des problèmes liés aux ravageurs; 3) réaction opportune et efficace aux problèmes de ravageurs forestiers.

Les résultats immédiats du programme RF-DPP sont les suivants : 1) aptitude à évaluer les risques de propagation du DPP dans la forêt boréale; 2) aptitude améliorée à délimiter et à caractériser les zones tuées par le dendroctone; 3) renseignements améliorés pour optimiser les décisions touchant la récolte et la fabrication après le passage du dendroctone; 4) détermination des options pour favoriser la durabilité des forêts et d’autres ressources naturelles de même que des collectivités forestières touchées par le DPP, à l’appui de la diversification économique; 5) activités sylvicoles élargies sur les terres publiques et privées pour contrôler le dendroctone, gérer le combustible, réduire le nombre d’arbres dangereux et assurer le renouvellement forestier. Les résultats intermédiaires sont les suivants : 1) contrôle de la propagation en C.-B. et de la progression vers l’est du dendroctone du pin ponderosa; 2) amélioration de l’efficacité des efforts de récupération de valeur des forêts tuées par le dendroctone; 3) réduction de l’impact des activités après le passage du dendroctone sur les valeurs écologiques et autres que le bois d’oeuvre des ressources forestières; 4) réduction du risque d’épidémie future; 5) aptitude à comprendre et à atténuer les impacts sur les collectivités dépendantes de la forêt. Les résultats finaux sont les suivants : 1) réduction de la menace posée par le dendroctone du pin ponderosa pour la forêt boréale; 2) meilleure aptitude du secteur forestier à réagir aux changements dans la qualité et la quantité des fibres; 3) meilleure aptitude des collectivités forestières à réagir aux changements à l’avenir par la diversification économique.

Les résultats immédiats du programme FV – S et T sont les suivants : 1) accroissement de la capacité de prédiction des occurrences, du comportement et de la gravité des incendies; 2) le SCIFV offre des renseignements courants et pertinents nécessaires pour appuyer la prise de décisions et l’affectation des ressources; 3) renseignements de référence améliorés pour le Modèle du bilan du carbone forestier du Canada et des inventaires des émissions; 4) contribution du SCF au SCFF; 5) renseignements améliorés quant à l’impact du changement climatique sur le risque d’incendie. Les résultats intermédiaires sont les suivants : 1) renseignements améliorés sur les risques d’incendie et leur impact sur les collectivités, l’écologie, etc.; 2) adoption de renseignements dans les organismes décisionnels et utilisations dans la détermination des options et des stratégies d’atténuation; 3) renseignements améliorés sur les liens entre les incendies, le changement climatique et les ravageurs; 4) davantage de renseignements sont disponibles pour la reddition de comptes sur l’utilisation du carbone et les émissions de gaz à effet de serre. Les résultats finaux sont les suivants : 1) grâce aux connaissances acquises, les risques liés aux incendies au Canada sont atténués, des stratégies d’adaptation sont cernées et les collectivités et les personnes sont protégées; 2) rapports internationaux améliorés sur l’utilisation du carbone et les émissions de gaz à effet de serre.

Selon le modèle logique des résultats composites de la sous-activité Perturbations forestières, les résultats immédiats sont les suivants : 1) la capacité d’évaluation du risque de perturbation forestière est améliorée; 2) la capacité de surveillance des perturbations forestières est améliorée; 3) on contribue à l’élaboration de stratégies, de règlements et de normes; 4) on élabore des options d’adaptation et d’atténuation; 5) on est conscient des enjeux liés aux ravageurs forestiers; 6) des renseignements améliorés appuient la prise de décisions. Les résultats intermédiaires sont les suivants : 1) l’analyse des risques appliquée cerne les menaces efficacement; 2) les techniques appliquées de gestion des perturbations forestières réduisent les impacts économiques et écologiques; 3) les intervenants pertinents participent et le SCF collabore avec eux. Résultat final : On gère les perturbations forestières au Canada et on y réagit de manière efficace.