ARCHIVÉE - Évaluation de l'Innovation forestière et de l'Initiative des instituts de recherche forestière Soutien aux instituts de recherche forestière

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Table des matières


SOMMAIRE

Introduction

Le présent rapport résume les constatations d’une évaluation menée sur les initiatives du Service canadien des forêts (SCF) de Ressources naturelles Canada (RNCan) en matière de mesures de soutien à la l’Initiative d’innovation forestière et l’Initiative des instituts de recherche forestière.1 L’évaluation porte sur environ 75 millions de $ de financement de RNCan pour la période s’étendant de 2002-2003 à 2008-2009.

Contexte

La contribution du secteur forestier et des produits forestiers à l’économie canadienne est considérable (2 % du produit intérieur brut du Canada en 2008). Le secteur forestier canadien relève d’énormes défis en raison de nombreux facteurs, notamment des concurrents anciens et nouveaux en meilleure position concurrentielle, des questions de politique intérieure2, le changement de structure nationale et multilatérale3, les défis que présentent les ressources humaines et la technologie,4 le ralentissement dans le secteur de l’immobilier aux États-Unis et l’effondrement de la demande de papier journal — pour n’en mentionner que quelques-uns. Par conséquent, le secteur forestier au Canada a perdu 50 000 emplois au cours des deux dernières années seulement (2007 à 2009), période pendant laquelle plus de 250 usines ont fermé leurs portes, ou ont suspendu leurs activités (sans compter celles qui ont réduit leurs activités de production).5

Pour y répondre, le gouvernement du Canada a offert certaines mesures de soutien à court terme, surtout financières. Pour aborder les besoins à long terme, et avec l’apport des dirigeants du secteur forestier, le gouvernement a élaboré la Stratégie de compétitivité à long terme de l’industrie forestière, ci-après appelé la « l’Initiative d’innovation forestière ». Les initiatives axées sur l’innovation forestière (d’une valeur de 127,5 millions de $) ont été conçues pour promouvoir l’investissement continu dans la technologie (des produits et processus nouveaux ou améliorés, de nouvelles applications pour le bois) et dans le développement du marché (national et international). 

Renseignements généraux

La présente évaluation, menée lorsque ces initiatives étaient à leurs débuts (en 2009), portait sur les progrès des éléments de l’Initiative d’innovation forestière ci-dessous, en raison desquels on s’attend à la création d’un nouveau cadre institutionnel à l’échelle nationale afin de rendre le système d’innovation forestière plus efficace et plus adapté :

  1. le regroupement des instituts de recherche forestière sans but lucratif au Canada (FERIC, Forintek et Paprican) pour former FPInnovations (l’institut de recherche forestière le plus important au monde) (5 millions de $);
  2. la création du Centre canadien sur la fibre de bois, qui constitue le « quatrième pilier » de FPInnovations (10 millions de $);
  3. le Programme des technologies transformatrices (PTT), visant le développement des connaissances pour soutenir l’élaboration de produits forestiers pour l’avenir (55 millions de $).

De plus, l’évaluation a examiné les résultats de l’Initiative des instituts de recherche forestière (environ 5 millions de $ par an). L’Initiative des instituts de recherche forestière est offerte aux anciens instituts de recherche, FERIC et Forintek (maintenant rassemblés sous FPInnovations) pour appuyer la recherche contribuant à l’atteinte de l’objectif global de RNCan, ce qui consiste à assurer la mise en valeur durable des ressources naturelles tout en aidant à créer un secteur forestier concurrentiel.

Enjeux d’évaluation6 et méthodologie

Les enjeux d’évaluation portaient sur la pertinence et la justification des programmes, ainsi que les résultats, les réussites et la rentabilité. Voici certaines des méthodes d’évaluation :

Examen de la documentation – Y compris plus de 300 documents englobant la documentation, les plans et les rapports sur le rendement de chacun des programmes; des documents stratégiques fédéraux, des publications provenant d’autres pays et ministères fédéraux et des publications techniques ont également été examinés.

Entrevues – Y compris des entrevues auprès de 83 intervenants; 64 entrevues relativement à l’innovation forestière et 19 entrevues relativement à l’Initiative des instituts de recherche forestière;7

Études de cas – Notamment sur deux initiatives en matière de l’Initiative des instituts de recherche forestière de FERIC ainsi que de Forintek. De plus, quatre projets du Programme des technologies transformatrices (PTT) ont été ciblés; cependant, puisque les projets du PTT sont à leurs débuts, ils ne sont pas considérés comme des études de cas. Les projets représentent divers thèmes de recherche, types de collaboration (au sein de FPInnovations et à l’externe) et impacts attendus.

Limites – Un certain nombre de limites inhérentes à l’évaluation de l’Initiative d’innovation forestière ne s’appliquait pas à celle visant l’Initiative des instituts de recherche forestière:

  1. Calendrier : Cette évaluation, qui a été réalisée deux ans après l’établissement de FPInnovations et trois ans après l’établissement du Centre canadien sur la fibre de bois, avait pour objet d’examiner les organismes aux débuts d’un programme de recherche à long terme;
  2. Portée de l’Initiative d’innovation forestière : Étant donné la grande envergure de cette initiative, la plupart des personnes interviewées étaient directement intéressées par l’évaluation de son rendement.

Constatations

Pertinence/Justification

La crise bien documentée dans laquelle se trouve le secteur des produits forestiers au Canada ainsi que les objectifs de l’investissement dans l’Initiative d’innovation forestière (décrits dans les deux accords de contribution pour L’Initiative des instituts de recherche forestière) viennent appuyer la pertinence continue de l’approche misant sur cette initiative et l’Initiative des instituts de recherche forestière.

Sur le plan international, les gouvernements étrangers tendent à reprendre les mesures prises par celui du Canada. Les organismes de recherche forestière en Scandinavie, en Chine, en Nouvelle-Zélande et ailleurs reçoivent des fonds provenant tant du secteur public que du secteur privé. La recherche et développement (R et D) financée par le secteur public porte sur des questions concernant l’environnement, le développement durable, les codes du bâtiment et les normes, ainsi que d’autres enjeux touchant le secteur en général. Les entreprises du secteur privé deviennent membres de ces organismes de recherche pour y avoir accès (selon le principe de la rémunération des services), leur permettant ainsi d’appuyer la mise en œuvre de nouvelles technologies et de techniques de récolte et de traitement. Bon nombre des approches issues de la recherche de FPInnovations seront pertinentes à l’échelle du secteur; ainsi, le soutien conjoint des secteurs public et privé des mesures prises ainsi que la mise en œuvre de ces mesures au sein du secteur, s’il y a lieu, s’avèrent efficaces sur le plan économique.

Selon l’examen de la documentation, les mesures de soutien pour l’Initiative d’innovation forestière et l’Initiative des instituts de recherche forestière correspondent au Plan d’action économique du Canada (budget 2009) et y figurent; dans le Plan, le gouvernement a prévu le versement de 170 millions de $ sur deux ans pour assurer un secteur forestier plus durable et concurrentiel.8  De plus, dans le budget de 2008,9 on avait prévu le versement de 10 millions de $ sur deux ans à RNCan pour promouvoir le secteur forestier au Canada auprès des marchés internationaux en tant que modèle de l’innovation et de la durabilité environnementale. L’Initiative d’innovation forestière et les mesures de soutien à l’Initiative des instituts de recherche forestière appuient au moins deux des trois objectifs stratégiques de RNCan10, en plus d’appuyer les fonctions du ministre des Ressources naturelles telles qu’elles sont décrites dans la Loi sur le ministère des Ressources naturelles, aux articles (a) à (i).11

Résultats/Réussites

La mise en œuvre se poursuit comme prévu. FPInnovations a réussi notamment en ce qui concerne l’intégration des organismes et aussi, une nouvelle perspective stratégique à toutes les étapes de la chaîne de valeur (allant de la fibre de bois à la transformation secondaire), tout en poursuivant son appui à la productivité du secteur et aux bénéfices découlant des économies d’échelle. Les démarches pour créer le Centre canadien sur la fibre de bois ont eu pour effet une meilleure prestation des programmes de recherche et de nouveaux réseaux de recherche.

FPInnovations a aussi généré des résultats à court terme, notamment l’amélioration de la productivité et des économies d’échelle, grâce à l’application poussée des activités dans le cadre du PTT (p. ex., l’optimisation des ressources forestières). Le Programme s’est avéré un moyen efficace pour regrouper la capacité de recherche (le personnel, les équipements et les installations) des quatre divisions, ainsi que d’autres organismes de recherche externes.     

Par rapport à l’Initiative des instituts de recherche forestière, les constatations correspondent à celles des rapports d’évaluation de 2004-2005.12 Le financement offert à Forintek et à FERIC, en tant que divisions de FPInnovations, continue à jouer un rôle essentiel dans l’infrastructure technologique appuyant l’innovation dans le secteur forestier, en particulier le bois d’œuvre et les produits de bois massif, ainsi que dans le secteur de la coupe forestière. La recherche en incendie, les études séismiques et les évaluations de la durabilité effectuées par Forintek assurent des bâtiments plus sécuritaires et ainsi, ont grandement contribué au bien collectif. De plus, il y a eu des améliorations environnementales, grâce aux stratégies de coupe de FERIC visant à maximiser le rendement des placettes forestières, et aux stratégies de transport visant à minimiser l’impact des routes et des émissions de gaz à effet de serre (GES).

Forintek participe à plus de 15 comités de recherche nationaux et internationaux, comités sur les codes et normes et d’autres comités techniques. Il s’agit d’un engagement qui permet au secteur de maintenir un accès au marché et d’établir de nouveaux marchés nationaux et internationaux pour le bois et les produits du bois canadiens, et ce, en assurant la correspondance des codes et normes du bâtiment aux produits canadiens et aux méthodes de construction au Canada. Les comités abordent des sujets tels que les codes de prévention des incendies, les lignes directrices sur les composés organiques volatils dans les bâtiments de bois et les conceptions architecturales qui tiennent compte de l’éventualité d’un tremblement de terre, etc. Lors des études de cas sur L’Initiative des instituts de recherche forestière, on a examiné à fond des échantillons des codes, normes, protocoles et technologies génériques développés grâce à cette initiative.

Rapport coût-efficacité/Options

Prises ensemble, les incidences chiffrées, que les études de cas dans le cadre de la présente évaluation sur quatre projets financés ont permis de connaître, ainsi que la valeur estimative de la participation de Forintek à six comités nationaux et à douze comités internationaux (ainsi qu’à presque cent sous-comités relevant de ces derniers) comme représentant du Canada montent à une valeur qui dépasse celle de l’investissement du gouvernement du Canada au cours des cinq dernières années. La valeur estimative des retombées des quatre projets examinés dans le cadre de cette évaluation sur une période d’un an (une estimation prudente) est plus du double des dépenses de RNCan pour l’ensemble de l’Initiative des instituts de recherche forestière (programme de contribution). Selon des estimations raisonnables de l’attribution, ces quatre projets de l’Initiative des instituts de recherche forestière ont engendré un rendement positif sur l’investissement du gouvernement du Canada dont l’estimation est de 3:1 à 8:1.

L’estimation des résultats et impacts des projets du PTT jusqu’à ce jour présente certaines difficultés, puisque le Programme a été lancé au cours des deux dernières années seulement, et que certains des projets (mais pas tous) sont à long terme. L’un des investissements les plus importants du PTT, l’Initiative côtière de la Colombie-Britannique, a donné pour résultat des économies de coûts, et des améliorations à la productivité. Selon deux participants au projet de l’industrie, les profits globaux (dont on suppose sur une période de trois ans) sont de 30 millions de $ actuellement, en raison d’une meilleure récupération dans les scieries – sans trop d’investissement en biens capitaux. L’investissement annuel total du PTT dans l’Initiative côtière de la Colombie-Britannique est de 1,5 millions de $ (le gouvernement de la C.-B. en verse autant, pour un investissement total de 3 millions de $ par an du secteur public). Selon les données ci-dessus, le ratio des profits annuels réalisés par deux entreprises à ce jour, grâce à l’investissement du PTT, est de 6:1 environ (ou de 3:1, si l’on tient compte de l’ensemble des fonds publics).

Aucune mesure plus efficace n’a été déterminée pour exécuter les activités. Il y a des améliorations à faire aux structures et processus existants (vu qu’ils sont en place depuis seulement trois ans), mais selon toute indication, ces structures et processus fonctionneront.

Pour ce qui est de l’approche adoptée par le Canada, un certain nombre de facteurs nuit à la comparaison directe avec d’autres pays; toutefois, selon la comparaison internationale effectuée, cette approche (comprenant notamment l’intégration de la gamme complète de recherche forestière et une concentration sur les nouvelles technologies) correspond aux pratiques exemplaires internationales.

Recommandations et réponses de la direction
Recommandations Réponses de la direction et plans d’action Autorités responsables 
(Date cible)
1.  Encourager FPInnovations à mettre à jour le plan de recherche à long terme pour le secteur forestier en consultation avec les intervenants appropriés. Acceptée. Le SCF et CANMET de RNCan, de concert avec l’APFC, FPInnovations et la Banque Canadienne Impériale de Commerce ont lancé le Projet de la voie biotechnologique en vue d’élaborer un plan à long terme pour déterminer les technologies les plus aptes à transformer l’industrie. La première étape du Projet a pris fin en février 2010. Il a suscité un intérêt considérable chez les représentants de l’industrie et les décideurs fédéraux et provinciaux, ainsi que chez les investisseurs qui s’intéressent aux occasions nouvelles et non traditionnelles d’investissement dans le secteur forestier. FPInnovations, en collaboration avec les chefs de file de l’industrie et RNCan a fait la mise à jour du plan et travaille sur l’élaboration d’une stratégie pour l’innovation dans le secteur forestier en fonction de l’analyse du Projet de la voie biotechnologique. SMA, SCF
(mars 2011)
2.  Pour tout programme futur, le SCF doit encourager FPInnovations à préciser les objectifs du Programme des technologies transformatrices, notamment l’équilibre entre la recherche et développement à court terme (pour répondre aux besoins immédiats) et à long terme (sur les technologies transformatrices). Acceptée. Le renouvellement du Programme des technologies transformatrices (budget de 2009) par le biais du Plan d’action économique du Canada a permis d’obtenir des fonds pour relever les défis continus en matière de productivité à court terme auxquels fait face l’industrie forestière au Canada, et pour poursuivre ses activités à plus long terme sur les technologies transformatrices. Les ententes de contribution subséquentes ciblent des volets de financement distincts – les unes ciblant les objectifs à court terme, soit le transfert et l’adoption de la technologie et les autres ciblant les technologies transformatrices, un objectif à long terme. SMA, SCF
 (continu)
3.  Assurer que les éléments relatifs aux technologies transformatrices des projets ayant le soutien du Programme des technologies transformatrices sont précisés dans les rapports sur le rendement. Acceptée. Des mesures ont été prises pour faire le contrôle des impacts des technologies développées dans le cadre du Programme. Les indicateurs de rendement seront mis à jour pour ainsi réviser le modèle logique créé au début du Programme. Les ententes de contribution décriront clairement ce qui est attendu du bénéficiaire concernant les rapports annuels.  SMA, SCF  (continu)

1.0 Introduction

1.1 Portée de l’évaluation

Cette évaluation porte sur deux initiatives d’investissement de Ressources naturelles Canada (RNCan) dans la recherche forestière à FPInnovations :

  • La promotion de l’innovation et l’investissement dans l’industrie forestière : la Stratégie de compétitivité à long terme de l’industrie forestière (ci-après appelé « Initiative d’innovation forestière ») de RNCan a été annoncée en février 2007, offrant un financement de 127,5 millions de $ au total dans trois secteurs des programmes. En 2007-2008 et 2008-2009, 70 millions de $ ont été affectés à l’un de ces secteurs, la promotion de l’innovation et l’investissement dans l’industrie forestière, servant à trois fins : le regroupement de trois instituts de recherche sans but lucratif, la création du Centre canadien sur la fibre de bois (CCFB) et le lancement du Programme des technologies transformatrices (PTT). 
  • L’Initiative des instituts de recherche forestière : RNCan offre un financement à FERIC et à Forintek (auparavant deux instituts de recherche à part, dorénavant des divisions de FPInnovations) pour les activités de recherche de base.  Ce financement est administré par le biais de deux accords de contribution, servant à soutenir la recherche précompétitive et la recherche au profit du bien collectif (notamment sur des codes et des normes, et sur des questions de santé, de sécurité et de l’environnement). Au cours des cinq dernières années, le financement annuel offert à FERIC était d’environ 1,7 millions de $ et celui offert à Forintek était d’environ 3,1 millions de $.

La nature des interventions des deux initiatives constitue la différence principale entre ces derniers : l’innovation forestière vise des activités à long terme liées à la transformation; l’Initiative des instituts de recherche forestière vise des activités appliquées à plus court terme et non pas particulièrement liées à la transformation.

1.2 Approche de l’évaluation

Vu que l’Initiative d’innovation forestière en est à ses débuts, l’équipe d’évaluation a examiné les progrès réalisés ou qui seront vraisemblablement réalisés vers l’atteinte des objectifs de l’organisme et vers l’établissement de liens avec une plus grande diversité d’organismes faisant de la recherche sur l’innovation dans les produits forestiers. L’équipe a également examiné la mesure dans laquelle on a fait avancer le programme de recherche et les progrès vers l’établissement de liens avec des récepteurs du savoir.

Aux débuts de l’évaluation, on a déterminé que l’évaluation serait plus efficace et logique si celle-ci comprenait le financement offert au moyen de l’Initiative des instituts de recherche forestière à FERIC et à Forintek13 (dorénavant divisions de FPInnovations). Les intervenants (de l’industrie et d’autres) sont les mêmes pour les activités visant l’Initiative d’innovation forestière que pour celles visant L’Initiative des instituts de recherche forestière. En outre, ce qui est possible dans le cadre du PTT est pour la plupart du temps en fonction de l’investissement à long terme de l’Initiative des instituts de recherche forestière à l’appui des programmes de recherche nationaux des deux organismes (p. ex., la recherche fondamentale sur la santé et la sécurité, les codes et normes du bâtiment, etc.).

Pour ce qui est des mesures de soutien de l’Initiative des instituts de recherche forestière, l’approche de l’évaluation s’appuyait surtout sur des études de cas détaillées. Étant donné la longue durée du financement fédéral à FERIC et à Forintek et par conséquent, les informations auxquelles l’équipe d’évaluation avait accès, l’équipe croyait important non seulement de résumer les activités, extrants et impacts attendus des projets, mais aussi, d’entreprendre des entrevues plus poussées auprès des autorités de l’industrie, des provinces et d’autres pour en tirer une évaluation des impacts intermédiaires des travaux de recherche à ce jour. Pour ce qui est du portefeuille de projets relativement nouveau du PTT, une évaluation aussi rigoureuse des impacts s’est avérée impossible.

1.3 Enjeux d’évaluation

Le comité ministériel d’évaluation a approuvé un ensemble d’enjeux à évaluer en fonction des exigences d’évaluation du Secrétariat du Conseil du Trésor, les suggestions et commentaires du comité consultatif de l’évaluation et les besoins en renseignements de RNCan, notamment :

Pertinence/Justification – À quel point les mesures prises à ce jour par le Service canadien des forêts (SCF) et d’autres intervenants afin d’appuyer les efforts pour promouvoir l’innovation et l’investissement dans le secteur des produits forestiers sont-elles toujours nécessaires?

Résultats/Réussites – À quel point les mesures, prises afin d’appuyer les efforts pour promouvoir l’innovation et l’investissement dans le secteur des produits forestiers, ont-elles permis d’atteindre leurs objectifs/buts/cibles respectifs (ou permettront-elles vraisemblablement de les atteindre)? À la demande de la direction du programme, certaines questions en particulière ont été comprises dans la section sur les résultats/réussites.

Ces questions portaient notamment sur le point auquel les exigences des accords de contribution pour l’Initiative des instituts de recherche forestière ont été atteintes (p. ex., la production de plans de travail annuel et stratégique, la mesure du rendement).

Pour ce qui est de l’Initiative d’innovation forestière, ces questions portaient sur la mesure dans laquelle les actions prises à ce jour ont permis d’établir une base sur laquelle on prévoit que les réalisations à l’avenir se fonderont. Par exemple, dans quelle mesure le regroupement des instituts de recherche et l’établissement de liens au CCFB avancent-ils comme prévu? Quelle différence ces actions ont-elles faite, ou feront-elles probablement, sur l’innovation dans le secteur forestier? Y a-t-il des preuves de nouvelles synergies de recherche? Si oui, quels en étaient les résultats/impacts?

Rapport coût-efficacité/Options – Il s’agissait d’examiner la possibilité de trouver des moyens plus efficaces et appropriés pour atteindre les objectifs.

1.4 Méthodologie de l’évaluation

Parmi les méthodes servant à l’évaluation, mentionnons un examen des documents de fond (plus de 300 documents); des entrevues (auprès de 83 intervenants; 64 entrevues relativement à l’innovation forestière et 19 entrevues relativement à l’Initiative des instituts de recherche forestière; voir le tableau 1); des études de cas (sous l’Initiative des instituts de recherche forestière, deux initiatives de FERIC et deux de Forintek) et quatre projets du PTT en guise d’exemples (prévus comme études de cas à l’origine).14  Le choix des projets s’est fait de façon à assurer la représentation des divers thèmes de recherche, la portée de la collaboration (au sein de FPInnovations et à l’externe) ainsi que les impacts prévus.

Limites

Un certain nombre de limites inhérentes à l’évaluation de l’Initiative d’innovation forestière ne s’appliquait pas à celle visant l’Initiative des instituts de recherche forestière :

  • Calendrier : L’évaluation a été réalisée deux ans après l’établissement de FPInnovations et trois ans après l’établissement du Centre canadien sur la fibre de bois. Selon les documents de planification de l’établissement de ces deux organismes, il faudra prévoir un certain temps avant que la transition à la nouvelle structure ne soit complète. De manière semblable, on s’attend à ce que plusieurs années de nouvelles recherches dans le cadre du PTT soient nécessaires avant qu’il n’y ait d’importants résultats. Ainsi, cette évaluation avait pour objet des organismes en transition et un programme de recherche à ses débuts dont la durée a été reconnue comme à long terme. À l’heure actuelle, il est impossible de déterminer la nature innovatrice ou transformatrice des technologies en élaboration.15
  • Portée de l’Initiative : étant donné la grande envergure de cette initiative, la plupart des intervenants interviewés étaient directement intéressés par l’évaluation de son rendement. On s’est servi de multiples sources de données pour atténuer la situation.

Dans le cadre de l’évaluation de l’Initiative d’innovation forestière, on examinait les progrès réalisés ou qui seront vraisemblablement réalisés vers l’atteinte des objectifs de l’organisme. Dans le cadre de l’évaluation de l’Initiative des instituts de recherche forestière, on examinait les progrès réalisés.16 

2.0 Contexte et objectifs du Programme

2.1 Innovation forestière

Le secteur forestier fait partie intégrante de l’économie canadienne. Le Canada possède 10 % des forêts du monde (devancé seulement par la Russie, qui en abrite 22 %) et 30 % de la forêt boréale au monde. De plus, le Canada est le plus grand exportateur de produits forestiers du monde (30,1 milliards de $ en 2008), ces produits représentant une importante composante du produit intérieur brut du Canada (2 % en 2008). Les exportations du Canada constituent 16 % du marché international des produits forestiers. Les grands acheteurs de produits canadiens sont les États-Unis (77 %), l’Union européenne (8 %) et le Japon (7 %). Le secteur des produits forestiers est un grand consommateur de haute technologie.

Le secteur forestier au Canada se compose de trois catégories d’industries, qui se subdivisent et qui sont interdépendantes. Ces industries sont : foresterie et exploitation forestière; fabrication de produits de papier; et fabrication de produits de bois. Bon nombre des entreprises de plus grande taille ont des activités dans plus d’un secteur (p. ex., la fabrication de produits du bois et de papier), transportant le matériel vers des installations diverses pour une production plus efficace.17

Certains facteurs affaiblissent la position concurrentielle dans le secteur des produits forestiers du Canada, notamment : la concurrence d’autres pays (de producteurs à faible coût en Asie et en Amérique du Sud18), des questions de politique intérieure,19 le changement structurel dans le secteur, sur le plan national et international,20 les défis que présentent les ressources humaines et la technologie, le besoin d’innover plus rapidement,21 le ralentissement dans le secteur de l’immobilier aux États-Unis, l’effondrement de la demande de papier journal (une chute de 30 % entre 2001 et 2008),22 l’appréciation de la devise canadienne,23 le sous-investissement par l’industrie dans la R et D et dans des équipements plus efficaces 24 et des coûts de transport et d’énergie à la hausse.25

Ces facteurs, déterminés dès l’an 2000, ont eu pour résultat un déclin marqué dans la demande de produits forestiers, ce qui a entrainé des mises à pied, des fermetures d’usines, une réduction des ventes nationales et internationales et des pertes financières. Au cours des deux dernières années (2007 à 2009), le secteur forestier au Canada a perdu 50 000 emplois et plus de 250 usines se sont fermées ou ont suspendu leurs activités (et davantage d’usines ont ralenti la production).26 

Pour y répondre, le gouvernement du Canada a offert certaines mesures de soutien à court terme, surtout financières. Au début des années 2000, un groupe composé de P.-D.G. et d’autres cadres supérieurs du gouvernement et de l’industrie ont déterminé la nécessité urgente d’une série de mesures pour répondre aux besoins en matière d’innovation dans le secteur forestier. Trois initiatives connexes ont été proposées : le regroupement des instituts de recherche forestière; la création d’un centre de recherche sur la fibre ligneuse; et plus d’investissement dans l’innovation forestière. Ces mesures ont pris la forme d’une restructuration du système national d'innovation forestière, conçue pour rendre le système plus cohérent, ciblé et efficace.27

Les recommandations ont été abordées dans l’Initiative de compétitivité à long terme de l’industrie forestière de RNCan, présentée en février 2007 et appuyée d’un financement total de 127,5 millions de $ (financement s’achevant en 2008-2009 à l’origine, mais prolongé jusqu’en 2009-2010). L’initiative comportait trois objectifs : la promotion de l’innovation et des investissements (70 millions de $); le développement des marchés (40 millions de $); et l’élaboration d’une stratégie nationale de lutte contre les ravageurs forestiers (12,5 millions de $). La présente évaluation porte sur le premier de ces trois objectifs, celui visant l’innovation forestière.28

L’innovation forestière regroupe en fait plusieurs initiatives dont trois font l’objet de la présente évaluation : d’abord, le regroupement des trois instituts de recherche forestière sans but lucratif au Canada (Forintek, FERIC et Paprican) en un organisme, FPInnovations, le 1er avril 2007. Forintek s’est engagé dans la recherche sur les produits de bois massif, FERIC a entrepris la recherche sur la récolte et le transport du bois et Paprican s’est engagé dans la recherche liée à la fabrication des pâtes et papiers. Le regroupement avait pour objectifs de permettre plus d’efficacité, de synergie et de force relativement à l’innovation et la R et D, ainsi qu’une « voix commune plus forte sur les enjeux du secteur des produits forestiers ».29  Après la présentation au Conseil du Trésor, cette initiative a reçu un financement de 5 millions de $ au total.

La deuxième initiative axée sur l’innovation forestière, le Centre canadien sur la fibre de bois (CCFB) a été créé en avril 2006 et a reçu un financement de 10 millions de $. Le CCFB est un organisme de recherche dont le personnel provient des installations de RNCan partout au pays. Il est situé dans les installations du SCF et mène des recherches visant à rehausser la valeur des fibres de bois des forêts canadiennes. Le CCFB existe en tant que composante du SCF, mais ses travaux sont prévus par FPInnovations et réalisés conjointement avec les trois autres divisions de FPInnovations. Le CCFB a pour objectif d’accroître le rendement économique des ressources financières du Canada par des recherches visant à accroître la valeur de la fibre de bois canadienne.

La troisième initiative axée sur l’innovation forestière, le Programme des technologies transformatrices (PTT) a permis à FPInnovations de bénéficier d’un financement de 55 millions de $ sur trois ans (2007-2008 à 2009-2010). Le PTT appuie la recherche précompétitive menée par FPInnovations ainsi que par d’autres organismes universitaires et instituts de recherche. Le Programme a pour objectif d’exploiter la capacité des instituts nouvellement regroupés et d’autres (surtout du milieu universitaire) de relever les défis à long terme en matière d’innovation, et ce, par le développement et l’adaptation des technologies nouvelles et de pointe dont les technologies de la biomasse forestière, la biotechnologie forestière et la nanotechnologie. On s’attend à ce que cela « … diminue la dépendance de l’industrie sur les produits de base et les marchés sujets aux fortes fluctuations des prix et du cycle économique. Cela veut dire de nouveaux produits de bois classiques meilleurs, ainsi que l’élaboration de solutions systémiques et de nouveaux produits capables de diversifier la clientèle et le marché. »30

On a déterminé que le développement et l’adaptation des technologies nouvelles et de pointe sont essentiels à la transformation de l’industrie forestière au Canada en vue de relever les défis auxquels elle fait face, tels : des coûts de production relativement élevés liés à la récolte et à la transformation par rapport à ceux d’usines plus grandes et plus récentes en Amérique du Sud et en Asie de l’Est; dans certaines régions, des problèmes d’approvisionnement en bois; et le déclin de la demande dans les segments de marché traditionnels tant à l’échelle nationale qu’internationale.

Il faut de nouvelles technologies et applications pour assurer que le Canada tire la plus grande valeur possible de ses ressources forestières, et pour rendre le secteur forestier plus concurrentiel à long terme. Étant donné que ces technologies et applications sont de nature multidisciplinaire, on a prévu le besoin de nouvelles collaborations en matière de R et D industrielle avec divers participants de l’extérieur de l’industrie forestière, notamment des sociétés d’exploitation pétrolière, des fournisseurs d’énergie, des services publics et des entreprises du secteur agricole et du secteur des produits chimiques.

On prévoit qu’à long terme, l’ensemble des extrants des initiatives axées sur l’innovation forestière permettra ce qui suit (selon les modalités de l’Initiative visant les instituts de recherche forestière) :   

  • un secteur forestier plus concurrentiel au Canada (optimisation de l’utilisation des fibres, innovation dans les produits et processus, optimisation du rendement économique de la fibre);
  • un institut de recherche forestière national qui rendra la R et D et les initiatives en matière d’innovation forestière plus efficaces et robustes, et permettra de parler d’une seule voix;
  • l'établissement d'un réseau plus complet d'innovation forestière regroupant les universités, le Centre FPInnovations et l'industrie dans le but de couvrir l'ensemble de la chaîne de valeur, des semences aux produits forestiers finaux;
  • l'établissement d'un programme de travail exhaustif pour le développement de technologies nouvelles qui aideront à transformer le secteur;
  • les possibilités d'investissements nouveaux grâce à la conception d'utilisations révolutionnaires de la fibre de bois canadien, ainsi qu'à l'exploitation de technologies comme les biotechnologies et les nanomatériaux.

2.2 Initiative des instituts de recherche forestière 31

L’Initiative des instituts de recherche forestière fournit un soutien financier à FERIC et à Forintek par le biais d’accords de contribution de cinq ans.32 Le financement appuie la recherche visant l’atteinte de l’objectif global de RNCan qui consiste au développement durable des ressources naturelles par la création d’un secteur forestier concurrentiel, et ce, par une productivité accrue, un meilleur accès aux marchés, l’élaboration de produits à valeur ajoutée, une meilleure performance environnementale et de meilleures pratiques de santé et sécurité dans le milieu de travail forestier.

Le Conseil du Trésor a prévu une allocation annuelle, jusqu’à 8 millions de $, du 30 mai 2005 au 31 mars 2010, à même les niveaux de référence du crédit 10 de RNCan (subventions et contributions). Le financement annuel réel offert aux organismes était d’environ 1,7 millions de $ pour FERIC et de 3,1 millions de $ pour Forintek (donc juste en dessous de 5 millions de $).

L’Initiative des instituts de recherche forestière appuie les programmes de recherche nationaux de FERIC et de Forintek (maintenant sous FPInnovations). Elle avait pour but de développer les partenariats à long terme entre le gouvernement fédéral et les instituts. On s’attendait aux résultats suivants en raison des investissements :

  • un secteur forestier plus concurrentiel au Canada;
  • une meilleure performance environnementale grâce aux activités forestières au Canada (réduction des GES; gains d’efficacité énergétique);
  • un meilleur accès aux marchés internationaux pour les produits forestiers du Canada (réduction des obstacles au commerce non tarifaire);
  • un rehaussement de la perception nationale et internationale des pratiques forestières au Canada;
  • de meilleures pratiques de santé et sécurité dans le milieu de travail forestier.

Les accords de contribution conclus entre le Service canadien des forêts de RNCan et chacun des deux anciens instituts constituent le mécanisme de financement de base. L’accord de contribution le plus récent renferme des objectifs et des résultats attendus sur une période de financement de cinq ans (du 30 mai 2005 au 31 mars 2010). Au moment de la présente évaluation (2008-09), la poursuite de l’Initiative des instituts de recherche forestière était incertaine.

3.0 Profils des programmes

Cette évaluation des initiatives axées sur l’innovation forestière a eu lieu deux ans après la création de FPInnovations et le lancement du PTT, et trois ans après la création du Centre canadien sur la fibre de bois. Ainsi, cette évaluation avait pour objet d’examiner les organismes en transition et un programme de recherche à ses débuts dont la durée a été reconnue comme à long terme, dont des résultats commerciaux importants sont prévus dans cinq à dix ans. De plus, en ce qui a trait à certains des produits potentiels, l’acceptation sur le marché et la demande du marché demeurent incertaines. 

L’évaluation de l’Initiative des instituts de recherche forestière à FERIC et à Forintek a eu lieu au cours de la quatrième année des accords de cinq ans. Le gouvernement fédéral maintient des accords de longue date avec FERIC et Forintek depuis la privatisation de ces derniers il y a plus de 30 ans. Le profil résume les objectifs, domaines de recherche et dépenses du programme.

3.1 Regroupement des instituts de recherche forestière

Le résultat du regroupement des trois instituts de recherche au Canada – FERIC (récolte forestière), Forintek (produits de bois) et Paprican (pâtes et papier) – était l’établissement de R et D forestière public-privé le plus important au monde. Les objectifs du regroupement de ces trois instituts de recherche sont de permettre plus d’efficacité, de synergie et de force relativement à l’innovation et la R et D, et de s’exprimer d’une seule voix sur les enjeux du secteur des produits forestiers.

En vue du regroupement, 5 millions de $ ont été accordés aux activités suivantes :

  • développement et mise en œuvre d’un nouveau modèle de gouvernance;
  • traitement des questions administratives et enjeux liées aux ressources humaines en ce qui a trait au regroupement (à l’exception des projets d’immobilisation);
  • préparation d’un plan d’activités intégré et d’une stratégie de communication comprenant de nouvelles collaborations avec les provinces, l’industrie et le milieu universitaire;
  • recentrage des programmes des trois organismes sous l’organisme nouvellement formé, FPInnovations.

Un nouveau système de gouvernance a été créé, comprenant la nomination d’un nouveau président de FPInnovations et d’un conseil d’administration, ainsi que le regroupement de la direction et des programmes de FPInnovations de sorte que ces derniers soient responsables devant les intervenants en fonction des paramètres de rendement fondés sur les résultats. Quelque peu en parallèle, un processus intégré de planification des activités (conçu pour intégrer les objectifs existants, mais mieux adapté aux besoins du secteur forestier) s’est entamé.

Deux facteurs à l’appui supplémentaires ont été essentiels à l’élaboration du nouveau système de gouvernance. D’abord, il fallait intégrer et faire correspondre les capacités administratives afin de fournir l’expertise permettant de répondre aux besoins des projets, et de soutenir l’administration des ressources humaines (p. ex., la rémunération, les politiques d’embauche, le perfectionnement du personnel). Ensuite, il fallait créer un seul système financier, afin d’appuyer la prise de décisions par la direction sur le plan stratégique et tactique, ainsi que les transactions opérationnelles et la comptabilité de base de manière appropriée et prudente.

On s’attendait à ce que les changements décrits ci-dessus, quant à la gouvernance, la planification des activités et la gestion des finances et des ressources humaines, viennent soutenir un programme de R et D intégrant un recentrage des projets sur le plan d’activités de FPInnovations et l’intégration des capacités des divisions quant à ces projets, et soutenir une meilleure coopération, coordination et collaboration entre les chercheurs des diverses divisions. Le résultat ultime de ces changements est l’établissement d’un organisme de recherche forestière efficace axé sur la réponse aux besoins des intervenants en matière d’innovation, pour soutenir un secteur forestier plus concurrentiel au Canada.

Investissements consacrés aux programmes et dépenses

L’attribution de 5 millions de $ pour le processus de regroupement a permis d’engager les dépenses figurant dans le tableau 1 et décrites ci-dessous :

  • les frais juridiques et comptables pour la révision du règlement administratif, les affiliations et d’autres instruments juridiques, en vue de la dissolution des instituts existants;
  • les coûts de transfert de l’actif et du passif à FPInnovations;
  • les frais d’inscription de FPInnovations et les taxes connexes;
  • Lls frais de consultation et des services externes qu’ont entrainés les études nécessaires, le soutien à la réorganisation ainsi que la mise en œuvre et la formation dans des domaines organisationnels tels que les finances, les ressources humaines (RH) et la technologie de l’information (TI), etc.;
  • les coûts liés à l’élaboration de plans stratégiques et aux réunions pour favoriser la synergie relativement à la R et D ou à l’administration;
  • les coûts liés aux communications (publications, site Web, Internet, intranets) et l’achat d’équipements pour favoriser des communications plus efficaces au sein de l’organisme;
  • les coûts liés au réaménagement des effectifs et aux prestations de cessation d’emploi, ainsi que ceux liés au soutien apporté aux employés, au recrutement et à la formation.

Les dépenses annuelles réelles des activités ci-dessus figurent dans le tableau 1.

Tableau 1 : Total des dépenses annuelles (réelles) liées au regroupement de FPInnovations, selon l'activité 2006/2007 - 2008/2009

 

2006/07 2007/08 2008/09 Total
Frais juridiques et comptables 7 430 $ 142 404 $ 0 $ 149 834 $
Coûts de transfert 44 390 $ 59 664 $ 0 $ 104 054 $
Frais d’inscription de FPInnovations et taxes connexes 3 000 $ 22 987 $ 0 $ 25 987 $
Frais de consultation et de services
externes
127 359 $ 194 175 $ 1 052 140 $ 1 373 674 $
Coûts liés à l’élaboration de plans stratégiques et aux réunions 3 307 $ 260 546 $ 315 352 $ 579 205 $
Coûts liés aux communications (publications, site Web, Internet, intranets) 115 714 $ 85 014 $ 458 626 $ 659 354 $
Coûts liés au réaménagement des effectifs 137 891 $ 421 605 $ 674 382 $ 1 233 878 $
Total 439 091 $ 1 186 395 $ 2 500 000 $ 4 125 986 $

Source : États des dépenses, relativement aux fonds de transition annuels, fournis par FPInnovations, 2009.

3.2 Centre canadien sur la fibre de bois (CCFB)

Le 31 mars 2006, pour répondre aux demandes multiples, provenant d’organismes du secteur forestier, de réforme à long terme quant à l’innovation dans le secteur des produits forestiers, le SCF a annoncé la création du nouveau CCFB national. Le CCFB réside au sein du SCF, menant ses activités sous la direction fonctionnelle de FPInnovations33 et collaborant avec d’autres divisions de ce dernier. Son personnel est composé de chercheurs, provenant des installations de RNCan partout au Canada, qui mène des recherches visant à rehausser la valeur des fibres de bois des forêts canadiennes.

On s’attend à ce que le CCFB apporte aux programmes de recherche intégrés de FPInnovations des connaissances, des outils et une expertise à l’échelle de la forêt. Sa mission est de mettre en place un savoir innovateur qui accroîtra les possibilités économiques permettant au secteur forestier de tirer parti de la fibre ligneuse canadienne.34 Les activités du CCFB fournissent de nouvelles connaissances à ses clients (les membres de FPInnovations; les représentants du milieu universitaire et du gouvernement), servant à appuyer des politiques, processus et produits nouveaux visant à rehausser la valeur des fibres de bois des forêts canadiennes et à optimiser la chaîne de valeur des ressources forestières du Canada. Le président de FPInnovations dirige le programme de recherche, avec la direction du Conseil d’administration. Les employés du SCF dans l’ensemble des centres de recherche du pays s’occupent de gérer et d’exécuter le programme de recherche du CCFB.

Par le biais de l’Initiative d’innovation forestière, 10 millions de $ ont été affectés au CCFB sur trois ans. Les fonds financent les efforts visant à accroître la collaboration avec d’autres fournisseurs de recherche (les universités, les entreprises privées, les provinces) et à élaborer des outils et techniques permettant de déterminer, protéger et reproduire les caractéristiques de la fibre de bois canadienne et créant l’avantage économique le plus important au secteur forestier au Canada maintenant et à l’avenir.

L’affectation d’une portion considérable (indéterminée) de ces fonds, par des paiements de transfert à des organismes et collaborateurs dont les objectifs de recherche appuient les efforts pour rendre les ressources forestières du Canada plus fructueuses, était prévue. De plus, l’affectation de certains fonds à l’interne (RNCan) était prévue, par le biais de contrats conclus avec d’autres organismes de recherche pour des activités et recherches visant à accroître les connaissances de RNCan sur les occasions pour améliorer l’utilisation des fibres de bois des forêts canadiennes.

Le CCFB vise à devenir :

  1. l’autorité nationale sur la caractérisation des fibres ligneuses canadiennes;
  2. un organisme innovateur dans le développement de technologies d’inventaire forestier et de techniques de reboisement;
  3. un chef de file dans les connaissances sur l’intégration rentable des fibres ligneuses canadiennes dans la chaîne de valeur des produits forestiers;
  4. un important collaborateur dans les programmes de recherche de FPInnovations.35
Investissements consacrés aux programmes et dépenses

Les ententes que le CCFB a conclues avec FPInnovations diffèrent de celles conclues avec les trois autres divisions. Le CCFB met en œuvre les accords de contribution pour chacun des projets de recherche. À ce jour, tout accord de contribution du CCFB a été entièrement facturé par FPInnovations à la fin du projet.

Les objectifs des trois programmes de recherche du CCFB sont les suivants :

  • utiliser au maximum la valeur économique de la fibre ligneuse canadienne;
  • aligner la valeur économique et la recherche sur la régénération;
  • améliorer les systèmes de planification de l’aménagement forestier.36

L’examen de la documentation et les entrevues ont permis d’obtenir une description des critères et du processus de sélection des projets. Le personnel de recherche du CCFB soumet des propositions que le Comité consultatif technique du CCFB, composé de représentants des secteurs public et privé, étudie et approuve. 

Les projets sont axés sur des résultats ayant un potentiel d’impact immédiat ou intermédiaire (relativement à la récolte et l’aménagement forestier) et accordent la priorité sur des partenariats avec d’autres divisions de FPInnovations. Un échantillon de certains projets du CCFB permet d’en voir l’étendue géographique (à ce jour et pour la plupart, dans l’est du Canada) et d’en cibler les activités :

  • Le projet d’éclaircie précommerciale de Green River, Fredericton (Nouveau-Brunswick) : Le CCFB mène le projet et les trois autres divisions de FPInnovations y participent. Ce projet a permis au CCFB d’étudier les impacts de l’éclaircie précommerciale (EPC) sur la qualité des fibres et la valeur des produits. L’étude de deux ans a permis de déterminer l’impact de l’EPC sur certaines propriétés en particulier des fibres, notamment la longueur des fibres et les dimensions de la paroi cellulaire, ainsi que la densité et d’autres caractéristiques ayant des effets directs sur le rendement et la qualité des produits.
  • Une initiative de recherche visant l'amélioration de la compétitivité de l'industrie des feuillus, Québec (Québec) : Le CCFB et FPInnovations ont élaboré cette initiative en 2008 afin de rendre l’industrie du bois franc dans l’est du Canada plus concurrentielle à court terme. L’Initiative englobe la chaîne de valeur au complet et comprend la participation du CCFB, de FERIC et de Forintek. L’initiative vise à améliorer le rendement et l’aménagement forestier, à mettre davantage l’accent sur la clientèle dans le secteur, à créer plus de liens entre les industries primaires et secondaires et à faciliter l’élaboration de produits (pour une productivité accrue et une meilleure récupération du bois de qualité inférieure). Le financement est de 5 millions de $ au total sur trois ans (financement du CCFB et du PTT, ainsi que du financement provincial de l’Ontario, du Québec, du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse).
  • Accroître la qualité de la fibre par la sylviculture, Fredericton (Nouveau-Brunswick) : Le CCFB et Forintek participent à ce projet pour étudier les effets des éclaircies commerciales mécanisées sur les propriétés du bois et du bois d’œuvre dans les peuplements de pin gris (l’une des essences les plus répandues au Canada).
  • La (FMV), Fredericton (Nouveau-Brunswick) : Le SCF/CCFB ont élaboré une nouvelle stratégie pour la foresterie de plantation, la foresterie multi-variétale (FMV), qui intègre la biotechnologie des arbres et qui peut avoir un impact sur la productivité forestière (en optimisant la croissance et le rendement) et qui améliore la qualité du bois, la résistance aux ravageurs et l’uniformité de la qualité des produits de bois. Certains avantages pourraient découler de la stratégie, notamment la souplesse d’agir en fonction des changements climatiques et des priorités de l’aménagement forestier, ainsi qu’une meilleure gestion de la diversité forestière. À ce jour, les autres divisions de FPInnovations ne participent pas à ce projet.

Un résumé des résultats des projets apparaît régulièrement dans la série Centre canadien sur la fibre de bois — Faits sur la fibre, que l’on peut se procurer à la librairie du SCF.37  Dans les feuillets d’information de la série, on trouve des survols des projets, des résultats récents et des sources/contacts pour obtenir de plus amples renseignements.

3.3       Programme des technologies transformatrices 38 (PTT)

Le Programme des technologies transformatrices (PTT) a pour objectif d’exploiter la capacité des instituts nouvellement regroupés (sous FPInnovations) de pair avec le milieu universitaire afin de relever les défis à long terme en matière d’innovation dans le secteur. 
           
Les technologies traditionnelles sont normalement mises au point pour réduire les coûts et assurer l’amélioration continue des produits ou processus au sein d’une industrie. Par contre, les technologies transformatrices (que l’on reconnaît par les impacts après la mise en œuvre de ces technologies) sont mises au point pour entrainer des changements plutôt fondamentaux. Dans le secteur forestier, les technologies transformatrices favorisent des utilisations nouvelles et stratégiques de la fibre ligneuse et de ses nombreux produits et produits dérivés. Les technologies transformatives peuvent avoir de l’impact sur les produits traditionnels, comme le bois et les pâtes et papiers, car elles ouvrent la voie à de nouvelles façons de produire, d’utiliser et de présenter les produits. Elles permettent aussi d’orienter la production vers des produits non traditionnels et de nouveaux marchés.39

Par exemple, il y a le nouveau procédé qui permettrait de combiner la fibre ligneuse avec du plastique, comme le polychlorure de vinyle (PVC) et le polypropylène (PP) pour produire de nouveaux matériaux plus durables et plus solides. Le marché nord-américain pour ces composites bois-plastique pour la seule construction de plateformes et de rampes croît rapidement et pourrait atteindre 2 milliards de $ d’ici 2010.40

Le PTT est structuré en fonction de cinq thèmes de recherche. Quatre des thèmes visent l’exploitation de nouvelles chaînes de valeur permettant de diversifier les débouchés sur le marché pour le secteur forestier. Le cinquième thème vise la maximisation intégrée de la chaîne de valeur (c.-à-d. en faisant concorder les caractéristiques des fibres et de la récolte avec les procédés de fabrication et les besoins du marché afin de faciliter les nouvelles chaînes de valeur). Les quatre premiers thèmes de recherche ont des cibles de deux ans, élaborés en 2007-2008 (à réaliser en 2010).

Tableau 2 : Thèmes de recherche du PTT, descriptions et cibles de deux ans
Thème Description et cible de deux ans
Les solutions en construction de la prochaine génération Appliquer de nouvelles technologies, des capacités d’ingénierie et de conception et utiliser des matériaux classiques et des nouveaux matériaux à base de bois de façon innovatrice, en vue de créer des solutions en construction durables. La cible de deux ans consistait à mettre en œuvre trois concepts de systèmes hybrides de construction, à servir à mettre le code du bâtiment à jour.
Les pâtes et papiers de la prochaine génération  Repositionner des produits commerciaux de pâtes et papiers en combinant les caractéristiques uniques des fibres de bois canadiennes avec les nouvelles technologies de fabrication pour créer des pâtes et papiers à valeur ajoutée. La cible de deux ans consistait à mettre au point un prototype de papier à forte teneur en charges fait de pâtes de bois mécanique canadiennes.
L’énergie et les produits chimiques issus de la biomasse forestière Élaborer de nouvelles méthodes pour récolter la biomasse de manière économique et appliquer les nouvelles technologies de conversion afin de produire de nouveaux coproduits économiquement viable (p. ex., des carburants et des produits chimiques intermédiaires). La cible de deux ans consistait à démontrer les technologies de gazéification en tant que base à la production économique de produits chimiques.
Les nouveaux bioproduits Démontrer la conversion du bois en de nouveaux matériaux à base de lignocellulose, y compris des matériaux nanométriques, destinés aux nouveaux marchés à créneaux à valeur élevée. La cible de deux ans consistait en la démonstration de prototypes d’applications commerciales de la cellulose nanocristalline (CNC).
La maximisation intégrée de la chaîne de valeur Appliquer les technologies qui font concorder les caractéristiques des fibres et des procédés avec les demandes du marché en captant les synergies qu’offrent dorénavant FPInnovations et le milieu général de la recherche. Ce thème comprend les projets visant l’innovation forestière offerts en coopération avec le CCFB. Aucune cible de deux ans en particulier n’a été fixée.

Source : Un nouveau cadre de gestion et de recherche stratégique pour le secteur des forêts au Canada, dans le cadre de la Stratégie de compétitivité à long terme de l’industrie forestière, et le site http://forest-foret.nserc-crsng.gc.ca/About-Renseignements/Background-Contexte_fra.asp.

Les fonds du PTT servent à appuyer la R et D pré-concurrentielle et non exclusive en vue de développer et adapter de nouvelles technologies et des percées technologiques comme la biomasse forestière, la biotechnologie forestière et les nanotechnologies. Étant donné que ces technologies sont de nature multidisciplinaire, il faut établir de nouvelles collaborations de R et D avec divers participants à l’extérieur de l’industrie forestière, dont les sociétés d’exploitation pétrolière, les fournisseurs d’énergie, les fabricants de produits chimiques et le secteur agricole.

Au total, le financement du PTT octroyé par l’entremise de l’Initiative d’innovation forestière était de 55 millions de $ sur trois ans, accordé au moyen de paiements de transfert à FPInnovations et au milieu universitaire. La recherche est menée en fonction de l’orientation du Conseil d’administration de FPInnovations, et selon les plans annuels négociés. 

Voici l’énumération des résultats de l’ensemble des travaux dans le cadre du PTT figurant dans les accords de contribution (2007-2008 et 2008-2009) pour le gouvernement du Canada et d’autres intervenants :

Résultats à long terme (5 à 10 ans) :

  • Un système innovateur qui stimule la concurrence, l’efficacité et la durabilité de l’industrie et qui relève les défis que posent les changements climatiques par l’optimisation des chaînes de valeur des produits forestiers ainsi que la valeur des caractéristiques de la fibre canadienne.
  • Une plus grande diversité de débouchés pour les produits du secteur forestier au Canada; la sensibilisation du marché quant aux nouveaux produits de l’industrie forestière et l’acceptation de ces derniers sur le marché.
  • Un système ravivé pour l’innovation dans le secteur forestier au Canada dont le portefeuille équilibré comprend des activités technologiques pertinentes au secteur en évolution et à une nouvelle bioéconomie.

Résultats à moyen terme (1 à 3 ans) :

  • La collaboration avec des représentants du secteur et des provinces relativement à la recherche sur les technologies transformatrices, en misant sur le soutien à la recherche menée dans le cadre de projets en particulier, figurant dans le plan de travail qu’offrent l’industrie, les gouvernements et le milieu universitaire, tant au Canada qu’à l’étranger.
  • La mise en œuvre et l’application des résultats de la recherche sur les technologies transformatrices dans des milieux industriels existants et nouveaux.
  • Des réseaux permettant à l’ensemble des intervenants du milieu de recherche (des universités, de l’industrie et des gouvernements) de déterminer et aborder les besoins et les priorités en matière de recherche quant aux chaînes de valeur de tous les produits forestiers, allant de semences à des produits forestiers de consommation.

Les résultats sont également présentés pour chacun des cinq thèmes de recherche et chacune des tâches du projet.

On prévoit que la planification du programme, la sélection de projets et l’établissement de partenariats dans le cadre du PTT mènent à des projets de R et D de base et appliqués. Les résultats de ces projets sont l’objet de diverses activités relatives au transfert de la technologie et aux communications (notamment des ateliers, des publications et des sites Web). 

On prévoit qu’à moyen terme, ces activités permettent une capacité accrue d’entreprendre la R et D stratégique et de développer des technologies transformatrices qui augmente la valeur de la ressource forestière. À plus long terme, les résultats prévus sont le développement et l’application de percées technologiques et un rendement économique plus important des ressources forestières au Canada.

Investissements consacrés aux programmes et dépenses

Le tableau 3 ci-dessous présente un résumé des activités et des investissements (du PTT et des partenaires).  

Tableau 3 : Sources de financement aux projets du PTT : 2007-2008 – 2008-2009
  2007-2008 2008-2009 Total
1.1 Thème de recherche 1 : solutions en construction de la prochaine génération
Nombre de projets 20 20 s.o.
Financement total du PTT 4 861 000 $ 3 773 000 $ 8 634 000 $
Financement total de l’externe 1 822 000 $ 185 000 $ 2 007 000 $
Financement total 6 683 000 $ 3 958 000 $ 10 641 000 $
Levier financier 37 % 5 % 23 %

1.2 Thème de recherche 2 : pâtes et papiers de la prochaine génération

Nombre de projets 11 2 projets
(fusion de 7 projets)
s.o.
Financement total du PTT 4 276 000 $ 3 031 500 $ 7 307 500 $
Financement total de l’externe 2 250 000 $ 4 500 000 $ 6 750 000 $
Financement total 6 526 000 $ 7 531 500 $ 14 057 500 $
Levier financier 53 % 145 % 92 %
1.3 Thème de recherche 3 : énergie et produits chimiques issus de la biomasse forestière
Nombre de projets 11 7 s.o.
Financement total du PTT 3 226 950 $ 3 813 334 $ 7 040 284 $
Financement total de l’externe 749 210 $ 397 500 $ 1 146 710 $
Financement total 3 976 160 $ 4 210 834 $ 8 186 994 $
Levier financier 23 % 10 % 16 %
1.4 Thème de recherche 4 : nouveaux bioproduits
Nombre de projets 4 4 s.o.
Financement total du PTT 2 627 500 $ 3 257 000 $ 5 884 500 $
Financement total de l’externe 0 0 0
Financement total 2 627 500 $ 3 257 000 5 884 500 $
Levier financier 0 0 0
1.5 Thème de recherche 5 : maximisation intégrée de la chaîne de valeur
Nombre de projets 11 15 s.o.
Financement total du PTT 4 742 000 $ 6 125 166 $ 10 867 166 $
Financement total de l’externe 1 158 850 $ 2 550 000 $ 3 708 850 $
Financement total 5 900 850 $ 8 675 166 $ 14 576 016 $

Levier financier

24 %

42 %

34 %

Source : Données de FPInnovations fournies au SCF en 2009

Le tableau 4 présente l’investissement réel du PTT, selon l’attestation des coûts engagés et payés de FPInnovations. Le PTT est un programme de 55 millions de $ et à mi-chemin, le programme a été prolongé jusqu’à 2009-2010; ainsi, il restait 15 millions de $ pour l’exercice 2009-2010.

Tableau 4 : Résumé des investissements (réels) du PTT 2007-2008 - 2008-2009
Thème de recherche   2007/2008   2008/2009 Total % de dépenses réelles du PTT
1. Solutions en construction de la prochaine génération 4 804 303 $ 4 216 070 $ 9 020 373 $ 22 %
2. Pâtes et papiers de la prochaine génération 4 604 329 $ 3 576 940 $ 8 181 269 $ 20 %
3. Énergie et les produits chimiques issus de la biomasse forestière 3 336 722 $ 3 919 259 $ 7 255 981 $ 17 %
4. Nouveaux bioproduits 2 655 589 $ 3 005 880 $ 5 661 469 $ 14 %
5. Maximisation intégrée de la chaîne de valeur 4 836 880 $ 6 200 308 $ 11 037 188 $ 27 %

Dépenses réelles et facturées du programme

20 237 824 $ 20 918 457 $ 41 156 280 $ 100 %

Source : Accords de contribution du PTT, 2007-2008 et 2008-2009.

3.4       Initiative des instituts de recherche forestière

L’objectif général de l’Initiative des instituts de recherche forestière est d’appuyer l’objectif de Ressources naturelles Canada, qui consiste à développer des ressources naturelles durables en canalisant l’innovation et la technologie au moyen de collaborations publiques/privées pour rendre le secteur forestier plus concurrentiel.

À FERIC, la recherche et les transferts de technologie se concentrent sur la gestion et les opérations forestières, ainsi que sur les transports et les routes. FERIC comptait deux laboratoires (à Montréal et à Vancouver) et environ 120 membres réguliers et associés, ainsi que la participation de neuf provinces.41

Forintek soutenait la composante des produits de bois de l’industrie forestière au Canada (notamment le bois d’œuvre, les panneaux et d’autres produits à valeur ajoutée, ainsi que les systèmes de construction). Forintek comptait deux installations de recherche principales, à Vancouver et à Québec, ainsi que 280 membres représentant des entreprises de produits forestiers petites, moyennes et grandes dans toutes les provinces.42

Objectifs de l’Initiative

Tel qu’il a été mentionné ci-dessus, l’Initiative des instituts de recherche forestière offerte à FERIC et à Forintek a pour objectif primaire le soutien des activités des deux instituts qui contribue à l’atteinte de l’objectif de Ressources naturelles Canada, qui consiste à développer des ressources naturelles durables en canalisant l’innovation et la technologie au moyen de collaborations publiques/privées pour rendre le secteur forestier plus concurrentiel. Voici certaines des priorités déterminées dans les accords de contribution pour l’Initiative des instituts de recherche forestière:

  1. une productivité accrue;
  2. la réduction des coûts de production;
  3. le maintien de l’accès au marché et des améliorations à cet égard;
  4. la création de plus de possibilités pour les produits à valeur ajoutée;
  5. la réduction de la consommation énergétique tout en favorisant les options ne faisant pas appel aux combustibles fossiles (p. ex., la biomasse);
  6. un meilleur rendement environnemental au moyen de technologies et processus nouveaux.

Résultat principal : des renseignements techniques, fournis directement au gouvernement fédéral, aux gouvernements provinciaux et aux entreprises de l’industrie nationale. 

L’Initiative des instituts de recherche forestière de Forintek a été affecté aux composantes du programme de recherche suivantes :

  • Systèmes de construction/marchés et économie : notamment la compréhension des tendances dans le secteur des produits de bois, l’optimisation de l’usage du bois dans la construction et l’assemblage, l’assurance de l’accès aux marchés internationaux par le respect des règlements relatifs à l’importation et l’emploi de produits.
  • Fabrication : notamment le développement et le transfert de technologies pour rendre les processus plus efficaces ainsi que la réduction des coûts de fabrication et de l’empreinte écologique des processus connexes.
  • Ressources : notamment, tirer le rendement maximum des forêts et déterminer l’impact des décisions portant sur l’aménagement forestier et les caractéristiques du bois en regard de son usage final (moins de 5 % du financement du programme).

L’Initiative des instituts de recherche forestière de FERIC a été affectée aux composantes du programme de recherche suivantes : 

  • Le Programme d’opérations forestières : notamment des opérations de récolte et de sylviculture plus efficaces, une meilleure connaissance des pratiques exemplaires de la part du personnel affecté aux opérations forestières, l’amélioration de la qualité et de la récupération des fibres de bois et une application plus répandue de pratiques environnementalement durables dans les opérations forestières au Canada.
  • Le Programme de gestion et de contrôle des opérations : notamment, améliorer la planification et la gestion des opérations forestières en vue de la réduction des coûts et d’une conformité environnementale accrue; améliorer la logistique et le contrôle des opérations forestières, des parcs d’équipements et le volume de production de bois.
  • Le Programme des transports et des routes : notamment des réseaux routiers et de transport plus efficaces, une réduction de la consommation de carburant et des émissions de GES, ainsi que plus de sécurité.
Prestation de l’Initiative

Forintek et FERIC possèdent tous les deux une expertise interne dans l’ensemble des domaines de recherche de base. De plus, ils jouissent tous deux d’une réputation internationale et ont des liens avec la communauté internationale de recherche sur les forêts et les produits forestiers.

Constatations des évaluations précédentes43

En 2004, les accords de Forintek et de FERIC ont été évalués. Selon les évaluations, l’Initiative des instituts de recherche forestière de RNCan a bien servi l’intérêt public, et le gouvernement fédéral joue un rôle essentiel et légitime dans le soutien des deux instituts. La poursuite du financement des instituts par RNCan figurait parmi les recommandations. 

À cet égard, le pouvoir de dépenser du gouvernement du Canada a été renouvelé en avril 2005 en vue de poursuivre et améliorer le financement de ces deux instituts de recherche forestière jusqu’au 31 mars 2010. Dans les rapports d’évaluation, on soulignait aussi l’importance d’encourager des améliorations en ce qui concerne les objectifs fixés vis-à-vis de la politique du fédéral, les mesures et le compte rendu du rendement, ainsi que les liens entre les instituts de recherche forestière (y compris Paprican) pour assurer une prestation plus efficace de l’Initiative.

Pour ce qui est de ces constatations antérieures, l’évaluation a permis de constater que : (i) le regroupement de FERIC, Forintek et Paprican a eu pour résultat un plus grand nombre de liens entre ces instituts, des synergies de recherche et la conception et la prestation plus efficaces de l’Initiative; et (ii) les recommandations faites en 2004 quant à l’amélioration du compte rendu du rendement demeurent pertinentes.

Investissements consacrés aux programmes et dépenses

Forintek

Depuis 2005, Forintek a reçu 3,1 millions de $ par an de l’Initiative des instituts de recherche forestière.44  Les fonds servaient à appuyer les activités de recherche, surtout dans deux domaines : les systèmes de construction (64 %) et la fabrication (31 %). Les fonds restants ont été affectés à l’évaluation des ressources et la détermination des propriétés du bois d’œuvre (5 %). Le financement appuyait de 40 à 55 projets par an.

FERIC

Depuis 2005, FERIC a reçu en moyenne 1,7 millions de $ par an de l’Initiative des instituts de recherche forestière. Les fonds appuyaient six projets liés aux opérations forestières, et trois projets liés aux transports et aux routes. Pendant les trois premières années de l’Initiative, environ les deux tiers du financement appuyaient la recherche portant sur les opérations forestières; lors de la quatrième année (2008-2009), cette recherche recevait l’appui de 80 % du financement. Aucun projet n’a jamais été financé sous la catégorie « Gestion et contrôle des opérations ». En 2008, le programme de travail au complet de FERIC a été adopté aux fins d’une portée plus nationale (antérieurement, certains projets compris dans l’accord de contribution concernaient uniquement des membres dans l’est ou l’ouest du Canada).
 
Les contributions aux instituts de diverses sources de revenus en 2007-2008, dernier exercice sur lequel il y a des données, figurent ci-dessous dans le tableau 5.

Tableau 5 : Sources de revenus de FPInnovations, 2007-2008

 

Forintek

FERIC

Paprican

Financement de base fédéral 9 % 10 %  
Ententes fédérales 26 % 47 % 23 %
Financement de base provincial 7 % 3 %  
Ententes avec les provinces 17 %    
Cotisations des membres de l’industrie 20 % 34 % 64 %
Ententes avec l’industrie 17 %   6 %
Autres 4 % 6 % 7 %
Revenu total (toutes les sources) 36,4 millions de $ 16,7 millions de $ 41,3 millions de $

Source : Rapport annuel 2007-2008 de FPInnovations

Selon un examen des sommaires financiers présentés dans les rapports annuels fournis par FERIC et Forintek et compte tenu des constatations ressortant des entrevues, il est possible que ces rapports ne présentent pas tout l’appui en espèces et en nature offert par les partenaires de l’industrie et par d’autres collaborateurs. 

4.0 Constatations et conclusions selon les enjeux à évaluer

Les constatations et conclusions sont présentées selon les enjeux ou les sous-enjeux à évaluer. Dans certains cas, les éléments à évaluer sont regroupés afin de faciliter le compte rendu, que ce soit des constatations ou des conclusions. S’il y a lieu, les constatations et conclusions portant uniquement sur l’Initiative d’innovation forestière ou sur l’Initiative des instituts de recherche forestière sont présentées séparément.

4.1 Pertinence/Justification

Pertinence/Justification – Dans quelle mesure est-il nécessaire que les mesures prises par le SCF et d’autres intervenants jusqu’à ce jour pour appuyer l’investissement et l’innovation dans le secteur des produits forestiers se poursuivent?

  • L’approche actuelle (c.-à-d. FPInnovations, le CCFB, le PTT et l’Initiative des instituts de recherche forestière) est-elle toujours pertinente?

Oui. L’état de crise dans le secteur des produits forestiers au Canada, appuyé d’une solide documentation, ainsi que les objectifs de l’investissement dans l’innovation forestière décrits dans les deux accords de contribution de l’Initiative des instituts de recherche forestière soutiennent la constatation selon laquelle l’approche intégrant l’Initiative d’innovation forestière et l’Initiative des instituts de recherche forestière demeure pertinente.

Toutes les personnes-clés interviewées ont donné leur appui à des efforts qui encourageraient une approche compréhensive et intégrée en matière d’innovation sur l’ensemble de la chaîne de valeur des ressources forestières, telle l’approche qui a préconisé le regroupement des trois instituts de recherche et la création du CCFB. 

Avant l’Initiative d’innovation forestière, les acteurs dans le domaine de la R et D forestière au Canada étaient nombreux, notamment le SCF, les trois instituts de recherche (FERIC, Forintek et PAPRICAN), les provinces et le milieu universitaire. Toutefois, la synergie entre ces acteurs, souvent en concurrence pour obtenir un financement, était faible. Le Conseil canadien de l’innovation forestière (CCIF)45 et le SCF ont souligné deux facteurs : la croissance de la concurrence internationale; ainsi que les préoccupations grandissantes au sujet de la capacité du Canada à innover en matière de recherche forestière pour des raisons d’inefficacité. Selon le consensus des personnes interviewées dans le cadre de cette évaluation et les constatations ressorties de l’examen des documents, un certain nombre de facteurs économiques et industriels ont aggravé ces facteurs, ainsi que les pressions sur l’industrie. Par conséquent, les constatations montrent qu’il faut continuer de mettre le cap sur l’aménagement forestier et l’innovation relative aux produits forestiers à court et à long terme.

Selon les constatations ressorties des entrevues et de l’examen des documents, cette approche (c.-à-d. l’intégration de la recherche forestière sur l’ensemble de la chaîne de valeur) correspond à celle adoptée aux États-Unis (U.S. Forest Service), en Finlande, dans d’autres pays de l’Union européenne et en Chine pour intégrer les fibres de bois et l’industrie du bois. Le CCFB représente une occasion formidable et aussi, un pont pour rejoindre d’autres capacités de recherche au sein du SCF.
 
Aux yeux des intervenants de l’industrie et des provinces, le PTT constitue un moyen efficace pour intégrer la capacité de recherche sur l’ensemble de la chaîne de valeur en raison de l’importance qu’il accorde aux projets interdivisionnaires. Selon les documents examinés et les études de cas, le PTT traite également des besoins déterminés lors du Forum du CCIF pour aborder l’innovation autrement, notamment par l’établissement de partenariats dont les parties proviennent d’autres secteurs (p. ex., l’industrie des matières plastiques) et par la collaboration avec ces nouveaux partenaires, ainsi qu’avec le milieu universitaire, dans l’application des nouvelles technologies.

Les constatations de cette évaluation, cohérentes avec celles de 2004-2005,46 suggèrent que la pertinence de l’Initiative des instituts de recherche forestière est continue pour soutenir les compétences nationales de base dans des domaines clés au sein de FERIC et de Forintek. Étant donné que la capacité du secteur privé à soutenir ces instituts de recherche a diminué au cours des cinq dernières années, la contribution du secteur public est devenue de plus en plus importante aux opérations à FERIC et à Forintek. La recherche menée dans le cadre de l’Initiative des instituts de recherche forestière appuie le développement à l’échelle de l’industrie, tout en répondant à plusieurs besoins relativement au bien collectif. Toutes les personnes-clés interviewées ont exprimé leur appui solide de l’approche adoptée à ce jour qui privilégie l’Initiative des instituts de recherche forestière. 

D’après les entrevues et les études de cas, il semble que les mesures prises dans le cadre de l’innovation forestière (le regroupement des instituts, l’intégration du Centre canadien sur la fibre de bois et la création du Programme des technologies transformatrices) sont directement pertinentes et d’un intérêt continu.

Aucune des personnes interviewées n’était ni en désaccord avec les stratégies de l’Initiative d’innovation forestière, ni n’a suggéré (à la lumière de leur connaissance d’autres options et pratiques) une approche différente à celle adoptée.

  • Dans quelle mesure ces initiatives continuent-elles à servir les intérêts du public?
  • Quels en seront les résultats, permettant de relever les défis à long terme en matière d’innovation auxquels fait face le secteur forestier?

Résumé : Les deux initiatives (l’Initiative d’innovation forestière et l’Initiative des instituts de recherche forestière) continuent à servir le bien collectif. Les mesures prises dans le cadre de l’Initiative d’innovation forestière soutiennent les besoins à long terme et à court/moyen terme d’un secteur qui joue un rôle important dans le bien-être économique du Canada.

L’Initiative des instituts de recherche forestière soutient des efforts considérables directement pertinents au bien collectif, y compris l’élaboration de normes et de lignes directrices au Canada et partout dans le monde, et continue de les soutenir. Il est prématuré de parler des résultats de l’Initiative d’innovation forestière pour application; toutefois, certains résultats préliminaires sont traités dans la section « Réussite » du présent rapport (tout comme les résultats de l’Initiative des instituts de recherche forestière).

Analyse

Deux des orientations stratégiques que le CCIF et le SCF ont déterminées en 2006 étaient les suivantes : multiplier les possibilités économiques au moyen de la R et D axée sur l’innovation et favoriser la compétitivité du sec­teur forestier. L’examen des documents et les constatations des entrevues témoignent de la prise en compte des deux initiatives : au cours des deux dernières années, les priorités de la recherche ont été recentrées de sorte que maintenant, elles sont directement pertinentes à certains des défis à long terme en matière d’innovation auxquels fait face le secteur forestier, et à certains des objectifs à plus court terme. À moyen/long terme, les efforts du CCFB sur l’intégration de la chaîne de valeur et sur l’évaluation économique des fibres sont prometteurs. L’examen des documents et les entrevues auprès de la direction du CCFB révèlent un objectif stratégique clé du Centre : poursuivre les efforts visant à favoriser la collaboration avec d’autres divisions de FPInnovations, renforçant ainsi la capacité de recherche forestière au Canada pour relever les défis du secteur à long terme en matière d’innovation.

Les répondants principaux ont pour préoccupation principale le déclin rapide du bien-être économique du secteur lors de la mise en œuvre de la stratégie; ainsi, les intervenants se sont posé la question quant à la nature adéquate des mesures (telles qu’elles ont été déterminées en 2007, puis multipliées dans le budget 2009), en matière de ressources et de priorités, pour relever les défis du secteur à long terme en matière d’innovation.

L’impact du financement sur la promotion d’une approche axée sur l’optimisation de la chaîne de valeur intégrant les quatre divisions de FPInnovations – soit l’un des principaux avantages issus des initiatives entreprises par FPInnovations – a fait l’objet d’un consensus solide parmi les personnes interviewées de l’industrie, de FPInnovations et de RNCan. En adoptant cette approche, on reconnaît l’importance de comprendre les caractéristiques de la fibre de bois au Canada, l’impact de l’aménagement sylvicole et des opérations de récolte sur des peuplements en particulier et l’impact du volume de production des usines de transformation des fibres pour répondre aux demandes particulières vis-à-vis de la performance économique du secteur et de la valeur des produits forestiers.

Chacune des divisions (et d’autres partenaires, dont le milieu universitaire et l’industrie) joue un rôle dans l’élaboration de stratégies visant l’optimisation de la chaîne de valeur (à l’échelle du peuplement, de la région, de la province ou du pays). On se rend compte de la valeur d’une telle approche lorsque ces rôles s’intègrent dans une stratégie compréhensive. Selon les personnes interviewées de l’étranger, la priorité de la chaîne de valeur et l’intégration de la capacité de recherche sur l’ensemble de la chaîne de valeur correspondent aux pratiques exemplaires internationales, ce que soutient l’examen des documents.

FERIC et Forintek entretiennent des relations de longue date avec des acteurs clés du secteur forestier (p.ex., l’industrie, des organismes chargés de formuler des politiques et des instituts de recherche nationaux et internationaux, le milieu universitaire). Au cours des 30 dernières années, la R et D bénéficiant d’un financement de base a contribué aux composantes de l’innovation forestière (p.ex., bases de données, protocoles, influence sur les normes et les codes nationaux et internationaux) qui abordent les défis à cet égard et qui servent l’intérêt public.

Selon les données issues des entrevues et des études de cas, les résultats de projets bénéficiant du financement de base ont permis de réaliser les améliorations suivantes : des bâtiments plus sécuritaires et salubres; un meilleur aménagement des forêts; des transports plus efficaces; une réduction des GES; des bâtiments mieux conçus, grâce à de nouvelles normes et de nouveaux codes de prévention des incendies et concernant l’aléa sismique; un meilleur accès aux marchés; et une meilleure compétitivité internationale. Il faut que l’analyse de données de ce genre soit faite par des organismes sans lien de dépendance à l’industrie, car les intervenants sont ainsi assurés du caractère impartial des constatations issues de la recherche, et du caractère convenable du financement des activités (aucune entreprise autonome n’a les revenus permettant de mener la majorité de la recherche bénéficiant de l’appui de l’Initiative des instituts de recherche forestière).

Le personnel de FERIC et de Forintek fournissent des conseils et de l’assistance technique à RNCan/SCF régulièrement, au besoin. FERIC et Forintek offrent la capacité (expertise, installations et équipements) qui n’existe plus au sein de RNCan/SCF.

  • Y a-t-il des obstacles ou des facteurs nuisant au rendement des mesures prises dans le cadre de ces initiatives? Si oui, comment les gérer ou les surmonter?

Résumé : Les données économiques et les constations issues des entrevues (personnes interviewées de l'industrie et du secteur public) laissent croire que l'obstacle principal au rendement de ces initiatives (l'Initiative d'innovation forestière et l'Initiative des instituts de recherche forestière) est le déclin rapide dans la capacité du secteur à investir dans l'innovation à court et à moyen terme. D'autres obstacles ont été soulignés, mais celui qui préoccupe le plus s'avère le bien-être économique du secteur. Pour surmonter cet obstacle de taille, on adopte l'approche de l'Initiative d'innovation forestière : regrouper l'ensemble des parties prenantes du secteur forestier au Canada en ayant pour priorité commune la détermination des besoins et défis dans le secteur et prendre des mesures pour répondre à ces derniers. Il s'agit donc d'une restructuration importante du secteur, et malgré des résultats préliminaires positifs, le temps écoulé est insuffisant pour en déclarer la réussite.

Analyse

Le secteur des produits forestiers au Canada, déjà en difficulté au cours des dernières décennies, a connu un déclin sans précédent depuis 2007 (la période de démarrage de l’Initiative d’innovation forestière). Cela s’est traduit par des réductions considérables dans les frais d’adhésion à FERIC, à Forintek et à Paprican (qui sont déterminés en fonction des volumes de production) et dans le nombre de membres reconnus. De plus, la capacité d’investir dans des initiatives sans retombées considérables à court terme a diminué. 

L’envergure et la diversité du secteur forestier au Canada constituent un autre défi ou obstacle à la mise en œuvre d’une stratégie de recherche forestière intégrée : de nombreuses entreprises, l’étendue géographique, la composition des ressources forestières, le rôle des provinces dans la propriété foncière et les différentes politiques (sur les transports et la gestion des terres) au pays. D’autres pays, tels que la Finlande qui compte quatre grandes entreprises d’exploitation forestière et des ressources relativement homogènes, n’ont pas à relever de tels défis, ce qui rend l’élaboration de stratégies sur l’aménagement forestier et la R et D moins complexe.

Selon les entrevues, l’examen des documents et les études de cas, d’autres obstacles à la performance de l’Initiative d’innovation forestière existent, notamment :

  • L’intégration des instituts : Les efforts pour réconcilier les cultures et systèmes des instituts afin de planifier et de gérer la recherche dans l’ensemble de ces derniers se poursuivent. Certaines étapes importantes ont été franchies, notamment de nouveaux systèmes de gestion des finances et des ressources humaines; la prochaine étape consiste à aborder ce qui divise les instituts afin d’entièrement intégrer l’établissement des priorités et la planification stratégique relativement à la R et D.
  • La création du CCFB : Une culture de gestion de la recherche, établie depuis longtemps et toujours très présente, mettant l’accent sur les découvertes scientifiques et comprenant des publications et la révision par les pairs (voir les critères d’avancement établis pour la catégorie « chercheur » de la fonction publique fédérale) par rapport à une culture de commercialisation, par exemple, pourrait représenter un conflit pour les chercheurs du CCFB en ce qui concerne leurs priorités en matière de recherche. La direction du CCFB a pris des mesures à cet égard, notamment par diverses initiatives pour intégrer les processus de planification en fonction de FPInnovations et pour encourager des partenariats de recherche avec les autres divisions de FPInnovations. 
  • Le PTT : En plus des écarts relevés en général dans la capacité financière du secteur, il semble y avoir des obstacles concernant la culture et l’orientation établies dans bon nombre d’entreprises d’exploitation forestière. Il est à souligner que la participation à des projets d’innovation est élevée chez des entreprises telles que Kruger and Tolko, dont la direction a fait preuve d’un engagement solide envers certains domaines d’innovation en particulier.

Quant à l’expansion des marchés pour les produits de fibre de bois par l’élaboration de technologies transformatrices et de produits connexes – p. ex., les fibres de cellulose fonctionnalisées : les nanocristaux de cellulose (dont l’application pour des produits, tels que des agents gélifiants, peintures et cosmétiques est pratiquement inexplorée et dont l’extraction n’est pas encore commercialisée); la nanotechnologie, les ressources énergétiques, les produits biochimiques, etc.47 – FPInnovations devra en conscientiser de nouveaux clients (c.-à-d. les secteurs non forestiers). 

Certains progrès ont été réalisés à cet égard (d’après les constatations de l’examen des documents et les personnes interviewées des secteurs public et privé), mais la participation d’entreprises des secteurs non forestiers représente un changement important et ambitieux. Il s’agit d’élargir considérablement le bassin des intervenants dans la recherche, ce qui devrait être l’une des principales considérations à mesure que le PTT avance vers l’étape de projet pilote (grâce au nouveau financement prévu dans le budget de 2009). 

Conclusions – Pertinence/Justification

L’Initiative d’innovation forestière et l’Initiative des instituts de recherche forestière sont toutes les deux directement pertinentes aux priorités du gouvernement et de RNCan, ainsi qu’à l’intérêt public et aux besoins des intervenants.

Le financement supplémentaire affecté à l’Initiative d’innovation forestière arrive à un moment où le secteur est moins en mesure d’offrir des fonds pour appuyer l’innovation et le développement de la technologie et des marchés (et aussi, lorsque le besoin de faire ainsi est le plus pressant) — ainsi, l’Initiative est directement pertinente aux besoins des intervenants.

L’objectif global de l’Initiative d’innovation forestière appuie l’objectif de Ressources naturelles Canada, qui consiste à développer des ressources naturelles durables en favorisant les possibilités économiques à long terme pour le secteur forestier au Canada, résultat de plus d’investissement dans l’innovation forestière. L’inclusion de cet objectif dans le budget souligne sa pertinence à l’échelle nationale ainsi que l’intérêt public qu’il représente.

L’objectif de l’Initiative des instituts de recherche forestière appuie l’objectif principal de RNCan ci-dessus également, en soutenant les activités de FPInnovations visant l’atteinte d’objectifs sociaux au nom du gouvernement fédéral (p. ex., l’élaboration de normes internationales).

Le regroupement de FERIC, Forintek, Paprican et le CCFB représente un jalon important dans la recherche menée dans le secteur forestier au Canada. Le principe et l’approche des initiatives canadiennes récentes correspondent pour la plupart aux mesures prises par un certain nombre d’autres pays dont la situation est semblable à celle du Canada (p.ex.,  la Finlande, la Suède, la France, l’Australie, la Chine et les États-Unis). Améliorer les techniques d’élaboration de solutions en tenant compte de la chaîne de valeur au complet constitue l’objectif stratégique global des initiatives d’innovation forestière.

FPInnovations (sa structure de planification et de comités) a été conçu pour assurer les éléments suivants : la chaîne de valeur pour l’ensemble du secteur est prise en compte lors de la détermination des priorités de recherche et les besoins particuliers; l’on considère des ententes de partenariat pour en déterminer les meilleures quant au travail à entreprendre; le transfert de la technologie (conscientisation, projets pilotes, formation, etc.) constitue une composante clé dans les activités de recherche. La mesure dans laquelle ces éléments ont été réalisés fait l’objet de la section « Réussites ».

La plupart des personnes interviewées croyaient que la création de FPInnovations s’est avérée une bonne occasion pour accélérer le rythme de l’innovation dans le secteur forestier à un moment où le besoin d’un changement positif se fait sentir. Le CCFB et le PTT soutiennent une meilleure approche à la recherche dans le secteur forestier, permettant des évaluations de la chaîne de valeur au complet afin de préciser la stratégie et les projets du programme de recherche à l’avenir.

En ce qui concerne L’Initiative des instituts de recherche forestière, la R et D et d’autres activités (p. ex., la participation à des comités sur les normes et les codes) soutenues par l’Initiative s’inscrivent dans une tradition de 30 ans de service de l’intérêt public. Dans le cadre des activités relevant de l’innovation, il faut continuer d’aborder celles qui concernent le bien-être public (notamment des codes du bâtiment et des normes, des stratégies de coupe, des transports et des procédés de transformation). Les activités de ce genre font profiter le secteur en général (et non une entreprise ou deux seulement) et constituent un pilier pour le rendement du secteur en général (les ventes au pays, les exportations, les nouveaux produits, la santé et la sécurité quant aux bâtiments et aux opérations forestières), le développement durable et l’optimisation de la valeur des ressources forestières au Canada.   

4.2 Réussites/Atteinte des objectifs

Réussites/Atteinte des objectifs – À quel point les mesures, prises afin d’appuyer les efforts pour promouvoir l’innovation et l’investissement dans le secteur des produits forestiers, ont-elles permis d’atteindre les objectifs/buts/cibles respectifs (ou le permettront-elles vraisemblablement)?

Résultats/Réussites en particulier de FPInnovations, du CCFB et du PTT
  • Y a-t-il des éléments de preuve indiquant que les mesures que représentent FPInnovations, le CCFB et le PTT se réalisent comme prévu?

Résumé: Selon les données recueillies dans le cadre de la présente évaluation à ce jour, l’ensemble des mesures prévues par l’Initiative d’innovation forestière et par l’Initiative des instituts de recherche forestière se réalise comme prévu. Il est à souligner que de meilleures preuves de la réussite de certaines mesures, notamment l’établissement d’une culture propre à FPInnovations, suivront à l’avenir.

Analyse

Regroupement des instituts de recherche forestière

Selon la documentation, le regroupement des trois instituts avait pour but d’aborder les questions suivantes :

  • l’érosion du revenu des investissements et le besoin continu des instituts de réunir des fonds;
  • la capacité d’agir efficacement en fonction des besoins et défis que présente la technologie en évolution dans le secteur forestier, et ce, sur la chaîne de valeur au complet du secteur forestier;
  • le besoin d’encourager la synergie en ce qui concerne la recherche (au sein des instituts de recherche et en collaboration avec le milieu universitaire) afin de maintenir ou accroître les avantages pour les membres.

Selon les constatations issues des entrevues et des études de cas, des progrès ont été réalisés relativement à ces questions. Les frais d’adhésion ont chuté (surtout en raison des fermetures et des réductions de production) et les revenus de contrats ont diminué au cours des trois dernières années. Grâce au regroupement, et au lancement du PTT, l’organisme nouvellement formé avait le financement nécessaire pour poursuivre ses activités.

Le regroupement a eu pour résultat l’un des instituts de recherche du secteur forestier privé le plus important au monde et de ce fait, une visibilité accrue et plus d’influence à l’échelle nationale et internationale. Il constitue une base solide sur laquelle élaborer une stratégie nationale de recherche forestière. Tel qu’il a été mentionné ci-dessus, les personnes interviewées à l’étranger indiquent que l’approche consistant à intégrer la capacité en R et D sur la chaîne de valeur au complet correspond aux pratiques adoptées dans les pays dotés d’une infrastructure de R et D solide et aux pratiques exemplaires désignées ainsi par les experts de l’industrie interviewés dans le cadre de la présente étude.

Les documents de planification montrent qu’on s’attendait à ce que le regroupement rende les opérations plus efficaces. Il semble, selon les personnes interviewées, que l’un des principaux avantages motivant le soutien de l’industrie pour le regroupement était la réduction des coûts administratifs et indirects. Selon l’examen des dossiers des programmes et des données obtenues grâce aux entrevues, rien ne permet de constater que les économies dans les coûts d’exploitation, prévues en raison du regroupement, soient réalisées jusqu’ici. Cependant, la mise en œuvre de systèmes de gestion des finances et des RH et d’un nouveau conseil à FPInnovations, ainsi qu’un nouveau Plan stratégique 2008-2010 pour FPInnovations, s’est faite dans le respect du calendrier et du budget.

Selon les personnes interviewées de l’industrie, les activités scientifiques se recoupent davantage et les activités de recherche (des divisions de FPInnovations, du milieu universitaire et de l’industrie) commencent à se décloisonner en raison du regroupement.   Malgré l’accent accru mis sur des projets de recherche intégrés et d’autres activités nouvelles, les entrevues avec les membres du Comité directeur de division de l’industrie ont permis de déterminer que les entreprises de ces derniers ont continué de bénéficier du même soutien individuel et de la même aide pratique qu’avant le regroupement (c.-à-d. que le regroupement n’a pas eu pour effet de nuire au soutien et aux services offerts aux membres individuellement).

L’un des avantages du regroupement, cité plusieurs fois par les personnes interviewées de l’industrie était le partage accru des résultats de la recherche entre les divisions. Par exemple, l’emploi qu’en fait Paprican des technologies d’imagerie proche infrarouge a été adapté pour servir à la division Forintek, dans une usine de panneaux (OSB-panneaux à copeaux orientés48) de Tolko. De plus, l’échange d’expertise et le partage d’équipements se sont accrus.
 
Selon les entrevues et l’examen des documents, les objectifs et les cibles faisant l’objet des documents sur la transition ont été atteints. Dans certains cas, il y a eu des résultats en un temps record; selon IBM, la mise en œuvre du système de gestion des finances (FUSION) s’est faite deux fois plus rapidement que celle de systèmes semblables dans d’autres organismes.  

Centre canadien sur la fibre de bois (CCFB)

L’un des objectifs décrits dans l’Initiative d’innovation forestière était de consolider l’engagement des chercheurs dans les secteurs public et privé au sein de la communauté établie de R et D forestière, et à l’externe. Selon les constatations issues des entrevues et de l’examen des documents, cet engagement commence à se concrétiser. Les chercheurs du CCFB indiquent qu’ils sont encouragés à puiser dans l’expertise d’autres chercheurs du SCF lors des projets de FPInnovations, et de participer aux projets du SCF (auxquels le CCFB ne participe pas). À ce jour, les liens de ce genre sont en nombre restreint, vu qu’il s’agit d’une nouvelle façon de faire, et que les chercheurs n’ont pas encore l’habitude de travailler dans le contexte intégré du CCFB et du SCF.

Le concept d’un centre sur la fibre de bois au sein du SCF est né en 2005, alors que le CCIF examinait les rôles et la structure du système national de R et D. Le centre avait pour mandat de répondre à deux questions importantes pour l’industrie forestière au Canada : la fibre de bois canadienne offre-t-elle un avantage concurrentiel? Que faut-il faire pour puiser davantage de valeur économique de la fibre de bois au Canada? L’examen des documents et les entrevues ont permis de constater que dans la recherche forestière et sur les fibres, la valeur économique représente une nouvelle priorité ainsi qu’une nouvelle niche pour le SCF/FPInnovations.

Le CCFB a été établi en avril 2006, lorsqu’une portion de la capacité du SCF lui a été affectée. Au moment de la rédaction du présent rapport d’évaluation (début 2010), le CCFB compte 74 membres du personnel du SCF à travers le Canada, dont 13 chercheurs, 22 professionnels, 24 techniciens de soutien et 2 gestionnaires (ainsi que des étudiants, des analystes des politiques, etc.). 

Un plan de développement sur trois ans (2006-2009) a été élaboré, décrivant les objectifs, stratégies et produits livrables du Centre. Le plan souligne les objectifs suivants : élaborer un programme national de recherche à l’échelle de la forêt; encourager l’adoption et l’application par le secteur forestier canadien des produits du CCFB issus de la connaissance; mettre en place le CCFB et l’intégrer à FPInnovations. Plusieurs personnes interviewées ont fait remarquer que la relation entre le CCFB et FPInnovations est unique et, par conséquent, moins bien compris en général.

Les propositions de projets de recherche du CCFB tiennent compte des éléments suivants, parmi d’autres : la détermination du promoteur principal et des participants clés;  une description du contexte, de la justification et de la pertinence du projet; une description de l’importance du projet, ainsi que des avantages et impacts qui en découleront; un aperçu de la manière dont les connaissances qui en résultent seront transférées; le financement et le levier financier nécessaires; un calendrier des activités. Ainsi, toutes les exigences relativement à l’information décrite dans les modalités du CCFB sont satisfaites, à l’exception d’une méthode pour mesurer la performance.

Bien que plusieurs personnes interviewées se soient dites quelque peu préoccupées ou sceptiques quant à la capacité du CCFB (exerçant ses activités au sein de RNCan) d’intégrer autant que prévu ses activités de recherche à celles des autres divisions de FPInnovations, la majorité de ces personnes ont trouvé encourageant que des fonds de RNCan soient affectés à la caractérisation et à l’inventaire des fibres de bois.

Ces personnes (de l’industrie et de FPInnovations) ont souligné l’importance de cette recherche à l’appui de la nouvelle approche visant l’optimisation de la chaîne de valeur qui sert à déterminer les priorités de recherche à l’échelle du secteur. Comme il a été souligné ci-dessus, cette approche est conforme aux pratiques exemplaires que les experts interviewés du secteur forestier les ont déterminées.

Selon les gestionnaires de FPInnovations et du SCF, et des experts dans le secteur, la communication des résultats de la recherche et le transfert de la technologie sont les principaux domaines d’amélioration.

Programme des technologies transformatrices (PTT)

L’examen des documents a permis de constater que l’approche utilisée au cours des trois dernières années a permis d’aborder les priorités de recherche soulignées dans le processus de planification (dans le rapport sommaire du CCIF « Forum sur les technologies transformatrices – Politique des sciences forestières ») : solutions en construction de la prochaine génération; pâtes et papiers de la prochaine génération; énergie et produits chimiques issus de la biomasse forestière; nouveaux bioproduits.

À mesure que le Programme évoluait, un cinquième thème a vu le jour : la maximisation intégrée de la chaîne de valeur, en faisant concorder les caractéristiques des matières premières avec les procédés de fabrication et les besoins du marché, permettant ainsi de faire correspondre l’offre de fibres à des produits finaux spécialisés. L’approche semble promettre des recherches plus efficaces, en facilitant la détermination des priorités de recherche par les groupes de planification stratégique (p. ex., Comité directeur de division, le Conseil) et la détermination des meilleurs plans de travail et des meilleurs membres d’équipes de projet par les équipes de recherche, et ce, dans le contexte de l’importance accordée à la clientèle.

La mise en œuvre du PTT a permis à FPInnovations et au secteur d’entamer des recherches plus importantes et plus complexes, telles que démontrent les études de cas. Selon les gestionnaires du Programme, le PTT a permis à FPInnovations de réaliser des projets à risque plus élevé auparavant impossibles (notamment dans le domaine de l’énergie et des produits chimiques, ou de la nanotechnologie).

Le PTT a par ailleurs accéléré l’adoption des technologies disponibles (p. ex., les technologies bioénergétiques et les technologies de la biomasse). Plusieurs personnes interviewées de FPInnovations et de RNCan ont souligné que la capacité des entreprises d’exploitation forestière à participer à des projets et à adopter de nouvelles technologies a diminué depuis un an, et que de meilleures possibilités existent actuellement dans d’autres secteurs (c.-à-d. que le secteur de l’énergie renferme plus de capitaux que de placement).

Selon les représentants de l’industrie et le personnel du SCF, plus d’efforts sont nécessaires pour communiquer les résultats des projets réalisés dans le cadre du PTT au-delà de l’équipe de projet (c.-à-d. des sommaires de haut niveau à l’intention de la haute direction, la diffusion de l’information au réseau élargi de la recherche forestière, y compris le milieu universitaire et l’industrie). Les membres de FPInnovations apprécient grandement, par exemple, les visites des chercheurs de la division Forintek dans les usines et les occasions d’améliorer les opérations.

  • De quelles manières l’approche pour appuyer l’innovation dans le secteur forestier et les activités et extrants connexes a-t-elle permis d’aborder les besoins/priorités soulignés dans les documents de planification (p. ex., la présentation au CT, les plans de travail et les plans stratégiques)?

Résumé : L’approche pour appuyer l’innovation dans le secteur forestier et les activités et extrants connexes ressemble fortement à certains besoins et approches soulignés dans divers documents de planification, dont ceux qu’ont produit le CCIF, le Conseil canadien des ministres des forêts (CCMF), le Groupe de travail sur la compétitivité de l’industrie des produits forestiers, le SCF et d’autres. Le leadership et le financement du fédéral a permis la transition à  FPInnovations, le partenariat en R ET D forestière public-privé le plus important au monde, ainsi que la création du CCFB pour compléter le travail effectué dans les autres divisions de FPInnovations.

Analyse

En général, les entrevues ont permis de constater un large consensus selon lequel les initiatives d’innovation forestière, telles qu’elles ont été conçues, étaient essentielles à la satisfaction des besoins tels que le CCIF et RNCan les aient décrits et que l’industrie les ait compris. D’après l’examen des documents et les entrevues, les objectifs et les cibles présentés dans les documents sur la transition ont été atteints. Dans certains cas, il y a eu des résultats en un temps record; selon IBM, la mise en œuvre du système de gestion des finances (FUSION) s'est faite deux fois plus rapidement que celle de systèmes semblables dans d'autres organismes.    

Le document L'industrie à la croisée des chemins : choisir la voie vers le renouvellement,du Groupe de travail sur la compétitivité de l’industrie des produits forestiers, abordait l’innovation et aussi, des questions de politique publique touchant les investissements du secteur privé (p. ex., crédits d’impôt pour la R et D, règlements sur les transports) et les coûts des intrants (p. ex., la fibre de bois, l’énergie, les transports et les salaires). Pour ce qui est de l’innovation, le Groupe de travail croit que l’innovation technologique – dans des domaines comme la bioénergie, la nanotechnologie, le bioraffinage ainsi que la fabrication des produits et des systèmes – p eut offrir des débouchés commerciaux considérables et que le Canada devrait faire tout son possible afin de se trouver en première ligne pour leur développement et leur rapide commercialisation.49 

Le Groupe de travail est également d’avis que les pays qui profiteront au maximum de ces débouchés seront ceux qui ont des systèmes d’innovation du secteur forestier très efficaces et des entreprises compétitives à l’échelle mondiale pour les soutenir. On voyait ces possibilités comme des compléments – et non comme des remplaçants – aux produits traditionnels et les activités de base.50

Le Rapport du Comité permanent des ressources naturelles présente une vision pour l’industrie qui englobe le nouvel institut FPInnovations et traite de : (i) la bioénergie, en soulignant que le secteur des pâtes et papiers répond à 60 % de ses besoins d’énergie grâce à la biomasse, et que, avec les bons incitatifs, l’industrie pourrait devenir une source nette d’énergie écologique renouvelable à l’avenir; (ii) la biomasse et les bioproduits, une source d’énergie propre et un élément du PTT nouvellement lancé; (iii) les produits à valeur ajoutée, critiques selon la plupart des témoins.

Selon une personne interviewée, durant le dernier siècle, l’industrie forestière a principalement axé ses activités sur l’exportation de produits de base (comme la pâte commerciale, le papier journal et le bois d’œuvre). À cet égard, on recommande de s’orienter davantage vers les produits à haute valeur ajoutée (meubles, portes, fenêtres, maisons préfabriquées, isolation à base de bois, etc.).51

Le document de consultation du CCIF publié en juin 2004 fait mention d’un certain nombre d’éléments qui permettraient d’améliorer le système d’innovation dans le secteur forestier, notamment l’élaboration d’un plan stratégique intégré, l’élimination de la fragmentation52 (pour ce qui est de l’innovation, il semblait y avoir un climat d’initiatives cloisonnées, sans grande cohérence entre le gouvernement, les universités, les instituts de recherche forestière, l’industrie forestière et les clients de cette dernière), une meilleure intégration sur l’ensemble de la chaîne de valeur (c.-à-d. s’éloigner de l’innovation en amont et en aval) et un accent mis davantage sur le marché/les clients.

La présentation au Conseil du Trésor (Mise en œuvre de la Stratégie de compétitivité à long terme de l’industrie forestière) présentait les modalités de la promotion de l’innovation et des investissements en foresterie (l’Initiative d’innovation forestière). Les mesures qui en sont issues correspondaient aux priorités figurant dans les documents de planification et elles se réalisent comme prévu.

En ce qui concerne le regroupement, le financement devait offrir les moyens permettant d’élaborer un nouveau modèle de gouvernance, d’aborder certaines questions administratives et relativement aux ressources humaines liées au regroupement et d’élaborer un plan d’activités et une stratégie de communications. Pour les 10 millions de $ affectés au CCFB, on prévoyait leur affectation à des organismes et aux intervenants, ainsi qu’à l’interne (SCF) afin de rehausser les « connaissances des possibilités pour une meilleure utilisation de la fibre de bois du Canada » chez RNCan.

Le PTT a été conçu pour exploiter la capacité de FPInnovations, de pair avec celle du milieu universitaire afin de relever les défis à long terme auxquels le secteur fait face. En particulier : « Les sommes accordées financeront des travaux de recherche à caractère préconcurrentiel et non exclusif axés sur le développement et l’adaptation de technologies émergentes et de pointe comme l’exploitation de la biomasse, de la biotechnologie et de la nanotechnologie forestière ». À cet égard, le PTT donne des résultats.

  • Dans quelle mesure l’intégration des instituts de recherche et l’établissement de liens au CCFB se réalisent-ils comme prévu, et quel a été l’effet (ou quel sera l’effet probable) sur l’innovation dans le secteur forestier? (p. ex., y a-t-il des signes d’une nouvelle synergie de recherche? Si oui, quels en ont été les résultats/impacts?)

Résumé : Comme il a été mentionné ci-dessus, l’intégration des instituts de recherche et avec le CCFB se réalise comme prévu. Par exemple, plus de 50 % des projets du CCFB sollicitaient la participation de l’une des autres divisions. De plus, la participation de deux des divisions a été sollicitée dans 25 % de ces projets et celle de trois des divisions, dans 15 % des projets (c.-à-d. que d’autres divisions de FPInnovations participent à presque 90 % des projets du CCFB).

Il est trop tôt pour pouvoir déterminer l’impact de l’intégration sur l’innovation forestière, mais des synergies de recherche se sont établies et semblent évoluer comme prévu. Il est à noter que la restructuration et l’établissement d’une culture et des valeurs communes, etc. est un processus continu, rarement achevé dans une période de deux ans.

Analyse

Un certain nombre de documents et de processus de planification soulignant des objectifs et des impacts attendus ont orienté les initiatives à l’étude, dont les documents du CCIF et le Plan de développement 2006-2009 du CCFB.

La participation interdivisionnaire aux activités du projet témoigne des synergies de recherche. Au total, 27 projets du CCFB ont été financés en 2007-2008 et 2008-2009, 28 projets en 2009-2010. Les critères de sélection des projets privilégient notamment les partenariats. D’après l’examen des documents, les projets du CCFB ont visé la transformation du secteur à court et à moyen terme jusqu’ici et ont accordé la priorité aux partenariats avec d’autres divisions de FPInnovations. 

Le processus de sélection de projets du CCFB a évolué afin de permettre une meilleure intégration avec d’autres divisions de FPInnovations. Le CCFB a été établi un an avant la transition à FPInnovations. La première ronde de projets a été établie en fonction des lettres d’intention; en 2009-2010, un ensemble de résultats et un accent accru sur des partenariats ont orienté l’établissement des processus de sélection/développement des projets. Cependant, malgré les progrès réalisés sur le plan de collaboration sur les projets, les personnes interviewées de FPInnovations et de RNCan ont souligné que la direction du CCFB/FPInnovations doit examiner la mesure dans laquelle le CCFB continue à s’intégrer à FPInnovations sur le plan stratégique (notamment, l’établissement de priorités et la planification du programme de recherches).

Les activités de recherche en 2009-2010 ciblent trois secteurs fonctionnels du programme :

  • mettre l’accent sur l’utilisation maximale de la valeur économique de la fibre ligneuse canadienne (intégration à la chaîne de valeur, valeur économique des fibres);
  • aligner la valeur économique et la recherche sur la régénération (sylviculture, sélection et production);
  • améliorer les systèmes de planification de la gestion forestière (prévisions, outils d’inventaire forestier).

Les priorités du PTT, faisant l’objet d’une série de livres blancs, ont été examinées lors de deux ateliers régionaux. Le cinquième thème (l’optimisation de la chaîne de valeur) est apparu après la rédaction des livres blancs. Ce thème permet d’aborder la chaîne de valeur comme un tout, et de faire participer le CCFB (p. ex., intégrer l’innovation forestière ou l’innovation en amont). En tout, environ 20 millions de $ ont été investis annuellement dans le cadre du Programme, assortis de 13,6 millions de $ de financement externe supplémentaire, ce qui donne un effet multiplicateur du programme de 0,68 en général. Quatre des cinq thèmes reçoivent du financement externe; l’effet multiplicateur va de 0,16 à 0,92.

Selon les gestionnaires de la recherche de FPInnovations, « la collaboration est déjà prometteuse » (au sein de FPInnovations ainsi qu’à l’externe) et que les nouveaux partenariats appuient la mise en œuvre des résultats de recherche dans l’industrie, ainsi que de nouvelles techniques et constatations (données, nouvelles connaissances) dans le milieu universitaire et à FPInnovations. La participation aux projets du PTT de deux divisions de FPInnovations ou plus aide à assurer que l’échange des résultats de la recherche et des nouvelles technologies se répand davantage au sein de l’industrie (27 % des projets du PTT, compte tenu de la participation du personnel de deux des divisions ou plus, et chacune des divisions regroupe un ensemble unique de membres de l’industrie). 

Il y existe des exemples de certaines technologies en développement à Paprican qui sont adaptées afin de servir dans les usines de transformation du bois (c.-à-d. des clients de Forintek). De plus, il semble que certains des résultats de recherche sont prêts pour la démonstration. Grâce aux nouvelles collaborations et approches intégrées, FPInnovations est en mesure de relever les défis à long terme auxquels font face le secteur forestier et celui des produits forestiers.

  • Quelles nouvelles technologies ont été évaluées et quels en sont les résultats pour relever les défis à long terme en matière d’innovation auxquels fait face le secteur forestier?

Résumé : FPInnovations, en collaboration avec l’industrie et le milieu universitaire, a évalué un certain nombre de nouvelles technologies qui permettraient de relever les défis à long terme en matière d’innovation du secteur, dont la cellulose nanocristalline, les papiers bioactifs et les bioraffineries.
 
Certains travaux, dont l’objectif semble à plus court terme, ont également été entrepris et ont généré un rendement financier dont le secteur avait grandement besoin. Il y a un certain désaccord par rapport à la nature transformative des travaux; la question est pourtant sans objet, vu les calendriers (la transformation est un processus de longue durée) et le climat rigoureux dans lequel le PTT et le secteur mènent leurs activités actuellement.

Analyse

Les observations suivantes sont extraites de l’examen des documents, des constatations issues des entrevues et des analyses des études de cas.

  • Nouveaux bioproduits – la cellulose nanocristalline (CNC) : Il s’agit d’un programme de 3,2 millions de $ par an pour élaborer un processus qui permettrait de produire la CNC d’une manière commercialement viable et de l’appliquer à d’autres secteurs industriels (p. ex., les peintures et vernis, l’industrie aérospatiale, l’industrie automobile) comme composante dans les matériaux composites de pointe légers et robustes. La CNC est un nouveau produit transformatif (c.-à-d. qu’elle représente une nouvelle possibilité pour la fibre de bois et qu’elle annonce de nouveaux produits destinés aux secteurs non traditionnels). La recherche à cet égard nécessite la participation des secteurs d’utilisation finale aux débuts de l’élaboration de la technologie relativement à la CNC.
  • Papiers bioactifs : Le PTT verse 250 000 $ par an aux efforts de recherche collaboratifs menés par le Réseau SENTINEL sur le papier bioactif à l’Université McMaster. Le projet consiste à développer des biosenseurs à base de papier capables de détecter, repousser ou désactiver des agents toxiques et pathogènes. Le Réseau est également financé par le Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) (12 millions de $ sur cinq ans) et le gouvernement de l’Ontario. L’investissement du PTT est considérablement moins important que celui du CRSNG et permet à FPInnovations d’accéder au Réseau et aux résultats de ses recherches. Les papiers bioactifs, tout comme la CNC, représentent une nouvelle technologie « transformative ». D’après certaines constatations issues des entrevues, l’impact potentiel du marché des papiers bioactifs et de celui de la CNC sur les entreprises du secteur forestier et sur la demande de fibre ligneuse est incertain et on prévoit qu’il sera de moindre importance, même à long terme (notamment parce que la demande de fibres pour fabriquer ces produits ne sera pas importante).
  • Bioraffinerie forestière : FPInnovations mène la recherche visant à créer une usine de gazéification pour démonstration, servant à transformer les résidus de bois en énergie, en carburant et en produits chimiques. Cette recherche a du potentiel commercial quant à la production d’énergie renouvelable et aux carburants et produits chimiques provenant de la biomasse de la prochaine génération. Si la recherche est réussie, la technologie à cet égard aidera le secteur forestier à diversifier son offre de produits tout en soutenant les objectifs du Canada relativement aux GES et à l’énergie renouvelable.

Parmi les moteurs de la bioéconomie, mentionnons les coûts des sources d’énergie classique, les préoccupations relatives à l’environnement et aux changements climatiques, la faiblesse des secteurs forestier et agricole et l’intégration des progrès de la biotechnologie dans la chimie et les sciences des matériaux. Pour qu’il y ait réussite, il faudra déterminer de nouvelles possibilités intersectorielles (p. ex., FPInnovations devra établir des collaborations dans de nouveaux secteurs). Certaines entreprises se positionnent déjà dans le marché. Par exemple, l’entreprise Magna collabore avec des chercheurs de l’Université de Toronto afin de créer des matériaux composites économiques et à haut rendement à partir de la fibre de cellulose dans les sous-produits de pâtes et papiers.

Dans le secteur forestier, les ventes de produits chimiques industriels de l’entreprise Tembec s’élèvent à 200 millions de $ annuellement. La recherche connexe aborde certains des défis à long terme en matière d’innovation dans le secteur et, de ce fait, peut être considérée comme « transformative ». 

Dans le cadre de ce thème de recherche du PTT, on cherche d’autres manières d’appliquer les technologies existantes, d’usage en Europe depuis longtemps, dans le contexte du Canada.

Plusieurs des personnes interviewées ont mis en doute le caractère « transformative » de cette technologie, ou la participation d’entreprises canadiennes à l’investissement dans cette technologie (étant donné les avantages de la technologie établie et les équipements connexes). D’autres étaient de l’avis que la technologie, puisque nouvelle au Canada, méritait du soutien par le biais du PTT, car elle aurait la capacité de « transformer » la manière dont on génère de l’énergie dans le secteur et de créer une nouvelle capacité de production de carburants et de produits chimiques.

En raison de la faiblesse du secteur, certains des projets du PTT ont dû adopter une approche qui, selon certains, est à court terme, mais qui a permis au secteur de réaliser un rendement financier dont il avait grandement besoin :

  • La recherche sur les solutions en construction de la prochaine génération développe les efforts bénéficiant du financement de base/du programme de recherche nationale de la division Forintek visant de nouvelles conceptions pour construire des bâtiments de six à huit étages à partir d’une combinaison de bois, de béton et d’acier. Cette initiative de recherche dans le cadre du PTT aide à élargir/maintenir le marché des produits de bois et des systèmes de construction canadiens. Les entrevues ont permis de constater que « le PTT nous a permis (FPInnovations) d’élargir notre programme de recherche de base et de considérer les systèmes de construction de façon plus globale. »
  • L’Initiative côtière de la Colombie-Britannique est un ensemble de projets dont certains ciblent des mesures à court terme, visant l’économie de coûts ou la productivité. L’Initiative côtière de la Colombie-Britannique reçoit un financement du PTT qui s’élève à 1,5 millions de $ par an;  deux entreprises ont signalé des économies de 30 millions de $ en raison d’améliorations faites pour récupérer davantage dans les scieries. Par exemple, le modelage de l’outil pour simuler le fonctionnement d’une scierie, dans le cadre du projet Decision Support Tools for Industry Competitiveness (outils d’aide à la prise de décisions visant à augmenter la compétitivité du secteur) a aidé une scierie côtière à augmenter sa production de 10 %, sans dépense importante en capital.

Cette initiative est l’un des meilleurs exemples du travail d’équipe de l’ensemble des divisions de FPInnovations, avec la collaboration de l’Université de la Colombie-Britannique et du groupe FORAC de l’Université Laval (Forest to Consumer). La province de la Colombie-Britannique offre des fonds de contrepartie et l’industrie contribue des ressources en nature, en communiquant des données sur la coupe, et en offrant du temps de personnel et du soutien aux essais sur place.

D’après les gestionnaires de FPInnovations, on peut considérer cette initiative comme « transformative » en ce sens qu’elle constitue un changement dans la gestion des ressources côtières de la C.-B. et dans la valeur qu’elles représentent, ainsi que dans la nature des partenariats de recherche, établis pour aborder les défis des industries côtières actuellement.

En outre, selon les gestionnaires de FPInnovations, l’Initiative générerait des bénéfices à l’industrie côtière estimés à 90 millions de $ sur cinq ans. L’estimation s’est avérée optimiste, vu la viabilité du secteur et sa capacité d’investissement dans n’importe quel projet d’innovation (p. ex., avantages à court terme par rapport aux avantages à plus long terme), et témoigne de la capacité de l’organisme à fixer des cibles (à l’appui d’améliorations à la mesure du rendement et aux rapports à cet égard).

  • Programme des produits composites : Paprican utilise l’investissement du PTT relativement peu important dans ce domaine (100 000 $) pour créer une résine de lignine (résine à base de bois). Le coût des résines classiques à base de pétrole dans la production de panneaux OSB/produits composites est parfois considérable et très variable. L’Initiative des instituts de recherche forestière complète le projet de recherche du PTT. L’application des résultats de la recherche des deux programmes dans une scierie de West Fraser a donné une réduction de 20 à 25 % dans l’utilisation générale de résines; l’entreprise attribue 3 millions de $ des 5 millions $ d’économies au total à FPInnovations. 

Selon la présentation au CT du Programme des technologies transformatrices, le financement du Programme avait pour but de faciliter « la R et D précompétitive et non exclusive permettant d’aborder le développement et l’adaptation de technologies émergentes et de pointe dont celles de la biomasse forestière, la biotechnologie forestière et la nanotechnologie ». Comme en témoignent les trois exemples précédents (la bioraffinerie forestière, l’Initiative côtière de la Colombie-Britannique et le Programme de produits composites), les fonds du PTT appuient des projets dont les avantages pour l’industrie sont à plus court terme et qui poursuivent les travaux antérieurs et continus dans le cadre de projets de l’Initiative des instituts de recherche forestière. Puisque la transformation est un processus à long terme, la nature de ces projets doit être évaluée quant à l’impact de chacun à long terme.

Selon l’examen des documents, les entrevues et les analyses des études de cas, une portion du financement du PTT (environ 50 %, selon les estimations de l’équipe d’évaluation, se basant sur les définitions ci-dessus) a été investi dans des changements incrémentaux aux technologies, processus et produits existants dont les résultats et impacts prévus pour le secteur sont à plus court terme. Cela était à prévoir, étant donné les besoins actuels et pressants du secteur et la capacité restreinte des secteurs public et privé à fournir des capitaux patients devant des déclins prononcés dans la production des scieries, l’emploi et les exportations, etc. 

Certaines des personnes interviewées ont mis en doute l’allocation de ressources aux technologies transformatrices par rapport à un investissement ciblé dans les technologies dont l’application, le potentiel et les avantages sont à court terme dans le but d’atténuer le ralentissement prononcé dans le secteur.

  • Quels sont les principaux enjeux et facteurs de réussite à aborder pour que les mesures décrites ci-dessus réussissent? Quels changements ont découlé de ces mesures?

*les forces internes et leur impact sur le rendement;
* forces externes et leur impact sur le rendement.

Résumé : Les relations de travail entre les quatre divisions de FPInnovations et les cultures organisationnelles de ces dernières constituent les principaux facteurs internes. 

Parmi les facteurs externes, mentionnons la performance de l’économie canadienne – c’est-à-dire les taux de change, les barrières non tarifaires (p. ex., le règlement phytosanitaire), les coûts de l’énergie et des billes plus élevés, etc. – par rapport aux coûts de production moins élevés des concurrents internationaux du Canada. Les stratégies de développement des marchés et d’établissement des prix des concurrents internationaux sont au-delà de l’influence de l’industrie canadienne et pourtant, elles constitueront un facteur clé lorsqu’on détermine le point auquel ces mesures pour rendre l’industrie au Canada plus efficace et pour diversifier l’offre de produits du secteur forestier réussissent à accroître les revenus et bénéfices de l’industrie.

Pour ce qui est de l’Initiative des instituts de recherche forestière et du PTT, la capacité du secteur à adopter de nouvelles technologies, approches et stratégies commerciales en général (relativement au marketing, à la coupe, à la production et au développement durable, etc.) demeure préoccupante.

Analyse

Certains enjeux ont été abordés ou devront être abordés pour que les mesures réussissent à mesure que l’Initiative d’innovation forestière se poursuit. 

Des modifications structurales et administratives ont eu lieu pour faciliter la coopération et la collaboration entre les divisions en matière de recherche. Selon les gestionnaires de FPInnovations, ces modifications ont permis aux divisions de collaborer mieux qu’auparavant, grâce au lancement d’un système financier unique (FUSION) ainsi qu’à la mise en place d’une stratégie des RH et d’un régime de rémunération cohérents. Ces modifications administratives soutiennent la planification stratégique intégrée, l’établissement des priorités, et la conception et la mise en œuvre de projets; toutes sont nécessaires, mais insuffisantes en soi. 

Les gestionnaires de la recherche au sein des quatre divisions ont parlé du besoin continu d’encourager les chercheurs à se consulter, que ce soit pour obtenir de l’expertise, de l’équipement, etc.  Comme il était à prévoir, moins de trois ans après l’intégration des activités, des différences culturelles existent entre les divisions et surtout, entre les trois instituts d’origine et le CCFB. Si l’on veut atteindre les objectifs relativement à l’intégration des organismes et l’optimisation de la chaîne de valeur, il faut que les efforts continus des gestionnaires de FPInnovations pour trouver des occasions de collaboration entre le CCFB et les autres divisions (s’il y a lieu) se poursuivent.

Un certain nombre de forces externes a des effets sur le rendement global des mesures prévues par l’Initiative d’innovation forestière autant que de l’Initiative des instituts de recherche forestière. Certaines forces externes ont des effets sur la prestation (p. ex., la mesure dans laquelle les universités, les autorités provinciales, l’industrie et d’autres travailleront avec FPInnovations pour mener à bien les projets de recherche et appliquer les constatations de manière efficace); d’autres forces externes ont des effets sur le point auquel les mesures prises permettront de réaliser, en fin de compte, les impacts/résultats escomptés.

Ces autres forces comprennent la performance de l’économie canadienne (les taux de change, les barrières non tarifaires (p. ex., le règlement phytosanitaire), les coûts de l’énergie et des billes plus élevés et les coûts de production moins élevés des concurrents internationaux du Canada. Les stratégies de développement des marchés et d’établissement des prix des concurrents internationaux sont au-delà de l’influence de l’industrie canadienne et pourtant, elles constitueront un facteur clé lorsqu’on détermine le point auquel ces mesures pour rendre l’industrie au Canada plus efficace et pour diversifier l’offre de produits du secteur forestier réussissent à accroître les revenus et bénéfices de l’industrie.

Pour ce qui est de l’Initiative des instituts de recherche forestière et du PTT, la capacité du secteur à adopter de nouvelles technologies, approches et stratégies commerciales en général (relativement au marketing, à la coupe, à la production et au développement durable, etc.) demeure préoccupante. Récemment, le déclin prononcé dans le nombre de scieries et le ralentissement du rythme de production se traduisent par des restrictions quant aux ressources disponibles au sein de l’industrie dans un avenir rapproché pour mettre en œuvre les constatations issues des projets de l’Initiative des instituts de recherche forestière et surtout, ceux du PTT, puisque pour bon nombre d’entre eux, les retombées sont à plus long terme.

Selon certaines personnes interviewées de l’industrie et de FPInnovations, les facteurs ci-dessus constituent un obstacle qui témoigne du besoin de l’Initiative des instituts de recherche forestière, car les projets soutiennent le secteur en traitant de codes et de normes, ce qui contribue au maintien des marchés existants et à l’élargissement des marchés pour des produits courants, et en modifiant les technologies, les stratégies de coupe et les processus dans les scieries afin de réduire les coûts de production et de rendre le secteur plus compétitif.

  • Les mesures ont-elles eu des impacts non prévus?

Résumé : Il n’y a pas eu d’impact non prévu en particulier. La possibilité de devoir faire un suivi attentif de l’information sur la performance est une préoccupation, vu la hausse considérable du financement prévu dans le budget de 2009 (et donc, la capacité de rendre compte des résultats atteints, en fonction du financement).

Analyse

Un examen des mesures prises dans la conjoncture de l’industrie actuellement montre que les initiatives ont peut-être eu plusieurs impacts non prévus sur le secteur. Par exemple, les mesures prises pour améliorer l’efficacité par le biais de l’Initiative des instituts de recherche forestière (et soutenues en partie par certains investissements dans le cadre du PTT) pourraient constituer un élément dissuasif à la diversification. Autrement dit, les améliorations progressives à des activités courantes (les économies de coûts et améliorations de la productivité) pourraient continuer à faire l’objet des activités et investissements de la R et D du secteur dans l’immédiat et à moyen terme.

Une deuxième préoccupation potentielle existe : l’impact de l’augmentation importante du financement par le biais de l’Initiative d’innovation forestière et plus récemment, des investissements dans le PTT, prévus dans le budget de 2009. Pour mettre ces initiatives en œuvre, il faudra faire appel à des méthodes de gestion du rendement méticuleuses pour chaque initiative pour assurer l’efficacité et l’orientation du programme en général. Étant donné que l’examen des cadres de mesure du rendement liés à ces nouvelles mesures ne faisait pas partie de la présente évaluation, il s’agit d’une préoccupation potentielle.

Conclusions – le progrès des mesures tel qu’il a été prévu

Afin d’exploiter la capacité du nouvel institut de pair avec celui du milieu universitaire, de nouveaux investissements ont été consentis afin de cibler les défis à long terme en matière d’innovation auxquels fait face le secteur. Depuis toujours, la croissance du secteur forestier dépend des progrès et percées technologiques; le secteur forestier au Canada fait un usage important de machines et d’équipements de haute technologie pour la fabrication. 

Ces dernières années, une bonne partie de l’industrie est aux prises avec des conditions de marché difficiles et par conséquent, les efforts de recherche ciblent des améliorations par incréments aux processus et la réduction des coûts. Plus récemment, le ralentissement économique au cours de 2008 a entrainé plus de fermetures de scieries, une production à la baisse et la perte d’emplois. L’avenir de l’industrie dépend de la création de nouvelles possibilités, et ce, afin de stimuler l’investissement par le développement de nouvelles utilisations pour la fibre de bois canadienne.

Dans le cadre du PTT, conçu dans le but de poursuivre les percées technologiques dont les impacts sont à plus long terme, il y a eu des investissements considérables dans la recherche dont les retombées sont à plus court terme pour répondre aux besoins de l’industrie et ainsi, axée en partie sur l’application et l’intégration innovatrices des technologies existantes, pour créer des impacts à assez court terme (p. ex., l’optimisation de la valeur).

En général, les personnes interviewées sont satisfaites du PTT, des projets individuels et des progrès à ce jour. En outre, il semble que l’accent sur les impacts à plus court terme se poursuivra : dans le budget de 2009, un nouveau financement est accordé à FPInnovations/le PTT pour des projets pilotes. Ainsi, il faudra clarifier le genre de résultats visés par le PTT. On doit également modifier le mode de gestion du PTT, y compris les critères de sélection des projets, la planification et la mesure du rendement, en fonction d’une orientation plus axée sur le marché, le cas échéant.

En résumé, FPInnovations a réussi sur le plan de l’intégration des organismes, l’attention sur la chaîne de valeur et la génération d’économies et de gains de productivité pour le secteur. Par exemple, l’investissement du PTT de 1,5 millions de $ (ou 3 millions de $ en soutien fédéral et provincial) dans l’Initiative côtière de la Colombie-Britannique a joué un rôle dans les économies s’élevant à 30 millions de $ réalisées par deux entreprises à elles seules.

L’analyse des résultats atteints à ce jour et la rétroaction offerte par des intervenants clés confirment que de 40 à 50 % environ des activités ciblées par le PTT ont été réalisées, notamment :

  • l’élaboration d’un plan des activités fondé sur les rapports du CCIF et d’autres documents de planification stratégique;
  • la création de liens et dans certains cas, la rédaction de protocoles d’ententes avec des partenaires de recherche;
  • la génération de rapports, de prototypes et de nouvelles connaissances.

Certaines activités ciblées dans les projets du PTT n’ont pas encore été réalisées, notamment :

  • de réels progrès dans l’élaboration/l’adaptation des technologies transformatrices ou des percées technologiques (qui ne seront probablement pas réalisés au moyen terme vu l’état économique actuel du secteur et la conception des projets du PTT);
  • l’élaboration d’un programme de recherche, orienté par la chaîne de valeur plutôt que par les programmes de recherche de chacune des quatre divisions;
  • l’élaboration d’une stratégie de communications et de diffusion externe efficace.
  • Dans quelle mesure le Conseil d’administration de FPInnovations a-t-il été efficace dans son rôle double, consistant à : (a) orienter les activités de FPInnovations (y compris celles du CCFB); (b) favoriser des relations avec l’ensemble des fournisseurs de services de recherche au Canada – des provinces, du milieu universitaire et de l’industrie?

Résumé : Le Conseil et les comités directeurs de division ont dirigé FPInnovations et les divisions individuelles de manière efficace. Certains membres des comités en sont membres de plus d’un, ce qui aide à assurer un programme de recherche plus intégré.
 
La diversité des intervenants, dont témoignent le Conseil d’administration et les comités directeurs de division, appuie la promotion de relations entre les fournisseurs de services de recherche forestière. D’autres initiatives, dont le réseau ArboraNano et l’Initiative du CRSNG en R et D dans le secteur forestier encouragent des relations avec le milieu universitaire et optimisent les fonds de recherche de FPInnovations. Le retard dans la prise de mesures en fonction des priorités soulignées dans le Plan stratégique 2008-2010 a rendu le CCFB et les instituts originaux moins capables de s’intégrer entièrement les uns aux autres et d’adopter une approche à la planification de la R ET D axée sur l’optimisation de la chaîne de valeur et des domaines technologiques clés (par rapport aux domaines de concentration classiques des instituts). 

Analyse

Dans la présente section, on discute des constatations liées à la direction du Conseil d’administration et des Comités directeurs de division.

Le Conseil et les Comités comprennent des représentants de l’industrie, du gouvernement et du milieu universitaire qui se rencontrent deux fois par an en moyenne. Selon les entrevues avec les membres des Comités, ces derniers sont satisfaits de leur capacité à offrir des commentaires et suggestions relativement au processus de planification. Toutefois, certaines préoccupations existent quant à une diffusion trop restreinte des résultats de recherche et au besoin de moyens plus efficaces pour communiquer les résultats (p. ex., des sommaires de haut niveau plutôt que des rapports techniques détaillés).

Selon les entrevues avec la direction de FPInnovations, les gestionnaires du SCF et certains contacts dans l’industrie, étant donné la situation de « gestion de crise » dans le secteur au cours de la période évaluée, la haute direction de FPInnovations et celle du gouvernement fédéral ont ciblé leurs qualités de leadership sur la gestion des déficits de financement (à cause du déclin dans le revenu rapporté par les affiliations) et les problèmes opérationnels à court terme. 

Par conséquent, peu de ressources ont été affectées à l’élaboration d’un plan stratégique à l’échelle de FPInnovations sur les thèmes de recherche clés, l’intégration des programmes de recherche sur l’ensemble de la chaîne de valeur et la modification des principales structures de gestion (p. ex., l’alignement des Comités directeurs de division sur les thèmes de recherche prioritaires plutôt que sur les instituts). Le Plan stratégique 2008-2010 pour FPInnovations a proposé une approche motivée par l’impulsion de l’optimisation de la chaîne de valeur plutôt que des structures existantes des divisions. Le Conseil a approuvé le Plan pour remplacer l’approche cloisonnée actuelle des divisions.

De nouvelles initiatives telles que le lien entre le CRSNG et le réseau ArboraNano53, ainsi que certains partenariats internationaux (p. ex., METLA en Finlande) ont été amorcées, témoignant d’une nouvelle approche à la promotion de relations avec des fournisseurs de services de recherche forestière y compris le milieu universitaire et les intervenants internationaux.

Selon les entrevues, surtout auprès des représentants de l’industrie, il y a des préoccupations concernant l’approche à l’innovation/la planification et la gestion des activités de R et D. Certaines des personnes interviewées sont de l’avis que, malgré quelques efforts de planification stratégique dans un premier temps, FPInnovations n’avait toujours pas de « carte » indiquant la façon dont les principaux thèmes de recherche et les projets individuels mèneraient à l’atteinte des objectifs.

L’un des cadres interviewés a suggéré que la sélection de projets semble se fonder davantage sur des intérêts de recherche antérieurs et sur la « consécration » de ressources que sur la compétitivité ou des critères économiques. D’autres (dont certaines personnes interviewées du Conseil, des Comités et du gouvernement) croyaient que FPInnovations n’a pas encore su assurer un contrôle étroit des résultats des projets.

Conformément aux constatations issues des entrevues, le rapport du CCIF de 2004 a conclu que l’on n’optimisait pas le rendement de l’investissement en sciences et technologie (S-T) dans le secteur, qu’il n’y avait pas de stratégie de haut niveau pour orienter la R et D et que les liens entre les principaux acteurs étaient insuffisants et pourtant, essentiels pour aborder les défis. Les initiatives axées sur l’innovation forestière faisant l’objet de la présente évaluation ont eu un certain succès à cet égard. Néanmoins, il reste que les activités du secteur se poursuivent sans l’avantage d’une stratégie intégrée à l’échelle du secteur (c.-à-d. une stratégie dictée par des objectifs généralisés).

L’un des experts dans le secteur que l’on a contactés dans le cadre de la présente évaluation a proposé la notion d’une stratégie nationale de recherche forestière, que l’on élaborerait en fonction de la carte routière technologique élaborée par la Finlande (qui procède actuellement à la mise à jour de sa première stratégie). Le processus d’élaboration de la carte a contribué à la mise en correspondance des attentes des secteurs public et privé et du milieu de la recherche. De plus, il a permis de déterminer de nouvelles utilisations du bois, notamment des utilisations industrielles et commerciales ainsi que le bois en stratifié croisé, et d’élaborer des projets de démonstration permettant de développer la culture du bois au Canada. D’après cet expert, tout comme d’autres experts dans le secteur et plusieurs personnes interviewées (de FPInnovations et de l’industrie), « Le Canada doit faire un exercice semblable afin de faire correspondre les attentes et de développer une approche globale quant à une stratégie de R et D et aux priorités connexes; le processus est aussi important que le rapport final ».

En 2008, le Conseil s’est attaché à rééquilibrer le programme de recherche afin d’y intégrer le « plan de changement ». Le Plan stratégique de 2008-2010 en était le résultat, soulignant les quatre objectifs clés suivants :

  • développer des technologies qui rehausseront la chaîne de valeur du secteur forestier;
  • établir de nouveaux partenariats (surtout avec les universités);
  • mettre plus d’accent sur les technologies transformatrices;
  • profiter entièrement de l’occasion que présente la bioéconomie émergente.

En raison de ce plan stratégique, FPInnovations s’est distancé de sa structure fondée sur des divisions pour se diriger vers une approche de gestion matricielle. Toutefois, la gestion, l’établissement de priorités, la gestion de projets et le compte rendu sont assurés à l’échelle des divisions.

D’après un certain nombre des personnes interviewées, l’établissement de liens a pris un bon départ, mais il y a de la place à l’amélioration à cet égard – surtout parmi les chercheurs du CCIF et d’autres divisions – et aussi, entre FPInnovations et des initiatives scientifiques telles que le Programme de forêts modèles du Canada.54

Conclusions – Efficacité du Conseil (et des Comités)

Le Conseil et les Comités ont été efficaces quant à l’orientation offerte à FPInnovations et aux divisions individuellement. Le fait que certains membres des Comités en sont membres de plus d’un aide à assurer un programme de recherche plus intégré. Cependant, le retard dans la prise de mesures en fonction des priorités soulignées dans le Plan stratégique 2008-2010 a rendu le CCFB et les instituts originaux moins capables de s’intégrer entièrement les uns aux autres et d’adopter une approche à la planification de la R et D axée sur l’optimisation de la chaîne de valeur et des domaines technologiques clés (par rapport aux domaines de concentration classiques des instituts). Une meilleure intégration nécessitera le remplacement des Comités directeurs de division par des comités consultatifs visant les thèmes de recherche.

Les divers intervenants membres du Conseil et des Comités jouent un rôle dans le soutien de la promotion des relations entre l’ensemble des fournisseurs de services de recherche forestière. D’autres initiatives, comme le réseau ArboraNano et l’Initiative du CRSNG en R et D dans le secteur forestier55 encouragent des relations avec le milieu universitaire et optimisent les fonds de recherche de FPInnovations. 

Conclusions – Progrès vers les objectifs

Certains éléments de preuve indiquent du progrès vers les objectifs de chacune des quatre mesures à l’examen : le regroupement des trois instituts, la création du CCFB, le PTT et l’Initiative des instituts de recherche forestière. Certaines des mesures ont déjà donné lieu aux impacts prévus (notamment le regroupement et l’Initiative des instituts de recherche forestière), alors que d’autres semblent être sur la bonne voie pour la création d’avantages dans le secteur (le CCFB et le PTT).

Selon les documents et rapports du programme ainsi que les entrevues, il se peut que certaines des activités dans le cadre des projets de recherche ne se réalisent pas dans les deux ou les cinq ans qui étaient prévus au début des projets, et ce, pour deux raisons : dans certains cas, les résultats de la recherche ne sont pas ceux escomptés, entrainant une modification de l’objet ou des attentes des projets. Dans d’autres cas, le fait que l’industrie vise des économies à court terme et une meilleure productivité a amené les chercheurs de FPInnovations à modifier leurs plans de travail afin de mieux répondre aux priorités/besoins des membres de FPInnovations. Les détails à cet égard sont présentés ci-dessous.

  • De quelles manières le programme de recherche du CCFB a-t-il fait des progrès dans la valorisation de la fibre de bois du Canada? Comment?

Résumé : Le temps écoulé est insuffisant pour faire des conclusions sur l’impact de la recherche du CCFB sur la valorisation de la fibre du bois du Canada.

Au CCFB, les efforts de planification des projets et d’établissement des priorités sont axés sur la valorisation de la chaîne de valeur de la fibre de bois. Les projets du CCFB semblent bien s’intégrer à ceux des autres divisions de FPInnovations, témoignant de l’apport de l’industrie, des provinces et d’autres instituts de recherche.

Il faut une intégration plus poussée avec le plan stratégique et l’approche axée sur l’optimisation de la chaîne de valeur de FPInnovations, et une meilleure communication des connaissances.

Analyse

La contribution, la structure et les activités du CCFB (y compris son intégration avec les autres divisions de FPInnovations) représentent un travail continu. 

Les projets soutenus par le CCFB montrent des liens solides avec d’autres divisions de FPInnovations. Tel qu’il a été mentionné ci-dessus, presque 90 % des projets du CCFB comptent la participation d’au moins une autre division de FPInnovations. Les gestionnaires et chercheurs du CCFB soulignent que le personnel du CCFB et d’autres chercheurs du SCF sont encouragés à se consulter dans le cadre de projets tant de FPInnovations que de RNCan.

D’après l’examen des documents ainsi que les entrevues, les priorités actuelles du CCFB ont évolué, orientées par des réunions de consultation régionale avec des intervenants de l’industrie, des provinces et d’autres instituts de recherche, et par la rétroaction du Comité directeur de division. La consultation a aidé à assurer que le programme des activités répond aux besoins du secteur et fait avancer la valorisation de la chaîne de valeur de la fibre de bois.

En 2007, une proposition d’un partenariat entre la division FERIC et le CCFB pour un réseau élargi (dix agents partout au pays) décrivait le besoin d’un réseau national d’agents de transfert de la technologie pour encourager la mise en œuvre des constatations issues de la R et D et des nouvelles technologies à l’échelle du secteur. Le réseau comprenait le CCFB et la division FERIC en raison de la nature synergétique de leurs clientèles et programmes de recherche respectifs. Selon la proposition, la diffusion de la technologie et le transfert des résultats de la recherche en temps opportun sont essentiels à la réussite de FPInnovations et de ses programmes de recherche. Parmi les principales mesures du rendement élaborées en vue de cette initiative, mentionnons les suivantes : l’envergure du réseau; le nombre de congrès, ateliers et autres moyens de transfert de la technologie et la réussite de ces derniers; le point auquel la technologie est adoptée/adaptée; et l’impact de la technologie.

Deux aspects de l’industrie que les entrevues menées dans le cadre de la présente évaluation ont permis de connaître sont préoccupants :

  • Les personnes interviewées de l’industrie ont souligné que la direction du CCFB était ouverte à leurs commentaires et a modifié son programme de recherche en fonction des priorités de l’industrie; cependant, ces priorités comprenaient un accent plus marqué sur l’inventaire forestier par rapport à l’accent initial sur les caractéristiques de la fibre de bois.
  • Les efforts pour créer des liens jusqu’ici sont encourageants, mais certains des cadres interviewés se sont dits préoccupés du fait qu’ils n’apercevaient pas encore le lien entre les activités du CCFB et les objectifs en matière de compétitivité du secteur forestier.
Conclusions – Les progrès du CCFB quant à la valorisation

Le CCFB est en activité depuis trois ans et réalise des progrès vers ses principaux objectifs. L’évaluation des progrès par rapport à la théorie du programme a permis de constater qu’environ 50 à 60 % des mesures/activités déterminées ont été réalisées, ce qui a été confirmé auprès des intervenants clés. Le CCFB a :

  • élaboré un système de gouvernance interne;
  • travaillé sur une structure de responsabilisation;
  • commencé à collaborer avec d’autres divisions de FPInnovations et à générer de nouvelles connaissances pertinentes aux besoins des clients.

Néanmoins, plus d’efforts sont nécessaires pour réaliser les progrès suivants :

  • la gouvernance conjointe du CCFB avec FPInnovations;
  • l’harmonisation des priorités et stratégies de recherche du CCFB avec celles d’autres divisions (ou avec les principaux thèmes de recherche une fois que les instituts seront dissous) afin de créer un programme national de R et D intégrée;
  • l’amélioration de la diffusion de l’information et le transfert de la technologie aux clients de l’industrie et du secteur public.

Les entrevues et l’examen des documents ont permis de constater que des efforts supplémentaires en vue d’une approche plus consolidée pour d’abord, faire correspondre les efforts avec le plan stratégique de FPInnovations et l’optimisation de la chaîne de valeur et aussi, mieux communiquer et échanger des connaissances au sein de FPInnovations et à l’externe sont nécessaires lorsqu’on examine la participation du CCFB à ce nouvel organisme.

L’échange d’information au sein de RNCan s’est amorcé, et des occasions existent pour optimiser l’expertise d’autres chercheurs du SCF et pour mieux communiquer les résultats des projets avec le CCFB. Tout comme d’autres éléments de l’innovation forestière, le transfert de la technologie/des connaissances constitue un défi et nécessite des approches et outils nouveaux pour répondre aux besoins de l’industrie et du milieu de la recherche.

  • De quelles manières la stratégie de FPInnovations a-t-elle permis d’optimiser la valeur des produits forestiers et de rendre le secteur plus concurrentiel?

Résumé : Un certain nombre de mesures importantes a été pris, dont le but est d’optimiser la valeur des produits forestiers et de rendre le secteur plus concurrentiel, notamment : l’intégration des trois instituts de recherche forestière sans but lucratif; la création d’un institut de recherche en amont; l’adoption de l’approche à la planification stratégique misant sur l’optimisation de la chaîne de valeur; la sélection et la prestation de projets; la réalisation de l’étudeBiopathways; la formation d’alliances et de partenariats nouveaux; les contributions du financement de base et des projets du PTT.

Analyse

Tout comme il a été mentionné ci-dessus, l’approche et la stratégie de FPInnovations ont permis de faire certains progrès quant à l’optimisation de la valeur des produits forestiers et à la compétitivité du secteur dont voici certains des plus importants :

  • L’intégration des trois instituts afin de décloisonner la recherche.
  • La création d’un institut de recherche en amont (le CCFB) pour combler le manque de recherche sur la caractérisation, la qualité et les stocks de fibre de bois.
  • Les démarches pour adopter une approche à la planification stratégique misant sur l’optimisation de la chaîne de valeur, la sélection et la prestation des projets (rendues possibles grâce aux deux progrès ci-dessus). Selon les gestionnaires de FPInnovations et les experts du secteur que l’on a interviewés, l’adoption des principes de l’optimisation de la chaîne de valeur par des fabricants de produits forestiers en Nouvelle-Zélande, en Amérique du Sud et en Europe a réussi. Il s’agit, dans un premier temps, de cibler les marchés à valeur ajoutée (plutôt que les marchés de produits de base) et de remonter la chaîne de valeur pour avoir une influence sur la fabrication et sur la gestion et exploitation forestières. Certains des projets du PTT appuient l’optimisation de la chaîne de valeur (p.ex., l’Initiative côtière de la Colombie-Britannique), tout comme les essais d’éclaircie à Rivière-Verte et les travaux de la division FERIC dans une perspective de foresterie de précision. Au moment de la présente étude, une feuille de route pour la R et D dans l’optique de la valorisation de la chaîne de valeur était en cours de préparation.
  • La participation à l’étude Biopathways (dirigée par l’APFC et RNCan), dans le cadre duquel on examine les bioproduits et technologies en émergence, quantifie les principaux paramètres économiques, sociaux et environnementaux, évalue le potentiel de marché de nouveaux bioproduits et découvre de nouvelles approches à la gestion de la chaîne de valeur (la gestion de la chaîne d’approvisionnement, les alliances/partenariats). Avant la création de FPInnovations, la responsabilité de la recherche sur les bioproduits n’aurait pas été confiée à un seul institut de recherche forestière; depuis le regroupement, il y a eu amélioration sur le plan de la coordination et sur celui de la capacité de répondre aux exigences des marchés et technologies en émergence.
  • La formation de nouveaux partenariats et la participation à de nouvelles alliances (p. ex., l’Initiative du CRSNG en R et D dans le secteur forestier, conçue pour être réalisée en collaboration avec FPInnovations, ayant pour cible les biomatériaux et produits chimiques, des produits du bois et systèmes de construction novateurs, des papiers verts novateurs et la modélisation de la chaîne de valeur.
  • Les projets du PTT, dont la plupart développent les constatations et la capacité des programmes de recherche nationale/de l’Initiative des instituts de recherche forestière, ont le potentiel de diversifier l’offre de produits de bois, d’élargir l’application du bois de charpente (p. ex., des bâtiments plus hauts, par exemple), d’assurer l’optimisation de la valeur de la fibre par l’affinement des techniques de coupe et de sylviculture et de rehausser le rendement économique et la performance environnementale de l’exploitation forestière grâce à de meilleures stratégies sur le transport et l’usinage.

FPInnovations est établi depuis seulement deux ans et le secteur fait face à des défis économiques sans précédent; la mesure dans laquelle les projets décrits ci-dessus ont créé des impacts, ou pourraient créer des impacts, sur le secteur est donc restreinte.

Plusieurs personnes interviewées ont signalé la proposition de s’éloigner de la structure actuelle de FPInnovations (c.-à-d. celle fondée sur quatre divisions) et de s’organiser en fonction de thèmes de recherche, et ce, afin de faciliter la nouvelle approche intégrée à la planification stratégique et à l’optimisation de la chaîne de valeur (tel qu’il est décrit dans le Plan stratégique 2008-2010 pour FPInnovations). Cette proposition, qui a eu l’appui du Conseil et de divers Comités, est perçue comme une démarche critique en vue de l’intégration complète des organismes et d’une planification efficace de la recherche.

Malgré des efforts récents et continus pour innover sur l’ensemble de la chaîne de valeur des produits forestiers, un examen des exportations du secteur forestier du Canada montre que l’élément du continuum de la chaîne de valeur que représente le développement du marché – surtout en ce qui concerne les produits secondaires à valeur ajoutée – devra peut-être faire l’objet d’une plus grande attention et d’une nouvelle approche. Il est évident qu’un certain nombre d’acteurs du secteur opte pour une alternative à une chaîne de valeur de produits forestiers nationaux. Une quantité importante de bois brut ou semi-traité canadien est exportée (surtout vers l’Asie) où le bois est transformé. Finalement, le bois revient sous forme de produits à valeur ajoutée plus élevée offerts aux consommateurs nord-américains (incluant le Canada).

FPInnovations a pris certaines mesures pour rehausser la valeur des produits forestiers canadiens et rendre le secteur plus concurrentiel. Malheureusement, les conditions actuelles du marché international semblent constituer une puissante mesure d’incitation pour les fabricants de produits forestiers ayant des activités au Canada d’exporter des billes ou du bois semi-traité vers l’étranger pour y être transformés. En raison de ceci, et de la baisse de la demande de fibre de bois canadienne dans les marchés internationaux, il y a eu des fermetures d’usines au Canada.  

Ainsi, on ne s’étonnera pas de la forte baisse dans les adhésions à FPInnovations au cours des dernières années, et dans les frais connexes (en dessous de 10 millions de $ annuellement par rapport à plus de 40 millions de $ en 2004-2005). En outre, un certain nombre des grands projets récents de FPInnovations a été réalisé avec des entreprises privées de taille moyenne ayant peut-être plus de « capitaux patients » que des organismes publics de plus grande taille. Compte tenu de ceci et des tendances du marché, il semble que le secteur n’est peut-être pas prêt à prendre le chemin de la compétitivité figurant dans les plans de FPInnovations.

En conclusion, FPInnovations a fait des progrès en ce qui concerne l’intégration d’activités innovatrices relativement à l’offre (p. ex., l’introduction de l’approche consistant à optimiser la chaîne de valeur). Il reste tout de même des obstacles quant à la façon d’aborder certains éléments du développement du marché international (p. ex., la gamme de produits offerts, les prix et la logistique de la livraison) et les conditions, dont certaines sont stratégiques56 et d’autres sont de compétence provinciale, ce qui donc les rend au-delà de la portée directe ou de l’influence de l’Initiative d’innovation forestière. 

Toutefois, encourager ses intervenants à « s’exprimer d’une seule voix » en matière de foresterie est l’un des objectifs de FPInnovations : ainsi, le Conseil, le SCF, les gestionnaires de FPInnovations et les Comités doivent soutenir l’organisme en vue d’aborder ces obstacles considérables à la réussite de FPInnovations, aux initiatives du PTT et à l’apport à la compétitivité du secteur.

  • À quel point la collaboration est-elle efficace entre les organismes participants, visant l’objectif commun qui consiste à appuyer la compétitivité de l’industrie forestière à long terme (notamment en ce qui concerne la politique, la communication, la coordination et la prise de décisions)?
  • Dans quelle mesure les activités des quatre divisions de FPInnovations se sont-elles intégrées les unes aux autres (notamment en ce qui concerne la politique, la communication, la coordination et la prise de décisions, ainsi que les systèmes financiers, administratifs et de gestion des ressources humaines)?

Résumé : Les processus sont continus, mais certaines étapes clés ont été réalisées, dont l’intégration des trois instituts de recherche forestière en ce qui concerne les finances, l’administration et les ressources humaines. 

Des projets intégrés sont en cours : environ 30 % des projets du PTT comprennent la participation de deux divisions de FPInnovations ou plus, et plus de 85 % des projets du CCFB comprennent la participation d’au moins une autre division. On remarque que l’intégration commence à combler les « écarts » ou besoins en matière d’innovation forestière, permettant aussi une plus grande concentration sur les besoins des secteurs ainsi que des approches intégrées à ces égards.

Il y a toujours des efforts à faire pour créer une seule culture organisationnelle.

Analyse

Les activités des trois instituts de recherche ont été intégrées sur une période de deux ans. Le 1er avril 2009 a marqué le lancement d’un seul système de rapports financiers (FUSION), représentant un jalon dans le processus de regroupement en général. D’autres politiques et systèmes administratifs et de ressources humaines ont été mis en œuvre afin de faciliter la coopération entre les divisions. Les gestionnaires de recherche sont de l’avis qu’il est dorénavant plus facile de travailler sur des projets avec les membres des équipes de recherche d’autres divisions.

Chaque division compte son propre comité directeur. En ce qui concerne le Comité directeur de division de FERIC et celui du CCFB, certains membres de l’un en sont membres de l’autre, ce qui a aidé à déterminer des priorités de projet conjointes et à les mettre en œuvre. D’un côté, ces Comités renferment certains avantages pour les intervenants de l’industrie, notamment l’importance accordée aux sous-secteurs pertinents de l’industrie. De l’autre côté, la structure des Comités n’accommode pas le virage vers la planification dans l’optique de la valorisation de la chaîne de valeur, ni la possibilité de « s’exprimer d’une seule voix ».

À l’origine, les gestionnaires de RNCan croyaient que le regroupement des trois instituts de recherche sans but lucratif ferait en sorte qu’on se servirait moins (ou pas du tout) des noms individuels des trois groupes de recherche (autrement dit, que les activités de l’ensemble de l’organisme se dérouleraient sous la bannière de FPInnovations), ce qui n’a pas été le cas : les trois groupes mènent leurs activités en tant que divisions de FPI, sans que l’usage de leurs noms individuels tombe en désuétude – il est à noter que le Plan stratégique 2008-2010 pour FPInnovations décrivait une stratégie pour le changement, qui comprenait notamment la suppression des références aux quatre divisions et proposait plutôt que l’organisme s’organisait autour de quatre programmes novateurs vedettes (l’optimisation de la chaîne de valeur; la construction et la vie avec le bois; les pâtes et papiers de nouvelle génération; la bioénergie et les bioproduits chimiques existants ou nouveaux).

L’examen des dossiers et les entrevues ont permis de confirmer que malgré les retards à certains égards et certains obstacles de taille, le nouveau regroupement que constitue FPInnovations a fait des progrès.

Un certain nombre de nouveaux projets faisant davantage appel à la collaboration et à des ressources interdivisionnaires ont été lancés, surtout dans le domaine de l’optimisation de la chaîne de valeur : presque 30 % des projets du PTT comprennent la participation de deux divisions de FPInnovations ou plus, et plus de 85 % des projets du CCFB comprennent la participation d’au moins une autre division. On remarque que l’intégration commence à combler les « écarts » ou besoins en matière d’innovation forestière, permettant aussi une plus grande concentration sur les besoins des secteurs ainsi que des approches intégrées à ces égards.

  • Dans quelle mesure y a-t-il des mécanismes et processus en place pour appuyer l’intégration continue?

Résumé: Dans une grande mesure, des mécanismes et processus sont maintenant en place pour appuyer l’intégration continue, notamment des systèmes financiers, des plans et systèmes en matière de ressources humaines et du financement, permettant aux chercheurs du SCF de participer aux projets de FPInnovations. 

L’intégration n’est pas encore complète, mais tout de même ponctuée de réalisations importantes.

Analyse

L’intégration se poursuit à l’appui d’un certain nombre de mécanismes et processus dont :

  • un système financier intégré (FUSION);
  • un système et un plan intégrés de ressources humaines;
  • un financement ciblé au CCFB permettant aux chercheurs du SCF de participer aux projets de FPInnovations;
  • un Conseil et des Comités directeurs de division efficaces.

En résumé, les intervenants interviewés conviennent du fait que l’intégration a eu pour résultat un organisme plus important et plus efficace, capable d’aborder les enjeux divers dans le secteur, et ce, même si des améliorations continues sont nécessaires.

  • Y a-t-il des preuves d’économies de coûts ou d’une plus grande efficacité par rapport à l’intégration des instituts de recherche?

Résumé : L’évaluation n’a pas permis de déterminer des économies de coûts liées à l’intégration, et aucune cible à cet égard n’a été fixée (il s’agissait plus d’une attente de la part de l’industrie en général). Par contre, la plupart des personnes interviewées qui abordaient le sujet ont signalé plus d’efficacité quant à la recherche (une meilleure planification et définition des projets et une prestation plus efficace) et elles s’attendent à ce que cela se poursuive à l’avenir.

Analyse

L’évaluation n’a pas permis de déterminer des économies de coûts liées à l’intégration, et aucune cible à cet égard n’a été fixée (il s’agissait plus d’une attente de la part de l’industrie en général). Cependant, les entrevues ont permis de constater la conception et la prestation meilleures des projets, ce qui laisse entendre qu’il y aura plus d’efficacité et d’économies à l’avenir (notamment l’échange de résultats de recherche, un engagement accru de la part du personnel de recherche du SCF, la diffusion des résultats de recherche par le biais de bulletins et de feuillets d’information sur la R et D, de nouveaux partenariats de R et D).

Un certain nombre de gestionnaires interviewées de FPInnovations ne s’attendent pas à des économies importantes en ce qui concerne les activités (c.-à-d. des coûts indirects et administratifs moins élevés). Par contre, la plupart des personnes interviewées qui abordaient le sujet ont signalé plus d’efficacité quant à la recherche (la planification et la définition meilleures des projets et une prestation plus efficace)57 et elles s’attendent à ce que cela se poursuive à l’avenir.

Conclusions – Efficience et efficacité des opérations

En conclusion, les organismes participants travaillent en collaboration pour atteindre l’objectif commun qui consiste à appuyer la compétitivité à long terme de l’industrie forestière.

L’évaluation des progrès par rapport à la théorie du programme a permis de constater qu’environ 50 % des mesures/activités déterminées ont été réalisées compte tenu du PTT et de la formation de FPInnovations, ce qui a été confirmé auprès des intervenants clés. Il y a des systèmes financiers et administratifs en place pour appuyer l’intégration continue des politiques, des communications, de la coordination et de la prise de décisions dans l’ensemble de l’organisme. FPInnovations a élaboré une nouvelle structure de responsabilisation et un nouveau système de gouvernance par intérim, ainsi qu’un nouveau plan d’activités intégré, dans lequel on détermine des stratégies clés et de nouveaux objectifs, et a fait la promotion de réseaux de recherche entre les quatre divisions.

Il y a cependant des éléments clés, essentiels à la réussite du nouvel organisme, dont le progrès est lent jusqu’ici (en partie à cause de la situation financière du secteur et donc, de l’organisme), notamment les suivants :

  • la correspondance des stratégies et programmes aux besoins du secteur forestier et aux priorités du gouvernement;
  • le remplacement de la structure par divisions et l’organisation des priorités de recherche par thèmes sur l’ensemble de la chaîne de valeur afin de décloisonner la recherche;
  • une promotion poussée des collaborations de recherche avec les entreprises traditionnelles du secteur forestier, le milieu universitaire et de nouveaux partenaires, dont la participation (en matière de technologie, de finances ou du marché) est nécessaire pour soutenir le développement de technologies nouvelles et « transformatrices ».
  • Dans quelle mesure des relations se sont-elles établies entre l’ensemble des fournisseurs de services de recherche au Canada – y compris les provinces, le milieu universitaire et l’industrie – pour soutenir l’innovation dans le secteur forestier? De quelles autres façons y a-t-il eu des progrès à cette fin parmi les intervenants?    

Résumé : Le regroupement des trois instituts de recherche forestière et la création du CCFB ont encouragé l’interaction entre les chercheurs de FERIC, de Forintek, de Paprican et du SCF (tel qu’en témoigne le nombre de projets conjoints).

Un certain nombre de nouveaux programmes, dont l’Initiative du CRSNG en R et D dans le secteur forestier, le réseau ArboraNano et le nouveau financement pour le PTT, soutiennent des liens vers les chercheurs forestiers de l’externe.

Des liens ont été établis avec des organismes d’industries autres du secteur privé. Certaines des personnes interviewées se sont dites préoccupées par le fait que FPInnovations devra poursuivre l’établissement de liens avec d’autres industries, notamment dans le secteur des produits chimiques et biochimiques, et dans le secteur automobile ou manufacturier plus vigoureusement.

Analyse

FPInnovations continue à profiter des liens entre les instituts individuels et d’autres organismes de recherche en place avant le regroupement. En général, les liens avec l’industrie (surtout les plus grandes entreprises, mais aussi des PME) sont solides. Le taux d’affiliation (quoiqu’en déclin, vu la difficulté de certains anciens membres à payer les frais annuels) demeure raisonnable et la participation régulière des membres industriels au Conseil d’administration et aux quatre Comités directeurs de division témoigne du degré d’engagement des membres et de la consultation qui a lieu. 

Plus récemment, un nouveau mécanisme visant à faciliter l’établissement de réseaux de recherche avec les universités a été élaboré. L’Initiative du CRSNG en R et D dans le secteur forestier est conçue pour rehausser les liens entre FPInnovations et le milieu de recherche universitaire au Canada. L’Initiative permettra aux universités de participer plus facilement aux projets de recherche de FPInnovations (avant cette initiative, le financement aux universités était restreint).

En février 2009, ArboraNano – le Réseau des nanoproduits de la forêt canadienne – a été l’un des quatre nouveaux réseaux dirigés par les entreprises sélectionnés pour financement par le gouvernement du Canada.58 ArboraNano recevra 8,9 millions de $ au cours des quatre prochaines années. Le réseau de R et D ‘ArboraNano’ réunira l’expertise du secteur forestier et celle de la nanotechnologie, visant à créer une nouvelle bioéconomie canadienne qui mise sur des produits novateurs très complexes et neutres en carbone contenant des nanomatériaux. Ses recherches porteront sur la transformation du bois et de la fibre de bois des forêts canadiennes en nanomatériaux et en produits intermédiaires de haute valeur, à servir à la fabrication d’une variété de produits perfectionnés tout à fait uniques. Ces nanomatériaux et leurs produits dérivés dans de nombreux secteurs industriels, notamment l’aérospatiale, l’automobile, les appareils médicaux, les produits chimiques, les composites, l’industrie cosmétique, l’industrie pharmaceutique, les revêtements et les produits forestiers.

Quelques liens ont été établis avec des organismes du secteur privé de l’extérieur du secteur forestier classique, mais selon certaines des personnes interviewées, FPInnovations devra faire preuve de plus de vigueur quant à l’établissement de liens avec les industries utilisatrices, notamment dans les secteurs automobile et manufacturier, de l’énergie et des produits chimiques et biochimiques ou de l’énergie. 

Conclusions – Relations entre les instituts de recherche forestière

Le regroupement des trois instituts de recherche et la création du CCFB ont eu pour résultat d’encourager l’interaction entre les chercheurs de FERIC, de Forintek, de Paprican et du SCF (d’après le nombre de projets conjoints). 

En ce qui concerne les liens externes, certains nouveaux programmes ont contribué à l’établissement de liens entre les fournisseurs de services de recherche dont l’Initiative du CRSNG en R et D dans le secteur forestier, le Réseau ArboraNano et le nouveau financement au PTT.

Les relations entre FPInnovations et le secteur forestier en matière de recherche sont bien établies. Les conditions économiques et industrielles actuelles mettent la capacité du secteur forestier à maintenir ces relations et à participer à la R et D forestière à l’épreuve.

Réussites/résultats particuliers de l'Initiative des instituts de recherche forestière

  • À quel point les exigences des accords de contribution pour l’Initiative des instituts de recherche forestière ont-elles été atteintes (p. ex., la production de plans de travail annuel et stratégique; la mesure du rendement)?

Résumé : Les exigences des accords de contribution pour l’Initiative des instituts de recherche forestière de FERIC et Forintek concernant la production de plans stratégiques, plans de travail et rapports annuels ont été entièrement satisfaites.

Analyse

Conformément aux exigences des accords de contribution pour L’Initiative des instituts de recherche forestière, FERIC et Forintek avaient à préparer un plan stratégique, un plan de travail annuel et un rapport annuel :

  • Un plan stratégique sommaire, donnant un aperçu de l’orientation générale des travaux de recherche à effectuer, décrivant l’impact économique escompté pour l’industrie, établissant des cibles de rendement, déterminant des liens aux priorités du fédéral et offrant de l’orientation quant aux processus de planification du travail annuel.
  • Un plan de travail annuel, fournissant des détails sur les projets de recherche à mener au cours de l’année prochaine, précisant le rapport avec les objectifs/stratégies à long terme, les principaux objectifs, les résultats attendus, les jalons, les résultats concrets et l’impact escompté.
  • Un rapport annuel, résumant les progrès et les résultats de la recherche menée, établissant les liens des intrants et activités avec le plan stratégique.

L’Annexe C des accords de contribution présentait une stratégie pour mesurer le rendement des accords, nécessitant l’établissement de cibles de la part des bénéficiaires dans le plan stratégique, ainsi que la collecte et l’analyse annuelles d’information sur le rendement en fonction de domaines de recherche stratégique particulière. Le système de contrôle de projet du bénéficiaire devait servir à cette fin.

  • Dans quelle mesure les données sur le rendement ont-elles été recueillies et ont-elles servi à la prise de décisions?
  • Les plans stratégiques et les plans de travail annuels ont-ils été élaborés conformément à l’accord de contribution, et si oui, quels en étaient les résultats?

Résumé : Conformément aux accords de contribution, des plans stratégiques, plans de travail et rapports d’étape techniques ont été préparés. Le contrôle et le compte rendu du rendement en fonction des résultats escomptés, établis dans le plan stratégique, ont été effectués.

Les rapports sommaires quinquennaux présentés par Forintek et FERIC ont fait état (sans analyse/preuve du bien-fondé) de données de plus haut niveau sur le rendement, notamment les taux de satisfaction, les économies de coûts et les réductions dans la consommation de carburant et les émissions de gaz à effet de serre.

Les données recueillies et présentées sur le rendement semblent utiles surtout en ce qui concerne : les activités et la gestion quotidienne des projets individuels; la conformité aux exigences des accords de contribution relativement aux rapports d’étape technique; l’orientation de l’examen technique continu des projets.

Les résultats/impacts des projets sont rarement présentés dans les propositions de projets et de plus, ne semblent pas être déterminés ou déclarés de façon uniforme à mesure que les projets se réalisent. Sans données sur les résultats/impacts, il est impossible d’évaluer le succès relatif de l’Initiative des instituts de recherche forestière en ce qui concerne les impacts, et d’appuyer les décisions sur la pertinence ou la priorité continue d’un projet de manière objective. 

Analyse

FERIC et Forintek ont tous les deux préparé un plan stratégique sommaire pour la période allant de 2005 à 2010, conformément aux exigences des accords de contribution respectifs.

FERIC a déterminé plusieurs indicateurs de rendement relatifs aux résultats dans son plan stratégique et à établi des cibles de rendement pour chacun. Les indicateurs tiennent compte d’éléments tels que la mise en application des résultats de la recherche (50 % des membres de FERIC), le taux de satisfaction chez les membres (80 %), les économies de coûts pour l’industrie (50 millions de $), la réduction de la consommation de carburant (200 millions de litres par an) et des émissions de GES (500 000 tonnes par an) ainsi que les accidents et blessures sur le lieu de travail (trois pratiques ont été mises en œuvre pour réduire l’incidence de blessures). Les cibles pour ces indicateurs s’appliquent à l’ensemble des activités de FERIC, sans répartition selon des domaines de recherche stratégique.  

Dans son plan stratégique, Forintek a également déterminé des indicateurs et cibles de rendement portant sur les résultats, notamment : la réduction des coûts de fabrication (cinq technologies ayant pour résultat une réduction de 5 % dans les coûts de production et de 10 % dans la consommation d’énergie); le maintien ou l’expansion des marchés des produits de bois (deux cas d’intervention de la part de Forintek, menant à une révision de règlements, dont le résultat a été la protection ou l’expansion des marchés); la mise en application des résultats de la recherche (50 % des membres de Forintek); et le taux de satisfaction chez les membres (80 %).

Les plans de travail annuels de FERIC fournissent un cadre de rendement pour chacun des programmes de recherche stratégique – « Opérations forestières », « Transports et routes » et « Gestion et contrôle des opérations » – assorti de résultats liés aux priorités du fédéral pour le secteur forestier. Chacun de ces trois programmes comprend la description d’un certain nombre de projets de recherche individuels traitant des principaux objectifs, des activités, des résultats attendus, des jalons, des résultats et des impacts escomptés. Les clients et partenaires des projets y sont également identifiés. On y présente certaines cibles précises, quant aux économies de coûts, à l’efficacité des opérations et à la valeur ajoutée, pour les résultats et impacts escomptés des projets individuels, en pourcentage pour la plupart. Les budgets pour chacun des projets sont également présentés.

De manière semblable, les plans de travail annuels de Forintek s’organisent autour de trois programmes de recherche stratégique : « Systèmes de construction/marchés et économie », « Fabrication » et « Ressources ». Un recueil des énoncés de projets est fourni pour chacun de ces programmes de recherche stratégique, et chaque énoncé de projet comprend la description des objectifs/stratégies à long terme, des objectifs et mesures clés, des résultats attendus et des jalons. De plus, il y a de l’information sur les résultats attendus du projet par rapport à l’an dernier, sur les partenaires et collaborateurs, sur la justification du projet et sur son impact potentiel. Dans les plans, on se concentre sur l’objet technique de la recherche. Les impacts potentiels sont présentés généralement, par exemple, l’occasion d’élargir le marché du bois, mais peu de cibles ou d’estimations, sinon aucune ne sont établies par rapport à ces impacts. Les coûts de main-d’œuvre et les dépenses non salariaux sont présentés en fonction du programme de recherche pertinent.  

Dans les rapports annuels de FERIC, on continue de regrouper les projets selon les programmes de recherche stratégique autour desquels son plan de travail annuel s’organise. Pour chacun des projets entrepris, on présente des détails notamment sur les ressources exploitées (les dépenses facturables, les revenus supplémentaires, l’utilisation des employés à temps plein et les dépenses en capital), le soutien intermédiaire/des partenaires, les résultats attendus et les jalons atteints. On présente un résumé du rendement de certains extrants et activités, ainsi que des résultats immédiats pour l’ensemble de la division, notamment sur le nombre de contacts personnels, les activités organisées et les taux de participation, le nombre de rapports présentés et la distribution de ces rapports, les téléchargements des présentations, ainsi que le nombre d’inscriptions et d’appels de fichier relevés en ce qui concerne les logiciels et le site Web.
 
Les rapports annuels de Forintek se fondent également sur ses plans annuels, adoptant la même structure en fonction des programmes de recherche stratégique et du recueil des énoncés de projet. Les énoncés de projet figurant dans le plan annuel servent de fond pour les rapports d’étape simples dans les rapports annuels. La description des objectifs/stratégies à long terme, les objectifs clés, les mesures et les résultats attendus clés, la situation, les partenaires et collaborateurs, la justification du projet et son impact potentiel est la même. Une description du travail réalisé au cours de l’exercice financier ainsi que les publications produites ou les brevets obtenus font l’objet du rapport annuel. Tout comme le plan de travail, le rapport annuel se concentre sur l’objet technique de la recherche. Mis à part les descriptions d’activités et d’extrants dans les rapports de projet individuels, aucune autre donnée n’est fournie sur le rendement dans les rapports annuels de Forintek. 

Forintek et FERIC ont tous les deux préparé un rapport quinquennal sur le rendement, conformément aux accords de contribution. Dans ces rapports, on présente des données de synthèse sur les réalisations, sans preuve du bien-fondé des résultats présentés; toutefois, les projets faisant l’objet des deux rapports sommaires portant sur les études de cas effectuées aux fins de la présente évaluation correspondaient grosso modo aux données des études de cas. Étant donné que les rapports ont été présentés à l’équipe d’évaluation (en février 2010), un suivi convenable lors des entrevues d’évaluation avec les représentants de Forintek et de FERIC n’était pas possible — ainsi, l’évaluation porte uniquement sur les données liées aux études de cas.

Conclusions – Conformité aux exigences des accords de contribution : Initiative des instituts de recherche forestière

Les exigences des accords de contribution concernant la production de plans stratégiques, plans de travail et rapports d’étape techniques pour les projets ont été satisfaites.

Les exigences concernant le contrôle et le compte rendu du rendement par rapport aux résultats ciblés et établis dans le plan stratégique ont été satisfaites. Il y a certaines preuves de contrôle et d’établissement de rapports systématiques sur les extrants et les résultats immédiats de la part de FERIC, notamment le nombre de rapports distribués, les clients rejoints et la prise en charge des produits. Forintek n’a fourni aucune preuve à cet effet.

Pour ce qui est des données sur le rendement de plus haut niveau, notamment les taux de satisfaction, les économies de coûts, les réductions dans la consommation de carburant et dans les émissions de GES, elles ont fait l’objet des rapports sommaires quinquennaux de Forintek et de FERIC (sans analyse/preuve du bien-fondé).

Les données recueillies et présentées sur le rendement semblent utiles surtout en ce qui concerne les activités et la gestion quotidienne des projets individuels, ainsi que la conformité aux exigences des accords de contribution relativement aux rapports d’étape technique et possiblement, l’orientation de l’examen technique continu des projets. Souvent, les résultats et impacts possibles des projets ne sont pas présentés dans les propositions de projet, et la manière dont ils sont déterminés et présentés ne semble pas être uniforme à mesure que les projets se réalisent. Sans de telles données, il est impossible d’évaluer le succès relatif de l’Initiative des instituts de recherche forestière en ce qui concerne les impacts, et d’appuyer les décisions sur la pertinence ou la priorité continue d’un projet de manière objective.

Les dossiers des programmes examinés dans le cadre de la présente évaluation comprenaient des évaluations et bulletins de rendement que FERIC a produit pour des partenaires industriels individuels, faisant état des avantages résultant du travail de FERIC. Il semble que Forintek n’a pas adopté la même pratique de compte-rendu. Les avantages dans ces bulletins de rendement sont présentés surtout par rapport aux économies de coûts et ensuite, comparés aux coûts des services financés par des partenaires industriels individuels afin de calculer des ratios avantages-coûts. De plus, les études de cas relative à l’Initiative des instituts de recherche forestière montrent qu’il est possible de produire de l’information sur les résultats et impacts de certains projets sans trop d’efforts de collecte et d’analyse supplémentaires de la part du personnel de FERIC et de Forintek. 

Les études de cas effectuées dans le cadre de la présente évaluation ont montré qu’il est possible de produire des rapports sur les résultats et impacts économiques et environnementaux ainsi que sur d’autres résultats et impacts non techniques.

  • Dans quelle mesure les objectifs de l’Initiative des instituts de recherche forestière ont-ils étaient atteints?

Résumé : Les objectifs des accords de contribution pour L’Initiative des instituts de recherche forestière, dont FERIC et Forintek en ont quatre chacun, ont été réalisés et sont toujours importants en tant qu’objectifs continus pour le secteur forestier au Canada.

Prises ensemble, les incidences chiffrées que les études de cas dans le cadre de la présente évaluation sur quatre projets financés ont permis de connaître, ainsi que la valeur estimative de la participation de Forintek à six comités nationaux et à douze comités internationaux comme représentant du Canada, montent à une valeur qui dépasse celle de l’investissement du gouvernement du Canada (par le biais de l’Initiative des instituts de recherche forestière) au cours des cinq dernières années. Selon des estimations raisonnables de l’attribution, l’Initiative des instituts de recherche forestière engendre un rendement positif important (3:1) sur l’investissement du gouvernement du Canada. 

Analyse

Selon les rapports annuels fournis par FERIC et Forintek, conformément aux accords de contribution, il semble que pour la plupart des projets stratégiques, les calendriers et les budgets sont respectés. Les rapports annuels ne présentent pas l’écart et ne souligne pas de manière explicite les problèmes avec la prestation des projets. De telles informations seraient utiles lors des examens ponctuels et les études d’évaluation.

  • Les quatre objectifs de Forintek :
    • * réduire les coûts de fabrication des produits de bois;
    • * maintenir et élargir les marchés des produits de bois et des systèmes;
    • * améliorer ou diversifier les produits;
    • * rehausser la valeur des ressources forestières.

Selon une analyse préliminaire59 effectuée récemment (2009) par le groupe Marchés et économie de Forintek, sans des recherches sur le bois et des activités pour surveiller l’accès aux marchés nationaux et internationaux, ainsi que des comités sur les codes et normes du bâtiment pour assurer l’accès équitable aux produits de bois, des technologies et matériaux concurrents pourraient réduire considérablement la place du bois sur le marché des matériaux de construction.

Selon la même analyse, des pertes annuelles sur le marché des produits de bois pourraient atteindre de 5 millions de $ à 8,3 millions de $ US sur le marché américain, d’après les estimations, en raison de la substitution d’autres matériaux. L’écart ci-dessus reflète un taux de substitution plus ou moins élevé, et une perte potentielle de 30 à 50 % de la valeur totale (17,1 millions de $ US) du marché du bois au profit d’autres matériaux et systèmes. La valeur des exportations annuelles de bois d’œuvre et de panneaux de bois canadiens au marché américain est estimée à 11,1 millions de $ (US) en moyenne, et une perte de 30 à 50 % de ce marché aurait un effet dévastateur sur l’industrie.

D’après l’examen des documents et les entrevues, le personnel de Forintek fournit des services de consultation et d’assistance technique au SCF au besoin. Lorsque l’expertise n’y est pas, l’Initiative des instituts de recherche forestière – ou le Programme national de recherche (PNR) – appuie les nouveaux projets de recherche qui permettront d’obtenir les résultats de recherche nécessaires. Les projets financés par le PNR sont entrepris en fonction de l’orientation et des priorités des comités techniques pertinents de Forintek et de FPInnovations. Certaines mesures ont été prises pour répondre aux préoccupations du grand public dont la qualité de l’air et la salubrité des maisons construites de bois, les émissions de composés organiques volatils provenant de produits de bois composites et la moisissure des produits de bois.

Le personnel de Forintek participe à 18 comités nationaux et internationaux et à plus de 70 sous-comités techniques. Ces comités se penchent sur la recherche, les codes et normes en matière de structure/durabilité et de résistance à l’incendie, ainsi que sur le rendement des produits de bois composites (données fondées sur les listes des membres actuels, fournies par les gestionnaires de la recherche de Forintek). L’Initiative des instituts de recherche forestière, fourni par RNCan, soutient en partie la participation du personnel à ces comités dont : l’Association canadienne de normalisation, le Conseil canadien du bois, le Code national du bâtiment du Canada, l’Organisation internationale de normalisation (ISO), l’American Lumber Standards Committee, l’American Society for Testing and Materials et la Commission nationale de classification des sciages. La participation du personnel à ces comités a permis d’aborder la question des barrières non tarifaires actuelles et à venir qui menacent la capacité du secteur forestier au Canada à vendre ses produits au pays et à l’étranger.60

Le sommaire de l’étude de cas portant sur la recherche parasismique et en incendie comprenant les avantages pour les secteurs privé et public ci-dessous met en évidence la mesure dans laquelle les objectifs de l’Initiative des instituts de recherche forestière ont été atteints.

La recherche parasismique

Les chercheurs de Forintek participent activement à plus de 70 comités et sous-comités nationaux et internationaux se penchant sur des codes et normes du bâtiment. La recherche menée par le personnel de Forintek lui permet de fournir des informations techniques aux comités nationaux et internationaux sur les codes et normes de manière impartiale : information ayant trait aux propriétés et au rendement du bois, des composants en bois et des systèmes de construction du Canada relativement aux séismes et à l’incendie et permettant d’exercer une influence sur l’élaboration de codes et de normes, ceci afin d’assurer un accès équitable aux marchés nationaux et internationaux pour les systèmes et produits du bois canadiens.

Selon l’étude de cas portant sur la recherche parasismique, grâce à l’intervention de Forintek pour abroger un projet de règlement des États-Unis visant à doubler les charges sismiques de calcul pour les structures à ossature de bois aux États-Unis, le marché canadien a été protégé d’une perte de marché potentiel de 164 à 294 millions de $ (US), ou d’une réduction au résultat net du secteur du bois au Canada, estimée à de 4,6 à 7,6 millions de $ US.  

L’étude de cas portant sur la recherche parasismique a mis en évidence d’autres impacts aussi, résultant des interventions de Forintek auprès des autorités chargées de la réglementation, notamment sa collaboration avec le Conseil canadien du bois afin d’ouvrir la voie à la construction de bâtiments résidentiels de cinq et six étages à ossature de bois au Canada, dont on prévoit la création de nouveaux marchés pour le bois au Canada et aux États-Unis. 

Forintek a également travaillé en collaboration avec des autorités au Japon sur des essais de matériaux de construction et de résistance sismique sur des bâtiments d’essai résidentiels de six étages. Cette collaboration pourrait entraîner l’ouverture de nouveaux marchés au Japon. Enfin, la participation du personnel de Forintek à divers comités des codes et des normes en vue de mettre à jour le Code national du bâtiment du Canada (CNBC) a pour objectif la rationalisation des dispositions prises lors de la conception de petits bâtiments solides à ossature en bois dans des régions à vents forts ou à risque sismique.

Pour les Canadiens, la mise à jour du CNBC assurera que l’offre de maisons solides et sécuritaires se poursuivra, et ce, à des prix qui ne reflètent ni une trop haute technicité ni des gaspillages dans la construction. Pour l’industrie, elle assurera des prix concurrentiels là où d’autres matériaux de construction représenteraient peut-être des solutions approuvées par le CNBC moins dispendieuses . Malgré que l’impact économique possible à l’égard de ce qui précède semble important, les données disponibles pour en évaluer les avantages avec exactitude étaient insuffisantes. 

La recherche en incendie

L’adoption de codes de sécurité-incendie fondés sur des objectifs au Canada et de codes fondés sur le rendement dans d’autres pays a créé de nouvelles possibilités pour des bâtiments en bois au pays et à l’étranger, pour autant qu’on puisse démontrer que ces bâtiments en bois offrent un niveau acceptable de protection contre l’incendie. Forintek travaille avec le président du comité de la recherche industrielle en génie de la sécurité incendie à l’Université Carlton et d’autres intervenants en vue d’élaborer des modèles informatiques capables de prévoir la résistance des ensembles à ossature de bois exposés au feu, ainsi que celle des bâtiments commerciaux à ossature en bois de quatre étages. 

Forte des résultats du modelage effectué par Forintek, l’industrie des produits de bois peut démontrer que la résistance au feu des ensembles et des bâtiments non résidentiels à ossature de bois est semblable à ceux faits d’autres matériaux. Ainsi, l’industrie sera mieux placée pour faire concurrence dans un domaine axé sur le rendement et pour obtenir une part du marché non résidentiel, tout en assurant que la sécurité et le bien-être des Canadiens se poursuivent.

Actuellement, seulement 10 % de la superficie des bâtiments non résidentiels d’un à quatre étages en Amérique du Nord est faite en bois. La valeur annuelle estimative au marché du 90 % restant serait de 1,6 milliards de $ US. Un calcul prudent selon une part de marché de 33 % pour le Canada donnerait un marché potentiel allant jusqu’à 430 millions de $ US pour les produits de bois canadiens, ou d’une contribution potentielle de 12,5 millions de $ US par an au résultat net du secteur à long terme.61

Au Canada, Forintek fait des essais pour déterminer la résistance des planchers non protégés du rez-de-chaussée, composés de huit ensembles différents dans les résidences unifamiliales. D’après les résultats, les maisons unifamiliales construites d’éléments structuraux en bois offrent une résistance acceptable, alors que les éléments structuraux non ligneux pourraient ne pas offrir la même résistance. Grâce à ces résultats, le marché des produits du bois a été protégé alors que la résistance de certains produits alternatifs non ligneux a été mise en doute.

Forintek participe également à des initiatives visant les marchés asiatiques conjointement avec le groupe Produits de bois canadien.62 Les exportations de bois d’œuvre canadien aux marchés asiatiques valaient 1,3 milliards de $ en 2006 et dont la majorité était destinée au Japon. Pour poursuivre ses activités au Japon en 2001, c’est-à-dire la conception d’ensembles à ossature de bois qui satisfont aux exigences rigoureuses en matière de sécurité-incendie dans les centres urbains, Forintek a élargi ses activités jusqu’en Corée et en Chine afin de montrer que les ensembles à ossature de bois peuvent être conçus de manière à respecter le code des incendies et les exigences en matière d’isolation acoustique des deux pays. Dans le cadre de ces initiatives, Forintek a formé des architectes, ingénieurs et promoteurs de projet dans la construction de bâtiments à ossature de bois. Ces initiatives commencent à être rentables, tant et si bien qu’on prévoit que le volume des exportations de produits de bois canadien vers la Chine dépassera celui des exportations vers le Japon.

Selon les estimations des représentants de l’industrie, les exportations en 2009 de bois d’œuvre d’épinette, de pin et de sapin vers la Chine pour la construction de maisons approcheront les 120 000 à 150 000 millions de pieds-planche (MPP) d’une valeur d’environ 40 millions de $ US, représentant une contribution annuelle au résultat net du secteur de 1 millions de $ US. Selon les projections allant jusqu’en 2018, les exportations du Canada atteindront les 500 000 MPP, d’une valeur de 136 millions de $ US aux prix courants. Les représentants de l’industrie interviewés dans le cadre de la présente évaluation sont de l’avis que la croissance de la demande résulte entièrement des efforts au Canada pour ouvrir le marché et que Forintek y a joué un rôle essentiel.   

  • Objectifs de FERIC :

    • *rendre les opérations et produits forestiers au Canada plus concurrentiels par la réduction des coûts et l’élaboration de produits de meilleure qualité;
    • *rehausser la perception des pratiques forestières au Canada et à l’étranger pour protéger le permis social et accroître l’accès aux marchés;
    • *réduire les émissions des gaz à effet de serre issues des opérations et transports forestiers au Canada, en vue de respecter l’engagement du Canada au protocole de Kyoto; et
    • *rendre les pratiques forestières plus durables.

Le tableau 7 ci-dessous présente les mesures de certains extrants figurant dans les rapports annuels de la division de FERIC pour 2007-2008 et 2008-2009.

Tableau 7 : Mesures des extrants de la division de FERIC
Mesure 2007-2008 2008-2009
Contacts personnels 2 450 plus de 2 000
Rapports Liste de distribution : 840
Plus de 190 rapports téléchargés ou demandés (le compteur de visiteurs n’est pas toujours fonctionnel)
Liste de distribution : 793
Plus de 100 rapports téléchargés ou demandés (le compteur de visiteurs n’est pas toujours fonctionnel)
Activités 42 activités régionales, plus de 1 630 participants;
2 congrès internationaux, plus de 300 participants
97 activités régionales, plus de 2 000 participants
Le bulletin Solutions Liste de diffusion : 2 700 Liste de diffusion : 2 634
Solutions/présentations 822 téléchargements 288 téléchargements
Logiciel 172 activations 212 activations
Visiteurs au site Web 39 000 appels de fichier
1 357 membres inscrits ayant accès à l’information à diffusion restreinte
compteur non fonctionnel
1 220 membres inscrits ayant accès à l’information à diffusion restreinte; 17 000 téléchargements au total

Source : Rapports annuels de FERIC au SCF/RNCan.

Un résumé des constatations issues des études de cas portant sur la recherche parasismique et en incendie présentant les avantages pour les secteurs privé et public met en évidence la mesure dans laquelle les objectifs de l’Initiative des instituts de recherche forestière ci-dessus ont été atteints. 

La recherche menée par FERIC sur les transports et les opérations de coupe donne des résultats considérables et permet de générer des économies de coûts et de l’efficacité, réduire la consommation de carburant et les émissions de gaz à effet de serre, rendre les pratiques forestières plus durables, protéger le permis social de l’industrie et rendre les lieux de travail plus sécuritaires.

La recherche en matière de transports

Le transport de la fibre brute des sites des opérations de coupe aux diverses usines de transformation représente une part considérable des coûts liés à l’approvisionnement en fibre en général, allant jusqu’à 50 %. Ainsi, FERIC consacre d’importants efforts aux activités visant à rendre le transport plus efficace. Selon l’étude de cas portant sur la recherche en matière de transports et ciblant quatre projets de transport entrepris par FERIC, ces projets ont permis d’améliorer la capacité de charge des camions et des remorques sans nuire à la stabilité ou à la sécurité de ces derniers.

FERIC a présenté les résultats de ces projets aux autorités chargées de la réglementation, ce qui a contribué aux efforts de faire approuver ces camions et remorques pour utilisation sur la voie publique. Trois des quatre projets ont entrainé des économies annuelles de 8,6 millions de $ et une réduction de 6 544 tonnes de GES; on prévoit qu’un quatrième projet réalisé récemment entraînera des économies annuelles estimées à 6,0 millions de $ et une réduction de 2 200 tonnes de GES.

Un cinquième projet, ayant pour but d’élaborer des lignes directrices quant aux poids des charges des camions hors-route et à la vitesse permise, a permis de rendre la descente des chemins forestiers plus sécuritaire pour les travailleurs forestiers et d’avoir accès à certains terrains raides sans les coûts élevés liés à la construction de routes. Bien que des données ne soient pas recueillies systématiquement ni sur les accidents dans le secteur forestier impliquant des véhicules hors-route, ni sur les blessures et les morts causées par des chutes, certaines personnes avisées signalent une réduction considérable dans le nombre d’accidents ou de blessures résultant du transport des billes le long des routes à forte pente.

Dans le cadre d’un sixième projet, des systèmes de surveillance de la pression des pneus (SSPP) ont servi pour améliorer la productivité des camions forestiers et réduire les dommages à l’infrastructure. FERIC possède vingt ans d’expérience dans l’adaptation de la technologie des SSPP au secteur forestier et a pu établir le caractère non nuisible aux routes des pneus à pression de gonflage variable aux autorités chargées de la réglementation. Cela a permis d’exempter les exploitants d’entreprises de camionnage dont les camions sont équipés de SSPP des restrictions saisonnières de charge (RSC) sur les routes approuvées. Ils peuvent ainsi transporter des charges complètes pendant une saison d’activité plus longue, en faisant des économies considérables dans les coûts d’exploitation. Selon l’étude de cas, les économies annuelles des exploitants en Colombie-Britannique en coûts d’exploitation (carburant, entretiens réguliers, etc.) sont estimées à 5 millions de $, et celles des exploitants en Colombie-Britannique et en Alberta en réparation de camions sont estimées à 3 millions de $.

On s’attend à ce que le ministère des Transports de l’Ontario donne son approbation à un programme de SSPP–RSC dans un avenir proche. Selon les estimations prudentes, les exploitants en Ontario économiseront 6 millions de $ par an, et les coûts d’entretien des routes tertiaires64 diminueront de 750 000 $ par an.

Les opérations de coupe

L’étude de cas sur les opérations de coupe porte également sur deux projets, l’un sur les technologies de coupe partielle et l’autre sur la foresterie de précision. 

FERIC a élaboré une technique innovatrice et viable, que l’on appelle la méthode de coupe progressive 1-2-3, pour la mise en œuvre de traitements de coupe partielle dans les principaux peuplements forestiers de tous genres. La méthode a fait l’objet d’essais poussés dans le cadre des activités de plusieurs entreprises membres de FERIC. Dans cette méthode de coupe, il s’agit de régénérer la forêt par la coupe sélective de certains des arbres de plus grande taille dans les peuplements s’approchant de la maturité, et ce, de dix à quinze ans avant la coupe, pour qu’un sous-étage de jeunes arbres soit bien établi au moment de la coupe des arbres à maturité.

À ce jour, les techniques élaborés par FERIC ont servi à la coupe dans presque 4 000 hectares (ha) de forêt, représentant 200 000 mètres cubes (m³) environ de matière première acceptable pour la société et l’industrie sylvicole et dont les usines peuvent s’approvisionner à des coûts économiquement viables. Cela ne représente qu’une petite portion du volume de coupe de bois au Québec au total, mais on prévoit une croissance considérable de ce volume à mesure que les entreprises préparent leurs plans généraux de gestion pour 2013. Les efforts de FERIC à cet égard ont aidé les entreprises forestières, surtout dans l’est du Canada, à conserver leur permis social d’exploitation (c.-à-d. assurer les résidents à proximité et le public canadien en général quant au caractère responsable et durable des pratiques de coupe), leur permettant d’approvisionner leurs usines en bois et de continuer à développer la compétitivité dans un secteur qui présente de plus en plus de défis.

Une meilleure gestion de la chaîne d’approvisionnement est essentielle dans le secteur forestier pour l’optimisation de la chaîne de valeur, ainsi que pour le virage vers un mode plutôt proactif que réactif en ce qui concerne les produits/les technologies. Les activités du programme de foresterie de précision à FERIC comprennent l’élaboration de solutions et améliorations innovatrices visant la planification opérationnelle, l’acquisition de données sur le terrain et le contrôle des opérations.

L’introduction d’une série de logiciels et de systèmes de matériel constitue l’une des plus grandes réussites de ce programme, notamment MultiDAT, FPDats, FPComs, FPInterface et FPTrak. Actuellement, plus de 3 000 enregistreurs de données MultiDAT sont utilisés au Canada dans divers engins forestiers, intégrant un détecteur de mouvement et la capacité GPS.

Grâce aux enregistreurs MultiDAT, l’efficacité des opérations a augmenté de 5 % à 10 %, ce qui représente des économies nettes estimées à 61,4 millions de $ par an pour l’industrie.65

À FERIC, on travaille actuellement sur l’élaboration d’une suite intégrée de ces systèmes, « FPSuite ». Selon les estimations de FERIC, les outils de FPSuite permettront d’optimiser des décisions, ce qui ferait en sorte que la chaîne d’approvisionnement sera plus efficace de l’ordre de 15 %. Les économies en raison de la mise en œuvre de FPSuite à l’avenir sont estimées à 190 millions de $ par an pour l’industrie, selon un taux de pénétration du marché de FPSuite de 25 % auprès des grands exploitants forestiers.66

Conclusions – La mesure dans laquelle l’Initiative des instituts de recherche forestière a eu des impacts

Selon les études de cas sur les projets de recherche parasismique et en incendie de Forintek et sur les projets de recherche sur les transports et les opérations de coupe de FERIC, ces projets sur quatre domaines de recherche ont créé des avantages économiques considérables, notamment des économies de coûts pour l’industrie, de l’accès à des marchés nouveaux et des gains d’efficacité énergétique, en plus d’avoir permis la réduction des émissions de GES connexes. La valeur des avantages estimés de ces quatre projets seulement est bien plus que le double de celle des dépenses de RNCan pour l’ensemble du programme de contribution de l’Initiative des instituts de recherche forestière, même si on les calcule prudemment en tant qu’avantages sur un an. Le tableau 8 présente un survol des principaux avantages et coûts actuels et ultérieurs et les coûts connexes pour FERIC et pour Forintek. 

En fonction des données présentées dans le tableau 8 et les économies de coûts à ce jour (en présumant un financement de l’Initiative des instituts de recherche forestière total de 5 millions de $ par an), le ratio des avantages-coûts net est d’environ 3:1 (c.-à-d. de 78 millions de $ à 25 millions de $) – ce qui ne tient pas compte des facteurs soulignés dans la remarque qui suit le tableau 8.

Tableau 8 : Aperçu de certains des avantages économiques, coûts et réductions de GES annuels (tels qu'ils sont présentés dans les analyses de l'étude de cas sur L'Initiative des instituts de recherche forestière)
Domaine de recherche Avantages Actuels Ultérieurs Coûts annuels en moyenne
FERIC 1,675 millions de $
Recherche sur les transports économies de coûts 16,60 millions de $ 13,65 millions de $  
Recherche sur les transports réduction annuelle des GES 6 544 tonnes 2 200 tonnes  
La coupe économies de coût 61,35 millions de $ 190 millions de $  
Économies de coûts au total 77,95 millions de $ 203 millions de $  
Réduction totale des GES 6 544 tonnes 2 200 tonnes  
Forintek 3,203 millionss des $
Recherche parasismique ouverture ou protection de marchés 164 millions de $ à 292 millions de $ US 57,4 millions de $ US  
Recherche en incendie ouverture ou protection de marchés 40 millions de $ US 626 millions de $ US  
Marchés ouverts ou protégés au total 204 M à 332 millions de $ US 683 millions de $ US  

Remarque : La somme des résultats n’a pas été calculée dans le tableau ci-dessous, puisque certains facteurs dont la valeur de rendement de l’argent, la rentabilité d’exploitation et des calculs d’attribution précis n’ont pas été pris en compte. Toutefois, selon des prévisions prudentes, les avantages des activités de recherche des quatre domaines ci-dessous dépassent de loin les coûts.

Les plans et rapports annuels présentent des détails sur l’Initiative des instituts de recherche forestière affectée aux projets de FERIC et de Forintek. Il manque un sommaire global des progrès vers les résultats attendus, la détermination des éléments préoccupants et une estimation complète des contributions de leurs partenaires de recherche (en espèces et en nature) aux projets. Un tel sommaire, établi annuellement, faciliterait la gestion du portefeuille des projets d’une année sur l’autre, le compte-rendu ad hoc à la haute direction et les rapports d’évaluation des programmes.

En plus de mener des projets de recherche soutenus par l’Initiative des instituts de recherche forestière, les instituts représentent le Canada en participant à de nombreuses activités internationales et à 18 comités nationaux et internationaux. L’expertise technique qu’apportent les représentants des instituts à la table de discussion ne s’offre nulle part ailleurs au Canada et s’avère critique aux discussions sur les normes et codes nationaux et souvent, internationaux. Par exemple, la participation à ces comités permet aux gestionnaires de Forintek de contribuer à l’élaboration de nouveaux règlements ou codes du bâtiment qui, dans la mesure du possible, correspondent aux pratiques exemplaires au Canada et qui facilitent le maintien ou l’expansion des marchés pour des produits canadiens. Pour Forintek, l’uniformité de ses processus de dotation, son indépendance (par rapport à l’industrie et au gouvernement), sa mémoire institutionnelle et son expertise technique sont autant d’éléments essentiels de sa réussite à cet égard.

En résumé, les incidences chiffrées, que les études de cas dans le cadre de la présente évaluation sur quatre projets financés ont permis de connaître, ainsi que la valeur estimative de la participation de Forintek à six comités nationaux et douze comités internationaux comme représentant du Canada montent à une valeur qui dépasse celle de l’investissement du gouvernement du Canada au cours des cinq dernières années. Selon des estimations raisonnables de l’attribution, l’Initiative des instituts de recherche forestière engendre un rendement positif important sur l’investissement du gouvernement du Canada.

4.3 Rapport coût-efficacité/Options

Rapport coût-efficacité/Options – Y a-t-il des moyens plus efficaces et appropriés pour atteindre les objectifs, et d’autres moyens plus économiques pour atteindre les objectifs relativement à l’Initiative d’innovation forestière?

  • Existe-t-il des moyens plus efficaces pour appliquer ces mesures?

Résumé : Non. Aucun moyen plus efficace n’a été trouvé pour les appliquer. Il y a des améliorations à faire aux structures et processus existants (vu qu’ils ne datent que de trois ans), mais selon toute indication, ces derniers fonctionneront. Le rôle du CCFB (mentionné ci-dessus) constitue le seul élément qui aurait des effets sur l’efficacité de l’Institut à l’avenir, en raison de difficultés inhérentes à l’intégration d’un groupe de recherche composé du secteur public et FPInnovations.

Même si certains facteurs rendent difficile la comparaison directe de l’approche adoptée au Canada (qui consiste à intégrer l’ensemble des activités de recherche forestière et à se concentrer sur les nouvelles technologies) à celles d’autres pays, celle qui a été effectuée a permis de constater sa correspondance aux pratiques exemplaires internationales.

Analyse

Les constatations issues des entrevues auprès de la haute direction de FPInnovations et des membres du personnel de RNCan ont permis de conclure que la création de FPInnovations et le lancement du CCFB ont rendu les programmes de recherche plus efficaces quant à la conception et la prestation. Les constatations issues des études de cas ainsi que des entrevues auprès de membres de l’industrie viennent appuyer cette conclusion. Selon l’un des membres de l’industrie interviewés, les synergies en matière de R et D entre les divisions de FPInnovations ont le potentiel de réduire le nombre d’employés de recherche nécessaire de jusqu’à 20 %, et ce, par la rationalisation et la réorientation des programmes de recherche.

Les programmes de financement complémentaires ont le potentiel de permettre d’autres mesures d’efficacité et d’optimiser les fonds des programmes. Par exemple, l’Initiative du CRSNG en R et D dans le secteur forestier lancée récemment et le réseau ArboraNano, qui offrent des bourses aux chercheurs universitaires pour qu’ils se penchent sur les priorités de la recherche dans le secteur forestier, fournissent à FPInnovations l’occasion d’optimiser les fonds de son programme de R et D, d’obtenir une place à la table du réseau et de connaître les observations de la recherche de cette dernière. Au cours des entrevues, un certain nombre d’experts du secteur et de chercheurs de FPInnovations ont dit croire que le milieu universitaire est sous-utilisé actuellement dans les activités de recherche forestière au Canada.  

Sommaire des constatations à l’étranger

Dans le cadre de la présente évaluation, on s’est penché sur un examen des approches à la recherche forestière de nos concurrents internationaux. Selon les entrevues et l’examen des documents, la Finlande, la Suède, les États-Unis, l’Australie et la Nouvelle-Zélande représentent les principaux pays de comparaison en raison des ressemblances entre les économies, les gouvernements et les milieux de recherche. Faire des comparaisons est parfois difficile vu la nature des activités d’innovation en matière de recherche forestière dans d’autres pays, la propriété des forêts, l’accès aux terres et les politiques de gestion, comme des études antérieures de la part de RNCan et d’autres ont souligné.67  La diversité des infrastructures et la nature de la fibre de bois en soi peuvent nuire à la capacité de comparer les priorités de recherche, ce qui nécessite un examen technique au-delà de la portée de la présente évaluation.

En général, l’approche adoptée par le Canada (c.-à-d. l’intégration de la gamme complète des domaines de recherche forestière et un accent sur les technologies émergentes) s’est avérée cohérente aux pratiques exemplaires internationales. De plus, les entrevues ont permis de constater que l’approche adoptée par le Canada est généralement respectée, surtout en raison des réputations de FERIC, Forintek et Paprican à l’échelle internationale.

Selon les gestionnaires du SCF et un certain nombre de documents examinés, on encourage FPInnovations à chercher des occasions de partenariat en recherche avec des instituts de recherche à l’étranger (surtout ceux aux États-Unis) pour des raisons stratégiques, et ce, de façon plus vigoureuse dernièrement.

FPInnovations collabore avec des instituts de recherche finlandais. Par exemple, la division FERIC (appuyée du PTT) a organisé un tour en été 2008 dans le cadre du Nordic Bioenergy Project, en Suède et en Finlande, afin de découvrir des méthodes et technologies pour application possible au Canada et d’établir des collaborations de recherche avec un certain nombre d’instituts de recherche forestière du Nord. En juillet 2009, METLA (l’institut finlandais de recherche sur la forêt) a signé un protocole d’entente avec FERIC afin d’entreprendre des projets de collaboration en R et D, échanger de l’information et des technologies par le biais de projets de démonstration et d’ateliers et encourager des échanges entre les intervenants en recherche.

Les efforts récents pour élaborer (et ensuite, mettre à jour) une carte routière technologique constituent un élément de l’approche finlandaise à la gestion de la recherche forestière. Il s’agit d’une stratégie intégrée, à laquelle tous les intervenants ont participé, qui a contribué au développement d’une compréhension commune des priorités de recherche et des rôles des divers acteurs en matière de R et D. Au cours de la présente évaluation, plusieurs experts du secteur et personnes interviewées de l’industrie ont signalé les avantages d’activités de ce genre pour le Canada.

  • À quel point les mesures et les programmes administrés par les provinces se chevauchent-ils ou se complètent-ils?

Résumé : Aucun cas de chevauchement n’a été constaté. La structure, la stratégie et les moyens de FPInnovations et des divisions qui le constituent agissent de façon à protéger contre le chevauchement et le dédoublement en incluant les provinces et l’industrie en tant que membres participants au financement. 

Analyse

À l’exception d’une des personnes interviewées, tous croyaient que les programmes administrés par les provinces ou par d’autres ne se chevauchaient pas. Les représentants des provinces au Conseil et aux Comités directeurs de division doivent continuer à être vigilants pour éviter tout chevauchement avec les provinces. Un certain nombre de personnes interviewées ont signalé que quelques-uns des programmes administrés par les provinces complètent les activités de FPInnovations.

Telle qu’il a été mentionné ci-dessus, l’intégration des trois instituts de recherche était un facteur dans la détermination de moyens efficaces pour répondre aux besoins en matière de recherche du secteur. 

  • Si les initiatives d’innovation forestière et des instituts de recherche forestière n’avaient pas été entreprises, que se serait-il passé probablement?   

Résumé : Selon des éléments probants indirects de « désinvestissement » de la part de l’industrie dans la recherche (surtout la recherche précompétitive) et l’innovation au cours des vingt dernières années, couronnés d’une forte chute dans l’appui du secteur privé aux instituts membres ces dernières années, on peut bien croire que sans l’Initiative du gouvernement fédéral, FPInnovations et ses divisions n’existeraient pas. Vu la situation actuelle, il n’y a aucun doute que le financement du fédéral a fait une énorme différence – non seulement en ce qui concerne l’existence de FPInnovations, mais aussi, l’innovation forestière au Canada.

Analyse

De nouvelles preuves indiquent que la perspective tenant compte de la chaîne de valeur au complet de la recherche au Canada en matière d’innovation forestière n’aurait jamais été adoptée sans une telle approche.

D’après plusieurs cadres interviewées, le modèle canadien « fait des jaloux partout dans le monde ». Par contre, certaines des personnes interviewées ont souligné le fait qu’au Canada, il y a moins d’investissement public dans le secteur forestier que dans certains autres pays. Un certain nombre de ces personnes étaient de l’avis que l’approche adoptée a eu un impact considérable, en raison de l’engagement de parties des secteurs public et privé, ce qui n’aurait pas eu lieu sans l’appui, financier et autre, de RNCan.

Quant à l’Initiative des instituts de recherche forestière, certaines initiatives ont eu des effets sur l’infrastructure technologique, notamment les normes et les protocoles, ainsi que sur les résultats pour le « bien public », selon les études de cas. Étant donné la capacité insuffisante de l’industrie, il est peu vraisemblable que de telles réalisations se produisent sans L’Initiative des instituts de recherche forestière. En outre, des projets du PTT tels que l’Initiative côtière de la Colombie-Britannique et les efforts en matière de systèmes de construction de bâtiments de six à huit étages ont permis de développer les connaissances et techniques acquises, et ce, grâce à des investissements pendant des décennies dont la majorité a été soutenue par l’Initiative des instituts de recherche forestière.


1 En fonction de la sous-sous activité 1.1.4 de l’Architecture des activités de programmes du Ministère pour 2008-2009.

2 Forest Sector Innovation Response de l’Association des produits forestiers du Canada (APFC), septembre 2002, pages 10 à 11 et L’industrie à la croisée des chemins : choisir la voie vers le renouvellement du Groupe de travail sur la compétitivité de l’industrie des produits forestiers, mai 2007, p. 14.

3 L’industrie à la croisée des chemins : choisir la voie vers le renouvellement du Groupe de travail sur la compétitivité de l’industrie des produits forestiers (CIPF), mai 2007, p. 14.

4 Competition and Consolidation in Canada’s Forest Products Industry de l’APFC, 2005, p. 6.

5 http://www.fpac.ca/index.php/en

6 l est à noter que cette évaluation était prévue, et que l’on a recueilli les données avant la révision de la Directive sur la fonction d’évaluation du Conseil du Trésor d’avril 2009, dans laquelle il y a mention de pertinence et de rendement (efficacité et économie) à la page 19 comme éléments à évaluer. Source : http://ncc.evaluationcanada.ca/downloads/TBS_DirectiveEvalFunction_Fr.pdf.

7 Cadres de RNCan interviewés = 9; cadres de FPInnovations interviewés = 12; membres du conseil de FPInnovations interviewés = 5; membres du comité directeur de la division interviewés = 15; chercheurs de FPInnovations interviewés = 17; d’autres intervenants interviewés (représentants de l’APFC, intervenants internationaux et universitaires) = 6; personnes interviewées dans le cadre de l’étude de cas de l’Initiative des instituts de recherche forestière (intervenants de l’industrie et des associations industrielles) = 19. Au total = 83.

8 Plan d’action économique du Canada 2009, 1er avril  2009, pages 28, 101 et 169. Source : http://www.budget.gc.ca/2009/pdf/budget-planbugetaire-fra.pdf.  

9 Plan d’action économique du Canada 2008, page 16. Source : http://www.budget.gc.ca/2008/pdf/plan-fra.pdf.  

10 Budget des dépenses 2008-2009, Ressources naturelles Canada : Rapport sur les plans et les priorités , page 5 : Résultat stratégique 1 : Les secteurs des ressources naturelles sont concurrentiels à l’échelle internationale, productifs du point de vue économique et contribuent au bien-être social des Canadiens; Résultat stratégique 2 : Le Canada est un chef de file mondial en matière de responsabilité environnementale sur le plan de la mise en valeur et de l’utilisation des ressources naturelles. Source : http://www.tbs-sct.gc.ca/rpp/2008-2009/inst/rsn/rsn02-fra.asp.  

11 http://www.RNCan.gc.ca/dmo/spcb/acts/dpnrcn_f.html.

12 Évaluation de l’accord conclu avec l’Institut canadien de recherches en génie forestier (FERIC) (E05003), août 2005 et l’Évaluation de l’accord conclu avec Forintek (E05004), août 2005. Source/disponible à : http://www.RNCan.gc.ca/evaluation/reprap/2005/index-fra.php.   

13 Forintek a été fondé en 1979 pour prendre la relève des laboratoires du SCF; FERIC, fondé en 1975, est également issu de la recherche au SCF.

14 Répartition des personnes interviewées : cadres de RNCan (9); gestionnaires de FPInnovations (12); membres du conseil de FPInnovations (5); membres du comité directeur de la division, surtout des représentants de l’industrie (15); chercheurs de FPInnovations (17); d’autres personnes, dont des représentants du FPAC et des intervenants internationaux et universitaires (6); personnes dans le cadre des études de cas de l’Initiative des instituts de recherche forestière (19); au total (83).

15 David Cohen et Robert Kozak.Research and technology: Market-driven innovation in the twenty-first century, (The Forestry Chronicle, janvier/février 2001), page 110.

16 De plus amples renseignements sur les méthodes de l’examen se trouvent dans le rapport sur la méthodologie, élaboré pour la présente évaluation. 

17 http://cfs.RNCan.gc.ca/index/forestindustryincanada/2

18 APFC : Competition and Consolidation in Canada’s Forest Products Industry, 2005, p. 4.
http://www.fpac.ca/index.php/en

19 APFC : Forest Sector Innovation Response, septembre 2002, pages 10-11;  APFC : L’industrie à la croisée des chemins : choisir la voie vers le renouvellement, mai 2007, p. 14.

20 APFC : L’industrie à la croisée des chemins : choisir la voie vers le renouvellement, mai 2007, p. 14.

21 APFC : Competition and Consolidation in Canada’s Forest Products Industry, 2005, p. 6.

22 http://canadaforests.RNCan.gc.ca/articletopic/110

23 Le Conference Board of Canada. Mission Possible : une stratégie canadienne pour la mise en valeur des ressources en période d’essor et au delà (résumé seulement en français du document : Mission Possible: A Canadian Resources Strategy for the Boom and Beyond), 2007, p. 14.

24 http://www.fpac.ca/index.php/en

25 http://www.fpac.ca/index.php/en

26 http://www.fpac.ca/index.php/fr/press-releases-full/governments-fail-to-grasp-seriousness-of-crisis-in-canadas-forest-products-/

27 The Way Forward; A Framework For Change A CFS Strategy. Un forum des gestionnaires du SCF, 14-15 février 2006, p.4.

28 RNCan, présentation au Conseil du Trésor : Mise en œuvre de la stratégie de compétitivité à long terme de l’industrie forestière, pages 5-15.

29 RNCan, présentation au Conseil du Trésor : Mise en œuvre de la stratégie de compétitivité à long terme de l’industrie forestière, page 7, paragraphe 9.

30 FPInnovations, Transformative Technologies Annual Report on Key Research Successes 2007/08, septembre 2008, page 2.

31 Les renseignements dans la présente section proviennent de données obtenues lors des entrevues ainsi que de plusieurs documents, notamment les suivants : (a) Accord de contribution no 2005/01 entre le ministère des Ressources naturelles/les instituts de recherche forestière/Institut canadien de recherches en génie forestier (FERIC) du 30 août et les modifications 1 et 2 (ainsi que des années subséquentes); (b) Accord de contribution no 2005/01 entre le ministère des Ressources naturelles/les instituts de recherche forestière/Forintek Canada Corp.(Forintek) (et les années subséquentes).

32 Avant les années 1970, le gouvernement du Canada se chargeait de la recherche sur la récolte forestière et les produits du bois. Par suite de la restructuration fédérale, FERIC et Forintek ont été établis en tant qu’organismes privés sans but lucratif, en 1975 et en 1979, respectivement. Depuis la privatisation de ces organismes, le gouvernement du Canada leur fournit un financement annuel.

33 Selon le Plan de développement (à la page 8), « Le président et directeur général de FPInnovations, fort des lumières du Conseil d’administration dirigera l’orientation du programme de recherche du CCFB. Toutefois, ce sont les employés du SCF, dans l’ensemble des centres de recherche du pays, qui s’occuperont de gérer et d’exécuter le programme de recherche du CCFB. »

34 Centre canadien sur la fibre de bois, Plan de développement 2006-2009, ISBN 978-0-662-46381-8, no de cat. : Fo149-1/2006E-PDF, 2007, page 8.

35 Centre canadien sur la fibre de bois, Plan de développement 2006-2009, ISBN 978-0-662-46381-8, no de cat. : Fo149-1/2006E-PDF, 2007, page 8.

36 Centre canadien sur la fibre de bois,  Plan de développement 2006-2009, ISBN 978-0-662-46381-8, no de cat.: Fo149-1/2006E-PDF, 2007, pages 20-21.

37 Source : http://bookstore.cfs.RNCan.gc.ca/searchpubs_e.php et http://bookstore.cfs.RNCan.gc.ca/searchpubs_f.php 

38 Source : http://www.fpac.ca/index.php/publications/publication-viewer/251/

39 Source : http://canadaforests.RNCan.gc.ca/article/transformativetechnologies.

40 Ibid.

41 Il se peut que les membres des deux instituts (FERIC et Forintek) aient décliné en nombre à la fin de 2009 en raison des difficultés économiques auxquelles le secteur a fait face. Selon les informations obtenues lors des entrevues, certaines des entreprises s’en étant retirées continuent de participer aux projets et comités de FPInnovations.

42 Paprican ne reçoit pas de financement de l’Initiative des instituts de recherche forestière. L’institut compte moins de membres que FERIC et Forintek (environ 40 membres de l’industrie); cependant, son budget annuel est plus important que ceux des autres divisions (voir le tableau dans la présente section). Après la recherche initiale du gouvernement fédéral sur les pâtes et papiers, Paprican fut établi en 1925 par l’industrie des pâtes et papiers. Depuis, les travaux de l’Institut visent à améliorer la compétitivité technique de l’industrie des pâtes et papiers par la recherche, et au moyen d’activités éducatives. Même s’il n’y a pas d’entente de financement annuel pour l’Institut, le gouvernement du Canada a soutenu Paprican au fil des ans par le biais de divers programmes, surtout dans le domaine de la technologie environnementale. Le programme de recherche de Paprican est financé surtout par des entreprises du secteur privé.

43 Pour voir ces évaluations, consultez le site suivant : http://www.rncan.gc.ca/evaluation/rapports/2005/2887.

44 Données fournies par RNCan/SCF.

45 Un petit groupe de décideurs principaux du secteur forestier au Canada, représentants officiels des trois compétences principales en ce qui concerne le financement de l’innovation dans le secteur forestier : le gouvernement du Canada, les provinces et l’industrie. Ces représentants occupent les fonctions de P.-D.G., de sous-ministre et de sous-ministre adjoint. Source : http://wcm.paprican.ca/newsevt/WCMPublicNews.nsf/Lookup/
8912DE969296428B8525713A0050A5A6/$file/CFIC%20Introduction.pdf

46 Évaluation de l’accord conclu avec l’Institut canadien de recherches en génie forestier (FERIC) (E05003), août 2005; Évaluation de l’accord conclu avec Forintek (E05004), août 2005.

Source : http://www.rncan.gc.ca/evaluation/rapports/2005/2887.   

47 Rapport sommaire du Conseil canadien de l’innovation forestière : Forum sur les technologies transformatives – Politique des sciences forestières (31 mai 2006), page 28.

48 Les panneaux OSB sont fabriqués à partir de lamelles ou de flocons de tremble (et de pin jaune aux États-Unis) collés ensemble sous pression et à température élevée à l’aide d’une résine phénolique imperméable ou un liant imperméable équivalent. Les panneaux OSB ont été mis au point à la fin des années 70. Source : http://www.cwc.ca/Products/OSB/ (en anglais seulement).

49 Le Groupe de travail sur la compétitivité de l’industrie des produits forestiers, L’industrie à la croisée des chemins : choisir la voie vers le renouvellement (mai 2007), page 21.

50 Ibid.

51 David Coles, Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier, Témoignages du Comité, 28 février 2008, extrait de L’industrie forestière canadienne : reconnaître les défis et les possibilités. Rapport du Comité permanent des ressources naturelles. Leon Benoit, député, président. Juin 2008, 39e législature, 2e session. Page 28.

52 On parle aussi de fragmentation par rapport à la structure générale de l’industrie. Jusqu’au début de 2007, aucune entreprise de produits forestiers canadienne ne figurait parmi les 20 entreprises les plus importantes au monde. Les intervenants du secteur des produits forestiers croient qu’il faut restructurer/consolider l’industrie forestière au Canada pour la moderniser, et afin de profiter des économies d’échelle et de mieux gérer les risques, etc. (selon le Rapport du Comité permanent des ressources naturelles, 2007). La présente étude ne porte pas directement sur la structure de l’industrie (ni sur des questions relevant de la politique/de l’économie), éléments pourtant importants du contexte dans lequel on considère l’approche relativement à l’innovation et aux orientations de la recherche.

53 ArboraNano est le nouveau Réseau des nanoproduits de la forêt canadienne, mis en place grâce au Programme de Réseaux de centres d’excellence dirigées par l’entreprise du gouvernement fédéral, de FPInnovations et de NanoQuébec. ArboraNano a pour objectif de créer de nouvelles occasions d’affaires en exploitant les ressources forestières renouvelables au Canada pour fabriquer de nouveaux produits à valeur ajoutée et de performance supérieure. Source : http://www.arboranano.ca/accueil.aspx.

54 En 1991, le Service canadien des forêts de Ressources naturelles Canada a élaboré et lancé le Programme de forêts modèles du Canada, et a encouragé l’établissement d’un réseau de partenariats, représentant diverses valeurs forestières. Par forêt « modèle » on évoque l’idée d’exemple d’aménagement forestier durable dont d’autres pourront s’inspirer afin de réaliser un aménagement forestier durable dans leurs propres régions. Source :  http://www.odi.org.uk/sites/odi.org.uk/files/odi-assets/publications-opinion-files/1142.pdf (en anglais seulement).

55 Cette Initiative a été établie en réponse au budget fédéral de 2008, qui a accordé de nouveaux fonds au CRSNG pour la recherche concertée contribuant directement à répondre aux besoins en connaissances et en innovation de l’industrie forestière canadienne. Les chercheurs universitaires canadiens, en collaboration avec FPInnovations et des scientifiques et ingénieurs de l’industrie et du gouvernement, peuvent recevoir des subventions afin de mener des travaux de recherche qui appuient les priorités du secteur forestier. Source : http://www.nserc-crsng.gc.ca/Professors-Professeurs/RPP-PP/SNGSuppForestry-SRSSuppforestier_fra.asp.  

56 Selon l’Association des produits forestiers du Canada (APFC), les obstacles stratégiques comprennent les suivants : les politiques sur la concurrence et le développement économique, le chevauchement des lois fédérales et provinciales, les taux d’imposition réels sur l’investissement en capital (fédéral et provincial), les politiques sur l’accès à la fibre, la déréglementation de l’énergie et la politique sur les transports. Source : L’article Forest Sector Innovation Response, apparu dans The Forestry Chronicle, septembre 2002, pp. 10-13.

57 Par exemple (sans s’y limiter), l’échange d’expertise et d’équipements.

58 Tel qu’il a été présenté dans le Budget 2007, le Programme de Réseaux de centres d’excellence dirigés par l’entreprise a pour but de financer des réseaux collaboratifs à grande échelle, dirigés par le secteur privé et ciblant certains besoins en particulier relativement à des études sur l’entreprise.

59 Évaluation économique de l’impact des systèmes de construction sur la consommation de produits de bois aux États-Unis — Analyse préliminaire, 2009.

60 Certaines évaluations antérieures – notamment un programme axé sur l’amélioration de l’accès aux marchés, soutenu par le Programme canadien d’exportation des produits de bois (PCEPB), et le Programme Forestry Innovation Investment (FII) de la Colombie-Britannique] ainsi qu’un programme de promotion des exportations vers le marché japonais soutenu par le FII de la C.-B. – ont souligné le rôle que les chercheurs de Forintek jouent dans l’apport de changements favorables aux codes du bâtiment et aux exigences relatives aux produits dans les marchés outremer (surtout ceux du Japon, de la Chine et de la Corée du Sud).

61 Analyse du groupe Marchés et économie de Forintek, selon des données tirées du réseau télématique de McGraw-Hill pour l’industrie. L’annexe D, Fire Research Case Study (p. 186) présente des calculs détaillés.

62 Le groupe Produits de bois canadien (le CWG) constitue une coalition d’associations commerciales canadiennes représentant le Canada en matière de développement du marché du secteur forestier et d’accès aux marchés et relativement aux intérêts techniques dans les marchés outremer dont le Japon, la Chine, la Corée du Sud, le Taiwan, le Viet Nam, le Royaume-Uni, la Belgique (l’Europe) et d’autres pays. Source : http://www.canadawood.org/au_region.php (en anglais, chinois, coréen et japonais).

63 Le « pied-planche » est une unité de volume de bois : un pied-planche égale à 144 pouces cube de bois.
Source : http://woodzone.com/Merchant2/tips/board_feet/board_feet.htm (en anglais seulement).

64 En Ontario, les routes tertiaires relient les régions dans le Nord qui ne bénéficient pas de routes secondaires, et sont principalement des routes d’accès aux ressources. Elles sont peu nombreuses et à une exception près (l’autoroute 802), ne mènent pas à une zone habitée. Ce sont des routes en gravier à l’exception des autoroutes 802 et 805, dont certaines parties sont asphaltées. La limite de vitesse pour la plupart de ces routes est de 80 km/h (50 mph). Source : http://en.wikipedia.org/wiki/Provincial_highways_in_Ontario (en anglais seulement).  

65 Estimations de FERIC.

66 Estimations de FERIC.

67 Par exemple : Forest Products Research and Development Organizations:  Organization, Governance and Measures of Performance in a Worldwide Setting, P.V, Ellefeson, M.A. Kilgore, K.E. Skog, C.D. Risbrudt, octobre 2007; International Comparison of Forest S&T Funding and Management in Canada, the United States, Sweden and Brazil, étude préparée pour le Service canadien des forêts, juillet 1999.