Chapitre 8 - Colombie-Britannique

Principales conclusions

Le changement climatique touche de plus en plus les paysages, les collectivités et les activités économiques de la Colombie-Britannique. Selon les projections, il devrait se poursuivre et ses répercussions directes et indirectes, s'accentuer. Parmi les principaux risques et possibilités d'adaptation associés au changement climatique en Colombie-Britannique figurent les suivants :

Un bon nombre de régions et de secteurs de la Colombie-Britannique connaîtront de plus en plus de pénuries d'eau.  La diminution de la taille des glaciers et de l'accumulation annuelle de neige, les changements en ce qui concerne la quantité et la période des précipitations, et l'allongement des sécheresses feront baisser de plus en plus l'approvisionnement en eau durant les périodes de pointe. La concurrence s'accentuera entre les divers usagers de l'eau, ce qui aura des répercussions sur les accords transfrontaliers. Certaines mesures d'adaptation ont déjà été adoptées, dont la prise en considération des répercussions du changement climatique dans certains plans officiels de gestion de l'eau, l'augmentation de la capacité des réservoirs et divers projets de gestion de la demande.

La production d'hydroélectricité, surtout lorsque la consommation de pointe augmente en été, est particulièrement vulnérable au changement climatique. Or, l'hydroélectricité contribue actuellement pour près de 90 p. 100 à l'électricité utilisée par la Colombie-Britannique. Pour s'adapter, il faudra gérer la demande en électricité, qui devrait augmenter de 30 p. 100 à 60 p. 100 d'ici à 2025, et moderniser les infrastructures de production, deux actions d'adaptation déjà prévues dans les mesures actuelles de gestion et de planification. Les petites centrales hydro électriques et les centrales au fil de l'eau pourraient certes augmenter la capacité, mais elles sont plus vulnérables aux variations du débit fluvial que les centrales dotées de grands réservoirs. L'expansion d'autres filières énergétiques, comme l'énergie éolienne, aidera également à répondre à l'accroissement de la demande future, mais ces dernières ne produisent actuellement qu'une petite fraction de l'électricité consommée par la province. Les centrales alimentées au charbon sont également envisagées, mais des doutes persistent quant à leur adoption car elles doivent maintenant satisfaire à des normes sévères d'émission nulle de gaz à effet de serre établies aux termes du nouveau plan énergétique de la Colombie-Britannique.

L'augmentation de la fréquence et de l'intensité des phénomènes météorologiques extrêmes et des catastrophes naturelles qui en découlent aura une incidence sur les infrastructures essentielles de la Colombie-Britannique. Les tempêtes de vent, les incendies de forêt, les ondes de tempête, l'érosion côtière, les glissements de terrain, les tempêtes de neige, la grêle, les sécheresses et les inondations ont tous déjà d'importantes répercussions économiques sur les collectivités, les industries et les environnements de la Colombie-Britannique. Dans certaines régions côtières basses, l'élévation du niveau de la mer et l'augmentation dans la fréquence des tempêtes amplifiera certains risques. Les coûts de gestion et de réduction des répercussions des phénomènes météorologiques extrêmes sont à la hausse. Les réseaux de transport, les installations portuaires et les infrastructures de distribution de l'électricité et des communications de la Colombie-Britannique représentent des investissements importants, dont le remplacement ou la modernisation rendent possible l'adoption de mesures d'adaptation susceptibles d'intégrer de nouvelles évaluations des risques qui tiennent compte de l'évolution du climat et de l'élévation du niveau de la mer. La gestion intégrée des eaux pluviales, approche adoptée par le District régional du Grand Vancouver pour gérer les eaux de pluie afin de protéger la santé des cours d'eau urbains, prend maintenant en considération les répercussions du changement climatique. L'intégration du changement climatique dans la planification des infrastructures améliorera la gestion du risque et des coûts sur roves le cycle de vie, de façon à réduire la vulnérabilité des infrastructures essentielles de la Colombie-Britannique.

En Colombie-Britannique, les forêts, l'industrie forestière et les collectivités qui dépendent du secteur forestier sont vulnérables aux risques croissants liés au climat, dont les infestations de ravageurs et les incendies de forêt.  L'épidémie de dendroctone du pin ponderosa touchait en 2007 environ 9,2 millions d'hectares de forêt. La gravité et la persistance de cette infestation sont liées aux pratiques de gestion du passé (p. ex., suppression des incendies) et au changement climatique. On s'attend à ce qu'il y ait de grands changements de l'hydrologie et de l'écologie dans les bassins hydrographiques dominés par le pin, en raison du taux de mortalité des arbres et de l'expansion considérable des activités d'exploitation forestière menées pour récupérer les arbres détruits par le dendroctone. Il y aura, au début, des gains économiques substantiels, mais ils pourraient être suivis d'une instabilité économique et sociale prolongée si on ne prend pas la peine de planifier soigneusement. La concurrence internationale croissante dans le secteur forestier fera naître de nouveaux défis. Le projet sur les écosystèmes forestiers de l'avenir lancé par le ministère des Forêts et des Pâturages de la Colombie-Britannique constitue une première étape vers une planification à long terme de l'aménagement forestier qui tienne compte aussi bien du changement climatique que d'autres facteurs de perturbation.

Le changement climatique accentuera les stress que connaît actuellement le secteur des pêches en Colombie-Britannique. Eentre autres à cause de la propagation d'espèces exotiques envahissantes dans les eaux côtières, de l'élévation des températures de l'océan et des plans d'eau douce, et des changements des débits fluviaux (quant au volume, au moment de la survenue et à la température de l'eau). Pour ce qui est de la gestion de l'eau, le secteur des pêches en eau douce entrera de plus en plus en concurrence avec d'autres usages de l'eau (p. ex., hydroélectricité, irrigation, eau potable), particulièrement dans le sud de l'intérieur de la province. La vulnérabilité de la pêche au saumon du Pacifique aux impacts du changement climatique, aussi bien en milieu d'eau douce que d'eau salée, est aggravée par la valeur sociale, économique et écologique unique de cette espèce. L'aquaculture, qui contribue de plus en plus au développement économique de la côte, pourrait aider à assurer la sécurité alimentaire tout en diminuant le stress exercé sur la pêche d'espèces sauvages. Toutefois, les conséquences culturelles et écologiques de l'aquaculture, et de l'élevage du saumon en particulier, restent sujettes à controverse.

Le changement climatique a un effet à la fois positif et négatif sur le secteur agricole de la Colombie-Britannique.  Les changements des précipitations et de l'apport en eau, des sécheresses plus fréquentes et plus longues, et une augmentation de la demande en eau exerceront des stress sur la capacit é d'adaptation de la plupart des formes d'agriculture. Les conditions de croissance pourraient s'améliorer pour certaines cultures, ou dans certaines régions, mais la capacité des régions agricoles à prendre de l'expansion sera limitée par la qualité du sol et la disponibilité de l'eau. L'accroissement de la demande aux fins d'irrigation entrera en concurrence avec d'autres usages de l'eau, en particulier dans les régions de forte croissance.

La prise en considération de l'adaptation au changement climatique dans les processus décisionnels permet d'augmenter la résilience et de réduire les coûts et les répercussions à long terme liés au changement climatique.  À l'heure actuelle, c'est ce qui se produit indirectement dans les grands centres urbains, où les pratiques de construction durable et la gestion de la demande en eau et en énergie découlent des efforts visant à améliorer la durabilité et à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Des régions sujettes aux sécheresses, comme la région de l'Okanagan et le district régional de la capitale de Victoria, ont adopté une politique dynamique de restriction de l'arrosage et offrent des rabais aux consommateurs qui se procurent des produits de remplacement plus efficaces qui pr ésentent des avantages quant à leur potentiel d'adaptation et d'atténuation. La résilience des collectivités rurales et côtières éloignées découle de leur expérience et de leur exposition aux répercussions des phénomènes météorologiques extrêmes sur les infrastructures essentielles (p. ex., les routes proches des côtes, les traversiers, les services aériens, la production d'électricité et les communications) et sur les ressources naturelles (p. ex., pêches et forêts). De plus, les réseaux sociaux, le bénévolat, la diversification du revenu et la constitution de réserves d'aliments contribuent à la capacité d'adaptation et augmentent la résilience.