Chapitre 4 - Canada atlantique

Principales conclusions

Le Canada atlantique subira non seulement plus de tempêtes, mais des tempêtes plus violentes, une élévation du niveau de la mer, des ondes de tempête, une érosion des côtes et des inondations. Les collectivités côtières de même que leurs infrastructures et leurs industries, notamment le secteur des pêches et le tourisme, sont vulnérables à ces changements, dont l'impact sur les infrastructures côtières, comme les ponts, les routes et les aménagements énergétiques, s'est déjà fait sentir sur le commerce et le tourisme de la région. En outre, certaines collectivités côtières ont observé des intrusions d'eau salée dans leurs eaux souterraines. Les futures répercussions sur le transport, le transport d'énergie et les communications auront des conséquences d'ordre général, comme celle d'augmenter le risque d'isolement de certaines collectivités.

Les ressources en eau seront sollicitées davantage à mesure que changeront les conditions et les besoins. Les variations annuelles et saisonnières des précipitations combinées à l'augmentation de l'évapotranspiration rendront les étés plus secs, en particulier dans les Maritimes. La diminution des ressources en eau aura des cons équences sur les services d'eau municipaux et créera un défi de taille pour divers secteurs, comme l'agriculture, les pêches, le tourisme et l'énergie.

Pour ce qui est des pêches en mer, les répercussions ne se limiteront pas aux espèces de poisson disponibles, mais toucheront également de nombreux aspects du secteur des pêches, dont le transport, la commercialisation, la santé et la sécurité au travail et la santé communautaire. Les régimes de réglementation actuels limitent les réactions possibles des exploitants des ressources marines sauvages au changement climatique. La prise en considération des changements climatiques dans les évaluations et l'élaboration des politiques permettra de gérer plus efficacement les ressources marines.

Des températures plus élevées et l'allongement des saisons de croissance bénéficieront à l'agriculture et à la foresterie, mais l'augmentation des perturbations et du stress liée au manque d'humidité qui les accompagne est source d'inquiétude. Les changements climatiques ont une incidence sur la façon de gérer la production agricole et l'utilisation de l'eau dans les fermes. Une révision des systèmes de culture et l'amélioration de la gestion de l'eau aideraient le secteur de l'agriculture à s'adapter, bien que des facteurs non climatiques, comme les tendances socio-économiques et démographiques, risquent d'exercer un effet limitatif sur les réactions d'adaptation. Le secteur forestier de certaines régions des Maritimes sera touché par des étés plus secs qui risquent de réduire ou d'éliminer les espèces qui préfèrent un climat plus humide et plus froid. À court terme, l'adaptation devrait faire appel à des moyens qui visent surtout à minimiser les autres facteurs de stress et à préserver la diversité génétique, bien que ces options soient limitées dans le secteur forestier.

On peut abaisser la vulnérabilité de la région de l'Atlantique aux changements climatiques par des efforts d'adaptation visant à réduire l'exposition et par une planification soigneuse. L'identification des infrastructures vulnérables, la prise en considération de l'inondation des régions riveraines et côtières dans les politiques d'utilisation des terres, la révision des mesures d'intervention en cas d'urgence et la prise en compte de l'élévation du niveau de la mer dans la planification et la construction des infrastructures permettraient de r éduire les dommages causés aux infrastructures et à l'environnement ainsi que les risques pour la santé et le bien-être des populations humaines. Parmi les autres efforts efficaces d'adaptation figurent la gestion de l'aménagement des régions côtières, l'interdiction de construire dans des régions connues pour être vulnérables et la protection du littoral autour des sites importants. Dans certaines collectivit és, une faible capacité d'adaptation, due au vieillissement de la population et à la faiblesse du revenu annuel moyen par rapport à la moyenne nationale, rendra difficile la mise en œuvre des solutions d'adaptation.