Évaluation et intégration des connaissances

Les recherches sur les impacts, l'adaptation et la vulnérabilité ont considérablement progressé depuis une dizaine d'années; elles suscitent notamment de plus en plus d'intérêt et le volume des écrits scientifiques qui y est consacré a pris des proportions considérables. Les progrès de la recherche sont pris en compte dans les rapports d'évaluation à l'échelle mondiale du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat et dans les initiatives auxquelles participent plusieurs pays, telles que l'Arctic Climate Impact Assessment (Évaluation de l'impact du changement climatique dans l'Arctique; voir le chapitre 3; Arctic Climate Impact Assessment, 2005). La littérature fait de plus en plus état de la nature intégrée des questions d'adaptation et de l'importance des analyses qui font des recoupements entre les sciences biophysiques et les sciences sociales. Le fait de reconna ître, par exemple, que le savoir traditionnel (p. ex., Furgal et al., 2006, Nickels et al., 2006; Riewe et Oakes, 2006) contribue à améliorer la compréhension des impacts du changement climatique et de l'adaptation a été marquant. Un autre progrès digne de mention est la reconnaissance que l'importance, à l'échelle locale, de nombreux problèmes d'adaptation et la nature de certains travaux de recherche appliquée nécessitent souvent, et très tôt dans le processus, la participation de praticiens et d'intervenants à l'échelle de la collectivité. Toutefois, malgré tous les progrès importants réalisés, la base des connaissances accuse toujours des lacunes importantes, notamment en ce qui a trait à la pénurie d'analyses quantitatives portant sur les coûts aussi bien des impacts que des mesures d'adaptation (voir Stern, 2006).

Le Canada a effectué sa première évaluation d'envergure nationale des impacts du changement climatique, l'Étude pancanadienne en 1998 (Environnement Canada, 1998). Elle comprenait huit volumes (six volumes régionaux, un volume sectoriel à l'échelle nationale et un volume traitant de questions intersectorielles). L'Étude concluait que les coûts de nature sociale, économique et environnementale des impacts du changement climatique et de l'adaptation à celui-ci seraient importants au Canada. Le sommaire national à l'intention des décideurs qui accompagnait l'Étude relevait également l'absence d'une compréhension approfondie des divers effets du changement climatique et de leur ampleur dans toutes les r égions du pays, et indiquait qu'il était nécessaire d'entreprendre des travaux considérables pour enrichir cette compréhension et élaborer des approches applicables en matière d'adaptation (Maxwell et al., 1997). En 2004, le rapport intitulé Impacts et adaptation liés aux changements climatiques : perspective canadienne apportait une mise à jour à l'Étude pancanadienne en présentant un résumé par secteur des études récentes. La mise en parallèle des lacunes sur le plan des connaissances et des besoins en recherche relevés dans les deux rapports montre qu'on admet de plus en plus la nécessité de mieux comprendre le concept d'adaptation (voir l'encadré 1).

ENCADRÉ 1 : Les impacts du changement climatique et l'adaptation au Canada : questions en pleine évolution

Les recherches canadiennes sur les impacts du changement climatique et les mesures d'adaptation intègrent de plus en plus les tendances mondiales de la recherche en la matière et touchent toute une gamme de disciplines et de secteurs. Depuis quelques ann ées, l'accent est surtout mis sur la compréhension de la vulnérabilité au climat actuel et futur, et sur la compréhension des facteurs sociaux qui influent sur les stratégies d'adaptation. Cette tendance est mise en évidence lorsqu'on compare les besoins en recherche relevés en 1997 par l'Étude pancanadienne et ceux énoncés dans le rapport de 2004 Impacts et adaptation liés aux changements climatiques : perspective canadienne. Les besoins en recherche identifiés dans l'Étude pancanadienne concernaient principalement les données de référence, les capacités de modélisation et les impacts de premier ordre (Maxwell et al., 1997), tandis que le rapport de 2004 soulignait la nécessité de mieux comprendre les effets interactifs (du climat et autres), les liens entre la science et les politiques, et la capacit é d'adaptation actuelle et future (Lemmen et Warren, 2004). L'évolution des besoins est le reflet d'une participation croissante de diverses disciplines à la recherche sur les impacts du changement climatique et sur les mesures d'adaptation.