Warning message

Cette page Web a été archivée dans le Web. Information archivée dans le Web.

ARCHIVÉE - Les zones côtières

Information archivée dans le Web

Information identifiée comme étant archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Elle n'a pas été modifiée ni mise à jour depuis la date de son archivage. Les pages Web qui sont archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes applicables au Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique de communication du gouvernement du Canada, vous pouvez la demander sous d'autres formes. Ses coordonnées figurent à la page « Contactez-nous ».

"Quelque sept millions de Canadiens vivent dans les zones côtières, souvent dans de petites collectivités tributaires du tourisme et des ressources de l'océan." (1)

 

Le Canada est le pays qui a le plus long littoral océanique, avec ses 240 000 kilomètres de côtes.(2) Cette vaste zone côtière, qui désigne d'une façon générale les eaux à proximité du littoral et les terres adjacentes, forme un lien dynamique entre des terres et des eaux d'une grande diversité écologique, dont l'importance économique est cruciale.(3) Les estuaires, les plages, les dunes, les milieux humides et les zones intertidales et littorales servent de support à diverses espèces d'animaux marins et terrestres, en plus de jouer un rôle primordial dans les pêches et les activités récréatives. L'infrastructure côtière est essentielle aux secteurs du commerce, des transports et du tourisme, et vitale pour de nombreuses municipalités côtières. Il existe une autre zone qui joue un rôle analogue en bordure des lacs de grande étendue; c'est pourquoi les Grands Lacs, en particulier, sont souvent inclus dans les discussions qui portent sur les zones côtières du Canada.(4) En fait, d'autres grands lacs du Canada suscitent des questions analogues (p. ex., référence 5).

Des changements de climat de l'ampleur de ceux que prévoit le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) pour le présent siècle toucheraient les zones côtières de diverses manières. Mentionnons, entre autres, l'élévation des niveaux d'eau, la modification du régime des vagues, la magnitude des ondes de tempête, ainsi que la durée de la saison des glaces et leur épaisseur.(3) En règle générale, on accorde beaucoup d'attention aux variations des niveaux d'eau, qui auraient une ampleur considérable, quoique variable, dans toutes les zones côtières. Le long du littoral marin, les variations des niveaux d'eau subiront surtout l'influence de l'élévation moyenne du niveau de la mer à l'échelle planétaire, du fait de l'expansion thermique des océans et de l'intensification de la fonte des glaciers et des calottes glaciaires.(6,7) Sur les rives des lacs de grande étendue, les variations des niveaux d'eau seront liées à la modification du régime régional de précipitation et d'évaporation. Dans le cas des Grands Lacs, on s'attend à une baisse des niveaux d'eau dans les prochaines décennies (voir la référence 8; voir aussi le chapitre intitulé « Les ressources en eau »).

Même s'il existe un fort consensus scientifique sur l'élévation continue du niveau moyen de la mer à l'échelle planétaire au cours du présent siècle et par la suite, certaines incertitudes persistent quant à l'ampleur de ce changement. Les projections du GIEC, établies selon divers scénarios concernant les émissions, situent l'élévation du niveau moyen des mers dans un intervalle compris entre 9 et 88 centimètres pendant la période de 1990 à 2100.(7) La largeur considérable de cet intervalle s'explique à la fois par la variabilité des projections des températures et par les lacunes dans nos connaissances sur les processus océaniques et hydrologiques.(7) Il est également important de reconnaître que le niveau de la mer continuera de s'élever, et peut-être plus rapidement, au cours du prochain siècle, en raison du décalage entre l'augmentation des températures atmosphériques, le réchauffement des océans et la fonte des glaciers.

Dans la perspective des impacts et de l'adaptation, ce sont les variations locales du niveau relatif de la mer qui importent, et leur courbe pourrait être très différente de celle des variations à l'échelle planétaire. Outre les changements de climat, les variations du niveau marin à l'échelle régionale seront influencés par les processus géologiques de la croûte et du manteau terrestres qui modifient la position relative des continents et des océans. De plus, les changements que subiront le régime des courants, le phénomène de la remontée des eaux, l'amplitude de la marée et d'autres processus océaniques auront également une influence sur le niveau relatif de la mer à l'échelle locale. À l'heure actuelle, sur de longues portions des côtes de l'Arctique canadien, le niveau de la mer s'abaisse en réaction aux processus géologiques, alors qu'il s'élève à d'autres endroits, notamment sur une bonne partie des côtes de l'Atlantique et de la mer de Beaufort.(9) À certains endroits, l'ampleur de la variation du niveau marin est le résultat de l'action conjuguée de tous ces facteurs. Par conséquent, les variations du niveau marin ne se produiront pas au même rythme dans toutes les régions du pays.

Une évaluation initiale de la sensibilité du littoral canadien à l'élévation du niveau de la mer, présentée par Shaw et al.,(10) conclut que plus de 7 000 kilomètres de côtes sont très sensibles, dont une bonne partie des Maritimes, une grande portion du littoral baigné par la mer de Beaufort et la région du delta du Fraser, en Colombie-Britannique (voir la figure 1). La sensibilité dépend de divers facteurs, notamment les caractéristiques géologiques du littoral (p. ex., le type de roche, le relief, la topographie côtière) et les processus océaniques (p. ex., l'amplitude de la marée, la hauteur des vagues). Il est également primordial de déterminer si le niveau de la mer s'élève ou s'abaisse actuellement le long du littoral, afin d'établir sa sensibilité aux changements de climat futurs.

Figure 1 : sensibilité du littoral marin du Canada à une élévation du niveau de la mer.
image agrandie
[JPEG, 105.5 ko, 600 X 544, avis]

Sur le plan physiographique, une élévation rapide du niveau de la mer aurait principalement pour effet d'accélérer les changements littoraux qui se produisent actuellement dans les zones côtières. L'érosion et le recul des plages, l'érosion des falaises et la migration vers les terres des îles-barrières se poursuivraient, mais de façon plus rapide et généralisée.(9) L'inondation des basses terres côtières et l'accroissement des ondes de tempêtes causant des inondations sont également des préoccupations importantes. Il pourrait résulter de ces changements toute une série d'impacts biophysiques et socio-économiques le long des zones côtières (voir la figure 2) qui, à terme, auraient une incidence sur divers secteurs, notamment les pêches, les transports, le tourisme et les loisirs, de même que sur les collectivités.

Figure 2: Impacts biophysiques et socio-économiques potentiels du changement climatique dans les zones côtières (extrait modifié tiré de la référence 3)

Changement climatique et élévation du niveau de la mer

flèche

Impacts biophysiques

  • Inondations côtières plus étendues
  • Accroissement de l'érosion côtière
  • Intrusion d'eau salée dans les aquifères d'eau douce
  • Amincissement de la couverture glacielle
  • Hausse des inondations causées par des ondes de tempête
  • Augmentation des températures à la surface de la mer
  • Perte d'habitats côtiers

flèche

Impacts socio-économiques

  • Dommages aux infrastructures côtières, dont celles utilisées pour le transport et les loisirs
  • Allongement de la saison de navigation commerciale
  • Pertes de propriétés accrues
  • Augmentation des risques de maladie
  • Accroissement des risques d'inondation et de perte de vie
  • Changement de ressources renouvelables et de subsistance (p. ex., les pêches)
  • Perte de ressources et disparition de valeurs culturelles

La baisse des niveaux d'eau dans les Grands Lacs sous l'action du changement climatique aurait une incidence marquée sur les collectivités côtières, leur infrastructure et les activités qui s'y déroulent. Ces impacts seront parfois bénéfiques (comme l'élargissement des plages, la réduction des inondations), mais souvent négatifs. Par exemple, des niveaux d'eau trop bas pourraient nécessiter des travaux de dragage dans des marinas et des ports, imposer des restrictions à la circulation des navires commerciaux et réduire l'approvisionnement en eau des municipalités riveraines.(11)

Notre réaction et notre capacité d'adaptation joueront un rôle important dans l'établissement de la vulnérabilité des zones côtières au changement climatique. Le présent chapitre examine les impacts potentiels du changement climatique sur les régions côtières du Canada et les secteurs riverains des Grands Lacs, en mettant principalement l'accent sur les infrastructures et les collectivités. Le débat qui s'est engagé autour des mesures d'adaptation potentielles témoigne de la complexité des problèmes auxquels sont confrontés les gestionnaires des ressources et les collectivités dans ce contexte particulier. Il ressort d'un examen de la littérature parue à ce sujet que l'on met l'accent sur les impacts physiques tout en admettant la nécessité d'intensifier la recherche sur les impacts socio-économiques potentiels du changement climatique. Les diverses préoccupations d'ordre biologique et écologique que peut susciter la réalité du changement climatique dans les zones côtières sont traitées principalement dans le chapitre du présent rapport intitulé « Les pêches ».

Table des matières | Prochaine page