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ARCHIVÉE - Agriculture

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"L'agriculture est naturellement sensible aux conditions climatiques. Sans adaptation, la production agricole et les économies et collectivités agricoles ont généralement des problèmes face au changement climatique; par contre, elles peuvent devenir moins vulnérables si elles adoptent des stratégies d'adaptation." (1)

En 1998, l'industrie agricole et agroalimentaire canadienne a généré des recettes atteignant approximativement 95 milliards de dollars et elle occupait le troisième rang sur la liste des employeurs au pays.(2,3) En 2000, les exportations agroalimentaires canadiennes étaient évaluées à 23,4 milliards de dollars et représentaient 6,1 p. 100 du total des marchandises exportées.(3) Les exploitations agricoles sont réparties dans tout le Canada, la majorité des terres agricoles se trouvant dans les provinces des Prairies (voir le tableau 1). Les exploitations bovines et les fermes laitières fournissent la plus grande partie des recettes monétaires agricoles, mais le blé tendre, le colza et les autres céréales et oléagineux y contribuent également dans une large mesure.(4)

Bien que l'agriculture soit une composante vitale de l'économie canadienne, seule une petite partie du territoire canadien est cultivée. Les limitations imposées principalement par le climat et la nature des sols font que 7 p. 100 seulement de la masse continentale canadienne a utilisée à des fins agricoles.(5) Le climat influe fortement sur les fluctuations de la production agricole annuelle. Par exemple, la sécheresse qui a sévi dans une bonne partie du Canada en 2001 a sérieusement affecté les exploitations agricoles. La pénurie d'eau et la chaleur excessive, dans certaines régions de la Saskatchewan et de l'Alberta, ont entraîné une baisse considérable de la production agricole et constitué une menace pour la culture fourragère.(6) Dans le tableau 2, on dresse une liste des impacts de la sécheresse de 2001. Dans certaines régions des Prairies, l'année 2001 s'inscrit dans la perspective d'une sécheresse pluriannuelle qui s'est poursuivie à l'été 2002.

Tableau 1 : Distribution des fermes au Canada (4)
Région Nbre de fermes* Superficie totale des fermes (ha) Principaux types de fermes
Canada 230 540 67 502 446 Bétail (boeuf), céréales et oléagineux
Terre-Neuve-et-Labrador 519 40 578 Spécialités diverses, légumes
Île-du-Prince-Édouard 1 739 261 482 Bétail (boeuf), cultures de grande production
Nouvelle-Écosse 3 318 407 046 Spécialités diverses, fruits
Nouveau-Brunswick 2 563 388 053 Bétail (boeuf), spécialités diverses
Québec 30 539 3 417 026 Produits laitiers, spécialités diverses
Ontario 55 092 5 466 233 Bétail (boeuf), céréales et oléagineux
Manitoba 19 818 7 601 772 Bétail (boeuf), céréales et oléagineux
Saskatchewan 48 990 26 265 645 Blé, céréales et oléagineux
Alberta 50 580 21 067 486 Bétail (boeuf), céréales et oléagineux
Colombie-Britannique 17 382 2 587 118 Spécialités diverses, bétail (boeuf)

* Fermes dont les recettes sont supérieures à 2 499 $

Tableau 2 : Impacts de la sécheresse de 2001 sur l'agriculture (6, 7)
Région Impacts
Colombie-Britannique
  • Pertes dans les cultures légumières
  • Effets négatifs sur les cultures fourragères, surtout dans le nord de l'Okanagan
Prairies
  • Baisse de 43 p. 100 de la production de blé et de colza par rapport à 2000
  • Impact de la baisse de production céréalière estimé à cinq milliards de dollars
  • En Alberta, rationnement, pour la première fois, de l'eau d'irrigation au printemps
  • Au Manitoba, augmentation des problèmes causés par les maladies dans la culture du colza, de l'orge et du blé
Grands Lacs-Saint-Laurent
  • En Ontario, la plupart des cultures ont été touchées par la sécheresse et la chaleur
  • Augmentation du stress dû aux maladies, aux insectes et à la grêle
  • Populations records de certains insectes au Québec
Atlantique
  • Baisse de 35 à 45 p. 100 de la récolte de pommes de terre à l'Île-du-Prince-Édouard
  • Le stress dû à la sécheresse a frappé les récoltes de fruits (p. ex., les bleuets, les fraises) et de légumes (p. ex., les fèves)

Selon beaucoup d'observateurs, les conséquences de la sécheresse de 2001 donnent un avant-goût de ce qui attend le secteur de l'agriculture canadienne dans les années à venir. Le changement climatique peut entraîner des conditions climatiques plus rudes, accroître les problèmes causés par les ravageurs et engendrer de graves pénuries d'eau. Par contre, une température plus chaude et une saison de croissance prolongée seront bénéfiques sous plusieurs aspects de l'agriculture canadienne. Les experts s'accordent pour dire qu'un changement climatique de l'ampleur de celui que prévoit le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat(8) comporterait à la fois des avantages et des inconvénients pour le secteur agricole canadien, et que son impact varierait d'une région à l'autre.

L'adaptation est un des paramètres importants de la détermination de l'ampleur des répercussions du changement climatique sur l'agriculture. Des mesures d'adaptation appropriées permettraient aux agriculteurs de limiter leurs pertes en atténuant les effets défavorables, et de maximiser les profits en tirant parti des avantages du changement climatique. La gamme des mesures d'adaptation qui s'offrent au secteur agricole est étendue, et les stratégies varient fortement dans leur application et leur approche. Dans la sélection et la mise en oeuvre des stratégies d'adaptation, il faudra prendre en considération les influences physiques, socio-économiques et politiques du changement climatique sur l'agriculture ainsi que les rôles que seront appelés à jouer les producteurs, l'industrie et le gouvernement. Il faudra également reconnaître que le changement climatique n'est qu'une des nombreuses difficultés auxquelles le secteur agricole doit faire face, et qu'il ne fera pas nécessairement partie des priorités à court terme des décideurs.

Dans le présent chapitre, nous examinons la recherche effectuée récemment dans le secteur agricole canadien sur les répercussions du changement climatique et l'adaptation qu'il suppose, en nous concentrant sur le secteur primaire et la vulnérabilité des exploitations agricoles. Malgré l'extrême importance de cet élément, nous n'abordons pas la totalité des effets potentiels du changement climatique sur l'industrie agroalimentaire ni la totalité des mesures d'adaptation possibles, car l'étude de ces sujets n'est encore que fragmentaire et les informations publiées à ce jour sont limitées.

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