À propos de l’uranium

Table des matières

Descripteurs clés

  • Le Canada possède les plus importantes réserves au monde d’uranium à forte teneur et à faible prix, en particulier dans le nord de la Saskatchewan.
  • Le Canada est également le plus grand producteur d’uranium au monde; sa production s’élevait à 23 % de la production mondiale en 2007.
  • En 2007, le Canada a produit 9 476 tonnes d’uranium, provenant toutes des mines du nord de la Saskatchewan.
  • Près de 85 % de la production d’uranium canadienne est exportée. Le reste est consommé comme combustible dans les réacteurs CANDU au Canada.
  • Les prix de l’uranium connaissent une augmentation considérable depuis 2002, après avoir stagné pendant de nombreuses années. Cela donne lieu à des activités d’exploration importantes au Canada et partout dans le monde.
  • Avec ses ressources disponibles et sa production actuelle, le Canada est bien positionné pour conserver son titre de chef de file dans la production d’uranium à l’avenir.

Structure de l’industrie

L’industrie canadienne de l’uranium comprend des sociétés qui procèdent à l’extraction du minerai et à sa concentration, qui raffinent et convertissent l’uranium en dioxyde d’uranium et en hexafluorure d’uranium et qui produisent des grappes de combustible destinées aux réacteurs CANDU.

Les grands producteurs canadiens sont Cameco Corporation et AREVA Resources Canada Inc., qui se situent parmi les plus grands fournisseurs d’uranium au monde. Un certain nombre de coentreprises travaillent avec Cameco et AREVA à l’extraction et à la concentration de l’uranium. En outre, des centaines de sociétés au Canada se spécialisent dans des domaines particuliers de l’industrie de l’uranium, comme la prospection de l’uranium et les services d’ingénierie. L’uranium canadien respecte les exigences propres au combustible nucléaire des services publics d’électricité canadiens et étrangers.

Au Canada, l’extraction minière est régie habituellement par la réglementation provinciale. Cependant, la production d’uranium est de compétence fédérale. Au Canada, il existe un organisme de réglementation nucléaire indépendant, la Commission canadienne de sûreté nucléaire, qui réglemente les mines et les usines de concentration d’uranium ainsi que toutes les étapes subséquentes du cycle du combustible nucléaire, comme le raffinage, la conversion et la fabrication du combustible, dans le but de protéger la santé, la sûreté et la sécurité des personnes, ainsi que l’environnement.

Ressources

La majeure partie des réserves canadiennes d’uranium se trouve dans le nord de la Saskatchewan, où se trouvent les gisements à teneur élevée les plus importants au monde. Par exemple, à la mine McArthur River, la concentration moyenne en uranium des gisements s’élève à 18 %, ce qui en fait la mine d’uranium à plus forte teneur au monde. La teneur des gisements exploités au Canada est de 10 à 100 fois la teneur moyenne des gisements exploités ailleurs dans le monde.

C’est au Canada que l’on trouve les troisièmes plus importantes réserves d’uranium au monde, après l’Australie et le Kazakhstan. En date du 1er janvier 2007, le Canada avait 423 400 tonnes ou 9 % des réserves mondiales d’uranium total connues et récupérables à un prix de l’uranium de 100 dollars le kilogramme. À des prix plus élevés, des gisements additionnels d’uranium seraient considérés économiquement récupérables, ce qui augmenterait par conséquent les réserves d’uranium au Canada.

Aux niveaux de production actuels, les gisements d’uranium connus dureront plus de 40 ans. Toutefois, des preuves géologiques dénotent l’existence de gisements importants non encore découverts.

Production

Le Canada est le plus grand producteur mondial d’uranium, et sa production représente environ le quart de la production mondiale totale. En 2007, le Canada a produit 9 476 tonnes d’uranium, évaluées à environ 835 millions de dollars.

La production d’uranium au Canada est passée de 9 000 tonnes environ par année au début des années 1990 à 12 920 tonnes par année en 1998. Depuis lors, la production annuelle d’uranium se situe entre 8 214 et 12 552 tonnes.

La production actuelle provient des mines McClean Lake, McArthur River et Rabbit Lake (Eagle Point) dans le nord de la Saskatchewan. Deux autres mines (Cigar Lake et Midwest) devraient bientôt entrer en activité. Grâce à ces mines, la capacité de production annuelle devrait augmenter à environ 16 000 tonnes d’uranium par année. Il y a d’excellentes possibilités de découvrir d’autres réserves d’uranium au Canada et d’accroître la production encore davantage.

Production et évacuation de l'uranium au Canada
(en tonnes)*

Production et évacuation de l’uranium au Canada
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* Remarque : La production n’est pas nécessairement égale à la somme des exportations et de l’utilisation domestique à cause des changements dans les inventaires des usines de concentration d’uranium.

Traitement

La plus grande raffinerie d’uranium au monde – et la seule au Canada – est située à Blind River (Ontario). Les concentrés des mines d’uranium du Canada et de l’étranger y sont raffinés afin de produire du trioxyde d’uranium. Le produit est expédié à une installation de conversion à Port Hope (Ontario). Celle-ci produit le quart de l’approvisionnement mondial en hexafluorure d’uranium et le seul approvisionnement en dioxyde d’uranium naturel sous forme de combustible destiné aux réacteurs. L’hexafluorure d’uranium est exporté aux États-Unis et dans d’autres régions du monde pour produire l’uranium enrichi utilisé dans les réacteurs à eau ordinaire. Le dioxyde d’uranium est expédié à des installations de fabrication de combustible à Port Hope et Peterborough (Ontario) en vue de produire de l’uranium naturel pour les réacteurs CANDU du Canada et de l’étranger.

Exportations et consommation au pays

Près de 85 p. 100 de la production d’uranium du Canada est exportée. En 2007, la valeur des exportations d’uranium d’origine canadienne s’élevait à environ 710 millions de dollars. Les exportations sont principalement dirigées vers les États Unis, l’Union européenne et le Japon.

L’uranium qui reste est utilisé pour alimenter les réacteurs CANDU du pays, qui fournissent actuellement environ 15 % de l’électricité consommée au Canada. Des 22 réacteurs CANDU qui existent au Canada, 20 se trouvent en Ontario, à des emplacements distincts, et on dénombre un réacteur au Québec et un réacteur au Nouveau Brunswick.

Prix

La surproduction dans les années 1970 et au début des années 1980 et la liquidation subséquente des stocks, y compris les anciens stocks militaires, ont maintenu les prix de l’uranium à la baisse au cours des années 1990. En fait, depuis la chute de l’ancienne Union Soviétique à la fin de 1991, la production mondiale d’uranium représente moins de 60 p. 100 de la consommation. Toutefois, ces stocks seront bientôt épuisés et les prix de l’uranium ont augmenté.

Presque tout l’uranium produit au Canada est vendu dans le cadre de contrats à long terme dont les dispositions demeurent confidentielles. Une faible proportion de l’uranium produit au Canada est vendue sur le marché au comptant à court terme. Sur ce marché, le prix de l’octaoxyde de triuranium (U3O8), soit la forme sous laquelle l’uranium est le plus couramment commercialisé, s’est maintenu à environ 10 $US par livre durant les années 1990. Le prix au comptant a commencé à augmenter en 2002, atteignant 135 $US par livre de U3O8 à la fin de juin 2007 et se stabilisant à 89 $US par livre à la fin de décembre 2007. Les prix devraient demeurer élevés étant donné que l’offre répond encore difficilement à la demande. Cette tendance se poursuivra probablement jusqu’à ce qu’une capacité de production supplémentaire soit en place au Canada et ailleurs dans le monde.

Prix au comptant
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Perspectives

La hausse marquée des prix au comptant de l’uranium a entraîné une forte augmentation des activités d’exploration. Plus de 200 petites sociétés minières y prennent part, dont bon nombre pour la première fois. Les dépenses d’exploration, y compris l’exploration souterraine dans les mines existantes, sont passées d’environ 30 à 40 millions de dollars annuellement au début des années 2000 à 213 millions de dollars en 2006 et à 354 millions de dollars en 2007.

À l’extérieur du bassin d’Athabasca en Saskatchewan, des programmes actifs d’exploration de l’uranium sont également en cours dans les Territoires du Nord-Ouest, au Yukon, au Nunavut, au Québec, à Terre-Neuve et au Labrador, en Ontario, au Manitoba, au Nouveau-Brunswick et en Alberta. Il y a déjà des signes de succès, mais il faudra plusieurs années à l’industrie de l’uranium pour corriger complètement le déséquilibre actuel entre l’offre et la demande. En raison de la rigueur de la réglementation, la mise en valeur d’une nouvelle mine de taille moyenne prend de 10 à 15 ans en général.

L’amélioration du climat politique sur la question de l’énergie nucléaire, y compris son rapide développement en Chine et en Inde, donne à penser que la demande pour l’uranium augmentera. Des quantités importantes d’uranium devront être produites au Canada pour répondre à la demande mondiale dans un avenir prévisible. Compte tenu de ses importantes ressources à teneur élevée d’uranium et à faible coût ainsi que de sa production actuelle, le Canada est en bonne position pour maintenir son leadership dans la production d’uranium.