Pompes géothermiques (systèmes à énergie du sol)

Section 5 - Le chauffage et le refroidissement à l'aide d'une thermopompe

Les pompes géothermiques utilisent le sol, les eaux souterraines ou les deux comme source de chaleur durant l'hiver et comme évacuateur de la chaleur récupérée dans la maison pendant l'été. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'on les appelle pompes géothermiques. La chaleur est puisée dans le sol au moyen d'un liquide, comme de l'eau souterraine ou une solution antigel. Le liquide est chauffé dans la thermopompe, puis la chaleur est libérée à l'intérieur de la maison. En été, le processus est inversé : la chaleur est retirée de l'air de la maison et transférée au sol par l'eau souterraine ou la solution antigel. Dans les systèmes géothermiques à détente directe, la solution antigel est remplacée par du frigorigène dans un échangeur de chaleur souterrain.

Les installations géothermiques peuvent être utilisées conjointement à une installation de chauffage à air pulsé ou à un système à eau chaude. Elles peuvent également être conçues et installées de manière à assurer le chauffage seulement, le chauffage combiné à un refroidissement passif ou le chauffage et un refroidissement actif. Les installations réservées au chauffage n'offrent pas de refroidissement. Les systèmes de refroidissement passif pompent de l'eau froide ou de l'antigel dans l'installation sans avoir recours à la thermopompe, tandis que les appareils de refroidissement actif fonctionnent de la façon décrite ci-après, dans la section intitulée « Le cycle de refroidissement ».

Fonctionnement des pompes géothermiques

Tous les systèmes géothermiques comportent deux parties : un réseau de tuyaux souterrains situés à l'extérieur de la maison et une thermopompe placée à l'intérieur. Contrairement aux thermopompes à air – dont un échangeur de chaleur (et souvent le compresseur) est placé à l'extérieur –, les pompes géothermiques sont installées entièrement à l'intérieur de la maison.

Le réseau de tuyaux extérieurs peut être à circuit ouvert ou à circuit fermé. Le réseau à circuit ouvert capte la chaleur contenue dans une masse d'eau souterraine. L'eau est pompée d'un puits jusqu'à l'échangeur de chaleur, qui en extrait la chaleur. L'eau est ensuite déversée dans un plan d'eau de surface, par exemple un ruisseau ou un étang, ou acheminée au réservoir souterrain par un autre puits.

Les installations à circuit fermé retirent la chaleur du sol au moyen d'une boucle continue et enfouie. Une solution antigel (ou du frigorigène dans le cas des systèmes géothermiques à détente directe) est refroidie par le système de réfrigération de la thermopompe à une température sensiblement inférieure à celle du sol, elle circule dans la boucle et elle absorbe la chaleur du sol environnant.

Le cycle de chauffage

Au cours du cycle de chauffage, l'eau souterraine, la solution antigel ou le frigorigène (qui a circulé dans les tuyaux souterrains et absorbé la chaleur du sol) est acheminé vers l'appareil placé à l'intérieur de la maison. Dans le cas des systèmes utilisant de l'eau souterraine ou une solution antigel, le liquide traverse l'échangeur de chaleur primaire (rempli de fluide frigorigène). S'il s'agit d'un système à détente directe, le frigorigène entre directement dans le compresseur, sans passer par un échangeur de chaleur intermédiaire.

La chaleur se transmet au frigorigène, qui est porté à ébullition jusqu'à ce qu'il se transforme en vapeur à basse température. Dans les systèmes à circuit ouvert, l'eau souterraine est ensuite rejetée dans un étang ou un puits. Dans les systèmes à circuit fermé, la solution antigel ou le frigorigène est réacheminé vers le réseau de tuyaux souterrains afin d'être chauffé de nouveau.

Le robinet inverseur dirige le frigorigène sous forme de vapeur vers le compresseur. Celui-ci comprime la vapeur, ce qui a pour effet d'en réduire le volume et d'en augmenter la température.

Enfin, le robinet inverseur pousse le gaz ainsi réchauffé vers le condenseur, où la chaleur est libérée. L'air réchauffé est ensuite soufflé dans le serpentin et pulsé dans le réseau de conduites afin de réchauffer la maison. Après s'être départi de sa chaleur, le frigorigène traverse le détendeur, dans lequel sa température et sa pression sont abaissées. Il est ensuite acheminé soit au premier échangeur de chaleur, soit dans le sol s'il s'agit d'un système à détente directe, puis le cycle recommence.

Eau chaude de consommationr

Dans certains types de pompes géothermiques, un échangeur de chaleur (aussi appelé désurchauffeur) extrait de la chaleur du frigorigène chaud qui quitte le compresseur. De l'eau en provenance du chauffe-eau de la maison est pompée dans un serpentin situé en amont du condenseur, de sorte qu'une partie de la chaleur qui aurait été dissipée dans le condenseur sert à chauffer l'eau. Il y a toujours un surplus de chaleur lorsque l'appareil fonctionne en été en mode refroidissement et par temps doux en mode chauffage, quand la thermopompe est au-dessus du point d'équilibre et ne fonctionne pas à pleine capacité. D'autres installations géothermiques chauffent l'eau de consommation sur demande : dans ce cas, l'appareil complet sert à chauffer l'eau au besoin.

Si les pompes géothermiques peuvent servir au chauffage de l'eau, c'est parce que leur compresseur se trouve à l'intérieur de la maison. Ces appareils ayant une capacité de chauffage relativement constante, ils peuvent habituellement assurer du chauffage pendant beaucoup plus d'heures que nécessaire pour chauffer la maison.

Le cycle de refroidissement

Le cycle de refroidissement s'effectue essentiellement à l'inverse du cycle de chauffage. Le robinet inverse le sens de l'écoulement du frigorigène, qui récupère la chaleur contenue dans l'air de la maison. Dans le cas des systèmes à détente directe, la chaleur est transférée directement. Autrement, elle passe soit dans l'eau souterraine soit dans la solution antigel. La pompe achemine ensuite la chaleur vers l'extérieur – jusqu'à un plan d'eau ou un puits de retour (circuit ouvert) ou jusqu'aux tuyaux souterrains (circuit fermé). Ici encore, il est possible d'utiliser une partie de la chaleur excédentaire pour préchauffer l'eau de consommation.

Contrairement aux thermopompes à air, les pompes géothermiques n'exigent pas de cycle de dégivrage. La température du sous-sol est en effet beaucoup plus stable que celle de l'air et, comme la pompe elle-même est située à l'intérieur, le givre ne cause pas les mêmes ennuis.

Composition de l'installation

Les systèmes géothermiques se composent de trois éléments principaux : la thermopompe proprement dite, le liquide servant à l'échange de chaleur (circuit ouvert ou fermé) et le réseau de transport de l'air (conduites).

Il existe différents types de pompes géothermiques. Dans les appareils monobloc, le souffleur, le compresseur, l'échangeur de chaleur et le serpentin sont logés dans un même boîtier. Quant aux systèmes bibloc, ils permettent d'ajouter un serpentin à un système de chauffage à air pulsé et d'utiliser le souffleur et le générateur d'air chaud.

Efficacité énergétique

Comme dans le cas des thermopompes à air, le rendement des pompes géothermiques varie beaucoup selon les modèles. Les pompes géothermiques qui utilisent des eaux souterraines comme source de chaleur, aussi appelées systèmes à circuit ouvert, ont un CP pour le chauffage variant de 3,6 à 5,2 et un rendement énergétique (RE) pour le refroidissement allant de 16,2 à 31,1. Les systèmes à circuit fermé possèdent un CP pour le chauffage se situant entre 3,1 et 4,9, tandis que leur RE varie de 13,4 à 25,8.

L'efficacité minimale de chaque catégorie de pompes géothermiques est réglementée dans les mêmes territoires de compétence que les thermopompes à air. Le rendement des pompes géothermiques s'est grandement amélioré. Aujourd'hui, les améliorations apportées aux compresseurs, aux moteurs et aux commandes des thermopompes à air sont aussi appliquées aux pompes géothermiques, ce qui en accroît encore davantage l'efficacité.

Les pompes géothermiques dont le rendement énergétique va de bas à moyen comportent un compresseur alternatif ou un compresseur volumétrique rotatif à vitesse unique ainsi qu'un ratio frigorigène-air relativement normal, mais elles comportent un échangeur de chaleur frigorigène-eau surdimensionné à surface améliorée.

Les unités à rendement moyen utilisent un compresseur à conduit spiralé ou un compresseur alternatif perfectionné. Quant aux appareils à rendement élevé, ils comportent le plus souvent un compresseur à deux vitesses, un ventilateur intérieur à vitesse variable, ou les deux à la fois, et un échangeur de chaleur à peu près semblable à celui des autres systèmes.

Les pompes géothermiques sont désormais admissibles à l'Initiative de haute efficacité énergétique ENERGY STAR® au Canada. Actuellement, les critères ENERGY STAR suivants s'appliquent aux pompes géothermiques
au Canada :

Tableau 1 :

Principaux critères ENERGY STAR pour les pompes géothermiques (2004)
Type RE minimal CP minimal Chauffage de l'eau
Circuit fermé 14,1 3,3 Oui
• Chauffage de l'eau intégré 14,1 3,3 n.d.
Circuit ouvert 16,2 3,6 Oui
• Chauffage de l'eau intégré 16,2 3,6 n.d.
Détente directe 15,0 3,5 Oui
• Chauffage de l'eau intégré 15,0 3,5 n.d.

Afin de pouvoir afficher le symbole ENERGY STAR, les produits doivent satisfaire aux exigences techniques établies pour assurer que ces appareils sont parmi les plus éconergétiques sur le marché, ou les dépasser. Les exigences minimales varient d'une catégorie à l'autre, mais le rendement d'un modèle ENERGY STAR doit habituellement être de 10 à 50 p. 100 plus élevé que celui d'un modèle ordinaire.

Puissance

La température du sol, contrairement à celle de l'air, demeure assez constante. En conséquence, le rendement du système géothermique varie très peu au cours de l'hiver, et l'installation peut être conçue de façon à répondre à presque toute la demande de chauffage des locaux et fournir, en prime, l'énergie nécessaire au chauffage de l'eau.

Comme pour les thermopompes à air, toutefois, il n'est habituellement pas conseillé de dimensionner le système géothermique de façon à répondre à tous les besoins de chaleur de la maison. L'installation géothermique est le plus rentable lorsqu'elle satisfait 60 à 70 p. 100 de la demande maximale globale (chauffage des locaux et de l'eau). Un système de chauffage d'appoint permettra de répondre aux besoins exceptionnels lorsque les rigueurs de l'hiver occasionneront une charge de pointe. L'installation configurée de cette façon peut fournir environ 95 p. 100 de l'énergie nécessaire au chauffage des pièces et de l'eau.

Les pompes géothermiques à vitesse variable ou à puissance variable possèdent un compresseur à deux vitesses. À basse vitesse, ce type de système peut répondre à tous les besoins de refroidissement et à la plupart des besoins de chaleur; il passe à la deuxième vitesse seulement lorsque la demande de chaleur est élevée.

Il existe sur le marché des pompes géothermiques de puissances variées pour satisfaire aux exigences du climat canadien. Ces appareils, dont la puissance varie entre 7 kW et 35 kW (de 24 000 à 120 000 Btu/h), offrent en option le chauffage de l'eau de consommation.

Conception

Contrairement aux thermopompes à air, les pompes géothermiques exigent un puits ou un système de tubulure en boucle pour recueillir la chaleur du sol ou l'y dissiper.

Système à circuit ouvert

Comme on l'a déjà précisé, le système à circuit ouvert utilise de l'eau souterraine provenant d'un puits ordinaire comme source de chaleur. L'eau est pompée dans la thermopompe, où la chaleur en est extraite. L'eau utilisée est ensuite déversée dans un cours d'eau, un étang, un fossé, un tuyau de drainage, une rivière ou un lac. Ce procédé est mieux connu sous le nom d'évacuation à ciel ouvert. (Cette méthode n'est peut-être pas approuvée dans votre région. Renseignez-vous auprès des autorités locales.)

On peut aussi rejeter l'eau utilisée dans un puits d'élimination, c'est-à-dire un second puits qui renvoie l'eau dans le sol. Ce type de puits doit être suffisamment grand pour éliminer toute l'eau qui circule dans la thermopompe et il doit être creusé par un puisatier d'expérience. Si vous avez déjà un puits supplémentaire, l'entrepreneur qui installe votre thermopompe doit s'assurer, auprès d'un puisatier, qu'il peut servir de puits d'élimination. Peu importe la méthode employée, l'installation doit être entièrement sûre pour l'environnement. La thermopompe n'a pour fonction que de retirer la chaleur de l'eau ou d'y en ajouter; ce procédé ne comporte aucun polluant du milieu. La seule modification apportée à l'eau qui retourne à la terre est une légère augmentation ou diminution de sa température.

La puissance de la thermopompe et les prescriptions techniques du fabricant déterminent la quantité d'eau nécessaire au fonctionnement du système à circuit ouvert. Le besoin d'eau de chaque modèle de thermopompe s'exprime normalement en litres par seconde (L/s) et il est précisé dans le devis technique de l'appareil. Une thermopompe d'une puissance de 10 kW (34 000 Btu/h) utilise entre 0,45 et 0,75 L/s.

L'ensemble puits-pompe doit être d'une capacité suffisante pour fournir la quantité d'eau nécessaire au fonctionnement de la thermopompe et satisfaire à la demande d'eau de consommation de la maisonnée. Il se peut que vous deviez augmenter la capacité de votre réservoir sous pression ou modifier la tuyauterie de votre maison pour apporter assez d'eau à la thermopompe.

La mauvaise qualité de l'eau peut entraîner de sérieux problèmes dans le cas de systèmes à circuit ouvert. On doit donc éviter de se servir d'eau provenant d'une source, d'un étang, d'une rivière ou d'un lac pour faire fonctionner la thermopompe, à moins qu'il n'ait été établi que cette eau ne contient pas de quantités excessives de particules et de matières organiques, et qu'elle est suffisamment chaude tout au long de l'année (le plus souvent au-dessus de 5 °C) pour empêcher le gel de l'échangeur de chaleur. Les particules et autres matières peuvent en effet obstruer la thermopompe et la rendre inutilisable en peu de temps. Avant de procéder à l'installation d'une thermopompe, il est bon de soumettre l'eau à des analyses afin d'en établir le degré d'acidité, la dureté et la teneur en fer. L'entrepreneur qui se chargera d'installer la thermopompe ou le fabricant de l'appareil sont en mesure de vous renseigner sur la qualité d'eau qui est acceptable et sur les circonstances dans lesquelles il peut être nécessaire d'utiliser un échangeur de chaleur fait d'un matériau spécial. L'installation d'un système à circuit ouvert est souvent régie par les règlements locaux de zonage ou assujettie à un permis. Vérifiez auprès des autorités locales si certaines restrictions s'appliquent à la région que vous habitez.

Système à circuit fermé

Le système à circuit fermé, qui puise la chaleur dans le sol même, fonctionne à partir d'une boucle continue formée de tubes de plastique de conception spéciale, enfouis dans la terre. On utilise des tubes de cuivre dans le cas des systèmes à détente directe. La tubulure est raccordée à la thermopompe, installée dans la maison, et forme une boucle souterraine étanche dans laquelle circule une solution antigel ou un liquide frigorigène. Alors que l'installation à circuit ouvert utilise de l'eau provenant d'un puits, le système à circuit fermé permet la recirculation de la solution servant au transfert de la chaleur dans une tubulure sous pression.

La tubulure est disposée à la verticale et à l'horizontale. La configuration verticale du circuit fermé convient à la plupart des propriétés de banlieue, où l'espace est restreint. Les tubes sont insérés dans des trous d'un diamètre de 150 mm (6 po), jusqu'à une profondeur variant entre 18 et 60 m (de 60 à 200 pi), selon l'état du sol et la puissance de l'installation. Il faut normalement prévoir une longueur de 80 à 110 m (de 270 à 350 pi) de tubes pour chaque tonne (3,5 kW ou 12 000 Btu/h) de puissance de la thermopompe. Des tubes en U sont insérés dans les trous. Pour les systèmes à détente directe, le diamètre des trous peut être plus petit, ce qui peut réduire les frais de creusage.

La disposition horizontale se retrouve plus fréquemment dans les régions rurales, où les terrains sont grands. La tubulure est installée dans des tranchées d'une profondeur variant entre 1,0 et 1,8 m (de 3 à 6 pi) selon le nombre de tubes dans chaque tranchée. En règle générale, il faut prévoir de 120 à 180 m (de 400 à 600 pi) de tubes par tonne de puissance. Par exemple, une maison bien isolée d'une superficie de 185 m2 (2 000 pi2) exige normalement une installation d'une puissance de trois tonnes, soit de 360 à 540 m (de 1 200 à 1 800 pi) de tubes.

Le type d'échangeur de chaleur horizontal le plus répandu est constitué de deux tuyaux placés côte à côte dans la même tranchée. Lorsque l'espace est restreint, on recourt parfois à un échangeur de chaleur en spirale, et on peut même superposer quatre ou six tubes dans des tranchées plus courtes.

Quel que soit l'agencement que vous choisissez, la tubulure destinée à recevoir la solution antigel doit être faite de polyéthylène ou de polybutylène de série 100 et comporter des joints soudés par fusion thermique (plutôt que des raccords mécaniques, des brides ou des joints collés) afin d'assurer l'étanchéité des joints pendant la durée utile de la tubulure. Correctement installés, ces tubes peuvent servir pendant 25 à 75 ans. Ils résistent bien à l'action des produits chimiques contenus dans le sol et sont de bons conducteurs de chaleur. Quant à la solution antigel, elle doit recevoir l'approbation des autorités locales en matière d'environnement. Pour les systèmes à détente directe, il faut utiliser des tubes de cuivre destinés à être utilisés avec un frigorigène.

La présence de circuits verticaux ou horizontaux n'a aucun effet défavorable sur le paysage pourvu que les trous et les tranchées soient bien remblayés et le sol fermement compacté.

Pour les circuits disposés à l'horizontale, il faut creuser des tranchées d'une largeur de 150 à 600 mm (de 6 à 24 po). Les espaces dénudés créés par ces travaux peuvent être restaurés avec du gazon. Quant aux circuits verticaux, leur pose exige peu d'espace et cause peu de dommages à la pelouse.

Il est important de confier à un entrepreneur compétent l'installation des circuits horizontaux et verticaux. Les tubes de plastique doivent être soudés par fusion thermique, et on doit veiller à établir un bon contact entre le sol et la tubulure afin que le transfert de la chaleur se fasse correctement, comme c'est le cas avec les trous cimentés à l'aide d'une caisse à couler. Cet élément est particulièrement important dans le cas des systèmes à échangeur de chaleur vertical. Une mauvaise installation du circuit peut empêcher la thermopompe de fournir un rendement optimal.

Installation

Comme les thermopompes à air, les pompes géothermiques doivent être conçues et installées par un entrepreneur qualifié. Il est conseillé de vous adresser à un entrepreneur local spécialiste des thermopompes pour concevoir, installer et entretenir votre équipement. Vous serez ainsi assuré d'avoir une installation efficace et fiable. Il faut aussi veiller à ce qu'on s'en tienne rigoureusement aux instructions du fabricant. Toutes les installations doivent être conformes aux exigences de la norme CSA C448 de l'Association canadienne de normalisation.

Le coût des pompes géothermiques (installation comprise) varie en fonction de l'état de l'emplacement; toutefois, il peut atteindre deux fois celui d'un système de chauffage au gaz, à l'électricité ou au mazout assorti d'un appareil de climatisation d'appoint. Le coût total d'un système à circuit ouvert peut être moindre. Les frais supplémentaires sont attribuables au collecteur souterrain, qu'il s'agisse d'un circuit ouvert ou fermé. Il faut par ailleurs installer des conduites dans les maisons qui n'ont pas de réseau de distribution d'air. Le degré de difficulté de ces travaux varie selon les cas et doit être évalué par l'entrepreneur.

Les frais d'installation sont aussi fonction du type de collecteur souterrain choisi et des exigences techniques de l'équipement. Pour que le projet en vaille la peine sur le plan financier, il faut que la diminution de vos frais d'énergie vous permette de récupérer en moins de cinq ans les frais déboursés au moment de l'installation. Renseignez-vous auprès du service public d'électricité de votre localité pour savoir quels avantages vous auriez à investir dans l'achat d'une pompe géothermique. On offre parfois un régime de financement à frais réduits aux acquéreurs d'installations approuvées.

Principaux avantages des pompes géothermique

Efficacité

Au Canada, où la température de l'air peut descendre sous –30 °C et où la température du sol en hiver varie entre –2 °C et 4 °C , les systèmes à pompe géothermique ont un coefficient de performance (CP) allant de 2,5 à 3,8.

On connaît le CP et le RE des pompes géothermiques, mais il faut quand même évaluer leur performance pendant la saison de chauffage pour être en mesure de comparer leurs coûts de fonctionnement avec ceux des thermopompes à air.

Dans les régions méridionales du Canada, le CPSC des pompes géothermiques à circuit ouvert varie de 10,7 à 12,8 comparativement à un CPSC de 3,4 pour le chauffage à résistances électriques. Toujours dans les régions méridionales, les installations à circuit fermé ont un CPSC variant entre 9,2 et 11,0, la valeur la plus élevée étant celle du système à circuit fermé le plus efficace sur le marché.

Économies d'énergie

Une pompe géothermique vous fera économiser beaucoup en frais de chauffage et de refroidissement. Elle permet des économies de l'ordre de 65 p. 100 des frais occasionnés par l'utilisation d'un système de chauffage électrique.

En moyenne, une pompe géothermique permet d'économiser environ 40 p. 100 de plus qu'il ne serait possible de le faire avec une thermopompe à air. Cela s'explique par le fait qu'en hiver, la température du sol est plus élevée que celle de l'air. En conséquence, la pompe géothermique peut fournir plus de chaleur au cours de l'hiver que ne peut le faire une thermopompe qui puise la chaleur de l'air.

Dans la pratique, les économies d'énergie réalisées dépendent du climat local, du rendement du système de chauffage en place, du coût du combustible et de l'électricité, de la puissance de l'appareil et du coefficient de performance de la thermopompe, mesuré selon les exigences de la CSA. Plus loin dans la présente publication, on comparera les frais de chauffage d'une pompe géothermique avec ceux d'un système de chauffage électrique, en plus des thermopompes à air.

Chauffage de l'eau de consommation

Le recours à une pompe géothermique peut également réduire les frais de chauffage de l'eau de consommation. Certains de ces appareils sont munis d'un désurchauffeur qui utilise une partie de la chaleur recueillie pour préchauffer l'eau, tandis que d'autres modèles plus récents passent automatiquement au chauffage de l'eau sur demande. Grâce à ces particularités, ces installations vous permettent de réduire vos frais de chauffage de l'eau de 25 à 50 p. 100.

Entretien

Les pompes géothermiques exigent peu d'entretien de votre part. De fait, les travaux d'entretien devraient être confiés à un entrepreneur compétent, qui devrait procéder à la vérification de votre appareil une fois par année.

  • Tout comme dans le cas des thermopompes à air, l'entretien des filtres et des serpentins a une grande incidence sur le rendement de l'installation et sa durée utile. La saleté qui obstrue les filtres, les serpentins ou les ventilateurs entrave la circulation de l'air dans la thermopompe. Cela diminue le rendement de l'installation et peut, à la longue, endommager le compresseur.
  • On doit nettoyer le ventilateur pour s'assurer qu'il fournit le débit d'air nécessaire au bon fonctionnement de l'appareil. Il faut, par la même occasion, vérifier la vitesse du ventilateur. Le mauvais réglage des poulies, le relâchement de la courroie ou le fonctionnement de l'appareil à la mauvaise vitesse sont autant de facteurs qui contribuent à réduire le rendement de l'installation.
  • Il faut inspecter et nettoyer les conduites selon les besoins, pour s'assurer que le débit d'air n'est pas gêné par le relâchement de l'isolant, une accumulation excessive de poussière ou tout autre objet que peuvent quelquefois laisser passer les grillages.
  • Assurez-vous que les évents et les bouches d'aération ne sont pas obstrués par la présence de meubles, de tapis ou de tout autre objet pouvant gêner la circulation de l'air.
  • Dans le cas d'un système à circuit ouvert, il est possible que des dépôts minéraux se forment à l'intérieur de l'échangeur de chaleur de la thermopompe. Une inspection régulière et, au besoin, un nettoyage fait par un entrepreneur compétent à l'aide d'une solution acide douce suffit à dissoudre ces dépôts. Le système à circuit fermé exige moins
    d'entretien à la longue parce qu'il est étanche et sous pression, ce qui élimine la possibilité d'accumulation de dépôts minéraux ou ferreux.

Les contrats d'entretien des pompes géothermiques sont semblables à ceux que l'on offre pour les systèmes de chauffage au mazout et au gaz.

Frais de fonctionnement

Les frais de fonctionnement d'une pompe géothermique sont habituellement largement inférieurs à ceux des autres installations de chauffage, en raison des économies de combustible que permet la pompe. Un installateur compétent devrait être en mesure de vous renseigner sur la quantité d'électricité que consomment les divers modèles de pompes géothermiques.

Toutefois, les économies que vous pouvez faire dépendent du type de système de chauffage que vous avez – à l'électricité, au mazout ou au gaz naturel – et du prix de ces différentes sources d'énergie dans votre région. L'utilisation d'une thermopompe permet de consommer moins de gaz ou de mazout, mais elle fait augmenter la consommation d'électricité. Si vous habitez une région où l'électricité coûte cher, vos frais de fonctionnement peuvent être plus élevés. La période de récupération du coût d'une pompe géothermique peut donc aller jusqu'à une décennie ou plus. Vous trouverez, plus loin dans cette publication, des estimations du coût de fonctionnement des pompes géothermiques.

Durée de service et garanties

La durée utile d'une pompe géothermique varie entre 20 et 25 ans. Elle est supérieure à celle de la thermopompe à air, parce que le compresseur est soumis à des efforts thermiques et mécaniques moindres et qu'il est protégé des intempéries.

La majorité des pompes géothermiques s'assortissent d'une garantie d'une année quant aux pièces et à la main-d'œuvre, et certains fabricants offrent une garantie prolongée. Comme ces garanties varient d'un fabricant à l'autre, il est prudent d'en vérifier attentivement tous les détails.

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