Volume 21, numéro 4

Table des matières

Photo de Fabien Demougeot

Fabien Demougeot, directeur du département Énergie de Cascades inc. à Kingsey Falls au Québec et nouveau président du groupe de travail sur la fabrication générale du PEEIC pour l’Est du Canada – Québec.

Le PEEIC souhaite la bienvenue à Fabien Demougeot de Cascades dans son nouveau rôle de président du groupe de travail sur le secteur de la fabrication générale représentant le Québec

« Ensemble, nous pouvons faire la promotion des programmes gouvernementaux qui aideront la réduction de l’intensité énergétique dans notre industrie, ce qui la rendra plus compétitive et nous permettra de respecter la réglementation environnementale », affirme Fabien Demougeot, directeur du département Énergie de Cascades inc. à Kingsey Falls au Québec et nouveau président du groupe de travail sur le secteur de la fabrication générale du PEEIC pour l’Est du Canada – Québec.

M. Demougeot apporte sa grande expérience de la gestion de l’énergie au groupe de travail. Il travaille chez Cascades depuis treize ans et dirige son département Énergie depuis six ans.

Il considère qu’il est nécessaire de multiplier les rencontres entre les membres de l’industrie dans la région. « Nous devons organiser un autre forum d’échange et de réseautage sur les pratiques exemplaires en plus du Sommet de l’énergie, qui a lieu tous les deux ans. »

Cascades inc. est un producteur de produits d’emballage et de papiers composés principalement de fibres recyclées. Grâce aux plus de 20 ans d’expérience de son équipe de gestion de l’énergie qui a, dans ce laps de temps, mis en œuvre de nombreuses initiatives, l’entreprise est à l’avant-garde de l’industrie sur les questions de gestion de l’énergie. Des programmes d’amélioration permanente progressive sont en place dans toutes ses installations au Canada et aux États-Unis. « Chaque initiative et chaque projet nous permet d’en apprendre plus sur l’efficacité énergétique. Nous partageons ces leçons avec les autres membres de notre industrie, afin de progresser ensemble », remarque-t-il.

Cascades a aussi élaboré un plan de communication stratégique réunissant la direction générale et tous les employés dans des initiatives aux répercussions importantes. Pour Fabien Demougeot, le groupe de travail peut mettre en place une stratégie de communication similaire pour promouvoir l’efficacité énergétique dans l’industrie au Canada encore plus efficacement.

« Notre industrie peut faire une différence en matière d’approvisionnement énergétique », poursuit-il. Il indique également qu’en tant que grand consommateur d’énergie, Cascades peut opter pour des sources d’énergie plus vertes pour collaborer avec des fournisseurs appliquant des pratiques exemplaires en matière de responsabilités sociale et environnementale. Pour soutenir cet effort, la stratégie d’approvisionnement écoresponsable de l’entreprise s’applique à tous les fournisseurs avec lesquels elle a des accords contractuels.

La grande expérience de la gestion de l’énergie de M. Demougeot ne l’empêche pas d’avoir hâte de découvrir les pratiques exemplaires dans les installations d’autres membres du PEEIC. Il est, par exemple, intéressé par les indicateurs de rendement clés (IRC) utilisés par d’autres entreprises, ainsi que la fréquence à laquelle ils sont suivis.

Il considère que « nous pouvons tous réduire notre consommation d’énergie. En collaborant et en mettant nos expériences en commun, nous pouvons transformer notre industrie. »

Des véhicules souterrains entièrement électriques pour la mine Borden de Goldcorp

Le projet de mine aurifère Borden de Goldcorp prévoit que cette mine soit la première d’Amérique du Nord à remplacer tout sa flotte souterraine à moteur diesel par des véhicules électriques à batterie (VEB). John Mullally, directeur des relations gouvernementales et de l’énergie à Goldcorp Canada ltée, indique que Goldcorp a établi un partenariat avec Sandvik Mining et Maclean Engineering pour concevoir à la demande une flotte de VEB qui sera utilisée dans les souterrains de sa mine aurifère Borden, près de Chapleau, dans le nord de l’Ontario.

« Nos véhicules électriques permettront à l’entreprise d’économiser 2 millions de litres de carburant diesel, 1 million de litres de propane et 33 000 mégawatts-heures, soit 50 pour cent de la consommation annuelle en électricité de la mine », précise-t-il. Cette conversion réduit les besoins en aération des souterrains d’environ 50 pour cent par rapport à une mine fonctionnant au diesel. Les émissions de GES diminueront par ailleurs de 7 000 tonnes d’équivalent CO2 sur l’année.

M. Mullally indique que le choix des VEB avait avant tout pour objectif l’amélioration de la santé et de la sécurité des employés. « L’utilisation des VEB supprime les émissions de gaz nocifs et de matière particulaire diesel dans les souterrains. »

Sandvik Mining et Maclean Engineering fourniront une flotte de VEB, du matériel de forage et de dynamitage à batterie aux boulonneuses et transporteurs de personnel électriques. Un camion de roulage à batterie de 40 tonnes doit entrer en service en 2019.

La prochaine étape du projet d’innovation et de durabilité de Goldcorp est la conversion de ses autres sites miniers à l’énergie électrique. John Mullally déclare : « Nous travaillons avec des fabricants d’équipement d’origine (FEO) pour améliorer notre compréhension du remplacement du matériel au diesel existant par des véhicules électriques. Il est important que nous limitions autant que possible les risques dus à l’utilisation d’une technologie qui se trouve à l’étape précommerciale. »

« Dans de nombreux cas, l’efficacité de la technologie VEB est déjà équivalente à celle du matériel au diesel. Si l’on considère ses avantages en matière d’amélioration de la santé, de la sécurité et de la productivité, de réduction des besoins de maintenance, d’économies de carburant et d’élimination des émissions de GES, on constate que l’utilisation de ce matériel est très judicieuse du point de vue économique et environnemental. » Il ajoute toutefois : « Nous payons actuellement un supplément pour les VEB et le déploiement d’une nouvelle technologie comporte des risques technologiques et fonctionnels. » Il fait remarquer que les opérateurs préfèrent souvent suivre de près les pionniers en matière d’utilisation d’une nouvelle technologie plutôt que d’ouvrir la voie eux-mêmes.

Outre les VEB, dans la mine Borden, on installera un système d’aération à la demande, on pratiquera l’extraction minière sans compresseur et on utilisera des technologies de commande intelligente, notamment un système de commande à distance afin de tirer le meilleur profit du matériel et de favoriser l’efficacité.

M. Mullally explique que le projet de mine aurifère Borden est à l’avant-garde de la conversion aux technologies propres.

Des économies d’énergie en perspective dans certaines mines grâce à la technologie éprouvée de séparation des minéraux denses

« Bien qu’éprouvée depuis un certain temps, la technologie de séparation en milieu dense est souvent négligée. On l’utilise pour certains minerais », explique Erin Legault-Seguin, chef métallurgiste au Service des minéraux de SGS. La technologie à laquelle il fait référence est un processus de préconcentration employé pour les activités d’exploitation minière de roche dure qui pourrait permettre des économies d’énergie conséquentes.

Il précise que ce processus permet de séparer les minéraux en fonction de leur gravité propre. Il s’agit d’une technique fiable, permettant une séparation efficace. Elle est employée préalablement au broyage de la roche en particules dont la taille peut varier entre 300 mm et 500 µm, selon l’utilisation.

Cette technologie a été développée dans les années 1940 pour les mines de charbon et de diamants. Des études pilotes à l’échelle menées au Canada dans les années 1980 ont elles aussi démontré son efficacité sur le spodumène, un minerai de lithium. Depuis, ce procédé a fait l’objet d’autres études dans des mines de diamants, dans lesquelles il est encore couramment utilisé. M. Legault-Seguin affirme que cette technique a également été utile dans des mines de lithium et de zinc.

SGS a effectué de nombreuses études sur des échantillons de minerais dans son installation de Lakefield, en Ontario, notamment True North Gems (pour l’exploitation de rubis) et Nemaska (pour le traitement du lithium). Une entreprise qui prévoyait l’expansion de sa mine a par exemple pu rejeter 30 pour cent de sa masse de minerai grâce à la séparation en milieu dense. Ainsi, la masse de minerai à broyer a été réduite et une quantité moindre d’énergie a été nécessaire au broyage du minerai restant, plus tendre, ce qui a éliminé le besoin d’expansion de l’installation. M. Legault-Seguin indique que Canadian Zinc prévoit aussi d’utiliser la séparation en milieu dense dans ses mines du Yukon et du Labrador.

La rentabilité de cette technique varie selon les mines et un minimum d’investissement en capital est indispensable, indique-t-il. Il suggère que les minerais à gros grains et à la densité élevée tels que les minerais de galène (plomb), de sphalérite (zinc) et de spodumène (lithium) sont de bons candidats pour la séparation en milieu dense, tout comme les minerais d’or riches en sulfure et les systèmes minéralisateurs riches en fluorite. Un essai de séparation à liquide dense à l’échelle du laboratoire, peu coûteux, effectué sur un échantillon de minerai peut déterminer s’il est opportun d’utiliser la séparation en milieu dense.

Le chef métallurgiste a, au cours des essais, vu jusqu’à 60 pour cent du minerai être rejeté : cela signifie que des économies d’énergie conséquentes peuvent être réalisées durant la phase de broyage. « Nous visons un taux de récupération de 90 % tout en rejetant autant de déchets que possible, généralement entre 40 et 60 pour cent du minerai. On peut ainsi réduire la quantité d’énergie nécessaire au broyage de manière conséquente. »

M. Legault-Seguin et ses collègues ont présenté les résultats de leurs recherches à la conférence annuelle des minéralurgistes du Canada en 2015. Ces résultats peuvent être téléchargés ici (en anglais seulement).

Des économies d’énergie réalisées grâce au logiciel EnerTrend de Manitoba Hydro

« Le logiciel EnerTrend nous permet de visualiser clairement notre consommation d’énergie. Il nous fournit les données nécessaires pour faire une analyse de rentabilité de la mise en œuvre des mesures de gestion de l’énergie qui nous permettront de réduire notre facture énergétique », affirme Sal Nanda, chef ingénieur chez Maple Leaf Consumer Foods à Winnipeg dans le Manitoba.

EnerTrend 2.0 est un outil en ligne de suivi de la consommation énergétique développé par Manitoba Hydro à l’intention de ses principaux clients. Ryan Aubry, conseiller en services énergétiques, responsable de ventes aux clients importants chez Manitoba Hydro, explique que l’établissement de ce type de profils de consommation énergétique permet aux organismes d’effectuer un contrôle proactif de leur consommation d’énergie et, ainsi, de réduire leurs dépenses.

Le logiciel traite les données relatives à l’énergie et crée des profils sur la consommation de gaz naturel et d’électricité. Il génère aussi des rapports sur les pics de consommation. Les profils de consommation de l’électricité indiquent la demande en kilovoltampères (kVA), la consommation en kilowatts (kW), et la puissance réactive en kilovoltampères réactifs (kVAR). Les profils de consommation du gaz naturel présentent un suivi de la consommation. M. Nanda indique que le personnel d’exploitation de son installation utilise EnerTrend pour étudier les variations de la consommation énergétique au cours de la journée en fonction des processus en cours. « Ces renseignements nous aident à réduire nos pics de demande mensuelle. »

Les organismes peuvent utiliser EnerTrend pour identifier les anomalies dans leur consommation d’énergie, et ainsi les corriger pour réaliser des économies. M. Aubry indique que grâce aux profils de consommation énergétique créés par le logiciel, les entreprises peuvent modifier leur charge électrique et ainsi réduire leurs pics de consommation et leur facture. Elles peuvent aussi comparer la consommation énergétique d’une installation à une autre, mesurer l’efficacité des programmes d’efficacité énergétique et détecter les facteurs de gaspillage énergétique ainsi que le matériel défectueux.

Dans le cas d’une unité de production, EnerTrend a permis d’identifier les pics de consommation électrique, qui se sont avérés être causés par le fonctionnement simultané de plusieurs fours électriques. Une stratégie de gestion de la consommation énergétique a été élaborée en conséquence, ce qui a permis de réaliser des économies à hauteur de 400 kW par mois.

M. Aubry précise qu’environ 100 clients à qui Manitoba Hydro fournit de l’électricité et 20 clients à qui l’entreprise vend du gaz naturel sont abonnés à EnerTrend. « C’est auprès de nos clients dans l’industrie que le programme est le plus populaire. Ils viennent de tout type de secteurs, de l’agroalimentaire à la fabrication générale en passant par l’industrie chimique, l’exploitation minière et l’industrie des pâtes et papiers. »

EnerTrend est un outil permettant de cerner les occasions de faire diminuer les pics de demande en électricité et en gaz naturel à moindre coût. « L’identification des pics de consommation et des périodes de forte demande permet à nos clients d’élaborer des plans de réduction et de suivi de leur consommation énergétique, ce qui contribue à la gestion des coûts de services publics et donc à la rentabilité des entreprises du Manitoba. »

Vous trouverez plus de renseignements sur EnerTrend à l’adresse suivante : www.hydro.mb.ca/your_business/large_business_solutions/products/enertrend.shtml (en anglais seulement).

La gestion des ressources : un sujet sérieux dans les microbrasseries de l’Ontario

« Nous savons que les brasseries sont de plus en plus conscientes de l’importance centrale de l’eau pour leur activité », déclare Kevin Jones, président du BLOOM. « Ils commencent à cerner les occasions d’économies dans le processus de production de la bière en réutilisant l’eau, en captant de l’énergie libre et en se servant des levures et d’autres matières utilisées pour des applications d’utilisation finale bénéfiques. »

Une enquête menée par BLOOM en 2016 auprès des microbrasseries de l’Ontario abonde dans le sens de la déclaration M. Jones : en effet, 97 pour cent des répondants comprennent l’importance de l’amélioration de la gestion de l’eau et d’autres ressources, non seulement pour augmenter leur résultat net, mais aussi pour protéger l’environnement et agir en tant que partenaires communautaires proactifs.

L’enquête montre que les répondants ont pris des mesures de conservation des ressources, ou que ces mesures sont en cours d’élaboration. Parmi les mesures principales, on peut citer la mise en œuvre de pratiques plus économes en eau, la réorientation des matériaux avant qu’ils ne pénètrent dans la tuyauterie, l’utilisation de techniques de nettoyage à sec, la surveillance de la consommation d’eau à plusieurs étapes de la production, la mise en place de meilleurs systèmes de gestion des eaux usées et l’utilisation de technologies permettant le traitement sur place des eaux usées.

Afin de soutenir les efforts des microbrasseries pour l’amélioration de leur gestion de l’eau, BLOOM a lancé une plateforme en ligne, « Water & Beer ». Elle offre des renseignements sur les pratiques exemplaires de gestion de l’eau.

Comme l’enquête de BLOOM l’a démontré, la communauté est de plus en plus consciente de l’importance de la protection des ressources. De nombreuses occasions de l’améliorer existent. Saisir ces occasions bénéficiera à leurs activités, à leur communauté et à l’environnement.

Vous trouverez plus de renseignements sur ce rapport à l’adresse suivante : http://bloomcentre.com/strategic-management-of-water-resources-important-to-ontario-craft-breweries/ (en anglais seulement).

Nouveaux Leaders du PEEIC

Secteur des produits chimiques

Terra Grain Fuels Inc. – Belle Plaine (Saskatchewan)

Secteur des aliments et boissons

Agromex inc. – Ange-Gardien (Québec)

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