Enjeu PEEIC – Volume 19, no 11

Le projet de la mine Casa Berardi chauffée à la biomasse passe à la phase 2

Le projet pilote de chauffage à la biomasse de la mine d’exploitation d’or Casa Berardi, appartenant à Hecla Québec, passe à la deuxième phase après une première phase réussie. Le projet novateur, lancé par Norforce Énergie en partenariat avec Hecla Québec, vise à réduire la dépendance de la mine au combustible fossile pour ses besoins en matière de chauffage, tout en développant les activités locales à long terme et une économie durable pour La Sarre, dans la région de l’Abitibi-Témiscamingue.

Josée Plouffe, coordonnatrice régionale des communications chez Hecla Québec, indique que l’objectif de l’entreprise est de promouvoir l’expertise locale, dans ce cas, la conversion de la biomasse en chauffage, en tant que service à exporter dans les autres industries. La deuxième phase du projet permettra à Hecla Québec de continuer sa collaboration déjà efficace avec Norforce Énergie.

Le projet, pour lequel 3 millions de dollars ont été investis, comprend 1,1 million de dollars d’aide financière octroyée par le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles du Québec, et devrait permettre d’éviter 2 732 tonnes d’émissions de gaz à effet de serre (GES) grâce à l’utilisation de la biomasse pour remplacer les combustibles fossiles.

Au cours de l’hiver 2014-2015, deux échangeurs thermiques, installés avec des générateurs alimentés par des copeaux de bois comme matière première, ont été testés à la mine. Selon Christian Léveillé, directeur général de Norforce Énergie, l’équipement donnait plus de rendement que prévu et de précieuses données ont été collectées. Les deux échangeurs thermiques ont permis d’économiser l’équivalent de 45 000 litres de propane durant la phase pilote et il a été établi qu’environ 5 000 tonnes de biomasse forestière par an étaient nécessaires pour la phase 2.

Cinq autres échangeurs thermiques, les conduits associés et l’équipement périphérique seront bientôt  installés pour la phase 2, ce qui permettra à l’entreprise d’évaluer le rendement de l’équipement et les économies d’énergie réalisées de façon globale.  Mme Plouffe ajoute que la chaleur produite par la combustion de la biomasse forestière pourrait remplacer une quantité importante de combustibles fossiles. Par contre, les données précises sur les économies de propane réalisées seront confirmées au cours de cet hiver, lorsque la phase 2 sera en cours. La mine Casa Berardi utilise aujourd’hui environ 2,5 à 3 millions de litres de propane par an.

La surveillance et l’entretien de l’équipement, ainsi que l’approvisionnement en biomasse pour les neuf prochaines années sont de la responsabilité de Norforce Énergie, bien qu’Hecla Québec étudiera également le processus. À la mine, une installation pour entreposer le bois, pouvant contenir environ 5 000 tonnes par an, a été construite.

Comme l’explique M. Léveillé, les forêts de la région entourant La Sarre en Abitibi-Ouest répondront aux besoins immédiats en biomasse, mais d’autres sources possibles sont étudiées en ce moment, notamment les plantations énergétiques, afin de répondre aux besoins à long terme de la mine.

Hecla Québec s’engage à poursuivre l’utilisation de la biomasse en tant qu’option de remplacement du combustible fossile et souhaite également offrir à la région un héritage, avec cette activité durable. « Il est important d’explorer les possibilités qui contribuent au renforcement de l’économie locale et d’offrir des options durables, à long terme, aux résidents », déclare Josée Plouffe.

Lien entre la norme ISO 50001 et la dernière version de la norme ISO 14001 sur les systèmes de management environnemental

« La nouvelle norme ISO 14001 sur les systèmes de management environnemental (SME) vise à permettre aux organismes de mieux contrôler la gestion des éléments qui ont une incidence sur l’environnement ainsi que les répercussions environnementales de leurs activités », explique Lynn Johannson, présidente de la société E2M et négociatrice principale du Canada pour la norme ISO 14001. La norme procure un nouveau cadre qui aide les organismes à établir, à mettre en œuvre et à maintenir les processus permettant de gérer leurs relations avec l’environnement.

La norme ISO 14001:2015 met en lien un SME avec la stratégie principale d’un organisme. Les organismes publics et privés reconnaissent la nécessité de tenir compte des éléments externes et internes qui ont une incidence sur leurs répercussions environnementales, notamment la volatilité climatique et le contexte compétitif dans lequel ils évoluent.

Avec ce nouveau cadre, ISO veut assurer un meilleur alignement entre la norme ISO 14001:2015 et d’autres normes visant les systèmes de gestion. ISO a opté pour des dispositions, du texte, des termes et des définitions identiques afin de favoriser cet alignement et de mener à une structure commune pour bon nombre d’autres normes. Mme Johannson compare cette structure commune de haut niveau à une approche « prête à utiliser » qui permettra aux organismes de mieux intégrer les possibilités.

Puisque l’énergie fait partie intégrante de la gestion environnementale, ISO 14001 et ISO 50001, norme sur les systèmes de gestion de l’énergie, sont de toute évidence liées. « L’énergie est la monnaie de la productivité. La consommation d’énergie est inhérente à la consommation d’autres ressources, comme l’eau et les matériaux », signale Mme Johannson.

Les approches de gestion comme ISO 14001 et ISO 50001 sont générales et, par conséquent, visent une plus grande efficacité en alignant les activités avec la nature. Selon Mme Johannson, plus les organismes accordent de l’attention aux règles de la nature, plus grande sera leur productivité.

« Nous souhaitons que les organismes aient un système de gestion sain, crédible et fiable. Une norme officielle peut améliorer la productivité, ce qui en retour accroît la rentabilité et, en fin de compte, la prospérité. Dans le cas d’ISO 14001 et d’ISO 50001, ces normes mènent à l’écoprospérité. »

Afin de consulter la norme, visitez la page hwww.iso.org/iso/fr/home/standards/management-standards/iso14000.htm.

Pour obtenir de l’information sur la collaboration, envoyez un courriel à l’adresse : etwom@e2management.com.

Les usines de Weston Foods de partout au pays deviennent écoénergétiques

Weston Foods Inc. a adopté une vision pancanadienne en matière d’efficacité énergétique. Comme l’explique Darren Borden, ingénieur, Gestion de l’énergie, pour Weston, toutes les usines canadiennes de l’entreprise ont subi d’importants travaux d’amélioration écoénergétique au cours des dernières années. De plus, « l’entreprise s’est engagée à poursuivre dans cette voie dans l’avenir ».

M. Borden indique qu’avec les prix de l’énergie qui ne manqueront pas d’augmenter éventuellement, l’entreprise cherche à devenir plus autonome sur le plan de l’énergie afin d’éviter toute interruption de la production. Par conséquent, Weston envisage d’installer des systèmes de production combinée de chaleur et d’électricité afin de réduire sa facture énergétique et de protéger ses installations contre les pannes de courant. « Nous avons eu des événements qui ne sont censés survenir qu’une une fois tous les cent ans cinq années d’affilée et nous avons dû faire fonctionner nos génératrices de secours au diesel dans nos sièges sociaux pour éviter la catastrophe dans nos centres de données », confie-t-il, ajoutant que les installations de Weston à Kitchener et à Toronto sont des candidates probables pour les systèmes de production combinée de chaleur et d’électricité.

Weston Foods améliore également ses systèmes d’éclairage dans l’ensemble de ses installations canadiennes. À titre d’exemple, l’usine de bagels de Concord (en Ontario) a profité d’un incitatif du programme d’encouragement Énergiconomies pour installer un système d’éclairage d’une valeur de 60 000 $ qui allie des luminaires T-8 et des lumières à diode électroluminescente (DEL); la période de récupération de ce projet a été de deux ans pour une économie annuelle d’énergie de 266 000 kilowattheures (kWh). M. Borden déclare que « cela représente une facture d’électricité pour deux mois ». Il ajoute que l’installation de confection de biscuits de Kitchener convertit entièrement son système d’éclairage en lumières DEL, un investissement de 231 000 $ qui permettra d’économiser 720 000 kWh par année. Trois autres usines au Québec passeront aussi à l’éclairage DEL grâce aux subventions d’Hydro-Québec. « Ces améliorations réduiront immédiatement de 10 p. 100 la consommation d’énergie. » Les congélateurs de plusieurs usines seront aussi dotés de lumières DEL puisque ces lumières peuvent être éteintes et rallumées plus rapidement dans un froid extrême par rapport à d’autres types de lumières.

Weston a modifié sa pratique qui consistait à remplacer les compresseurs d’air uniquement à la fin de leur durée de vie utile; l’entreprise achète désormais au moins un compresseur doté d’un mécanisme à entraînement à fréquence variable (EFV) par station de compression. « Les vérifications réalisées par les fournisseurs d’électricité nous ont convaincus que les mécanismes à EFV contribuent à nous faire économiser de l’argent en réduisant de manière constante notre consommation d’énergie et notre demande d’énergie. Par conséquent, nous en avons mis en place dans nos installations en Colombie-Britannique, en Alberta, au Manitoba, en Nouvelle-Écosse, à Terre-Neuve-et-Labrador, et dans presque toutes celles de l’Ontario et du Québec. » En profitant de l’aide de BC Hydro et de son Self-Serve Incentive Program (SIP), de Manitoba Hydro et de son programme PowerSmart, du programme Énergiconomies de la Société indépendante d’exploitation du réseau d’électricité (SIERE) de l’Ontario, et des programmes d’Efficiency Nova Scotia, Weston a modernisé presque toutes ses stations de compression. M. Borden ajoute ce qui suit : « En moyenne, nous avons constaté qu’un compresseur à EFV permet d’économiser en énergie environ la moitié de son coût d’achat par année ».

Dans l’usine de produits prêts à cuire de l’entreprise située à Mississauga, l’accent a été mis sur la surveillance et le ciblage de l’énergie, avec l’aide du programme de surveillance et de ciblage de l’énergie (M&T) d’Énergiconomies. Ce projet aura pour résultat la création de tableaux de bord à l’intention des employés qui pourront y repérer les problèmes liés à l’énergie en temps opportun; ils fourniront également des données utiles sur l’incidence de l’optimisation sur la consommation d’énergie. Par ailleurs, les employés d’usine travaillent avec un gestionnaire de l’énergie itinérant de la société locale de distribution, Enersource. Ces projets, visant à optimiser les opérations et l’efficacité énergétique, ont été menés en collaboration avec le programme Énergiconomies, soutenus par Enersource et le Guelph Food Technology Centre.

À Calgary, en Alberta, la boulangerie Bowness subit des travaux d’amélioration majeurs avec l’installation d’un réseau de lumières DEL écoénergétiques, un compresseur à EFV et un rééquilibrage complet du système de chauffage, ventilation et climatisation (CVC) de l’usine. « Notre but consiste à loger deux fabriques existantes sous un même toit tout en réduisant parallèlement la consommation globale d’énergie. » Enmax Power est partenaire de ce projet, offrant un incitatif pour le transformateur (alimentation) évalué à plus de 50 000 $.

Plus à l’est, la boulangerie Weston d’Amherst, en Nouvelle-Écosse, participe à un projet pilote d’installation d’un système de gestion de l’énergie avec Efficiency Nova Scotia; ce programme a pour but de renforcer les compétences d’un champion de l’énergie dans l’usine. « Plus près d’ici, dans notre usine de Fenmar, à North York, le directeur d’usine s’est inscrit au programme Energy Cohort de Partner in Project Green, qui met en contact les champions de l’industrie afin qu’ils s’aident mutuellement dans le cadre d’un forum », ajoute M. Borden.

« La gestion de l’énergie offre une occasion de contrôler ses coûts », conclut M. Borden, ajoutant « mon objectif est de rendre l’entreprise plus efficace et l’industrie canadienne plus concurrentielle en tirant parti de cette occasion ».

Le programme industriel de Manitoba Hydro offre de plus en plus de produits

« Nos programmes visent à résoudre les problèmes d’exploitation et de production de nos clients d’une façon écoénergétique », explique Rob Armstrong, gestionnaire des services techniques à la clientèle de Manitoba Hydro. « La prise en compte du contexte d’exploitation de nos clients dans le recensement des possibilités en matière d’énergie et de développement durable est une façon plus harmonieuse et transparente d’être accueilli dans leurs installations. »

M. Armstrong signale que la première version du programme industriel du service public a été lancée en 1993 et que depuis le programme a été élargi deux fois avant de devenir la version actuelle. Le portefeuille industriel comprend plusieurs programmes spécialisés visant notamment l’optimisation du rendement, de la biomasse et du gaz naturel. La participation d’un client au programme est fonction des possibilités relevées dans le cadre d’une première étude d’évaluation de la consommation d’énergie et de la volonté du client à les mettre en œuvre.

Les clients débutent habituellement avec une étude de l’efficacité énergétique, qui peut être élargie pour inclure l’eau, les déchets et les émissions selon les besoins et les paramètres d’évaluation de l’installation. Les études, qui visent à relever les possibilités d’économies Power Smart, sont offertes gratuitement aux installations industrielles.

Le programme d’optimisation du rendement vise le matériel de traction et lié aux processus. Il est le programme le plus prisé jusqu’à présent, avec des économies annuelles continues d’énergie de 535 gigawattheures (GWh). Selon M. Armstrong, cela représente de six à huit pour cent de la charge industrielle totale actuelle, ce qui constitue « d’importants paramètres ». Depuis le lancement du programme, 750 entreprises de tous les secteurs ont participé avec plus de 1 000 projets. Au nombre des projets d’utilisation finale courants, mentionnons les améliorations aux systèmes à air comprimé, les processus électrochimiques ainsi que la réfection des pompes, des dispositifs de réfrigération, des systèmes CVC, des ventilateurs et des soufflantes. Les incitatifs varient selon le type de projet.

M. Armstrong signale également que les objectifs d’économies annuelles du programme passeront de 13 à 26 GWh au cours des cinq prochaines années. « D’ici 2030, nous prévoyons accroître nos économies annuelles actuelles de 422 GWh. » Le service public prévoit atteindre cet objectif en se concentrant sur les gestionnaires de l’énergie intégrés, une approche qui, selon M. Armstrong, permettra de créer des équipes de l’énergie et d’intégrer l’efficacité énergétique dans la culture de l’entreprise. « Nous travaillons également à des tableaux de bord de l’énergie améliorés qui donnent des paramètres de consommation de l’électricité liés à la production ou aux paramètres financiers. » Ces tableaux de bord sont déjà à l’essai et seront mis en œuvre d’ici le début de 2016.

Pour les entreprises qui souhaitent optimiser leur approvisionnement en énergie en convertissant leurs flux de déchets ou leurs sous-produits en énergie pour assurer le chauffage et en électricité (jusqu’à 1 mégawatt [MW]), le programme d’optimisation de la bioénergie de Manitoba Hydro est une bonne solution. Jusqu’à présent, le programme a permis de réaliser des économies annuelles de 80 GWh dans le cadre de 20 à 25 projets, au total. L’objectif du programme pour 2030 consiste à ajouter 134 GWh de plus par année. Pour les installations prévoyant produire sur place plus de 1 MW, le programme de déplacement de la charge, lancé en 2014, est une meilleure solution et cible 593 GWh en économies annuelles. Dans l’ensemble, ce sont des paramètres importants pour le secteur.

Le programme de gaz naturel du service public vise à aider les clients à optimiser le matériel et les systèmes au gaz liés aux processus.

« Nous nous efforçons diligemment de répondre aux besoins de nos clients et d’établir des objectifs réalistes; cette approche nous a donné de la crédibilité auprès des clients au fil du temps, signale M. Armstrong. Manitoba Hydro chemine avec eux pour trouver des processus durables dans leurs installations et pour utiliser des solutions et des systèmes d’approvisionnement en énergie à long terme. »

Pour plus d’information, visitez www.hydro.mb.ca/your_business/savings_business.shtml#industrial (en anglais seulement).

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