L’Enjeu PEEIC – VOLUME 19, no 9 et no 10

Enjeu PEEIC – Volume 19, No 9 et 10

Numéro 9

L’approche de durabilité holistique de Catalyst produit des résultats

« Nous avons une philosophie holistique concernant nos opérations, et cela nous a permis de devenir l’une des entreprises papetières les plus durables et les plus avant-gardistes en Amérique du Nord », affirme Graham Kissack, vice-président, Responsabilité sociale corporative, chez Catalyst Paper Products.

M. Kissack explique que la philosophie de durabilité de Catalyst est répandue à travers ses six installations en Amérique du Nord, quatre d’entre elles étant situées en Colombie-Britannique – trois usines de pâtes et papiers et un entrepôt. Deux usines situées aux États-Unis ont été acquises un peu plus tôt cette année.

Dans le cadre de la philosophie de durabilité à long terme de l’entreprise, cette dernière a réduit sa consommation d’eau de 23 p. 100 depuis l’an 2000 grâce à de meilleures pratiques de conservation, de récupération et de traitement. Les émissions de gaz à effet de serre, qui font partie des activités principales de l’entreprise, ont été réduites de 84 p. 100 depuis les années 1990 grâce au changement de combustible et à la réduction de la consommation. Ces changements ont mené au développement de produits du papier qui utilisent moins de fibres, moins d’énergie, moins d’eau et moins d’emballages, tout en offrant en même temps une plus grande surface d’impression.

Pour Catalyst, l’efficacité énergétique fait partie intégrante des activités du point de vue des coûts, de la consommation et des émissions. « Nous travaillons fort pour réduire les émissions de nos procédés, y compris ceux qui influent directement sur notre consommation d’énergie et notre utilisation de l’eau; nous essayons de modifier nos procédés quand nous le pouvons pour réduire notre consommation d’énergie », souligne M. Kissack.

Catalyst étudie également la durabilité de sa chaîne d’approvisionnement en consultant ses partenaires, dont Greenpeace et Canopy. M. Kissack indique que l’entreprise a mis au point un modèle de « chaîne d’approvisionnement refroidie », qui a donné naissance à sa gamme de produits du papier carboneutres Sage. « Pour chaque tonne de produits Sage vendus, l’entreprise remet un dollar à ses partenaires environnementaux. »

« Nous avons des programmes de gestion active de l’énergie dans nos usines depuis les années 1980 », indique M. Kissack, soulignant qu’à l’usine de Crofton, le programme a permis d’obtenir la certification ISO 50001. Dans ses efforts en vue de réduire sa dépendance aux combustibles fossiles, Catalyst a investi massivement dans la combustion de biomasse à faible teneur en carbone dans ses usines canadiennes. Dans l’ensemble, l’entreprise utilise dans ses usines canadiennes 66 p. 100 de biocombustibles, 26 p. 100 d’électricité et 8 p. 100 de combustibles fossiles; ainsi donc, environ 90 p. 100 de sa consommation d’énergie provient de sources renouvelables.

Catalyst utilise également une gestion logistique efficiente pour le transport de ses produits et participe au Partenariat de transport SmartWay de RNCan. Avec ce programme, l’entreprise utilise l’expédition intermodale, la planification pleine charge et la planification du ramassage et de la livraison pour réduire sa consommation d’énergie et ses émissions de GES.

M. Kissack souligne que l’entreprise fait continuellement des améliorations qui garantissent son leadership dans le secteur. « Nous voulons traiter d’enjeux à long terme, comme les changements climatiques et la conservation de l’eau, tout en étant de bons voisins dans nos petites communautés. L’entreprise est fière de son dossier opérationnel, raconte M. Kissack. À la fin de la journée, ce sont les résultats qui comptent et nous avons été en mesure de livrer la marchandise. »

Le programme industriel de SaskPower encourage la mise en œuvre de projets énergétiques

« Notre programme industriel d’optimisation de l’énergie vise à aider l’industrie à faire avancer ses projets énergétiques, du concept jusqu’à la mise en œuvre », souligne Dallas Munro, consultante en programmes industriels chez SaskPower. Elle explique que le programme offre des incitatifs importants afin d’aider l’industrie à réaliser des économies d’énergie et qu’il peut être adapté afin de répondre à des besoins précis.

Lancé en 2012, le programme industriel d’optimisation de l’énergie (Industrial Energy Optimization Program/IEOP) regroupe deux volets : projet d’immobilisations et gestion de l’énergie. Pour être admissible à l’un ou l’autre, l’installation doit avoir une demande d’énergie mensuelle de pointe (moyenne pour l’année) égale ou supérieure à 1,00 méga volt ampère (MVA). Les projets admissibles doivent entraîner une réduction de l’intensité énergétique, une amélioration de la gestion de l’énergie, et une augmentation de la disponibilité et de la communication de renseignements sur la gestion de l’énergie.

Le volet relatif aux projets d’immobilisations inclut des projets d’efficacité énergétique générale (p. ex., récupération de chaleur), de modernisation de l’éclairage, de gestion de la demande de pointe, de changement de combustible et des mesures de conversion des déchets en énergie.

Le volet relatif à la gestion de l’énergie appuie l’élaboration de plans et de systèmes de gestion de l’énergie, la planification et la mise en œuvre de la certification ISO 50001, l’intégration d’un système d’information sur la gestion de l’énergie et l’installation de compteurs divisionnaires.

Les deux volets offrent des mesures incitatives pour la définition de projets allant jusqu’à 15 000 $ ou 100 p. 100 des coûts admissibles, selon le montant le moins élevé, et un maximum de 50 000 $ ou 50 p. 100 des coûts pour des initiatives de développement de projets. L’incitatif cumulatif maximal, par installation et par volet, pour la définition de projets est de 60 000 $, alors qu’il est de 200 000 $ pour la planification et l’élaboration de projets.

Le volet relatif à la gestion de l’énergie offre un financement pour la mise en œuvre de projets allant jusqu’à 100 000 $ ou 50 p. 100 des coûts admissibles, alors que le volet relatif aux projets d’immobilisations offre un financement pouvant aller jusqu’à 500 000 $. Le maximum cumulatif par installation est de 400 000 $ pour la mise en œuvre de projets de gestion de l’énergie et de 500 000 $ pour des projets d’immobilisations.

Jusqu’à maintenant, 30 clients se sont inscrits pour participer au programme et plusieurs ont plus d’un projet en cours. Mme Munro souligne que la majorité des projets appartiennent à la catégorie de l’efficacité énergétique, dans le volet des projets d’immobilisations. « Nous nous attendons à ce que dix projets soient réalisés en 2015. »

Les projets définis ou déjà mis en œuvre incluent des projets de mise à niveau des systèmes de ventilation, d’amélioration des systèmes d’air comprimé, de remplacement des rotors et des hélices, et une série de projets visant les pompes; ces projets sont admissibles à des incitatifs allant de 10 000 $ jusqu’au montant maximal permis. Mme Munro ajoute que tous les secteurs industriels de la Saskatchewan ont profité du programme IEOP.

Les projets du volet sur la gestion de l’énergie diffèrent en ce sens qu’un système de gestion de l’énergie à grande échelle nécessite plus que des mises à niveau, explique Mme Munro. La mise en œuvre de systèmes de gestion de l’énergie signifie changer la manière de transmettre et d’utiliser l’information au sein de l’organisation, et cela nécessite un engagement à tous les échelons.

« Le programme IEOP est conçu pour aider l’industrie à démontrer l’utilité de projets d’efficacité énergétique », indique Mme Munro, ajoutant que l’industrie apprécie les mesures incitatives autant que l’assistance technique qu’offre SaskPower pour assurer la mise en œuvre des projets.

Pour obtenir de plus amples renseignements, visiter le www.saskpower.com/efficiency-programs-and-tips/business-programs-and-offers/industrial-energy-optimization-program/ (en anglais seulement).

Tree Island Steel opte pour la gestion de l’énergie

« Nous regardons l’efficacité énergétique de manière proactive plutôt que comme un sous-produit accessoire d’autres projets », indique Graham Ballachey, gestionnaire de l’énergie à Tree Island Steel. L’entreprise, dont le siège social est à Richmond, en Colombie-Britannique, est un nouveau leader du PEEIC dans le secteur de l’acier.

Tree Island Steel est l’un des plus gros producteurs en Amérique du Nord de câbles d’acier et de produits en acier de qualité supérieure. L’entreprise approvisionne les marchés industriels, de la construction commerciale, de la vente au détail, de l’agriculture et des spécialités depuis ses usines accréditées ISO 9001. Son siège social de Richmond emploie plus de 300 personnes dans des installations de production de 37 000 mètres carrés.

M. Ballachey explique que l’entreprise a mis en place des systèmes environnementaux pour ses émissions atmosphériques et ses eaux usées et a récemment mis l’accent sur l’efficacité énergétique avec la création de son poste en novembre 2014 grâce à un programme de gestion stratégique de l’énergie de BC Hydro.

Depuis cette date, l’entreprise a effectué une étude énergétique financée par BC Hydro, laquelle a permis de constater que les systèmes d’air comprimé et d’éclairage offraient de potentielles occasions d’économies d’énergie. De plus, Fortis BC a financé une étude sur le gaz naturel qui a permis de cerner des possibilités de réduire la consommation de gaz naturel en remplaçant les chaudières à vapeur par des générateurs de vapeur à haute efficacité et en apportant des améliorations aux brûleurs sur les lignes de galvanisation. Plusieurs projets basés sur ces études ont été réalisés et d’autres sont en cours. Par exemple, avant juin 2015, 171 lampes d’atelier à vapeur de sodium à haute pression et aux halogénures (475 watts) ont toutes été remplacées par des lampes à DEL de 213 watts dans l’entrepôt, pour des économies annuelles estimées de 400 000 kilowattheures (kWh).

L’étude portant sur les systèmes d’air comprimé a permis de cerner des possibilités d’économies annuelles de 1,6 gigawattheure (GWh) grâce au remplacement de deux compresseurs à marche modulée peu efficients par des compresseurs à haute efficacité, dont l’un serait équipé d’un entraînement à fréquence variable. « Nous voyons de grandes possibilités avec ce projet et nous ferons une demande d’acquisition d’immobilisations pour le faire avancer », souligne M. Ballachey. La réduction de l’utilisation de l’air comprimé et le remplacement du système d’air comprimé par un ventilateur à faible pression, quand c’est possible, offrent également de belles possibilités.

M. Ballachey explique que la réduction de la consommation d’eau sera une priorité en 2016. Les projets possibles incluent l’ajout d’une tour de refroidissement dans la boucle de recirculation du tréfilage, actuellement refroidie à l’eau. « Au lieu d’utiliser d’autre eau, nous étudions comment nous pourrions la réutiliser. »

En plus des compteurs divisionnaires pour le gaz naturel, l’entreprise prévoit installer des compteurs d’air comprimé de même que 90 transducteurs de courant pour surveiller la consommation d’électricité. Tous les compteurs et compteurs divisionnaires seront intégrés à un logiciel spécialisé de gestion de l’énergie qui pourra fournir aux gestionnaires de l’usine une meilleure compréhension de la consommation d’énergie.

L’usine a mis sur pied une équipe énergétique interfonctionnelle dont les membres changent à tour de rôle. Ces membres sont là pour cerner les possibilités et travailler à la mise en œuvre des projets faisables. « Nous avons une bonne liste de projets », indique M. Ballachey, soulignant qu’il fait également circuler régulièrement un bulletin sur l’efficacité énergétique et l’efficacité des ressources en eau afin de sensibiliser les employés et générer un intérêt parmi ces derniers.

L’exploration de données peut améliorer l’efficience des procédés

« L’exploration de données peut transformer vos données en solutions qui pourraient mener à des économies annuelles d’énergie pouvant aller jusqu’à 15 p. 100 », fait valoir Mouloud Amazouz, gestionnaire principal de projet, à CanmetÉNERGIE. Ce dernier affirme que « l’exploration de données est une solution peu coûteuse. Les données historiques sont déjà là et vous avez déjà payé pour cela; il faut donc les utiliser. »

L’exploration de données consiste à faire des recherches automatiques dans de vastes entrepôts de données pour découvrir des modèles et tendances qui vont au-delà de la simple analyse. Cette pratique utilise des algorithmes mathématiques avancés pour cerner des modèles et établir des relations. Elle est également connue sous l’appellation d’extraction de connaissances dans les données (Knowledge Discovery in Data ou KDD).

M. Amazouz affirme qu’avec l’exploration de données, les ingénieurs industriels « peuvent utiliser les connaissances extraites pour mieux exploiter les procédés, analyser les données pour cerner des tendances, comprendre les causes de la variabilité des procédés, et déterminer les régimes opérationnels optimaux offrant la meilleure efficacité énergétique et la meilleure qualité de produit. Ils peuvent aussi mettre au point des indicateurs de rendement clés et des modèles de prédiction, surveiller le rendement des procédés et détecter et diagnostiquer les pannes. »

CanmetÉNERGIE a créé le logiciel convivial EXPLORE afin d’aider les utilisateurs à mener à bien des projets d’exploration de données. EXPLORE peut être raccordé à n’importe quelle source de données OPC ou SQL. Les utilisateurs peuvent nettoyer et filtrer leurs données brutes, effectuer une analyse globale afin de comprendre et d’expliquer la variabilité d’un procédé, trouver des tendances et développer des modèles prévisionnels du procédé par des réseaux de neurones et de régressions. Les modèles créés avec EXPLORE peuvent ensuite être mis en œuvre en vue de l’optimisation continue du procédé, de sa surveillance et à des fins de détection de pannes. EXPLORE peut aussi être utilisé pour créer des « senseurs souples » qui remplacent l’échantillonnage régulier et exigeant de paramètres de contrôle de la qualité et qui sont également sensibles aux anomalies.

L’un des objectifs de CanmetÉNERGIE est de promouvoir l’exploration de données et de faire connaître ses avantages au sein de l’industrie. C’est pourquoi il offre des séances de formation sur l’exploration de données à l’intention des ingénieurs industriels, des chercheurs et des consultants pour qu’ils puissent se familiariser avec les méthodes d’exploration de données et devenir des experts d’EXPLORE. Depuis 2010, sept ateliers d’exploration de données ont été offerts à un total de 81 participants représentant des ingénieurs des secteurs du raffinage du pétrole, des produits forestiers, de l’extraction minière, de l’acier et autres secteurs industriels importants, de même que des chercheurs du gouvernement.

M. Amazouz ajoute que « l’objectif de CanmetÉNERGIE est de mettre au point et d’offrir un programme de formation national sur l’extraction de données dans le but de pouvoir former davantage de gens ». Il souligne que la formation sera aussi offerte aux consultants de l’industrie pour qu’ils puissent avoir une meilleure compréhension des modules plus avancés d’EXPLORE et être en mesure d’offrir des cours aux ingénieurs d’usine et de répondre aux futures demandes de l’industrie dans ce domaine.

Expérience des utilisateurs d’EXPLORE : ArcelorMittal et Cariboo Pulp and Paper profitent de l’extraction de données

L’exploration de données avec le logiciel EXPLORE est devenue pratique courante dans certaines usines d’ArcelorMittal. Steve Beaudin, directeur de la métallurgie et de la recherche à l’usine de Port-Cartier au Québec, explique qu’avec l’automatisation accrue des procédés à l’usine, « ils ont été en mesure de recueillir et d’analyser une vaste quantité de données, de déterminer les écarts par rapport aux modèles de procédés normaux et de régler les problèmes ».

M. Beaudin explique que les outils statistiques offerts par EXPLORE sont également plus sophistiqués et qu’ils sont adaptés pour de grosses bases de données complexes. Le logiciel convient bien aux procédés qui génèrent continuellement de grandes quantités de données. Il souligne que l’analyse avec EXPLORE permet d’économiser beaucoup de temps. « Résoudre un problème de qualité avec un produit qui nous aurait demandé deux jours de travail par le passé prend maintenant cinq minutes avec EXPLORE. »

Les quatre modules sont tous utiles pour les besoins de l’usine, affirme M. Beaudin, soulignant que les modules pour le prétraitement des données et la modélisation ont une importance particulière. ArcelorMittal cherche actuellement à utiliser EXPLORE en tant qu’application en ligne pour surveiller le rendement des fours de l’usine. Avec EXPLORE, les opérateurs seraient capables de vérifier et de configurer les paramètres d’exploitation des fours de manière optimale. Cela permettrait de réduire la consommation d’énergie et de détecter immédiatement tout modèle de consommation d’énergie inhabituel.

Cariboo Pulp and Paper Company utilise aussi EXPLORE régulièrement, après avoir assisté à un webinaire de présentation en 2013 puis à un atelier sur place auquel ont participé neuf ingénieurs du groupe des procédés et du contrôle des procédés de l’usine. Don Olson, surintendant de l’ingénierie des procédés et gestionnaire énergétique à la Cariboo Pulp and Paper Company, explique que « le bénéfice le plus important ayant découlé du premier cours a été de pouvoir utiliser le logiciel EXPLORE pour filtrer et éliminer les données aberrantes des ensembles de données sur les procédés ».

Numéro 10

La fragmentation sélective sert à examiner les possibles économies d’énergie et plus encore

Le broyage dans les mines consiste en un concassage et un broyage primaires qui transforment la roche minéralisée en une fine poudre, libérant ainsi le précieux minerai. Le concassage et le broyage représentent environ 40 p. 100 des coûts d’énergie annuels d’une mine. « Si les entreprises économisent 10 p. 100 d’énergie pour le broyage, elles auront réalisé d’importants gains d’énergie et réduit leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) par la même occasion », souligne Marc Bétournay, Ph. D., scientifique principal de la division de CanmetMINES. Un processus commercial novateur conçu par l’entreprise SELFRAG AG est étudié par les chercheurs de CanmetMINES et a le potentiel de remplacer les composantes du broyage par un processus écoénergétique pour la libération des précieux minéraux.

Les chercheurs mènent un projet qui vise à démontrer les avantages en matière d’énergie et de fragmentation du processus de SELFRAG (la fragmentation sélective) pour les fragments primaires de roc broyé en utilisant des décharges électriques à haut voltage allant jusqu’à 200 kilovolts (kV).

Outre son potentiel comme technologie de fragmentation plus écoénergétique, SELFRAG peut également libérer des minéraux avec un degré élevé de sélectivité, produire des fragments de roche d’origine minérale avec des surfaces propres, préserver la granulométrie naturelle de l’échantillon et ne pas produire de sous-produits toxiques.

Lors de la Phase I du projet de CanmetMINES, terminée en mars 2015, on a étudié l’efficacité énergétique des processus primaires de fragmentation. Notamment, la fragmentation thermique des veines ne contenant pas de quartz aurifère a été comparée aux méthodes classiques de fragmentation par forage et sautage avec et sans le processus de SELFRAG. Les calculs des différentes composantes du processus de fragmentation du roc ont démontré que l’application du processus de SELFRAG sur du roc peu fissuré et fragmenté thermiquement était moins efficace que la fragmentation classique (forage et sautage). Cependant, la fragmentation thermique est une méthode d’exploitation minière sélective qui produit moins de déblais. Donc ensemble, le broyage thermique sélectif et le processus de SELFRAG nécessitent moins d’énergie que les méthodes classiques.

La Phase II, qui vient de commencer et qui se terminera d’ici le mois de février 2016, mettra à l’essai le processus de SELFRAG pour augmenter les volumes d’échantillon de roc, et des comparaisons seront effectuées avec le concassage secondaire classique et les économies d’énergie lors de la fragmentation suivante. « Nous allons quantifier les gains obtenus du broyage secondaire avec le processus de SELFRAG pour des volumes plus importants », confirme Marc Bétournay. Il ajoute que le processus de SELFRAG concasse le roc très rapidement grâce à ses décharges à haut voltage. Une quantité importante d’énergie est utilisée pour ces impulsions à tension élevée et les chercheurs examinent la consommation d’énergie à différentes étapes de l’ensemble du processus de fragmentation.

Jusqu’à ce jour, le projet SELFRAG a été mené en utilisant une unité de laboratoire à CanmetMINES. Les résultats positifs de la Phase II produiraient de plus gros échantillons de broyage primaire et d’échantillons aurifères qui seraient traités dans des unités de SELFRAG beaucoup plus grandes (deux tonnes à l’heure) pour la Phase III du projet. De plus, au cours de la Phase III, les chercheurs de CanmentMINES ventileront la consommation d’énergie du processus et quantifieront le potentiel amélioré de la libération de l’or des échantillons. Marc Bétournay déclare : « Nous croyons que l’or peut être libéré plus efficacement – peut-être deux fois plus efficacement – en utilisant le processus de SELFRAG ».

Les plus importants producteurs d’or canadiens, IAMGold Corporation, Barrick Gold Corporation et Goldcorp Incorporated s’intéressent au projet de SELFRAG, souligne Marc Bétournay. « Ils constatent tous les avantages de l’efficacité énergétique et de la libération d’une plus grande quantité d’or à moindre coût. »

La société Waterloo Brewing ouvre une brasserie ultramoderne

« À Waterloo Brewing, nous sommes engagés à gérer une entreprise où l’environnement et la durabilité sont importants », déclare Luigi Fantin, directeur de l’ingénierie et de l’entretien à la Brick Brewing Company Limited. Il souligne que les choix de l’entreprise pour la conception de sa nouvelle brasserie à Kitchener, en Ontario, ont été influencés par des facteurs liés à l’efficacité énergétique, la meilleure utilisation des matériaux et la consommation d’eau, et par la possibilité évidente de tirer parti d’une technologie et de processus d’avant-garde tout en laissant toujours place à une touche artisanale.

La nouvelle brasserie présente la meilleure efficacité quant aux matières de brassage, laquelle s’élève à 98,3 p. 100 en comparaison à une efficacité d’environ 80 p. 100 pour l’ancienne brasserie de l’entreprise. M. Fantin souligne que la nouvelle technologie a également permis d’augmenter la productivité de 60 p. 100, tout en réduisant de façon importante la consommation des ressources.

De nombreux éléments novateurs ont contribué au rendement supérieur de la brasserie. Par exemple, un processus de concassage à mouture humide est utilisé plutôt que le processus classique de mouture à sec, réduisant à la fois la consommation d’eau et d’énergie. M. Fantin explique que des gains importants en ce qui a trait à la productivité et à l’efficacité ont été réalisés lorsque le concassage à mouture humide a été combiné au récipient d’égouttement Pegasus de Krones, qui sépare les liquides du brassage des grains.

M. Fantin indique que la brasserie possède également la dernière technologie de la récupération de l’énergie de Krones : Equitherm 2. Le système comprend un réservoir à eau chaude de 10 mètres de haut doté de couches superposées d’eau à différentes températures. L’eau à 96 °C au-dessus est chauffée à 110 °C pour la chaudière de liquide de brassage alors qu’au bas, l’eau à 80 °C est utilisée pour chauffer le liquide et les grains du brassage. La vapeur de la chaudière circule dans une boucle qui condense la vapeur pour chauffer l’eau dans le système Equitherm. Cette récupération de chaleur a permis de réduire la consommation de gaz naturel de plus de 50 p. 100 en comparaison avec leur ancienne brasserie.

De nouveaux échangeurs thermiques doubles (refroidisseurs) à haute efficacité ont été installés pour refroidir le liquide de brassage en route vers la nouvelle cave de fermentation. Les nouveaux refroidisseurs réduisent d’un tiers l’électricité requise pour le refroidissement. De plus, Waterloo Brewing a décidé de changer tout l’éclairage fluorescent de la brasserie, de la cave de réservoirs et des bureaux de l’entreprise pour de l’éclairage à DEL.

La conservation de l’eau et la réduction des eaux usées étaient également des éléments importants lors de la conception de la brasserie. Grâce à de l’équipement à la fine pointe de la technologie et à de nouveaux processus, la nouvelle brasserie génère 50 p. 100 moins d’eaux usées.

« Nous nous attendons à une réduction de la consommation de gaz naturel de plus de 160 000 mètres cubiques (m3) par rapport à l’an dernier, et ainsi à réduire les émissions de GES connexes de plus de 330 tonnes », indique M. Fantin.

De plus, l’automatisation du processus dans la nouvelle brasserie signifie des résolutions de problèmes plus rapides et une importante collecte de données provenant des compteurs d’électricité et de vapeur. Ces données permettront à l’entreprise de comparer son rendement, d’établir des bases de référence et des objectifs énergétiques et de cerner les possibilités pour assurer une amélioration continue.

FortisBC offre un financement attrayant pour l’efficacité énergétique dans le secteur industriel

L’Industrial Optimization Program (programme de rationalisation industrielle) de FortisBC offre des incitatifs à ses grands consommateurs industriels de gaz naturel et d’électricité pour une vaste gamme de projets d’amélioration de l’efficacité énergétique. Le programme est conçu pour aider les consommateurs à atteindre leurs cibles d’efficacité énergétique en déterminant les possibilités d’économie d’énergie grâce à la mise en place de mesures de conservation d’énergie, explique Andrew Luke, gestionnaire du programme industriel d’efficacité et de conservation énergétiques à FortisBC.

FortisBC apporte son appui à l’efficacité énergétique dans le secteur industriel depuis plus de deux décennies; toutefois, 2011 est la première année où un programme de rabais a été spécifiquement conçu pour les consommateurs industriels et offert à ceux-ci. Depuis lors, comme l’explique M. Luke, environ 35 installations ont réalisé, ou sont en train de réaliser, une étude pour déterminer et examiner des mesures de conservation de l’énergie et neuf entreprises sont déjà à l’étape de mise en place du projet qui offre des incitatifs allant de 30 000 $ à un million de dollars. « Le potentiel d’économie d’énergie dans la province est important, souligne M. Luke, une de nos entreprises participantes économise 70 000 gigajoules (GJ) par année grâce à un seul projet ».

Les secteurs industriels qui participent au projet comprennent, mais sans s’y limiter, des industries de la pâte et du papier, des aliments et des boissons, de la fabrication et des industries minières. FortisBC a fourni un appui à une vaste gamme de projets, dont des améliorations aux systèmes d’air comprimé, des améliorations écoénergétiques des systèmes de récupération de chaleur et des chaudières où les consommateurs remplacent leurs modèles de rendement énergétique classique par des modèles à haut rendement énergétique.

Le programme offre des incitatifs aux consommateurs de gaz naturel de FortisBC qui gèrent des installations industrielles admissibles consommant plus de 10 000 GJ de gaz naturel par année afin qu’ils effectuent des vérifications énergétiques à l’échelle de l’usine, des études de faisabilité et qu’ils installent de nouveaux équipements écoénergétiques. Les consommateurs d’électricité et les clients de vente en gros municipaux de FortisBC à Okanagan et Kootenay qui gèrent des installations industrielles admissibles consommant moins de 3 gigawattheures (GWh) d’électricité annuellement sont également admissibles au programme.

Les incitatifs pour des vérifications énergétiques à l’échelle de l’usine aident à financer les honoraires de consultants professionnels en ingénierie pour qu’ils effectuent des vérifications de haut niveau à l’échelle de l’usine afin de déterminer les possibilités d’économies de gaz lié à l’énergie. Un rapport définitif résume ces possibilités et indique les estimations de coûts et d’économies avec une marge d’erreur de 50 p. 100. Le financement est pour des études de faisabilité détaillées qui ciblent des processus ou des systèmes précis et déterminent les estimations de coûts et d’économies avec une marge d’erreur de 90 p. 100.

Une fois que les entreprises ont déterminé les possibilités et la faisabilité de leur mise en place, le programme fournit également un financement pour l’installation d’équipement économique à haute efficacité.

« L’objectif de l’Industrial Optimization Program est de favoriser et de soutenir l’efficacité énergétique dans le secteur industriel de la Colombie-Britannique, mentionne M. Luke. Grâce à des incitatifs, nous contribuons à ce que les processus industriels de nos consommateurs soient plus écoénergétiques, réduisant ainsi leurs coûts opérationnels, leurs déchets et leurs émissions de gaz à effet de serre. »

Pour obtenir de plus amples renseignements sur le programme de services aux industries, visitez le site www.fortisbc.com/rebates , transmettez un courriel à l’adresse industrialrebates@fortisbc.com ou composez le 1-866-884-8833.

Le guide ENERGY STAR pour l’industrie fournit des renseignements sur les meilleures pratiques en matière d’énergie

Managing Your Energy: An ENERGY STAR Guide for Identifying Energy Savings in Manufacturing Plants (en anglais seulement), une publication qui soutient le programme ENERGY STAR des États-Unis, fournit des renseignements détaillés sur de nombreuses pratiques et technologies écoénergétiques applicables à une vaste gamme d’industries. En adoptant de telles pratiques et en mettant en place ces technologies, les entreprises pourraient économiser jusqu’à 10 p. 100 de leurs coûts d’énergie annuels.

Le programme ENERGY STAR, une initiative volontaire de l’Environmental Protection Agency (EPA) des États-Unis, vise à accroître l’efficacité énergétique et à réduire les répercussions sur l’environnement au sein du secteur industriel des États-Unis.

La plus grande partie du guide est consacrée aux possibilités de réduire la consommation d’énergie d’équipement particulier. Par exemple, en examinant les options en matière d’efficacité énergétique pour l’éclairage, les comparaisons de rendement des sources d’éclairage sont fournies de même que de l’information sur l’établissement de normes d’éclairage, de contrôles d’éclairage, d’éclairage naturel et sur les avantages de moderniser les ampoules et les ballasts. Le guide comprend également des renseignements sur la mise en service et la remise au point de systèmes de contrôle de chauffage, de ventilation et de conditionnement d’air (CVCA), les abaissements de température, les systèmes récupérateurs de chaleur, le chauffage solaire de l’air et les fenêtres à faible émissivité.

La mise au point d’un plan de gestion des moteurs, la sélection stratégique des moteurs, l’entretien des moteurs, les entraînements à vitesse réglable et la correction du facteur de puissance sont des sujets abordés dans la section consacrée aux moteurs. Une section sur l’air comprimé explique la surveillance de l’utilisation de l’air, la gestion de l’air comprimé, les autres formes d’air comprimé et les contrôles. D’autres renseignements détaillés sont fournis sur les pompes, les chauffe-eau et les systèmes de chauffage à la vapeur où l’accent est mis sur les systèmes de chaudières efficaces. Les pratiques écoénergétiques en ce qui a trait aux générateurs d’air chaud pour les procédés de chauffage sont également traitées en fournissant de l’information sur la récupération de la chaleur produite par le gaz de combustion et le contrôle air-combustible.

Une section présente la consommation d’énergie dans les industries américaines qui indique les excellentes possibilités de différents types d’installations et une autre section souligne les pratiques générales gagnantes qui servent les intérêts des programmes de gestion de l’énergie fondés sur les lignes directrices d’ENERGY STAR. Par exemple, des renseignements détaillés sur les vérifications énergétiques, la formation d’équipes de spécialistes de l’énergie et les programmes de sensibilisation des employés sont fournis. Les auteurs du guide soulignent également l’importance des systèmes de gestion énergétique.

Des tableaux sommaires sur les mesures écoénergétiques, une matrice d’évaluation de la gestion de l’énergie d’une installation d’ENERGY STAR, des mesures d’efficacité énergétique de base pour le personnel d’usine, des conseils sur la formation d’équipes de spécialistes de l’énergie et des études de cas sont également présentés.

Pour passer le guide en revue, visitez le site www.energystar.gov/buildings/tools-and-resources/managing-your-energy-energy-star-guide-identifying-energy-savings-manufacturing (en anglais seulement).

Ateliers de gestion de l’énergie « Le gros bon $ens » – calendrier de l’hiver

Ateliers offerts en  collaboration avec Langara College
Lieu : Vancouver (Colombie-Britannique)
Offerts en anglais seulement
Pour vous inscrire, appelez le Bureau d’inscription pour la formation continue de Langara College au 604-323-5322

Planification en gestion énergétique
Date : 15 janvier

Découvrir les occasions d’économiser l’énergie
Date : 29 janvier

Gérance énergétique
Date : 26 février

Remise au point des bâtiments
Date : 11 mars

Financement de l’efficacité énergétique
Date : 25 mars

Avis : Il faut prévoir de huit à dix semaines pour les étapes, depuis la planification jusqu’à la prestation, d’un atelier personnalisé « Le gros bon $ens ».

Appel d’idées d’articles

Votre entreprise a-t-elle adopté, avec succès, des mesures d’efficacité énergétique que vous aimeriez faire connaître aux lecteurs de L’Enjeu PEEIC? Proposez-nous vos idées d’article : communiquez avec Jocelyne Rouleau à l’adresse jocelyne.rouleau@rncan-nrcan.gc.ca.

Si vous avez besoin de plus amples renseignements sur un article ou un programme, veuillez également communiquer avec Mme Rouleau à l’adresse courriel susmentionnée.

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