Bulletin L'Enjeu PEEIC - Octobre 2014

Bulletin L'Enjeu PEEIC

Octobre 2014 Vol. XVIII, no9

Un système de dépoussiérage qui génère des économies incroyables

« Les économies d’énergie sont trop belles pour être vraies », lance à la blague Olaf Boehm, ingénieur de fabrication chez Teknion, lorsqu’il parle de l’installation récente d’un système de dépoussiérage Ecogate. À ce jour, les stupéfiantes économies de l’ordre de 60 p. 100 sont bien réelles et les résultats attendus ont été atteints en moins d’une année, et ce, grâce au remplacement de l’ancien système qui fonctionnait 18 heures par jour et 5 jours par semaine. Il s’agissait de l’appareil le plus énergivore de l’usine.

Le nouveau système a été installé à l’usine Tekwood, la division du bois de Teknion, et est opérationnel depuis janvier 2014. D’une superficie de 6 225 mètres carrés, l’usine de North York, en Ontario, est en activité 5 jours par semaine et emploie 100 personnes.

« Le recours aux nouvelles technologies et le déploiement d’appareils comme l’Ecogate font partie intégrante de la culture d’entreprise de Teknion. Nous visons sans cesse des résultats toujours plus viables à long terme, indique Doug Hietkamp, directeur des programmes de développement durable, Teknion. Lorsque nous avons entendu parler du système de dépoussiérage Ecogate, nous avons décidé d’en faire l’essai à l’usine Tekwood », ajoute-t-il. Tekwood a mandaté SyENERGY Integrated Energy Solutions afin d’installer le système Ecogate.

Le système entièrement automatisé est doté de capteurs et de 26 vannes motorisées. Lorsque l’un des 20 centres de machines de l’usine est en fonction, un capteur envoie un signal pour ouvrir la ou les vannes appropriées, ajustant par conséquent la vélocité dans le conduit afin de répondre à la nouvelle demande. Les vannes se referment et la vitesse du ventilateur du système de dépoussiérage ralentit de nouveau lorsque les machines ne sont pas en marche. Qui plus est, l’énergie qui alimente le ventilateur est optimisée au moyen d’un entraînement à vitesse variable.

La charge électrique moyenne du ventilateur est passée de 280 à 114 kilowatts pour les deux dépoussiéreurs. Le niveau de bruit a en outre nettement diminué, rehaussant résolument le confort des employés. Jusqu’à présent, l’entreprise a réalisé des économies d’électricité spectaculaires et elle prévoit d’ailleurs d’autres économies d’énergie de l’ordre de 60 p. 100 au chapitre du dépoussiérage, ce qui correspond à 90 000 $ par année.

M. Hietkamp note que les améliorations telles que l’installation d’un système de dépoussiérage s’inscrivent dans la philosophie de l’entreprise. « Nous sommes déjà conformes à la norme ISO 14001 et possédons une charte environnementale qui définit nos objectifs annuels. » M. Boehm ajoute qu’il y a de cela quelques années, l’entreprise a réalisé des travaux de modernisation d’envergure en remplaçant les lampes T-12 par des lampes T-8 et a également accru l’efficacité du processus de séchage du bois au moyen d’un éclairage UV et à l’emploi de teintures à base d’eau.

« Nous cherchons constamment des façons d’accroître l’efficacité énergétique, affirme M. Boehm. L’an prochain par exemple, nous prévoyons effectuer des travaux de modernisation du compresseur et, compte tenu des résultats extrêmement positifs générés par le système Ecogate de Tekwood, nous installerons le même système sur deux autres sites de Teknion à l’automne ».

Les résultats du sondage sur la consommation d'énergie de l'industrie minière révèlent un intérêt marqué pour les énergies de remplacement

« Le sondage a ouvert le dialogue entre le secteur minier et celui des énergies renouvelables », note Johanna Hofmann, directrice du développement durable et de la recherche, Mining Energy Advisors (MEA). Ce récent sondage mené auprès de l’industrie minière, réalisé conjointement par CIM Magazine et MEA et publié par l’Institut canadien des mines, de la métallurgie et du pétrole, visait à évaluer l’intérêt du secteur pour l’intégration de solutions d’approvisionnement en matière d’énergies de remplacement dans ses activités. Les résultats confirment que l’énergie représente un enjeu d’importance pour l’industrie minière et « qu’il existe un intérêt marqué pour de plus amples renseignements au sujet des énergies de remplacement », indique Mme Hofmann.

Le sondage de 2013 a été réalisé auprès de 45 répondants répartis de la façon suivante : plus de 50 p. 100 d’entre eux étaient issus de l’industrie minière et 4 p. 100 du secteur du procédé en aval, 20 p. 100 étaient des consultants tandis que la proportion restante représentait une combinaison d’organisations industrielles et d’universitaires. Ryan Bergen, éditeur, CIM Magazine, explique que la majorité des participants provenaient des secteurs des métaux non ferreux usuels, des métaux précieux et des autres minéraux tandis que les autres participants représentaient les secteurs du pétrole et du gaz, du minerai de fer et de l’acier. Près de 75 p. 100 des répondants exerçaient leurs activités en Amérique du Nord, environ 30 p. 100 en Amérique latine et en Afrique et peu en Europe, en Australie, en Océanie et en Asie.

Selon les résultats du sondage, l’électricité compte pour 57 p. 100 des coûts énergétiques dans l’industrie, tandis que le carburant et l’énergie thermique comptent pour 29 et 18 p. 100 respectivement. La majeure partie de cette électricité provient du réseau de transmission de l’énergie électrique (74 p. 100), tandis que le diesel et l’hydroélectricité hors réseau représentent 25 et 14 p. 100 respectivement. Un tiers des entreprises ayant fait l’objet du sondage affirment avoir rencontré des problèmes au chapitre de l’approvisionnement en énergie.

Pratiquement tous les répondants ont compris les avantages que procure l’ajout de sources d’énergie de remplacement à leur bouquet énergétique, et près de 75 p. 100 d’entre eux songeraient aux énergies de remplacement pour leurs mines, nouvelles et existantes. Qui plus est, 84 p. 100 ont déjà élaboré des stratégies en matière d’énergie de remplacement et mené des évaluations des ressources, et quelques entreprises sont sur le point de mettre leur projet en œuvre. L’hydroélectricité s’est avérée la source d’énergie de remplacement la plus intéressante, et l’énergie éolienne, l’énergie solaire photovoltaïque et l’énergie solaire thermique sont des sources offrant un véritable potentiel.

Bien que les exigences de prix des énergies de remplacement varient d’un site minier à l’autre, près de 60 p. 100 des répondants étaient d’avis qu’un prix inférieur à 100 $ par mégawattheure (MWh) serait bénéficiaire et 21 p.100 ont indiqué qu’ils avaient déjà mis sur pied des projets d’énergies de replacement.

Près de 40 p. 100 des répondants ont indiqué avoir investi plus de 10 millions $US dans des projets d’efficacité énergétique sur plusieurs sites, tandis que 75 p. 100 y ont investi plus d’un million $US. Les projets dont la période de récupération est inférieure à deux ans suscitent en outre l’intérêt de la moitié des répondants.

En dépit du fait que de nombreuses entreprises minières aient élaboré des stratégies en matière d’énergies de remplacement, peu de ces dernières ont véritablement vu le jour, et il s’agit là d’une des principales conclusions du sondage, selon Mme Hofmann. De l’avis de Osman Sediqi, associé directeur, MEA, cela confirme les prévisions de prix de l’énergie ainsi que le problème auquel sont confrontées de nombreuses organisations sur le plan des dépenses en capital. « Les énergies de remplacement constituent un argument plus difficile à avancer pour les clients du réseau de transmission. »

Par ailleurs et compte tenu de l’exigence relative aux courtes périodes de récupération, M. Bergen indique que « les fournisseurs d’options d’énergies de remplacement doivent trouver une façon de concilier les périodes de récupération plus longues avec la nature court terme de certaines mines. Nous avons besoin d’un nouveau modèle pour l’industrie minière ».

M. Bergen et Mme Hofmann s’entendent : la première édition de ce sondage s’est avérée très instructive. « Si on utilisait de tels outils de communication plus fréquemment, on pourrait accroître le nombre d’occasions de rapprochement entre l’industrie minière et le secteur des énergies de remplacement », conclut Mme Hofmann.

Pour lire les résultats du sondage, rendez-vous sur le site de CIM Magazine au http://magazine.cim.org/en/2014/May/energy-survey/The-energy-mix.aspx (en anglais seulement).

Efficacité NB nomme Clow Canada champion de l'efficacité énergétique du secteur industriel

« L’analyse énergétique a quantifié les économies générées par des projets que nous voulions mettre en œuvre », indique Dan Ouellette, gestionnaire de l’environnement, de la santé et de la sécurité, Clow Canada. « L’analyse énergétique approfondie de 2013 a fait valoir les avantages de nombreux projets et a allongé la liste de ceux mis en œuvre au fil des ans », ajoute Beckie Morrell, coordonnatrice environnementale. Ces efforts ont non seulement permis à l’entreprise de réduire ses dépenses énergétiques, mais aussi de remporter un Prix du premier ministre du Nouveau-Brunswick pour l’efficacité énergétique dans le secteur industriel en 2014.

Située à Saint John, au Nouveau-Brunswick, l’usine d’une superficie de 10 050 pieds carrés se spécialise dans la fabrication de bouches d’incendie et de produits auxiliaires pour l'industrie d'adduction d'eau et emploie près de 60 employés qui travaillent sur deux quarts de travail. Mme Morrell note que les employés participent activement aux initiatives d’ordre environnemental en proposant des idées dans le cadre des compétitions énergétiques et environnementales internes et interentreprises.

M. Ouellette indique que les travaux de modernisation se sont amorcés bien avant la tenue de l’analyse énergétique, soit au moment où le bardage extérieur montrait des signes de fuite. À ce moment, l’entreprise a mis sur pied un projet visant à remplacer ce bardage et à utiliser un isolant à haut degré d’efficacité. Chaque année depuis 2013, les rénovations sont entreprises sur une des cinq sections. La modernisation de l’éclairage, entamée en 2011 et achevée en 2013, a en outre permis le remplacement des luminaires T-12 par des luminaires T-5 et T-8 à haute efficacité.

En 2008, l’entreprise a remplacé le système de chauffage à l’huile par un appareil de chauffage radiant par tubes alimenté au gaz naturel qui lui a permis de réaliser d’importantes économies sur une base annuelle. Un système de chauffage, de ventilation et de conditionnement de l’air  à haute efficacité a été installé dans l’aire de bureaux en août. On s’attend à ce que toutes ces modernisations génèrent des économies d’énergie et offrent un confort accru aux employés. Il y a trois ans, on a procédé au remplacement d’un vieux compresseur d’air par un compresseur à vitesse variable. « Grâce à ce nouvel appareil, nous avons constaté des économies d’énergie annuelles de l’ordre de 20 p. 100 », affirme M. Ouellette.

M. Ouellette ajoute que Clow Canada est proactive en matière de prévention de la pollution, puisqu’elle a remporté un prix « Why Didn’t I Think of That? » (« J'aurais dû y penser ! ») dans le cadre du défi sur la prévention de la pollution 2012 organisé par McWane (McWane Pollution Prevention Challenge [P2C] Competition). Grâce au filtrage et à la réutilisation du xylène et à l’achat de deux pistolets à peinture plus efficaces, l’usine a réduit sa production de composés organiques volatils de 25 p. 100 et économise 69 000 $ ou 1 500 litres de xylène par année. De telles idées sont constamment proposées lors des réunions mensuelles d’employés et d’autres occasions d’échange.

M. Ouellette souligne le fait que ce ne sont pas seulement les projets dont la période de récupération est raisonnable qui sont mis en œuvre, mais aussi ceux dont la période est plus longue, « puisqu’il s’agit de la chose à faire ». Mme Morrell ajoute que l’entreprise et ses employés sont très fiers de ces prix et qu’ils reconnaissent avoir une influence sur les améliorations futures.

La cogénération recèle un fort potentiel d'accroissement de l'efficacité énergétique et des revenus

Les systèmes de cogénération recèlent d’occasions d’économie d’énergie et de croissance de revenus. Également connus sous le nom de systèmes de production combinée de chaleur et d’électricité, ceux-ci représentent actuellement 7 p. 100 de la production d’électricité au Canada, et il y a place à amélioration. Selon l’Association canadienne de l’électricité, les systèmes de production combinée de chaleur et d’électricité ont le potentiel d’accroître le rendement du carburant et de réduire les coûts énergétiques et les émissions de gaz à effet de serre.

L’Alberta et l’Ontario détiennent la plus importante capacité de cogénération, soit 2,3 et 2,1 gigawatts (GW) respectivement. En Ontario, la cogénération dessert un large éventail d’industries, y compris celles de la fabrication et des produits forestiers, tandis que c’est l’industrie pétrolière et gazière qui tire profit de cette technologie en Alberta. Les services publics comptent pour 45 p. 100 des organisations dotées de cette capacité, suivis de près par le secteur des pâtes et papiers avec 23 p. 100.

À ce jour, des systèmes de cogénération alimentés au gaz naturel et au biogaz sont installés partout au Canada. Selon Jan Buijk, directeur, EPS AB Energy Canada Ltd. (un distributeur de systèmes de cogénération du sud de l’Ontario), les systèmes de cogénération alimentés au gaz naturel offrent des perspectives intéressantes compte tenu des prix actuels et anticipés peu élevés du gaz naturel.

Parmi les projets de cogénération au gaz naturel, mentionnons d’abord celui de l’entreprise Polycon (une société de Magna International) qui souhaite mettre sur pied une centrale de 8 mégawatts (MW) à Guelph, en Ontario. Le système regroupe trois unités de cogénération conteneurisées Ecomax avec générateur de vapeur à récupération de chaleur et devrait être fonctionnel d’ici mai 2015. À l’usine de gaz sulfureux Mazeppa de MFC Industrial près de High River, en Alberta, on prévoit construire une centrale électrique de 16,5 MW qui générera des revenus additionnels. L’entreprise Erie Meat Products située à Listowel, en Ontario, a quant à elle investi dans un système de production combinée de chaleur et d’électricité avec générateur de vapeur à récupération de chaleur intérieur Ecomax 18 de 1,8 MW de sorte à remplacer l’énergie et la chaleur achetées d’ici la fin octobre 2014.

Dans le cadre d’un projet de biogaz tout à fait unique mis en œuvre à Drummondville, au Québec, un système de récupération de chaleur capture la chaleur générée par une centrale de production combinée de chaleur et d’électricité alimentée aux gaz d’enfouissement de 8 MW et la transfère à une serre de tomates située à proximité. Le propriétaire de cette serre, M. Jacques Demers, envisageait la possibilité de chauffer une serre additionnelle à partir des gaz d’enfouissement dès 2011. Le système a déjà fourni plus de 10 000 mégawattheures (MWh) d’énergie à la serre depuis son installation.

Les systèmes de cogénération détiennent un fort potentiel de croissance, et puisque de plus en plus de programmes incitatifs comme le Combined Heat and Power (CHP) Standard Offer Program 2.0 élaboré par l’Ontario Power Authority (sites Web disponibles en anglais seulement) voient le jour pour favoriser l’essor des installations de production combinée de chaleur et d’électricité, les projets de cogénération contribueront sans conteste à l’efficacité énergétique. Par exemple, le programme de l’Ontario Power Authority s’adresse aux installations d’une capacité maximum de 20 MW qui fournissent de l’énergie thermique aux entreprises des secteurs ciblés, plus particulièrement aux projets de l’industrie agricole et à ceux ayant trait aux systèmes d’énergie communautaire.

Pour plus d’information sur le programme, visitez le www.powerauthority.on.ca/combined-heat-power-procurement (en anglais seulement).

Une technologie pilote qui pourrait réduire l'empreinte carbone des travaux d'extraction de pétrole lourd

« C’était la pièce manquante au casse-tête », déclare Paul Cairns, ingénieur de projet, CanmetÉNERGIE, Bells Corners, en Ontario, lorsqu’il est question du mariage entre les systèmes de production de vapeur par contact direct (PVCD) et ceux de production de vapeur selon le procédé d’oxycombustion sous haute pression (HiPrOx). Il explique que les chercheurs travaillaient avec les systèmes HiPrOx depuis 2011 et cherchaient de nouvelles applications. En modernisant ces systèmes pour le drainage par gravité au moyen de vapeur (DGMV), on peut ajouter de l’eau directement, et le processus s’en retrouve ainsi simplifié.

Le DGMV, une méthode employée couramment pour extraire le pétrole lourd enfoui profondément dans le sol, nécessite d’importantes quantités d’énergie et d’eau pour produire de la vapeur et constitue une source d’émissions de dioxyde de carbone (CO2).

La PVCD génère un flux gazeux qui contient à la fois de la vapeur et du CO2. Ce mélange est employé pour extraire le bitume en laissant une portion du CO2 dans le sol et en créant une scorie solide et stable. La PVCD a ainsi le potentiel de réduire l’impact environnemental du DGMV en réduisant les émissions de CO2 et la consommation d’eau puisque le pourcentage d’eau produite et pouvant être recyclée à partir du réservoir de DGMV au moyen de la PVCD est nettement supérieur.

M. Cairns explique qu’à la suite d’une étude de faisabilité économique précoce révélant que la technologie pouvait s’avérer concurrentielle, les chercheurs ont statué que la production de vapeur par contact direct à partir d’un mélange d’oxygène, de carburant et d’eau était possible dans un environnement pressurisé de 15 bars. Qui plus est, la vapeur d’eau condensée du mélange n’était que minimalement contaminée à 90 p. 100 par de l’eau et à 10 p. 100 par du CO2.

« Nous devons maintenant mettre la technologie à l’essai à une pression plus élevée et avec des hydrocarbures et des matières solides dissouts dans l’eau afin de simuler les conditions industrielles », note M. Cairns. Une usine pilote à 100 bars de pression est en cours de conception et sa construction devrait s’achever en 2016-2017, tandis que les essais commenceraient à la fin 2017. L’objectif ultime est d’ajuster la technologie en fonction des différentes pressions dans les puits.

Des tests de production de vapeur selon le procédé d’oxycombustion sous haute pression (HiPrOx) utilisant de l’eau produite par DGMV sont en cours. « Le but de la recherche actuelle est de créer le bon mélange de CO2 et de vapeur, explique M. Cairns. Les essais se complexifient, ajoute-t-il en précisant que les prochains tests utiliseront aussi l’eau résiduelle dans le mélange afin de déterminer si on peut utiliser l’eau des bassins de résidus dans le processus.

Le projet pilote de PVCD a reçu un financement par l’intermédiaire du Programme de recherche et de développement énergétiques (PRDE)/Initiative écoÉNERGIE sur l’innovation ainsi qu’un important soutien industriel de la part de la Canada’s Oil Sands Innovation Alliance (COSIA). Les entreprises membres de la COSIA, dirigée par Suncor, comprennent Shell Canada, Devon Canada Corporation, Canadian Natural Resources Limited et Statoil.

Le Prix de développement durable en production laitière récompense des producteurs remarquables

Le 17 juillet, Les Producteurs laitiers du Canada (PLC) et DeLaval Canada ont dévoilé le nom du gagnant et des finalistes du Prix annuel de développement durable en production laitière. « Nous sommes ravis de souligner le travail de quatre familles qui ont adopté des pratiques novatrices en matière de gestion et de partager ces pratiques avec tous les Canadiens », indique Wally Smith, président, PLC.

« Le Prix de développement durable en production laitière a été créé pour rendre hommage aux producteurs laitiers canadiens qui mettent en œuvre des pratiques de gestion à la ferme qui favorisent le caractère durable de l’industrie », note Sandra Da Silva, directrice des communications externes, Les Producteurs laitiers du Canada. Andrew Ritchie, directeur général de la société DeLaval, indique pour sa part que son entreprise est fière de commanditer ce prix. « Nous nous sommes engagés à soutenir les efforts des producteurs laitiers à accroître l’efficacité de leur ferme. »

Le grand prix a été remis à Korb et Kelly Whale ainsi qu’à leurs parents Bruce et Deborah Whale de Clovermead Farms Inc. en Ontario pour leur longue liste de pratiques respectueuses de l’environnement. L’une d’entre elles était l’installation d’un digesteur anaérobie pouvant produire 5 000 mètres cubes de biogaz par jour. « Nous vendons actuellement l’électricité produite par ce gaz, soit 6 000 kilowatts (kW) par jour et en rachetons près de 20 p. 100 pour les activités agricoles. Nous récupérons en outre la chaleur du moteur afin de l’utiliser dans les processus agricoles (c.-à-d. pour chauffer le digesteur, le pasteurisateur, les bâtiments et l’eau) et pour chauffer nos bâtiments », affirme Korb Whale.

Les Whale ont également installé un éclairage fluorescent T-5 et rafraichissent l’air de leurs bâtiments avec des ventilateurs à fréquence variable, à haut volume et à basse vitesse. L’eau qui prérefroidit le lait est également réutilisée pour abreuver les vaches. Le système de chauffage par rayonnement à partir du plancher emploie la chaleur récupérée à partir du moteur du digesteur. Korb Whale ajoute qu’ils feront éventuellement appel à la récupération de chaleur pour le chauffage des locaux et le séchage des récoltes et il espère aussi recourir aux biogaz afin de répondre à tous leurs besoins en matière d’électricité et de carburant.

La famille Robert de Ferme Clobert Inc. au Québec s’est taillé une place parmi les finalistes grâce à ses efforts constants en matière d’environnement. Les Robert ont fait la transition des labours traditionnels aux labours réduits avec semis directs et ainsi réduit leur consommation de carburant et le coût d’entretien de leur équipement. Depuis 2008, ils utilisent aussi des plaques refroidissantes pour refroidir le lait, et la chaleur récupérée de ce processus de refroidissement permet l’utilisation d’un plus petit appareil de réfrigération et favorise les économies d’énergie. La famille Robert a par ailleurs remplacé l’éclairage de la grange par un système d’éclairage à commande automatique plus efficace. « Nous sommes toujours à l’affût d’occasions écologiques et rentables sur le plan économique. »

Bakerview EcoDairy, une ferme de démonstration située à Abbotsford, en Colombie-Britannique, a également été retenue en tant que finaliste grâce à sa philosophie et à ses pratiques respectueuses de l’environnement. EcoDairy emploie 40 p. 100 moins d’énergie que les autres fermes de même dimension. À l’instar de Clovermead Farms, EcoDairy a opté pour un digesteur anaérobie afin de démontrer les possibilités qu’offre l’énergie de remplacement. « Lorsqu’il fonctionne à plein régime, le digesteur produit près d’un tiers des besoins en matière d’électricité du site tout entier », affirme Peter Torenvliet.

On a par ailleurs remplacé les lampes à vapeur de sodium par un éclairage à induction dans la grange et ajouté du bardage intérieur en tant qu’isolant et afin de maximiser la réflexion et de réduire les ombrages, lesquels représentaient un problème pour les vaches. « Grâce à ces mesures, nous avons réalisé des économies d’électricité de l’ordre de 50 p.100 sur une base annuelle », note M. Torenvliet.

L’autre finaliste, la famille Dykstra des Fermes Dykstra, au Nouveau-Brunswick, privilégient aussi une approche holistique au chapitre de la gestion durable du sol, la conservation de l’eau et la protection de la biodiversité. Sur le plan de l’efficacité énergétique, les Dykstra ont entrepris une série d’initiatives, y compris l’installation d’un refroidisseur à plaques et d’un système de récupération de chaleur pour le lait, ce qui a généré des économies d’énergie considérables sur une base annuelle.

Mme Da Silva explique que le prix en est à sa troisième année et que l’intérêt pour ce dernier ne cesse de croître parmi les producteurs. « Année après année, notre jury a beaucoup de difficulté à ne choisir qu’un seul lauréat pour le grand prix », déclare-t-elle.

Une étude de l'AIE prône une approche de l'efficacité énergétique axée sur ses multiples avantages

« Les conclusions envoient un message clair à l’industrie : l’efficacité énergétique constitue une décision d’investissement stratégique qui accroît la valeur et la concurrence », indique Nina Campbell, division de l’efficacité énergétique et de l’environnement, Agence internationale de l’énergie (AIE) et auteure principale de l’étude récemment publiée et intitulée Capturing the Multiple Benefits of Energy Efficiency.

Selon Mme Campbell, les pays membres de l’AIE ont activement milité en faveur de l’étude approfondie de deux ans sur les preuves disponibles en matière d’efficacité énergétique. L’étude propose une perspective plus vaste en ce qui a trait au rôle de l’efficacité énergétique en tant qu’outil de développement socioéconomique et à la place de choix que cet outil devrait occuper.

Bien que parfois faible, l’impact engendré par les mesures d’efficacité énergétique s’avère toujours positif sur la croissance du produit intérieur brut et, de l’avis de Mme Campbell, il s’agit là d’une des principales conclusions de l’étude. « Ce constat remet en question l’idée conventionnelle selon laquelle la demande s’accroît avec la prospérité. » Les lecteurs devraient en outre noter les incidences considérables qu’ont les mesures d’efficacité énergétique sur la santé. La valeur des améliorations sur le plan de la santé des ménages est importante et, lorsque ces impacts sont compris à plus grande échelle afin d’englober ceux sur les budgets de santé publique, le ratio avantages-coûts des initiatives d’efficacité énergétique peut s’élever à quatre dollars pour chaque dollar investi.

Les preuves présentées dans l’étude démontrent que « l’effet ricochet » peut constituer un résultat positif lorsqu’on songe à l’atteinte d’objectifs sociaux au sens large. Par exemple, les économies d’énergie peuvent être réinvesties pour accroître les avantages socioéconomiques. L’effet ricochet se produit lorsque les économies d’énergie initiales compensent partiellement l’énergie utilisée pour accroître l’accès à une plus grande quantité de biens et de services. Mme Campbell précise que « cet effet est mieux compris lorsque la relation entre les économies d’énergie et les résultats élargis générés par les mesures d’efficacité énergétique est prise en compte ».

Heureusement, la vision d’« énergie cachée » que nous avons de l’efficacité énergétique évolue lentement vers la reconnaissance de son rôle de « première énergie » parmi les pays membres de l’AIE. Le Rapport sur le marché de l’efficacité énergétique de l’AIE a montré que « la consommation d’énergie évitée par les pays membres de l’AIE en 2010 s’est avérée plus importante que la demande actuelle comblée par toute autre ressource individuelle axée sur l’offre », ajoute Mme Campbell.

Malgré le rôle émergent qu’assure l’efficacité énergétique, son potentiel est toutefois loin d’être pleinement exploité. « Les deux tiers de l’ensemble des projets d’efficacité énergétique économiquement viables ne verront le jour qu’entre aujourd’hui et 2035 », note Mme Campbell. Pourquoi? Les preuves suggèrent qu’il existe de nombreux obstacles limitant la mise en œuvre d’initiatives d’efficacité énergétique, dont le manque d’information, le besoin d’investissement initial et le risque perçu sur le plan du rendement du capital investi.

Les économies d’énergie qu’offrent les mesures d’efficacité énergétique n’ont à ce jour pas suscité l’intérêt des politiciens et de la population comme le font les barils de pétrole. L’efficacité énergétique demeure très intangible pour certains. « Nous devons connaître les avantages concrets qu’offre l’efficacité énergétique à la société, indique Mme Campbell, ajoutant qu’une perspective axée sur ces multiples avantages pourrait renforcer l’attrait pour les mesures d’efficacité énergétique ».

Elle déclare que le document s’adresse non seulement aux décideurs politiques habituels du secteur de l’énergie, mais aussi à ceux qui s’intéressent au budget public, aux programmes de santé et au développement social. Les conclusions évoquent par ailleurs « un appel à l’action pour les évaluateurs énergétiques qui veulent se retrousser les manches pour mettre au point des méthodes plus robustes pour évaluer une gamme plus vaste d’impacts ».

L’étude ouvre la porte à une approche multiforme des politiques énergétiques et révèle les avantages de l’utilisation de l’efficacité énergétique comme un outil de développement socioéconomique. « Nous devons voir bien au-delà du simple kilowattheure économisé! » Dans cette optique, l’étude propose une série d’actions que les intervenants pourraient mettre en œuvre afin d’accroître la compréhension du public quant aux nombreux avantages qu’offrent les mesures d’efficacité énergétique.

Pour commander une version imprimée de l’étude ou pour acheter la version PDF, visitez le www.iea.org/w/bookshop/475-Capturing_the_Multiple_Benefits_of_Energy_Efficiency (en anglais seulement).

Ateliers « Le gros bon $ens » – calendrier de l’automne et hiver 2014

Gérance énergétique
Date : 22 novembre
Lieu : Vancouver (Colombie-Britannique)
Offert en collaboration avec Langara College

Systèmes d’information sur la gestion de l’énergie
Date : 15 décembre
Lieu : Vancouver (Colombie-Britannique)
Offert en collaboration avec Langara College

Remise au point des bâtiments
Date: 16 décembre
Lieu : Vancouver (Colombie-Britannique)
Offert en collaboration avec Langara College

Financement de l’efficacité énergétique
Date: 17 décembre
Lieu : Vancouver (Colombie-Britannique)
Offert en collaboration avec Langara College
Tous offerts en anglais.
 

Pour vous inscrire, appelez le Bureau d’inscription pour la formation continue de Langara College au 604-323-5322

Avis : Il faut prévoir de huit à dix semaines pour les étapes, depuis la planification jusqu’à la prestation, d’un atelier personnalisé « Le gros bon $ens ».

Calendriers des activités

Appel d’idées d’articles

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Si vous avez besoin de plus amples renseignements sur un article ou un programme, veuillez également communiquer avec Mme Rouleau à l’adresse susmentionnée.

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