L’Enjeu : Bâtir l’efficacité énergétique – Volume 3, Numéro 5

Volume 3, numéro 5

Il est temps de réinvestir dans les bâtiments municipaux vieillissants

Selon le Bulletin de rendement des infrastructures canadiennes 2016 (BRIC), un tiers de l’infrastructure municipale existante au Canada risque de faire l’objet d’une rapide détérioration, et nécessite des réparations et une rénovation rapide. Le rapport a démontré que sept des huit catégories d’infrastructure étaient dans un état de dégradation. Cette estimation est fondée sur les frais de maintenance consignés. Dans la catégorie des bâtiments, 17 p. 100 (soit 12 milliards de dollars en valeur de remplacement) des bâtiments municipaux étaient en mauvais voire en très mauvais état, et 28 p. 100 (soit 20 milliards de dollars) étaient dans un état seulement passable.

« Au bout du compte, plus nous attendons pour agir et faire ces réparations, plus elles vont devenir coûteuses », déclare Raymond Louie, président de la Fédération canadienne des municipalités (l’un des commanditaires du Bulletin de rendement). « Le Canada doit commencer à planifier l'avenir en réinvestissant dans les biens existants dès maintenant. »

Le BRIC indique que plus de 50 p. 100 des bâtiments municipaux ont plus de 31 ans, et 23 p. 100 ont plus de 50 ans. L’âge moyen des bâtiments appartenant à la municipalité est de 37 ans. Les postes de police et d’ambulanciers paramédicaux représentent la moyenne d’âge la plus faible, avec environ 50 p. 100 des bâtiments construits au cours des 20 dernières années. Les installations de soins de santé et les refuges représentent la moyenne d’âge la plus élevée, avec près de 50 p. 100 des bâtiments construits il y a plus de 50 ans. Le bulletin de rendement indiquait également que seuls 14 p. 100 des municipalités utilisent des politiques officielles et des pratiques documentées pour intégrer les stratégies d’adaptation aux changements climatiques à la prise de décisions.

Le réinvestissement dans l’infrastructure municipale est conseillé, non seulement pour garantir un bon retour sur le capital investi dans les bâtiments, mais également pour se préparer aux répercussions des changements climatiques sur les bâtiments. Quelques municipalités sont à l’avant-garde de l’élaboration et de la mise en œuvre des stratégies d’adaptation aux changements climatiques, notamment :

  • La ville de Vancouver a élaboré une stratégie d’adaptation aux changements climatiques [PDF – 1,7 Mo (en anglais seulement)], qui souligne les changements potentiels du climat régional, les répercussions sur l’infrastructure (compris sur les bâtiments) et les mesures d’adaptation qui peuvent être prises. La stratégie comprend des recommandations et des possibilités, notamment des mesures en matière d’efficacité énergétique, pour gérer l’infrastructure vieillissante des bâtiments de la ville qui la prépareront à faire face aux changements climatiques actuels et futurs.
  • La ville de Toronto va également de l’avant avec des initiatives relatives aux bâtiments municipaux (et autres) qui ne se contentent pas de traiter les questions sur les changements climatiques, mais aident également à améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments. La ville travaille avec le ministère de l’Énergie de l’Ontario sur une proposition d’exigence réglementaire portant sur l’évaluation et la publication de rapports sur l’eau et l’énergie (EPREE) pour les grands bâtiments. Si la réglementation provinciale n’est pas mise en œuvre, Toronto prévoit d’élaborer sa propre réglementation, un processus que la ville a entrepris en 2014, mais qu’elle a mis en suspens dans l’attente des résultats de la législation provinciale. De cette façon, la ville de Toronto maintiendra son engagement envers une exigence de publication de rapports pour les grands bâtiments commerciaux et à logements multiples. Cela aidera également la ville à atteindre ses objectifs en matière d’économies d’énergie et de réduction des émissions de GES.
  • La ville de Victoria a recours à un programme visant à encourager la prise de mesures relatives aux changements climatiques (Climate Action Revenue Incentive Program [CARIP]) pour rénover son portefeuille de bâtiments municipaux et atténuer l’incidence des changements climatiques. Le CARIP a été élaboré pour la province de la Colombie-Britannique afin de compenser la taxe sur le carbone payée sur les achats de combustibles fossiles par les municipalités. La ville de Victoria a mis en œuvre des rénovations des systèmes CVCA, a remplacé les systèmes de chauffage électrique par des thermopompes, a remplacé des portes et fenêtres par des modèles écoénergétiques, et a installé des ventilateurs déstratificateurs dans de nombreux bâtiments.

    De plus, la ville de Victoria réalise des analyses comparatives énergétiques et des rapports énergétiques de son propre portefeuille de bâtiments. Elle a réalisé l’analyse comparative de 32 de ses propriétés entre 2011 et 2014 à l’aide de l’outil ENERGY STAR Portfolio Manager. L’outil a permis à la ville de cerner les bâtiments dont l’efficacité énergétique était mauvaise et d’élaborer une stratégie de gestion de l’efficacité énergétique. La ville prévoit de continuer les rénovations visant à améliorer l’efficacité énergétique et ses analyses comparatives.

Selon le BRIC, le niveau de réinvestissement actuel dans les bâtiments municipaux de 1,7 p. 100 pourrait entraîner une dégradation encore plus importante de l’état de ces bâtiments. « Au bout du compte, plus nous attendons pour agir et faire ces réparations, plus elles vont devenir coûteuses », déclare Raymond Louie, président de la Fédération canadienne des municipalités (l’un des commanditaires du Bulletin de rendement). « Le Canada doit commencer à planifier l’avenir en réinvestissant dans les biens existants dès maintenant. »

Pour participer à l’amélioration de l’efficacité énergétique de votre municipalité, consultez les pages de RNCan suivantes :

Pour lire le BRIC, consultez la page www.canadainfrastructure.ca/fr/index.html, et pour consulter l’article complet sur le réinvestissement dans les bâtiments municipaux, rendez-vous à la page www.reminetwork.com/articles/more-reinvestment-in-municipal-buildings-urged/ (en anglais seulement).

Le bâtiment de Toronto de Menkes Developments reçoit la certification BOMA BEST

Des champs de cultures vivrières communautaires sur toit et des jardins sur terrasses, des programmes de collecte des condensats de vapeur et de l’eau de pluie, les programmes Zipcar et Bike Share Toronto, l’optimisation de l’éclairage naturel et le refroidissement par eaux lacustres profondes ne sont que quelques caractéristiques qui ont permis à une propriété du centre-ville de Toronto d’obtenir la certification BOMA BEST Platine, remise par la Building Owners and Managers Association (BOMA).

La certification BOMA BEST Platine fait partie de la nouvelle marque BOMA BEST de BOMA Canada. Pour obtenir cette certification, les bâtiments doivent respecter toutes les pratiques exemplaires de BOMA BEST et obtenir un score minimal de 90 p. 100 au questionnaire approfondi sur le profil environnemental du bâtiment et des locataires.

Pour de plus amples renseignements, visitez la page www.bomabest.com/fr/

Le bâtiment de 30 étages du 25, rue York, appartenant à Menkes Developments ltée. et appelé TELUS House, est « réellement le meilleur bâtiment du Canada à ce jour », selon le PDG de BOMA Canada, Benjamin Shinewald. En plus des caractéristiques déjà mentionnées, le bâtiment possède des fenêtres allant du plancher au plafond, ce qui permet d’optimiser l’entrée de lumière naturelle, et un système de gestion de l’éclairage de pointe avec un éclairage éco énergétique et des capteurs de présence. Un système de gestion automatique des fenêtres optimise l’éclairage naturel, des planchers surélevés pressurisés fournissent un contrôle individuel de la température, le système CVCA est réparti sous le plancher, et des compteurs divisionnaires permettent aux locataires de suivre leur consommation énergétique. L’approche holistique de Menkes Developments comprend également un programme de recyclage récompensé, des rencontres sur le thème « zéro déchet » et des événements qui démontrent l’appréciation du locataire.

Faisant partie d’un projet de revitalisation d’une zone au nord du secteur riverain de Toronto, TELUS House était également le premier bâtiment de Toronto à recevoir la certification LEED Platine pour bâtiments existants : exploitation et entretien en 2012, et le bâtiment a continué à se démarquer avec les améliorations apportées. De plus, de nombreux locataires ont déjà entrepris d’obtenir leurs propres certifications LEED pour l’aménagement intérieur des espaces commerciaux.

Image de Telus House

En début d’année, le bâtiment est également devenu le premier bâtiment canadien à installer la Plaque LEED dynamique (en anglais seulement). La Plaque LEED dynamique est un outil de suivi et de cotation qui permet aux entreprises de se tenir informées sur leur rendement énergétique et facilite l’obtention ou le renouvellement de la certification LEED. Elle permet de mesurer la consommation d’énergie, la gestion de l’eau et des déchets, le transport et l’expérience humaine et fournit une cote de rendement à la minute près. La plateforme de la Plaque LEED dynamique permet de réaliser une analyse comparative du rendement, et la plaque visible et reconnaissable encourage l’engagement des employés et des locataires en affichant le rendement du bâtiment en temps réel.

Les propriétaires des bâtiments peuvent commencer le processus d’obtention des certifications BOMA BEST ou LEED en recherchant des possibilités de rénovations, d’autres solutions pour l’efficacité énergétique pour les bâtiments existants et en consultant les ressources de RNCan sur la gestion de l’énergie et des activités.

Pour consulter l’article complet sur l’accomplissement de Menkes Development ltée. dans son bâtiment de la rue York, visitez la page : http://renx.ca/25-york-street-achieves-record-setting-boma-best-score/ (en anglais seulement).

 

L’aéroport de Winnipeg : premier aéroport canadien à obtenir la certification LEED

Au cours de l’été 2015, l’Aéroport international James Armstrong Richardson de Winnipeg a obtenu la certification LEED Argent pour son nouveau terminal. C’est le premier aéroport canadien à obtenir cette certification. L’aéroport fait maintenant partie des terminaux certifiés LEED (17 seulement en Amérique du Nord et 24 dans le monde entier).

L’autorité aéroportuaire de Winnipeg souhaitait montrer son engagement envers la durabilité en construisant un terminal éco énergétique. Le résultat final est un aéroport aux émissions globales de GES et aux coûts d’exploitation réduits qui propose un environnement intérieur sain pour les employés et les voyageurs.

Image de l’édifice de l’aéroport de Winnipeg
 

Plusieurs stratégies ont été mises en œuvre pour obtenir la certification LEED pour le nouveau terminal de 51 500 m2. L’éclairage naturel est optimisé dans l’ensemble du terminal, et des capteurs ont été installés pour utiliser l’éclairage électrique uniquement lorsque cela est nécessaire. En introduisant de l’air chauffé ou climatisé dans le bâtiment au niveau ou près du plancher, on a réduit la consommation énergétique. De plus, le chauffage et la climatisation par radiation permettent de réchauffer ou de refroidir l’eau grâce à des tuyaux intégrés dans le plancher, alors que les systèmes de récupération de la chaleur utilisent la chaleur d’échappement générée par l’équipement. Le bâtiment est équipé de chaudières, de refroidisseurs d’eau et d’éclairage éco énergétiques, et il présente également une enveloppe à haut rendement énergétique avec des fenêtres et un toit très isolants. De plus, un processus de commissioning renforcé permettra de s’assurer que tous les systèmes du terminal fonctionnent comme prévu.

En outre, 71 p. 100 des déchets de construction du site ont été détournés de l’enfouissement, des plantes indigènes ont été choisies pour l’aménagement du paysage, l’utilisation du contenu recyclé et de matériaux approvisionnés à l’échelle locale a été maximisée, et des installations sanitaires à débit réduit ont été choisies pour réduire la consommation d’eau.

Selon les architectes du bâtiment, le terminal non seulement répond aux besoins et aux attentes des voyageurs aériens du 21e siècle, mais il devrait également produire 5 000 tonnes d’émissions de GES annuelles en moins que s’il avait été construit selon le code.

« Obtenir la validation externe de notre engagement envers les principes de développement durable est un aspect vraiment stimulant », a déclaré Barry Rempel, PDG de l’autorité aéroportuaire de Winnipeg. « En travaillant en étroite collaboration avec Stantec, nos équipes ont créé une installation magnifique et fonctionnelle qui réduit au maximum son empreinte carbone. Je pense que ce sera un élément de fierté pour notre collectivité durant de nombreuses années. »

RNCan fournit des ressources qui peuvent guider les propriétaires et gestionnaires de bâtiments sur la voie de la certification LEED. L’efficacité énergétique pour les bâtiments existants et les meilleures pratiques simplifiées sont des ressources utiles qui proposent des liens vers d’autres outils et sites sur l’efficacité énergétique. Les organismes peuvent également acquérir de précieuses connaissances grâce à l’initiative Défi Carbone RNCan.
Pour de plus amples renseignements sur la certification LEED obtenue par l’aéroport et d’autres initiatives environnementales, veuillez consulter les pages suivantes :

Calendrier des événements et autres dates importantes

Formation sur la modélisation de l’énergie CAN-QUEST

  • Date : 21 et 22 juin 2016 – Edmonton, Alberta
  • Il s’agit d’un programme de formation de deux jours sur CAN-QUEST, une adaptation canadienne d’eQUEST, le populaire logiciel américain de simulation énergétique des bâtiments. Ce logiciel peut servir à prouver le respect du Code national de l’énergie pour les bâtiments du Canada de 2011.

Qu’en dites-vous?

L’Enjeu : Bâtir l’efficacité énergétique est publié par l’Office de l’efficacité énergétique de Ressources naturelles du Canada et distribué tous les mois à 16 000 abonnés. Son objectif consiste à offrir des nouvelles et des informations utiles sur les programmes, les services et les activités en lien avec l’efficacité énergétique dans les bâtiments commerciaux et institutionnels, et également à communiquer les histoires de réussite des organismes qui ont apporté des changements positifs. Aidez-nous à diffuser le message en envoyant le présent lien à vos collègues. Nous vous invitons à vous abonner à notre publication sœur portant sur l’efficacité énergétique dans les établissements industriels, L’Enjeu PEEIC.

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