Éléments naturels, le bulletin mensuel de RNCan
La nouvelle Carte géologique de l'Arctique : Le Canada prend les devants
Christopher Harrison, du bureau de la CGC à Calgary (à gauche, montrant la carte du doigt) discute des façons de représenter la géologie de l'océan Arctique avec des représentants des États-Unis, de la Russie et du Danemark. - Saint-Pétersbourg, Russie, mars 2008.D’un diamètre de 1,5 mètre, la Carte géologique de l’Arctique récemment publiée est la plus grande, et peut-être la plus complexe du genre, à avoir été produite au cours des 168 années d’existence de la Commission géologique du Canada (CGC) de Ressources naturelles Canada (RNCan).
Dans le cadre de la préparation d’un atlas international de cartes géoscientifiques de l’Arctique circumpolaire, la Carte géologique de l’Arctique,d’une échelle de 1:5 millions, et sa base de données connexe ont été élaborées par des équipes de la CGC de Calgary et d’Ottawa avec la participation active du personnel scientifique et technique des commissions géologiques de la Russie, des États-Unis, de la Norvège, de la Suède et du Danemark. Entreprise en février 2006 et prévue au programme d’ateliers sur la cartographie polaire tenus au Canada, en Alaska et en Russie, la version définitive de la Carte géologique de l’Arctique a été publiée sur papier et en format électronique en novembre 2008 dans le cadre de l’Année polaire internationale.
Grâce à ses nombreux détails et aux renseignements que contient la base de données qui l’accompagne, la Carte géologique de l’Arctique est une ressource de grand intérêt qui aura de nombreux usages pratiques. En montrant comment l’âge et le type de roches de l’Arctique se comparent aux gisements rocheux où par exemple du pétrole, du gaz et du minerai métallique ont déjà été trouvés, la carte contribuera à favoriser la prospection et la mise en valeur de nouveaux gisements pour ces ressources naturelles ou d’autres.
Marc St-Onge, du bureau de la CGC à Ottawa (assis au centre) discute des caractéristiques de l'unité cartographique infracôtière avec des confrères russes. - Saint Pétersbourg, Russie, mars 2008.On comprendra dès lors qu’un projet d’une envergure et d’une portée pareilles ait comporté de nombreux défis techniques, dont le fait de convertir en format numérique les diverses cartes régionales existant sur papier, de mettre en application une norme commune de base de données aux produits numériques existants et de créer une carte topographique de base pour y indiquer des caractéristiques géologiques.
« Les enjeux à résoudre comprenaient l’inscription convenable de la géologie aux rives et aux calottes glaciaires ainsi que la production de couches sans couture pour le drainage et les courbes isobathes », d’expliquer Marc St-Onge, scientifique principal à la CGC.
On a dû simplifier des centaines de cartes de référence d’échelles différentes. Il a également fallu élaborer des méthodes pour faire référence à des sources publiées et non publiées et pour souligner la contribution – petite ou importante – des nombreux participants au projet.
Ces défis, toutefois, étaient relativement simples comparativement à ceux que soulevaient des questions fondamentales que se posent tous les cartographes, soit : Que devrait inclure ou non la carte? Comment conviendrait-il d’en présenter les détails?
« Pour commencer, nous avons dû nous entendre sur ce qu’était une carte géologique, de préciser M. St-Onge. Certains pays n’étaient pas convaincus que l’on pouvait afficher le type de roche à une échelle de 1:5 millions. D’autres insistaient sur l’inclusion du matériau de surface, comme le sable, le gravier et l’argile, plutôt que sur le substrat rocheux. Les représentants d’un autre pays encore souhaitaient que la carte n’indique que l’âge des divisions lithostratigraphiques. »
Les partenaires internationaux ont aussi dû trouver un terrain d’entente relativement à plusieurs autres caractéristiques de la carte, y compris l’importance des particularités des plaques tectoniques, la normalisation des termes s’appliquant à des périodes géologiques et la définition des unités de travail cartographiques pour les bassins océanographiques profonds, une question appelée à revêtir beaucoup d’importance en termes de considérations géopolitiques actuelles et éventuelles. Par ailleurs, il a fallu résoudre des incohérences d’interprétation sur les frontières cartographiques entre les pays et à l’intérieur de ceux-ci.
La Carte géologique de l’Arctique bénéficie également d’une nouvelle infrastructure de taille. Elle se trouve complémentée par la première base de données spatiale complète et sans couture de la géologie du sous-sol rocheux infracôtier et extracôtier pour environ la moitié de la Russie et du Canada, y compris la plus grande partie des trois territoires canadiens, la majeure partie de l’Alaska et de la Scandinavie et la totalité des eaux hauturières de l’Arctique au nord du 60e parallèle. Des dizaines de milliers d’objets spatiaux ont également été saisis dans la base de données et ils se retrouvent sous forme simplifiée dans la version papier de la carte. Ces caractéristiques comprennent des unités géologiques individuelles codées en fonction de la composition, de l’âge et de l’environnement de la formation ainsi que de la tectonique des plaques; les contacts géologiques, les failles et les dorsales océaniques; ainsi que les volcans, les structures d’impact de météorites, les extrusions de sel et de gypse et des données ponctuelles choisies, comme pour la kimberlite, la roche qui forme la matière principale de la brèche des cheminées diamantifères.
Il est possible de télécharger une copie gratuite de la Carte géologique de l’Arctique en divers formats électroniques à partir du site Web MIRAGE (Base de données pour l’affichage d’images géoscientifiques) de RNCan, qui renferme une bibliothèque numérique d’images provenant de plus de 10 000 cartes de Ressources Naturelles Canada. Il est également possible de consulter gratuitement une vaste gamme de bases de données sous forme électronique à partir de l’Entrepôt de données géoscientifiques de RNCan.